Chp 13 : Qui je suis
Dans la caverne gelée, on n'entendait plus un bruit. Le Serpent avait disparu en un dernier sifflement laissant son trésor maudit entre les mains de Jack Frost. Celui-ci en revanche, semblait au bord de la crise de panique. En face de lui se trouvait son pire ennemi. Pitch. L'homme en noir tendait la main pour recevoir la relique tout en continuant de menacer Elena et le château de Poudlard en entier. C'était un dur dilemme car Jack savait que sans sa relique, le monde serait en danger. Il fallait les quatre... De plus, lors de son inconscience, Pitch en avait profité pour lui dérober sa baguette magique.
- Allez Jack, pourquoi réfléchis-tu? Tu n'as pas le choix. Je savais que tu n'étais pas fidèle au maître, je le pressentais.
- C'est pour ça que vous m'avez suivi, siffla Jack entre ses dents. Mais comment saviez-vous pour la supercherie du polynectar? Hans serait donc un traître!?
Pitch rit glacialement. Il commença à tourner autour de Jack qui pointait sa toute nouvelle arme de tous les côtés.
- A Poudlard je savais que tu te tiendrais à carreau même lorsque j'ai appris pour les reliques. Mais tu sais, tu sembles un peu trop confiant par ta magie. Tu croyais que parce que tu avais fermé ton esprit je ne pouvais plus voir dans ton ombre comme avant? A Poudlard je n'y arrive toujours pas mais aussitôt que tu as mis le pied dehors je l'ai ressenti. Comme j'étais sur les mêmes recherches que toi ce ne fut pas très compliqué de te retrouver.
Le Serpentard fixa sa propre ombre puis celle de Pitch qui semblaient reliées. Pitch paraissait presque disparaître lorsqu'il marchait entre les roches de la caverne. Seul son rire résonnait avec force.
- J'avais toujours les yeux rivés sur toi, Jack. Toujours. Et j'espère que ce petit voyage t'auras fait profiter de tes derniers véritables instant de liberté, tonna-t-il. Car maintenant je vais aller retrouver le maître. Et il ne te fera pas de cadeau mais tu le mérites. Oh mais sois tranquille. Il ne te tuera pas. Tu es trop précieux.
Jack tremblait comme une feuille. Comme jamais la peur lui transperçait le ventre de part en part comme des pointes de glace qui lui auraient déchiré les entrailles. Déjà que Pitch était sa plus grande peur, comme les épouvantards le prouvaient à chaque fois mais en plus il était au pied du mur. Quoiqu'il fasse il ne pourrait pas s'en sortir. Pitch dirait tout à Voldemort ou il tuerait Elena. Il pensa brièvement que son seul choix aurait été de le tuer. Mais Pitch était immortel... Du moins en théorie. Il n'en savait pas plus à son sujet.
Son ennemi disparaissait et reparaissait entre ombre et corps de fumée noire. Sur les mus on le voyait marcher sous plusieurs formats de silhouettes. Il riait et se moquait de Jack. Celui-ci se mit à courir pour tenter de l'attraper ce qui ne fit qu'accentuer l'hilarité de son attaquant.
- Oh Jack, je ne sais pas ce que tu croyais en faisant cela mais c'était perdu d'avance. La relique ne t'aurais servi à rien puisque tes amis te détestent. Tu les as trahis après tout. Personne ne t'accepteras jamais à part moi. Tu as fais de mauvais choix.
- Silence.
- Tu seras toujours tout seul et je sais que c'est ta peur la plus profonde car tu connais ma spécialité? C'est de deviner la peur secrète des gens qui m'entourent. On me l'a toujours dit. C'est mon don.
- Je n'ai peur de rien, hurla Jack en lançant un puissant sortilège de glace avec le bâton qui brisa le mur d'en face.
- Oh si tu as peur. Tu ne veux pas être tout seul. Que personne ne fasse attention à toi, que tu n'existes plus.
- Tais-toi!
Il hurla en se prenant la tête dans les mains.
- De toute façon c'est déjà fait. Tu apportes le malheur autour de toi, comme d'habitude. Tu as rendu Raiponce, Mérida, Harold, Elsa et pleins d'autres malheureux. Tu ne seras jamais aimé. Même Elena te déteste en ce moment même. Haha.
