Bon, bah voilà, j'avais de l'inspiration, alors vous avez le droit à un HS, bande de petits veinards ! Pour la chanson, de I muvrini, vous pouvez l'écouter là, sur wat :

.tv/audio/inseme-si-po-32gbf_2glhv_.html

C'est ce que j'ai trouvé de mieux. Le lien passe mal je crois, désolé. Bonne lecture, en espérant que ça vous plaira. Oh, et un cooki à celui qui trouve de quelle véritable île est inspiré le décor, c'est pas dur :3 !


Une petite crique circulaire, sur une île montagneuse et sauvage. La mer léchait la plage par petites vaguelettes tandis que le soleil embrasait l'horizon. Les quelques cotonneux nuages qui flottaient paresseusement dans le ciel se paraient de couleurs chaleureuses. Les hautes falaises rougeoyaient sous la lumière du crépuscule. Un parfum léger, subtil mélange de thym, d'oranger, de châtaignier et de lavande émanait de la forêt toute proche. Le vent faisait chanter les feuilles des arbres, chargés de fruits aux reflets chatoyants. Trois oiseaux, un noir, un bleu et un blanc, survolait la scène. Au centre de la crique, deux guitaristes, un batteur, une accordéoniste, et un chanteur. Celui-ci, prenant une inspiration, fit résonner sa voix de bronze dans le lieu.

Nantu à ogni pena a t'ogliu di
Ogni paura ogni sfurtuna ogni ferrì
Vicinu à u peghju à quellu male chì ùn vole guarrì
Ogni dispera nunda vole ch'è fiurì

Un blond à l'œil droit barré d'une cicatrice en forme d'éclair faisait chanter une guitare électrique, ses doigts pinçant les cordes rapidement, doucement. Il semblait dans son monde, ne se souciant que peu de ses camarades, et ne jouant que pour lui-même. Comme ailleurs, pris dans une sorte de transe, il se fichait des autres. Pour lui, ses personnes se devaient de suivre le leader, et si elles n'y arrivaient pas, alors on se devait de s'en débarrasser. Les faibles n'avaient pas leur place dans ce monde. Et pourtant, il restait en rythme, ralentissait lorsqu'il sentait qu'il allait trop vite, ou au contraire accélérant. Malgré tout ce que son orgueil pouvait lui dire, malgré tout ce que sa fierté pouvait le pousser à faire, il avait besoin de ses camarades, plus que tout, et sans eux, il n'était plus rien. D'un coup de tête, il indiqua rapidement au batteur que son rythme diminuait. Il avait besoin d'eux comme eux avait besoin de lui.

È s'è ti dumandi è s'è tu ti perdi
È di cumu fa è di cumu esse è perchè campà
Basta basta una manu una manu tesa
È nantu à una spalia
Dui o trè parulle
Chì una voce porta
Cusi pocu à fà

Le second guitariste était un homme baraqué aux longs cheveux noirs corbeau indisciplinés. Il frappait sa guitare folk à l'aide d'un médiator, avec puissance et délicatesse en même temps. Gigantesque géant bardé de piercings, ses yeux rouges pétrifiaient les gens de peur. On le surnommait volontiers le démon, le monstre, l'ogre, le Béhémoth ou même le Léviathan. Orphelin, montré du doigt par les autres, faire régner la peur avait été la seule solution qu'il avait trouvée pour s'imposer et pour qu'on le laisse tranquille. Il aimait la solitude, il ne voulait pas qu'on l'ennuie avec des histoires d'amitié. Et puis un jour, quelqu'un lui avait tendu la main et il avait compris qu'amis n'était pas forcément synonyme de personne collante ou agaçantes, mais plutôt de joyeuses bagarres et de moments de tendresse uniques. Levant les yeux vers le ciel, il aperçut l'oiseau noir et sourit. Une larme perla au coin de ses yeux. La chanson l'émouvait plus qu'il aurait pu l'avouer.

