Chp 10: La surprise du Dragonnier

Malgré l'arrivée du mois de Mars, le temps ne sembla pas se réchauffer en Grande-Bretagne. La neige était enfin partie mais le vent glacial et le ciel gris rendaient les personnes maussades. C'était la grande période connue pour la dépression et les suicides. Rajoutant à cela le règne de Voldemort, cela ne rendait personne euphorique. Surtout pas les sorciers qui vivaient une terrible période de domination. Les résistants commençaient à se faire rare hormis les plus fidèles de l'ordre du phœnix. Cependant, beaucoup décédèrent et le nombre diminuait drastiquement. Les sorciers perdaient espoir chaque jour un peu plus. Harry ayant disparu ainsi que certains autres, le monde était prêt à craquer.

Mais la résistance avait belle et bien lieu. Potterveille continuait de tourner tous les soirs malgré les dangers et les descentes de Mangemorts. Harry continuait sa chasse aux Horcruxes avec ses amis. A Poudlard l'Armée Rebelle de Dumbledore prenait soin de faire vivre un enfer aux Carrow et au règne de Severus malgré la ténacité d'Elsa d'Hans et de Jack - Hans sous polynectar - de les punir. Seule Ariel ne participait plus, pour le moment, aux batailles.

A la cathédrale de Saint-Paul, les trois aventuriers étaient également en train de préparer la suite des événements. Après la jubilation de leur réussite et la guérison de leur blessure - qui avait été longue pour Mérida puisque les plaies se rouvraient magiquement toutes les heures -. Ils durent de nouveau se remettre dans le bain. Il restait encore les deux reliques de Serdaigle et Poufsouffle. Ils durent tout de même admettre que cet abri était extrêmement confortable et Esméralda était une hôte de choix. Gentille, forte et amusante elle animait les mornes soirées dans les combles de l'église. Les nés-Moldus, Cracmols et autres reclus avaient bien de la chance d'être tombés sur cette petite association de sauvetage appelée La cour des miracles.

Alors que le printemps approchait, Mérida, Raiponce, Harold et leurs volatiles décidèrent de partir. Après un bon moment à l'abri, ils savaient qu'ils ne pourraient pas rester éternellement, comme pour leur escapade chez Flynn Rider.

- Vous êtes sûrs de vouloir repartir? Vous pouvez rester ici autant que vous le voulez, répliqua Phoebus.

- Désolé mais nous avons prévu quelque chose. Lutter contre Vold... Vous-Savez-Qui est de notre devoir, du moins selon une prophétie. Et puis Albus Dumbledore comptait sur nous, on doit finir notre quête, répondit simplement Mérida sans trop en dire.

- D'accord, mais sachez que les portes seront toujours ouvertes aux reclus à la Cour des Miracles.

Esméralda arriva avec des paquets de nourriture et de boisson:

- Prenez ça pour votre voyage. Bonne chance à vous trois, vous allez nous manquer.

Raiponce les remercia infiniment pour les soins, la nourriture et l'hébergement.

- Grâce à vous on a pu se remettre facilement. Merci!

Ils s'enlacèrent chacun à leur tour puis, tard dans la nuit, le trio s'en alla pour une nouvelle aventure. Sous le regard tendre du couple de résistants.

- J'espère que ce satané Frollo ne va pas encore leur barrer la route, grommela Esméralda.

Phoebus posa une main sur son épaule et la prit dans ses bras. Il l'espérait aussi. Ce vil ministre.

Claude Frollo n'était d'ailleurs pas rentré au manoir Malefoy, auprès de Voldemort. Il ne voulait pas avouer son nouvel échec. Mais il ne perdit pas courage. Après avoir torturé tous ses compagnons qui avaient échoué et particulièrement Gothel qui avait voulu s'enfuir avec Raiponce, ils se remirent au travail. Ils étaient sûrs de trouver leur cible après les deux autres reliques, ils leur fallait un coup d'avance, et vite. Surtout qu'étrangement , Pitch avait disparu.

De son côté, Jack Frost marchait depuis plusieurs jours dans la neige froide. Il avait de la chance, il n'y avait personne, absolument personne sur sa route. Il ne croisa que des mammifères locaux. Des ours polaires, des pingouins, des morses... Ils le regardaient passer avec de drôles de regards. Que faisait un humain seul ici? C'était rare hormis les scientifiques.