Jack lança des sortilèges tout autour de lui sans viser. Il se vida de sa magie.
- Ferme là je te dis...De te taire!
Il sentit son corps fatiguer et perdre son souffle. Pitch avait atteint son but en l'épuisant mentalement et physiquement, il avait déjà gagné.
- Ah mon pauvre Jack, si seulement tu avais choisi mon camp. Tout aurait été plus simple pour toi. Maintenant il est temps de mettre Tom au courant tu ne crois pas?
Le Mangemort fila à travers la caverne qui n'était plus très stable après l'acharnement de Jack. Si il restait ça s'écroulerait avec lui. Pitch le força donc à sortir. Jack rugit et se précipita sur l'ombre de Pitch. Il ne remarqua même pas le trajet qu'il prenait. Suivant le corridor de la sortie. Puis il se retrouva au toboggan qu'il remonta difficilement. Un véritable morceau d'escalade qui finit par l'achever.
Arrivant dehors il posa un genou au sol. Pitch dont le noir de son corps ressortait avec la blancheur de la neige brillante, attendait les mains dans le dos. Manipuler Jack était un jeu d'enfant, et ce depuis toujours. Depuis qu'il était enfant et qu'il lui avait donné ce livre par fourberie. Facilement influençable, Jack avait fini par tuer sa propre famille et se faire détester du monde entier. C'était trop facile.
Pitch le regarda avec douceur:
- Je sais ce que c'est que d'être rejeté de tous parce que nous sommes différents. Toi et moi sommes pareils.
- Non nous ne sommes pas semblables!
Jack hurla et recommença à se battre avec le bâton de Serpentard. Pitch lui répondit de sa baguette noire. Il sortait des sortilèges de sable ébène qui s'entrechoquaient et formaient des sculptures magnifiques entre glace et noirceur.
- Rien ne nous oblige à demeurer seuls Jack. Car moi je crois en toi et tous les autres Mangemorts le feront à leur tour.
- ... C'est...
- Regarde donc ce que notre union peut donner! Rien ne se marie mieux que le froid et les ténèbres! Nous obligerons le monde à nous voir et à nous respecter. Il ne pourront plus détourner les yeux de Pitch et Jack, le duo invincible!
Le Serpentard fixa la sculpture avec envie. Il était vrai que leur profonde magie était complémentaire et tous deux méritaient d'être de vrais héritiers de Serpentard. Ambitieux et fourbe. Mais Jack recula d'un pas comme si il sentait la menace:
- Non! Le monde aura peur de nous. Je ne veux pas qu'il me regarde avec angoisse comme le seigneur des ténèbres. Je veux qu'il sourit et m'accepte! Alors une bonne fois pour toute, laisse-moi tranquille!
Pitch perdit son sourire et fronça les sourcils.
- Bon fais comme tu l'entends. Tu préfère être seul? A ta guise. Mais je vais m'arranger pour que tu ne me mettes plus de bâton dans les roues.
Il prit sa propre baguette d'une main puis celle de Jack qu'il avait subtilisée de l'autre. L'apprenti en avait complètement oublié le fait qu'il ne l'avait plus. Pitch usa d'un sortilège de magie noire et celle-ci brûla dans les ténèbres pour disparaître en une poussière qui s'envola avec le vent. Jack avait les yeux ronds. Sa précieuse baguette... A jamais réduite en bouillie. Il regarda la poudre noire retomber dans le fossé derrière lui. Son cœur se brisa à nouveau, si tant est qu'il pouvait encore être entier. Pitch lui décocha un sourire de victoire. Puis de sa propre baguette il le mit en joue.
- Je pense que se battre contre moi était perdu d'avance mais tu aurais au moins pu me rendre les chose plus difficiles. Ce n'est pas drôle, railla le Mangemort. Bombarnum Blacksand Maxima.
Jack eut le réflexe de se protéger avec son bâton mais c'est exactement ce que Pitch attendait car ce sortilège avait pour but de détruire la relique. Le crédule Serpentard pensait que celle-ci était invincible. Or, durant ces derniers mois Pitch avait bien étudié le sujet et avait trouvé un sortilège contre mesure. Fatalement, le bâton se brisa en deux morceaux.
