THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010
CHAPITRE 75
L'obsédé du contrôle : le retour.
Le reste de la journée se passa comme dans un état second. Nous allâmes manger chez Pete avec les garçons et leur diîmes que nous les laissions rester à la maison pour aujourd'hui. Tout le monde fut joyeux de cette décision. Je regardai les garçons et Bella. Je réalisai depuis un petit moment déjà que ma vie entière était pour "Bella et les garçons". Bon c'était sur le point de changer. A présent ce serait tout pour "Bella et les enfants." C'était étrange, merveilleux et terrifiant en même temps.
Bella paraissait aussi choquée que moi. Lorsque nous rentrâmes à la maison, les garçons disparurent et elle s'accrocha à moi.
"J'ai besoin d'aide," gémit-elle.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" demandai-je. Elle semblait aller bien, un peu pâle peut-être mais rien d'alarmant.
"Je ne sais pas comment élever une fille," murmura-t-elle avec du désespoir dans la voix.
Je me rapprochai. "Je vais te dire un petit secret... Moi non plus."
Elle soupira d'exaspération. "Ça ne m'aide pas," marmonna-t-elle.
"Je le sais," admis-je. "Mais je ne sais pas quoi dire d'autre."
"Les garçons. Je sais. J'ai l'habitude. Je les comprends. Je suis une pro avec les garçons." Elle tremblait. "Mais une petite fille," elle m'étreignit. "Je ne sais pas comment on fait une tresse Edward. Je ne sais tout simplement pas."
"Je demanderai à Alyssa de m'apprendre d'accord?" Son expression était toujours sombre, alors je la serrai plus fort contre moi. "Bella Cullen tu es sans aucun doute, la meilleure mère que j'ai eu l'honneur de connaitre. Et ça signifie quelque chose parce que ma propre mère a fait un sacré bon boulot. Mais je doute qu'elle aurait pu faire cet aussi bon boulot si elle avait vécu la même chose que toi." Je fis remonter son menton et embrassai ses lèvres. "Donc je suis tout à fait sûr que tu es à même de savoir ce qu'il faut faire avec une fille." Elle continuait à persister dans ses doutes. "Pense aux garçons. Ils ont tous une personnalité différente. Pas vrai?" Elle hocha la tête. "Et il faut que tu t'ajustes sans arrêt à chacun d'eux. Ce bébé aussi va avoir sa propre personnalité. Et tu t'y ajusteras. Et moi aussi. Et les garçons aussi." Je l'embrassai à nouveau. "Parce que c'est ce que nous faisons. Nous faisons des compromis, nous nous ajustons, communiquons et..." Et je posai mes mains sur ses fesses. "Faisons l'amour comme les singes."
"Une chose à la fois," murmura-t-elle. Mais elle sourit. "Tu es un démon très mielleux. Donc si tu joues bien tes cartes tu pourras être chanceux ce soir."
Je ris. "Je jouerai bien mes cartes," lui promis-je. "A présent..." je sortis mon téléphone. "Toi et moi devons passer quelques appels."
Elle fut surprise un instant puis elle sourit. "Ma mère va avoir une attaque. Elle était convaincue que jamais elle n'aurait de petite-fille. Elle est convaincue que notre Haricot est un garçon." Elle s'empara de mon téléphone. "Moi en premier!"
Je tins le téléphone hors de sa portée. "Et si c'est moi qui veut appeler en premier?"
"Il me semble que là tu ne joues pas bien tes cartes," me prévint-elle avec un sourire timide. "N'est-ce pas?"
Je fronçai les sourcils et lui tendis le téléphone. "Tu triches."
Elle soupira un peu puis composa le numéro de ses parents. "Et tu ne devrais jamais oublier ça."
Je la regardais pendant qu'elle parlait. Elle marchait dans la pièce. Son visage était radieux, et son ventre bien rond maintenant. Personne ne pouvait douter de la présence d'un bébé là. La nuit je pouvais le sentir bouger devenant plus fort de jour en jour.
"... alors on a su ce qu'on allait avoir aujourd'hui," l'entendis-je dire.
