The bigger they are de LadyExcalibur2010

CHAPITRE 71

Pas encore

Voilà. La lune de miel était finie mais elle avait été absolument parfaite. Je regardai vers Bella qui regardait le chalet dans le rétroviseur. Puis elle se tourna vers moi. "Merci," dit-elle doucement. "C'était juste ce que je voulais."

"Moi aussi," admis-je.

Nous avions fait l'amour, bien sûr parce que c'est pour ça que sont faite les lunes de miel. Nous avions fait l'amour tendrement dans ce grand lit et aussi sur le tapis en fausse fourrure face à la cheminée, face au feu crépitant joyeusement — quelquefois en juin les températures sont basses. Nous avions aussi baisé contre le dossier du canapé et sur les éléments de la cuisine, après que Bella l'ait nettoyé à fond parce que, avait-elle dit, les jeunes mariés sont vraiment très obsédés et que nous en sommes le parfait exemple. L'épisode concernant la cuisine n'en avait pas été moins chaud à cause de l'odeur persistante de M. Propre qui saturait l'air. En fait maintenant j'avais peur que l'odeur du nettoyant me cause des problèmes au-dessous de la ceinture dans les mois à venir. Oh bon. C'est un petit prix à payer.

Mais là il était temps de rentrer à la maison et j'étais excité. Un an plus tôt, je connaissais tout juste les garçons. Cette année je ne me sentais pas bien quand je ne les avais pas près de moi. Oui j'avais aimé être seul avec Bella mais je pouvais déjà dire que nous ne serions jamais ce genre de parents qui laissent leurs enfants quand ils partent en vacances ou ailleurs. Nous aimions nos garçons et nous aimions passer du temps avec eux. Ils seraient adultes et partiraient avant que nous nous en rendions compte et je voulais faire tout ce que je pouvais avec eux, dans le temps qu'il nous restait ensemble.

Cette pensée me rendait triste et comme elle le faisait à chaque fois Bella sentit mon humeur. Sa main se referma sur la mienne m'offrant un réconfort silencieux, même si elle ne savait pas ce qui me faisait mal. Le "quoi" n'avait pas d'importance, elle était toujours là pour moi.

"Tu ressembles à un homme qui réfléchit très sérieusement," plaisanta-t-elle gentiment.

Je haussai les épaules et caressai sa main. "Ils m'ont manqué," dis-je simplement.

"Oui, à moi aussi," admit-elle avec un soupir. Puis elle rit. "Même si je suis absolument certaine que je n'aurai jamais le courage de me servir des éléments de la cuisine de cette façon avec les enfants dans le coin."

Et juste avec ça, la bonne humeur fut de retour.


Jake fut le premier à accourir, bien sûr. Ça devait faire un long moment qu'il nous guettait. Rien ni personne n'échappait à Jake James. Il était déjà à la portière tandis que ses frères et Emily commençaient à peine à sortir. Et il demandait déjà ce que nous lui avions ramené au moment où Charlie et Renée firent leur apparition.

Bella et moi n'avions fait qu'une seule incursion dans le monde réel pendant notre séjour au chalet. Nous avions acheté quelques articles qui nous faisaient envie à tous les deux et aussi quelques cadeaux pour les membres de la famille. La ville la plus proche était Galtinburg, qui était très touristique et kitsch. Nous avons mangé des caramels mous jusqu'à nous rendre malades, acheté des tee-shirts trop chers et nous sommes perdus dans une foule qui semblait surtout être composée de jeunes mariés et de nouvelles familles.

