La suite qui va sans tarder vous révéler pourquoi l'unité de l'équipe se trouve on ne peut plus en danger. Sauf que comme ce n'est pas méga relu. Par avance pardon s'il reste des fautes ou tournures de phrase pas terrible. Mais c'était ça ou pas d'update avant lundi ^_^''
J'ajoute que j'ai ENFIN l'occasion de vous proposer ma version du pourquoi Sam aura tout du long agit comme il l'a fait. En espérant que vous puissiez adhérer à ma théorie. Sachant qu'elle est basée sur de vraies recherches médicales sur le net et non issue de mon simple souhait que cela puisse être vrai. Verdict à la fin de ce chapitre, je devine ^_^''
Bonne lecture !
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BROKEN ARROW
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21H20 - Multiple Threat Alert Center du NCIS de Los Angeles
Nell avait à peine franchi les portes coulissantes et foulé de quelques pas le MTAC qu'Éric se précipita sur elle pour la serrer à l'étouffer de longues, très, très, très longues minutes. Elle lui avait fait si peur quand Deeks avait demandé à Bates de simuler son meurtre. Si peur… Qu'il se moquait bien de l'image qu'ils donneraient aux caméras de surveillance espionnant les lieux.
Ne lui reprochant aucunement son comportement qu'elle estima pourtant excessif, la jeune femme qui lâcha son sac dans le mouvement, profita plutôt du réconfort offert par cette étreinte. Nichée contre son torse ferme, elle inspira alors profondément les effluves de l'océan imprégnant toujours ses chemises hawaïennes. L'odeur caractéristique d'Éric qui l'aida à calmer son propre stress.
- Jamais… jamais plus tu ne pars seule, sur le terrain, sans l'un d'entre nous avec toi.
- Je suis parti avec Bates.
- Qui t'a laissée seule sur place !
- Éric… Il y avait plus de six hommes dédiés à ma seule protection, là-bas.
- Je ne veux pas le savoir.
Le laissant avoir son moment, consciente qu'il n'était jamais facile d'être celui restant au QG, avec la frustration d'être parfois tout simplement incapable de les aider. Nell apprécia - quand il se détacha finalement de lui-même - qu'il joue alors distraitement avec l'une de ses mèches rousses. Un sentiment fort de tendresse à son égard qui donna très vite place à l'amusement quand son ami s'écarta subitement de deux pas, rougissant furieusement en réalisant combien affectueux et soucieux, il venait de se montrer à l'instant.
- Tu as eu des nouvelles de Deeks ? lui demanda-t-elle finalement pour camoufler une partie de leur gêne réciproque.
- D'après Bates, pour l'instant, tout se passe au mieux pour lui.
- Bien…
Voyant bien que Nell était tout sauf bien, Éric tenta de la pousser aux confidences.
- Hé ! Ça va aller ?
- Là bas… J'ai voulu…
- Tu as voulu quoi, Nell ?
- J'ai voulu l'accompagner. Rester avec lui.
Comprenant combien cela avait du lui coûter d'avoir du abandonner un ami quand ce dernier avait le plus besoin de soutien, l'informaticien ne douta pas moins qu'elle avait agit au mieux.
- Tu ne pouvais rien lui apporter de plus que Bates. Tu as eu raison de rester là-bas.
- C'est ce qu'il m'a dit.
- Dans ce cas, il n'y a rien à regretter.
Sachant que la jeune femme lui en voudrait trop s'il venait à l'infantiliser. Sa petite taille n'étant en rien proportionnelle à son hardiesse et capacité à encaisser ce genre de crise, Éric l'incita plus sûrement à reprendre leur rôle au sein de l'équipe.
- Tu as finalement trouvé quelque chose d'exploitable ?
- Des tas. Mais une, surtout.
