Hey, salut à tous! Merci à Lou pour les corrections, c'est vrai que ça faisait tache sur le premier chapitre, à Mizu, courage petit gars, je l'attends de pied ferme ta fic, et à Hudgi , t'inquiètes, les réponses arrivent bientôt. Je remercie également le revieweur anonyme, et non ce n'était pas la Sicile, mais la Corse, je reprends donc mon cookies :3 !

Alors à savoir tout de même, avant de lire, parce que je me documente 8D :

Lucy paye soixante-dix mille joyaux tous les mois, j'ai calculé, le loyer de Cobra et donc plutôt intéressant je trouve… L'Aquilon est un vent du Nord, annonciateur de tempête, quand au cumulonimbus, c'est le nuage d'orage en forme d'enclume :3 . Ceci étant dit, si quelqu'un à une idée de titre potable pour mes chapitres, je suis preneuse…


Une île. Une tour en construction qui s'élève dans le ciel, tutoie les nuages. Des barreaux, des prisons, des esclaves de tout âge. Un bol de riz comme repas, un verre d'eau comme dessert. Des vêtements en loque, à peine une chemise pour certains. Des colliers de fer, robuste, surmontés d'une boule rouge. Une chaleur accablante. Des enfants qui brisent des roches à coup de pioche, abattant leurs outils en même temps. Des fouets qui battent la cadence. Un brun à bout, tout au fond, et le petit air qu'il chante, doucement, comme pour apaiser sa peine.

Je ne suis qu'un enfant de passage

Tout au plus, un mauvais présage

Pour ceux qui suivent mes pas

Pour ceux qu'on kidnappera

Vous me voyez au bord du gouffre

Et il est vrai, je souffre

Mais, à toi qui arrive

Je n'ai qu'une chose à dire

Qu'un conseil à donner

Pour pouvoir résister

Espère

Je ne suis qu'un enfant de la balle

Et ma force n'est plus que verbal

Toi tu viens juste d'arriver

Tu peux encore te sauver

Vas-y, mets au point une technique

Fuis ses bourreaux tyranniques

Toujours, à toi qui arrive

Je n'aurai qu'une chose à dire

Qu'un conseil à donner

Pour pouvoir résister

Espère

Un fouet claque. Un enfant s'écroule. Les dernières notes résonnent encore un peu. Une petite fille aux cheveux blancs la reprend, hésitante. Ses camarades se joignent à elle. Le soleil se teint de rouge. La chaleur se transforme en froid. Le brun est toujours allongé, il sourit un peu. Quelque chose bouge sous sa chemise déchirée. On vient le soulever sans ménagement. Des mains noires semblent s'agripper à son corps et l'entraîner vers le fond.

Cobra ouvrit les yeux, se relevant d'un coup sur son lit. Il prit une grande goulée d'air et entreprit de calmer son cœur. Passant une main sur son front, il constata qu'il était couvert de sueur. Ce rêve là, il le faisait souvent, mais il n'arrivait jamais vraiment à s'y faire. C'était la seule chose, à la tour du paradis, qui l'avait marqué à ce point. Et depuis neuf ans, le songe était toujours le même. Aucun détail n'avait changé, même les paroles de la chanson était identique à l'original. La faim, la soif et le reste, il avait fini par s'y habituer. Le dragon slayer poussa un soupir, il ne savait pas pourquoi il se souvenait de ça en particulier. Peut-être qu'entendre chanter ses frères de galère l'avait ému, c'était plus que probable. En attendant, deux rêves en une nuit, c'était un peu trop pour lui. Il se leva, bailla, et ouvrit d'un geste fenêtre et volets. Un faible flot de lumière envahit la chambre d'ami qu'il avait finalement récupéré. Il s'était arrangé avec le maître de la guilde. Il était nourri et loger pour un loyer de quarante mille joyaux, et en prime, il avait les clés de la guilde et une jolie vue sur Magnolia. Cobra s'accouda tranquillement à la fenêtre, observant le lever du soleil. Encore une fois, le chant des oiseaux lui parvint. Un héron cendré traversa le ciel sans nuages, battant pesamment des ailes. Le brun poussa un second bâillement. Ce qu'il aimait à appeler sa bestiole gratta violemment son torse, affamée. Délaissant le paysage, il descendit jusqu'au bar dans le but très clair de se taper un petit verre de poison. Il trouva, assis à une table, un Macao perdu dans ses pensées qui le remarqua à peine. Cobra, habitué à se qu'on ne s'intéresse pas à lui, n'y prêta pas attention et se mit en quête d'un quelconque liquide à coloration étrange qui pourrait étancher sa soif.

