Chp 8: Sur le bon chemin
Les fêtes de noël et nouvel an, en cette fin d'année 1997, étaient plus maussades que jamais. Le monde des sorciers subissait la coupe de Voldemort. Personne n'avait la tête à faire la java. Même chez les Moldus l'enthousiasme était modéré en ces temps troubles. Malgré tout, les décorations trônaient dans les villes, illuminant les marchés déserts et les rues trop silencieuses.
C'est ce que constatèrent Mérida et Harold en marchant main dans la main pour faire quelques rondes de repérage en vue de trouver les reliques. Malgré tous leurs échecs ils n'abandonnaient pas et ratissaient beaucoup de villages en prenant soin de se cacher. Le jour de Noël, en retournant au camp, ils ramenèrent quelques décorations volées ainsi que des gâteaux en pain d'épice.
- Et voilà à quoi ressemble notre Noël, susurra Raiponce morose. Deux guirlandes dans un arbre, des gâteaux non payés et une nuit aussi froide que possible.
Harold souffla sur ses mains pour les réchauffer:
- Ce n'est pas très reluisant mais on a pas trop le choix. On pensera à faire la fête l'année prochaine... Peut-être.
Mérida raviva le feu du poêle avec sa baguette. Elle s'assit et se colla à son petit ami en tremblant.
- Tu sais l'année prochaine on va surtout chercher les reliques et se battre contre nos ennemis, répliqua la blonde.
- Oui mais après tout ça, si on est encore en vie, on fera une fête si grande qu'elle fera pâlir de jalousie les soirées mondaines.
Les filles sourirent en y pensant.
A minuit le trio chanta un petit cantique de Noël sous les regards bienveillants de Krokmou et Fumseck. N'ayant prévu aucun cadeau, ils se couchèrent aussitôt, avant que leurs pieds n'aient perdu toute sensation vitale.
L'atmosphère était bien différente au manoir Malefoy. Jack Frost venait de rentrer pour les fêtes. Il avait quitté Poudlard le jour même avec Elsa, Hans, Drago, et Elena qui avait insisté pour venir. De toute manière, Voldemort voulait la voir aussi.
Par chance il ne fut pas là à leur arrivée. Les adolescents déballèrent donc leurs petites affaires et prirent leurs aises dans les chambres du château. Jack était assez content de montrer à Elena le lieu où il avait vécu depuis la mort de leurs parents. Il fit le tour en passant par les chambres, les cuisines montrant des elfes de maisons au travail, les salons verts moins douillets que d'ordinaire et plusieurs autres pièces. Elena questionna son frère sur la porte fermée où elle entendait des bruits mais il lui ordonna de ne jamais y aller. Elle obéit en boudant. Jamais Jack ne la prenait au sérieux. Il lui cachait tout en la surprotégeant.
Durant le vingt-quatre décembre, les membres Malefoy et leur invités attachèrent des décorations et un sapin pour le principe. Jack passa son temps avec Drago, à ressasser le passé. Elena en profita donc pour filer en douce. Elle descendit à la porte du rez-de-chaussée et l'ouvrit d'un coup de baguette. Elle venait tout juste d'apprendre le sortilège d'Alohomora avec le professeur Flitwick. Elle s'en félicita. Puis doucement elle descendit les marches qui menaient au sous-sol.
Elle reprit son souffle quand elle remarqua une porte fermée à nouveau à double tour. Elle l'ouvrit et regarda à l'intérieur. Tout était noir. Il n'y avait plus un bruit. Alors elle entra. Elena contempla la pièce humide et sale. Puis elle entendit un souffle:
- Qui est là? Paniqua-t-elle.
Aucune réponse. Elle se colla contre la porte. Puis une silhouette se dessina et elle repéra cinq personnes. Deux vieux sorciers, un autre adulte et deux adolescents. Ils étaient enchaînés à des liens magiques.
- Que fait une si jeune fille ici? demanda l'adulte compatissant. Une Mangemort à cette âge?
- Tu ne devrais pas rester là, répliqua le premier adolescent aux cheveux blonds en pics.
- Attend elle peut sûrement nous libérer! Commenta le second plus grand et plus pâle.
Elena fixa de ses yeux ronds la pièce. C'était une prison.