Car si elle rapportait avec elle une somme de disques durs emplis d'informations qu'elle supposait de grands intérêts pour la police locale dans leur lutte contre le trafic sexuel et les vidéos underground. Elle ne doutait pas d'avoir aussi trouvé à une moindre mesure quelques informations tout aussi instructives dans leur propre guerre permanente des milieux proches du terrorisme international. Pour autant, c'est un disque dur bien particulier qui possédait pour l'instant, toute son attention. Un disque dur qu'elle savait déjà enfermer les enregistrements des caméras vidéo de la demeure d'Andros sur les dernières heures. En d'autres termes, le support possédant dans ses entrailles l'interrogatoire de leurs deux amis. De quoi leur permettre de savoir une bonne fois pour toutes, ce par quoi Sam et Deeks étaient passés.
Restant alertes, si d'aventure Kensi ou Callen requéraient leur aide, les deux jeunes gens branchèrent sans tarder cette mine d'information à leur PC pour en charger les vidéos et commencer à les trier.
- Merde…
Ce n'était pas très élaboré comme remarque. Mais à cet instant, Éric n'avait pas d'autres mots à son vocabulaire. Sur son écran, il venait de découvrir le retour vidéo montrant Sidorov et son acolyte électrocuter Sam.
- Oh mon Dieu !
A priori, Nell n'était pas plus inspirée quant aux mots exprimant son ressenti à l'observation des mêmes images.
- Deeks ne t'a rien dit ?
- On n'en a pas vraiment eu le temps. Mais en plus d'avoir été poignardé et tiré par balle. Le concernant, son visage était marqué de nombreux coups et profondes coupures. Il a aussi brièvement parlé de ses dents.
Passant la bande en accéléré, ils virent très vite les Russes délaisser Sam pour quitter le champ de vision. Un instant plus tard, les yeux et le maintien de l'ex-Navy Seal changèrent du tout au tout.
- Il doit assister à quelque chose. Cherche sur les autres bandes le time code de 16H20
Cherchant tous deux frénétiquement dans les autres fichiers vidéo, Nell cria quand elle sut qu'elle avait trouvé. Sur l'enregistrement : le plan large d'une chaise en bois sur laquelle ils virent Deeks être installé de force à 16H précise.
Après avoir assisté à un premier échange musclé entre lui et ses deux tortionnaires, ils accélérèrent de nouveau la bande pour deviner à quel instant, le jeune homme du observer Sam se faire rôtir la peau via la fée électricité. Alors seulement, ils assistèrent à l'impensable.
- Non !
Refusant d'en voir plus, Nell se détourna de son écran pour cacher son visage contre l'épaule de son partenaire assis tout à côté.
Comprenant sans mal le souhait de la jeune femme de ne pas vouloir garder à l'esprit ce genre d'image. Éric, lui observa avec attention chaque seconde des exactions perpétrées sur son ami. Loin d'être empli d'un désir sadique à le voir souffrir. Il avait avant tout le souhait d'engranger le maximum d'informations utiles. Il devait savoir avec exactitude ce par quoi Sam et Deeks étaient passés pour mieux en informer le moment venu leurs médecins ainsi qu'Hetty.
Poursuivant leurs observations, les deux agents techniciens plongèrent ainsi toujours plus profondément dans l'enfer de leur tache auto-attribuée.
NCIS – LA
22H15 - County General Hospital de Los Angeles
Alors que Deeks reposait depuis un moment déjà dans une chambre privée, le jeune homme se réveilla doucement pour découvrir sans beaucoup de surprises le commandant Roger Bates assis à son chevet. Cela faisait bien des années que personne de la police n'avait ainsi joué les veilleurs pour lui.
- Encore là ? souffla-t-il tout doucement, conscient qu'il ne devait pas trop ouvrir les lèvres aux tiraillements ressentis dés ses premiers mouvements.
- J'attendais que tu te réveilles pour prendre ton rapport.
- Mon rapport ?
Heureusement qu'il savait avoir un tant soit peu d'importance aux yeux de son supérieur. Sans quoi, il aurait vraiment cru qu'il n'était présent que pour cette basse besogne.
- Sauf erreur de ma part, je bossais pour le NCIS. fit-il tout de même remarquer.
- Pas de ce que j'ai cru comprendre de ton rôle officiellement officieux dans cette affaire, suite à ta séquestration.