Le Serpentard étudia plusieurs lieux sur sa carte magique. Il cochait des croix sur ses échecs puis repartait en quête de cette fameuse Caverne gelée. Il avait une idée en tête. Dans le poème était écrit une phrase que Severus et lui même interprétaient d'une certaine façon. " Attendra au centre du monde sur la pente brisée ". Pour lui cela ne pouvait faire référence qu'à une seule chose. La caverne se trouvait au centre de monde, c'est à dire au point culminant du pôle nord, tout au-dessus de la planète.

Il s'était procuré une grande carte à la bibliothèque de Poudlard et avait tracé une médiane avec un petit cercle en son centre une fois les calculs finis. Pour lui ça ne pouvait être que là. Dans la fameuse Dorsale Lomonosov.

Jack était heureux d'une certaine manière. Le paysage était magnifique et il ne ressentait pas le froid. Il pouvait donc profiter de la vue tout en contemplant les animaux faisant leur vie, loin de la douleur que les humains s'infligeaient entre eux. C'était calme et reposant. Pourtant une angoisse le tiraillait depuis son départ. Une sorte de paire d'yeux semblait le fixer et pourtant personne n'était après lui, il le saurait.

Dans les terres de Grande-Bretagne, Le trio était aussi en voyage. Reprenant leur tente, leur sac et leurs sortilèges de protection. Ils visaient maintenant la relique de Poufsouffle, deuxième poème du livre sur Poudlard. Leur ancienne routine revint assez vite et leur repérage recommença. Mais ils durent faire beaucoup plus attention, les Mangemorts semblaient amplement plus actifs. Voldemort devait savoir ce qu'il se tramait, peut-être. Sans parler du fait que la résistance était quasiment éradiquée maintenant.

Bien rôdé, le trio trouva rapidement une piste. Choisissant également de demander à des taverniers qui leur apportèrent un maximum d'informations. Mérida ne cessait pendant tout le voyage de dompter sa propre relique sous les yeux émerveillés de ses deux amis. Mais c'était une arme redoutable. Outre sa puissance colossale, les contrecoups de chaque flèche étaient meurtriers. Pour le moment deux flèches vidaient Mérida de sa magie et de sa force vitale mais une troisième pouvait être tirée avec un peu de volonté. C'était le maximum qu'elle pouvait faire. Godric Gryffondor ne l'avait pas scellée pour rien.

Les jours passèrent encore et encore jusqu'à ce que leurs nombreuses pistes donnent enfin des résultats. Plusieurs sorciers avaient repérés des champs de Dalhias bleus près de grandes montagnes sauvages dans le nord de l'Angleterre. En temps normal les Dalhias ne pouvaient pas avoir de couleur bleutée ce qui rendait ces fleurs très rares et probablement d'un fait magique. Chaque zone de Dalhias bleus était inspectée par le trio.

Ils arrivèrent donc dans un paradis montagneux. Plein de verdures et de sources d'eaux pures. Krokmou se sentit plus qu'à l'aise et courut chercher des poissons dans une rivière.

- Et bien c'est un petit paradis ici comme le mentionnent les témoignages, commenta le dragonnier. Je me sens revigoré.

- Moi aussi, répliqua Raiponce les yeux brillants. C'est magnifique!

Elle se mit à courir derrière le furie nocturne, ses cheveux suivant ses pas. Elle avait les bras en l'air , ravie. Seule Mérida resta sur ses gardes, les Mangemorts étaient du genre tenace. Elle avait pris son arc et sa baguette, prêts à l'emploi. Harold le remarqua et prit sa main:

- Détends-toi, tout va bien pour l'instant.

- Tu as raison je suis trop sur le qui-vive...

Il la prit dans ses bras et l'embrassa doucement. Pendant un petit moment le couple se fit un romantique câlin plein de chaleur. Profitant que Raiponce regarde ailleurs pour ne pas la mettre mal à l'aise. Mais celle-ci avait jeté un coup d'œil et ne put qu'avoir le cœur serré en repensant immédiatement à Jack.