- Tu es au courant de ce qui c'est passé hier ?

Assis à même le sol, le brun jeta un coup d'œil à son interlocuteur tout en fouillant dans un placard, espérant trouver son bonheur. Macao avait passé sa tête barbue par-dessus le bar, dominant le dragon slayer par sa taille. Une lueur de tristesse brillait dans ses yeux, de tristesse et d'inquiétude.

- J'ai ma petite idée…

Ayant retrouvé la guilde avec des traces de brûlures un peu partout et des tas de bois qui n'avait rien à faire là, et ayant repéré deux ou trois tâches de sang, le dragon slayer se doutait bien de la tournure des événements de la veille. Bizarrement, il n'avait vu aucun meuble brisé. Laki les avait sûrement reconstruit vite fait, ce qui expliquait deux ou trois… anomalies, comme une chaise à cinq pieds et une table de travers. Il poussa une bouteille, espérant découvrir une merveille derrière, sans succès.

- Tu viens tout juste d'arriver, tu n'as même pas la marque de la guilde. Alors j'aimerais avoir ton avis là-dessus. Ça me permettra peut-être d'y voir plus clair.

Son avis ? D'abord, il avait encore le signe d'Oracion Seis dans le dos (il avait vérifié) et ce même si officiellement, ou plutôt officieusement puisqu'on parlait d'une guilde noire, il était viré. Or les guildes noires ayant leurs principes, certaines développaient des systèmes qui empêchaient qu'un autre symbole ne puisse être apposé sur la peau du mage en même temps que le leur. Bien sûr, Brain avait pris ses précautions, donc pour la marque de Fairy Tail, on repasserait. Ensuite, il était là depuis sept jours, en comptant celui-ci, et ça lui avait largement suffi pour voir comment était la mentalité de la guilde. Baston et délire étant les maîtres mots, il voyait mal ce qu'il y avait à éclaircir. Enfin, la seule chose qui aurait pu expliquer la guerre déclarée la veille, c'était le départ des meilleurs mages de la guilde et la tristesse que cela avait engendré, mais il doutait qu'il allait apprendre quelque chose au maître en lui disant ça. Il ne lui restait pas grand-chose à répondre.

- Tu sais, à mon avis pas mal de monde est à cran. Tu devrais trouver quelque chose pour les occuper.

- J'y ai déjà songé, soupira Macao, mais quoi ? Il y a trop peu de fille pour un bal ou quelque chose comme ça.

Le brun réprima un frisson. Les mondanités étaient tout sauf son fort. Comme tous les dragons slayer, il marchait principalement à l'instinct. Donc danser avec une fille, l'embrasser au clair de Lune et tout ce qui aurait pu être romantique lui collait la chair de poule. Vraiment pas son truc, il préférait aux longues lettres d'amour la franchise d'un geste.

- J'pensais plutôt à un trappe-trappe ou quelque chose comme ça.