Pour Jake nous avions trouvé un tee-shirt Dark Vador sur lequel était écrit "Join the Empire, See the Galaxy". Il le représentait dans une pose façon Oncle Sam qui trônait sur les posters durant la guerre. Ce fut un succès inratable. Pour Seth nous avions pris une sangle de guitare en cuir repoussé avec son nom gravé à la main dessus. Mais au lieu que ce soit un motif country/western il était gravé avec des notes de musique et de minuscules crânes. Pour Sam nous avions trouvé une collection de roches polies de la région. Nous avions rajouté un livre bien sûr. Pour Emmett ce fut plus difficile et nous lui avions juste acheté un sweat à capuche sur lequel était inscrit 'Galtinburg TN'. La seule difficulté avait été d'en trouver un à sa taille. Bella lui avait aussi trouvé une casquette de base-ball avec des diables de Tasmanie. Elle m'expliqua que ce personnage de dessin animé avait toujours été son préféré et pendant un moment, quand il était plus petit, Taz avait été son surnom. Et elle admit que ce surnom était dû à la destruction qui semblait le suivre pendant un moment.

Nous avions programmé notre arrivée le vendredi 3 juillet. Charlie et Renée partiraient le 5 alors nous aurions presque toute la famille ici. Will et Josh avaient dû partir parce que Josh avait des interventions qui étaient prévues. Et ils avaient prévu de revenir pour Noël.

Nous avions demandé aux garçons ce qu'ils voulaient faire pour leur père en ce quatre juillet et à notre étonnement ils avait été d'accord pour juste passer la journée comme tous les autres jours. Aucun d'entre eux n'était prêt pour les célébrations officielles mais je remarquai que l'atmosphère était bien différente de celle de l'an dernier. Nous paressâmes à la maison, regardâmes quelques films et Charlie, les garçons et moi jouâmes au poker. Seth nous prêta le vieux jeu de cartes qui appartenait à son père. Charlie gagna presque chaque main et n'arrêta pas de murmurer des suggestions à Emmett.

Nous avons cuisiné et mangé beaucoup trop. Charlie fit ses ailes de poulet spéciales, un peu trop épicées et qui ont quasiment brûlé une partie de mon estomac. Il semblait les manger comme des frites. Je n'étais pas bien sûr de si je devais l'envier ou être effrayé.

Bella me surprit, elle n'était pas particulièrement triste plutôt songeuse. Je lui laissai de l'espace et du temps mais elle ne semblait pas en avoir besoin. "Je t'aime," me murmura-t-elle en m'étreignant. Nous étions dans la cuisine et je cherchai plus de choses à manger pour les garçons, un processus sans fin. "C'est bon tu sais. Les garçons et moi ... sommes ok."

Je fis remonter son menton pour pouvoir la voir. J'observai ses yeux, ils étaient clairs et honnêtes. "C'est bien alors," dis-je finalement.

La journée n'était pas tout à fait normale mais on en était plus proche que ce à quoi je m'étais attendu.


Nous fêtâmes mon anniversaire le lundi, le jour après que Charlie et Renée soient partis. J'ai eu du pain perdu pour le petit-déjeuner. Des sandwiches cubains pour le déjeuner et des spaghettis aux boulettes le soir. Mon gâteau était au chocolat avec un glaçage à la crème au beurre. Jake dit que les spaghettis auraient fait un meilleur petit-déjeuner qu'un diner. Et je lui dis qu'il pourrait faire ce qu'il voudrait pour son anniversaire, qui n'était pas si loin.

Je passai quelques jours au bar terminant les choses de dernière minute. Jasper avait beaucoup avancé pendant que Bella et moi étions en lune de miel donc il ne restait pas grand-chose.

Le camp de vacances de Sam commençait un dimanche alors nous partirions pour la Floride le jeudi. Le vendredi nous irions à Orlando amener les garçons au parc Disney. Et nous y resterions le vendredi et le samedi.

Le dimanche après-midi Sam devait être à son camp de l'espace. Il y avait tout un tas d'activités qu'il pourrait faire, comprenant aussi une mission sur Mars et un simulateur pour les astronautes. Pendant que Sam était là-bas Bella et moi amenions les garçons en vadrouille pour éviter qu'ils ne deviennent fous dans les chambres de l'hôtel.

A la fin de la semaine Sam était épuisé mais tout à fait satisfait de son cadeau d'anniversaire. Il avait été cher mais ça valait bien ça.