Fumseck détendit ses ailes fraîchement guéries pour parcourir les vallons. Il semblait chercher de sa propre initiative les Dalhias Bleus. Raiponce choisit de partir de son côté avec Krokmou à sa suite. Ils passèrent un bon moment à jouer et à se faire des papouilles. L'animal adorait sa sauveuse depuis toujours. Un peu plus loin Harold et Mérida, main dans la main, scrutaient les horizons à la recherche des fleurs et d'une cachette. Jetant des regards à la bague qui ne brillait toujours pas. Mais la rouquine semblait perdue dans ses pensées.

- Ca ne va pas?

- ... Si je me sens bien, je suis guérie mais j'ai un coup au moral, soupira la Gryffondore. Je repense à ma mère. Ca fait deux fois de suite que je l'abandonne. Elle doit souffrir chez les Mangemorts. Je suis sûre qu'elle est contrôlée. Je me demande d'ailleurs si Mordu n'y serait pas aussi du coup? Rah je ne comprends rien, pourquoi s'est-elle changée en ours! Qu'est-ce que c'était que cette potion?

Harold lui serra la main un peu plus fortement:

- Je comprends, si j'avais changé Stoick en dragon sans savoir pourquoi et qu'il m'attaquait du côté des Mangemorts je serais dans le même cas que toi haha. Mais je pense qu'ils ne la tueront pas et la garderont pour t'attaquer et t'attendrir. Ce sera ta chance de la sauver.

- Tu as raison, je ne peux rien faire de plus pour le moment, approuva-t-elle en souriant. Je ne vais pas sauter dans la gueule du loup et tous nous faire avoir. Il y aura forcement d'autres occasions.

- Tout à fait! Ta maman t'attendra toujours.

Ils échangèrent un regard amoureux parlant un peu de la maman de Mérida et des mères en général. Mentionnant Gothel au passage. Raiponce les rejoignit et s'intéressa à la conversation. Parlant de sa mère biologique qu'elle était heureuse d'avoir retrouvé. C'est alors que le destin se remit en marche de nouveau. Comme si tout était lié par un seul fil rouge. Krokmou débarqua du ciel, il semblait agité. Quelque chose le dérangeait, des odeurs, des impressions. Harold le caressa doucement:

- J'y pense on devrait peut-être faire une inspection par les cieux avant que la nuit ne tombe?

- Bonne idée, j'ai mal aux pieds à force, répondit sa petite amie.

Raiponce approuva, elle avait une de ses envies d'enlever ses chaussures. Elle qui adorait être pieds nus dans l'herbe.

- Bien Krokmou prêt pour une balade?

Le dragon lui répondit sans trop le regarder. Il regardait le ciel, perturbé. Harold se gratta la tête et haussa les épaules. Il monta et se cala bien derrière la tête du furie nocturne. Les filles le suivirent et grimpèrent derrière le dragonnier qui s'envola aussitôt.

Le dragon les amena plus loin en survolant les nuages. Le trio profita de la vue en cherchant les reliques et laissèrent Krokmou les porter. La bague de Dumbledore ne brillait toujours pas. Le furie nocturne monta donc au-dessus des cumulus pour se détendre et survoler un peu en planant. Mais le calme fut de courte durée.

- Oh mon dieu!

Raiponce se tendit. Les deux autres regardèrent autour d'eux. Des cornes émergeaient doucement des nuages. Plusieurs, beaucoup, une énorme poignée de têtes débarqua. Krokmou prit peur, il ne s'attendait pas à cela.

- Doucement mon grand , doucement.

Harold le caressa. Une perle de sueur roula dans son dos. Des dragons par centaines se mirent à monter à côté de lui en les regardant.

- Mais d'où ils sortent ceux là?

La rouquine se colla contre son petit ami qui murmurait:

- Doucement, garde ton calme Krokmou. Doucement, ne les regarde pas.

Harold avait déjà vécu des situations similaires en parcourant les îles autour de la sienne mais jamais il n'y en avait eu autant qui le regardaient et semblaient lui vouloir quelque chose.

- Tu savais qu'il y avait des dragons dans le nord? Murmura Raiponce.

- Oui, mais je ne savais pas qu'il y en avait autant. Je pensais que la plupart de Grande-Bretagne étaient partis en Roumanie et dans les pays chauds... Normalement il n'en reste presque plus ici... Je ne comprend pas comment il y en a autant...