Ce qui n'était pas faux. Sa couverture improvisée voulant qu'il soit de nouveau un flic des stups. Comprenant que Bates ait besoin de justifier l'enclenchement de la procédure de récupération d'urgence d'un policier en péril, Deeks tâcha de retrouver l'usage de son cerveau, malgré les effets secondaires des sédatifs dont on l'avait bourré sans même lui demander son accord. Foutus charlatans de médecins ! Mais avant cela, il devait savoir. Savoir ce qu'il advenait de ses équipiers.
- L'opération est toujours en cours ?
- Du peu que j'en sais. Tout est plutôt terminé.
- Les bombes ?
- Sous bonne garde d'une troupe de marines émérites.
- Sidorov ?
- Sur ce point, on a été on ne peut plus explicite avec moi. Définitivement hors d'état de nuire.
- Alors, c'est vraiment terminé ?
- Opération close avec succès. Et retour vivant de tous les agents impliqués. Pour le reste des détails sur qui a survécu à quoi, faudra voir avec ton équipe.
- Ok.
A priori, cela signifiait qu'il n'avait peut-être pas tout foutu en l'air. Soupirant, ainsi rassuré de toutes ces nouvelles, Deeks n'en manqua pas de revenir à leur sujet premier.
- Et donc, tu veux quand même un rapport ?
- Oui. Alors si tu pouvais retrouver tes esprits quelques minutes… À moins que tu préfères que ce soit la petite Ninja du NCIS qui vienne t'harceler un peu plus tard chez toi ?
Sortant toujours difficilement des méandres de son sommeil, Deeks se frotta naturellement les yeux pour espérer s'assurer de ce qu'il entendait. Pas que ce soit les yeux qui permettent à ses oreilles de mieux fonctionner. Mais une fois extraits du nuage de coton dans lequel il se trouvait, les mots prononcés par Bates lui parurent bénis des Dieux.
- Chez moi ? Sérieux ? Ils me libèrent déjà ?
- Rêve pas crétin ! Mais comme je sais que tu finiras bien par te carapater contre avis médical, autant qu'on t'extraie des lieux de manière plus adulte.
- T'es en train de me dire que tu vas m'aider à fuir ?
- Franchement, je préférerais que tu restes ici pour la nuit.
- Je suis mourant ?
Amèrement amusé par cette demande - toujours la même question posée, chaque fois qu'il avait pu être celui à son chevet - Bates le contredit aussitôt.
- Non.
- Invalide ?
- Non.
- Alors, je sors.
- Marty… Tu as subi une anesthésie générale et dois encore planer de toutes ces drogues dont on t'a bourré.
- Hé ! J'ai dit vouloir partir. Pas que je refusais ton aide. lui rétorqua-t-il taquin.
- Hum… Quand ça t'arrange. En attendant, sache qu'une partie de tes équipiers du NCIS sont déjà sur place. L'agent Sam Hanna a aussi été hospitalisé, ici. Donc si tu restais, tu pourrais partager une chambre avec lui quelque temps. Je suis sûr qu'ils laisseront vos partenaires respectifs rester à vos côtés aussi longtemps que désiré. Ça ne te plairait pas plus ?
Au silence pesant obtenu pour réponse, Bates ne fut pas dupe du souhait de son homme à vouloir changer de sujet.
- Tu te doutes bien que même en restant dans ton coin, ils ne tarderont pas moins à venir jusqu'à toi ?
- Raison pour laquelle on va en finir, au plus vite. Je refuse de les voir. Et si t'en parles de nouveau, je me casse sans toi.
- Dis celui qui est blessé dans un lit d'hôpital. T'auras beau dire ou faire. Aujourd'hui comme hier, je serais toujours celui qui te rattrapera par la peau du cul.
- Tu veux parier ?
- Toujours le même, hein...
Comprenant au fond de lui, les raisons de sa réaction, Bates céda sans mal.
- Ok. On reste entre flics, gamin. Et comme au bon vieux temps, j'irais te chercher la décharge à signer et t'aiderais à rentrer chez toi.
Au clin d'œil offert pour agrémenter sa remarque, l'homme fut rassuré de voir le retour de l'étincelle de vie dans les yeux bleus océan.
- Merci.