Un silence, Bella me regarda et me sourit. "C''est une fille maman. Nous allons avoir une fille."
Elle recula le téléphone de son oreille et je pus entendre Renée hurler à travers la pièce. Elle recouvrit le téléphone de sa main et roula des yeux. "Elle est un peu surexcitée."
J'opinai. "Oui j'entends ça."
Au bout d'un moment, elle remit le téléphone à son oreille et commença à hocher la tête. "Ouais nous avons déjà choisi quelques prénoms." Je lui fis un clin d'œil. " Euh ouais... bon, on te le dira quand nous aurons définitivement choisi." Je mordis ma lèvre en essayant de ne pas rire. "D'accord maman. Bon dis-le à papa quand il rentrera du travail." Elle hocha la tête. "Oui on t'aime aussi. Je lui dirai." Un silence et quelqu'un parla de l'autre côté." Oui il est ravi." Rires. "Les garçons sont excités aussi, et tout spécialement Jake." Bella dit au revoir et me rendit le téléphone.
"Merci," dis-je et je composai le numéro de mon père. Il décrocha après la première sonnerie.
"Edward? Tout va bien?" Il paraissait inquiet et j'entendais beaucoup de voix en fond sonore.
"Tout va bien papa. Est-ce que j'appelle à un mauvais moment?" Mes parents étaient très occupés avec leur volontariat. Ils étaient fatigués mais très très contents et comblés.
"Non j'ai quelques minutes," dit-il. "Bella et les garçons vont bien, n'est-ce pas?"
"Oui tout le monde va bien," le rassurai-je. Je pouvais sentir sa curiosité. "Euh... nous avons appris le sexe du bébé aujourd'hui."
Papa rit. "Je me demandai quand ça allait enfin arriver," dit-il. Nous n'avions rien dit à personne sauf aux garçons. Nous ne voulions pas plus de pression. "Et?" me pressa-t-il parce que je ne disais rien de plus.
"Eh bien ... nous allons avoir une fille," lui dis-je.
"Je vais dire ça à ta mère," dit-il après un moment de silence choqué. "Elle est avec un patient mais il faut que je lui dise tout de suite." Je l'entendis marcher et puis frapper à une porte. "Esmée?" demanda-t-il. "C'est Edward. Ils savent pour le sexe du bébé."
"Edward?" j'entends ma mère demander.
"C'est une fille maman. Bella et moi allons avoir une fille". Je ne pouvais pas garder cette nouvelle plus longtemps, ça avait explosé.
Maman commença à rire ou à pleurer. Ou une combinaison des deux. "Oh Edward c'est merveilleux. Un garçon aurait été une merveilleuse nouvelle aussi mais je suis si heureuse pour toi. Comment le prennent les garçons?"
"Ils sont contents, Jake plus spécialement. Il fait que nous répéter sans arrêt que c'est une fille et il est ravi d'avoir deviné juste." Il fallait que je rie en me souvenant de sa petite danse de la victoire.
Maman rit aussi. "C'est tout Jake," renchérit-elle. "Tu lui diras que je lui faisais confiance."
"Je le ferai."
"Tu l'as annoncé à Masen?" demanda-t-elle.
"Pas encore," lui dis-je.
Elle rit de nouveau. "Bien, je vais te laisser alors lui annoncer la nouvelle. Prépare-toi, Edward."
"Me préparer pour quoi?"
"Pour Masen," répondit-elle. "Tu sais comment il est." Puis elle soupira. "Dis à Bella qu'on l'aime et qu'on la félicite."
"D'accord, maman." J'entendis quelqu'un l'appeler. "Je te laisse y aller. Nous nous rappellerons demain quand je ne travaillerai pas et nous parlerons davantage."
"Ok, embrasse ce petit bébé pour moi."
"Je le ferai." Mais je fus distrait parce que cette idée d'embrasser le bébé m'avait conduit à penser à embrasser le ventre de Bella. Et beaucoup plus bas.
Une seule chose à la fois, souviens-toi?