Krokmou émit des petits cris, paniquant. Harold fit son possible pour le calmer mais c'était très impressionnant cette nuée de cracheurs de feu. Tous, Fumseck y comprit, contemplèrent la beauté et la dangerosité de ces créatures.

Certains étaient pâles presque albinos, d'autres verts luisants, bruns ou rouges. Leur queue étaient criblées de pics, de pointes ou de poison. Leur corps était recouvert d'épaisses écailles solides comme du diamant. Montrant leur puissantes dents pointues ils semblaient vraiment agressifs.

- C'est des grosses chauve-souris, juste des chauve-souris, marmonna Raiponce pour elle-même.

La rouquine avait peur aussi, si l'un deux commençait à les attaquer, ils ne s'en sortiraient pas.

- Je crois... qu'on est maudit, susurra-t-elle décontenancée. Tous les maux du monde sont pour nous.

Ses amis approuvèrent bien tristement.

Soudain, sortis de nulle part, un dragon avec deux grandes cornes arriva et coupa la route à Krokmou qui s'immobilisa, battant des ailes en surplace. Les sorciers n'en crurent pas leur yeux quand ils aperçurent une personne au-dessus de l'animal, le dirigeant. Il portait un masque avec des pointes bleues comme un fou du roi. Toute sa tenue était faite de brun et de bleu clair. Sa seule arme était un long bâton en bois, de la taille de son corps avec des trous sur les extrémités. Il semblait le faire tourner pour communiquer avec les dragons ce qui impressionna Harold.

- Qui êtes-vous?

Aucune réponse. Le masque tourna sur le côté en supposant que la tête en fit de même. L'inconnu semblait les analyser. Amis? Ennemis?

Mérida se pencha en avant:

- Monsieur, on vous a demandé votre nom! J'espère que vous n'êtes pas un Mangemort! railla-t-elle.

Il y eut un petit rire de la part de l'inconnu puis celui-ci donna des ordres aux dragons qui s'activèrent. Le trio paniqua et vit une masse d'ailes tourner autour d'eux. Brutalement trois cracheurs de feu passèrent au-dessus d'eux et sans rien pouvoir faire, le trio se fit embarquer par les pattes de ceux-ci. Hurlant, se débattant. Harold ne voulait pas blesser un dragon avec sa baguette et la rabaissa. Krokmou se fit également embarquer par le flux des animaux qui partaient vers l'océan.

Fumseck suivit le mouvement et tout ce petit monde se fit entraîner par dessus l'Atlantique. Jusqu'à ce qu'apparaisse une sorte d'îlot perdu qui n'apparut que lorsqu'ils s'approchèrent. Raiponce soupçonna que l'île était invisible aux Moldus. Elle le ressentait. Le commandant les fit pénétrer dans le centre de la terre émergée et les lâcha au beau milieu d'une fosse remplie de dragons qui se posèrent chacun à leur tour. Le trio se regroupa et ils se collèrent en panique, pointant leur baguette inutilement devant eux.

- Pourquoi, Pourquoi, Pourquoi toujours nous! s'énerva Mérida.

Harold se mit en peu en avant sachant à peu prêt comment communiquer avec les dragons, il protégeait les filles au possible. Krokmou et Fumseck les rejoignirent et se posèrent devant eux en les protégeant. Le phénix s'installa sur Raiponce, il ne semblait pas prendre peur.

Puis intervint l'inconnu qui descendit de sa propre monture volante Il regarda Harold communiquer avec les dragons. Pour les amadouer. Il semblait très surpris. Harold tenta tout ce qui lui passait par la tête de tout ce qu'il avait appris. Des gestes, des inclinations, des petits cris stridents. Leur assaillant semblait absorbé par la situation. Il émergea de ses songes uniquement lorsque Mérida pointa sa baguette sur lui:

- Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous nous voulez mais libérez-nous sur le champ de ces créatures! Je serai sans pitié si ils s'en prennent à mes amis.

L'inconnu regarda la baguette avec une certaine appréhension, il n'aimait pas ça du tout. Puis il s'approcha un peu d'Harold en marchant d'une manière étrange, un peu sauvage, à quatre pattes. Son regard fixa longuement le dragonnier qui se figea. Krokmou entoura son maître et les filles en grognant. Il préparait déjà son feu bleu. L'inconnu le calma tout de suite avec son bâton qu'il tourna en l'air dans un son apaisant.