Un remerciement si sincère et dénué de sarcasme, que le policier en fut pour peine de s'inquiéter un peu plus. Si Deeks ne voulait pas voir à ce point ses équipiers dont il était le si fervent admirateur depuis leur rencontre. Cela ne pouvait que prédire de vraies difficultés à venir entre eux tous. Sachant maintenant, que le questionner sur ses raisons d'agir de la sorte - avec son état d'esprit actuel - n'apporterait rien de bon. C'est bien plus subtilement que l'homme décida d'obtenir plus de lumière sur les raisons d'une telle réaction.
- Bien. Mais avant de la jouer remake de la Grande Évasion… Rapport. rappela-t-il donc, non sans arrière pensé, en agitant son bloc note et stylo.
- hummmm.
Si Deeks tenta bien le regard de chiot battu sur son boss. Il sut pertinemment que ce dernier n'avait jamais eu l'efficacité voulue sur lui. Aussi abdiqua-t-il finalement. Conscient que l'homme respecterait sa part du contrat, s'il était coopératif sur ce point.
- 'kay.
NCIS - LA
21H45 - Multiple Threat Alert Center du NCIS de Los Angeles
Quand Kensi mit un point final à ce fichu rapport qu'on lui avait imposé de revenir écrire, la jeune femme le déposa consciencieusement sur le réseau, dans le dossier relatif à l'opération. Puis allant en chercher la copie à l'imprimante, signa cette dernière avant de la déposer sur le bureau d'Hetty. Enfin… À l'évidence, le bureau de Granger à cet instant précis.
- Agent Blye. Encore là ?
- Mon rapport.
- Merci. J'apprécie votre souci des formes… Vous pouvez disposer !
Sortant rapidement de sa brève apathie, Kensi le salua brièvement, heureuse d'être enfin libérée de toute obligation. Retournant prendre son sac de voyage et clef de voiture personnelle, sachant qu'elle aurait besoin de son kit d'urgence pour le temps qu'elle comptait bien passer au chevet de son partenaire. Kensi hésita une demi-seconde entre partir dans l'instant ou prendre une petite minute supplémentaire pour s'informer auprès d'Éric sur le sort des autres.
La raison l'emportant une nouvelle fois sur sa passion – Ou était-ce plus sûrement le besoin inconscient de repousser de quelques minutes encore ses retrouvailles d'avec son équipier qui l'avait embrassé des heures plus tôt. Des heures qui lui parurent avoir duré des semaines entières, tant cela lui paraissait lointain et irréel dans son esprit. – C'est non sans culpabiliser d'être aussi faible quant à l'idée de devoir s'ouvrir à son tour à Deeks, qu'elle grimpa deux à deux les marches menant au MTAC.
Peut-être pourrait-elle encore repousser l'instant ultime des confidences mutuelles et effusions d'émotions avec Deeks, si elle l'approchait pour commencer en compagnie de Nell ou Éric ? Peu fière d'avoir seulement eu cette idée, la jeune femme passait les portes coulissantes quand elle entendit un cri d'agonie - bien que très atténué - s'extraire des lieux. Un cri qu'elle reconnut avant même de voir le retour vidéo dont il était extrait. Un cri effroyable qui la glaça aussitôt d'effroi. Mais ce ne fut rien, comparé aux émotions ressenties à la vue de son partenaire recevant une balle dans la jambe.
- Qu'est-ce que… ? souffla-t-elle de stupeur.
- KENSI !
Se relevant tous deux d'un bond, se sentant pris par surprise pour un acte qui leur sembla à cet instant répréhensible, Nell comme Éric restèrent tout autant sans voix au visage blanc affiché par leur amie. Mais comment s'en étonner, sachant ce qui se déroulait sous leurs yeux.
Reprenant finalement la première vie, Nell alla chercher Kensi par la main pour l'inciter à venir s'asseoir à leurs côtés.
À cet instant, totalement oublieuse de son désir de se rendre à l'hôpital, tout simplement hypnotisée par l'horreur de la vidéo observée, Kensi serra violemment la main de Nell qu'elle tenait toujours, quand elle vit Deeks se faire poignarder. Puis de nouveau, ce fut l'analyste qui détourna les yeux en voyant revenir Andros muni d'une cuillère. Sachant parfaitement ce que cela impliquait, les dents serrées de colère, Kensi ne retint plus aucune larme d'impuissance et d'affolement. Elle refusait d'y croire. Il ne pouvait pas… Deeks ne pouvait pas avoir perdu ses yeux… ?