Le pâlichon insista:
- Sors nous de là je t'en supplie! Je ne veux pas mourir! Pitié!
- Oui détache-nous! Avant qu'IL ne revienne!
Les trois prisonniers se mirent à la harceler jusqu'à ce que le vieil homme intervienne:
- Laissez là donc tranquille. Imaginez les ennuis qu'elle aurait si on la laissait nous sauver. Nous n'avons pas le choix que de subir notre peine.
- Monsieur Ollivander je vous croyais plus fort que ça, commenta l'adulte tristement.
- Et moi je vous croyais plus intelligent mon cher colocataire. Regardez là elle ne sait même pas où elle est.
Elena déglutit puis sentit une main se poser sur son épaule. Elle hurla. En se retournant vivement elle tomba sur Jack qui la regarda sévèrement.
- Je t'avais dis de ne pas y aller!
Elena avala sa salive par trois fois puis fronça les sourcils, reprenant son assurance de jeune fille intrépide:
- Tu ne me dis jamais rien alors je voulais savoir ce que tu me caches! Il y a des prisonniers dans ta maison, des sorciers qui vont mourir!? Que me caches-tu d'autre? Pourquoi ne veux-tu pas que je sache ce qu'il se passe depuis que je suis de nouveau libre?
- C'est pour ton bien.
- Tu pourrais au moins les sauver!
- Non. C'est impossible.
Les larmes se formèrent dans les yeux d'Elena:
- Si tu le peux avec ta baguette! Ils vont mourir... Je ne comprends pas. Tout le monde te déteste à Poudlard et tu fais des choses horribles. Je ne comprends plus, es-tu bien mon frère bien aimé? Toi qui étais si gentil et attentionné.
Le cœur de Jack manqua un battement. Il serra le poing:
- Cesse de poser des questions et retourne dans ta chambre. Tu n'as pas à savoir tout ça.
La jeune sœur hurla une insulte et courut monter les marches pour partir pleurer dans sa chambre. Elle y resta toute la soirée. Comprenant doucement qu'elle était peut-être du mauvais côté de la balance.
Ses doutes en devinrent des certitudes lorsqu'après Noël, Voldemort vint au château. Elle fut convoquée en même temps que Jack. En le voyant elle paniqua et eut raison car le regard du vil homme-serpent était aussi froid et puissant que d'ordinaire. Il l'accueillit à bras ouverts où Jack dut lui tenir la main pour avancer. Mais , toujours contrariée, elle se dégagea.
- Je suis bien heureux d'enfin rencontrer le fameuse Elena, petite sorcière surpuissante de notre noble famille.
Elena buvait les paroles pour comprendre qui était cet homme. Un membre de sa famille apparemment.
- Pitch a fait du bon travail en la sauvant. Ses cheveux sont même redevenus bruns, parait-il qu'ils étaient argentés par un moment.
Jack approuva en silence. Il fixa la main de Voldemort caresser le visage d'Elena qui se retenait de partir en courant.
- Dis-moi Jack, j'ai une question. Tes trois anciens amis. Pourquoi cherchent-ils les reliques des fondateurs?
Jack se tendit. Il était déjà au courant? Il réfléchit anxieusement à une réponse convenable pour lui et pour ses amis.
- Je ne savais pas qu'ils les cherchaient. A vrai dire on l'a évoqué l'année passée car c'est un mythe que nous trouvions plutôt merveilleux. Vu que nous étions des quatre maisons. Mais je ne vois pas ce qu'il font à les chercher en ce moment au lieu de tenter de se cacher ou de fuir.
Voldemort, doué en Legilimens, le sonda. Il chercha le mensonge mais Jack était très doué enlu et ferma totalement son esprit comme lui avait si bien appris Severus Rogue.
- Je vois. Je pense qu'ils veulent me vaincre avec ces armes. Cela ne t'a pas effleuré l'esprit? Toi qui es si intelligent d'ordinaire.
Jack sentit sa main trembler. Il se contrôla. Voldemort cherchait à tout prix le mensonge. Ce qui était normal vu que Jack était étrangement docile.
- Si bien sûr mais je n'osais pas émettre l'hypothèse de vous voir défait...
