Avant toute chose, désolée pour l'absence d'update la semaine passée. Mais j'ai oublié ma clé USB, vendredi dernier à mon travail. N'ayant aucune sauvegarde sur mon PC de cette fic-ci, je n'ai donc pas eu les moyens de profiter de mon week-end pour avancer quoique ce soit, comme je le souhaitais à l'origine. Vous n'imaginez pas une seconde ma joie de retrouver mon support ce lundi matin ! (Ayant craint tout le week-end qu'on ait pu me la voler et ainsi perdre deux longs mois de travail ^_^''')

Maintenant, comme je rentre tard du taffe en semaine, je ne pouvais faire plus vite, malgré toute mon envie. Remarquez d'ailleurs que je termine ce chapitre à 2H du mat alors que je dois me « lever » dans pas moins de 4 petites heures. u_u Si ce n'est pas une preuve de dévotion…

Sinon, ce chapitre et ses suivants vont relayer ce qui va mener à l'échange final entre Sidorov et les Iraniens. Alors, sachez-le dès à présent, nous allons suivre les mêmes évènements par le biais des différents protagonistes, l'un après l'autre, dans les prochains chapitres. Vous allez sans doute avoir plein de questions suite à la lecture des tout premiers. Mais normalement, vous aurez toutes vos réponses à la fin de ce bloc. Donc par avance, merci de votre patience pour les infos qui pourraient n'arriver qu'à la toute fin.

Sinon, vu l'embrouille, je vous aie ajouté des repères horaires et géographiques pour vous aider à suivre, comme j'ajouterais au terme de l'échange mon chronogramme. Pour être honnête avec vous, j'ai bien cru me lancer dans une fanfic de 24H chrono avec ce gros passage millimétré à la seconde prêt pour chacun des persos ^_^''

Au passage, pour info, chaque référence géographique existe réellement et a été minutieusement choisie pour que cette conclusion de l'affaire soit la plus plausible et réaliste possible… aussi inintéressante et peu originale puisse-t-elle être, au demeurant ^_^'' !

Sur ce, vous remerciant par avance pour votre indulgence sur ces chapitres formant le passage le plus difficile pour moi à concevoir sur cette histoire, je vous souhaite une bonne lecture. ^-^

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BROKEN ARROW


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19H30 - San Gabriel Canyon Road

Isaak Sidorov et Michael Zhrov n'étaient pas partis depuis plus d'une vingtaine de minutes que l'absence de coup de fil de Mikhail Andros commençait sérieusement à les inquiéter. S'ils arrivaient tout juste à l'entrée de la ville pour se confronter aux sempiternels embouteillages, l'agacement n'en était que plus fort. Le troisième associé était censé éliminer les deux nuisibles avant de les rappeler pour les informer qu'il partait à son tour avec son propre véhicule, pas jouer les grandes muettes.

- Zen, Isaak. On sera à l'heure pour retrouver les filles. Et je te rappelle que Naseem Vaziri ne sera pas prêt pour l'échange avant encore une heure.

Pas moins agacé par l'attitude sans cesse nonchalante d'Andros, Sidorov insista.

- Rappelle-le.

- Je tombe toujours sur la messagerie.

- Pourquoi n'était-il pas foutu de mettre un relais dans son bunker ? Et les deux énergumènes montant ses vidéos, ils ne peuvent pas décrocher le fixe ?

- Pas plus de réponse. indiqua Zhrov après de multiples tentatives.

- Pizdec ! [1]

Pianotant rapidement sur son téléphone, Zhrov jusqu'alors amusé par la situation - connaissant bien les travers de son ami, toujours si oublieux de son entourage quand il prenait son pied à torturer sa proie du jour - changea rapidement de ton.

- Finalement, il se peut qu'on ait un problème. Je repère trois corps, via le relais de son réseau de surveillance.

- Andros ?

- Non. Je vois juste les deux abrutis et le flic à terre. Mais je n'ai aucun retour de la caméra principale visant la salle où se trouvait l'agent. Mon écran est trop petit pour voir correctement le contour des images retournées par les vidéos en charge des gros plans. Mais tout semble vide.

- Merde ! Si David s'est enfui, on a plus le choix. Il faudra annuler toute l'opération.

Repérant non loin d'eux un concessionnaire, Sidorov choisit de ne prendre aucun risque. Se garant sur le bas côté, il donna ses ordres tout en descendant de voiture pour lui en laisser la commande.

