Me revoilà, enfin, après (encore) une bien trop longue attente. Mais la semaine passée a été au-delà de l'épuisement pour moi. si bien qu'à peine ai-je pu dormir 4 ou 5H chaque nuit, tant j'avais du boulot u_u.
Bilan, j'ai à l'inverse presque dormi la journée de samedi tout entière avant de pouvoir émerger ^_^'' Dans la foulée, j'ai d'ailleurs aussi tristement réalisé avoir finalement perdu toute chance de finir cette fanfic avant la reprise de la saison 5 comme je le souhaitais. Sniff u_u
Quoi qu'il en soit, voici enfin la suite, avec la partie consacrée aux retrouvailles explicatifs entre Sam et Callen.
Aussi, bonne lecture !
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BROKEN ARROW
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23H15 - County General Hospital de Los Angeles
Au départ précipité de Kensi, vite suivie par Callen et celui beaucoup plus discret d'Hetty, Sam bloqua sans mal Éric avant que celui-ci n'ait même l'idée de bouger d'un pouce. Coincé au milieu de la chambre - tel un lapin dans les phares d'une voiture - par la seule force du regard de l'agent Hanna, ce dernier exigea de connaître les faits.
- Est-ce que c'est vrai ?
- Que… Quoi ?
- Ce qu'a dit Kensi. soupira-t-il.
- Oui.
- Je veux voir ces vidéos.
- Non… je… Je ne crois pas que ce soit vraiment le moment. Ton cœur… Tu dois éviter toute émotion forte et….
- ET JE TE DEMANDE DE VOIR CES VIDÉOS !
Si aux hurlements de l'ex-navy seal, les épaules d'Éric fléchirent, le cœur de ce dernier se mit surtout à s'emballer pour la énième fois de la journée. Si bien qu'il déclencha finalement, toutes les sonneries de l'appareillage complexe branché à sa poitrine.
- Sam, calme-toi... tenta vainement l'informaticien
Mais à peine s'y essayait-il que deux infirmières entrèrent précipitamment.
- Je vais vous demander de sortir exigea l'une d'elles à Éric.
Tandis que la seconde s'attelait déjà à insérer un puissant calmant dans l'IV de leur patient en proie à une nouvelle attaque.
- Mais… ?
- Elle vous a dit de SORTIR ! ajouta plus vivement sa collègue.
Ne pouvant les contredire, sachant bien qu'elles agissaient pour le bien de son ami, Éric recula maladroitement jusqu'au couloir. Observant de là, inquiet, les deux femmes agirent de concert, par la partie vitrée de la porte de chambre
C'est ainsi que Callen, de retour peu après sa discussion d'avec Kensi, le retrouva.
- Que se passe-t-il ?
- Sam s'est beaucoup trop agité à votre départ. Si bien que son cœur c'est de nouveau emballé et…
Son médecin sortant à l'instant de la chambre qu'il avait rejoint peu avant compléta la phrase du jeune homme.
- …Et toute nouvelle visite lui est dorénavant interdite, jusqu'à nouvel ordre.
- Docteur, nous devons absolument… débuta Callen
- Vous ne ferez rien du tout ! Mon patient a suffisamment subit d'effort pour la journée. Je vous saurais donc grés de respecter son repos et quitter les lieux. Non seulement, les heures de visites sont terminées depuis longtemps. Mais nous lui avons donné un calmant qui va le faire dormir pour les prochaines heures. Alors, faites-en autant.
Sur ce, le cardiologue les quitta sans ajouter un mot.
Sachant bien qu'ils ne réussiraient pas à passer le mur des infirmières tout aussitôt, Callen décida de porter son attention sur une autre priorité.
- Toi. Tu viens avec moi.
Il était plus que temps pour lui de voir de ses propres yeux de quoi il était réellement question dans les reproches faits par Kensi.
N'osant contredire l'agent senior qui était en droit d'être quelque peu sur les nerfs après tout ce par quoi ils étaient passés, Éric sut avoir sur lui de quoi répondre à toutes ses questions. Aussi agita-t-il aussitôt sa tablette après l'avoir extraite de la poche intérieure de son blouson.
- Tout est là-dessus.
- Parfait.
