Chp 2: L'audience inégale
Pendant que les sorciers se reposaient au château des Weasley, Elinor arriva dans le nouveau QG de l'ordre du phénix. Cet ancien groupe créé par Dumbledore pour lutter contre Voldemort lors de la première guerre des sorciers. Le vieil homme avait décidé de remettre cet ordre sur pied dès lors qu'il avait appris le retour du mage noir. Cet été, il avait organisé plusieurs rencontres entre les anciens membres et de nouveaux plus jeunes. Il avait par ailleurs décidé d'utiliser un QG inédit et offert par Sirius. L'ancienne maison des Black, la famille de Sirius, au 12 square Grimmaurd. Bien entendu le Big Four n'était pas encore au courant, ce pourquoi Elinor avait tenu à y aller seule.
En arrivant devant la grande porte, elle l'ouvrit avec un mot de passe prédéfini par Sirius. Dès qu'elle arriva elle sentit la lourde atmosphère qui régnait dans la maison. La grande dame fut accueillie par Stoick qui avait justement prévu de se rendre là-bas durant l'absence de son fils:
- Madame Weasley? Que faites-vous ici, n'êtes-vous pas au parc d'attractions avec les enfants?
- Justement, dit-elle les yeux emplis de rage, on a eu un petit souci dont j'ai besoin d'en parler avec l'ordre.
- Un problème!? Ils vont bien?
- Mais oui, ils sont sains et saufs. Des détraqueurs les ont attaqués pendant leur balade dans le parc et ils ont dû les repousser à l'aide d'un Patronus. Cependant c'est interdit, ce qui fait qu'ils sont renvoyés de Poudlard et doivent avoir une audience au ministère.
Stoick poussa un grand cri de stupeur. Molly Weasley arriva avec Sirius Black et Lupin au même moment. Ils avaient entendu la conversation. Molly n'aimait pas du tout Elinor mais elle y fit abstraction:
- Harry Potter a eut le même problème hier soir... Les Mangemorts sont sûrement déjà à l'affût sur ces pauvres enfants. Leurs destins sont si tragiques.
Elle secoua la tête de désespoir. Lupin lui donna une petite tape sur l'épaule:
- Tout va bien, ils sont robustes et soudés. Je pense que ça ira, une fois qu'ils auront pû s'expliquer devant le ministère...
Sirius râla dans son coin et coupa son ami. Il leva les mains au ciel:
- Il faut agir que je dis , agir! Même s'ils retournent à Poudlard on a toujours ce problème de prophétie. Le danger est permanent, sans parler de Jack Frost qui me semble plus que problématique.
Severus arriva aussi discrètement qu'un fantôme et se plaça derrière Sirius:
- Jack n'a pas choisi d'être dans la famille qu'il est. Je ne vois pas où en est le problème. A moins que tous les Serpentards te fassent peur.
- Et bien imaginons qu'il suive la même trace que ses ancêtres. Ah les Serpentards, sans commentaire. Surtout avec un directeur pareil.
Severus fit une grimace mauvaise alors qu'Elinor s'éloigna à part avec Stoick. Elle se colla contre une rambarde d'escalier en les laissant se battre dans leur coin:
- Je savais que Voldemort agirait mais je ne pensais pas si tôt. On a bien fait de retourner dans l'ordre du phénix.
- ... Je ne suis pas à l'aise ici...
- Pourquoi? S'étonna la femme distinguée.
- Ca me fait penser à Valga... Quand ensemble on se tenait contre Voldemort. Et que l'accident tragique est arrivé, je ne veux pas avoir à revivre ça et surtout avec mon unique fils.
Son regard était si triste qu'Elinor sentit son cœur se briser.
- Je comprend, moi non plus je ne veux pas qu'il arrive malheur à ma famille. Surtout que cette année les triplés font leur entrée à Poudlard. Je vais devoir redoubler de vigilance, enfin, si Mérida peut réintégrer l'école mais je ne me fais pas de soucis avec Dumbledore à nos côtés.
Le chef de Beurk se massa l'arrière de la tête:
- Oui je pense que ça ira, avec l'ordre ils ne risquent pas grand chose mais ils ne faut pas les lâcher d'un pouce. Seulement... ce Jack Frost... Il est digne de confiance?