Pour finir j'étais une merde de poulet (les mots de Bella) et appelai Alyssa pour lui apprendre la nouvelle. Je me servis de l'excuse de ne pas vouloir déranger Masen au travail mais le ricanement d'Alyssa me fit comprendre comment elle recevait cet argument. Elle nous félicita et puis dit. "Tu sais que je vais devoir appeler Masen et le lui dire, pas vrai?"
Je soupirai mais m'étais déjà résigné à l'inévitabilité de tout ça. Bien sûr, je me réjouis en regardant l'heure. Je devais partir au travail dans moins d'une heure et je ne pourrai plus répondre au téléphone juste pour bavarder. "Lys, pourrais-tu me faire une grande faveur et juste me laisser une heure?"
Alyssa rit. "Bon d'accord, tu es un gros bébé."
"Merci tu est la meilleure belle-sœur qui existe."
"Je sais, c'est mon fardeau et mon cadeau," plaisanta-t-elle.
J'étais prêt pour le travail et fit un baiser enthousiaste à Bella avant de partir. Après que je me sois assuré que les garçons n'étaient nulle part, je m'agenouillai et fit aussi un baiser au bébé. "Je t'aime Haricot." Jusqu'à ce que nous ayons définitivement choisi le prénom elle resterait le Haricot pour moi. Ensuite un autre baiser à Bella et je montais dans ma voiture pour aller au bar.
Je n'avais parcouru que quelques mètres lorsque mon téléphone se mit à sonner. Je regardai le numéro. Masen. Pas question. Alors je l'ignorai et continuai à conduire.
Le reste de la soirée fut très occupé. Je savais que Bella allait appeler son frère puis Alice pour leur dire que le bébé était une fille. Je m'attendais à avoir un appel de Jasper plus tard mais il ferait que ce soit court et doux. Vers dix-neuf heures je fus surpris que Masen ne m'ait pas harcelé au téléphone pour essayer de me taquiner au sujet de ma fille. Mais vers dix-neuf heures trente je commença à me sentir mis de côté. Bien. Visiblement il s'en fichait, puis...
Je les vis.
Il y avait mon frère.
Et Jasper.
Et Thomas Reynolds et le Major Hutchinson et M. Hoyt.
Je leur souris. "C'est la tournée de la maison," leur dis-je. Chacun récupéra un bock de bière et il les levèrent tandis que Masen portait un toast.
"A mon frère... qui ne saura pas ce qui lui arrive," dit-il.
Il fallait que je boive à cela. Jasper secoua la tête et après avoir bu une gorgée. "Une fille... hein?"
Je hochai la tête. "Ouais une fille."
Thomas ricana. "Ça change tout ça, tu le sais?"
"Explique," dis-je en ricanant à mon tour.
"Une fille?" demanda Masen à nouveau. "Difficile à croire." Il me regarda. "Qu'est-ce que nous allons pouvoir faire avec une fille?"
"La protéger des garçons?" supposai-je.
Masen opina et leva sa bière de nouveau. "Protéger la princesse Cullen de tous les garçons sauf de ceux qui lui sont proches."
Je pouvais boire à cela sans hésitation.
M. Hoyt rit et secoua la tête. "Bonne chance pour ça, mon garçon." Le major Hutchinson me regardait juste comme si j'avais dit quelque chose de particulièrement stupide. Je me souvins qu'il avait des filles et ça me rendit nerveux.
Jasper approuva. "Bonne chance avec ça," répéta-t-il. "Maintenant tu pourras avoir une petite idée de ce que je ressens à chaque fois qu'Emmett vient chercher Rosalie."
Je fis la grimace. Je ne pouvais qu'imaginer. "Je m'excuse à l'avance pour le comportement de mon fils. Je suis d'accord aussi pour t'aider à le freiner si le besoin s'en fait sentir."
Jasper roula juste des yeux. "Il a seize ans, le besoin se fait sentir toutes les heures."
Et sur ce nous éclatâmes tous de rire. Mais après y avoir réfléchi, je décidais que ce n'était pas drôle, pas drôle du tout.