Tout à coup la personne masquée se mit à reculer en poussant un cri de surprise. Personne ne sut que dire jusqu'à ce qu'enfin, il daigne leur parler:

- Jamais je n'aurais pensé te revoir un jour... Ni voir un furie nocturne, il doit être le dernier de son espèce.

Les apprentis se regardèrent. Mérida s'avança un peu:

- Revoir qui? Vous ne nous confondez pas avec quelqu'un d'autre?

Après hésitation, l'inconnu retira son masque pour enfin révéler son identité. Cela les surprit car en fait c'était une femme. Une belle femme adulte avec une natte brune dans le dos et des sublimes yeux verts.

- Je tiens à vous présenter mes excuses si je vous ai fait peur. En fait j'ai entendu une rumeur comme quoi un furie nocturne se baladerait depuis plusieurs mois dans les cieux de Grande-Bretagne. Et qu'il était accompagné de sorciers. J'avais peur qu'il ne soit utilisé que comme une vulgaire monture, comme un esclave que l'on torture si il fait mal son travail... Mais j'ai eu tord il semble très attaché à vous et en pleine santé malgré cette queue cassée.

- Oui c'est notre fidèle ami, répliqua d'emblée Harold. Jamais nous ne lui ferions du mal. Vous êtes une protectrice des dragons?

La femme le regarda intensément en souriant:

- Oui en quelque sorte. Je les libère de leur esclavagisme et je les amène loin de tout. J'ai d'ailleurs toujours en vue de libérer ceux qui sont maltraités au fin fond de la banque de Gringotts... Les malheureux...

- Il y a des dragons à la banque des sorciers? Répliqua Raiponce choquée.

- Oui... Ils sont enchaînés et enfermés dans le noir jusqu'à leur mort... Pauvres petits.

- C'est honteux, grogna Mérida en serrant le poing.

- J'ai toujours voulu faire changer les mentalités mais personne ne m'a jamais écoutée. Vu ce que je suis...

Elle se détourna d'eux tristement pour caresser un beau dragon bleu. Elle semblait réfléchir à quelque chose.

- Excusez-moi mais vous êtes quoi au juste? Une sorcière reniée? Répliqua Mérida pour sa propre curiosité.

- Si seulement j'en étais une. Malheureusement je n'ai aucune magie en moi, je suis une Cracmole. Je peux voir beaucoup de choses mais je suis incapable de créer le moindre sortilège.

Les apprentis se sentirent mal d'avoir demandé. Un silence gêné arriva qu'Harold brisa. Il avait de la compassion pour cette femme fan de dragon comme lui:

- Vous êtes courageuse pour vivre avec de dangereuses créatures sans avoir de pouvoir magique.

- ... Oui, enfin ils sont adorables quant on les comprend. Je l'ai tout de suite remarqué le jour où ils m'ont enlevée par inadvertance. Grâce à leur chef ils sont civilisés comme une troupe de loups.

- Leur chef?

- Oui un Alpha. Je vais vous montrer si vous voulez.

Ils approuvèrent vivement de la tête. La femme sourit et les dirigea.

- Je ne pensais pas que toi, Harold, tu deviendrais comme moi. C'est très surprenant, après tout ce temps.

- Pardon? On se connaît?

- Oh tu ne dois pas me connaître après tout tu n'étais qu'un bébé. Mais une mère n'oublie jamais le visage de son enfant, je t'ai reconnu tout de suite. Je... Je suis ta maman après tout.

Elle rougit et baissa les yeux en marchant devant elle. Harold bloqua sur place.

- Hein? Mais non ma maman est morte avalée par des dragons...

La femme se mordit la lèvre, embarrassée.

- Je sais que j'aurais dû revenir après avoir été enlevée... Je n'ai pas été mangée mais juste embarquée car le dragon pensait que j'étais un mouton avec ma fourrure... Quand il m'a posée dans ce nid il a remarqué son erreur et l'Alpha lui a ordonné de me laisser. J'avais très peur au début mais j'ai vite compris leur mode de vie et finalement je n'avais pas de moyen de revenir. J'ai... J'ai passé le reste de mes jours à les aimer et finalement j'ai choisi de les sauver, de vivre avec eux. Je suis égoïste...