Macao leva un sourcil. Cobra se maudit intérieurement. Le trappe-trappe était un jeu très pratiqué dans l'alliance Baram, et dans les guildes noires en général, qui consistait simplement à choisir un village, à former les équipes et à mettre la main sur d'innocent villageois. L'équipe qui en attrapait le plus gagnait. Normalement, on n'était pas dans l'obligation de tuer les habitants. Mais lancer une attaque destructrice et récupérer les cadavres étaient plus rapide que pourchasser un à un les fuyards. Le trappe-trappe était, de fait, la première cause de massacre sur des villages sans défense, officieusement bien sur. Le dragon slayer préférait le frisson de la chasse à l'explosion pure et simple d'une maison, et la plupart du temps, il relâchait ses prisonniers vivants. Il avait d'ailleurs été connu dans le milieu pour ce manque flagrant de cruauté, jusqu'à ce qu'il explique que c'était beaucoup plus marrant que les survivants racontent leur histoire et propagent la peur, plutôt que de les abattre froidement. Les techniques étaient plutôt variées. Certains passaient expert dans l'art de piquer les « points », d'autre marquaient au fer rouge leurs victimes pour ne pas qu'on leur vole. Néanmoins, ces dernières années, les morts au trappe-trappe avaient grandement diminué, à cause notamment de la désintégration de Grimoire Heart et d'Oracion Seis par Fairy Tail. De plus, les petites guildes noires commençait à éviter ce jeu, principalement parce que le traumatisme engendré chez les habitants ne passait pas inaperçus, et y jouer revenait à se mettre une bonne quantité de mercenaires et autres chasseurs de prime sur le dos. Mais ça restait très populaire, enfin du côté obscure. Officiellement, ce jeu n'existait pas, le conseil n'était même pas au courant. En attendant, Cobra avait intérêt à trouver une explication.

- Bah oui, le trappe-trappe… Tu sais, ce jeu qui consiste à former des équipes, et à aller pourrir une guilde noire. Tu connais pas ? Ceux qui arrivent à mettre à terre le plus de mage gagne.

Macao fronça les sourcils.

- C'est… barbare.

- Pas du tout. Il ne doit y avoir aucun mort, juste des KnockOut. C'est réglementé, comme jeu, quand même. Qu'est-ce que tu crois, qu'on massacre des gens comme ça ? Ha ! Le saint Graal !

Sans se soucier le moins du monde de l'énorme mensonge qu'il venait de sortir, Cobra sortit du fond du placard une fiole, scellé par un système assez complexe, qu'il abattit sur le bar avec un large sourire, sous les yeux ronds du maître de guilde. Le récipient contenait une sorte de liquide incolore, et l'étiquette arborait fièrement :

Sarin. Neurotoxique de catégorie G.

À ne toucher sous aucun prétexte.

Mirajane

- Qu'est-ce… Qu'est-ce que ça fait là ça ? Bégaya Macao.

- Sais pas, mais je vais pas y boire pur. C'est violent comme truc. Pas envie de crever.

Le mage de feu déglutit et recula précipitamment, tandis que le dragon slayer sortait une chope. Il se leva, la remplit aux trois quarts d'eau, avant d'actionner le mécanisme sur la bouteille. Il y eu un déclic, et le brun versa cinq gouttes dans le verre avant de refermer le récipient, le tout très rapidement. Il observa tranquillement le mélange, prit une profonde inspiration, avant d'avaler le tout d'un coup. Il fronça un instant les sourcils, apparemment déçu. Puis il fut parcouru d'un frisson.

- Co… Cobra ? Hésita le maître.

Le brun souffla un coup. Une légère brume violette s'échappa de ses lèvres. Il la chassa d'un revers de main, avant d'arborer un sourire narquois.

- J'avais oublié à quel point c'était puissant.

Il rangea d'un geste l'arme de destruction massive dans sa poche.

- Je vais en ville. Réfléchit un peu à une solution pendant ce temps. Lâcha-t-il.