Plus tard dans la nuit ou plus exactement tôt le lendemain matin, je me glissai dans le lit derrière Bella. Je posai mes mains sur son ventre et attendit. D'habitude elle se réveillait quand je rentrais. Je me mis à imaginer une petite fille avec les cheveux foncés et les yeux de Bella qui m'attendrait à la porte. Elle se serrerait timidement contre moi et me ferait un baiser sur la joue en me disant "tu m'as manqué papa." Elle serait ma princesse et aurait la force douce de sa mère ainsi que son humour sarcastique.
Elle serait absolument parfaite. Elle m'écouterait quand je lui dirai quelque chose. Elle ne discuterait jamais. Elle adorerait ses frères et ses frères l'adoreraient en retour. Elle me mènerait par le bout du nez. Je l'imaginai grande et devenir un professeur comme sa mère. Ou qui sait peut-être un médecin. Ou peut-être qu'elle serait un génie comme Masen. Peu m'importait - aussi longtemps qu'elle soit heureuse et en bonne santé.
Puis Haricot se réveilla et commença à se frotter contre ma main. Entre mes murmures à Haricot et ses mouvements Bella se réveilla et se retourna toute endormie entre mes bras. Elle sourit contre mon torse. "As-tu bien joué ce soir M. Cullen?"
"Je crois que oui," répondis-je.
Puis elle s'installa avec son gros ventre contre moi. "Alors je pense que tu vas pouvoir avoir ta récompense."
"Moi aussi," acquiesçai-je en commençant à l'embrasser. Nos langues frottaient l'une contre l'autre allumant le feu plus bas. Sa jambe s'enroula autour de ma taille et le changement d'angle mit ma queue contre sa chaleur humide. Je grommelai pour lui faire savoir combien j'appréciai ce geste. Elle rit doucement et commença à embrasser mon cou avant d'aller titiller mon lobe d'oreille.
Doucement je la fis retourner dans mes bras pour que son dos soit contre mon torse. Ensuite je levai sa jambe à nouveau et la laissai reposer contre la mienne pendant que ma main se promenait sur son ventre puis je caressai doucement son clitoris. Elle était très sensible là à présent et j'avais dû apprendre à la caresser autrement. J'avais aimé ce processus d'apprentissage. Plus on en sait etc. ...
Elle murmura son approbation et elle commença à bouger ses hanches contre ma main. En avant contre mon toucher, en arrière se frottant contre ma bite. Je ne pouvais pas décider ce que je préférai. Je décidai que c'était match nul. Puis je guidai ma queue à son entrée et donnai un petit coup pour m'introduire. Nous grognâmes tous les deux à ces sensations et je calmai le jeu pendant un moment, tout simplement désireux de savourer sa chaleur et son accueil. Elle était si pleine et si douce à présent.
Puis lentement je commençai à bouger en elle en continuant le mouvement de mes doigts. Bella se contorsionna pour attraper mes cheveux tandis que je léchai son cou, son oreille. Je mordillai doucement lui disant combien elle était belle, combien elle m'excitait, combien j'aimais la sensation de son corps près de moi.
Je sentis la tension nouer ma colonne vertébrale. Mes testicules se contractèrent et je ne pus résister plus longtemps. Je marmonnai une excuse à Bella et me laissai aller, ma main retenant sa hanche tandis que je frémissais, gémissais et transpirais. Puis je remis ma main en place et la touchai de la façon dont elle aimait. J'étais assez gentleman pour m'assurer que ma femme en profite et quelques minutes plus tard elle jouit contre moi, son corps se tendit et me fit trembler encore et encore.
Ensuite je me libérai de son corps et resserrai ma prise autour d'elle tenant le Haricot dans mes mains parce qu'elle avait été bercée pendant nos ébats.
Nous avions eu une semaine géniale. Le jour suivant Karen appela Bella pour lui dire qu'il y avait une offre pour la maison. Ça avait presque pris un an mais Karen nous avait dit que ce n'était pas étonnant vu le contexte actuel. L'offre était bonne, leur financement en place et Bella accepta sur le champ. Deux semaines plus tard, Bella déposa le chèque à la banque. Elle avait payé la maison en partie comptant avec du cash et nous pûmes repartir effectivement avec de l'argent. Cet argent soulagea nos esprits au sujet de nos finances pour l'année qui arrivait.