Inseme si pò
Inseme i nostri curagi s'anu da pisà
Inseme si pò
Inseme i nostri cori s'anu da truvà

Le batteur, ayant à peine la quinzaine, faisait résonner grosse caisse et cymbale en cadence, avec violence, tout en restant concentré pour ne pas perdre le fil de sa partition. Une écharpe blanche entourait son cou et ses cheveux roses en bataille étaient pour le moins atypique. Toujours de bonne humeur, il était connu du vieux de l'île comme étant un sale gamin bagarreur et destructeur. Se battre, frapper, casser, c'était un moyen pour lui d'évacuer sa tristesse suite à la perte d'une amie d'enfance. Elle lui avait beaucoup donnée, mais il n'avait jamais eu le temps de tout lui rendre. Il avait traversé une période plutôt sombre, mais on l'avait soutenu, et il avait continué d'avancer, le sourire aux lèvres. Son sourire, c'était le rayon de soleil de ses compagnons, il les soutenait quoi qu'ils fassent. Il avait appris la veille que son amie n'était pas morte, qu'elle vivait, là, qu'elle l'attendait et qu'elle l'aimait toujours. C'était pour ça qu'ils étaient là, à jouer, pour fêter deux résurrections. Celle de la jeune femme, et la sienne. Parce que même avec son sourire, tous avaient compris qu'une partie du cœur du batteur était mort au moment ou on lui avait annoncé la morbide nouvelle.

Mai ci n'hè statu senza finì
Mai n'hè stalvatu notte senza schjarì
In core stracciatu à un bel ghjornu nascerà
In core stancu ogni bellezza nasce è và

Une petite fille aux yeux chocolat jouait de l'accordéon avec douceur, doigté et subtilité. Elle n'était que générosité, grâce et gentillesse, avec ses fins cheveux marine tombant jusqu'au milieu de son dos. Si petite, si fragile, mais pourtant prête à tout pour protéger ce qui lui était cher, même au plus fou des sacrifices. Ceux qui avaient pris soin d'elle avait disparu, et elle avait été adoptée par les trois premiers hommes. Elle avait juré de ne plus jamais laisser une personne chère à son cœur partir, du-t-elle y laisser sa vie, et souhaitait guérir toutes les maladies du monde, pour que jamais plus elle n'est à supporter une telle peine. Qui aurait cru que dans un si frêle corps se cachait une détermination pareille ? Qui aurait cru que des bras si fin auraient pu tenir si longtemps un instrument approchant les sept kilos ? Tout comme son accordéon qui, malgré ses apparences tribales, possédait un son puissant, capable d'animer seul une fête, elle pouvait avoir une volonté digne des plus grands sportifs de ce monde.

Dimmi di si o nò dimmi quelle tracce
È duve ne sò duve sò e bracce chì ponu cascà
È di tù è di voi ne faremu un noi
È s'è tu ai un sole è s'é t'ai un sognu
Femune catena d'umanità

Le chanteur, aux cheveux rouges foncé, faisait vibrer ses cordes vocales avec plus de force et de passion qu'il ne l'avait jamais fait. De tous, il était le plus touché par la cruauté de la vie. Il avait été esclave, avait vu une amie disparaître et un autre le trahir, arrachant au passage son œil droit, et après bien des péripéties, avait finalement échoué sur cette petite île. Il avait eu bien du mal à se faire accepter, beaucoup le considérant comme un étranger indigne de confiance. C'était en chantant qu'il avait fini par se faire une place, les gens d'ici aimaient la musique. Son âme était torturée, son corps marqué, son cœur finalement apaisé. En compagnie des habitants aux caractères si forts de cette petite île, il se reconstruisait doucement. Au détour d'une ruelle, il avait même retrouvé ce qu'il croyait avoir perdu, et lui et son amie, amnésique mais belle et bien vivante, vivaient désormais paisiblement. Lui bandait ses vieilles plaies, elle se fabriquait de nouveaux souvenir.

Inseme si pò
Inseme i nostri curagi s'anu da pisà
Inseme si pò
Inseme i nostri cori s'anu da truvà…

Cobra ouvrit les yeux. Le rêve lui avait semblé incroyablement réel. Il repassa mentalement les visages de ces personnes qui lui avaient semblé si proche de lui. Il avait reconnu Natsu, bien sûr, et la gamine de Cait Shelter, mais les autres lui étaient inconnus. Il se redressa doucement. À sa droite, Readers dormait paisiblement. Aucune trace d'Angel, elle avait dû s'éclipser pour éviter le courroux de Midnight. Levant les yeux au ciel, il se rendit compte que le soleil se levait. Il s'assit en tailleur. Autour de lui, les arbres et les falaises ressemblaient à de vastes murailles, érigées pour défendre le paisible lieu dans lequel il se trouvait. La chute d'eau produisait toujours autant de brume, mais le côté magique qu'elle avait procuré à l'endroit au crépuscule avait disparus.

Il était temps de rentrer.