Pour toute réponse, Macao hocha la tête, mal à l'aise. Malgré tout, le trappe-trappe pouvait être une bonne idée pour évacuer l'hostilité des mages…


Les cloches de la cathédrale sonnèrent au loin. Il était six heures du soir, et le ciel s'assombrissait de plus en plus. Cobra se trouvait au bout d'un des quais de bois du port de Magnolia. Il avait fait quelque course, et il avait repris ses vêtements habituels, un haut noir, un pantalon rouge parcouru de sangles noires et un manteau blanc doublé de violet. Il releva la tête, observant les lourds nuages qui envahissaient le ciel et exposant son visage au caprice de l'Aquilon, annonciateur de mauvais présage. Le matin même, tout indiquait que la journée serait belle. Mais les Dieux, en leur sombre dessein, en avaient décidé autrement, et d'énorme cumulonimbus menaçaient de se déchirer à tout moment. La lumière déclinante du soleil filtrait à peine à travers ses géants célestes. Le vent soufflait de plus en plus fort, faisant voler le long manteau du brun. Il mugissait dans les mats des voiliers, les faisait s'entrechoquer, courbait les branches des arbres et clouait la plupart des oiseaux au sol. Déjà le canal de la ville, d'habitude si docile, se gonflait anormalement, se tordait tel le membre d'une créature démente. La mer se soulevait en vague de plus en plus forte, faisant tanguer les voiliers solidement amarrés. L'eau avait pris une couleur foncée, qui tirait sur le vert, et les lames s'écrasaient contre les frêles digues comme des fauves se serraient attaqué à une jeune proie. Au loin, des charognards marins remontaient à la surface, près à se repaître du corps des victimes de l'orage à venir. Kraken et Léviathan semblaient se dessiner aux creux des vagues, en apparitions fugitives.

Les mains plongées dans les poches, Cobra admirait le spectacle. De la sombre menace nuageuse sortit un grondement sourd, qui résonna dans les falaises proches de la petite ville. Le brun tourna les talons, son manteau claquant au vent. Mieux valait rentrer avant que la nature ne se déchaîne comme elle savait si bien le faire. Il baissa la tête et accéléra le pas. Aussi puissant qu'il avait pu l'être, il ne pouvait rien face à ce qui arrivait. Soudain, alors qu'il était encore sur le quai, cinq hommes armés se dressèrent face à lui. Tous arboraient le même sourire inquiétant, et leurs démarches assurées n'auguraient rien de bon. L'un d'entre eux, le leader sûrement, s'avança. Une immense masse pendait dans son dos, et il portait deux petites cornes sur la tête. Cobra repéra la marque de Twillight Ogre sur son bras, et instinctivement, il sortit les mains de ses poches. Le chef ricana un instant.

- Tu es le type que cette minable guilde a récupéré non ? Tu tombes bien. On va pouvoir rappeler à ses avortons leur dette. Mon nom c'est Teebo, retiens le, déchet.

Il avait craché le dernier mot. Il avança d'un pas, dégainant son imposante arme. Cobra ne tiqua même pas, observant les cinq hommes de son unique œil violet. Seulement cinq ou six petits mètres les séparaient. Le leader fit un second pas. Ses yeux brillaient d'une lueur démente à l'idée de ce qu'il allait faire, pourtant sa cible était d'un calme incroyable. Sa cible d'ailleurs, qui indiqua du menton les sombres nuages.

- Vous n'avez pas peur ? Demanda-t-il le plus calmement du monde.

Teebo s'arrêta net. Peur ? Ce type osait lui demander s'il avait peur de quelques nuages ? Il explosa d'un grand rire, repris par ses camarades, avant d'afficher un sourire narquois. De tout temps, il avait su distiller l'effroi dans le cœur de ses victimes. Ce type là jouait les durs, mais il ferait bientôt dans son froc. Il le savait très bien.

- Mais mon pauvre vieux, des tempêtes comme ça, j'en mange deux au petit déjeuner ! Beugla-t-il.

Le brun n'avait pas bougé. Il restait toujours debout où il était, et derrière lui, il avait la mer de plus en plus violente. La mer et les nuages, sombre, ténébreux, qui dominaient tout. Le borgne ne semblait pas déranger par le vent, ni par le son des coques des bateaux qui s'entrechoquaient toujours plus violemment. Et son œil, son œil unique étaient plus sinistre que le reste. Mais Teebo savait que toute cette belle assurance disparaîtrait bientôt.

Derrière lui, l'un de ses hommes s'agita, mal à l'aise.