Au départ aussi impromptu qu'inespéré d'Andros - symbole de sauvegarde des yeux de bébé de l'homme aimé - la jeune femme s'autorisa à cet instant seulement, un très bref soupir de soulagement. Mais déjà une nouvelle vague de sentiments les accabla, sous la forme d'une succession rapide d'émotions s'imposant à eux. D'abord, la stupéfaction face à la dextérité et souplesse affichées par Deeks. Qui céda aussitôt sa place au respect, pour cette étonnante démonstration de ténacité dans sa tentative de libération qu'il réussit non sans sacrifice. L'homme s'imposant sans broncher des blessures aptes à lui laisser à jamais des stigmates sur son visage. Puis, il y eut enfin de nouveau la peur et l'effarement quand tous trois sursautèrent en chœur de surprise, au retour d'Andros, impliquant dès lors un combat aussi mémorable que remarquable. C'est finalement une forte bouffée de fierté qui gonfla le cœur de Kensi quand elle observa son partenaire brisé de toute part, trouver encore assez de force pour détacher Sam.
Ainsi s'était donc déroulée leur séquestration… Si seulement Sidorov et Andros n'étaient pas déjà morts… Kensi ressentait le besoin viscéral de les sortir d'outre-tombe pour les tuer de ses propres mains, une seconde fois.
Non moins, marquée par ce qu'elle venait de voir, Nell réalisait avec effarement que les coupes faciles qu'elle avait vues sur Deeks avaient été perpétrées par lui-même. Quelle force de caractère avait-il fallu à leur ami pour réussir à traverser tout cela, tout en restant assez alerte pour monter un plan diablement malin quand ils avaient interrompu les propres plans de Zhrov ? La jeune analyste était plus que jamais impressionnée par leur agent de liaison. Comment certains d'entre eux avaient-ils pu à ce point le sous-estimer ?
Plus terre-à-terre, Éric ne put lui oublier ce qui avait précédé ces évènements tragiques. Étant toujours celui aux commandes du MTAC durant leur opération d'envergure, il se souvenait même avec perfection des paroles exactes prononcées par Sam à l'égard de Deeks, quand ils se trouvaient de surveillance devant l'hôtel de Sidorov. Des paroles déjà difficiles à digérer en l'état, qui avaient dû avoir un goût bien amer pour son ami, quand il vit avec effarement comment Sam venait de le quitter - abandonnant délibérément un partenaire blessé, sans même dénier lui apporter les premiers soins, alors que ce dernier se vidait de son sang.
Une réaction qui choqua plus encore les filles.
- Je ne comprends pas. commença Nell. Si quand ils sont aux mains de Sidorov, ça me semble logique qu'ils ne laissent pas filtrer qu'ils se connaissent, pour ne pas leur donner plus de matière à les blesser. Mais là… Pourquoi ? demanda-t-elle sans même le réaliser à Éric.
- Je devine qu'il devait être trop inquiet pour Michelle et plus encore désireux de stopper Sidorov…
- Quand bien même. Cela n'excuserait en rien son comportement… les interrompus Kensi, qui dorénavant rongeait littéralement son frein.
Même si elle voulait bien croire que Sam soit parti chercher des secours, on ne délaissait pas ainsi un blessé dans cet état sans l'aider au moins un minimum. D'autant plus un partenaire !
Exigeant à voir la suite et fin de leur extraction, pour savoir quelles étaient les raisons cachées derrière l'attitude désinvolte de l'ex-navy seal, Kensi hallucina en découvrant la suite. Non seulement Deeks l'avait de nouveau aidé à fuir les lieux, mais Sam avait tout autant reproduit son abandon… Isolé dans son propre monde de colère, réalisant avec effroi à quel point Deeks n'avait pas été soutenu par celui qui à tout instant aurait dû être sa béquille, son soutien sans faille. La jeune femme ordonna plus que demanda, si elle devait en savoir plus.