- Hmmm.
Voldemort sourit malicieusement et approuva. Puis il entama une nouvelle réunion sur Harry Potter, les résistants et le trio. Frollo était présent et parla de ses recherches qui commençaient à aboutir. Voldemort en était satisfait mais moins Jack qui sentait la peur lui broyer le ventre. Elena suivit toute l'histoire sans un mot. Apeurée et perdue. Quand la réunion se termina elle sauta sur Jack pour avoir des réponses mais il se mura dans le silence et la renvoya dans sa chambre. Elena lui donna une gifle en partant. Elle songea pendant tout le reste des vacances à ces mages noirs. Au fait qu'elle était du mauvais côté et que Jack semblait être devenu très très sombre. Elle émit la seule hypothèse valable qu'elle trouva. Que Voldemort était un oncle et que Jack le suivait dans un monde noir car il pensait que sa famille comptait plus que tout.
L'année 1998 débuta, toujours aussi fraîche. Janvier ne semblait pas vouloir se calmer sur les basses températures. Jack et ses comparses retournèrent à Poudlard. Elena le bouda et ne lui adressa plus la parole depuis. Elle ne parlait qu'à Elsa qui se forçait à détendre l'atmosphère dans le train. La petite sœur comprenait peu à peu le monde dans lequel elle se trouvait désormais et cela ne lui plaisait pas du tout. Elle préféra se murer dans le silence jusqu'à ce que Jack lui parle un jour de comment il en était venu à devenir un homme avec de mauvaises fréquentations. Le peu de temps passé au manoir l'avait convaincue que Voldemort était plus dangereux que quiconque et revoir Pitch l'avait assommée.
Sans un mot elle se dirigea au château, seule. Et resta longuement dans sa chambre où personne, à part Elsa, ne vint lui adresser la parole. La Serpentard comprenait parfaitement sa douleur et savait que la solitude était le pire mal du monde.
Durant le mois de Janvier, Jack prépara son départ. Sous le nez des Carrow il prenait des provisions et empaqueta le tout dans son sac de voyage. Il prit également la cape d'invisibilité qu'Elsa lui avait offerte et quelques potions créees par Severus. Il accrocha également la belle cape de voyage bleu foncé au dessus de son lit que ses parents adoptifs lui avaient envoyé. Severus avait tenu Lucius informé de la situation. Jack l'avait appris pendant les vacances quand le père Malefoy lui avait parlé de la situation actuelle des Mangemorts. Lui révélant également qu'une équipe était à la poursuite des reliques avec Frollo... Ce qui ne l'enchanta guère.
De leur côté, les trois fugitifs avancèrent un peu plus dans leur recherche. Ils choisirent de tous se concentrer sur un poème à la fois commençant par celui de Mérida vu qu'il était en premier. A force de concertation un lieu commençait à se dessiner.
- Oui c'est ce que je crois , expliqua calmement Raiponce. Une brise marine et humide. Au fin fond de son antre caché. C'est forcement au bord de la mer, dans une caverne de pierre.
Mérida se frotta encore le menton:
- Ca voudrait dire qu'on devrait chercher sur les côtes de Grande-Bretagne. Mais pas que, vu que ça parle aussi de Lande sauvage.
- Lande sauvage ne veut pas forcement dire dans les terres, répliqua Harold. On trouvera plus facilement justement un rivage dont la végétation, sans arbre mais bien fournie, est déserte de monde.
Raiponce frappa de son crayon sur ses notes et se mit à sourire:
- En effet. Puis si on fait référence à Terre natale, on peut supposer qu'il faut chercher du côté de là où vivait Godric, à North Yorkshire. Il y a de très belles falaises sauvages là-bas.
- C'est fort possible! s'excita Mérida qui se sentie reboostée pour la première fois depuis des lustres.
Harold la suivit en se frottant les mains.
- Il suffira de trouver une pierre de diamant dont la corne s'ouvrira dans le vide. Il ne doit pas en avoir des masses si on restreint uniquement à ce département.
- Oh la la je sens que ça me plaît tout ça! Attends-moi courageux Lion, j'arrive!
Mérida sauta sur place et partit chercher de l'eau pour les provisions. Les deux autres s'empressèrent de préparer des fournitures pour leur prochain déplacement. Se rapprocher de leur idée les rendait fébriles.
