Hey hey !
Bon, alors, tout d'abord, désolé du retard pour ce chapitre, du à pas mal de truc. Et notamment du fait qu'hier, j'étais malade. Très. Mais bon, vous en avez rien à cirer.
Ensuite, merci à tous les reviewers, bien sûr, et à Nightwish sans qui ce chapitre n'aurait pas eu lieu.
Bah oui hein, j'ai pas d'inspiration sans musique moi. Allez, bonne lecture !
Une peau couverte d'écailles d'un vert tirant sur le kaki, terni par la crasse. Une queue de serpent fouettant l'air de colère. Des griffes immenses portant encore les traces de sang d'un ancien massacre. Un dos couvert d'une rangée d'épines suintant de venin. Des yeux reptiliens, luisant d'une intelligence mauvaise. Ça mesurait dans les un mètre cinquante, deux si l'on comptait l'appendice caudal, ça se tenait sur deux pattes, le dos courbé, ça avait des muscles fin qui roulait sous l'épiderme, ça possédait une apparence vaguement humanoïde tout en sifflant comme un serpent mais Cobra ne vit rien de tout ça. Non. Son cerveau n'enregistra même pas le fait que ça se jetait sur lui à grande vitesse. Tout ce que le dragon slayer vit, ce fut des crocs plus blanc encore que la neige la plus pure, brillants tellement sous le puissant soleil du désert que pendant une fraction de seconde, le brun ne bougea pas d'un pouce, hypnotisé. Et dans son esprit une autre image se superposa un court instant à cette bête.
La petite fille était d'une maigreur maladive, son épiderme couvert par endroit de légères écailles. Ses yeux affamés, dénués de toute trace de vie, étaient d'un jaune pâle, laid, semblable à celui du plafond qui les surplombait tout deux et qui s'effritait. Elle respirait avec difficulté, son souffle rauque ayant semble-t-il perdu toute sa chaleur. Et elle observait avec avidité la miche de pain que lui, le nouveau, serrait entre ses mains. Mais il ne lâcherait pas. Il n'avait pas survécu à la Tour du Paradis, on ne l'avait pas emmené ici pour rien. Il ne donnerait pas le seul et unique repas valable qu'il n'avait jamais avalé depuis trop longtemps. C'était le sien. Juste le sien. Pas question de partager. La fillette porta un doigt blessé à ses lèvres et le mordilla de ses dents blanches, presque translucide, tout en penchant la tête. Elle mâchonna un instant, comme pour faire passer sa faim, avant de fixer ses yeux fous sur lui. Et il comprit. Trop tard. L'enfant sauta sur lui, ses petites canines se refermèrent sur son épaule droite et…
… Il sentit ses chairs se déchirer sous les immenses crocs, la douleur le rappelant durement sur Terre tandis qu'une déflagration de puissance à l'état brut traversait son corps, envoyé par son lacryma. Il retroussa ses lèvres, découvrant ses propres crocs en un grondement haineux avant de balancer sa main gauche déjà transformé dans le ventre de la créature, l'envoyant percuter un bâtiment avec une telle violence que le mur céda, soulevant un nuage de poussière. Un feulement proche de celui d'un fauve émergea de sa gorge, et il s'apprêtait à partir achever le travail lorsque deux piliers de terre plongèrent dans le trou béant, se courbant avec grâce. Cobra jeta un coup d'œil animal au responsable, le géant Jura, qui ramenait déjà via sa magie la créature solidement enchainée. Readers acheva un dessin, et une prison de fer apparut subitement pour accueillir la chose sifflant de colère. En voyant des barreaux entre lui et son ennemi, le dragon slayer sentit ses muscles se détendre légèrement et il poussa un léger soupir, avant de grimacer de douleur. Ses doigts effleurèrent son épaule nue, le plus doucement possible.
- Il t'a pas raté dis voir.
Le brun releva la tête, apercevant Angel et Kinana s'approcher de lui. Derrière elles, Ichiya l'observait avec une sorte de dégout haineux, surement dû à l'expression bestial qu'il avait pris sans vraiment s'en apercevoir. Tandis que la violette observait sa blessure, Cobra retroussa ses lèvres, découvrant ses crocs proéminents à l'adresse du mage au parfum. L'invocatrice haussa un sourcil interrogateur devant cette réaction, sans pour autant obtenir un mot d'explication de la part du dragon slayer.
