Hey hey ! Merci à Hudgi Ny pour son com, et oui, Oracion seis est remplie de grand blessé, merci aussi à Mizukori, courage mon petit, tu peux faire une fic, je le sais ! Concernant ce chapitre, héhé, tout d'abord, je cite le projet L-P. Pas la peine de cherchez ce que c'est, ça concerne le passé de Cobra que j'ai inventée. Ensuite, il y a "ça". Si il y a des perspicaces parmi vous, je les prierais de bien vouloir ne pas formuler leur hypothèse dans les coms, ça serait pas très sympa pour les autres... Par contre, vous pouvez m'en parler par MP, je serais ravi de vous induire partiellement en erreur 8D . Sinon, une petite parenthèse pour ce qui est de la chanson. Elle a l'air d'avoir beaucoup plu, donc je l'ai un peu continué. Vous l'aurez en entière plus tard, sachez simplement qu'elle contient pas mal d'indice sur mon Cobra (puisqu'il semblerait que son caractère varie beaucoup d'une fic à l'autre, celui-là, c'est mon mien) et son passé. Sur ceux, bonne lecture. Aucun personnage ne m'appartient, je le redis on sait jamais, et n'hésitez pas à commenter, ça fait toujours plaisir !
Il y a des gens physiquement différent des autres, ou qui ont un passé difficile, ou encore qui traînent un lourd fardeau derrière eux. Toutes ces personnes ont sûrement eu à supporter à un moment de leur vie le poids des regards, qu'ils soient moqueurs, méfiant ou méprisant, et elles ont éventuellement mise au point quelques trucs pour ne plus avoir à supporter une telle chose.
Cobra possédait un éventail de ces techniques assez large, et avait une certaine… expérience pour ce qui était de supporter le jugement des autres. En partie à cause de la tour du paradis, où les gardes voyaient les esclaves comme de vulgaires objets que l'on jetait lorsqu'ils étaient cassés, en partie à cause de Racer, qui n'avait jamais compris qu'on puisse faire d'un reptile son ami et qui avait, de fait, toujours observé son coéquipier comme un monstre de foire, et puis en partie aussi à cause du reste, qu'il préférait oublier. Mais jamais, au grand jamais, dans toute la malheureuse vie qui avait été la sienne, il n'avait expérimenté le regard mi-haineux mi-méfiant d'un gamin qui ne vous lâche pas d'un centimètre, persuadés qu'il est (à raison) que vous faites partis d'une guilde sombre et qu'il va trouver LE détail qui le prouve, du-t-il en mourir. Même la technique suprême de camouflage, celle qui consiste simplement à enfoncer les mains dans ses poches, à abaisser les épaules et à prendre ce regard simple qu'on les gens dans leurs tâches quotidiennes et qui indique clairement qu'ils ne font rien d'extraordinaire, n'avait pas marché. Et pourtant, Cobra maîtrisait à la perfection la chose. Il en avait dupé, des gens, juste comme ça. Des bourreaux du R-system à ceux du projet L-P, des chasseurs de tête aux gars des guildes officielles, des types de la brigade magique à ses propres coéquipiers. À ses propres coéquipiers oui, ça lui était arrivé plusieurs fois de croiser Hot-eyes ou Midnight en plein milieu d'une ville sans qu'ils ne le reconnaissent. Il avait même réussi étant enfant, alors qu'il rentrait penaud d'il ne savait plus quelle mission, à attendrir Brain quelques minutes, si, il l'avait fait, et juste avec ce petit truc. Pour autant, Roméo ne l'avait pas lâché depuis plusieurs heures, et ce malgré toutes les tentatives du dragon slayer pour qu'il s'occupe de ses affaires. Plus collant qu'un chewing-gum sur une tong.