Jack Frost choisit également sa date de départ dont il en fit part à Hans , Elsa et Severus Rogue. Il partirait peu avant la Saint-Valentin. Au passage il n'avait pas envie de voir des amoureux lui rappeler que lui il était dans la solitude par trahison. Il n'en parla pas à Elena qui de toute manière se réfugiait toujours dans sa chambre après les cours. Les hommes n'ayant pas accès au dortoir des filles il ne pouvait pas lui parler. Mais il pensa que c'était peut-être la meilleure chose à faire, il n'aurait comme ça aucune question embarrassante à laquelle répondre.
Une semaine avant son propre départ. Alors que le trio commençait également à chercher sur les falaises de North Yorkshire, un incident survint. Quelque chose que Jack n'aurait jamais pû prévoir. Il faisait sa ronde comme d'ordinaire et venait tout juste de coller Mulan d'une retenue qui traînait avec un papier interdit en main. Un parchemin en rapport avec Potterveille. Il le déchira en mille morceaux et l'envoya faire des lignes avec les autres qui étaient dans une salle de punition. Les triplés y étaient habitués.
Sur ce, il tourna les talons et tomba sur Ariel. La jeune femme le dévisagea comme à l'ordinaire. Il s'attendait à entendre un nom d'oiseau et à l'envoyer une nouvelle fois en colle avec Mulan et les autres mais il se surprit à la voir pâlichonne. Elle avait l'air mal en point et tomba contre le mur à côté d'elle. Jack hésita sur la marche à suivre. Il la regarda se tenir la bouche. La suite ne tarda pas à venir et Ariel tomba malade en plein devant Jack. Elle sortit ce qu'elle avait en elle avant de s'effondrer.
Jack se précipita pour la retenir.
- Eh! Ariel? Qu'est-ce que tu as?
- Lâche-moi, traître... Infâme cafard... Burp.
Elle remit la main devant sa bouche. Jack se décala mais ce n'était rien cette fois-ci. Il soupira et la traîna contre son gré à l'infirmerie où Madame Pomfresh l'examina. Le Serpentard se dit que ça devait être une mauvaise gastro et allait repartir quand Ariel se mit à crier derrière le rideau blanc. Elle s'effondra en larmes devant une infirmière dépitée. Jack se précipita:
- Quoi? Quelque chose de grave?
Jack s'inquiéta grandement sous le regard surpris d'Ariel. Il remit alors son masque de Mangemort et s'éclaircit la gorge. Pomfresh se massa la nuque. Elle ne savait pas quoi faire et regardait Ariel.
- Je pense que c'est à vous de voir ce que vous voulez faire mais je vais devoir prévenir les professeurs.
Jack recommença à paniquer.
- Pourquoi? Pourquoi les professeurs? Ils n'ont pas besoin de tout savoir.
Jack ne voulait pas que les Carrow mettent leur grain de sel dans ce qui semblait être un problème.
- De toute manière tôt ou tard ils le sauront, maugréa l'infirmière. En attendant prenez cette potion elle fera passer les nausées et les faiblesses.
- Merci...
Ariel la but d'une traite pendant que l'aide soignante repartait à ses occupations.
Mais Jack resta planté là.
- Tu peux partir merci.
- Non, dis-moi d'abord ce que tu as.
- Pourquoi ça t'intéresse tant? Laisse-moi tranquille!
Jack grogna. Il aurait pu partir et la laisser à son sort mais il ne le pouvait pas. C'était une de ses amies, dans son cœur.
- Je ne partirais pas tant que je ne saurais pas ce que tu as.
Ariel soupira en roulant des yeux.
- Monsieur le préfet-en-chef veut être au courant de tout hein. Tu le sauras bientôt ne t'inquiète pas.
Jack repensa qu'il ne le saurait pas puisqu'il allait partir. Il se mordit la lèvre, si c'était grave il ne pourrait pas la protéger...
Soudain Eric entra en claquant la porte sous le regard mauvais de l'infirmière. Il avait appris qu'Ariel était alitée.
- Ma chérie, qu'est-ce que tu as , j'ai eu si peur en entendant que Frost t'avait amenée ici.