- Retournes-y au plus vite avec quelques hommes à toi et vérifie ce qu'il en est. Je te téléphone quand j'ai retrouvé les filles pour décider de la suite à donner.

- Ça ira plus vite, si je rappelle sa garde rapprochée stationnée chez lui en contre bas. Ils seront plus à même d'infiltrer la maison et je pourrais sans mal les rejoindre sur le chemin.

- Alors, on fait comme ça.

Un hochement de tête pour tout accord et les deux associés se séparèrent en bordure de voie rapide, inconscients de se parler pour la dernière fois de leur vie…

NCIS - LA

19H30 - Multiple Threat Alert Center du NCIS de Los Angeles

Lorsque Hetty revint de son rapport, tenu avec le sous-directeur Granger auprès du Général en charge de suivre cette opération de sécurité nationale pour le compte du Président. Dès son retour au MTAC, elle put observer dans l'un des recoins du grand écran l'image du lieutenant Deeks, toujours positionné à l'entrée de la propriété où il avait été retenu ces dernières heures avec l'agent Hanna. À l'évidence assoupi, il donnait surtout l'angoissante image de paraître mort, le visage meurtri et couvert de sang.

- Monsieur Beal. Avez-vous pu trouver quoi que ce soit de valable ? demanda-t-elle à l'agent technique, toujours en pleine action sur ses différents ordinateurs.

- Non. Toutes les images que j'ai pu pirater sont du temps réel. Les enregistrements, s'ils en ont, nous restent inaccessibles à distance.

- Toute activité aux alentours ?

- Toujours aucune. Soit, il n'y avait personne d'autre que les deux morts déjà repérés. Soit, les potentiels gardes sont partis à la poursuite de la voiture empruntée par Sam, supposant que les deux prisonniers fuyaient ensemble. Mais aux vues des relais vidéo du véhicule que nous continuons à suivre par le kaléidoscope, je ne lui ai repéré aucun poursuivant. En définitive, personne n'est encore vivant au sein de cette propriété, hormis Deeks.

- En êtes-vous sûr ?

- Oui. Vraiment aucune activité…

- Non. Je voulais parler…

Aussi difficile que ce soit à admettre, l'image du lieutenant inerte laissait véritablement place au doute. Comprenant à son regard de nouveau fixé sur le retour vidéo, à quoi Hetty faisait référence. Éric put très vite la rassurer.

- Oui. J'ai paramétré un agrandissement de son image… Ici. Vous voyez ? Sa poitrine bouge à intervalle régulier. Il respire toujours.

- Bien. Granger et moi-même partons dès à présent pour Pasadena y accompagner la troupe de marines venus en renfort. Sachant que nous n'avons pu refuser leur présence, nous préférons encore rester avec eux pour nous assurer qu'ils ne partent pas en free-lance. Aussi… Je m'attends à ce que vous nous teniez informés à la moindre évolution de la situation.

N'ayant là encore, aucun mal à entendre la véritable demande induite dans cette phrase, Éric le lui confirma d'une voix ferme et dénuée de doute.

- On veille sur eux.

- Merci.

Sachant ne pouvoir rien faire de plus, si ce n'est demander aux deux benjamins de l'équipe de garder un œil sur le lieutenant Deeks et l'agent Hanna, Hetty quitta l'OPS. Une fois n'est pas coutume, aux vues de l'importance de l'affaire dont ils se chargeaient tous. Avec Granger, ils se rendaient sur le terrain, rejoignant l'escadron de l'armée dont on leur avait imposé la présence non loin du périmètre défini par Sidorov lui-même. Histoire d'être en capacité de déployer ces hommes pour récupérer les bombes, dés l'instant où les agents infiltrés découvriraient leur position. Il était inutile de préciser que le président et toute la hiérarchie militaire étaient en attente impatiente de tout résultat probant. Raison pour laquelle, quelque peu détachés de la réalité du terrain, ils avaient tous insisté sur l'importance que leurs meilleures ressources tactiques et militaires soient mises à contribution. Inconscients que ce surcroît d'hommes à gérer ne fasse que leur compliquer la tâche. En parallèle à ce déploiement exceptionnel, le mot d'ordre matraqué en hauts lieux restait le même, ferme et inéluctable. Peu importait le prix et coût humain, tant que les victimes n'étaient pas des civils. Ne pas aboutir à un Happy End défini par l'extinction de la menace nucléaire n'était pas une option.