- Je…
Jugeant qu'il était effectivement important qu'elle sache aussi par quoi Deeks avait d'abord dû passer – ne serait-ce que pour mieux pouvoir réagir face aux possibles séquelles dont son partenaire pourrait prochainement souffrir après « ça » - Éric prit sur lui de montrer à Kensi le tout début de l'interrogatoire, comme de l'informer de ce qui avait pu lui échapper durant toute cette affaire. Ainsi mise à jour de la situation, tandis que Nell regroupait sur une tablette l'ensemble des vidéos ainsi observées, c'est plus que jamais décidée à en découdre avec celui ayant failli dans son rôle, que la jeune femme emplie d'une colère sourde se leva sans plus un mot.
À la vue de Kensi quittant finalement les lieux, en proie à la fureur, Nell et Éric n'eurent guère à s'entretenir oralement pour savoir qu'ils devaient réagir.
- Vas-y ! ordonna aussitôt l'analyste.
- Quoi ?
- C'est ton tour de sortir d'ici ! Rejoint là pour partir avec elle et apporter à Sam et Callen la preuve en image de ce qu'elle va avancer. Sans quoi, leurs échanges ne seront basés que sur l'incompréhension et l'incrédulité de part et d'autre !
- Mais…
Prenant fermement le visage d'Éric entre ses mains, Nell se fit bien comprendre, d'un ton ferme et directoire qui n'offrit aucune place à l'objection.
- Nous devons sauver cette équipe, Éric ! Et tu es celui que Callen sera le plus à même d'écouter quand il prendra naturellement la défense de Sam face aux accusations de Kensi.
- Je… tu crois ? Bien… Ok…
Titubant presque en se levant de sa chaise, sous le poids du stress à devoir agir en dehors de l'espace feutré et réconfortant du MTAC, l'agent Beal retrouva toutefois suffisamment ses esprits pour rattraper à temps une femme armée détonant de colère.
NCIS - LA
22H25 - County General Hospital de Los Angeles
En lien constant avec Granger, Hetty savait qu'elle n'avait guère le choix. Si elle avait pu contraindre l'agent Blye de retourner à l'OPS y rédiger son rapport, elle savait bien qu'elle n'aurait pas tant d'écoute de la part de l'homme lui ayant sans hésitation raccroché au nez une heure plus tôt.
S'étant enfin débarrassé de ses obligations sur Pasadena, c'est donc induite par la pression de l'état major ayant ordonné un rapport substantiel sur l'ensemble de l'opération d'ici minuit que la petite femme se rendit à son tour à l'hôpital. Particulièrement désireux de comprendre les raisons expliquant la perte de l'ensemble des protagonistes à l'origine de la disparition puis revente des bombes nucléaires, les hauts gradés n'accepteraient aucun report ! Or si de la part des agents gravement blessés, il était acceptable que l'absence de tout témoignage soit remplacée par la simple retranscription des échanges audio les ayant impliqués. Pour Callen et l'agent Hanna de la CIA : le retour oral, ou écrit et dûment signé par leur soin, était indispensable !
Arrivée sur place, Hetty s'informa au prime abord sur l'état de son lieutenant de police. Apprenant tout aussitôt que le commandant Bates était toujours à ses côtés, et que le patient avait donné l'ordre de ne laisser personne d'autre l'approcher. Si la femme s'étonna de cette requête, elle jugea préférable de ne pas intervenir dans un premier temps contre cette dernière, sans doute conséquente à un évènement bien particulier. Sachant de toute façon Bates apte à gérer ce qui devait l'être avec Deeks. Elle se rendit plus sûrement à l'étage où l'agent Sam Hanna avait été installé et donc où elle serait plus à même de retrouver son agent senior. Une supposition qui se confirma quand elle repéra G. Callen stationné devant une porte de chambre.
- Agent Callen.
- Hetty.
- Comment vont-ils ?
- Le cardiologue est avec Sam. Quant à Michelle, elle est actuellement prise en charge dans un autre service. Malgré l'accident, elle ne souffre que d'une cheville cassée et d'un poignet foulé.
- Vous m'en voyez soulagée.