- Ça va s'infecter si on laisse ça comme ça. Murmura doucement la mage débutante, Vient.
Le borgne laissa sa moitié l'emmener vers l'infirmerie, sous le regard incrédule d'Angel et de quelque autres mages, et il ne put s'empêcher de tendre l'oreille. Histoire de savoir.
Un monstre, c'est tout ce qu'il est.
La pensée du chef de file des Trimens résonna dans le crâne de Cobra, et il jeta un coup d'œil aux membres de Blue Pegasus.
Il sera la perte de Fairy Tail. Songeait Eve.
Une bête assoiffée de sang. Ruminait Ren.
Angel lui fait confiance, mais pour moi il est dangereux. Pensait Hibiki.
La mâchoire du brun se crispa. Depuis quand était-il si touché par ce que les autres pensaient de lui ? Son regard croisa celui de Readers.
Quelque chose ne va pas ? Demandait silencieusement le dessinateur.
Le brun secoua la tête, grogna, puis rabattit de sa main gauche son casque audio sur ses oreilles, s'enfermant dans un silence qu'il avait jadis haï et qu'il vénérait désormais. Lui, qui partait pourtant du principe que connaître les pensées des autres étaient primordial, vital même, lui qui s'était toujours battu grâce à cette capacité, lui qui n'avait eu de cesse de s'améliorer dans la matière jusqu'à pouvoir entendre chaque muscles, chaque tendons de son adversaire, lui, le puissant tueur d'une guilde noire devenue démon protecteur d'une guilde légale, lui, Cobra, le dragon slayer du poison, aurait donné n'importe quoi pour être sourd à cette instant.
Mission « drôle de bestiole », quatrième jour, souper :
Readers se faufila à travers les tables avec agilité. Il venait d'entre-apercevoir Cobra s'éclipser du repas avec deux miches de pain, et si la plupart des personnes présentes s'étaient laissé duper par l'habituelle technique de camouflage du brun (qui consistait à plonger les mains dans les poches, à faire profil bas et à prendre le regard le plus banal qui soit ), lui n'avait pas été dupe. Il souleva son haut de forme un instant pour saluer Jura, prétexta un besoin naturel urgent lorsqu'il lui demanda où il partait, et arriva enfin à sortir du réfectoire improvisé pour s'enfoncer dans le premier cercle de tentes du camp.
Plus il s'avançait, et plus la pénombre se faisait présente. À mesure que les lumières des feux de camps s'éloignaient, l'ombre se refermait sur lui, l'enserrait de ses doigts glacials. Le dessinateur frissonna. Il lui semblait que la nuit le repoussait, le forçait à laisser le dragon slayer seul. Il serra les dents, se concentrant sur son objectif. Heureusement pour lui, le brun avait gardé ses écouteurs sur ses oreilles, aussi ne l'avait-il pas repéré. À moins qu'il ait décidé de le semer. Il tourna à droite, suivant le plus discrètement possible le dragon qui slalomait entre les tentes, les tables, les cadavres de bouteilles et quelques autres obstacles qu'il n'arrivait pas à identifier. Enfin, le borgne s'arrêta. Face à lui, deux yeux d'un jaune sale luisaient dans la nuit. La bête. Cobra était venu voir la bête. Readers fronça les sourcils. Dans la cage, la créature émit un sifflement dépourvu de colère. Elle s'était blottit dans un coin, ses pattes avant posées sur son torse dans une posture étrangement humaine. Le dessinateur vit son ami poser les deux miches de pain à l'intérieur de la prison, qu'on avait surélevé d'un bon mètre pour pouvoir observer la chose à loisir, avant de poser ses paumes contre les barreaux et de plaquer son front entre deux des froides barres métalliques. La bestiole s'avança, prenant la nourriture entre ses mains et commençant à manger, assise en tailleur.
- Je suppose que c'est meilleur que moi, hein ? Murmura doucement Cobra.
Readers sursauta, les paroles du dragon résonnant dans l'air. La bête leva la tête, avant d'hocher la tête, étirant sa gueule de reptile en une parodie de sourire. Et le peintre écarquilla les yeux. Elle avait répondu. La bête avait répondu.