- Je sais que tu ne me la donneras pas mais maintenant elle est inutile. Tu as perdu Jack, tout perdu. Sans la relique et ta baguette tu ne peux même plus espérer quoi que ce soit. Adieu mon bon élève. Tu as échoué d dans la vie. Tu n'es qu'un ramassis de malheur. Expelliarmus.
Jack fut projeté dans le fossé. Il était si faible et décontenancé qu'il ne résista pas un seul instant. Une larme roulant sur sa joue il s'écrasa contre le mur du fond et tomba en piquet sur le sol neigeux.
Pitch rit une dernière fois en regardant son assaillant avec deux morceaux de reliques brisées en main. Il aurait un bon rapport à faire à son maître. En passant il devrait tout reprendre à zéro avec Elena. Peut-être en se changeant en Jack sous polynectar? Il en rit encore plus fort et se détourna du gouffre. Jack Frost était désormais fini.
Le jeune sorcier resta inerte sur le sol. Il n'était pas inconscient mais n'avait plus la force de se lever. Il ne ressentait même pas la douleur de ses membres endoloris. Il regardait dans le vague. Seul, au fond d'un trou, alors que la neige le recouvrait doucement. Qu'avait-il espéré après tout? Ca n'avait toujours été qu'une suite de malheurs dans sa vie, cela n'allait pas changer maintenant. Les larmes s'écrasèrent en morceaux de glace.
- Je ne suis rien du tout. Je suis transparent.
Dans sa tête ne cessait de tourner en boucle les paroles de Pitch. C'est alors que de sa poche, glissèrent les poupées russes en bois. La grosse figurine sans visage roula dans la neige. Jack la fixa alors qu'elle se stoppa conte la paroi rocheuse. Il tendit le bras et s'en saisit machinalement. Il la fixa alors qu'apparaissait devant lui - par magie - un visage larmoyant. Il se releva un peu et se posa contre la roche.
- C'est comme ça que l'on me voit. Triste et solitaire.
Jack repensa aux paroles du vieux russe. Son cœur semblait se réchauffer un peu à cette pensée fugace. Il ouvrit alors la poupée pour en trouver une plus petite. Toujours aucun visage.
- Je dois deviner n'est-ce pas... C'était ça son but. Bof de toute façon je ne suis rien et je ne peux plus rentrer chez moi, à quoi bon...
Il fixa la poupée. Il repensa brièvement au bonheur qu'il avait connu par le passé. A quel caractère lui correspondait le mieux sous ses couches à lui. Puis le morceau de bois s'anima. Le visage qui le regardait était riant et expressif.
- Oui, je suis aussi un grand pitre, quand je suis heureux. Et espiègle.
Il commença à se prendre au jeu et ouvrit la suite. Le petit bonhomme avait déjà une face avec des cœurs dans les yeux.
- C'est vrai je suis aussi amoureux, romantique et sentimental.
La suivante avait un regard dur et semblait tendre la main.
- ... Je suis... Oui protecteur avec ceux qui m'entourent. Je tends la main à mes amis quoiqu'il m'en coûte.
L'avant dernière poupée montrait un homme à la face déterminée, avec dans la main des parchemins et une baguette.
Jack le regarda de côté pour l'interpréter.
- Oui au fond je suis aussi ambitieux, et je veux de grandes choses. J'aime étudier pour mon avenir. J'adore la magie et je voudrais tout connaître de sa conception.
Enfin il des-emboîta le dernier, avide de savoir. Malheureusement le minuscule morceau de bois restait vierge. Jack soupira lacement. Comme si la réponse serait si simple.
" Qu'est-ce qui t'anime au fond Jack Frost? Qui es-tu réellement? "
Les paroles du vieux fabriquant de jouet résonnèrent plusieurs fois en lui. Il avait beau réfléchir, ce n'était pas évident de se connaître soi-même. Surtout dans cette situation. Il ferma les yeux et commença à revoir son passé. Il se contempla enfant. Il se souvint avoir été heureux avec Elena et ses vrais parents. Sa maman aux longs cheveux bruns et yeux marrons qui lui souriait en lui préparant des gâteaux. Son père qui rentrait le soir avec des cheveux courts auburn et les yeux d'un bleu éclatant, comme les siens et ceux d'Elena. Puis il se souvint de la tragédie. De la solitude et de la douleur chez les Malefoy qui ne le regardaient pas. Enfin ses pensées s'attardèrent sur Poudlard. Tout à coup ce fut comme une renaissance. Il se surprit à sourire. Imaginant ses amis tous présent et lui même sous le cerisier en fleur. L'arbre comportant leurs initiales comme il l'avait fait récemment. Les Malefoy lui souriaient aussi. Même Drago lui faisait des signes de mains. Il était bien entouré...