Puis Alyssa et Alice firent la réunion prénatale pour Bella et notre maison fut recouverte par une explosion de rose. Je n'avais aucune idée qu'un si petit humain avait besoin de tant de choses mais Bella et Alyssa m'assurèrent que oui. Nous embauchâmes un entrepreneur pour la chambre dans le garage, quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance. Il contribua à ma tranquillité d'esprit puisqu'il était un ancien de l'armée et un ami de Dewey. Il nous dit que la chambre serait finie la dernière semaine de juin.
Une fois de plus la fin de l'année scolaire arriva bien vite. La première année je ne m'étais même pas rendu compte de ça. L'année dernière ça avait été juste une autre étape avant le mariage. Cette année ça signifiait encore plus. Emmett avait fait la moitié de son parcours dans le secondaire aussi difficile que c'était à croire. Rose finirait l'année prochaine et ses projets pour aller à l'université avaient commencé à faire déprimer un peu Emmett. A l'automne il aurait dix-sept ans. Il voulait jouer au football de nouveau et je pensai à emmitoufler notre Haricot pour l'emmener le voir jouer.
Mes parents seraient de retour chez eux à la fin du mois de juin et le bébé était prévu juste cinq semaines après ça. Les choses commençaient à s'accélérer de nouveau. L'année scolaire était finie et Bella pleura un peu ce soir-là en sachant qu'elle n'y retournerait pas à l'automne. Je ne savais pas quoi faire pour la consoler alors je lui fis l'amour. Ça sembla marcher. J'étais le meilleur de toute façon.
Mes parents étaient ravis de nous revoir, ils passèrent par Fayetteville avant de retourner chez eux à Charleston. Ils restèrent trois jours avec nous, divisant leur temps entre Masen et nous, ma mère peignit la nouvelle chambre d'Emmett qui avait été finie et c'était un miracle, prête en temps et en heure et Alyssa l'aida. Elle refusèrent de laisser peindre Bella. Ensuite elles déménagèrent les affaires d'Emmett dans la nouvelle chambre et déménagèrent celle de Seth dans celle qui était vacante. Masen, mon père et moi installèrent la chambre du bébé dans l'ancienne chambre de Seth. Nous n'avions pas eu besoin d'en parler et ce fut fait les femmes n'eurent plus qu'à mettre toutes les affaires de bébé. Quand mes parents nous quittèrent l'ancienne chambre de Seth avait été transformée en un paradis rose, rempli d'affaires de bébé.
Il ne restait plus que cinq semaines et le ventre de Bella était le centre de toutes les conversations. Bien que j'avais déjà vu son gros ventre sur les films, j'étais encore sous le choc. Certaines femmes étaient enceintes comme si elles avaient avalé un ballon de basket, on aurait dit que Bella avait avalé un de ces énormes ballons d'exercice. Vu de dos on ne se doutait de rien. Oui un peu plus ronde que d'habitude mais elle le portait bien. Mais quand elle se tournait et de profil, Haricot était grandiose. Le jour après que mes parents soient partis je dus demander au médecin lorsque nous y allâmes pour le rendez-vous hebdomadaire de Bella.
"Est-ce que ce bébé grandit normalement?" Bella me regarda sachant exactement ce que je voulait dire. Sérieusement cet enfant devait peser au moins 6 kg maintenant si le renflement du ventre de Bella était une bonne indication.
Le médecin hocha la tête et sourit. "Tout se passe comme prévu." Puis il se tourna vers Bella. "Vous en êtes à un peu plus de trente-cinq semaines maintenant et en tenant compte de votre âge et des circonstances de la naissance de Jake et du fait que c'est votre cinquième, je veux qu'on vous surveille régulièrement."
Je déglutis difficilement. Je comptais ces cinq semaines mais je n'avais pas réalisé combien c'était proche avant d'entendre le médecin dire que nous ne les aurions sûrement pas. Certes elle se rendait bien compte que j'avais besoin de ces cinq semaines et elle ferait tout son possible pour que je les aie, pas vrai? Mais ma femme et elle se regardaient comme si elles s'y c'était prévisible. Bella hocha la tête et attrapa ma main. C'était difficile pour elle de se relever et il fallait qu'elle aille se coucher pour que le médecin puisse mesurer sa montagne ... euh son ventre.