Les cloches de la cathédrale de Magnolia sonnèrent quatre heures au loin. Cobra s'arrêta un instant de marcher, levant les yeux. Il longeait depuis quelques minutes le court d'eau qui parcourait la ville commerçante. À sa gauche des maisons de pierres pourvues d'armature en bois se dressaient, à sa droite, le canal s'écoulait tranquillement, enjambé ici et là par un pont. Au-dessus de sa tête, le soleil d'Octobre brillait dans un ciel sans nuages. Quelques arbres avaient commencé à jaunir, et même si il faisait encore doux, le froid viendrait bientôt. Si le charmeur de serpent comptait bien, il était à Fairy tail depuis cinq jours, et Roméo avait noté une dizaine de chose qu'il croyait suspecte sur un petit carnet. Cobra reprit sa marche, et le bruit de ses pas fut bientôt suivi par celui, plus rapide, de la course du gamin. Le dragon slayer, voyant qu'il n'arrivait pas à décoller la boule de gum, c'était laissé suivre, mais en adoptant une allure assez vive pour que l'enfant soit obligé de trottiner. Histoire d'en rajouter, il s'arrêtait le moins possible, le môme commençait donc à sérieusement peiné. Cobra bifurqua à gauche, empruntant l'artère principale de la ville. Au fil de ces pérégrinations, il se retrouva sur la place du marché, envahit par un brouhaha joyeux. Des foules d'odeurs vinrent titiller ses narines, et le bruit des marchands hurlants à qui mieux mieux, sous la bâche tendue et colorée de leur stand, envahit ses oreilles. Roméo respirait bruyamment, mieux valait le faire souffler un peu avant qu'il ne meure définitivement. Certes, Cobra n'en avait rien à faire de tuer un enfant, quoique ce fût un poil immoral, mais ça aurait désolé Laki et Readers. Le brun, trouvant une caisse vide et propice à servir de siège, s'installa tranquillement et tendit l'oreille, plus par habitude que pour récolter des informations. L'expérience lui avait appris qu'il valait mieux être au courant avant l'ennemi de certaine chose, et puis il devait avouer que les rumeurs le faisaient bien rire, des fois.
- Tu as entendue la dernière ? Pépia une grosse femme en robe rose à fleur.
- Le nouveau membre de Fairy tail ? Lui répondit une dame portant ce qui devait une peau de renard autour du cou.
- Mais noooooonn ma chérie, ça tout le monde le sait ! Il parait d'ailleurs qu'il a une voix de bronze à tomber, et que c'est un brun très musclé ! Non, moi je te parle de cette bande de vauriens qui rôderait dans les environs. On dit qu'ils sont trèèèèès dangereux !
- Bah, Twillight Ogre nous en débarrassera en deux temps, trois mouvements ! Intervint une grande échasse à la voix aigue. Au fait, il est si musclé, le nouveau de cette sale guilde ?
- Alors là…
Cobra frissonna. Il reporta son attention le plus loin possible du trio de pies, espérant oublier que des femmes d'un âge certains était en train de fantasmer sur son corps. Dans la foule, il repéra un homme à l'allure distingué, portant monocle et moustache et entièrement vêtue de violet. Il s'appuyait sur une canne finement sculptée, ornée d'un pommeau étincelant, et semblait pressé. Le dragon slayer s'apprêtait à le suivre, histoire de savoir ce que ce singulier personnage pouvait bien faire ici, mais il saisit un bruit plus intéressant. Tournant la tête, il distingua à travers la foule Readers, qui se dirigeait dans sa direction. Roméo le suivait, toujours méfiant. Lorsqu'ils arrivèrent aux niveaux du dragon slayer, le dessinateur releva un instant son haut de forme.
- Bonjour. Comment vas-tu Cobra ?
Le dragon slayer eu un vague sourire et répondit à la question posée par un haussement d'épaule. Readers était vraiment un cas à part dans Fairy tail. Les autres mages avaient tous plus ou moins un grain, mais l'artiste semblait toujours calme et apte à écouter, et puis il y avait cette façon qu'il avait de saluer les gens. Il tranchait net avec la guilde toute entière.
- Nous allons au banquet du maire, j'aimerai m'assurer que rien ne viendra le gêner. Tu nous accompagnes ?
Cobra hocha tranquillement la tête. Avec un peu de chance, il y aurait de l'action, ça lui permettrai de se dérouiller.
