Chp 12: Ambition sans faille
De retour sur l'île des dragons, Harold, Mérida, Raiponce et Valka firent une petite fête de victoire. Ils pansèrent leurs blessures et mangèrent à leur guise des repas préparés ensembles. Ils firent retomber la pression et chacun toucha la relique comme pour l'examiner de près. Elle était magnifique, d'un doré noir éclatant. Le blaireau faisait la plus grande fierté d'Harold. Mérida le félicita toute la soirée en lui montrant également son arc. La Serdaigle ne se soucia pas de se sentir seule puisque bientôt cela serait à son tour.
Par ailleurs les jours suivants, Raiponce ne se pria pas pour plancher sur son poème. Elle était motivée au vu de leur réussite mutuelle. Tous les matins elle se levait aux aurores. Préparait un bon petit déjeuner après le retour de Valka qui ramenait des provisions. Puis elle s'asseyait, seule, dans le bosquet de l'Alpha pour écrire ses résultats de recherche. L'albinos la regardait avec intérêt. Il ressentait en elle une adoratrice du monde. Une joie et une gentillesse naturelle. C'était si apaisant que de temps à autre il lui envoyait des souffles de glace pour la faire rire. La Serdaigle avait l'impression d'être au contact de Jack avec tout ce rafraîchissement. Ce qui la rendait encore plus détendue et sereine. L'Alpha s'attacha très vite à la blondinette.
Mérida et Harold pour leur part, profitaient de leur temps libre en compagnie de Valka pour en apprendre plus sur les dragons et pour user de leur relique. Un apprentissage fastidieux sous le regard tendre des dragons et de la mère du dragonnier. Valka n'arrivait plus à se détacher de son fils qu'elle réapprenait à connaître. Par ailleurs le soir venu elle se retrouvait toujours seule avec lui pour jouer avec Jumper et Krokmou.
- Tu te débrouilles à merveille mon chéri. J'ai du mal à croire qu'un jour tu aies été ce tout petit garçon frêle et innocent.
Elle rit derrière sa main droite et Harold rougit un peu:
- Mais depuis j'ai grandi... Enfin surtout j'ai énormément appris de Poudlard et de mes amis. C'est ce qui m'a forgé mon caractère. Et aussi les mésaventures qui me sont arrivées. Mais ça je m'en serais bien passé.
- Pourtant elles t'ont endurci, je pense. Enfin ton père a fait un très bon travail, il n'y a pas à dire.
Le Poufsouffle s'assit en se grattant l'arrière de la tête:
- Oui j'ai le meilleur papa qui puisse exister. Malgré les prises de tête sur les dragons il a toujours su me soutenir et m'encourager dans la vie. Il a bien pris soin de moi.
Valka se plaça à côté de son fils:
- Stoick a toujours été un homme merveilleux. Depuis que je l'ai rencontré je me suis toujours sentie en sécurité. Il est plein d'amour même si il est un peu bourru. On l'aime comme ça.
- C'est ça. Et... Tu devrais peut-être revoir papa également, tenta Harold. Je veux dire il mérite d'être au courant de ta survie... Puis il n'a jamais cessé de t'aimer tout ce temps. Il parlait toujours de toi en termes é mort lui a fait un choc.
Valka se tendit. Elle baissa le regard:
- Tu as raison, j'en ai le devoir mais j'ai peur de sa réaction... Je vous ai abandonnés tout ce temps pour les dragons. Que va-t-il penser de moi?
- ... C'est vrai qu'il va peut-être se mettre en colère mais c'est normal. Tu l'as quand même laissé pour compte alors qu'il te pensait morte.
La femme soupira et ébouriffa les cheveux de son fils:
- Tu es un grand homme Harold. Encore meilleur que ton père. Ne t'en fais pas je vais retourner dans le monde de l'humanité. Il est plus que temps. Ton père doit savoir.
Harold sourit. Il regarda les dragons jouer entre eux.
- Le temps passe si vite, susurra-t-il à moitié endormi. Tout se précipite autour de moi. Les épreuves, les enjeux et ton retour. Je n'arrive toujours pas à réaliser que tu es bien là. Vivante et heureuse parmi ma propre passion.
