Chp 5 : La princesse disparue

Raiponce se réveilla aux aurores. Au final elle ne dormit que quelques heures, l'esprit embué de questions. Toujours la couronne dans la main, elle se glissa doucement dehors et apprécia la brise fraîche du matin. Elle resta un long moment à contempler l'horizon jusqu'à ce que Mérida se lève. C'était toujours la première debout, d'ordinaire. Cela surprit la rouquine, de trouver son amie ainsi et elle la prit dans ses bras. Un moment de complicité émergea et les filles discutèrent jusqu'à l'heure du repas où Harold ramena un lièvre et deux perdrix. Ce n'était pas grand chose mais ils étaient déjà contents d'avoir à manger.

Quand le déjeuner fut fini et que l'après-midi arriva, le trio décida de ranger le campement pour se rendre à la prochaine ville. Harold siffla un dernier coup dans son appeau mais aucun hibou, dragon ou phénix n'arriva. Sur le chemin il sembla déprimé. Ce que sa petite amie remarqua. Elle prit doucement sa main:

- Tu t'inquiètes pour Krokmou?

- Oui et pour Fumeseck. Ils n'ont toujours pas réussi à nous rejoindre... Sans oublier le petit Sirius qui est à Beurk.

- Ne t'en fais pas, je te signale qu'on a transplané au moins trois ou quatre fois, Krokmou doit être perdu même avec son odorat sans faille. Tôt ou tard il nous rejoindra.

Harold approuva et embrassa le front de la Gryffondore. Elle rougit un peu mais sourit doucement.

Soudain, le dragonnier sursauta en tournant la tête:

- Où est Raiponce?

- Hein?

Mérida regarda de droite à gauche il n'y avait plus de trace de leur amie. Ayant peur qu'elle ne fasse une bêtise, Harold lâcha la main de Mérida et se mit à hurler le nom de la Serdaigle en courant. La rouquine eut à peine le temps de le voir partir. Elle bloqua sur place avant de se décider à le suivre, sans un mot. Harold retrouva bien vite la blonde qui courait en avant avec la couronne en main.

Il s'époumona:

- Raiponce! Qu'est...ce-que.. tu fais?

La blonde montra la couronne en l'air qui brillait si fort qu'Harold dut placer une main devant ses yeux. Le trio se suivit pendant quelques mètres avant de débouler à la sortie de la forêt. Raiponce eut tout juste le temps de freiner avant de finir dans l'eau. Harold lui prit la main et la tira vers lui:

- Woh doucement! Tu nous fais peur là! Ne refais jamais ça j'ai bien cru que tu avais été enlevée ou que tu t'étais enfuie ou pire que tu voulais te suicider!

Il reprit son souffle tellement il avait parlé vite. La blonde rit doucement:

- Mais non je suivais juste la lumière qui semblait me guider jusque là. Ne t'en fais pas je n'ai rien prévu de tel.

- Tu me rassures.

- Ouais bon bah ça va là, râla Mérida.

- Quoi? Demanda le Poufsouffle.

- Rien laisse tomber, Don Juan.

- Hein?

Harold fixa Mérida lever le nez au ciel et se retourner en croisant les bras. Le dragonnier tenta de la sonder mais Raiponce coupa court à l'imminente dispute. Elle hurla de joie en sautillant sur place. La blonde pointa du doigt la ville qui s'étendait sur toute une montagne de maison en hauteur:

- Regardez! Regardez comme cette ville est belle !

Les deux amoureux ouvrirent les yeux en contemplant les lieux. C'était un endroit peu commun. On aurait dit qu'il avait été bâti sur l'eau. Il n'y avait qu'un seul pont pour l'atteindre , là où ils étaient. C'était une ville fortifiée, sûrement très ancienne, gardant des vestiges de bataille passée. Ce qui était amusant dans ce lieu c'était qu'il ressemblait à une île perdue. Un peu comme une ville oubliée dans les bas-fond de la grande forêt feuillue.

Les trois paires d'yeux s'avancèrent un peu plus en fixant les bâtiments en pierre et les chemins de pierre. C'était magnifique à voir et cela rappela à Raiponce le mont Saint Michel, un lieu de France qu'elle avait vu dans un livre. Au sommet, Harold repéra un vétuste château qui dominait le lieu, tout en hauteur. En dessous descendaient les maisons comme un escalier en colimaçon.