Le dragonnier ne sut quoi répondre à cela et se renferma. Il est vrai qu'elle aurait pu au moins revenir leur dire qu'elle était vivante mais pouvait-il lui en vouloir de vivre pour sa passion. Ca n'avait pas dû être facile tous les jours, surtout pour une Cracmole.

Finalement il sourit à moitié:

- C'est très surprenant mais je pense comprendre d'où me vient cette passion insolite.

- Ah ah tu adorais les dragons depuis tout petit Harold. Je te montrais les différentes espèces de l'île mais ton père n'était pas pour.

- Après que tu sois décédée - pour de faux du coup-, papa a chassé les dragons tu sais. J'étais très triste avant de sauver et connaître Krokmou.

- Mince, dit-elle avec peine. Je ne pensais pas qu'il aurait fait cela. Il faut dire que j'ai oublié mon humanité. Je n'avais pas reparlé depuis des lustres, j'ai la gorge enrouée.

Durant le trajet, le trio fit connaissance avec Valka, la mère biologique d'Harold. Celle-ci qui avait disparu lors de ses quatre ans. Cela donna un coup au dragonnier qui ne s'attendait pas à ce coup du sort mais il devait avouer que sa mère était fantastique. Cependant il n'osa pas la prendre sans ses bras, encore sous le choc. Elle les amena donc dans le centre de la grotte, rempli d'eau et de verdure. Valka leur expliqua en passant chaque race de dragon qu'il croisait dont Harold en buvait le savoir. Elle était extrêmement calée sur le sujet. Plus que lui. Puis elle montra l'Alpha. Un énorme dragon blanc, bien plus gros que celui qu'ils avaient connu au tournoi. Avec ses deux grandes défenses il semblait âgé. Ses yeux était d'un bleu transcendant et Krokmou se sentit plié devant lui. Il se soumit immédiatement.

- L'Alpha peut commander à tous les dragons, expliqua la mère, sauf les bébés, ils n'écoutent encore rien à leur âge. C'est une sorte de pouvoir insolite qu'il possède.

- J'en avais entendu parler mais je ne pensais pas que cette légende existait vraiment, sourit Raiponce les yeux brillants.

Harold approuva de la tête. Il avait l'air perdu et émerveillé en même temps.

Une fois que l'Alpha les eut sondés il retourna à sa sieste au fin fond du nid des dragons.

- Aujourd'hui j'ai appris que certains dragons peuvent vivre en communauté, c'est une journée de gagné, répliqua la Serdaigle en sautillant.

Mérida les approcha sans insister car ils grognaient les inconnus. Fumseck semblait à l'aise dans ce nid et se fit une petite place en hauteur.

Par la suite, Harold, Raiponce, Mérida et Valka s'assirent sur un coin de verdure et parlèrent de dragon. Plus tard la conversation dévia sur la magie et ce que le trio faisait dans la vie. C'est alors que le Poufsouffle entama son résumé de la situation des sorciers et de leurs propres problèmes. La mère du dragonnier fut choquée d'apprendre qu'ils étaient en cavale. Bien entendu elle avait appris pour Voldemort et sa terreur. Mais elle restait à l'écart du monde magique depuis toujours.

Le soir venant, les filles s'endormirent l'une contre l'autre devant un feu qui crépitait. Seul Harold avait les yeux grands ouverts et harcelait sa mère de questions.

- En effet les Mangemorts ont tenté de pénétrer cette île pour me convaincre de les rejoindre mais jamais je n'ai plié. Il y en a un, Drago Point Sanglant, qui vient me harceler toutes les semaines. Il s'en prend aux dragons et les ramène chez lui... Je n'arrive pas à les défendre, répliqua Valka tristement. C'est un sanguinaire qui ne jure que par la domination. Je le hais viscéralement.

- Je le connais, on l'a affronté plusieurs fois. Et il me répugne également. Je me demandais pourquoi il avait l'air si intéressé par moi et Krokmou. J'ai ma réponse.

- Oui tu dois faire attention à lui. Si il prend ton dragon il le réduira en esclave. Ou pire.

Le feu émit des crachotements. Valka remit une bûche en grattant un peu l'amas brûlant. Harold se frottait les mains, il se sentait plus mal qu'il ne l'aurait cru.