Sa mère ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras.
- Moi aussi j'ai bien du mal à réaliser que tant de temps avait passé depuis mon départ. Tu es déjà si grand! Et le monde a tellement changé hors de ma bulle. Je suis heureuse... Heureuse que tu aies trouvé la force en toi de me pardonner...
Une larme roula sur sa joue qui s'écrasa contre la main d'Harold. Il ouvrit grand les yeux. Puis il s'installa confortablement dans les bras réconfortants de sa mère:
- Après tout, rien n'est terminé. Il n'est pas trop tard pour que tu te rattrapes. Toi, les dragons, moi, Stoick et Beurk... On pourrait former une belle, grande et heureuse famille.
La femme aux dragons se sentit au comble du bonheur.
-Oui, plus jamais je ne vous abandonnerais. Si vous me laissez une chance je serai toujours là pour vous deux. Toi et Stoick...!
Harold se surprit à sourire béatement et s'endormit sans s'en rendre compte. Valka le remarqua et le laissa passer la nuit dans ses bras. Il était revenu dans sa vie comme un rayon de soleil. Et elle ne le laisserait plus jamais s'en aller.
Le printemps était enfin arrivé. Alors que le mois d'Avril pointait le bout de son nez, les fleurs émergeaient des sols pour se préparer à fleurir. Les arbres reprenaient peu à peu des couleurs même si peu d'entre eux possédaient des feuilles. Cependant on sentait qu'un courant d'air chaud était enfin prêt à revenir et à s'installer. Peut-être était-ce un signe de renouveau.
Malheureusement loin de ce grand redoux printanier, Jack marchait en s'enfonçant dans une épaisse couche de neige. Celle-ci lui arrivait aux genoux. Il dut donc faire de grandes enjambées pour pouvoir avancer correctement. La fonte des glaces n'avait pas l'air d'être un souci ici bas.
Le Serpentard suivait sa carte magique d'où la croix et un mince chemin en pointillés rouges lui indiquait la route. Si par mégarde il s'égarait la carte elle même se chargeait de le réprimander. Cela lui tapait sur le système mais au moins il arriva à bon port en à peine quelques jours. Il reprit grand son souffle quand enfin il aperçut une énorme maison en pierre qui dominait une colline neigeuse. La croix le félicita avant de disparaître.
- Bon je suppose que c'est là. Je ne risque pas trop de me tromper vu le désert que c'est ici.
Il sourit et remonta son sac de voyage sur l'épaule. Il avança avec précaution et frappa à la porte. C'est alors qu'il sentit quelque chose dans son dos. Son ventre fit un bond et il se retourna avec sa baguette. Personne. La porte s'ouvrit au même instant. Un elfe de maison le regarda sans comprendre pourquoi le sorcier devant lui semblait lui tourner le dos.
- Monsieur est perdu?
Jack fit volte face et se relâcha. Cette impression n'était qu'une fausse alerte, sûrement.
- Euh... Non je cherche le sorcier qui vit dans cette maison.
- Mon maître a de la visite? Il en sera très content, c'est si rare!
L'elfe lui ouvrit grand la porte. Jack s'excusa et pénétra dans la demeure. Il reçut comme un choc électrique quand il regarda l'énorme pièce dans laquelle il se trouvait. Encore pire que lorsqu'il était tombé dans le magasin d'Oaken. Il ouvrit la bouche sans pouvoir la refermer. Les yeux ébahis de milliers d'étoiles.
Des elfes de maisons par centaine se regroupèrent autour de lui pour le saluer. Mais ce n'était pas le plus impressionnant. Le plus fou dans tout ça était les tonnes et les tonnes de jouets qui s'entassaient dans la pièce - qui était au moins aussi grande que le domaine entier de Poudlard-. Pourtant la maison ne paraissait pas aussi imposante de l'extérieur, Jack dut donc en déduire que la magie était bien derrière tout ça. De haut en bas, des jouets volaient pour se faire peindre, couper ou briller. D'autres partaient se faire emballer dans de magnifiques boîtes en carton de toutes les couleurs. Il y avait également des sacs remplis de partout et des matières premières qui traînaient au fond. Du bois, du métal, du plastique... Dans tout ce fouillis s'activaient les elfes de maisons qui chantaient des cantiques de sorciers alors que la musique s'élevait du plafond. C'était un paradis pour enfant cet endroit.