Mes parents m'avaient fait promettre de les appeler dès que le travail commencerait. Ils pensaient pouvoir arriver avant le bébé, tout cela dépendrait comment les choses avanceraient. Je trouvai tout cela un peu déconcertant. J'étais resté remarquablement calme pendant la grossesse de Bella. Monsieur l'obsédé du contrôle avait fait quelques apparitions et avaient été rassuré efficacement et rapidement. Même Bella dit que j'avais été très calme et que c'était très inattendu.
Quand juin se changea en juillet je commençais à sentir que mon calme se décomposait. Le Dr Hardin avait bien expliqué qu'elle ne s'attendait pas au respect des délais. Elle nous avait dit qu'elle comptait sur une naissance plus tôt. Ça signifiait que notre fille naitrait probablement ce mois-ci.
Lorsque je fis allusion à cela, Bella grogna et tapota le côté de son ventre. "Dieu oui j'espère," marmonna-t-elle.
Je ne pense pas que Bella saisisse le sérieux de la situation. Ce mois-ci. Comme le mois qui était affiché sur le calendrier dans la cuisine.
Je n'étais pas prêt.
Nous nous étions habitués à passer les mois les uns après les autres puis les semaines les unes après les autres. Mais à présent nous - je devrais dire je - comptais les jours un par un. Chaque jour pouvais être le jour. Mon cœur de quarante et un ans n'était pas prêt pour tout ça.
Pour la première fois, je compris réellement que lorsque Haricot sortirait de ses études secondaires j'aurai presque soixante ans. Puis plus tard j'en aurai soixante cinq pour l'université, pas tout à fait mais pas bien loin.
Puis quand elle commencerait à vouloir avoir des copains après l'université, j'aurai véritablement une attaque. Il n'y aurait pas de rendez-vous avant ça, je m'en assurerais. Bella ne comprenait pas. Elle était trop mal à l'aise pour déjà penser à vingt ans plus tard. Donc elle ne s'en préoccupait pas.
Et Monsieur l'obsédé du contrôle commença à péter les plombs.
J'étais tellement inutile que Jasper s'était finalement arrangé pour que M. Hoyt ou Dewey ou un autre soit avec moi au bar même si c'était moi qui étais censé travailler. Il m'engueula en me disant qu'il fallait que quelqu'un reste à la maison pour Bella mais je savais qu'en fait c'était parce que j'étais une grosse boule de peur et d'insécurité.
Je résistai face à Bella et aux garçons mais avec Jasper et Masen... ils étaient les premiers spectateurs de mes effondrements. Je me souvins tout juste que c'était le quatre juillet et heureusement cette année les garçons et Bella avaient beaucoup de choses à penser et ne semblèrent pas tristes. Bella n'était pas à l'aise et les garçons la regardait déprimer. Puis la deuxième semaine de juillet arriva et Jake et nous harcela pour savoir si on lui avait procuré tout ce qu'il voulait pour son anniversaire. Bella avait tout commandé sur internet et tout ce que j'avais eu à faire c'était de cacher les choses dans notre placard. Nous empaquetâmes nous-mêmes parce que Jake était un fouineur et que si ça n'était pas bien emballé il pourrait voir.
Le bar tournait doucement même si je n'étais pas à mon meilleur niveau. Bella commençait à tout ranger de sorte que les verres étaient lavés avant même que nous ayons fini de boire, les placards étaient rangés une fois par semaine et la maison sentait le Monsieur Propre. Elle cuisinait des quantités impressionnantes à congeler. Lorsque je lui demandai pourquoi, elle me dit juste qu'elle ne voulait pas que nous mourrions de faim pendant qu'elle serait à l'hôpital. Lorsque j'essayai de lui dire que je pouvais être responsable de la nourriture pour ces quelques jours, elle rétorqua que les pizzas n'étaient pas une option valable pour plus d'un soir par semaine. Emily et moi rentrâmes nos queues entre nos jambes et allâmes faire un tour dehors un moment, jusqu'à ce que nous estimâmes que nous pouvions rentrer sans danger.