Les portes du MTAC étaient finalement à peine refermées sur leur patronne, que les sachant enfin seuls, Nell – restée jusqu'alors en retrait – craqua littéralement.

- Je n'y arriverais pas, Éric.

Le jeune homme se retournant pour lui faire face, il vit sa partenaire au regard, lui aussi fixé sur l'image de Deeks. Impossible pour lui de ne pas savoir de quoi elle parlait.

- Tu as entendu Granger.

- Mais, on ne peut pas le laisser comme ça…

« … à crever comme un chien. » Mourrait-elle d'envie d'ajouter. Car si Deeks bougeait parfois suffisamment pour prouver qu'il n'en était encore rien, il n'en restait pas bien loin. Le sang s'échappant toujours de sa bouche, lorsqu'il toussait, laissait à penser qu'il souffrait d'une importante hémorragie interne. Or, si des côtes cassées avaient crevé ses poumons… Ce n'était plus qu'une question de minutes avant qu'ils ne le perdent. Alors qu'ils connaissaient sa position et pouvaient le rejoindre en moins d'une dizaine de minutes, s'ils affectaient un hélicoptère pour s'y rendre.

Bien sûr, elle connaissait les consignes. Elle savait qu'elles étaient les risques à agir. Mais décemment, elle ne pouvait accepter d'assister sans réagir à la mort en direct de son ami. De leur ami à tous ! Si la jeune femme possédait une très grande famille de sang, au sein de laquelle elle était aimée et choyée. Elle n'en avait pas moins développé une affection sans borne pour chacun des membres de l'équipe d'élite du NCIS de la cote Ouest. Une équipe dans laquelle Deeks avait une place tout aussi importante en son cœur que Callen, Kensi ou Sam… Ils étaient tous comme des frères et sœur pour elle. Or dans son éducation, on lui avait appris qu'on n'abandonnait pas un membre de sa famille, sur le bord de la route. Bien au contraire, on risquait tout pour lui… quel qu'en soit le prix et les risques encourus.

Raison pour laquelle, elle avait fait son choix. Même si cela lui faisait tout perdre, lui coûtait son poste ou sa liberté, elle ne resterait pas plus longtemps sans réagir. Aussi, se levant d'un bond, elle informa Éric de sa décision.

- J'y vais.

- Nell… Non…

Aux yeux noirs dirigés sur lui, Éric avala non sans peine sa salive. Sauf, que loin de le lui refuser, tout aussi désireux d'agir, le jeune homme n'en niait pas moins de nouveau son action irréfléchie.

- Comprends-moi, bien. Je ne peux pas…

Si Nell pouvait toujours s'évincer sans que personne ne puisse trop s'en rendre compte. Le concernant, il n'en était rien. S'il pouvait gérer seul les multiples demandes arrivant au MTAC, dans ce type de situation - comme il l'avait si bien prouvé des années durant, avant l'arrivée de Nell à ses côtés. Il se savait en revanche véritablement indispensable à son poste. Si bien que même s'il aurait aimé l'accompagner, ce n'était pas envisageable sans mettre tout le reste de l'équipe en danger. Kensi et Callen auraient encore besoin de lui et de ses capacités. Comme il devait continuer à veiller sur Sam. Mais plus encore, quand bien même, il aurait pu s'échapper de ce poste. Lui n'était de toute façon pas un agent de terrain.

- Bien sûr que tu peux, Éric ! Nous savons tous deux que tu pourras sans mal, tout gérer seul d'ici.

- Je ne dis pas le contraire.

- Alors, quoi ? Ne me sors pas que tu ne veux pas que j'y aille ? Je ne te croirais pas.

- Laisse-moi finir, tu veux. Bien au contraire, j'aimerais que tu t'y rendes. Mais je ne peux pas te laisser y aller comme ça.

- Comme quoi ?

- Seule ! Avec notre chance, tu vas y arriver pile au moment où d'autres hommes de Sidorov vont y retourner.

- Contrairement à toi, je suis entraînée pour le terrain.

- Il n'empêche qu'il te faut quelqu'un pour assurer tes arrières !

Sachant bien ce qu'elle allait lui rétorquer, il la devança.

- Quelqu'un de physiquement présent à tes côtés. Et Granger et Hetty ont été catégoriques.

Souriant de toutes ses dents, Nell le lui confirma avec plaisir.