Hetty allait poursuivre quand le médecin sortit de la chambre.
- Agent Callen. Madame… ?
- Henrietta Lang. La responsable des opérations spéciales du NCIS de Los Angeles. Je viens obtenir un état des lieux précis de mon agent.
- Professeur Levy. Le médecin responsable, en charge de votre homme. Bien. Je ne doute pas que vous attendiez impatiemment notre expertise. Mais l'un de vous peut-il rejoindre le patient ? Depuis qu'il est éveillé et alerte, il s'avère assez agité et en quête d'informations sur votre opération en cours. Or dans son état, toute agitation est particulièrement contre-indiquée. Aussi, si vous pouviez ?
- J'y vais. se proposa aussitôt Callen.
Peu surprise de sa volonté à vouloir rester auprès de son partenaire, Hetty se permit juste de l'interrompre un instant.
- Agent Callen. Si vous aviez l'obligeance, en le tenant informé, d'obtenir de sa part son témoignage de l'affaire et y associer le vôtre sur cet enregistreur. lui demanda-t-elle en lui tendant un dictaphone numérique.
Hochant du chef, Callen s'éclipsa aussitôt. Alors enfin seuls, Hetty put s'entretenir avec le cardiologue qui lui proposa de le suivre jusqu'à une salle plus en retrait, plutôt que de rester au beau milieu du couloir.
- Je vous écoute, Professeur.
- L'agent Hanna a souffert d'électrocutions répétées qui ont fortement perturbé son métabolisme. Ils souffrent de brûlures plus ou moins profondes aux différents points d'entrée du courant et de violentes crampes dans chacun de ses muscles qui ne tarderont plus à s'estomper. Les massages cardiaques répétés qu'il a subits semblent responsables de trois côtes fêlées. Quant à la chimie de son corps, l'influence du courant a fortement perturbé son équilibre habituel. Nous avons pu identifier que les électrocutions avaient porté atteinte jusqu'au cortex cérébral. Mais les dégâts y restent minimes, du fait que ce sont les muscles de son corps, dont essentiellement son muscle cardiaque, qui en ont supporté l'essentiel. En définitive, le point vital qui nous importe le plus et concentre donc tous nos efforts est l'arrêt cardiaque dont il a souffert. Car si nous avons su contraindre son cœur à retrouver un rythme stable, nous ne sommes pas encore à l'abri de toute nouvelle tachycardie.
- Qu'en sera-t-il pour l'avenir ?
- Nous l'avons mis sous contrôle monitoring constant pour les prochains jours. Après une première nuit d'observation, nous verrons s'il est nécessaire de lui installer temporairement un pacemaker. Pour l'instant, il est sous médication pour l'aider à se calmer. Mais il est important de lui éviter toute nouvelle crise. En d'autres termes : Stress et agitation sont à proscrire au profit du calme et de repos. Après… Dans ce genre de pathologie, seul le temps permettra de savoir si les conséquences de ses exactions auront des répercussions durables.
- Je vois.
L'homme subitement bipé, Hetty le laissa partir, quand elle réalisa que son propre portable sonnait à répétition. L'appel provenant du MTAC, elle sut que ni Nell ni Éric ne s'amuseraient à la harceler sans raison. Aussi n'attendit-elle pas pour les rappeler.
Ce que l'agent Jones porta alors à sa connaissance étant d'importance, la femme s'enquit de retrouver au plus vite le praticien qu'elle venait tout juste de quitter. Et qui bien évidemment avait été appelé aux urgences. S'y rendant donc, elle ne manqua pas d'y retrouver sur son chemin, Michelle Hanna à qui elle remit à son tour un enregistreur pour son propre rapport, avant de profiter d'une nouvelle courte pause du médecin pour enfin obtenir confirmation de ses craintes.
- Professeur Levy. J'aurais voulu savoir si les exactions subies par mon agent pouvaient aussi être à l'origine d'un changement sensible de son comportement.
- De quel type ?