Stoick avait longuement hésité mais avait osé parler de son ressenti. Elinor ferma les yeux en croisant les bras sous sa poitrine:
- Honnêtement, je ne lui fais pas confiance. Mais il reste un ami de ma fille alors je lui laisse une chance. On ne peut pas le catégoriser fou furieux juste parce qu'il vit chez les Malefoy et a un lien de parenté avec notre ennemi. Après tout, sa mère et son père étaient de notre côté lors de la guerre même si on ne les a quasiment pas croisés vu qu'ils se cachaient. Bref...
Elle sortit un bout de papier:
- Je vais faire venir les enfants ici, on va les mettre au courant pour l'ordre et on va les soutenir pour leur procès.
- D'accord, je vais prévenir les autres.
D'un commun accord ils se quittèrent. Elinor envoya un hibou express en espérant que tout se passe bien au château.
Après réception de la missive, Fergus amena le Big Four et les triplés au QG. Il n'avait pas d'autre choix vu que personne ne pouvait garder les petits. Une fois sur place, Elinor expliqua rapidement la situation sur l'ordre du phénix et le but de l'organisation à savoir la lutte contre Voldemort. Elle expliqua aussi que ce groupe allait les aider à réintégrer Poudlard ce qui les rassura. Une fois tous au courant , ils purent entrer dans la salle à manger.
L'émotion fut grande pour les retrouvailles. Cela faisait longtemps que certains ne s'étaient pas vus. Sirius ouvrit grand les bras devant son ami Animagus qui ne se fit pas prier pour lui dire bonjour.
- Et bien dis-moi il s'en est passé des choses depuis mon dernier passage sur Beurk! Tu as même perdu une jambe, j'ai appris pour le tournoi! J'aurais vraiment voulu être présent mais...
- Oui je sais tu es en cavale, je ne m'attendais pas à te voir là bas de toute façon. Puis je commence à m'y faire à cette jambe de fer. Moi je vois que tu t'entretiens enfin un tant soi peu!
Sirius rit aux éclats:
- C'est pour ça que je préfère être un chien! Au moins je ne me soucie pas de mon apparence.
Juste à côté Jack serra la main de Lupin avec Raiponce et Mérida. L'homme haussa un sourcil devant la main tenue entre le duo de Serpentard-Serdaigle.
- Et bien je suis ravi de voir que les choses évoluent entre votre quatuor. Et surtout que vous soyez toujours amis après tant d'épreuves l'année passé.
Raiponce rougit à ses mots et Mérida tira la langue:
- On est pas n'importe qui, nous sommes les champions de Poudlard! Normal que notre amitié tienne bon, enfin on ne peut plus vraiment appelé ça une amitié entre ces deux là.
Elle donna un coup de coude à son amie. Jack voulut enchérir mais Severus Rogue lui fit signe.
Il s'éclipsa doucement. Le professeur de potions se retourna sur le jeune garçon avec sa grâce habituelle:
- Monsieur Frost. J'aimerais vous mettre en garde.
- En garde? Qu'ai-je fait?
- Vous êtes en train de jouer entre deux feux et je sais de quoi je parle. Votre père adoptif m'a dit de garder un œil sur vous surtout après votre déclaration sur la famille Malefoy.
Jack s'empourpra un peu. Il se retourna sur ses amis et les vit occupés. Il revint vers Severus:
- Que voulez-vous que je fasse à part essayer de survivre à Poudlard normalement? Je ne veux pas rejoindre les Mangemorts.
Severus eut un rictus perplexe:
- Vous y serez contraint si vous voulez tant rester auprès des Malefoy. Sans oublier que le seigneur des ténèbres restera toujours après vous ce qui met vos amis en danger. Il faudra faire un choix tôt au tard et à mon noble avis, vous feriez mieux de vous éloigner de ces trois là.
- ... Mais ce sont mes amis. Je n'ai pas prévu de les abandonner après tout ça!
- Réfléchissez bien. Ou un malheur s'abattra sur vous, voir sur eux.
Jack resta désorienté alors que l'homme en noir partit calmement vers la sortie. Il trouva d'ailleurs cela bizarre de le voir dans l'ordre vu qu'il était proche de Lucius et des Mangemorts selon les dire de son père, mais il ne dit rien. Il resta pensif le reste du temps. Il envoya tout de même un hibou pour prévenir Lucius de la situation et resta sans réponse.
Le quatuor demeura les quelques jours suivants là bas. Ils parlèrent de tout et de rien mais surtout de leur prochaine audience au ministère. Ils n'aimaient pas trop rester avec les adultes car les guerres faisaient rage entre eux. Molly et Elinor n'arrivaient pas à faire entendre leur point de vue entre elles. Sirius en venait toujours à s'énerver quand Rogue passait pour transmettre les message de Dumbledore qui semblait très occupé. Et Stoick ne faisait que de pleurer sur son triste sort devant un Lupin compréhensif mais impuissant.