Un homme imposant, possédant un ventre démesuré et une barbe colossale fit son apparition sans que Jack ne le remarque, trop absorbé par le lieu.
- Attention à ne pas gober les mouches, jeune sorcier.
D'un accent russe, il se mit à rire dans sa barbe. Jack fit un bond et ferma la mâchoire. Il en avait complètement oublié le but de sa venue.
- Wouhaou c'est vraiment magnifique chez vous! Je ne m'y attendais pas!
- Eh oui c'est le paradis du jouet. Mais dis-moi plutôt que viens tu faire dans ce trou perdu?
- Je...
Jack détourna enfin le regard de la pièce:
- Je suis venu car on m'a conseillé de venir vous consulter. J'aurais besoin d'aide et il paraît que vous connaissez le pôle nord comme votre poche.
- Ah ah, ils ont raison. Mais passons d'abord dans mon bureau. Il y a trop de bruit ici.
Le vieux sorcier le poussa par les épaules et Jack se fit entraîner dans d'autres pièces. A chaque fois des elfes étaient occupés à courir partout avec des paquets en mains. Ils portaient tous un vieux torchon rouge et vert comme habit.
- Vous avez combien d'elfes de maison avec vous? Même dans les cuisines de Poudlard je n'en ai jamais vu autant!
- Hum une centaine environ. Ils ont tous été libérés alors qu'ils ne le voulaient pas. Je les ai donc recueillis et fait d'eux mes elfes de maisons. Ils aiment avoir un maître c'est dans leur nature.
Le gros bonhomme se massa la barbe:
- Il en arrive à peut près une dizaine par an. Ils connaissent tous mon adresse maintenant et savent ce qu'ils ont à faire si ils sont désespérés.
- Je suis encore plus impressionné, siffla Jack.
L'homme poussa la porte du fond qui donna enfin sur une pièce calme avec un grand bureau en chêne et des tonnes de papiers dessus. Assez similaire au bureau de Dumbledore avec les babioles et Fumseck en moins. Le rondouillard put s'asseoir et lut quelques parchemins comme si de rien n'était. Jack prit place dans un fauteuil luxueux.
- Et donc... Vous faîtes quoi ici? Ne put s'empêcher de demander le Serpentard.
- N'est-ce pas évident? Je suis le Père Noël bien sûr.
Jack ne s'attendait pas du tout à cette réponse. Il beuga.
- Hein? Mais ce n'est qu'un personnage de fiction, il n'existe pas. Ce sont les parents qui...
- Oui oui bien sûr, coupa le vieux sorcier. Mais cela n'empêche pas quiconque voulant le devenir de l'être. Si dans ton cœur tu te sens Père Noël alors tu l'es.
- ... Euh je ne suis pas très bien le fil de votre pensée.
Le vieux sorcier posa son document sur la table et examina Jack. Il sembla comprendre très vite sa personnalité. Il sourit:
- Toi mon garçon tu ne connais pas bien la détente et la souplesse. Es-tu heureux dans la vie?
- Je... Je l'ai été oui. Même si je ne comprend pas trop votre demande...
- Je vois. Tu sais je ne suis qu'un humble fabriquant de jouets magiques. Mais dans mon cœur une flamme m'anime. Une passion dévorante de voir mes jouets émerveiller les yeux des enfants qui viennent à peine de rentrer du magasin et qui se lancent dans le déballage de leur présent. Une joie indescriptible passe dans leurs yeux que je peux voir à travers ma boule de cristal. C'est comme si Noël durait toute l'année et que j'étais leur Père Noël. Voilà ce qui m'anime au fond de moi. Et toi, qu'est-ce qui t'anime au fond?
- Moi...? Je ne sais pas...