- Ah, je suppose que tu n'as pas l'habitude de fréquenter des gens forts ! Ça expliquerait que tu ne te sois pas enfuie de cette minuscule taverne qui sert de planque à ses troufions !

Un fin sourire apparut sur les lèvres de l'homme. Une bourrasque plus violente frappa le groupe de mages. L'un d'entre eux, au bord du quai, moulina un instant des bras pour ne pas tomber dans l'eau. L'autre n'avait pas cillé. Soit Teebo rêvait, soit ses mains se couvraient de minuscules écailles. Non, il rêvait. Ce type allait bientôt s'enfuir en pleurant.

Quelqu'un déglutit difficilement.

- Qu'est-ce que tu crois hein ? Que Twillight Ogre est comme Fairy Tail ? On ne craint rien ni personnes !

- Oh, vraiment ?

Le sourire de l'homme s'était élargi. L'œil unique n'était plus qu'une fine pupille verticale brillant d'une lueur malveillante. Il releva lentement les mains, paumes en l'air, comme pour désigner la mer. Les vagues commençaient à passer par-dessus la digue. Un éclair zébra le ciel, suivi d'un grondement effroyable. Ils étaient seuls dans le port, les habitants s'étant barricadés dans leur maison. Une nouvelle bourrasque fit gémir le mat d'un immense vaisseau.

- Donc, tu n'as pas peur de « ça » ?

Un mouvement d'hésitation parcouru les membres de la guilde marchande. Teebo lui, se contenta de ricaner à nouveaux, mais moins fort. Le grondement sourd qui s'échappa de la gorge de l'autre lui sembla plus puissant, plus grave que celui du tonnerre. Il aurait aimé dire quelque chose, n'importe quoi, mais ce mec qui se dressait devant eux, qui se fichait complètement de l'ouragan qui arrivait, ce mec qui respirait le meurtre et le sadisme, ce mec lui faisait peur. Pas la petite peur que vous avez quand un chien vous pourchasse, non… La grande Peur, avec une majuscule. Celle qui vous assaille, qui vous prend aux tripes. Celle qui balance votre cœur dans votre gorge, et le réduit à une minuscule petite pompe qui bat à tout rompre. Celle qui vous rend aussi pâle que la mort elle-même, et qui ne vous lâchera jamais. Car toujours, vous aurez cette image en tête, cette image qui fait fondre vos jambes, qui vous statufie.

- Oracion Seis…

Juste un murmure. C'était l'un de ses hommes qui venait de prononcer ces deux mots interdits. L'énorme vérité éclata aux yeux de Teebo. Il vient de le reconnaître, ce démon. Il ne réfléchit même pas, il se retourne d'un seul coup, lâchant sa masse du même coup, et s'enfuit, tentant de rattraper ses compagnons qui ne l'ont même pas attendue.

Cobra poussa un profond soupir. Adieu anonymat et tranquillité, il allait encore avoir le conseil sur le dos. Il donna un coup dans une des massues laissées par les mages, l'envoyant valser dans l'eau, avant de reprendre sa route. Il n'aurait peut-être pas du effrayer ces mecs, mais bon, c'était trop tentant… Et puis il devait avouer que ça l'avait bien amusé. Maintenant, il fallait qu'il rentre à Fairy Tail, pour profiter une dernière fois de la guilde avant que les soldats ne débarquent.


Cobra poussa les portes de bois de la guilde. Le vent s'engouffra dans la salle en même temps que lui et pour la énième fois, Roméo se planta devant lui. Sauf que cette fois, les larmes coulaient sur ces joues.

- Tu l'as enlevé, monstre !

Il ne continua pas son accusation habituelle. Il partit se réfugier dans les bras de son père, lui aussi en pleurs. D'un coup de son œil unique, le brun constata que tous les mages étaient dans le même cas. Certains se blottissait dans les bras de leurs compagnons, d'autre faisait les cent pas, énervés. Tous l'observaient avec une sorte de colère noire.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda doucement le dragon slayer de sa voix grave si particulière.