La seule fausse note et comme c'était supposé l'être, les règles de Bella arrivèrent à cette période. Et bien que je me dise qu'il était trop tôt encore, je vécus une déception quand elle me le dit.

Il semblerait que nous allions devoir être patients.


Juillet passa rapidement et culmina pour le neuvième anniversaire de Seth. Nous avons eu des spaghettis au petit déjeuner et de la glace pour le déjeuner. Le gâteau était tout chocolat, bien sûr. Il eut plein de cadeaux avec Dark Vador dessus, une couette et des draps aussi. Bella lui avait même trouvé des chaussettes Dark Vador qu'il trouva magiques.

Au début du mois d'août, Bella et moi laissâmes les garçons à la maison pour faire les courses de la rentrée. Cette année je n'étais plus un simple assistant, je faisais entièrement partie de la chose. Je blêmis en voyant les prix et même Bella trouva qu'ils avaient beaucoup augmenté. Je supposai que c'était l'une des choses auxquelles il faudrait que je m'habitue puisque ça faisait partie du travail de Bella, peu importe que ça paraisse injuste.

Le week-end qui suivit, il fut temps d'amener les garçons pour acheter leurs affaires. Trouver des chaussures pour Emmett était toujours un défi et nous nous sommes retrouvés au centre commercial. Des vêtements pour quatre garçons ce n'était jamais bon marché. Seth était devenu pointilleux en cours d'année, pas tellement pour les marques mais pour les styles qui avaient sa préférence. Emmett lui dit qu'il était insupportable et Seth lui répondit que ce n'est pas parce qu'il n'avait pas de style que tout le monde était comme lui. Telle était la vie avec quatre garçons.

Et les règles de Bella arrivèrent avec juste un jour de retard, juste assez pour m'avoir donné espoir. Juste assez pour être déçu.


L'école recommença et l'ouverture du bar était imminente, prévue pour la fin du mois de septembre. Toute la paperasse avait été déposée et nos licences étaient en attente mais sur la voie d'une approbation rapide. Nous avions engagé un barman pour nous aider, un ancien de l'armée bien sûr. Jasper et moi passions du temps à apprendre à devenir de bons barmans aussi. Nous avions décidé de travailler alternativement trois nuits par semaine ou quatre nuits par semaine comme ça aucun de nous deux ne serait à l'extérieur de la maison tous les soirs. Une semaine je ferai les quatre soirées et la semaine suivante ce serait le tour de Jasper. C'était un soulagement d'avoir quelqu'un pour nous aider au lieu que nous ayons à travailler tout tous les deux en même temps.

Cette année j'étais inscrit comme 'père' à l'école des garçons. J'avais les mêmes droits que Bella au moins tant qu'il s'agissait de l'école. Bella et moi avions changé nos testaments puis elle a signé les papiers faisant de moi leur tuteur légal ainsi que leur beau-père. Nous fêtâmes cela chez Pete avec des pizzas.

J'allai dans la classe de Jake le jour où il fallait parler de son métier et je parlai de l'Armée. J'eus la gorge un peu serrée lorsque j'entendis Jake dire à ses copains d'un ton très neutre, "Ouais, mes deux pères étaient dans l'armée."

J'avais dû chasser mes larmes lorsque je l'avais raconté à Bella plus tard ce soir-là, lorsque nous étions au lit et que les garçons ne pouvaient pas voir ma stupide émotion.

La plupart du temps j'essayai d'ignorer le calendrier. Je devenais de plus en plus dépressif chaque mois. Ça ne faisait que trois mois que nous essayions mais ça ressemblait plus à l'éternité. Bella ne semblait jamais fâchée lorsque ses règles arrivaient et je savais que j'étais le seul à ne pas être réaliste.

Je ne pouvais pas m'en empêcher. Tout s'était bien passé jusqu'à présent et je me sentis trompé lorsqu'elle n'était pas tombée enceinte tout de suite. A trois reprises j'avais espéré et trois fois j'avais été déçu.

Puis vers la mi-septembre nous avons reçu de mauvaises nouvelles concernant le bar. Notre ouverture était repoussée d'un mois. Nous ouvrirons la nuit avant Halloween, un vendredi.