Le fabriquant de jouets semblait insistant. Il lui sourit et lui tendit une boîte de poupée russe. Jack s'en saisit comme subjugué par ce personnage philosophique à la Dumbledore. Il se sentait à l'aise.
- Ouvre-les. Regarde tu vois là c'est moi. - Il pointa chaque poupée de plus en plus petite - Je suis grand et imposant. Mais aussi Jovial. Et Mystérieux. Courageux. Attentionné. Et tout au fond il y a...
- Euh... un minuscule morceau en bois?
- Non. La passion qui m'anime! De grands yeux tournés vers les enfants. Des yeux qui savent voir au delà des apparences! Qui regardent et créent plein de choses! Voilà ce que je suis et ce que toi tu dois trouver pour être heureux mon jeune ami.
Jack se mit à réfléchir à la question. Qu'est-ce qui l'animait au fond de lui? Qu'est-ce qui le rendait exceptionnel?
- Ah tu m'excuseras je me suis encore emporté. C'est un autre de mes traits de caractère, gloussa le sorcier. Mais dis-moi plutôt quel était le but de ta visite?
- Ah euh oui...
Jack se secoua la tête. Il avait totalement omis le motif de sa venue. Il se racla la gorge:
- Je viens car je suis à la recherche de la relique de Salazard Serpentard qui doit se trouver sûrement dans le coin et... Je me demandais si vous n'auriez pas des informations là-dessus.
Le vieil homme sourit d'un air mystérieux. Il croisa ses doigts. De son habit rouge et de sa toque noire il avait vraiment une tête de Père Noël. Mais version russe...
- Oui je vois. Beaucoup sont venus me voir, tu sais. Ils voulaient tous la même chose, la relique et la puissance. Mais je pense qu'elle est bien où elle est.
- Je comprend, répliqua calmement Jack. En temps normal je ne pourrais qu'approuver vos dires mais là c'est pour la survie du monde des sorciers. Je pense que vous savez ce qu'il se passe en ce moment même?
- Bien sûr, enfin je lis les journaux mais je n'ai pas été voir. Je ne sors jamais de chez moi. Et le monde m'a oublié.
Jack soupira, la gazette du sorcier n'était pas ce qu'il y avait de mieux pour la vérité. Il se mit donc à lui raconter les faits. En grossissant un peu l'histoire et en zappant des détails insignifiants. Cela aurait été trop long. Son interlocuteur sembla le croire et hocha vigoureusement de la tête. Avec ses yeux il avait vu la sincérité à travers ce bon Jack Frost.
Il claqua de la langue plusieurs fois à la fin du monologue du Serpentard.
- Vous semblez dire la vérité, les faits sont on ne peut plus sérieux.
Jack n'avait pourtant pas senti de legillimens le sonder mais peut-être que l'homme avait son propre don en la matière.
- Je vais vous aider mon jeune ami. Parce que je crois en vous. Si vous voulez la relique de Salazard Serpentard elle se trouve juste derrière chez moi. A un jour de marche d'ici se trouve une colline dont on dit qu'elle est l'épicentre du monde. Là-bas vous devriez trouver ce que vous cherchez car j'ai toujours senti une grande magie émaner de là. Et puis Salazard Serpentard... avait sa maison ici. Elle était remplie de Serpents et de broderie verte. C'était un beau palais mais je l'ai un peu arrangé à ma façon.
Le vieux russe rit joyeusement dans sa barbe.
Jack sentit un poids s'ôter de son ventre. Il avait enfin déniché le lieu de la relique et avait même trouvé la propre maison de Serpentard. C'était une aubaine d'être tombé dans cette auberge et également sur ce vieux sorcier un peu fou mais amical.
- Cependant, j'espère que vous ferez attention. Certains ne sont jamais revenus de leur expédition malgré mes mises en garde.
- J'en suis bien conscient Monsieur, merci infiniment!
- Si je peux être utile à la jeune génération, j'en serai toujours heureux.