Sortant de leurs songes, un homme les interpella.

- Bonjour mes jeunes amis! Vous voulez m'acheter un drapeau? C'est deux livres sterling! J'ai aussi des superbes lampions blancs pour ce soir! Je fais des promotions!

- Euh... Non merci, commenta Mérida prise de cours.

- Vous êtes sûre? Ah vous avez peut-être déjà ce qu'il faut pour ce soir...

- Pour ce soir? demanda la blonde incrédule. Il y a une fête?

- Bien sûr! Vous ne le savez pas? C'est la fête du maire, elle existe depuis maintenant quinze ans! Vous devriez allez voir les festivités, c'est un hommage grandiose.

Il repartit tout content avec ses cagettes de goodies, tous surmontés d'une emblème de soleil.

Raiponce se souvint des paroles entendues hier soir, la femme qui dialoguait et qui semblait être sa mère avait parlé de fameuses lanternes ainsi que d'un hommage. C'était une bonne piste.

- Je crois que nous y sommes. Je dois être d'ici... Ma mère doit se trouver quelque part dans cette foule.

Elle pointa du doigt une énorme place où des habitants dansaient sous des banderoles violettes et jaunes.

- Excellent, commenta Harold. Je suis tellement content, bientôt tu retrouveras ta vraie famille!

- Tu ne te souviens de rien dans ce paysage? Demanda Mérida toujours boudeuse.

- Non j'étais trop petite pour me souvenir de quoi que ce soit, je ne savais même pas que j'avais vécu ailleurs que dans ma tour.

- Alors allons-y, allons retrouver tes racines, répliqua fermement Harold.

Raiponce lui sourit avec tendresse. Elle se sentait soutenue dans cette dure épreuve de recherche.

Les deux partirent joyeusement sur le pont alors que Mérida suivait en traînant les pieds. Harold ne semblait pas voir à quel point elle était au bord de la jalousie. Elle se sentait comme quand Astrid venait mettre le boxon en quatrième année. C'était une rage incontrôlable et inexplicable.

Arrivée sur place, Raiponce continua de sautiller. Elle rattacha correctement ses cheveux et contempla la ville avec Harold. Ils participèrent à la fête en achetant leur nécessaire pour ce soir ainsi que des objets en tout genre. Le duo rejoignit Mérida qui sirotait une bieraubeurre devant une fresque, dans un bar animé.

- Heureusement qu'il y a des sorciers ici! Répliqua Harold en se posant avec fatigue. On a pu acheter avec notre argent de sorcier, on avait rien niveau argent Moldu. Ca doit être une ville mixte.

Mérida ne le regarda pas. Il haussa un sourcil:

- Ca va?

- Hmmm.

- ... Heu, tu es sûre?

- Oui, râla-t-elle n'ayant pas envie d'admettre sa jalousie. Et arrêtez de vous exhiber comme ça! C'est la fête certes mais je vous signale que nous sommes toujours recherché par ...

Harold lui mit la main sur la bouche.

- Chut tu es folle de dire ça! T'inquiète on a bien vérifié il n'y a aucun Mangemort dans le coin.

Elle se dégagea avec dégoût:

- Et bah si vous avez vérifié alors, tant mieux pour vous.

- Mais pourquoi tu fais la tête bon sang?

Mérida lui tira la langue et redemanda une bière. Il abandonna et s'occupa de regarder les danseurs. Raiponce, elle, était absorbée par la fresque murale. Elle représentait trois personnes. Un homme et une femme de cheveux bruns. L'un ayant un bouc et des rouflaquettes dans un costume plutôt luxueux. L'autre, la femme, était dans une jolie robe mauve et tenait un bébé dans les bras. Une petite fille blonde au yeux vert , souriant de toutes ses dents. Et la question se posa dans son esprit. Ce beau bébé, serait-ce moi? Elle resta absorbée et en oublia ses deux amis qui continuaient à se disputer. Mérida se leva et partie en fureur, Harold la suivit.

Quand la blonde se retourna elle se retrouva seule. Elle appela ses amis mais ils semblaient être vraiment partis. Un peu en panique, elle regarda de tous les côtés. Puis elle fixa des enfants qui faisaient de la peinture. De nouveau captivée elle s'approcha et se pencha. Ils tentaient de dessiner des soleils, l'emblème. Elle leur sourit et prit des pinceaux:

- Regardez je vais vous en faire des belles.