Bella était habillée. C'était vendredi et nous étions tous prêts pour le week-end. Bella était grincheuse comme toujours à la fin de la semaine. Les garçons idem. Même Jake avait été consigné dans sa chambre hier soir parce qu'il avait envoyé des haricots verts dans la figure d'Emmett après qu'on lui ait dit plusieurs fois d'arrêter. Et même après qu'on lui ait dit qu'il pouvait sortir de sa chambre il continua à bouder toute la soirée. J'étais de mauvaise humeur parce que je m'ennuyai tout, ce qui devait être fait au bar l'avait été et j'étais désœuvré. Nous étions un ménage grincheux.

Comme je ne faisais pas attention aux dates, je n'étais même pas au courant que sa période était passée. Bon. Je n'avais même pas remarqué.

Quelque chose que je n'avais pas réalisé avant c'était que quelques-uns des symptômes des règles étaient semblables à ceux d'un début de grossesse. Je ne pensais pas que ce soit un bon système. Ce n'était pas juste. Ça fichait les espoirs d'un homme en l'air.

Les seins douloureux? Ça pouvait aller de toute façon.

Mauvaise humeur? Voir plus haut.

J'en étais au point où honnêtement j'essayai de ne pas y prêter attention. Tout ce que je faisais c'était m'énerver moi - et Bella par la même occasion.

Finalement même Masen en eut assez de ma mauvaise humeur et vint me retrouver un soir alors que Bella avait une réunion après les cours. Il prit des bières et s'assura que les garçons étaient bien occupés et ensuite il me donna un coup derrière la tête.

"Tu dois relâcher la pression mais tout de suite Edward Cullen," dit-il tandis que je frottai ma tête.

"Et putain pourquoi ça, quelle pression?"

"Tu es un con, et juste parce que ça serait bien," répondit-il en faisant un haussement d'épaule.

"Et pourquoi suis-je un con? "Masen m'avait tapé plus fort que ce qu'il semblait pouvoir faire.

"Tu mets la pression sur Bella avec ce bébé," me dit-il me montrant du doigt comme si j'étais un enfant qui n'avait pas rempli ses obligations.

"Elle n'a rien dit," marmonnai-je.

Il roula des yeux. "Bien sûr qu'elle n'a rien dit," dit-il. "Elle est gentille et douce - et pour une raison qui m'échappe - complètement amoureuse de toi, imbécile."

Je soupirai et me frottai la nuque. Entre l'imminente ouverture du bar et les mauvaises nouvelles concernant le futur bébé, j'étais une loque. "Je sais, je sais," dis-je. "J'essaie de ne pas trop lui en demander. Je le fais Mase. Mais je ... je voudrais tellement ... beaucoup plus que ce que je pensais. Et sachant que ça risque de ne pas arriver ..." Je soupirai à nouveau. "Je suis un tel gâchis."

Masen ricana. "Dis-moi quelque chose que je ne sais pas."

"Je sais que je n'ai aucun droit d'être anxieux, déjà ça ne fait que trois mois... presque quatre mais là je commence à devenir nerveux."

"A quel propos?"

Je secouai la tête. "Et si ça n'arrive jamais? Mase?

"Et quel est le pire qui puisse arriver?" incita-t-il. "Tu aimeras Bella moins?"

"Putain non," rétorquai-je me sentant un peu insulté. Je regardai alentour, m'assurant que les garçons ne pouvaient pas entendre alors que j'allais trouver le courage pour exprimer ma plus terrible crainte. "Cette chose, Masen..." je pris une profonde respiration. "Ce que je crains c'est qu'évidemment Bella soit toujours en pleine forme. Elle a déjà eu quatre garçons pour le prouver sans aucun doute possible."

Masen me fixa un instant. "Et tu t'inquiètes parce que tu crois être la raison de l'échec," supposa-t-il.

J'enfouis mes mains dans mes poches et hochai la tête. "Oui... ça m'est venu à l'esprit."