Après cette entrevue le sorcier l'invita pour la nuit ce que Jack refusa. Il allait repartir sur le champ. Mais l'insistance qu'émit le vieux fou dut finalement convaincre le Serpentard d'attendre le lendemain. Rien ne servait de courir la relique n'allait pas disparaître. Finalement il passa une soirée dans la grande salle de fabrication à regarder les jouets se mettre en forme. Le vieux Père Noël lui expliqua plein de choses comme les balais-jouets qui étaient de sa propre invention. Cela permit au jeune apprenti de se détendre et de passer une bonne journée. Le soir venu il se coucha dans une chambre d'ami et s'endormit aussitôt. Voyager dans la neige était épuisant.
Le lendemain, Jack prit un petit déjeuner copieux. Un peu trop d'ailleurs mais son hôte semblait en être satisfait. Puis il se prépara et renfila sa cape de voyage et son sac. Il ne cessait de cogiter à la fois sur ce qui l'attendait dans la caverne gelée et sur ce que lui avait dit son hôte la veille. Surtout que celui-ci lui avait offert un ensemble de poupée russe complètement vierge. Jack en resta perplexe mais le vieil homme était fier de son cadeau. Le Serpentard ce dit que ça devait surement être à lui de dessiner la suite. Il la rangea soigneusement dans sa cape pour être sur de ne pas le perdre si son sac venait à être égaré et le remercia.
Au moment de partir il fit de grands signes de main. Le vieil homme lui sourit:
- Si jamais il vous vient l'idée de revenir ma porte sera toujours grande ouverte mon ami. Et surtout n'oubliez pas ce que je vous ai dit. Vous êtes quelqu'un de bien, j'en mettrais ma toque au feu!
Jack lui sourit. Il repartit à nouveau dans le froid virulent. Heureusement qu'il était quasiment immunisé sinon il serait déjà au bord de l'agonie.
Il passa donc la journée à marcher. Il trouva assez vite le lieu que lui avait donné son hôte. Oui le soir venu il sentit une grande force magique entourer une énorme pente dont le sommet était lisse comme si une partie en avait été coupée. " Le Serpent lové dans sa caverne gelée, Attendra au centre du monde sur la pente brisée." Jack était sûr qu'il avait enfin trouvé son objectif. Il fit alors une pause pour la nuit et s'allongea dans un sac de couchage.
Le temps était enfin venu. Alors qu'Avril débutait, Jack se tenait devant l'entrée de la caverne gelée. Scellée pour le moment. Lui qui était parti depuis Mi-février, il ne put s'empêcher de crier victoire. Ce voyage lui avait pris un mois et demi et il commençait à en ressentir la fatigue. Il était las de parcourir la banquise et de chercher dans le vide, tout seul. Puis surtout il voulait retourner au château... Son absence serait une catastrophe si Hans faisait une boulette. Il priait pour que tout se passe bien même si récemment la lettre d'Elsa lui avait assuré que oui.
Il vida son esprit et se reconcentra. Il ne devait pas penser à autre chose que la relique de Salazard. Fixant la pente il se mit à chercher comment ouvrir le passage. Ce ne fut pas chose aisée car à part de la neige, des roches et de la glace, rien n'était transcendant. C'était une pente ordinaire. Jack tenta de parler en Fourchelangue. Mais rien ne se passa. Ce n'était pas la bonne solution.
Il continua ainsi jusqu'à midi. Grognant il se stoppa et avala un copieux déjeuner offert par le vieux fou des jouets. Il regarda aussi ses poupées russes sans visage. C'était déroutant. Puis il se reconcentra.
- Qu'est-ce qui m'échappe? Après tout je n'ai aucun indice dans le poème...
Après le repas il retourna à son inspection. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il dénicha ce qui lui échappait. Un petit Serpent était enseveli sous une volumineuse couche de glace.
- Comment ça a pu geler autant? s'exprima-t-il à haute voix. Remarque ça date du Moyen-âge. - Il leva sa baguette- Incendio!
La glace commença à fondre. Il lui fallut une bonne demi-heure avant d'en venir à bout. C'était un sacré morceau qu'il venait de décongeler. Il reprit son souffle:
- Moi je sais geler mais décongeler ce n'est pas mon truc...
Il rit pour lui même et fixa le Serpent qui se mordait la queue. Il appuya dessus et enfin la pente gronda.