- Je dirais même qu'ils ont été des plus précis : « Si d'aventure nous découvrons leur situation avant d'avoir récupéré les bombes, aucune équipe de terrain du NCIS ne devra se rendre sur place. » Mais si nous suivons la couverture de Deeks… poursuivit-elle.

Comprenant subitement, ce à quoi la jeune femme pensait, l'informaticien sourit à son tour à leur subite bonne fortune.

- Au regard de Sidorov, s'il a pu s'évader, il serait logique qu'il appelle à l'aide.

- Et qui d'autre que son propre camp pourrait-il contacter pour obtenir quelques renforts ?

- Mais je ne peux pas diriger une équipe de police, Nell.

- Toi non. Mais nous connaissons quelqu'un qui doit une faveur à Hetty et qui ferait tout pour sortir son homme d'une telle situation.

- Bates ! Sauf que l'informer et réclamer son aide au nom de Deeks, signifie que pour le NCIS, celui-ci aura flanché et réclamé un support extérieur, bien que Granger le lui ait refusé.

Ce qui ferait passer leur ami aux yeux de tous, comme un petit flic dénué de volonté, parti pleurer dans les jupons de sa mère nourricière qu'était la police de LA, suite au rejet du très paternel NCIS.

- Jamais Deeks ne supportera qu'on le perçoive de la sorte.

- Éric. Il est de la police. Les ordres de Granger n'ont aucune légitimité sur lui. Il ne risque rien de sa part. Tout au plus, sera-t-il boudé par le NCIS et obligé de retourner un temps bosser chez les flics.

- Nell… Tu sais ce que cela signifie ?

- Que je préfère avoir un ami vexé repartant quelques mois au LAPD avant de nous revenir, que d'aller dans deux jours déposer une rose sur sa tombe.

Sûr que vu de la sorte, Éric n'eut guère d'arguments plus valables à lui opposer.

- Ok. J'appelle Bates, pour qu'il vienne te prendre.

Leur plan étant « presque » sans accro, chacun réagit avec rapidité. Nell partit aussitôt chercher son arme, tandis qu'Éric décrochait son téléphone.

Bien sûr, ils interprétaient les ordres à leur convenance, fomentant une véritable petite mutinerie dans le dos de Granger. Mais leur sauvetage n'aurait aucun lien avec le NCIS. Quant à Nell, n'étant pas un agent de terrain, les consignes restaient en tout point respectées. Alors qu'elle passait une dernière fois au MTAC récupérer une oreillette et obtenir confirmation qu'un escadron du SWAT s'apprêtait bien à décoller du premier district, pour venir la chercher au hangar à bateau, Éric la conforta dans sa décision.

- Ramène-le nous vivant.

Acquiesçant du chef avec tout le sérieux que la situation exigeait d'eux, la jeune analyste le quitta sans plus attendre. Tous deux mesuraient leur chance que le commandant Roger Bates ait pu aussi vite se rendre disponible pour les aider et mettre en marche une véritable équipe d'assaut...

NCIS - LA

19H35 – 1st District de la police de Los Angeles

Ce soir-là, l'ex-lieutenant Bates - fraîchement promu Commandant - ne se doutait pas qu'en décrochant son téléphone, sa soirée s'apprêtait à basculer.

Il allait quitter le poste de police, las que sa nouvelle position lui impose subitement un surcroît de travail administratif pénible et peu enthousiasmant. Il glissait même déjà ses clefs pour fermer son nouveau bureau, quand l'insistance de son téléphone portable le poussa à abandonner lesdites clefs dans la serrure pour mieux décrocher.

- Bates.

Le policier n'eut alors aucune chance de dire un mot de plus que l'agent technique du NCIS de sa connaissance l'accabla d'une somme d'informations quelque peu… déroutantes.

Le jeune homme ne prenant pas quatre chemins pour lui exposer la situation, les termes très précis de « menace nucléaire », « terrorisme d'état » et « question de vie ou de mort » pour son lieutenant et ami Marty Deeks, l'incitèrent à abandonner clef et sacoche pour partir au pas de course au sous-sol du commissariat : Le lieu de retrait des seuls agents de police aptes à agir en telle situation, l'unité d'élite de leur corps d'armes.

Appréciant que les derniers travaux effectués dans le poste de police leur permettent dorénavant de conserver le réseau téléphonique dans les ascenseurs, Bates concéda facilement à la seconde requête soumise par l'informaticien.