- Oh oui merci!

- Des soleils, pleins de soleils et des fleurs violettes!

La blonde s'y attela joyeusement. Elle dessinait divinement bien sous les yeux adoratifs des enfants et des passants qui s'arrêtaient. Bientôt tout le monde regarda l'œuvre d'art. Quant elle finit, tout le monde l'applaudit.

- J'adore les soleils, les fleurs et le violet, avoua-t-elle en rougissant. C'est les symboles et la couleur que je préfère.

Elle tiqua soudainement. Ce n'était peut-être pas un hasard si pendant toute son enfance elle avait dessiné des soleils dans un fond violet.

- Mon dieu...

Elle réalisa. Oui elle était bien chez elle. C'était ici qu'elle était née. Des larmes arrivèrent dans ses yeux alors que les habitants se remirent à danser. Alors qu'elle s'essuyait les prunelles une femme la prit par le bras et l'entraîna dans la danse:

- Il ne faut pas pleurer voyons, c'est un jour de fête!

La blonde sourit et dansa de tout son soul. Elle tourna encore et encore sur elle même. Les pieds dénudés pour mieux danser elle ferma les yeux sous le rythme endiablé du son.

Dans sa frénésie elle se sentit observée. Deux grands yeux noirs étaient pointés sur elle. La blonde se stoppa quand la musique se finit. Tout le monde applaudit sauf elle. La Serdaigle regarda de tous les côtés une main sur le cœur. C'était une sensation fort désagréable. Une main se posa sur son bras d'où elle cria de peur. En se retournant elle trouva Harold.

- Raiponce je t'ai cherchée partout, tu étais juste là...

- Euh... Oui... J'étais en train de peindre et de danser.

- Tu en as partout, fit remarquer le dragonnier en pouffant.

- Ah oui c'est vrai.

Elle eut un rire retenu, le cœur battant à la chamade.

Le duo s'éloigna alors que la nuit commençait à tomber.

- Où est Mérida?

- On s'est pris la tête et elle est partie de son côté... Je n'ai pas pu la retrouver. Je me sentais un peu seul.

- Qu'est-ce qu'il se passe?

- Aucune idée...

- ...

Harold haussa les épaules et Raiponce expliqua ce qu'elle pensait de cette ville, de ses pseudos souvenirs et de la fresque qu'elle avait vue. Il hocha la tête.

- Je pense qu'on ferait bien de chercher tes parents dès que la fête sera finie.

- Oui.

Raiponce gambada joyeusement sous le regard protecteur d'Harold. Il était heureux de la voir de nouveau contente malgré la douleur de l'année passée. Il la protégerait toujours, c'était sa meilleure amie après tout. Et Jack n'était plus là pour en prendre soin. Il fallait la défendre comme un petit chaton, c'est ce qu'il pensait toujours devant Raiponce. Mais jamais il n'avait eu un sentiment d'amour, ce qui était réciproque et entendu entre eux deux.

Tard dans la nuit, le duo retrouva enfin la rouquine qui mangeait une pomme dans une barque. Raiponce tenta de la dérider mais rien n'y faisait elle resta muette comme une carpe. Finalement le trio partit sur l'eau pour rejoindre les bateaux flottants qui préparaient leurs lanternes. Harold s'occupa de les sortir également.

Le silence régnait car aucun n'osait parler de peur de froisser une Mérida de mauvais poil. La blonde avait des fleurs dans son sac magique et commençait à enlever des pétales pour les poser sur le bras de mer. L'eau était tranquille et paisible. Elle regardait avec douceur dans ce calme reposant, l'eau qui emportait les pétales. Elle sourit et se posa sur le bord de la barque. Soudain ses yeux s'agrandirent. Elle remarqua une lumière puis deux et trois...

Elle leva la tête et repéra d'autres lumières qui s'élevaient dans le ciel. Ses yeux brillaient de même que le duo. Mérida oublia instantanément sa colère et se focalisa sur le tableau qui se présentait devant elle. Des lanternes par centaines s'élevaient dans le ciel nocturne. Ceux des bateaux suivirent la marche quand celles de la terre étaient toutes lanceés. C'était tellement magnifique que Raiponce se surprit à avoir des larmes. Elle monta sur le bord de la barque et admira le ciel. Ses deux amis se regardèrent puis sourirent. Mérida soupira en concédant qu'elle avait été trop méchante durant cette journée et prit une lanterne:

- Punzie! Nous aussi on le fait. Ensembles.