Il le fixa méchamment. Puis prit la main de sa petite amie. Jack fit semblant de partir en grognant mais se cacha derrière le rideau. Il entendit alors le fin mot de l'histoire:
- Eric... Je suis enceinte...
- Qu...
L'homme eut un bug mental. Il resta planté sur sa chaise le regard dans le vide. Jack ouvrit le rideau.
Ariel jura en le voyant mais elle ne dit rien de plus. Le visage de Jack était mortifié:
- Mais tu te rends compte qu'on est en pleine guerre! Et toi tu fais des cabrioles dans le château! hurla-t-il. Je savais que tu étais du genre tête en l'air mais ça dépasse mon imagination! Imagine que les Carrow te torturent sous endoloris!
Il reprit son souffle s'étant égosillé. Ariel le regarda durement:
- Je n'y peux rien, j'aime Eric et ce n'est pas les Carrow qui vont me faire peur ni me dissuader de faire quoi que ce soit!
Jack prit une chaise et s'assit. Son masque s'étant brisé en mille morceaux:
- Tu dois avorter Ariel. C'est trop dangereux en ce moment. Imagine qu'un jour une guerre éclate encore plus fort avec les Mangemorts, tu serais en danger et ton bébé aussi.
La Serdaigle regarda Jack comme si elle ne le connaissait pas. Il n'était tout à coup plus la même personne.
- Tu dois aussi arrêter de te battre contre les Carrow et le régime de Severus. Tu ne te rends pas compte qu'Ombrage à côté c'était de la piquette.
- ... Jack tu t'inquiète pour moi?
- Je...
Il se renfrogna mais son regard voulait tout dire. Eric reprit un peu de couleur:
- Se pourrait-il que tu nous punisse tout ça pour que l'on soit en sécurité?
Jack se releva et partit sans un mot mais Ariel hurla son prénom. Il se stoppa, cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait plus appelé Jack.
- Je ne comprends pas très bien ce que tu veux ou non mais j'aurais juste une question. Est-ce que tu aimes encore Raiponce et ceux que tu appelais amis?
Le Serpentard serra les poings. Il prit une longue respiration:
- Si quoi que ce soit arrive pendant les semaines suivantes, adressez-vous directement à Elsa. Ne vous occupez pas de moi. Quant à ta question... Raiponce c'est la femme de mes rêves.
Il continua sur sa route et claqua la porte de l'infirmerie laissant les deux amoureux perplexes. Eric et Ariel se fixèrent. Jack n'était finalement peut-être pas leur ennemi. Ils devraient en parler à la prochaine réunion de leur Armée. Et faire un choix. Garder ou non ce bébé?
Malgré cette annonce déroutante, Jack ne changea pas ses plans. Alors que la fête des amoureux arrivait, il termina ses affaires et rangea ses notes dans le sac sous son lit. Il en profita également pour passer voir Ariel une dernière fois qui semblait se remettre de ses nausées. Son ventre était encore plat et il se demandait si elle allait avorter ou non. Il n'eut jamais la réponse car il partit le lendemain. En pleine nuit il retrouva Severus à la tour d'astronomie. Se rappelant la mort de Dumbledore au passage qui lui tirailla le ventre.
Le Serpentard avait enfilé son sac sur l'épaule et sa cape de voyage bleue foncée. Il avait également choisi de mettre un tweed bien chaud de la même couleur avec des paillettes blanches ainsi qu'un pantalon brun avec des touches argentées sur le bord. Rogue lui donna quelques dernières recommandations puis il déverrouilla le transplanage pour quelques minutes seulement.
- Et essaye de ne pas tomber trop loin, sourit sadiquement le directeur.
Jack lui fit un regard provocateur mais amical. C'est vrai que lui et le transplanage...
Le jeune homme fut rejoint par Elsa et Hans qui lui souhaitèrent bonne chance. Elsa lui fit une accolade chaleureuse. Hans lui serra la main avec force:
- Je m'occupe de tout ici. Et même de la stupide femme en cloque. J'ai plein de polynectar en réserve alors pars tranquille.
- Ok. Veille sur l'Armée pour moi.
- Ouais. Vraiment pour toi parce que moi je m'en fous d'eux, railla Hans.