De plus, Jack et Raiponce ne pouvaient pas se tenir la main tranquillement sans que Molly les interrompe. Elle n'était vraiment pas pour leur couple. Du coup les deux amoureux se retrouvaient souvent dans la chambre en compagnie des autres jeunes sorciers et malheureusement aussi des triplés. Le temps passa plus lentement que prévu. Mérida n'en pouvait plus d'être sur la sellette. La veille du jour J, elle râlait encore sur un lit moelleux:
- Je veux retourner chez moi! Je ne suis pas à l'aise ici. Ou alors aller à Poudlard.
Harold s'assit à côté elle et lui ébouriffa les cheveux:
- Ne sois pas si impatiente on aura le verdict demain. Au moins on est en sécurité ici.
Elle lui sourit et se colla contre son épaule:
- Oui c'est sûr mais je sens que le ministère nous en veut. On va quand même passer devant le Magenmagot. On est pas des criminels que je sache!
Raiponce qui se faisait cajoler par Jack prit part à la conversation:
- C'est louche. Je sais que le ministère nous en veut de clamer haut et fort le retour de Voldemort mais à ce point là... C'est aberrant.
- Ils sont cons, dit la rouquine. Ils vont se faire avoir par les Mangemorts si ça continue. Ce Fudge est un crétin pas fini.
- Comme tous les ministres de mon point de vue, répliqua Jack qui connaissait le ministère par Lucius.
Molly vint pour couper court à cette discussion et les pria de dormir. Ils soupirèrent en râlant mais finirent par écouter la mère de famille. Le lendemain allait être chargé avec cette audience qui semblait par ailleurs n'avoir que pour but de les empêcher de retourner à Poudlard. Harold et Jack se couchèrent dans le lit de droite et les filles prirent le lit de gauche. Ils s'endormirent aussi vite que possible.
Le jour suivant, dès l'aurore, les sorciers furent levés et prêts à affronter les stricts mages du ministère. Après une bonne nuit de sommeil ils étaient reboostés. Pour les accompagner là-bas, on désigna Arthur Weasley qui y travaillait ainsi qu'Elinor qui ne pouvait attendre sans rien faire. Sirius, Lupin et les autres leur souhaitèrent bonne chance pour expliquer leur cas. Ce qui n'allait pas être simple surtout si les détraqueurs venaient de Voldemort dont le ministère lui-même réfutait le retour.
Pour y aller, Arthur les conduisit par une entrée visiteur. C'était une cabine téléphonique rouge et banale d'apparence mais qui conduisait au ministère par les sous-sols. Comme la cabine était trop petite Arthur partit avec Harry en premier et laissa le Big Four entre les mains d'Elinor. Celle-ci en profita pour les recoiffer proprement au grand damn de Mérida. Elle remit alors sa robe en place et alluma le téléphone pour descendre avec eux. Ils étaient serrés comme des sardines.
Quand la cabine arriva au sol carrelé, Raiponce ne put retenir un cri de surprise. Il y avait des sorciers partout, ça grouillait de tous les côtés arrivant par les cheminées et marchant vers l'entre principale où se tenait une grande statue représentant la justice. Le hall était énorme avec des vitres partout bien qu'elle ne donnait pas sur l'extérieur mais sur des bureaux de ministres. Tout en haut se tenait une pancarte magique avec un Fudge en grandeur nature. En face d'eux il y avait un grand couloir en pierre noire dont les cheminées se tenaient tout le long des côtés. Harold, Mérida et Raiponce contemplèrent les lieux de leur yeux avides de connaissance. Jack expliqua un peu tout ce qu'il savait sur le ministère et sur les différents étages qui le composaient. Il était calé sur le sujet car Lucius adorait l'y amener pendant les grandes vacances. Surtout que certains Mangemorts en faisaient partie même s'il n'avait pas encore vu tout le monde. Elinor prit en compte les informations du jeune Serpentard et se dirigea vers les ascenseurs. Au même instant déboula une foule de sorciers et de notes de services en papier qui empêchèrent tous le monde d'entrer. Ils durent attendre le prochain.
Ils patientèrent une nouvelle fois alors qu'un jeune homme arriva derrière eux. Il regardait Jack avec attention ce qui commença à l'énerver:
- Peux-tu arrêter de me fixer?