La blonde sourit de ce revirement de caractère. Elle bougea si vite que la barque tangua mais ce n'était pas grave. Elle prit une lanterne devant les amoureux et ils se regardèrent tous les trois. Yeux dans les yeux. Raiponce toucha doucement sa lanterne avec un soleil dessus:

- Il ne manque que Jack et tout serait parfait.

Mérida fut choquée de voir son amie parler du sujet tabou. Elle approuva et tous trois allumèrent leur lanterne. Puis ils les firent s'élever dans le ciel. Les regardant tourner entre elles. Harold prit la main de Mérida puis de Raiponce:

- Ensembles pour toujours.

- Oui pour toujours, répliquèrent les filles.

Ils ne purent qu'admirer le spectacle avec des frissons sur leur peau. Puis un homme près d'eux cria à l'unisson avec d'autres.

" C'est pour la princesse disparue! La petite princesse du maire! "

Raiponce sursauta. La princesse disparue? Tout le monde se mit à crier cela jusque dans les terres. Et même au delà. Soudain elle eut une révélation.

- Les lumières! C'était ça que je voyais dans le ciel jusqu'à l'âge de mes onze ans! Mais oui! Le deux septembre c'était toujours le soir!

- Jusque onze ans? Questionna la rouquine incrédule.

- Oui après quant je suis allée à Poudlard je ne pouvais plus les voir, j'avais oublié. Ca passait près de chez moi. Je me demande si la forêt où j'ai vécu dans ma tour n'est pas celle qu'on vient de traverser... Si ça doit être ça. Mais alors ça voudrait dire que je vivais tout près de ma vraie famille sans le savoir? Mon dieu...

- Wow, c'est spécial ça. Alors Gothel aurait volé un bébé d'ici juste pour ses cheveux magiques?

- C'est sûr, enchaîna Mérida à son copain. Elle touche à la magie noire et est une Mangemort. Ca ne lui ferait pas peur de voler un bébé ici.

Raiponce approuva. Elle serra les poings. D'un regard dur elle fixa ses amis:

- Ramenez-moi au rivage, je veux retrouver ma famille. Je crois comprendre quelque chose.

- Pas de problème mais... quoi? demanda Harold qui prit les rames.

- Je vais vous montrer. Si j'ai juste alors... je... je crois que mes parents vont retrouver leur fille ce soir...

Mérida ouvrit grand les yeux, de joie. Harold rama le plus vite qu'il le put.

Dès que l'embarcation toucha le bord, Raiponce s'empressa de sortir et courut. Les deux la suivirent. Elle monta, encore et encore. De plus en plus haut. Passant devant les maisons et les fêtards en deuil. La regardant avec curiosité. Ses longs cheveux blonds traînant dans le vent derrière elle.

Essoufflée, Raiponce arriva tout en haut, au vétuste château. Harold et Mérida ne redirent rien et la virent se précipiter devant la grande porte. Sur celle ci se tenait encore un grand soleil. Il y avait foule qui sortait. La blonde poussa et se faufila dans le château toujours suivie. Elle réussit à atteindre le dessous du balcon où deux personnes rentraient dans leur château.

- Il faut qu'on entre dans ce château.

- Pardon?

- Oh oui, ça je suis d'accord, on fonce! s'écria Mérida à fond dans l'aventure.

Les filles se précipitèrent aux portes vitrées du rez-de-chaussée alors qu'Harold se frappa le front.

- Pourquoi moi...

Il soupira et les suivit.

La porte était fermée:

- Alohomora.

D'un cliquetis elle s'ouvrit et ils pénétrèrent dedans. Ils ne firent pas deux pas avant qu'une servante ne les repère et ne donne l'alerte. Bientôt un paquet de serviteurs sortirent et les entourèrent. La moitié d'entre eux sortirent des baguettes magiques.

- Des sorciers? S'étonna Mérida. Il y en a donc même jusque dans ce château.

- Qu'est-ce qu'il se passe? tonna une voix d'homme.

Les servants se penchèrent et s'écartèrent. C'est alors que le maire de cette ville arriva, également surnommé le bon roi par les habitants. Il s'avança et fixa les trois enfants. Il avait une tenue de cérémonie et était impeccablement coiffé.

- Que font des enfants ici?