La neige trembla et révéla un trou béant dans le bas de celle-ci. Jack se pencha par dessus et ressentit de l'air chaud en sortir.
- Ma foi, c'est parti. Attends-moi Serpent, voilà l'héritier de Salazard.
Il sauta sans retenue et se sentit porter par un long toboggan en pierre. Cela lui rappela tout de suite la chambre des secrets que Salazard avait construit à Poudlard. Et la suite n'en fut que similaire.
Il atterrit dans une sorte de gros gouffre où s'étalaient des tonnes de chemins différents, comme de longs tuyaux. Il y avait même de l'eau signe que la glace avait fondu puisqu'il faisait plus chaud à l'intérieur des terres. La seule différence est qu'il n'y avait aucune carcasse de poisson et de mue de Serpent. Cela rassura un peu l'apprenti. Il n'avait pas trop envie d'affronter un Basilic tout seul alors que ses amis avaient galéré ensembles par le passé.
De sa baguette Jack s'offrit un peu de lumière et s'avança dans les couloirs humides. Il entendait du bruit derrière lui et se retourna plusieurs fois. Son cœur s'accéléra mais il n'y avait absolument personne. Cette impression d'être suivi ne le lâcha pas. Toujours ce sentiment qui lui tenait le ventre depuis son départ. Qu'est-ce que cela pouvait bien être?
Le dédale rocheux fut un vrai labyrinthe. Cela lui rappela ce coup-ci les cachots du château qui étaient faits pour que seuls les vrais Serpentards trouvent la salle commune. En faisant le rapprochement il en comprit tout de suite le lien. Les couloirs avaient un sens similaire ce qui ne pouvait être une coïncidence. Seul un vrai Serpentard pourrait connaître le chemin qui n'avait jamais changé. Jack Frost sourit et suivit le sentier de son souvenir.
Cela porta ses fruits car il tomba dans une salle ronde avec une énorme porte surmontée d'un Serpent en argent. De son œil vert il le scruta. Sur le côté, des runes étaient incrustées de couleur olivâtre. Par chance Jack avait étudié cette matière et avait même reçu un Acceptable lors de ses buses. Il avait donc les bases. Le déchiffrement ne lui prit que quelques minutes.
- Le Serpent tend l'ouïe, il attend pour ouvrir le passage. Lui qui protège l'ancestral trésor. Hein? Je dois peut-être parler Fourchelang ce coup-ci. - Jack changea de langue- Ouvre-toi.
La porte resta close. Il se mit donc à cogiter. Il tenta plusieurs mots sans succès. Il relut alors son poème, rien n'était écrit dedans. Que devait-il faire?
- Chante l'hymne de Serpentard, susurra une sombre voix en écho.
- Que?
Jack se retourna. Toujours aucun signe de vie. Mais il venait bien d'entendre quelqu'un parler non? Il leva sa baguette et regarda dans tout les sens.
- Finite Incantatem.
Toujours rien, pas de personne cachée. Il imagina que peut-être c'était un Serpent qui lui avait parlé. Le cœur battant il choisit d'avancer au plus vite.
- Bien alors. Vous finirez à Serpentard si vous êtes plutôt malin, car ceux-là sont de vrais roublards qui parviennent toujours à leur fins. Serpentard, assoiffé de pouvoir et d'action, recherchait en chacun le feu de l'ambition. Salazar disait : Il faut enseigner aux descendants des plus nobles lignées. Ainsi il voulait un sang pur chez les sorciers de son académie et qu'ils aient comme lui, ruse et rouerie.
Dès qu'il eut fini la porte s'anima. Le Reptile fit le tour de la pierre en sifflant. Jack serra alors sa baguette et pénétra directement dans la petite pièce où un énorme serpent vert semblait dormir, lové en un tas géant.
Le jeune sorcier s'avança et parla en Fourchelangue:
- Bonjour, puis-je te parler noble Serpent.
Celui-ci releva sa tête immédiatement. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas entendu sa langue natale. Aucune personne qu'il avait revu depuis la mort de Salazard ne parlait le Fourchelangue. Son corps ondula et il sembla se mettre en mouvement. Il tourna sa tête vers l'arrivant, le fixant de ses grands yeux jaunes.