- Mam... Valka. Pourquoi est-ce que tu n'es pas revenue nous voir? Tout ce temps ou je t'ai crue morte. Et Papa aussi. C'était horrible, j'en ai encore le cœur qui saigne.

Il se tint la poitrine et détourna le regard. Sa mère pencha la tête vers lui, tristement:

- Je comprends que ça soit difficile. Je t'ai abandonné, toi et Stoick pour les dragons... Je suis une femme égoïste mais je me suis dit que tu serais heureux avec ton père. Sans qu'une Cracmole qui te mettrait en danger traîne dans les parages. Tu sais à cause de ma passion tu as failli mourir plusieurs fois étant bébé et ton père ne me le pardonnait pas.

- Mais même, s'emporta le dragonnier. J'avais besoin d'une mère! Tu aurais dû revenir.

Il lâcha quelques larmes ce qui déstabilisa la sauvage Valka. Elle avait oublié ce que c'était les émotions humaines.

- Je ne te demande pas de me pardonner Harold... Je veux juste que tu comprennes que j'étais un danger pour toi et que les dragons avaient besoin de ma protection...

- C'est trop facile de dire ça.

Il se leva et se détourna.

- Je t'aime Mam... Valka mais je ne peux pas supporter ce que tu viens de me dire.

Il partit voir Krokmou laissant la mère de famille sur place. Les yeux clos.

Le lendemain matin, le souffle des dragons réveilla tout le monde. Ils prirent alors un petit déjeuner offert par Valka et sa chasse aux poissons. Ce n'étais pas très ragoutant dès le matin mais ils préféraient ne plus vider leur reste de provisions.

Harold faisait la tête. Mais les filles semblaient fort heureuses d'en apprendre plus de Valka. Ils passèrent leur matinée à inspecter l'île en contemplant le magnifique Alpha qui dormait au fin fond de l'antre. Néanmoins, le trio n'oublia pas leur mission et confièrent à la mère d'Harold qu'ils devaient repartir d'urgence à leur quête substantielle.

- Vous ne voulez pas rester ici? Le monde peut bien s'entre-déchirer, ici vous ne verrez rien et serez en paix. Se battre pour une simple prophétie c'est vraiment...

- Nous on n'a pas abandonné le monde des sorciers, coupa Harold. Nos amis sont toujours en danger. Quant à notre devoir c'est de respecter le dernier souhait du plus grand sorcier de tout les temps, Albus Dumbledore. Notre vœu le plus cher serait de pouvoir retourner à Poudlard comme avant, et de terminer notre scolarité avec nos amis. En paix.

- ... Je voulais juste que tu sois en sécurité...

- Il fallait y penser avant à ça.

- Harold, calme-toi, répliqua Mérida outrée.

Il lui fit un regard noir.

Raiponce pensa brièvement à Jack puis se reprit:

- Harold n'a pas tord, il faut que l'on retourne chercher les reliques. La fuite n'est pas une option, après tout ce chemin parcouru depuis notre enfance.

- Oui c'est vrai, répondit le Poufsouffle. Vold... Tu-Sais-Qui doit périr.

Reboosté, le trio se remit en route en abandonnant le repère des dragons. Mais au moment de partit un autre dragon les rejoignit. C'était Jumper le fidèle dragon de Valka qui arriva à son tour.

- Laissez-moi vous accompagner. Je veux me racheter...

Les filles regardèrent Harold.

- ... Comme tu veux mais sache que sans pouvoir magique tu seras plus un poids qu'autre chose.

- Harold! Hurla Raiponce. On ne dit pas ça à une Cracmole! C'est ta mère tout de même.

Il grommela et monta sur son ami. Il s'envola dès que ses amies prirent place. Valka les suivit. Elle comprit que son erreur avait été bien trop loin pour qu'Harold ne lui pardonne mais elle voulait quand même s'assurer qu'il aille bien maintenant qu'elle l'avait retrouvé.

L'étrange petite troupe se remit à la recherche de la relique. Valka suivant leur rythme. Quand la nuit arriva, ils campèrent à nouveau dans une plaine et c'est là que la solution fut apportée sur un plateau d'argent par la dragonnière:

- Des Dahlias bleus? Oh je sais où il y en a tout un jardin. Jumper m'a montré cette endroit plusieurs fois. C'est un magnifique Vallon entouré de fleurs bleues de toutes sortes. Il est plutôt difficile d'accès si l'on a pas de dragon.