Il opina pensivement et mit lui aussi ses mains dans ses poches après avoir posé sa bière sur le comptoir. "Euh... y a-t-il une raison particulière qui te fasse dire ça?"

"Que veux-tu dire?"

"je veux dire dans ta jeunesse dissolue tu as joué sans protection et tu as toujours pensé que tu étais le plus chanceux fils de pute de l'histoire de n'avoir jamais été pris?" demanda Masen une expression déchirée entre amusement et inquiétude.

"Non... Je veux dire j'ai toujours fait attention. Même la première fois." Je voulais disparaitre sous le plancher et mourir. "Je n'ai jamais... tu sais... sans... jusqu'à ..."

"Fais l'amour? Avoir des rapports? Avec Bella?" plaisanta-t-il. Puis il dut voir quelque chose dans mon expression parce qu'il soupira et tapota mon épaule. "Désolé mec. C'était hors de propos."

Je haussai les épaules. "Oublie ça."

"Non je suppose que je ne suis pas habitué à te voir autant investi dans une relation," admit-il.

"C'est ma femme Masen," lui fis-je remarquer. "L'investissement doit être total dans ce défi qu'est le mariage."

Masen rigola et secoua la tête. "Ouais, je sais, quelquefois ça me surprend encore."

"Merci pour ton vote de confiance," répliquai-je.

"Ne te débarrasse pas de ton pantalon aussi vite, frangin," déclara-t-il. "Ecoute ça ne fait que trois mois."

"Presque quatre," soulignai-je.

"Presque quatre, " concéda-t-il. "Mais de manière générale ça ne fait pas beaucoup, encore."

"C'est sûr, mais en considérant nos âges nous n'avons pas tout le temps que nous voulons Nous ne sommes plus dans la vingtaine au cas où tu ne l'aurais pas remarqué."

"Tu es presque encore en haut de la colline Edward, tout près en tous cas," ajouta-t-il en me faisant un clin d'œil. "Ce n'est pas encore là."

"Merci je me sens beaucoup mieux maintenant que nous avons eu cette petite conversation," dis-je.

"La ferme, laisse-moi finir," dit-il. "Ecoute l'un des gars avec qui je travaille a déjà traversé ça. Ils voulaient un bébé et ça n'arrivait pas. "

"Combien de temps?"

"Ils ont essayé pendant un an," dit-il calmement.

"Putain," marmonnai-je. Nous n'avions pas un an si nous collions au calendrier.

"Est-ce que tu peux juste écouter?"

Je hochai la tête."Quoi qu'il en soit, il disait qu'ils étaient allés voir un certain médecin et ça prit un peu de temps mais elle a eu un bébé il y a juste quelques semaines."

J'opinai. "Et bien voilà c'est justement ça. Nous nous sommes mis d'accord pour ne pas en arriver là."

"Là?"

"Traitements pour l'infertilité, dépenses, les contraintes physiques," répondis-je. "Car ce serait Bella qui aurait à faire tout ça. Même si c'est lié à un problème me concernant ce serait elle qui subirait... eh bien, par l'enfer ... tout ce qu'ils savent faire pour faire des bébés."

"Tu vois c'est là le premier problème. C'est ce qui arrive quand un homme aime une femme, il y met une part spéciale de lui..."

"Fais chier," dis-je mais je ne pus m'empêcher de rire. Il pouvait toujours me faire rire même si je n'en avais pas envie.

"Sérieusement mec, calme-toi. Pour Bella au moins. Elle commence à flipper là."

"Comment tu le sais?"

"Tu n'as pas vu comment elles complotent avec Alyssa?" Il ricana et reprit sa bière la finissant en une fois. "Elles sont terribles quand elles sont ensemble et ce qui est pire c'est qu'elles sont pareilles toutes les deux!"

"Mauvaise nouvelle, ça!" plaisantai-je.

Masen secoua la tête. "Je sais d'accord? Quoi qu'il en soit Bella commence à se sentir comme si elle était ... en train de te décevoir, ce n'est pas la bonne façon de l'exprimer mais tu comprends bien ce que je veux dire."