- Ils sont entrés avec de la magie, Monsieur, ce sont des sorciers.

- Oh...

Puis une femme arriva. Les deux personnes de la fresque se tenaient là, devant Raiponce et les regardait avec stupéfaction. Mais l'instinct maternel était inexplicable. Non il n'y avait aucune manière de décrire comment la mère de Raiponce avait reconnu sa fille. Comment elle avait compris qui était cette jeune enfant aux cheveux blond platine et aux yeux vert émeraude.

Elle fondit en larmes et courut prendre Raiponce dans ses bras:

- C'est un miracle! Un miracle! Notre fête aura rendu possible une bénédiction! Oh ma petite fille!

Elle pleura à chaudes larmes alors que Raiponce se tenait droite comme un I. Choquée. Littéralement bloquée. Tous regardait la scène sans comprendre. La blonde eut du mal à refaire surface puis les larmes montèrent dans ses yeux jusqu'à ce qu'elle explose. C'était la voix qu'elle entendait dans la couronne. C'était sa maman! La femme qui avait enfin un visage dans son esprit. Elle se lâcha et enserra la grande dame.

- M... Maman! J'ai retrouvé ma maman!

Le maire tomba des nues. C'était vraiment sa petite fille qui était là devant lui? Par quel miracle? Il s'essuya le front puis se pressa pour enserrer les deux femmes de sa vie. Peu importe comment, il avait retrouvé sa fille!

Après cet échange sentimental, les parents amenèrent tout le petit monde dans un salon luxueux. Drapé de violet partout. Puis ils leur offrirent à boire.

- Comment... Comment nous as-tu retrouvé? Commenta la mère au bord d'une nouvelle crise de larmes. Que s'est-il passé durant ces quinze dernières années! Oh j'ai toujours pensé que tu avais été tué...

- Chérie laisse la parler.

- Oh désolée, je suis trop brusque. Après tout ce temps...

Mérida et Harold fixaient Raiponce qui semblait imprégner entièrement le visage de ses parents dans son esprit.

- Euh je... Je ne sais pas trop...

Sa mère lui prit les mains:

- Si tu savais! Cette nuit là il y a quinze ans, quand on t'avait mise au lit pour t'amener à ta première journée en crèche le lendemain. Une personne drapée, une sorcière est venue t'enlever à moi, à nous. Tu pleurais si fort dans ta couverture, dans les bras de cette horrible bonne femme! Je ne pouvais rien faire, je ne sais pas utiliser la magie.

Elle pleura, se sentant coupable depuis tout ce temps:

- Ton père et moi ne pouvions que la voir partir avec toi. Nos servants ont tenté de la stopper mais plusieurs en sont morts dans une sorte de lumière verte. J'ai cru mourir et depuis je ne fais que penser à tout ça... Je ne vis plus...

Raiponce sourit malgré les larmes:

- Si j'avais su tout cela. Je vais vous raconter ce que j'ai vécu depuis mon enfance mais ça risque de prendre du temps.

- On a tout notre temps ma chérie, tout notre temps, intervint Le bon roi.

La Serdaigle prit une grande respiration et entreprit de raconter son histoire.

Elle retraça sa vie avec Gothel, la fameuse sorcière qui avait volé Raiponce, le bébé du bon roi, la princesse de ce village. Elle raconta rapidement ses peines d'être enfermée. Sa douleur, sa solitude et les lumières qu'elle voyait la nuit de ce jour. Puis elle entama son changement de vie. Son départ dans la vraie vie et ses études à Poudlard. Les larmes se tarirent quant elle parla de ses amis. De la joie qu'elle avait vécu là bas, du bonheur ressenti dans l'apprentissage de la magie. Elle avait les yeux qui pétillaient. Elle raconta tout de ses amis, de l'armée rebelle et même de Jack, sans complexe. Elle omit les explications sur les tragiques accidents, Voldemort et la prophétie. Cela ne les regardait pas pour l'instant.

L'explication finit, l'aube était là et le soleil pointa le bout de son nez. Harold et Mérida avaient aussi raconté comment était Raiponce et les parents semblaient au comble du bonheur, sur un paradis sans nuage. La blonde termina son explication par sa venue ici et le fait de la couronne volée. Une couronne très chère qui avait été créée pour Raiponce par le peuple, qui la surnommait déjà princesse même si cela n'existait plus en ces temps. C'était la petite chouchoute du village.