Hans lui sourit et lui tendit la main:
- Oh désolé je ne savais pas comment m'annoncer, je m'appelle Hans. J'étais présent lors du tournoi à Poudlard l'année dernière, vous avez bien dû m'apercevoir.
Jack se souvint du garçon qui collait Elsa dans les dortoirs de Serpentard. Il lui serra donc la main:
- Vaguement en effet. Que fais-tu ici?
- Oh je suis le fils d'un ministre donc je travaille un peu dans les recoins du ministère et j'aimerais vous amener à la salle d'audience. Je peux?
- Pas de problème...
Il regarda ses amis qui haussèrent les épaules. Elinor avait un drôle de pressentiment sur cet homme dont le sourire semblait factice. Elle dut se résigner à prendre le même ascenseur. Pendant la balade où l'appareil partit de tous les côtés, Hans se colla contre le Serpentard:
- Alors , que cela fait-il d'être devenu un champion du tournoi des trois sorciers?
- Je ne suis pas devenu un champion à part entière tu sais.
- Oui mais c'est tout comme. J'ai vu tous tes exploits et je dois dire que je suis impressionné.
- Merci.
Jack prit le compliment avec joie quand enfin il furent débarqués au bon endroit.
Arrivés au département du Magenmagot. Hans les conduisit vers la salle d'audience en prévenant que leur horaire venait d'être avancé et que le procès commencerait sous peu. Elinor sourit en pensant que Dumbledore avait pensé à tout en leur disant d'y aller des heures à l'avance. Le ministère en voulait vraiment à ces enfants. Quelle justice... Alors que tout le monde avançait, Jack disparut. Il venait d'apercevoir Lucius qui marchandait avec Fudge.
- Lucius, l'appela-t-il en se dirigeant vers lui. Je suis content de vous voir ici... Je comptais revenir au manoir rapidement mais j'ai dû rester avec les autres.
Fudge sourit au garçon et s'éclipsa tout doucement. Le grand blond se cala sur sa canne:
- Ce n'est pas important. Ce qui est sûr c'est que ton procès vient de couper court, tu es déclaré non coupable et tu peux rentrer à Poudlard dès la semaine prochaine
- Vraiment? Sourit le jeune Frost. Comment ça se fait?
- J'ai fait en sorte que tu n'aies pas de problème, je me suis arrangé avec Fudge et le juge Frollo. Maintenant nous pouvons rentrer.
- Euh... Oui mais... J'aimerais rester encore un peu.
Lucius se doutait pourquoi. Il s'approcha de Jack et posa sa main sur l'épaule:
- Severus t'a transmis mon message? Il va falloir que tu t'éloignes de tes amis. Si tu continue sur cette voie...
- Oui je sais, dit Jack le regard en biais. Mais pour l'instant je veux m'assurer qu'ils s'en sortent.
Lucius soupira devant ce naïf enfant. Il partit dans la direction opposée:
- Je t'attendrais à la sortie, dépêche-toi de revenir sinon je te laisse ici.
- D'accord. Merci.
Jack se sentait de plus en plus mal. Il était tiraillé de tous les côtés mais pour l'instant il choisit d'aller voir le procès vu qu'il n'en faisait plus partie.
Elinor remarqua son absence juste devant la porte:
- Mais où est-il passé celui là?
Hans tint la poignée de la porte:
- Il est parti avec Lucius Malefoy je crois. En tout cas l'heure est arrivée, si vous voulez bien me suivre. Nous vous autorisons à être jugés ensemble bien qu'Harry Potter est déjà dans l'autre salle pour être entendu.
Raiponce se retourna:
- Mais si Jack ne vient pas, il sera...
- Ne vous en faites pas il est déjà disculpé. Sur ce.
Il ouvrit la porte avant que l'un des trois enfants ne puisse dire quoi que ce soit. Elinor pensa que Jack était vraiment un être à part et commençait à mal le sentir. Elle regarda ensuite les sorciers entrer et elle prit elle-même place dans un gradin pour les témoins.