Jack rouvrit les yeux. Il eut comme une révélation. Au fond la seule et unique chose qui l'animait, ce n'était pas son ambition ou sa fourberie. Tout au fond de lui se cachait un précieux trésor. L'amitié et l'amour.
Le dernier visage s'anima. Il avait des yeux joyeux mais surtout un long très long sourire qui s'étendait sur tout le morceau de bois. Sur les côtés apparurent également des autres petits morceaux de bois qui semblaient collés à lui. Jack le contempla en le touchant.
- Ce qui m'anime au fond de moi c'est d'être avec mes amis! De les voir tous en bonne santé, rire et sourire. Qu'ils soient heureux avec moi. Je veux tout faire pour qu'ils soient en sécurité. Oui c'est ce que je suis au fond, un gardien. Un gardien du sourire. Je veux les rendre tous heureux. Qu'on soit ensemble à rire de bonnes blagues.
Il repensa au vieux sorcier qui aimait voir le sourire des enfants déballer ses jouets. C'était un peu pareil finalement. Il voulait protéger et voir le sourire de ses amis. C'était la seule chose qui réchauffait son cœur et le rendrait à son tour heureux.
"Es-tu heureux? "
Jack soupira et se releva douloureusement.
- Non je ne suis pas heureux parce que je n'ai pas encore accompli mon devoir. Je vais sauver et protéger mes amis. Car c'est ça qui m'anime au fond et c'est ça qui m'apportera le vrai bonheur!
Il serra le poing et sourit en contemplant la neige. Tout à coup il ne comprenait pas pourquoi quelques instants plus tôt il avait eu peur de Pitch et de ses dires. Il n'y avait rien à craindre. Il avait son ambition sans faille pour le porter là où il voulait. Auprès de ses amis qui souriraient car ils auraient tous gagné la bataille!
Jack se saisit de la relique avec ferveur. Il n'avait plus de baguette certes mais il y avait toujours ce bâton. Et il était du même sang que Salazard non? De la même trempe aussi. Les deux morceaux dans la main il usa de la magie cachée tout au fond de lui. Et les planta l'un contre l'autre. Il hurla:
- Reparo!
Le bout de bois crochu s'illumina d'une forte lumière bleue glacée. La magie s'empara de la relique dans un froid polaire. C'est alors qu'un flash apparut. Jack avait fermé les yeux. Quant il les rouvrit, le bâton était entier et semblait fébrile. Comme si il venait de ressusciter le bâton avait encore plus envie que Jack soit son propriétaire. Maintenant que son ambition était claire et nette. Jack sourit puis sans réfléchir il se lança en l'air.
C'est là qu'une autre surprise l'émerveilla. Alors qu'il s'élevait de plus en plus haut dans le ciel, il n'eut pas besoin de se rattraper sur la paroi. Non il volait. Sans balai, juste avec sa magie il réussissait à voler! Sachant qu'aucun sorcier n'en avait la capacité. A part, Lord Voldemort. Ce n'était pas son petit neveu pour rien. Le Serpentard ne se mit plus à réfléchir. Il fonça dans les airs puis se dirigea droit vers les traces de pas de Pitch. Apparemment celui-ci n'avait pas transplané. Sûrement qu'il allait vers la maison du fabriquant de jouets pour le tuer.
- Ca! Jamais! Pas tant que je serais en vie!
Rapidement il fila dans les airs comme un faucon sur sa proie. Faisant des pirouettes et profitant également de la vue et du bien-être de voler avec son propre corps. Il ne mit que très peu de temps à rejoindre la maison du vieil homme dont un combat faisait rage. Ni une ni deux, de son bâton, il fit un énorme trou dans le mur et entra dans la bâtisse où il trouva Pitch et le Père Noël face à face, les baguettes tendues.