Sur la place de la cathédrale Caldia, joyaux de l'architecture gothique, avait lieu un banquet annuel qui fêtait l'anniversaire de la ville de Magnolia. Devant l'immense et vénérable monument de pierre qui semblait tutoyer les nuages, on avait installé de vastes tables aux nappes blanches comme neige sur lesquelles étaient disposés petits fours et coupes de champagne. Le maire, un grand homme un peu ventru, était debout sur une estrade de bois, prononçant son pompeux discours un verre à la main. Il avait revêtit pour l'occasion un costume deux pièces d'un bleu ciel, symbole de sa sagesse, et plaqué ses cheveux en arrière à l'aide d'une forte dose de gomina. À sa droite se tenait un élégant personnage tout de violet vêtu, s'appuyant sur une magnifique canne. Il s'agissait du Grand Comte de Tasmia, dont on disait qu'il avait des liens avec le roi lui-même, alors le maire faisait tout pour l'impressionner afin d'accroître le prestige de la cité marchande, même s'il savait que sa seule présence avait conquis l'homme de vanter les mérites de la ville au dirigeant du pays. Dans l'énorme foule à ses pieds et qui semblait l'observer avec admiration, il savait que des agents de Twillight Ogre veillait au grain. Il avait confiance en eux, s'ils n'avaient rien repéré, alors c'est que personne ne souhaitait se débarrasser du Comte ou pire, de lui. Et pourtant, le maire savait qu'il était un personnage important sur la scène politique du royaume et donc qu'il avait des ennemis.
- … Et c'est pourquoi je vous réunis, mesdames et messieurs, afin de fêter dignement cet important anniversaire, si symbolique, et qui représente à lui seul la joie de vivre de notre chère cité. Je voudrais remercier les fabuleux membres de Twillight Ogre, qui protège avec tant d'ardeur nos doux foyers, ainsi que notre charmant invité, le Grrrrrand Comte de Tasmia, qui dans sa mansuétude a accepté de nous offrir un peu de son précieux temps. Je terminerai en vous saluant tous !
Achevant ainsi son discours qui fut suivi d'un tonnerre d'applaudissement et de viva, le maire se retourna, tout sourire, vers l'élégant personnage. Celui-ci, d'un geste, l'invita à emprunter les marches de bois en premier. Voyant là un signe d'entente, le fastueux personnage épongea à l'aide d'une serviette la sueur qui coulait de son crâne gominé, sans se départir de sa bonne humeur, avant de descendre triomphalement de l'estrade. Le comte, dans son dos, eu un étrange rictus de joie malsaine. Le bonhomme avait été si facile à flatter, si simple à berner. Dans son affreux costume bleu, avec ses cheveux plaqués pour ne pas qu'on distingue sa calvitie naissante, il constituait l'archétype des gens qui ne marchent qu'aux compliments. Et dire qu'il pensait que son public l'écoutait, il grignotait les petits fours plutôt. Suivant l'obèse idiot, il atteignit le buffet. Alors, d'un coup sec, il ouvrit le pommeau de sa canne, dévoilant une petite fiole contenant un étrange liquide incolore. Il la prit délicatement et referma le compartiment, persuadé que personne n'avait pu le voir faire. Le maire revenait vers lui, deux coupes remplie à la main et toujours tout sourire. Le comte refusa poliment le verre qu'il lui tendit, avant de montrer le flacon.
- Excuser mon impolitesse, mais j'ai là un extrait de mon propre vin blanc. J'ai promis à mes viticulteurs de le tester, malheureusement, un vilain rhume fait que je n'ai plus assez de goût pour juger la chose. Puis-je vous demander le vilain service que voilà ? J'aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez, en toute franchise bien entendu.