La tension était palpable dans ce Magenmagot où tous les ministres juges regardaient les enfants comme déjà jugés coupables. Le trio se sentait tout petit, même Mérida était impressionnée par le charisme des adultes. Ils prirent place sur les chaises mises à leur disposition en se serrant le plus possible. Harold avait pris la chaise de gauche, Mérida celle du milieu et Raiponce la dernière à droite. Ils patientèrent que le juge arrive. Quand il entra dans la salle par sa porte personnelle, il n'y eut plus aucun bruit. Le silence de plomb fit stresser les pauvres accusés. Le trio put détailler cet homme d'apparence froide qui portait une longue tunique noire parée de violet aux extrémités. Ainsi que d'un gros chapeau de même teinte dont pendait un bandeau rouge sang. Avec sa collerette blanche et ses cheveux grisonnants, il avait un air très solennel. Mais son regard froid et pénétrant le rendit hostile ce qui expliqua le silence des autres jurés.
Il s'assit en douceur et prit son marteau en main pour frapper le début de la séance. Tout en parlant il fixa les sorciers d'un regard avide:
- Audience disciplinaire du 23 août ayant pour objet les infractions commises par Mérida Weasley , Raiponce Gothel et Harold Haddock 3ème du nom dans un parc d'attractions Moldu de Grande Bretagne. Interrogateur, le juge Claude Frollo et seule témoin à l'affaire madame Elinor Weasley. Les charges retenues contre les prévenus sont l'utilisation en connaissance de cause d'un Patronus en présence de moldus dont certains ont subi des dommages collatéraux. Niez-vous avoir utilisé vos Patronus?
Quand il eut posé sa question aucun des trois n'osa se lancer tant la peur les tenait collés aux sièges. Harold avala sa salive:
- Oui on les a utilisés mais...
- Et saviez-vous que c'était interdit de faire usage de la magie en-dehors de l'école avant dix-sept ans?
- Oui mais ... Continua Harold
- Saviez-vous que les Moldus vous verraient faire ces sorts?
- Mais oui , c'est parce que...
- Donc vous avouez avoir usé de magie en connaissance de cause et sachant la sentence qui vous attendrait?
Harold allait répondre quand Mérida se leva d'un bond en hurlant:
- Mais vous allez nous laisser parler oui!
Les jurés poussèrent un cri stupéfait et outré alors qu'Elinor mit sa main devant les yeux. Frollo frappa de son marteau:
- Silence jeune effrontée ou je vous condamne pour outrage à magistrat!
Raiponce se leva pour faire s'asseoir son amie qui grinçait des dents.
Au même instant entra une femme rose bonbon qui venait de quitter l'autre procès. Elle s'assit sur une chaise vide près du Juge et poussa un petit cri outré de la situation. Ombrage semblait ravie de la tournure du procès tout comme Frollo. Par delà une vitre, Jack regardait la scène avec désespoir, il se doutait que Mérida n'allait pas tenir longtemps. Hans était là également dans les jurés à sourire comme un idiot. Une fois le silence de retour, Frollo leva son marteau vers Elinor:
- Elinor Weasley, seule témoin de parti prit de l'affaire nous vous écoutons.
Le mot parti prit l'avait énervée mais la grande dame ne moufta pas. Elle se leva sur toute sa hauteur et bomba le torse:
- J'étais présente lors des faits. J'ai aperçu quatre détraqueurs dans le ciel qui fuyaient après avoir été repoussés par les Patronus des enfants. Ils ont par ailleurs sauvé la vie de ces pauvres Moldus dont une petite fillette âgée d'à peine cinq ans.
Frollo tapa du doigt sur son pupitre avec un air sadique:
- Vous dites que vous avez vu des détraqueurs en plein chez les moldus? Vous croyez vraiment que votre histoire va tenir debout? Avouez donc que vous êtes ici pour sauver votre enfant ce sera plus rapide.
Mérida voulut se relever mais la blonde tint bon en la serrant contre elle. Elinor ne se démonta pas:
- Je suis en effet de parti pris mais je ne fais que dire la vérité. Comment expliquez-vous donc les effets secondaires sur ces Moldus!? Et surtout pourquoi diable Jack Frost est-il épargné du procès alors qu'il a fait la même chose que ces trois enfants?
Elle fut fière de sa répartie et regarda le juge avec ardeur.
Celui-ci ne sembla pas affecté le moins du monde:
- Certains Patronus peuvent provoquer les même effets que l'attaque d'un détraqueur si ils sont mal utilisés, et comme ce ne sont que des apprentis, qui sait comment ils l'ont crée. Pour le cas de Jack Frost, il a été disculpé car Lucius Malefoy était présent lors de l'utilisation du Patronus et s'excuse pour avoir poussé son fils à le tester en-dehors de l'école. Il endosse la peine encourue. Mais cela ne vous concerne pas je crois.