- Toi, répliqua Pitch les yeux exorbités. Impossible!
- Oh Jack, content de te revoir si tôt, Gloussa le russe.
Les deux le regardèrent alors qu'il volait. Pitch avait l'impression de voir Tom Jedusor face à lui ce qui le décontenança. Même le regard de Jack était similaire. C'était impossible que le bâton soit toujours entier... Que Jack ait un moral si solide... Et surtout qu'il vole sans balai!
- Ce qu'il faut savoir de moi c'est que ce qui m'anime au fond est très très précieux. Pour le sourire de mes proches, jamais je ne flancherais. Telle est mon ambition, tel est ce que je suis!
Le russe applaudit, ravi de voir la réussite de Jack. Il l'avait senti que l'apprenti cachait un cœur exceptionnel et une volonté sans faille. Un être bon et protecteur, un vrai gardien comme lui même l'était avec les enfants.
- Si tu penses que ça va changer quoi que ce soit que tu voles.
Pitch lança un Endoloris en l'air que Jack évita facilement. Le sourire qu'il affichait décontenança le Mangemort. Jack le pointa à nouveau de sa baguette.
- Je ne serais jamais comme toi. Et j'en suis bien heureux. Glacius Maxima!
Pitch grogna et se protégea du sortilège de sa propre création. Heureusement qu'il le connaissait. Le combat s'engagea alors.
- Votre aide est la bienvenue monsieur!
- Pas de soucis, j'allais justement te le proposer!
Jack et le sorcier se sourirent. Il n'avait pas besoin d'être seul pour l'affronter après tout.
Ensembles ils se battirent de toute leur force magique. Malgré la puissance colossale de Pitch qui tirait des flèches de sable noir, celui-ci se trouva en difficulté. Il voulut transplaner quant il se sentit en infériorité mais le russe avait un sortilège interdisant cela autour de sa maison. Il en gloussa quand il vit que le Mangemort râlait. Jack profita de ce moment d'inattention et de surprise pour passer derrière lui.
- Expelliarmus!
Un vent glacial envoya la baguette de Pitch au loin. Son ennemi jura .
- Accio Baguette!
La baguette sauta en l'air mais le russe l'intercepta malgré le fait que celle ci lui brûlait la peau. Au même instant, Jack vida entièrement le reste de sa magie que la baguette-relique dévora goulûment. Elle rayonna d'un bleu aveuglant faisant concurrence à ses yeux de saphir. Pitch et l'allié du Serpentard se cachèrent les yeux alors qu'un son de cloche tel le jugement dernier résonna. Puis, d'une force incommensurable, Jack relâcha toute la puissance de son sortilège de glace.
Le sortilège frappa Pitch de plein fouet qui cria avant de se faire engloutir dans la glace fraîche. Retombant au sol, Jack regarda le résultat. Le Mangemort était congelé dans un bloc de glace à la dureté incassable du diamant. Il avait une expression de terreur dans les yeux et la bouche ouverte ainsi que les mains en avant.
Le russe toussa et s'épousseta vu la neige qui lui était tombé dessus. Il fixa le bloc de glace en sifflotant d'envie:
- Ca c'est de la magie ou je ne m'y connais pas. Je n'ai que rarement vu une puissance pareille.
- C'est... Grâce à la relique, répliqua Jack au bord de l'évanouissement.
- Oui mais pas seulement. C'est aussi parce que tu as une force unique en toi. De l'ambition et de l'amour.
Jack lui sourit, ses lèvres s'étirant aussi largement que possible puis tomba dans les pommes. Le russe en eut une larme à l'œil. En à peine deux jours Jack avait fait plus d'efforts que quiconque mais surtout il avait trouvé son vrai lui et sa joie le montrait. Il pouvait maintenant se reposer sereinement sous les yeux protecteurs du Père Noël.
Quant Jack refit surface, quelques jours plus tard, il se sentit reposé. Sa magie avait mit un moment à le remettre d'aplomb. Le vieux sorcier qui était en plein travail vit Jack arriver, encore plus palot que d'ordinaire, mais avec un grand sourire. D'un geste il envoya tout valser pour le prendre dans ses bras. Le Serpentard était un peu gêné mais cela lui plaisait bien. Une fois fait Jack eut tout loisir de raconter ce qu'il lui était arrivé pendant son expédition de la relique. Il parla de son test, de Pitch, de son mal pour trouver l'entrée.