La mère sourit, tellement comblée:

- Je comprend et je suis comblée que malgré tout tu aies été bienheureuse! Que tu aies réussi à échapper à cette sale bonne femme. Et surtout que tu te sois fait de vrais amis. C'est tout ce que nous souhaitions pour toi.

La mère l'embrassa sur le front et la serra contre elle. Raiponce remercia son instinct pour avoir vu juste.

Puis les parents décidèrent de les conduire à une chambre pour dormir un peu. Le trio approuva, mort de fatigue. En passant de par les couloirs, les enfants admirèrent les décorations. Les sculptures, les tableaux et les bibelots en argents. C'était des personnes très riches ce que ne manqua pas de relever discrètement Mérida:

- En fait elle est loin d'être pauvre notre Raiponce. On a tous une famille de richard!

Harold rit et approuva. Il était fils du dirigeant de Beurk, Mérida fille des dirigeants de quatre contrées, Jack descendant de Serpentard et un noble de Malefoy, puis Raiponce une fille de dirigeants également dans cette ville. C'était un destin fort amusant qui se jouait en ce moment même.

- Ahhhhhhhhh !

Le hurlement de Raiponce fit se retourner tout le monde. Ils paniquèrent mais elle ne faisait que regarder un tableau.

- Qu... Que se passe t-il ? demanda sa mère la main sur le cœur.

- Ce tableau. Qui sont ces gens?

- Heu... Et bien...

Elle fixa l'œuvre et pencha la tête sur le côté.

- Ah c'est ma sœur ici, et là, c'est son mari puis ces deux petites filles.

Mérida et Harold regardèrent où était le problème jusqu'à ce que ça percute dans leur tête. Un grand "oh" retentit dans le couloir désert. Les trois sorciers se fixèrent, incrédule.

- Non j'y crois pas! Hurla Mérida. Non je ne veux pas l'envisager! NON NON NON !

Harold pouffa et Raiponce roula des yeux. Les parents regardèrent sans comprendre. Raiponce regarda le tableau puis montra la petite fille aux cheveux blonds clair.

- Cette fille s'appelle Elsa pas vrai? Et l'autre c'est Anna.

- C...Comment tu le sais?

La mère faillit faire une attaque. Son mari la retint. La blonde hocha la tête:

- Elles sont à Poudlard, l'école des sorciers. Je les ai rencontrées. Votre sœur était une sorcière alors et ce serait mes cousines?

Sa mère approuva en avalant sa salive.

- Oui... Je viens d'une famille de sang-pur mais il semblerait que je n'ai jamais été destinée à faire de la magie car je suis née Cracmole. J'ai refait ma vie loin de tout cela mais j'ai gardé bon contact avec ma sœur qui s'est mariée pour devenir Madame Arendelle. Sa mort m'avait fait un choc. En plus de tout ça, je n'en pouvais plus...

- Je comprend. C'est dingue je ne m'y attendais pas, j'avais de la famille si proche de moi. Anna et ... Elsa.

La voix de Raiponce se brisa. Elle s'était tellement pris la tête avec Elsa, une grande altercation avait même eut lieue et des regards durs. Des batailles pour le cœur de Jack alors que c'était sa propre cousine. Le destin se moquait d'elle peut-être? Ou alors peut-être qu'on la poussait à aider celle qui l'avait toujours rejetée? Etait-ce de l'ironie?

Raiponce soupira, elle en avait mal à la tête:

- Comme quoi même les sang-pur peuvent avoir des enfants sans pouvoirs magiques. Je crois qu'on peut changer cette théorie du "on se reproduit entre sorciers".

La mère de la blonde lui plaça une main sur l'épaule:

- Ne t'en fais pas on a toujours su que tu serais une bonne sorcière malgré mon problème. A deux ans tu arrivais déjà à faire voler des objets, rit-elle. Mais je me demande... comment vont les deux petites? Je ne les ai pas revues depuis la mort de ma sœur.

Mérida s'interposa voyant Raiponce mal à l'aise et lui expliqua qu'Anna allait parfaitement bien mais qu'Elsa tournait mal, sans plus de détails.

La femme les remercia puis ils allèrent tous se coucher malgré le jour qui commençait. Il fallait se remettre de leur émotion. Tous dormir dans une grande chambre d'ami avec plusieurs lit en velours, un vrai confort.