- Perte de patience, d'empathie. Annihilation de ses croyances profondes. Colère et violence exacerbée…
- Hé bien… Disons qu'aux vues de nos premières analyses. Il est effectivement possible que votre homme n'ait plus été tout à fait lui-même depuis la première électrocution. Raison pour laquelle, je vous confirme que le cas échéant. Si je devais me rendre à une cour de justice, en qualité d'expert, j'y confirmerais que mon patient ne saurait être tenu responsable de tout comportement inhabituel qu'il aurait pu présenter suite à l'acte de torture subit. Si là est le sens de votre question.
- Puis-je vous demander pourquoi ?
- Pour faire court, la chimie du cerveau est autant constituée d'impulsions électriques que d'interactions chimiques. Les électrocutions en plus de brûler ses organes internes ont fortement bouleversé cette combinaison. À l'image des électrochocs, les électrocutions ont poussé son corps à produire un ensemble de molécules qui à leur tour ont modifié l'équilibre fragile qui faisait de lui l'homme que vous connaissiez. Comprenez. Les quatre principaux messagers chimiques sont : la dopamine, messager du désir et de l'action - l'acétylcholine, qui nous rend créatifs - le GABA, calmant naturel - et la sérotonine, hormone du bien-être. C'est en partie le subtil mélange de ces éléments chimiques et d'une vingtaine d'autres comme les hormones qui composent en partie le caractère de chaque personne. C'est pourquoi il arrive que des victimes d'importantes électrocutions voient leur caractère fortement perturbé… Un homme violent deviendra plus calme, comme un timide pourrait se découvrir extraverti. Là est d'ailleurs l'origine de la sismothérapie ! [1] Une première série d'analyses sanguines a démontré que son taux de GABA et sérotonine était particulièrement faible. Nous l'avons déjà mis sous traitement médicamenteux pour faire remonter ces taux. Si cela ne suffit pas, nous considérerons peut-être nous-mêmes à prescrire des séances d'électrochocs, contrôlées sous anesthésie. Mais cela ne pourra être envisagé avant que son problème cardiaque n'ait été traité. Nous ne pouvons tout régler en une seule fois. Et le cœur reste notre priorité.
- Je comprends.
- Ceci étant dit, la médication peut suffire à lui faire retrouver son équilibre chimique. Raison pour laquelle une seconde série d'analyses a été programmée pour dans deux heures, afin de nous permettre d'être plus sûrement fixés quant à sa réaction aux drogues données à son arrivée ici. Maintenant, pardonnez-moi, mais je dois me rendre auprès d'un autre patient.
- Bien sûr. Merci pour votre temps.
Si Hetty ne douta pas, suite à cet échange, que cette analyse médicale de la situation était la plus à même d'expliquer le comportement inhabituel de Sam envers Deeks évoqué par Nell. Elle savait tout autant que cela n'apaiserait jamais les blessures qu'un tel comportement avait dû infliger à l'âme douce de leur lieutenant de police. Comment allaient-ils donc pouvoir soulager ce dernier, suite aux dénigrements déjà affichés par son partenaire du moment AVANT même leur séquestration et tortures ?
Soupirant lourdement, en devinant quel travail de reconstruction les attendait pour que Marty Deeks et Sam Hanna se fassent de nouveau une pleine et entière confiance, la femme rejoint les couloirs de l'hôpital pour enfin visiter son agent. Observant un instant - par le biais de la vitre placée sur sa porte - l'homme entouré de sa femme et de son partenaire et plus étonnamment par l'agent Beal… Hetty s'apprêtait enfin à les rejoindre. Quand une Kensi furibonde l'évinça pour pénétrer précipitamment dans la petite pièce.
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À suivre.
[1] Il s'agit des bons vieux électrochocs, par le passé employés dans les hôpitaux psychiatriques. Et aujourd'hui, toujours utilisés à de réelles fins thérapeutiques. Bien que de manières plus humaines (sous anesthésie).
Voilà ! Vous savez tout sur l'origine du comportement de Sam !
Et vu la fureur qui habite à cet instant Kensi, vous comprenez sans mal d'où la perte d'unité de l'équipe évoquée dans le précédent chapitre va bien pouvoir provenir.
La suite au plus vite que je peux. Mais pas encore finie, alors ça va encore dépendre de pas mal de paramètres, sorry ^_^''
mimi yuy