Puis ensuite il partit même sur Poudlard. Parlant de ses amis, des cours, du bonheur d'être dans une grande famille. Le vieux sorcier ne lui cacha pas qu'il y était allé il y avait très longtemps, quasiment à l'époque de Dumbledore. Il avait même apprit tristement son décès dans la gazette. Plus tard encore, Jack s'exprima ouvertement sur son passé comme si maintenant ce n'était plus qu'un petit caillou sur son chemin. Jamais il ne s'était senti aussi libéré. Il voulut remercier le russe d'une quelconque manière mais il refusa promptement. Son sourire était sa récompense qu'il disait. Ce que Jack fit tout le long de la semaine où il resta au château des jouets.
Cependant il dut se rendre à l'évidence qu'il devait retourner tôt au tard à Poudlard. Maintenant que tout était réglé. Le russe lui donna donc une dernière accolade et l'entassa sous des tonnes de conseils pour l'avenir.
- Tu sais, tu m'as motivé Jack. Je pense rejoindre ce fameux Ordre du Phénix. Je vais rentrer à Londres dès demain, je te raccompagne si tu veux.
- Avec joie! Mais vous êtes sûr? Et votre boutique?
- Oh les elfes sauront la gérer en mon absence. Je peux bien prendre des vacances moi aussi, rit-il dans sa barbe.
- C'est loin d'être des vacances, enchaîna Jack tout sourire.
- Hé hé ça dépend de la vision des choses.
Le lendemain, ils partirent donc à deux. Jack se dit que le chemin serait long avant de rejoindre les terres de Londres mais le russe avait plus d'un tour dans son sac. Il sortit une de ses inventions qui faisait office de portoloin sans être détecté par le ministère de la magie. Jack en fut impressionné. Le fabriquant de jouets lui montra le globe.
- Prends-le, ça va être rapide.
- Bien.
Jack se saisit de l'objet et une minute plus tard un tourbillon les envoya dans un abime sans fond. Puis en quelques secondes ils finirent par atterrir dans un sous bois de Londres. Jack était tombé par terre lors de l'atterrissage. Il s'épousseta:
- Efficace en effet. Alors vous allez à l'ordre maintenant?
- Oui même si je ne sais pas trop où chercher.
Jack approuva de la tête:
- Je vous conseille d'aller à l'île de Beurk. Un homme, le chef du village, est membre de l'ordre. Bien sûr je ne sais pas trop si il est encore là-bas mais je sais que l'île est protégée par de puissants sortilèges de protection anti mage noir.
- Je vais m'y rendre de ce pas.
- Merci pour tout... Vous savez selon une amie, la résistance est déjà finie. Dans le cœur des gens en tout cas mais il restera toujours des résistants comme moi et mes amis. Alors je suis content qu'il y en ait un en plus.
- Et moi je suis ravi de protéger les enfants de ce monde, répliqua-t-il avec ferveur. Puis je suis contre la domination des sorciers. C'est stupide nous sommes tous égaux. Un enfant qui sourit peut être de n'importe quel sang, ce sera toujours une âme innocente.
- Tout à fait, répondit Jack. En tout cas j'espère que Pitch restera scellé dans votre manoir...
- Espérons oui, ça devrait aller. Bon, on va devoir se dire au revoir maintenant. Des Moldus approchent.
Jack approuva de la tête et lui tendit la main:
- Bonne chance à vous. Je vais rentrer au château. Je les protégerai tous.
Le russe lui sera la main un peu trop fortement.
- Très bien. A bientôt Jack Frost. Et si une envie t'en prend tu pourras toujours m'écrire.
- Merci. A bientôt!
D'un geste de la main ils se quittèrent. Cela fit un petit pincement au cœur de Jack qui s'était attaché à lui. Mais maintenant il fallait rentrer. Avril avait débuté. Il ne fallait pas que son absence se fasse remarquer à Pâques qui débuterait le neuf cette année là. Qui sait si Voldemort ne lui demanderait pas de venir le revoir...