La journée passa rapidement. Tous le monde dormit. Ce n'est que lorsque la nuit allait tomber qu'un drame recommença. Tel une perpétuelle souffrance. Alors que Mérida et Harold venaient de se lever pour aller se restaurer avec les parents de Raiponce. La blonde dormait paisiblement dans son lit. Trop fatiguée de tout cela. Le visage serein.

Puis un cri. Elle cria en ouvrant les yeux. Une main l'agrippa et la personne tenta de transplaner. Par chance le château avait été protégé depuis toujours contre ce problème et la vieille femme râla. Elle prit Raiponce d'une main ferme à la gorge et la tira par la fenêtre avec sa baguette en main. C'est alors que la porte s'ouvrit sur le duo et les parents. Ceux-ci hurlèrent et la femme posa les genoux au sol:

- Non pas encore, pas mon bébé! Non, le cauchemar recommence!

Son mari serra les poings et s'avança mais Mérida lui barra la route:

- On s'en charge.

Astoria Gothel rit sadiquement et pointa sa baguette sur le duo Harold/Mérida. Raiponce se tenait la gorge d'où une main l'étranglait.

- Comme on se retrouve. C'est plus facile de voler un bébé qu'une jeune fille je l'avoue.

- Laissez mon enfant tranquille, mais que vous a-t-on fait? pleura la mère.

Raiponce suffoquait.

- Vous m'avez volé ma jeunesse! Hurla Gothel de ses yeux noirs profonds.

Le trio aurait du s'en douter, que Gothel leur tendrait un piège ici. Qu'elle attendrait que Raiponce cherche sa famille...

Harold la menaça de sa baguette puisque Mérida ne le pouvait pas :

- Qu'est-ce que vous entendez par jeunesse? Expliquez-vous sale monstre!

Astoria rugit et lança un endoloris qu'Harold réussit à contrer.

- Le fleur du soleil, déclara-t-elle le regard dément, je l'avais enfin trouvée sur le bord d'une falaise! Cette fleur magique éternelle que nombre de sorciers ont cherché dans leur vie. Je l'ai trouvée, après tout ce temps, j'avais la vie éternelle à portée de main, comme Tom et Pitch!

Elle rit de folie, les cheveux hirsutes.

- Mais ces incapables de pseudos dirigeants ont ordonné de trouver un remède pour sauver cette femme. Incapable d'enfanter d'une sorcière, sale Cracmole. Ne supportant pas la grossesse elle était sur le point de mourir et oh miracle voilà qu'un moldu tombe sur ma fleur et tente d'en faire un breuvage. Ils ont détruit ma fleur du soleil, l'ont écrasée et lui ont fait boire. Quand je suis revenue à ma planque elle n'était plus là, on me l'avait volée! Alors je l'ai cherchée et j'ai trouvé le fin mot de l'histoire.

Elle tira sur les cheveux de Raiponce:

- Elle était là, dans le bébé sorcière de cette Cracmole. Et qu'est-ce que j'apprends, la petite Raiponce allait être transférée je ne sais où, dans une crèche ou je ne sais quoi! NON , je n'allais pas la perdre encore alors j'ai voulu lui couper les cheveux. Mais la mèche étant redevenue brune j'ai du user d'un autre tour et j'ai pris cette traînée avec moi. Je l'ai élevée et ai pris soin de son pouvoir mais en retour elle me crache au visage, je vais la faire souffrir, la tourmenter toute sa vie.

Harold retint son souffle. Gothel pensait que la crèche était un lieu loin d'ici alors que c'était juste un établissement pour les bébés. C'était un sacré quiproquo mais cela ne changeait rien au crime, ni au fait que cette fleur n'était pas exclusivement à elle.

Mérida rit à son tour, méchamment. Gothel se stoppa et la toisa:

- Qu'y a-t-il de drôle sale traître à ton sang!?

- Je rigole parce qu'en fait vous êtes d'un pathétique. Au lieu de demander à se servir du pouvoir de cette enfant, en expliquant le problème, vous avez préféré foutre la merde. Et puis vous savez il est temps pour vous de mourir. La vie éternelle, ça ne devrait pas exister. Voldemort et Pitch, ont s'occupera aussi de leur cas. Vous me faîtes pitié car vous n'avez jamais connu ce qui était vraiment important. L'amour, l'amitié et le bonheur. Vous vivez dans votre bulle de souffrance et de vieillesse constante. Pfff.