Readers, le grand Readers, toujours calme même dans la pire des tempêtes, s'avança vers lui, ses yeux emplis d'une tristesse sourde et ses poings serrés.

- C'est Kinana. On a vu un type avec une crête blonde l'enlever. On a rien pu faire, il était incroyablement rapide.

Kinana ! Racer allait lui payer au centuple et…Étrange, ce Readers qui l'observait avec un regard si accusateur, si agressif. Ça lui faisait mal, horriblement mal, comme si on lui enfonçait un couteau dans le cœur.

- Tu le connais, ce gars. Laki nous a tout dit. Tu es de mèche! Tu nous as utilisés juste pour ça ? Qu'est-ce que tu lui veux ? Hurla l'artiste.

Sa voix vibrait de colère. Il se retenait, il lui offrait une chance de s'expliquer, et Cobra l'en remerciait. Il parcouru l'assemblée du regard, comme pour jauger la situation, mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Qu'est-ce qu'il aurait pu leur dire de toutes façons. Il ne savait rien de tout ça. Et de toute façon, il n'avait que le visage de Kinana en tête, ça et rien d'autre. Racer n'avait pas le droit d'enlever une malade. Son regard devait avoir quelque chose de déroutant ou d'anormal, en tout cas la rage dans les yeux de Readers s'estompa un instant. Il n'empêche, tous ces mages l'avaient accueilli sans chercher à connaître son passé. Le dragon slayer fit volte face, tournant le dos à Fairy Tail.

- Hey, où tu vas ? Rugis Roméo.

- Massacrer Oracion Seis et récupérer Kinana. Midnight peut me virer, me défoncer un œil et se foutre royalement de Cubélios, mais il n'a pas le droit de toucher à cette guilde.

D'un geste, le brun ouvrit la porte qui partit se fracasser contre le mur. Au-dehors, la tempête faisait rage. Il s'en fichait. Il s'élança.


Les chaussures noires frappaient les pavés avec ardeur, éclaboussant le pantalon rouge. Cobra courait à en perdre haleine. Il fallait qu'il la retrouve, absolument. Il ne savait pas pourquoi, mais il le fallait. La pluie giflait sa peau, et le vent mugissant l'empêchait de distinguer un son intéressant. De toutes façons, il savait qu'ils n'étaient pas dans Magnolia, Midnight n'aimait pas la foule. Il avait juste coupé au plus court, il suivait l'instinct de sa bestiole, qui grattait de plus en plus fort sa poitrine. La douleur lui importait peu, « ça » suivait ses sentiments. « Ça » le conduirait droit vert Kinana, même si « ça » le tuerait sûrement avant, mais tant pis. Enfin, il sortit de la ville et s'engouffra dans la forêt. Les branches lacéraient ses bras. Un éclair traversa le ciel, éclairant un instant l'homme trempé jusqu'aux os qui défiait les éléments, ses bras couverts de griffures écarlates. Il trébucha, tomba à genoux, se releva. Sa vue se voila un instant de rouge. Il s'appuya contre un arbre et prit une profonde inspiration, à la recherche d'air. Il se laissa glisser contre le tronc, se retrouvant assit sur l'herbe. Il avait beau respirer, seul un mince filet d'air passait dans ses poumons. Il n'arrivait plus à bouger. Fermant les yeux, le dragon slayer entreprit de calmer sa bestiole, et au passage son cœur. Un second éclair déchira la nuit noire. La pluie tombait en trombe. Cobra aspira enfin un volume d'air satisfaisant. Au loin, le canal de Magnolia sortait de son lit, cherchant de pauvre âme à emporter dans ses flots tourbillonnants. Une goutte de sueur perla sur le front du brun. Penchant la tête en arrière, il ouvrit la bouche et avala un peu d'eau, espérant faire passer le malaise. Il soupira une énième fois, résigné, et se cala un peu plus contre le large tronc, avant de légèrement ramener ses jambes contre son torse. Il posa ses coudes sur ses genoux, et détendant tout ses muscles, il ferma son unique œil, laissant l'eau frapper son visage.

Pourvu que Kinana tienne le coup...