Elsa fit un regard dur d'où Hans baissa les yeux.
- Allez, à bientôt. Je reviendrais avec ce que je cherche en main, je vous le promets!
Puis il partit dans un craquement sonore.
Elsa se fit du souci et se rongea les ongles. Mais le pire fut à venir quand en se retournant elle fixa deux yeux bleus contrariés. Elena était là, en dessous et avait regardé son frère partir sans un mot. Elsa ne put rien dire, la petite était partie s'enfermer dans sa chambre et n'en sortit que le lendemain pour les cours. Les pires craintes de la jeune femme était fondées. A force de vouloir la protéger, Jack ne faisait que faire souffrir Elena de solitude et d'incompréhension.
Le trio émergea sur une nouvelle colline en bord de mer. Après plusieurs jours de marche ils continuaient leur tour sur les bords du Yorkshire. Cela faisait maintenant deux semaines qu'ils loguaient et inspectaient chaque recoin des falaises. Rien n'avait encore été conclu jusqu'à ce qu'un jour un miracle se produise.
Ce jour là, Krokmou volait haut dans le ciel avec Fumseck. Parcourant de leur hauteur ce qui pourrait ressembler à une grotte suspecte et pleine de magie. Il passèrent entre terre et mer profitant de cette fameuse brise marine. Pendant ce temps là, Mérida, Harold et Raiponce firent halte dans un pub plutôt calme. Ils étaient tout trois recouverts de leur cape de voyage et commandèrent quelques boissons au bar. Après une longue inspection il ne semblait pas y avoir de Mangemorts. Les trois amis purent se détendre un peu ayant les pieds ankylosés.
Raiponce relut ses notes et soupira. Elle raya un nouveau lieu de sa liste.
- Impossible de trouver quoi que ce soit.
- Ouais.
Mérida tenait sa choppe avec tristesse ayant perdu son engouement:
- On dirait qu'on s'est lancés dans une quête sans issue. Depuis combien de temps on est en camping déjà? Je sais même plus...
Harold regarda le calendrier accroché au mur:
- On est partis mi-août ça fait donc déjà six mois mais si on compte le passage chez Flynn ça ne fait que cinq.
Merida sortit un hurlement de désespoir et laissa tomber sa tête sur le bar. Ses cheveux étant la seule chose visible de sa tête.
Le barman se rapprocha doucement en ayant entendu la conversation:
- Vous êtes des voyageurs? C'est rare par les temps qui courent.
- Oui, s'exprima Harold méfiant.
- Vous cherchez des trésors? Vous savez dans mon pub je ne voyais que ça avant... avant qu'on ne sorte plus de chez soi.
- Ah ouais? Demanda Mérida sans grand intérêt pour le blabla inutile d'un barman.
- Oh oui j'avais des chercheurs de tous horizons vous savez. Certains s'intéressaient aux créatures dangereuses. D'autres à des trésors enfuis depuis des millénaires.
Raiponce leva le nez de sa bièraubeure. Elle écouta le barman citer un ou deux voyageurs. Certains noms lui parlaient vaguement.
Elle attendit qu'il termine son monologue puis avança sa tête:
- Et il y avait des chercheurs de trésor qui cherchait les reliques perdues des fondateurs de Poudlard? Comme celle de Godric Gryffondor par exemple.
Elle avait parlé tout doucement. Le barman leur sourit en nettoyant une nouvelle choppe.
- Ah c'est ça que vous cherchez. Je vous souhaite bonne chance, j'ai eu énormément de voyageurs pour ça durant des années et des années. Du temps de mon père même ils se bousculaient au portillon. Mais personne n'a l'air de l'avoir trouvé.
Le trio était soudainement aux lèvres du barman ce qui lui faisait plaisir. Il s'ennuyait chaque jour n'ayant plus que très peu de courageux clients.
Mérida se frotta les mains, remise à neuf comme si une décharge électrique l'avait réveillée.
- Ca voudrait dire qu'elle se trouve bien dans le coin!
- Oui, répliqua l'homme moustachu. Du moins c'est ce qu'ils prétendaient tous. A chaque fois il partaient vers les plages de Ravenscar.