- Pas de problème. Je passe prendre l'agent Jones sur le parking portuaire jouxtant votre hangar à bateau. De votre côté, envoyez-moi les coordonnées où le trouver et toutes informations susceptibles d'être utiles pour une prise d'assaut de la propriété.

Remerciant la bonne étoile de ce bâtard chanceux de Deeks, lui ayant permis d'avoir à cet instant sa nouvelle position hiérarchique indispensable pour réquisitionner une équipe du SWAT, l'homme eut un sourire bref, au sentiment de puissance que sa nouvelle position lui offrait. Ne pas devoir rendre de compte à quiconque était un plaisir sans nom. D'autant qu'en ayant eu la confirmation de l'agent Beal que l'agent Hanna n'était plus dans la propriété où se trouvait son lieutenant, la situation ne concernait strictement plus que la police. Aussi n'avait-il pas même besoin d'en référer au NCIS avant action, pour agir comme bon lui semblait.

Malgré tout conscient de toute l'importance de ce que ses actes allaient provoquer, l'ascenseur arrivant enfin auprès de l'équipe recherchée, c'est sans plus attendre qu'il hurla ses ordres, enclenchant sans l'ombre d'une hésitation la procédure standard de récupération d'urgence d'un policier requérant assistance.

NCIS - LA

19H45 – Parking de la Marina Del Rey

Comme Nell l'espérait, il ne fallut qu'une dizaine de minutes pour que l'un des deux hélicoptères de la police affrétés par le SWAT vienne la prendre. Direction, aussitôt qu'elle fut embarquée, les hauteurs du mont San Gabriel où se trouvait Marty Deeks.

L'avantage d'un tel moyen de transport était bien leur capacité à atteindre leur objectif en une poignée de minutes. Ayant en parallèle appelé une ambulance, cette dernière mettrait un peu plus de temps à les rejoindre. Mais cela permettrait à l'équipe de sécuriser les lieux en son attente. Sachant que si l'urgence se faisait ressentir, ils seraient toujours en capacité d'extraire Deeks par le biais des airs, jusqu'à l'hôpital central de LA.

Atterrissant à quelques centaines de mètres de leur cible pour rester le plus discrets possible… malgré le bruit non camouflable des appareils en vol, deux escadrons de trois hommes s'infiltrèrent dès lors en silence par l'arrière de la demeure.

Les suivant de quelques pas, l'agent Jones et le commandant Bates n'avaient eux qu'un seul objectif : retrouver au plus vite, leur ami.

- Prenez garde ! Il y a subitement du mouvement sur site ! les informa Éric par le biais de l'oreillette portée par Nell

- Rien d'anormal, le SWAT vient de s'infiltrer par l'arrière-cour.

- Sauf que les hommes que je repère viennent de passer par l'entrée et sont loin d'être habillés comme des flics ! MERDE !

- Éric ?

- C'est la cata ! Je ne vois plus Deeks et Sam est toujours en arrêt à l'entrée de la ville ! [2]

Inquiète par toutes ces nouvelles qui ne présageaient rien qui vaille, Nell n'eut pas plus le temps de la réflexion qu'elle fut vivement poussée derrière un muret par Bates. Ils essuyaient des tirs qui prouvaient par les faits qu'ils n'étaient effectivement pas seuls sur les lieux.

Mais très vite, l'équipe du SWAT les accompagnant se dispersa sous les ordres de leur chef pour prendre aisément la situation en main. Il n'était pas nécessaire d'être militaire pour appartenir à une unité d'élite. Et ces hommes d'armes - crème de la crème de la police de LA - avaient depuis longtemps déjà, largement prouvé leur efficacité en situation d'urgence. Sans compter que savoir qu'ils venaient exfiltrer l'un des leurs, les incitait sans doute à donner un peu plus encore le meilleur d'eux-mêmes.

Ne voyant plus aucune trace de Deeks par le réseau de caméra de surveillance, Éric était à la fois rassuré et paniqué. Comment avait-il seulement réussi l'exploit de sortir de son champ de vision sans qu'il ne puisse le voir ? Arrivée à la même conclusion, toujours repliée derrière son mur, Nell ne manqua pas de le houspiller pour son manque d'attention.

- Comment ça, tu ne le vois plus ? Qu'est-ce que tu fous Éric ?

- Je… j'étais en train de prévenir Callen de l'arrêt persistant de la voiture conduite par Sam quand en une seconde Deeks a disparu du retour vidéo de l'entrée.