Mettant sa cape d'invisibilité, Jack se rendit à Poudlard. Une fois là-bas il passa par les grilles et s'engouffra comme de rien n'était dans les couloirs. Il se dirigea directement dans la salle commune et attendit qu'Hans revienne. C'est ce qui arriva une demie-heure plus tard. Jack fut surpris de se retrouver face à son sosie parfait. Il ôta sa cape d'où Hans hurla si haut dans les aigus qu'on aurait dit une fille. Jack pouffa de sa surprise. Elsa arriva sur ses entrefaites et pleura de joie en revoyant son ami, sain et sauf. Elle le serra dans ses bras sans vouloir le lâcher. Il lui sourit chaleureusement.
Celle-ci remarqua aussitôt ce changement d'attitude qu'elle approuva. Il semblait vraiment heureux. Oubliant tout le reste et Hans reprenant son apparence , ils parlèrent le restant de la journée. Tant pis pour les cours ce n'était pas important. Jack raconta son parcours et ses ennuis avec Pitch. Puis Hans et Elsa parlèrent de la fin de la résistance avec les maigres forces qu'il restait. Ils évoquèrent aussi l'armée rebelle qui venait tout juste de se faire punir par Severus Rogue. Les Carrow qui leur apprenaient les trois sortilèges impardonnables sur des Moldus. Enfin cela ne changea pas beaucoup du reste de l'année. Enfin une fois la nuit venue, Jack croisa Elena dans le salon. Il la stoppa et la serra dans ses bras. Elle voulut le repousser mais il n'en fit rien. Il lui expliqua alors que bientôt elle aurait droit à la grande conversation qu'elle attendait tant. Elena en pleura de joie et serra fort son frère à son tour. Elsa semblait ravie de la situation. Tous purent se coucher comme si rien ne s'était passé. Sous le nez des Mangemorts. En espérant tout de même que la disparition de Pitch n'allait pas alerter Lord Voldemort.
Pâques arriva alors que le redoux continuait sa course. Cela redonna beaucoup d'espoir à ceux qui se sentaient dépressifs. Tout le monde retrouva un peu de joie de vivre. Sans parler de Jack et Harold qui avaient déjà retrouvé leur bonheur ainsi que Raiponce qui bossait à fond dans son élément. Seule Mérida déprimait encore. Malgré le soleil qui transperçait les nuages et sa relique en main, la rouquine ne cessait de penser à Elinor. Surtout depuis la réconciliation entre Harold et sa mère Valka. Ce qu'elle aurait donné pour que cela se passe pareil dans son cas. Qu'elle retrouve Elinor, la serre dans ses bras et qu'ensembles elles se comprennent à nouveau...
Mérida en avait gros sur le cœur. Un jour elle décida de rejoindre Raiponce dans la fosse à l'alpha. Celui-ci la fixa de ses yeux bleus clairs. Il la regarda s'installer entre les feuilles que la blonde avaient étalé par terre.
- Alors, ça avance?
La blonde ne la vit pas tout de suite. L'Alpha lui souffla de la glace pour qu'elle réagisse. Elle sursauta et se retourna vers le dragon et son amie.
- Oh désolé je ne t'avais pas vue... Je suis à fond, je crois toucher au but là!
- Ah c'est génial alors! Bientôt on aura tous notre relique et on pourra en finir avec cette fuite sans fin.
- Tout à fait, lui sourit la blonde. Et puis on aura des choses à régler aussi. Avec Jack par exemple.
- J'adore comme tu as réussi à te calmer sur lui. On peut en parler et prononcer son nom sans que tu te mettes en colère ou que tu pleures.
La franchise de Mérida était toujours aussi piquante. Mais Raiponce trouvait que c'était une grande qualité.
- Oui j'ai réussi à dépasser ma peine. Ce voyage, ces questionnement, ces aventures... Tout ça m'a fait réfléchir. Après tout Jack nous as aidés pour les plans de la BIM, et vous a offert des cadeaux par hibou. Je me demande ce qui lui passe par la tête. Et je le saurais tôt ou tard on le mettra devant le fait accompli.
Mérida la prit dans ses bras:
- Tu as bien raison. Je serais avec toi.
- Merci.