Putain.

"Tu as raison Masen, pour une fois dans ta vie tu as raison," dis-je en inspirant. "Je vais arranger tout ça." D'une façon ou d'une autre.


Ce soir-là au lit je me blottis tout contre Bella. Nous parlâmes un bon moment de notre journée. Je lui parlai des prochaines recrues au bar, des serveurs que Jasper et moi avions rencontrés. Elle me parla de sa réunion et comment elle était encore surprise de s'entendre appeler Madame Cullen.

"Mais j'aime entendre ça," murmura-t-elle. J'aimais ça aussi et je le lui dis.

Puis je la mis sur le ventre et commençai à masser son dos après avoir attrapé la lotion qui était posée sur la table de chevet.

"Oh Dieu... gémit-elle.

Ses muscles étaient durs et tendus.

"Ça fait..." soupira-t-elle. "Tellement de bien."

Je ris et posai un doux baiser sur son omoplate. "Je t'aime Bella."

"Continue comme ça et je te déclarerai ma dévotion éternelle," taquina-t-elle.

"Je pense que tu avais déjà fait ça lorsque nous nous étions mariés," lui rappelai-je.

"Peu importe, marmonna-t-elle en faisant un autre son guttural. "Ne t'arrête surtout pas."

Je continuai à masser ses épaules, puis ses bras, pour arriver jusqu'à ses mains. Je portai une attention particulière à chacun de ses doigts les faisant doucement rouler entre les miens, me servant de mes phalanges sur ses épaules, faisant des cercles sur ses poignets et sur ses coudes.

Ensuite mes mains revinrent à son dos se pressant sur les fossettes au bas du dos. Ses fesses étaient tentantes mais j'avais d'abord un autre but. Mes mains glissèrent le long de ses jambes bougeant fermement sur sa peau appréciant avec satisfaction le flux sanguin qui réchauffait et colorait sa peau.

Puis ses pieds. C'était tout à fait égoïste de ma part mais je restai là un peu plus longtemps rendant hommage à chaque orteil, ensuite à la courbe de son pied avant de revenir à ses chevilles et de remonter le long de ses jambes.

Ce cul parfait.

Elle grogna pendant que mes mains se baladaient. Elle était molle et paisible, étendue telle une flaque, magnifique femme, sur mon lit.

Doucement je la fis rouler à nouveau et elle me regarda. "Est-ce que tu sais combien je t'aime, Bella Cullen?"

J'embrassai sa tempe puis son front avant de descendre sur le bout de son nez. "Tu es parfaite pour moi ... dans tous les sens."

Je fis passer une mèche derrière son oreille. "Tu me rends plus heureux que j'aurai jamais cru l'être. Je t'aime. J'aime nos garçons. J'aime notre vie..."

"Vraiment?" demanda-t-elle avec un petit sourire.

"Je devrai trouver ce petit soupçon de doute dans ta voix un peu insultant," plaisantai-je. "Mais au lieu de ça je vais le prendre comme un défi et m'assurer que tu le saches."

"Tu ne peux jamais résister à un défi," railla-t-elle.

"Jamais," convins-je.

Je sentis ses jambes s'écarter sous moi m'invitant. Sa main se serra sur ma queue, me guidant vers sa chaleur. Je laissai échapper un petit grognement quand je la pénétrais. "Oh Bella," soufflai-je. "C'est toujours aussi bon."

"Toujours," murmura-t-elle balançant ses hanches contre les miennes.

"Toujours," répétai-je.

Nos mains se lièrent et je bougeai en elle. Nous nous chuchotions de petits mots l'un à l'autre. Nous rions et soupirions et grognions. Et je réalisai que c'était tout ce dont j'avais besoin. Peu importe ce qui arriverait. Bella était déjà tout ce dont j'avais besoin. Et ma vie était parfaite.

J'était le con le plus chanceux du monde et je le savais enfin.


Merci pour vos encouragements

à bientôt!