- Oh, vous pourriez me parler de ce lieu? Demanda Raiponce fébrile. Est-ce une terre sauvage?
Le barman réfléchit:
- Je n' y suis pas allé souvent mais je me souviens que ce n'était pas peuplé. C'était un merveilleux paysage de carte postale avec des tonnes de plaines à perte de vue, une eau magnifique qui s'éclatait sur les rochers et de nombreux coins pour se promener. Enfin pour ce qui était accessible en balai ou à pied.
Le trio se regarda. Ca correspondait parfaitement à ce qu'ils recherchaient. Remerciant gracieusement le barman d'un énorme pourboire qui le fit tomber de sa chaise ils se précipitèrent dehors , sac en main.
- Ils sont pressés ses jeunes, sourit-il avec les Gallions en mains. Et généreux. J'espère qu'ils trouveront ce qu'ils cherchent avant les autres. J'aurais peut-être dû les prévenir que j'avais renseigné un autre groupe avant eux. Enfin, c'est leur problème après tout.
Ils arrivèrent sur place le lendemain, aux aurores. Le soleil venait à peine de se lever pointant ses rayons sur les terres humides de Grande-Bretagne. Remotivés et gonflés à bloc, les trois apprentis commencèrent leur inspection de la longue pente verdâtre et ses criques rocheuses. L'herbe était extrêmement humide ce qui faisait glisser leurs chaussures.
- Faîtes attention à ne pas tomber en bas, répliqua Harold qui tenait Raiponce d'un bras et Mérida de l'autre.
- On fait ce qu'on peut, marmonna Mérida qui glissait justement sur de la boue fraîche.
Raiponce qui adorait les nouveautés, se laissa à nouveau emporter par le paysage et regarda partout en imprimant chaque centimètre carré:
- Ce lieu est magnifique, je ne serais pas surprise que Gryffondor ait choisi ce lieu pour sceller sa relique.
Le duo approuva.
- Mais... je voudrais pas remettre ça sur le tapis hein. Vous ne pensez pas que la relique de Godric a déjà été trouvée et qu'elle est en ce moment même à Poudlard...?
Raiponce soupira:
- Ca fait au moins dix fois que je t'explique que l'épée de Gryffondor n'est pas une relique. Enfin c'est une arme très précieuse de Godric mais il a du la faire forger après.
- Comment tu peux en être si sûre?
La Serdaigle roula des yeux, elle devait une nouvelle fois réexpliquer cette histoire:
- Premièrement, sur le dessin des reliques il n'y a rien qui ressemble à une épée. A moins que je sois folle en tout cas.
Mérida approuva.
- Deuxièmement, lorqu'Harry a utilisé l'épée il n'a pas été fatigué malgré que les livres mentionnent le fait que les reliques utilisent une énorme force vitale de son possesseur ainsi qu'une part de magie. A douze ans il se serait effondré. Troisièmement, on parle de l'épée de Gryffondor depuis des lustres et elle a toujours été à Poudlard. Or, il a bien été précisé que les reliques ont été scellées juste avant leur mort. L'épée était pourtant à Poudlard et tous les directeurs l'ont eue. Ma théorie c'est que Godric qui était fan des reliques a choisi d'en créer une nouvelle, moins puissante pour pouvoir l'utiliser sans danger. Elle a d'ailleurs des pouvoirs remarquables d'absorption comme avec le venin de Basilic.
Raiponce reprit son souffle car parler et marcher en même temps était compliqué:
- Et enfin, quatrièmement, l'épée est une création des Gobelins. Tout simplement. Alors que les reliques sont des créations à cent pour cent sorcières. C'est les fondateurs qui les ont créees et non les Gobelins. Voilà tout.
- Je suis totalement d'accord avec toi, répondit Harold.
- Ouais vu comme ça je ne peux qu'avouer que c'est logique, soupira Mérida. Je vais oublier cette idée alors.
Elle bougonna d'avoir eu tord et se mit en avant du groupe.
Ils parcoururent quelques kilomètres jusqu'à ce que soudainement une lumière aveugle la rouquine. Elle crut à une menace mais cela provenait d'autre chose. Oui, cela venait de sa main.
- Qu'est-ce que c'est?