Jack serra le poing derrière la vitre à se voir ainsi privilégié. Mérida leva la main ayant compris qu'elle ne pourrait pas parler sans être interrogée. Claude Frollo se donna la peine de lui accorder la parole.
- C'est faux, railla-t-elle une fois qu'elle le put, Jack était en compagnie de Raiponce Gothel dans le manège de l'amour et il était avec nous pour l'utilisation de son Patronus, donc si il n'est pas jugé, nous non plus on ne devrait pas l'être!
Frollo dirigea son regarda vers Raiponce dont il connaissait les sentiments:
- Est-ce vrai mademoiselle?
La blonde regarda d'abord ses pieds. Puis elle leva la tête en se mordant la lèvre:
- Et bien... Il y a un moment où je l'ai perdu de vue, il a peut-être rejoint son père adoptif à ce moment là...
- Raiponce! Hurla son amie outrée.
La blonde tourna la tête dans l'autre sens pour ne pas la regarder. Frollo en profita pour frapper de son marteau histoire que Mérida se taise de nouveau. La rouquine regarda méchamment la Serdaigle qui se fit toute petite. Elle voulait sauver son petit copain, quoi de plus normal. Jack en était à la fois heureux et triste.
Sur ce, le juge reprit:
- Vous savez je trouve cela amusant que vous ayez choisi de nous faire croire que des détraqueurs étaient là bas. Déjà parce que c'est impossible vu qu'ils sont tous sous le contrôle du ministère et aussi parce que, comme de part hasard, ils sont invisibles aux yeux des Moldus. Je trouve ça si simple comme ruse.
Les jurés approuvèrent dans un hochement de tête significatif. Le procès était quasiment plié. Elinor serra les poings puis se reprit:
- Il se peut que les détraqueurs aient été détournés par Lord Voldemort qui je le rappelle est de retour parmi nous bien que le ministère ait l'air de ne pas vouloir l'entendre.
Le rose bonbon toussota devant cette réaction et se leva:
- Vous osez prétendre qu'il est de retour, mais où sont vos preuves? Je ne vois rien qui ne nous le prouve, de plus aucun détraqueur ne manque à l'appel ici.
- Et bien la mort de Cédric Diggory par exemple, insista la mère Weasley sous le regard perdu des enfants soumis.
- Ceci est un tragique accident, continua Ombrage. En rien cela ne prouve que ce mage noir en est responsable, vous mettez les fautes de ses enfants sur ce qui vous arrange entre les détraqueurs qu'on ne voit pas et un mage invisible. Cessez de cacher l'inévitable. Ces jeunes sorciers qui ont participé à un tournoi sans y être invités ont par le passé déjà foulé les règles du ministère et ils continuent à se croire tout permis. Ils doivent être punis pour leur faute et remis dans le droit chemin. Tous les sorciers sont soumis aux mêmes lois, on ne peut plus laisser passer leur révolte.
Claude Frollo approuva ainsi que les autres jurés. Il donna un petit coup de baguette:
- Bien je ne vois pas quoi dire de plus si ce n'est que ces enfants ont désobéi aux règles en toute connaissance de cause. Je pense que le verdict sera sans appel. Sans preuve vous ne pouvez rien avancer.
- Mais où est la justice!? S'emporta Elinor, ces enfants n'ont fait que se défendre! Je ne sais pas pourquoi des détraqueurs étaient là mais c'est un fait! Vous ne pouvez pas les condamner pour ça et surtout alors qu'ils ne sont même pas majeurs.
Frollo eut un rictus sadique:
- Ils ne sont pas majeurs justement, et ils usent de leur pouvoir à tout va. J'ai leur dossier et je vois qu'ils ne respectent jamais les règles. Sorties tard le soir dans Poudlard alors que c'est interdit. Virée dans les étages interdits en première et seconde année ainsi que dans la forêt interdite. Implication dans d'étranges histoires avec Sirius Black en troisième et enfin implication dans un tournoi où les mineurs étaient interdits. Il est temps que vous ouvriez les yeux chère madame. Votre fille et ses amis sont des délinquants.
Elinor ne sut que répondre face à tous les faits véridiques que venait d'énumérer Frollo. Le juge sourit et leva son marteau:
- Nous allons donc rendre notre jugement, nous pensons à l'unanimité que...
Le juge n'eut pas le temps de finir sa phrase que la grande porte en bois s'ouvrit sur une employée du ministère. Claude perdit son sourire:
- Pourquoi cette interruption soudaine dans un procès?