Incapables de me supporter davantage Jasper me dit de travailler le week-end du 24 juillet puis de travailler tous les deux soirs. Nous nous étions arrangés pour que chacun puisse être à la maison à un moment ou à un autre. Je ne voulais pas m'arrêter de travailler complètement parce que je souhaitais prendre au moins un mois quand le bébé serait né. Masen nous avait dit que ce serait notre cadeau, payer un barman qui travaillerait à ma place après la naissance. C'était à la fois très généreux et très caractéristique de la part de Masen.
Ainsi j'étais prêt à attaquer mon dernier week-end complet. Je dis à Jasper que je prendrai le vendredi, le samedi et le dimanche soirs lui laissant prendre le week-end libre avec Alice et les enfants. Ça me paraissait juste. J'embrassai Bella pour lui dire au revoir, content de savoir qu'après ce week-end je serai à la maison plus souvent et pourrai profiter d'un peu de sexe à l'heure du déjeuner parce que les garçons seraient chez Masen. Je commençai à penser que notre fille allait nous rendre fous et arriver en août finalement. Les bébés et les projets étaient ennemis après tout.
La soirée fut très occupée, ce qui était normal pour un vendredi. Vers vingt heures je vis Masen arriver. Avec Dewey. "Hey les gars, que puis-je faire pour vous?"
J'attendais que Masen me passe sa commande et je fus un peu surpris de voir qu'à la place Dewey passa derrière le bar et me fit signe de dégager de là. "Allez Edward," dit Masen en me poussant. "Allons-y."
"Quoi?" je ris. "Qu'est-ce qu'il y a?"
Masen s'arrêta, sourit et se frotta la nuque. "Toi grand frère, tu vas devenir père."
Il me fixa un moment tandis que je faisais un effort pour comprendre ses paroles, les mettant en ordre et essayant de leur trouver un sens. Puis Monsieur l'obsédé du contrôle prit le dessus. C'était le moment de montrer ce qu'il savait faire et qu'il était bon.
"Merde!" hurlai-je assez fort pour que les clients du bar se retournent pour me regarder et arrêtent de parler, laissant juste le bruit de la musique. "Le travail a commencé?" Ma voix devait encore être assez forte parce que je remarquai que certains clients jouaient du coude.
Masen sourit largement et opina. "Allez viens, elle est dans la voiture."
C'était tout ce que j'avais besoin de savoir. Je me précipitai jusqu'à la porte tout juste conscient des "félicitations!" et des "Bonne chance, mec!"
La prochaine chose que je sus c'est que j'ouvris la portière de la Vador-mobile et grimpai sur le siège du conducteur. Bella était là sur le siège passager, me paraissant un peu pâle mais c'est tout. Je démarrait la voiture mais la main de Bella se posa sur mon bras et m'arrêta. "Peut-être que nous devrions attendre ton frère?" suggéra-t-elle.
"Oh... oui... bien sûr." Monsieur l'obsédé du contrôle voulait que Bella soit à l'hôpital et entre les mains de professionnels. Mais tout de suite putain. Mais je pris une profonde inspiration et attendit. Je lui laisserai trente secondes et ensuite il se débrouillerait.
Quelques secondes plus tard, heureusement pour lui, il grimpait sur le siège arrière. Et c'est à ce moment là que je me tournai et vis quatre visages souriants. "Hey Pops," dit Jake. "Nous ne voudrions manquer ça pour rien au monde."
Quatre têtes brunes acquiescèrent.
Ensuite je m'insérai dans le trafic et fit le trajet que je connaissais bien jusqu'à l'hôpital, essayant d'ignorer désespérément les petits souffles haletants que Bella faisaient de temps en temps. Je sentis sa main venir se poser sur ma cuisse. Fort. Je commençai à souffler et à haleter aussi. Je commençai à me sentir un peu étourdi.
Nous arrivâmes finalement et j'aidais Bella à sortir de la voiture et s'installer dans un fauteuil roulant qui nous attendait miraculeusement. Quelques instants plus tard nous prîmes l'ascenseur pour arriver à l'étage de la maternité.