- La nuit est toujours aussi apaisante pour nous…
La voix du brun n'était qu'un souffle. Au-dessus de leur tête, la toile de la nuit s'était étendue sur le monde. Un drap de soie bleue cobalt piqué d'éclats solaires qui recouvrait le camp comme une douce couverture. Et au milieu, il y avait la Lune. La grande, l'immense Lune, qui scintillait doucement. La Lune ronde, pleine, qui possédait cette beauté si particulière des femmes enceintes. La Lune, qui semblait couvrir d'un œil maternel la créature et le dragon. La Lune, si vivante, dont le souffle aurait pu être le vent du désert lui-même. La Lune, pourtant, si distante, si éloignée. Le dessinateur frissonna, et il lui sembla que l'ombre ne l'avait pas enserré, mais accompagné, qu'elle l'avait pris par la main pour le guider. Il secoua la tête, tentant de remettre un peu d'ordre dans ses pensées et de se ressaisir. L'ombre ne prenait pas par la main. Et la Lune n'était pas maternelle.
Un léger sifflement le fit redescendre sur Terre. Cobra avait posé l'une de ses mains sur ce qui devait être le front de la créature.
- Je sais oui, moi aussi j'ai mal. Murmura-t-il.
Puis Readers le vit se détacher de la cage, avant de s'enfoncer dans l'obscurité, en direction de sa tente. Le peintre resta longtemps au même endroit, essayant tant bien que mal de comprendre ce qui venait de se passer.
Mission « gardien des ruines », quatrième jour, tard le soir :
À pas de loup, Kinana entra dans la tente rectangulaire. L'intérieur était plutôt spartiate : deux lits de camp, deux coffres contenant leurs affaires, à elle et à son amant, et une table. Dehors, les feux de camps s'éteignaient peu à peu, projetant sur la toile les ombres mouvantes des derniers retardataires partants rejoindre leur gîte –pour peu qu'on puisse appeler gîte un morceau de tissu tendu dans un désert. Dans la semi-obscurité, l'apprentie-mage pouvait distinguer, sur l'une des couches, son dragon qui lui tournait le dos. Elle se glissa le plus doucement possible au pied du lit, posa sa tête sur le matelas et passa sa main dans les cheveux du brun.
- Readers et Angel s'inquiètent pour toi tu sais. Murmura-t-elle.
Un grondement se fit entendre. Le borgne se redressa doucement, tout en esquivant le regard de sa moitié.
- C'est bien les seuls…
La violette soupira doucement, s'assit sur les genoux du dragon slayer avant de se plaquer contre lui, sa tête contre son torse. Elle sentit qu'il l'entourait de ses bras, la serrait contre lui. Elle sentit aussi le tremblement qui le secoua un court instant, et la goutte qui tomba sur sa joue. L'apprentie-mage darda la langue, pour vérifier. Salé. Il ne verserait que cette larme-ci, même avec elle. Elle se pelotonna un peu plus contre lui, pour le rassurer. Il avait esquivé toutes les conversations durant la journée, et elle avait été la seule dont il avait, semblait-il, supporté la présence.
- Ce n'est pas ce qu'ils pensent de toi qui te met dans cet état, hein ?
Il secoua la tête en réponse.
- Si tu savais... Même toi, tu me prendrais pour un monstre. Soupira le borgne.
Sous la main de la jeune femme, le lacryma brulait de plus en plus, et il lui sembla qu'il s'était mis à pulser comme un cœur. Elle leva les yeux et posa un baiser sur les lèvres de son amant.
- Tu sais très bien que je me fiche de ce que tu as pu faire dans ton passé. Et si je dois être amoureuse d'un monstre, alors soit.
Il enfoui son nez dans le creux du cou de la violette et inspira profondément, se délectant de son parfum. Elle passa une main dans ses cheveux, profitant de sa proximité. Il s'étendit sur le dos, l'attirant avec lui. Elle se blottit un peu plus sous les couvertures, contre lui. Peu à peu, la respiration du dragon se calma, et il se laissa entraîner par Morphée dans les limbes du sommeil, suivi de près par Kinana.
*Pose une boîte remplie de chatons tout mimi avec un carton "reviewwweeeeeeerr, s'il vous plaiiiiiiiit :'(" avant de partir discrétement*