Il avait le regard mauvais dont l'employée en perdit son entrée. Elle s'avança doucement en tremblotant et ouvrit un parchemin:
- D...Désolée de vous interrompre Monsieur le juge mais une nouvelle vient de nous parvenir. Il semblerait que trois témoins sont arrivés pour ce procès et doivent être impérativement entendus.
- Pardon? Dit-il déstabilisé, mais d'où sortent ces témoins? Je n'en ai pas été informé.
- Apparemment c'est Albus Dumbeldore qui les a ramenés je n'en sais pas plus.
Claude jura intérieurement sur ce vieux fou. Il dut se plier aux règles et les fit venir.
Il fut encore plus désemparé quand ils les vit arriver.
- C'est une blague?
Le trio se retourna pour regarder qui était présent. Ils furent choqués de voir arriver trois petites filles dont la plus âgée semblait avoir tout juste onze ans. Elles étaient accompagnées d'un adulte au nez crochu et habillé de noir. Il avait un regard impassible et se tenait accompagné de deux créatures jaunes inconnues qui regardaient la salle avec de grands "ohhh". Frollo y perdit son assurance mais il fut contraint d'accepter l'interrogation puisque c'était la loi. Il fit s'asseoir les petites filles à la place du trio qui s'assit avec Elinor.
- Bon... Déclinez vos identités, demanda le juge impatient.
La plus grande des filles se leva:
- Je m'appelle Margo , j'ai onze ans et je vis avec Monsieur Gru là bas, dit-elle en désignant l'homme assis sur un banc. Je vis également avec Edith huit ans et Agnès cinq ans.
- Bonjour, dit la plus jeune en levant la main joyeusement.
La cadette serra sa grosse peluche licorne contre elle ce qui attendrit les jurés hormis Ombrage et Hans. Margo se rassit et le juge tendit sa baguette pour les impressionner mais les filles semblaient loin d'y voir un quelconque danger.
- Et qu'avez-vous vu en rapport avec ce procès?
Un grand bruit interrompit le juge qui fixa une des créatures jaunes au sol. La chose venait de casser un banc et de s'étaler sur la pierre froide. Gru soupira et parla d'un accent russe:
- Désolé, mes minions sont un peu stupides.
- Qu'est-ce que ces créatures? Demande Frollo au bord du désespoir.
- Une création de ma part. Ca fait des années que je travaille dessus avec ma baguette mais ne vous en faites pas j'ai eu l'autorisation du ministère.
Gru venait de mentir effrontément sur son autorisation mais Claude ne chercha pas plus loin. Il reprit le court du procès en interrogeant Margo.
- Il y a quelque jours, commença la jeune fille, nous avons décidé. Non, nous avons insisté auprès de Monsieur Gru, notre père adoptif, de nous amener dans un parc d'attractions. On a donc été au Chessington. Comme on est des sorcières, Gru ne voulait pas nous y amener mais à force d'insister on a réussi à le convaincre.
- Venez en au fait s'il vous plaît. Le temps est compté ici.
Margo fronça les sourcils et continua:
- Oui donc on était là-bas le jour de l'incident. Gru venait tout juste de gagner une licorne en peluche pour notre chère Agnès qui la tient contre elle, quand on a vu surgir quatre détraqueurs dans le ciel. Je ne savais pas ce que c'était mais Gru nous l'a expliqué lorsqu'on lui a demandé et c'était des détraqueurs. Voilà.
Elle se rassit. Claude Frollo était en train de fumer de rage devant ce témoignage inattendu. Il y avait un chance sur un million que des sorciers se trouvent dans ce parc réputé cent pour cent Moldu et qu'ils voient les détraqueurs fuir. La chance l'avait abandonné alors qu'il y a peu il allait rendre son verdict:
- Vous ne savez pas ce que sont des détraqueurs alors comment vous croire?
- On peut vous les décrire si vous voulez, râla Edith qui s'ennuyait sur sa chaise.
Les jurés approuvèrent. Edith releva son bonnet pour parler:
- Moi j'ai vu un énorme monstre avec une cape et une grosse bouche ouverte. C'était trop cool à voir. Mais j'avais super froid quand ils sont passés c'était flippant. D'ailleurs Agnès s'est fait pipi dessus.
- Mais il ne fallait pas le dire, chigna Agnès innocemment.
Margo enchaîna:
- C'est exact j'ai vu et ressenti la même chose. Moi qui n'en avait jamais vu j'ai ressenti tout le désespoir que pouvait dégager cet être froid et sombre. En l'espace d'un instant j'ai revu mon ancienne triste vie à l'orphelinat. C'était affreux.