L'animal se dressa complètement sur lui même et sembla analyser le nouveau venu. Fouillant son esprit que Jack laissa ouvert.
- Tiens tiens un nouveau sssssorcier venu chercher la relique de mon maître. Ayant réussssssssi à prendre le bon chemin. Tu étais bien de la maison SSSSerpentard ou est-ce que c'est un coup de chancccce?
Jack abaissa sa baguette. Il était calme.
- Je suis bel et bien de la maison Serpentard, j'ai parcouru le cachot de long en large, ce ne fut pas bien compliqué ici de trouver la bonne voie. Mais vous devriez le savoir puisque vous pénétrez dans ma tête.
Le Serpent sembla sourire et siffla plus fort comme pour rire.
- Tu ne manque pas de panache toi. Et tu à l'air sssssûr de toi. Tu me plaît bien dans ton genre.
- Oh, je vous en remercie. Par ailleurs si cela vous intéresse je suis un Sang-pur et un vrai descendant de Salazard. Du même sang.
- Oui je l'ai ssssenti. Mais cela ne change rien. Un héritier peut bien être ce qu'il veut, cccce n'est pas le sssang qui décide de la véritable nature d'une perssssonne. Je cherche un héritier ssspirituel.
- Je pense en avoir les qualités requises. Après c'est à vous de me le dire.
- Ss ssss ssss , le serpent se mit à rire sadiquement. Tout à fait, tu es malin. Alors je t'accorde le droit de passser un tessst. Montre-moi ssssi vraiment tu as raison.
Jack eut tout juste le temps de prendre une bonne respiration avant de tomber inconscient sur le sol. L'épreuve commença et le fameux rire malsain parcourut en écho le mur de la pièce.
Jack ouvrit les yeux. Il se leva dans le noir et fixa devant lui un grand bâton brun qui semblait briller d'une lueur argentée. Ce bâton était crochu comme une branche de berger et avait également des paillettes blanches sur le contour. Il semblait imposant dans cet espace vide. Un mince petit serpent trônait sur le bout du bâton. A peine visible.
Jack sursauta quand en s'approchant une voix résonna en lui:
- Tu as devant toi la relique de SSSalazard SSSSerpentard. Tu la veux je sssupose?
- Bien sûr!
- Alors montre-moi à quel point tu la désires, attrape-là donc. Mais je te préviens cela ne sssera pas facile Sssss sssss ssss!
L'apprenti déglutit et regarda un serpent apparaître juste devant la relique. L'animal l'attrapa de son corps souple et fila devant lui, sur une pente glissante. Jack comprit tout de suite ce qu'il avait à faire. De la force de son ambition il démarra au quart de tour et courut derrière le reptile.
L'animal glissait avec rapidité et se mit à entrer dans une grande variété de couloirs plus vastes les uns que les autres en tournant à diverses reprises. Jack garda le rythme, sa baguette trônant dans sa main. Il voyait à peine la queue de l'animal et dut admettre qu'il n'allait pas tarder à le perdre de vue. Il réfléchit tout en courant. Si il était un vrai Serpentard il allait devoir prouver sa fourberie. Et justement il était doué pour ça. D'un sourire joueur, dès qu'il fut en ligne droite, il lança un sortilège de colle-forte.
L'animal se prit dans le piège. Il siffla alors que Jack se rapprochait. Mais le serpent se tourna plusieurs fois sur lui même et réussit à se dégager. Juste au moment où le Serpentard effleura la relique, le noble rampant tourna sur lui même et entra dans un petit tuyau où Jack ne pouvait pas passer.
- Zut.
Le sorcier rebroussa chemin et chercha dans les couloirs un bruit de glissade. Le silence semblait dire que son ennemi s'était arrêté exprès. Le fourbe. Il grogna mais n'abandonna pas pour autant, reprenant sa quête avec avidité.
- Je l'aurais cette relique, elle sera à moi. Par tous les moyens!
Jack se stoppa:
- Serpensortia!