Le Dr Hardin arriva au moment où ils finissaient d'installer tout l'équipement sur Bella et au bout d'un instant les bruits du cœur de Haricot remplirent la pièce. Le Dr Hardin l'examina et je grimaçai lorsque Bella saisit ma main. Ces mains pointues étaient incroyablement fortes.
"Waouh," dit le docteur.
"Waouh?" demandai-je. "Bon waouh ou mauvais waouh?" Waouh?" Je me frottai la nuque. "Vous ne pouvez pas juste dire waouh et c'est tout. C'est presque aussi mauvais que Oups."
Elle sourit et tapota la cuisse de Bella. "Vous en êtes à six centimètres Bella, alors les choses vont aller très vite."
Je ne comprenais pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais c'était des nouvelles waouh et je hochai la tête.
En fait les choses allèrent très vite après ça. Les garçons étaient installés dans la salle d'attente avec Masen. Il avait eu le temps de me dire que maman et papa étaient en route et qu'Alyssa allait bientôt arriver. Elle amenaient les garçons chez Alice où Rose s'en occuperait et puis elles viendraient à l'hôpital.
Le docteur Hardin revint une demi-heure plus tard et dit à Bella que ça n'allait plus être long. Les choses allaient tellement vite que je n'avais plus le temps de paniquer. Le docteur dit à Bella que chaque grossesse était différente et que parfois l'accouchement pourrait ressembler au premier et prendre du temps. Mais le corps de Bella avait apparemment une très bonne "mémoire" et tout semblait se dérouler à merveille.
Une heure après notre arrivée à l'hôpital, le docteur nous dit que bientôt Bella pourrait pousser. Elle ne quitta plus la pièce après l'examen ce qui me fit penser que nous étions très proches. Ensuite il firent rouler un petit berceau et déballèrent les vêtements pour le bébé. Je sentis mon cœur rouler comme le tonnerre dans ma poitrine.
Putain de merde.
"D'accord Bella," dit le docteur Hardin. "C'est le moment."
Le moment? Le moment de quoi? J'ai besoin de plus d'explications. Puis Bella commença à pousser et je réalisai que le moment était venu - le moment était venu de faire la connaissance de notre fille. Bella ressemblait à un haltérophile qui soulève des poids, grognant à l'effort pour faire venir notre bébé dans ce monde et posant son menton contre sa poitrine comme on le lui disait. Je me sentis moi aussi me contracter et grogner en solidarité. Toujours pas le temps de paniquer parce que tout semblait se dérouler en accéléré. Je n'eus même pas d'aller donner des nouvelles des progrès de Bella à Masen.
Puis le docteur Hardin me dit de regarder et je vis ce qui ressemblait à une touffe de poils mouillés qui essayaient de sortir de Bella. C'était quoi bordel?
Quelques poussées supplémentaires et il devint clair que ce quelque chose était la tête de notre bébé. Mon cerveau arriva finalement à mettre deux avec deux et comprit. C'était arrivé très vite et je n'étais pas sûr de quoi faire ou ressentir ou penser.
Bella gémit fort et il sembla que Haricot jaillit entre les mains en attente du Dr Hardin, hurlant pour protester. Il me semblait que je n'avais pas vraiment respiré depuis que j'avais vu Masen debout au milieu du bar.
Je sentis quelque chose de chaud et d'humide sur mes joues quand le docteur leva le bébé pour que Bella et moi puissions mieux le voir. Puis elle alla dans les bras de Bella et je me retrouvai attiré par elle comme la lune par la terre. C'était une force irrésistible.
Mes doigts touchèrent sa petite tête et je pus voir un éclat rouge dans la masse humide. Bella et moi sanglotions devant la réalité de ce bébé et étions à peine conscients de tout ce qu'il se passa après. C'était simplement nous et notre Haricot.
Seulement notre Danica Elizabeth Cullen.
Beaucoup d'entre vous se posent des questions sur l'avenir de la petite fille et de ses interactions avec ses frères, nous auront tout ça dans des outtakes...
Alors ça vous a plu?