Le gros bonhomme sembla ravit de la proposition, et jetant le contenu de l'un des verres, il demanda un plein verre du liquide. Il fit tourner la coupe afin de juger la robe, et tenta de humer le bouquet, oubliant par là qu'il avait au départ une flûte de champagne entre les mains. Au moment où il s'apprêtait à mouiller ses grosses lèvres, sous les yeux avides du comte, un horripilant personnage à haut de forme se présenta sous le nom de Readers Johnner, leur proposant d'immortaliser leur rencontre en un dessin rapide. Contraint de se plier à la chose, puisque son imbécile d'interlocuteur avait l'air enthousiaste, de Tasmia dû poser avec l'imposant bonhomme le temps que l'artiste finisse son œuvre. Et lorsqu'enfin ce qui lui avait semblé être des heures se terminèrent, et que le maire attrapa le verre qu'il avait posé sur une table pour l'engloutir d'une traite, rien n'arriva à sa face couverte de sueur. Il se contenta de sourire.
- Fameux, réellement. Il faudra que vous me donniez le nom de votre domaine !
Intérieurement, le comte bouillait, fulminait, enrageait. Normalement, le gros personnage aurait du réagir, pas continuer à sourire. Il avait échoué, il ne lui restait plus de liquide. On allait lui passer un sacré savon.
- De toutes façons, je suis sûr que tu as menti.
Roméo, bras croisé sur son torse, ne démentait pas. Readers adressa un regard désolé à Cobra à ses côtés. Celui-ci secoua doucement la tête.
- Je sais, je sais. Il ne fait pas facilement confiance aux étrangers, je dois lui accorder du temps.
Tous trois se trouvait dans une ruelle sombre et déserte, pourtant toute proche de la place en effervescence. L'enfant tenait dans ses mains une flûte de champagne remplie d'un liquide incolore. Cobra, appuyé au mur, avait certifié que c'était du poison, et Readers avait accepté de faire diversion le temps que le môme subtilise discrètement le verre et le remplace par un autre remplie d'eau. À y repenser, si le maire avait gobé le fait que c'était du vin, c'est qu'il pouvait bien manger du carton sans s'en rendre compte. Roméo avait coopéré pour prouver au dessinateur que le dragon slayer mentait… Et l'artiste avait tiré le portrait du maire et de ce Grand Comte de Tasmia, simplement parce que si un expert des venins se fige d'un coup en pleine dégustation de petit four pour vous dire que ça pue le poison, c'est que ça pue effectivement le poison, même si vous ne sentez rien. En attendant, Roméo n'y croyait pas. Readers poussa un soupir.
- Si tu lui donnais ce verre ? Comme ça, on serrait fixé … Lâcha-t-il.
- Il va mentir ! Cria l'enfant en retour.
Nouveaux soupir du dessinateur. Tranquillement, il sortit de sa poche un carnet, croqua à la va-vite quelque chose, avant de faire appel à sa magie. Le dessin prit vie, sortant de la feuille, et le verre fut arraché des mains de l'enfant par une sorte d'ours brun, aux petits yeux noirs luisant étrangement, qui remit l'objet à Cobra, avant de disparaître dans un nuage de fumée. Celui-ci eu un instant d'incrédulité, avant de hausser les épaules.
- C'est spéciale comme méthode.
- Spéciale, mais efficace. Murmura Readers avec un sourire. Allez, dis-nous ce que tu en penses.
Cobra ne se fit pas prier. Il avala une grande gorgée du liquide sous les yeux des deux autres. Roméo semblait en vouloir au dessinateur. C'est de ça dont le brun se souvindra avant tout plus tard, de ça et de son corps qui avait refusé de bouger quelques secondes. Le bruit du verre se fracassant contre le sol, répandant son contenu, il ne l'entendit pas. Il n'y avait que le silence tout autour de lui, en une promesse de solitude, et le noir tombant devant ses yeux, angoissant, menaçant, effroyable. Cela ne dura que quelques secondes, voir moins, ça lui sembla un siècle. Et lorsqu'il revint à la réalité, il était toujours appuyé au mur, debout, essoufflé. Des tâches de couleurs dansaient devant ses yeux. Ses bras s'étaient couverts d'écailles mauves et du bout de ses doigts sortaient des griffes d'une blancheur impeccable, enfoncées dans la paroi. Au niveau de son torse, une douleur qu'il connaissait bien se diffusait, comme des coups donnés par une bête sauvage. « Ça » avait du mal à endiguer le poison, et c'était bien la première fois. Roméo, figé par la surprise, observait sans comprendre. Readers criait quelques choses qu'il n'entendait pas. Il avait attrapé le dragon slayer par les épaules et semblait vraiment inquiet.