Il y eut un craquement lointain que le trio reconnut comme un transplanage. Ils les avaient encore retrouvés, les Mangemorts, mais ne pouvaient pas transplaner dans l'enceinte de la ville. Harold commença à comprendre la gravité de la situation. Il murmura des mots à Mérida qui approuva. Gothel en profita pour regarder d'où venait ce transplanage. Raiponce, elle, cherchait sa baguette dans son sac. Elle la trouva et la tint fermement. Harold l'avait vu.

- Bombarnum! Hurla le dragonnier.

Un jet bondit au-dessus de la fenêtre qui s'écroula. Gothel ne lâcha pas prise alors que les gravats tombaient mais Raiponce lui mordit violemment la main. Elle hurla de douleur et enfin la blonde put se dégager. Maintenant qu'elle avait tout compris de sa famille, elle n'avait plus peur de rien. Le trou dans sa vie s'était comblé.

- Stupefix!

Le sort figea Astoria qui s'écroula sous la pierre.

Mérida en profita pour tirer les parents de la blonde dans le couloir:

- On file!

- Que... Mais où? Demanda la père en panique.

- Loin!

Harold et Raiponce emboîtèrent le pas. Ils coururent plus vite qu'ils ne le purent. Ils devaient sortir de la zone de non transplanage.

Ils réussirent à sortir sans encombre. Les Mangemorts les rattrapèrent en brandissant leur baguette.

- On va jamais s'en débarrasser mon dieu, répliqua la rousse.

Raiponce lança un sortilège de répulsion qui marcha à merveille. Ils continuèrent à courir. Harold en profita pour lancer un Expelliarmus dont une baguette fut rejetée au loin. Enfin ils réussirent à sortir. Il voulut transplaner mais Raiponce l'arrêta:

- Attends on ne peut pas transplaner avec des Moldus c'est trop dangereux!

- Heu, on fais quoi alors? S'exprima Harold sous le regard toujours médusé et perdu des parents dont le monde venait de basculer en une nuit.

- On court jusqu'à la prochaine ville?

- Attendez, commenta le bon Roi. Ne vous embêtez pas avec nous, j'ai bien compris que c'est un problème de sorciers. On nous à prévenu d'un prétendu mage noir qui terrorisait les moldus et qu'on devait faire attention. Si vous êtes en danger et que vous pouvez fuir, faîtes-le.

- Mais... Commença la blonde.

- Il n'y a pas de mais ma fille! Je suis heureux de t'avoir revue, d'avoir appris à te connaître mais je veux que tu restes en vie quoiqu'il arrive. On se reverra. Quand tu le pourras ou le voudras on sera là, pour toujours.

Raiponce fit la moue et serra fort son père contre elle. Elle en fit de même avec sa mère.

- Je suis désolée mais le climat ne se prête pas à de vraies retrouvailles mais je reviendrais. En attendant, gardez ça avec vous et fuyez le plus loin possible de la mère Gothel.

Raiponce se concentra et leur donna deux bracelets qu'elle enchanta. Ceux-ci rendaient les Moldus qui les portaient invisibles aux yeux des sorciers. Elle avait toujours voulu tester ce sort mais ça ne marchait que sur des Moldus.

- On t'attendra. Raiponce Tangled.

La blonde reconnut son vraie nom de famille donnée par la prophétie puis sourit. C'était malgré tout un des plus beaux jours de sa vie. Elle regarda ses parents mettre les bracelets et ils disparurent. Raiponce avait également crée un sort de localisation si elle voulait les retrouver un jour.

C'était déjà un adieu mais elle n'en pleura pas. Elle avait retrouvé ses racines. Découvert que de la famille l'attendait à Poudlard et qu'elle comptait bien s'en occuper. Compris ce qu'étaient ses cheveux et ce pourquoi sa vie avait toujours été si compliquée avec la fausse mère Gothel. Elle avait tout compris. Son rêve était acquis. Elle devrait en trouver un nouveau désormais. Trouver les reliques, sauver le monde des sorciers et rendre des comptes à Jack ainsi que ses cousines. Oui c'était son nouveau but et cela lui allait à merveille.

Elle prit les mains d'Harold et de Mérida puis transplana.

- En avant toute, pour les reliques des fondateurs!

* Crac *

Et ils disparurent sans un bruit de plus.