Les tirs s'amenuisant au fur et à mesure de l'avancée efficace et rapide du SWAT, leur communication ne s'en fit que plus aisée.

NCIS - LA

19H55 – Villa de Mikhail Andros dans les hauteurs du Mt San Gabriel

Si c'était le bruit produit par deux hélicoptères surplombant la zone qui l'avait tiré de son assoupissement ; C'est bien la vue de quatre voitures aux phares allumés, montant la pente menant à la propriété qui avait incité Marty Deeks à se traîner dans un recoin hors de vue des différents protagonistes en approche. Reprenant son arme en main, l'homme grimaça en constatant qu'il ne lui restait que trois balles. Le défaut des petits 38 limités à des chargeurs de six balles… Avec les deux tirées à chaque pied d'Andros et celle utilisée pour flinguer la caméra de surveillance de la salle blanche… ce qui lui restait en main ne suffirait jamais pour lui permettre de défendre une position. Aussi privilégia-t-il la retraite stratégique. Ou comment se planquer le temps de voir comment évoluait la situation, ignorant encore tout de l'identité de ses invités-surprises.

Si très vite, il reconnut une partie des hommes ayant pris d'assaut la demeure - au cri d'un membre du SWAT s'identifiant clairement comme tel, en guise de sommation précédant leurs tirs. La logique lui permit facilement d'en conclure de quel coté était leurs opposants, pour la plupart habillés de costard.

Les deux camps clairement identifiés, il aurait souhaité participer aux échanges. Mais démuni d'arme véritablement chargée, il ne pouvait leur apporter une grande aide. D'autant plus, quand en tentant de soulever le 38, il réalisa que son bras tremblant ne permettait aucun mouvement stable. Aussi, quand il vit Michael Zhrov surgir subitement devant lui, sa propre arme clairement dirigée sur son visage : Deeks comprit fataliste qu'il avait été repéré par ce dernier. Se sachant tout bonnement à bout de force, suite à son dernier déplacement. Il avait plus encore conscience qu'il ne serait jamais assez rapide pour lui opposer la moindre résistance.

Alors, voilà. Ils y étaient… Malgré toute sa bonne volonté et sa croyance à agir au mieux en restant en ces murs, sa dernière heure était bel et bien arrivée pour lui. N'en braquant pas moins son arme, dans un réflexe d'autodéfense qu'il ne pouvait se restreindre, Deeks entendit presque serein la déflagration. Mais étonnement, aucune nouvelle douleur n'y succéda.

Observant stupéfait son torse indemne, il réalisa incrédule avoir bien été raté. Regardant finalement tout autour de lui, c'est encore plus sidéré qu'il découvrît son attaquant s'effondrer au sol. Et derrière lui…

- Nell ?

Qu'est-ce que…. ? Qu'est-ce que la jeune femme faisait ici ?

Accablé par la douleur aiguë habitant son corps, la vue trouble, il observa de nouveau le corps mort du russe véritablement tué de sang-froid par l'analyste de l'équipe.

OK. Aussi stone soit-il, il ne s'y attendait clairement pas. Ni de sa présence et encore moins de son geste. En tout cas, rêve éveillé ou réalité… Elle savait viser la petiote.

A priori, pas moins choquée d'avoir agi de la sorte, son amie observait tout autant médusée que lui le corps sans vie de l'associé de Sidorov, quand une ombre s'avançant vers elle informa Deeks qu'ils n'étaient pas encore tirés d'affaire. Sachant qu'aucun membre du SWAT ne jouerait à s'approcher d'eux sans bruit les sachant du même camp - cela ne répondait clairement pas à leurs méthodes, avec lesquelles il avait été un temps jadis familiarisé. Il n'eut aucune hésitation à viser et tirer ses trois balles dans le torse de cette silhouette menaçante.

Une action qui cette fois-ci surpris la douce Nell, se tournant frénétique pour apercevoir la menace s'écrouler, tué sous ses coups. Elle qui pensait venir sauver Deeks… ce dernier venait à l'instant de lui rendre la pareille.

Ce énième danger éliminé, c'est en levant à peine son bras sain que Deeks lui offrit le sourire sanglant du Joker.