Agnès eut les larmes aux yeux ce qui attendrit encore plus le jury.
Elinor vit tourner le procès en leur faveur et se leva. Jack regardait toujours la scène avec attention. Il remarqua que Raiponce et Mérida se faisaient la tête chacune de leur côté et qu'Harold ne savait plus quoi faire au milieu. La grande dame aux cheveux noirs prit alors la parole:
- Voilà une preuve inattendue et neutre que vous ne pouvez ignorer. J'espère que vous le prendrez en considération pour le jugement.
Elle se rassit fière d'elle alors que Frollo l'assassinait du regard. Les jurés parlèrent entre eux, indécis. Frollo frappa de son marteau avec ferveur:
- Silence! Procédons aux votes. Ce procès n'a plus lieu de s'éterniser. Ceux qui sont pour la condamnation de ces rebelles.
Il leva haut la main avec à sa suite Ombrage, Hans et quelques autres magistrats. Jack fut choqué de voir Hans lever la main et il commença à se douter qu'il n'était pas net non plus.
- Ceux qui sont pour l'abandon de toutes les charges.
Tous les autres levèrent la main ce qui en fit plus de la moitié. Frollo ne s'attendait pas du tout à perdre ce procès et maudit Dumbledore pour avoir trouvé des témoins malgré les milliers de personnes présentes ce jour là au parc. Il avait vraiment du y passer ses journées. Claude Frollo frappa une dernière fois de son maillet:
- Les charges sont abandonnées. Mais je tiens tout de même à vous mettre en garde de ne plus défier le règlement, la prochaine fois sera sûrement différente.
Les jurés furent ravis du résultat final mais pas autant que le trio qui put souffler. Cependant, Frollo les regarda de travers. Il n'en avait pas fini avec eux, loin de là. Il se retira en colère et claqua la porte derrière lui avec Ombrage et Hans à sa suite.
A l'extérieur de la salle, le trio reprit vie et Harold se colla au mur pour déstresser.
- Mon dieu j'ai cru mourir là bas, ce Frollo est flippant! Et au final on aura rien pu dire. Sans vous Elinor et ces témoins nous serions déjà condamnés.
La mère Weasley lui sourit:
- C'est normal ils ne comptaient pas vous laisser parler ni vous justifier. Ce juge voulait vous voir coupable sûrement parce que vous clamez le retour de Voldemort. Mais peu importe je vous soutiendrais jusqu'au bout et comme vous l'avez vu Dumbledore ne vous laisse pas tomber. Il a fait un travail de recherche remarquable.
- Oui c'est vraiment un grand homme, approuva la rouquine.
Raiponce ne redit rien. Elle regarda Jack arriver et courut en sa direction:
- Jack! Je suis si contente que tu sois resté!
- Je ne voulais pas manquer ce procès même si j'ai eu un coup de pouce de mon père... Je suis content de vous voir libre et de retour pour Poudlard. Par contre je ne peux pas rester donc on se revoit à la rentrée.
- Pas de problème, j'ai hâte.
- Moi aussi ma belle, et merci pour ton soutien pendant le procès.
Il la prit dans ses bras et lui fit un grand câlin. D'un petit baiser sur la joue il partit rejoindre Lucius pour rentrer au manoir. De son côté Raiponce retourna avec les autres. Mérida soupira et s'assit sur un banc en pierre:
- Je suis vraiment outrée que tu aies défendu ce blanc-bec de cette manière en nous enfonçant encore plus mais... Bon... Je sais pourquoi tu l'as fait. Même si je n'approuve vraiment pas.
- Désolée...
La blonde fit la moue en regardant au sol. Harold donna un coup sur la tête de Mérida:
- Allez ne sois pas rancunière, tout s'est bien passé et que Jack soit là ou non ça n'aurait rien changé à la tournure de ce procès avec ce juge injuste.
- C'est vrai.
Les deux filles se sourirent un peu puis Elinor les interpella:
- Allez, on va rentrer mais avant allons remercier ces enfants qui nous ont vraiment bien sauvé la mise.
Ils se levèrent tous et accompagnèrent la grande dame jusqu'à la salle des témoins. Ils furent vraiment ravis d'y réchapper mais Raiponce resta sceptique. Au fond d'elle, elle se demanda si ce n'était pas des détraqueurs envoyés par le ministère plutôt que de par Lord Voldemort. Son idée ne la lâcha pas de toute la journée.