La Gryffondore la relâcha. Elle fixa le ciel:
- Moi je me sens plutôt mal... Ce que j'ai fait à ma mère. Et depuis elle est en danger permanent. On ne la même pas revue depuis ma relique. Tout est de ma faute. J'espère qu'ils ne l'ont pas tuée...
Raiponce referma son calepin:
- Ce n'est pas entièrement de ta faute voyons. Certes tu lui as donné une potion suspecte mais le reste c'est de la faute de Tu-Sais-Qui et des Dunbroch. J'y ai réfléchi tu sais. Je pense que ta mère a subi une malédiction.
- Hein? Tu crois que c'était une potion maudite?
- Non je ne pense pas... Mais au vu de la prophétie qu'on a reçu et de la phrase qui te concerne, je pense que ta mère a subit une malédiction et que tu dois la surmonter. C'est ce que disait le destin en tout cas.
- Oh j'avais oublié ça.
Raiponce rangea tout son foutoir. Elle se releva et s'étira.
- Je voudrais bien t'aider, je vais réfléchir à un moyen de percer le secret de ta malédiction d'accord? En attendant essaye de préparer notre départ qui ne devrait pas tarder. J'ai une très bonne piste, répliqua la Serdaigle. En tout cas si tu veux mon avis, il y a un lien entre Mordu et Elinor. J'en mettrais ma baguette au feu.
Mérida imita la blonde et lui sauta dessus en l'enlaçant:
- Merci, Merci! Tu as raison, je ne me laisserais pas abattre! Il faut que je trouve un moyen de la sauver!
Elles se firent un grand câlin et repartirent bras dessus bras dessous pour se promener parmi les dragons.
Les jours suivants, Mérida et Raiponce se motivèrent à passer la deuxième. La temps passait bien trop vite. Harold restait quant à lui avec Valka pour assurer la sécurité de l'île. Krokmou en profita pour connaître Jumper et s'amuser avec les autres volatiles. Fumseck pour sa part restait dans les hauteurs à se reposer et à partir chasser quand il avait faim. Toute la petite troupe passait de longues soirées au coin du feu à parler du monde de la magie et de Beurk. Sans oublier les dragons bien sûr.
Un matin cependant, quant Harold et sa mère revinrent d'une ronde avant le déjeuner. Ils trouvèrent les filles à parler vivement en pointant la carte du doigt.
- Vous semblez hystériques, répliqua le dragonnier en haussant un sourcil.
Mérida lui fit un faux regard noir et lui tira la langue.
- On a trouvé le potentiel lieu de la relique de Serdaigle, répliqua la blonde euphorique.
- Ouah! Vous n'avez pas chômé, Dit Harold impressionné. J'espère sincèrement qu'on est sur la bonne voie alors. Plus j'entends Potterveille plus j'ai peur... Il faut absolument arrêter Voldem...
- Chut! Hurla Mérida en lui sautant dessus. Tu sais bien qu'on ne dit pas son nom!
- Ah... Pardon... J'oublie toujours le Tabou. Tu m'as fait flipper!
- Ouais ben je préfère ça plutôt que d'avoir une armée de Mangemort à nos portes.
Valka s'incrusta:
- Je pense qu'ils savent déjà que vous êtes là. Drago Point Sanglant à forcement dû les mettre au courant. Mais comme ils ne peuvent pas transplaner où passer la barrière sans y être invité. C'est une ancienne magie que possède l'île.
- Un peu comme Poudlard et Gringotts alors, sourit son fils.
- Entre autre oui, répliqua Raiponce. Enfin quoiqu'il en soit, on va pouvoir bouger. J'ai déjà tout noté.
- On en doute pas, rit Mérida. Moi aussi j'ai tous les bagages de prêts. Il ne manque plus qu'à y aller.
- Yeah!
Valka en profita pour préciser qu'elle allait retourner sur Beurk avec tous ces dragons. Son fils en fut ravi car Stoick enfin allait pouvoir revoir sa femme. Mais il se demandait quelle réaction allait faire son père face à l'armada entière de dragons sur son île. Quoi qu'il en soit, les sorciers et la Cracmole décidèrent de passer une dernière soirée ensemble. Une soirée festive. Ils trinquèrent tous à leur aventure et leur succès. Ils se promirent de tous se donner à fond, pour qu'enfin le calme revienne sur le monde.