- Tape-m'en cinq, little red ! [3]

Bien qu'encore stupéfaite d'avoir réagi aussi vite, en éliminant Zhrov, tout en négligeant de façon si flagrante ses arrières, telle la bleue qu'elle savait encore être. Nell se précipita vers Deeks qui l'avait tout autant sauvé du pire, au même instant. S'agenouillant près de lui, elle céda d'abord à sa requête d'échanger leur signe de gang. Celui conçu la fois où elle s'était sortie seule d'une prise d'otage dans la Kill House, quand l'équipe avait infiltré un groupe de formateurs d'unités d'assaut. [4]

- Joli tir. lui murmura-t-il

- De même, Deeks. Comment tu te sens ?

- Franchement, pas bien.

- Une ambulance sera là dans quelques minutes.

- Une femme selon mon cœur… toussa-t-il, doucement. Comment vont les filles ?

- Toujours sous couverture. Kensi a pris la place de Maya Yerzov, trop blessée pour continuer. Et de ce que j'en sais, à cet instant, Michelle vient tout juste d'être rejointe par Sidorov.

- Il a affiché des doutes quant à sa couverture ?

- Toujours pas. Comme il semble toujours ignorer que ses deux autres recrues féminines sont aussi un agent et une flic russe sous couverture.

- Sérieux ? s'étonna-t-il de l'information, pas même sûr d'avoir bien tout compris.

- Que veux-tu, Sidorov semble complètement aveugle quand il s'agit de recruter des femmes.

Nell inspectant jusqu'alors chacune de ses blessures, Deeks la stoppa finalement pour se saisir de ses mains baladeuses quand elle s'enquit de toucher à ses coupes faciales.

- Ça va, Nell. souffla-t-il épuisé. Le sang va finir par coaguler.

Pour Deeks, à cet instant, il y avait bien plus urgent que de se soucier de son état. Comme, lui expliquer sa présence en ces lieux. Une présence qui n'avait rien d'anodin, suite aux ordres donnés très clairement par Granger, quand ils avaient parlé au téléphone. Qu'avait-elle donc fait ? Échangeant un regard lourd de signification avec la jeune femme, sachant parfaitement que sa venue n'était pas autorisée par le NCIS. Deeks voulut surtout comprendre ce qui avait bien pu la pousser à agir de la sorte. Mais alors qu'il allait le lui reprocher, le visage empli d'inquiétude et de soin qu'elle lui retourna eut pour don de le faire taire.

Comment pouvait-il seulement la sermonner d'avoir agi avec tant de loyauté ? Il ne pouvait décemment nier à quel point sa présence le touchait, si forte de symbole à ses yeux. S'il s'imaginait depuis son enfance comme dispensable, sans importance pour tout à chacun. Nell, en risquant sa carrière entière par son acte de rébellion, lui prouvait subitement à quel point il pouvait aussi réellement compter pour quelqu'un. Son acte était si désintéressé et ampli de générosité… qu'il ne pouvait être écarté d'un sermon ou réprimande de la part de son bénéficiaire.

Les deux jeunes gens se réconfortant, pour ne pas dire, se nourrissant tout simplement de cet échange visuel s'attardant entre eux. Ni l'agent Jones, ni le lieutenant Deeks n'eurent alors l'attention suffisante pour entendre une troisième personne s'approcher, avant que de nouveaux coups de feu investissent leur position.

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À suivre.


[1] « Putain ! » en russe dans le texte.

[2] Vous comprendrez cette allusion plus tard

[3] Dans de nombreuses fics anglaises, Deeks ou Callen nomment Nell : « Litte Red ». J'ignore si cela vient de la vo, ou de l'idée d'un auteur reprise par d'autres. Mais j'aime beaucoup ce surnom pour l'analyste rousse.

[4] Cf. fin de l'épisode 4x12

Désolée pour ce chapitre riche en évènements et a contrario si pauvre en émotion. Mais c'était malheureusement un passage obligé pour repositionner chaque personnage dans le grand jeu des chaises musicales.

Sinon, comme vous l'aurez remarqué. Si j'ai décidé d'intégrer Bates à l'équipe de secours envoyée chercher Deeks. J'ai surtout tenté de suivre les rumeurs sur l'épisode 5x01 voulant que ce soit Nell qui finisse par prendre en main les rênes de l'opération. Même si je me doute qu'elle y aura un rôle certainement différent dans la série lol.

À très vite, j'espère, pour mon second chapitre préféré de la fanfic, avec une mise en "action" de Nell et Deeks, jouant à fond la carte de l'actor studio... ;)

Mimi yuy

À très vite, j'espère !

Mimi yuy