Une douzaine de rampants déboulèrent de sa baguette et à ses ordres ils se mirent à débusquer leur comparse. Pendant ce temps là, le Serpentard posa des pièges un peu partout. De la colle, des filets, des bombes à retardement et des sortilèges de magie noire. Il ne lui fallut que quelques minutes avant d'entendre un premier piège marcher. Une énorme explosion retentit à sa droite. Jack se précipita sur le lieu. Le Serpent n'était plus là, mais il savait que c'était le bon. Ses propres Serpents savaient où étaient placés les pièges.
Il entendit par la suite un sifflement rauque et tourna deux couloirs plus loin avant de voir un filet troué. Il aperçut la queue du serpent qui reprit un trop petit couloir pour lui. Mais il avait bien étudié le lieu comme Raiponce lui avait toujours conseillé de faire. Il prit le bon couloir, baissa sa respiration et attendit à la sortie du tuyau. Le Serpent jaillit avec la relique.
- Uh-uh, trouvé! Répliqua-t-il en pensant à Oaken.
Il sourit sadiquement.
- Glacius Maxima!
Le sortilège de magie noire s'empara du Serpent qui hurla de douleur. Le Serpentard savait ce que faisait ce sort puisqu'il l'avait principalement utilisé lors du tournoi des duos de sorcier. Jack ne savait pas qu'il était dans une illusion mais il ne comptait pas laisser le Serpent s'échapper à nouveau.
Une fois congelé comme l'avaient été ses propres parents, Jack eut un ample remord. Il prit cependant la relique dans sa main.
- La voilà enfin. La relique de Salazard!
Il la fixa avant de retomber dans le néant. Il reprit vie quelques secondes après et se releva. Avec la relique dans la main droite.
- C'était un très beau combat, s'enquit le Serpent. Je ssssavais que tu avais le bon esssprit. Que tu sssserais capable de tout pour avoir ce que tu veux. Même prêt à tuer ton ennemi et à user de fourberie pour ton désir le plus cher. Un vrai SSSSerpentard.
- Je ne suis pas spécialement fier d'avoir tué ce serpent. Mais pour la survie du monde, de mes amis et de mon but ultime je me devais de le faire.
- Un meurtre ccccc'est toujours horrible. Mais je te rassure tout n'était qu'illusion. Quoi qu'il en sssoit, je te la donne, tu la mérites plus que tous ccceux qui sont venus me voir. Pensssant simplement que j'allais leur donner car ils connaissait la magie noire. Cela ne fait pas tout et SSSSSerpentard n'était pas un mauvais sorcier. Personne ne comprend vraiment que SSSalazard était ssssimplement un homme ambitieux. Tel que toi il aurait tout fait pour ses propres idéaux. Qu'ils ne plaisent ou pas c'était ce qu'il voulait pour Poudlard. Tous les SSSSerpentards ne sont pas mauvais comme on le penssse. Tu le ssssais après tout. Nous sssommes juste fiers et allons au bout de nos idées.
Ah Enfin, je vais pouvoir me reposer à jamais. Bonne chance, Jack Frossssst. Tu as hérité d'un lourd fardeau.
Le rampant commençait à disparaître. Jack lui souriait sincèrement:
-Ne vous en faîtes pas j'ai l'habitude des lourds fardeaux et je saurai le porter. J'arriverais à mes fins, vous pouvez me faire confiance.
Le serpent lui sourit puis disparut à jamais dans un sifflement rauque. Jack se sentait léger. Il avait atteint son but, rien ne pouvait davantage le combler. Alors pourquoi, pourquoi à chaque fois qu'il ressentait du bonheur, quelqu'un venait le lui voler...?
- Ah, tu as été rapide. Je suis fier de toi Jack Frost. Tu peux maintenant me donner la relique et je passerais outre ta trahison. Enfin, tu as plutôt intérêt à le faire pour le bien de ton entourage. Haha.
Jack se retourna, une peur sans nom le submergea. Il se retrouva avec deux yeux pleins de malice. Qui le fixaient sadiquement. Jack ne comprit que trop tard qu'il avait encore été piégé. Il serra fortement sa mâchoire. Ca ne pouvait pas se finir comme ça. Jamais!