Tu entends ça la bestiole ? On s'inquiète pour moi. Pensa le brun, s'adressant à cette chose qu'il abritait.
Comme en réponse, il sentit un dernier coup plus violent que les autres, puis la douleur partit comme elle était venue, son ouïe revint, sa vue cessa de faire des siennes.
- …va ? Cobra répond ! Hurlait Readers.
Le brun prit une profonde inspiration, et repoussa doucement le dessinateur.
- Ça … ça va, c'est juste... ce truc est plutôt violent, et je suis pas au meilleur de ma forme en ce moment. Murmura-t-il, l'autre sembla un instant rassuré.
- Plutôt violent ? Si ça mets à terre un dragon slayer du poison, c'est une arme de destruction massive.
En disant ces mots, le dessinateur avait passé l'un des bras du brun autour de son cou, de sorte que le charmeur de serpent puisse s'appuyer sur son ami. Readers avait retrouvé son calme à une vitesse stupéfiante.
- Donc je suppose que c'est du poison, vu ta réaction. Qui peut bien en vouloir au maire au point de l'assassiner ?
Cobra haussa les épaules en guise de réponse. Ils se dirigeaient tout trois vers la guilde, et ils avaient emprunté la route qui suivait le canal. Le dragon slayer profitait du calme ambiant.
- Va savoir, son adjoint, ses conseillers, je n'sais pas moi … Lâcha-t-il.
- Si l'un d'entre eux voulait le pouvoir, ils n'avaient qu'à se présenter aux l'élections. Or le maire n'a rencontré aucun opposant depuis plusieurs années.
Grognement de la part du brun.
- Il y a peut-être un rapport avec les rumeurs qu'on entend en ce moment sur une bande de voleurs.
Hochement de tête du charmeur de serpent. Une vielle femme, assise sur un banc, les regarda passer avec un air choqué sur le visage. Cobra lui jeta un regard noir, et Readers lui adressa un large sourire.
- Cobra ? Appela le roux.
- Ouais ? Grogna l'autre.
- Tu pourrais ranger tes griffes ? Je crois que tu as effrayé cette vénérable dame.
Lorsque l'étrange équipage arriva à la guilde, Macao attendait de pieds fermes devant la porte. À peine aperçut-il Roméo qu'il entreprit de lui passer un savon, à basse de « on ne suit pas les gens pendant une journée entière » et de « tu aurais pu me prévenir quand même ! ».
Readers, habitué à la chose, fut entraîné par l'impétueuse Laki à l'écart. Cobra, lui, partit à l'étage dans le but très simple de retrouver son lit. Alors qu'il gravissait la dernière marche, il découvrit, au centre du couloir, une jeune femme aux courts cheveux violets appuyée au mur. Elle portait une longue robe blanche, dont la partie supérieure était d'un vert très clair bordée de bande plus foncé. Ses yeux verts, fiévreux, étaient plantés dans ceux du dragon slayer. Ses joues rouges, la sueur qui perlait sur son front, les tremblements qui parcouraient son frêle corps, tous indiquaient clairement son état. Néanmoins, elle sourit, et l'un de ses yeux vira au jaune, la pupille se rétrécissant jusqu'à être pareil à celle d'un saurien.
- Tu… es venu…
Sa voix n'était qu'un filet d'air. Son apparence, sa maladie, il n'en fallait pas plus pour que Cobra fasse le lien avec la dénommée Kinana. Elle se décolla du mur, fit quelques pas dans la direction du brun, trébucha. Le dragon slayer eu juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne fracasse son joli crâne contre le parquet. Jolie oui, il l'a trouvait jolie, mais il se soucierait de ça plus tard. Il se retourna, lança un appel bref derrière lui. Dans ses bras, la jeune fille se blottit comme un chat, collant sa tête contre le torse du brun.