Le duo la rattrapa et fixa la bague de Dumbledore.
-Tu la porte encore? demanda Harold peu enclin à se souvenir du fameux mariage raté.
- Euh... Ouais c'était un cadeau puis je l'aime bien. Ca me rappelle que je suis libre d'aimer qui je veux, sourit-elle fièrement. Enfin ça me rappelle aussi ma maman...
Une main sur le cœur son regard se perdit dans la tristesse. Cependant Raiponce la ramena sur terre:
- Regarde comment brille la pierre! D'un rouge éclatant. Ca me rappelle ma couronne tiens.
- Tu as raison, répliqua la Gryffondore. Est-ce que ça serait une même magie?
- Une sorte de détecteur magique, réfléchit Harold. Non... Pas possible... Ca serait quand même pas un détecteur de reliques ce truc? Dumbledore n'aurait pas pu avoir ça en sa possession!
Tous les trois se regardèrent, perplexes. Raiponce se mit à réfléchir puis elle sortit son exemple de l'histoire de Poudlard et parcourut les pages sans rien dire. Mérida tenta de repartir en arrière et la bague brilla de moins en moins sous les yeux émerveillés d'Harold.
Raiponce referma le livre en le claquant:
- Je vois. C'est très logique en fait.
- Ah bon? s'exprima Mérida
- Mais oui. A Poudlard sont conservés un bon nombre d'objets appartenant aux fondateurs. Ils doivent être transmis de directeurs en directeurs. Certains sont même dans la salle des trophées et d'autres dans la salle sur demande. Du moins d'après ce livre. Dumbledore devait avoir cette bague avec lui, sûrement d'un fondateur qui l'aurait ensorcelée pour détecter les reliques en cas de nécessité. Connaissant Dumbledore, il a du faire plein de recherches sur les objets que lui a transmis son prédécesseur Dippet.
- En gros, Dumbledore savait ce qu'il faisait avant de mourir. Il nous a légué le reste du travail avec de l'aide à sa manière, aussi énigmatique que lui. Mais il compte sur nous et on ne doit pas le décevoir.
Les apprentis approuvèrent puis Mérida tendit le bras en avant et se servit de la bague pour suivre une sorte de ligne invisible.
Ils se rapprochaient de plus en plus. La lumière devint vive et prenante. Si forte que le soleil en face d'eux était plus sombre. Ils descendirent et se stoppèrent au bord d'une falaise devant la mer.
- C'est... censé être là?
Mérida regardait partout. Fumseck et Krokmou qui les suivaient, descendirent vers la mer. Fumseck remonta en caquetant.
- Regardez en bas, on dirait qu'il y a un caillou émergé de l'eau. C'est pas cette fameuse pierre de diamant.
Excitée ils montèrent sur Krokmou et descendirent sur le mini îlot immergé. Les pieds à moitié dans l'eau et le vent les balayant ils frissonnèrent. Fixant la pierre.
- On y est je le sens, répliqua Mérida le cœur battant. J'y crois!
- A toi l'honneur alors, poussa Raiponce. " Dont la corne s'ouvrira dans le vide.". Résous cette énigme.
La rouquine approuva, fébrile. Elle regarda la pierre dans tous les sens. Elle était lisse et ronde, rien qui dépassait... Il lui fallut quelques minutes de réflexion pendant lesquelles Harold et Raiponce se regardaient en grelottant. Puis elle remarqua que la pierre avait une forme de gros lion couché dont la tête était dans l'eau ainsi que la queue. Ce qu'elle voyait c'était le ventre. Elle prit donc une grande respiration et sans hésiter un seul instant elle plongea la tête dans l'eau.
Ses deux amis la regardèrent. Un peu choqués de cette réaction impulsive. Telle une courageuse Gryffondore ne réfléchissant pas au conséquence. Elle trouva, au-dessous du lion, une grande corne faisant office de collier. Elle sourit, tira dessus, et l'abaissa dans le vide. Mérida sortit la tête de l'eau, les cheveux plaqués contre son visage. Elle souriait et pointa du doigt ce qui se trouvait derrière le duo. Ils se retournèrent et écarquillèrent les yeux.
Une grotte venait d'apparaître dans la falaise balayée par les eaux.