- Sérieux? S'emporta Mérida. Il faut vérifier ça dès demain! Avec la bague on saura tout de suite si c'est bien le bon endroit. Merci Madame Haddock.

- Oh mais de rien ma belle, si je peux être utile en quoi que ce soit...

Harold fit mine de rien mais il se réjouit de la nouvelle. Raiponce également qui notait déjà les indications du lieu dans son calepin.

Plus tard dans la nuit le trio éteignit le feu et se prépara à aller au lit en écoutant Potterveille. La radio insista sur le fait de tenir bon malgré la perte de nombreux alliés. Il ne fallait rien lâcher ce qui ragaillardit les trois fugitifs. Le mot de passe suivant fut énoncé sous forme d'énigme que Raiponce écrivit. Elle le trouva tout de suite et éteignit la radio. Mérida préparait les sacs de couchage dans son coin quand Valka s'incrusta:

- Heum, Mérida c'est ça?

- Oui madame. Encore merci pour vos indications on devrait vite s'en sortir comme ça.

- J'en suis ravie. Et sinon vous... vous êtes ta petite amie d'Harold?

Mérida rougit puis sourit:

- Ouep, c'est bien moi.

- Il a beaucoup de chance alors.

La mère sourit tendrement et repartit voir Jumper. Mérida ne sut quoi répondre si ce n'est un grand sourire rougissant. Si sa mère avait réagi pareil elle n'en serait pas là avec Elinor... Changée en ours et contrainte à faire de mauvaises choses... Mérida y pensa jusqu'à l'heure du coucher. Elle l'aimait beaucoup cette maman là.

A la suite des indications de la veille la troupe arriva dans un vallon boisé et rempli de magnifiques parterres fleuris. Il leur avait fallu toute la matinée pour l'atteindre entre de longs couloirs de roche dans les montagnes et des étroits passages feuillues. C'était une terre protégée de la vie humaine, sauvage et magnifique.

Le trio s'émerveilla devant le regard tendre et protecteur de Valka. Puis la bague se mit à briller intensément, signe de réussite. Mérida sautilla en même temps que Raiponce:

- C'est là! Hurla la rouquine. Enfin on a trouvé la relique d'Helga Poufsouffle!

Chacun se mit à courir en suivant la lumière qui s'intensifia. Puis il se stoppèrent devant un mur de roche. Valka fixa le pan de montagne recouvert de lierre grimpant:

- Il faut escalader?

- Non je pense que c'est derrière ce mur, c'est un lieu scellé comme le premier ,expliqua Raiponce sûre d'elle.

- Je vois, marmonna Mérida. C'est à Harold de jouer alors ce coup-ci.

- Je vais faire de mon mieux.

Harold inspecta les environs. Il se remémora le poème " Le Blaireau choisit un nid moelleux,

Dans le creux d'un vallon boisé, Pour garder fidèlement l'entrée, De sa cachette remplie de Dahlias bleus." Il n'y avait aucun indice sur comment ouvrir cette roche. Il savait qu'il était au bon endroit vu qu'il était au cœur d'un vallon rempli de verdure feuillue et de Dahlias bleus autour de l'entrée. Les Dahlias...

Le dragonnier cogita en se massant le menton. Cette fleur devait être le centre du problème. Il commença à fouiller les massifs. Pendant ce temps les filles parlèrent entre elles. Les jeunes expliquant à l'adulte à quoi serviraient les reliques. Cela faisait du bien de pouvoir enfin en parler à quelqu'un de l'extérieur. Puis soudain le mur s'effondra et disparut laissant une grande ouverture dans la roche.

- Et voilà! C'était une fleur rouge qu'il fallait couper. Elle se cachait dans les Dalhias.

Valka écarquilla les yeux. Elle avait un fils très intelligent en plus d'être beau garçon, d'aimer les dragons et d'avoir de merveilleuses amies. Il avait bien réussi sa vie mais ce n'était pas à elle qu'il le devait. Elle se mordit la lèvre en les suivant dans la grotte sans les dragons qui étaient trop grands pour passer. Elle se dit qu'elle devrait tout faire pour rattraper les choses maintenant que le destin lui donnait une nouvelle chance de le faire.