- Tu es venue…
Les pas précipités de quelqu'un résonnèrent. La malade souriait toujours, ses petites mains agrippant la chemise rouge de Cobra. L'œil jaune fixait silencieusement ce morceau d'étoffe comme s'il s'agissait d'un bien infiniment précieux, le vert laissait couler des larmes de bonheur. Le dragon slayer posa l'une de ses mains sur le front de la jeune fille, brûlant. Brûlant aussi était son torse à lui, à cause de son lacrima. Et la fiévreuse semblait chercher cette chaleur qui s'échappait de son corps.
- Reste avec moi…
La tête de Laki apparut. Elle aperçut la malade, donna un bref ordre à Cobra pour qu'il la dépose dans une chambre proche avant de s'élancer dans une salle adjacente servant de pharmacie. Derrière elle surgissait la guilde au complet. Bientôt la jeune femme se retrouva allongée dans un lit, un linge mouillé sur le front, entouré de tous ce que Fairy tail pouvait compter de mages. Laki, gênée par tout ce beau monde, eut tôt fait de faire déguerpir les indésirables. Croyant qu'elle avait chassé tout le monde, elle referma la porte à clé et se retourna.
Au milieu de la chambre, Cobra observait le frêle corps. Il était persuadé que c'était sa faute. Après tout, s'il n'avait pas débarqué à l'improviste dans cette guilde, elle ne serait sûrement pas dans cet état, il en était sûr. Les épaules baissées, le regard dans le vide, il ne savait plus quoi faire, plus quoi dire. Il restait planté là sans savoir. Devant lui, la malade gémissait. On lui attrapa brusquement le poignet, il sursauta, fit volte-face, se dégageant du même coup de la prise. Planté devant lui, Laki, bouche ouverte s'apprêtait à hurler quelque chose sous le coup de la colère. Mais elle se tut lorsqu'elle aperçut le regard perdu et triste du jeune homme.
- Ne me gêne pas !
Cobra hocha la tête, doucement, lentement. Il ramena une chaise et s'assit à califourchon dessus, près de la malade. La mage de bois virevoltait, sortant moult remèdes. Lui ne la voyait pas. Il ne savait plus où il en était, ni ce qu'il fichait ici. L'impression d'être complètement perdu le reprit à la gorge. Un instant, il chercha quelque chose de stable sur lequel il aurait pu s'appuyer. Il ne connaissait cet endroit que depuis cinq jours. C'était trop court, bien trop court. Il n'avait rien. Juste…
Il prit l'une des mains de la malade entre les siennes, posant son front contre. Le contact chaud le fit frissonner, de bonheur peut-être, il ne savait pas, ne voulait pas savoir.
Au loin des cloches sonnaient sept heures. Laki referma la porte derrière elle, le plus doucement possible, avant de faire face aux membres de la guilde. Ils étaient là depuis un moment. Ils l'observaient tous, anxieux. Même si Kinana n'était pas mage, elle faisait partie de la guilde et tous c'était attaché à elle. Laki prit une profonde inspiration.
- Elle est sortit d'affaire.
Une vague de soulagement parcouru la dizaine de personnes présentes. Readers, au centre, demanda d'une voix blanche :
- Et Cobra ?
Tous avaient remarqués le visage du jeune homme. Ce mélange de tristesse et de douleur. Et même si personne ne le connaissaient vraiment personnellement, nombreux était ceux qui s'inquiétaient pour lui.
- Il dort. Je crois qu'il connaît Kinana … Mais il y a quelque chose qui ne va pas. Comme si il manquait un chapitre dans leur histoire.
On échangeât des regards. Laki s'avança, prit Readers par la main et le fit pénétrer dans la chambre, en veillant à ce que personne ne voit ce qu'elle contenait. Le dessinateur eut un sourire.
- Tu immortalises ? Demanda innocemment la mage de bois.
- D'accord, mais tu tiens ta langue.