Alors, sans plus attendre, les deux hommes se dirigèrent vers la cafétéria y chercher un coin tranquille, le temps pour eux de discuter en toute discrétion
NCIS - LA
3H15 - County General Hospital de Los Angeles
Pour le commun des mortels, être insomniaque était une malédiction. Pour l'agent G. Callen du NCIS, être insomniaque avait toujours été une bénédiction. Que ce soit pour faire le guet lors d'une planque nocturne, avoir des occupations personnelles, comme apprendre de nouvelles langues, malgré des journées bien chargées… Ou plus récemment, veiller un ami - un frère - alité dans un lit d'hôpital et pouvoir être présent à ses côtés quand ce dernier serait subitement la proie de cauchemars. Ce qui… bien malheureusement, survint à peine quatre heures après la prise de forts calmants.
Son rythme cardiaque s'accélérant, Callen se leva aussitôt pour apposer une pression qu'il espérait réconfortante sur l'épaule de son équipier. Si ce simple contact suffit à l'ex-soldat pour sortir de son sommeil. C'est la vue de son cadet qui calma plus efficacement encore son rythme cardiaque. Une bonne nouvelle pour Callen qui souhaitait éviter toute visite-surprise du corps hospitalier. Après tout, il s'était de nouveau glissé dans la chambre en dépit de toutes les interdictions reçues jusqu'alors.
- Ça va ?
S'extrayant non sans mal des limbes du sommeil, Sam hocha par pur réflexe du chef, s'en vraiment se soucier du contenu de la question posée.
- Callen ?
- Hum ?
- Je… Ce qu'a dit Kensi… Je ne sais plus trop ce qui s'est passé là-bas…
- Avec Sidorov ?
- Ouais… Mais…
Prenant une grande respiration, Sam se refusa de fermer les yeux. Il ne savait que trop ce qu'il verrait encore et encore, une fois les paupières closes.
- Comment va Deeks ?
- Assez bien pour fuir l'hôpital contre avis médical.
Ce qui dans leur ligne de métier était généralement synonyme de bonne nouvelle.
- Éric…
- Va très bien…
- Je sais. C'est juste… Il allait me dire pour les vidéos quand on l'a mis dehors et depuis…
- Tu as dormi comme un gros bébé ?
- Répète ça encore une fois et je vais te prouver de quoi il se chauffe le bébé.
- C'est que tout va bien, alors.
- Hum…
Grimaçant à la douleur fusant de ses côtes, Sam se redressa un peu plus encore pour mieux se réveiller malgré qu'ils soient au cœur de la nuit. Il n'était pas prêt à replonger dans le sommeil malgré la fatigue.
- De quoi te souviens-tu vraiment ? lui demanda alors, Callen.
Se sachant cette fois-ci délivré de tout enregistrement, Sam put à cet instant se confier à G sans plus d'autocensure, comme ils se l'imposaient trop souvent dans leur rapport officiel. De quoi se remémorer sans plus de filtre, une seconde fois les évènements vécus aux cotés de Deeks.
- Sam... C'est difficile pour moi de te dire ça. Mais, comme tu le sais déjà, quand le SWAT a pris d'assaut la maison où vous étiez retenus, Nell y a trouvé les disques durs enfermant les enregistrements vidéo. Et pour les avoir vus moi-même… Au risque de reprendre les termes de Kensi. Non seulement, Deeks n'a jamais rien dit sur vos couvertures respectives à toi et Michelle. Mais tu l'as bel et bien abandonné.
- Sauf que je l'ai vu ! insista Sam, sûr de sa vérité. Non seulement il a parlé. Mais au bout d'un moment, il n'était même plus lui-même.
- Ok. Alors, pour parler, il a parlé et pas qu'un peu. Mais jamais de l'affaire en cours. J'en ai toutes les preuves, ici
- Je veux les voir.
- Si tu promets de rester zen. Je n'ai pas le luxe de pouvoir être là, normalement. Alors si tu fais venir la cavalerie en ayant une nouvelle attaque…
- Je saurais rester calme, G.
- Dis le volcan sur le point d'exploser. soupira Callen peu dupe de sa capacité à rester tranquille.
Sachant plus encore que garder quelques informations de Sam ne feraient qu'empirer la situation, Callen s'approcha de sorte qu'ils puissent visualiser ensemble les vidéos sur la tablette tactile confisquée à Éric avant son départ.
Suite à quoi, L'ex-navy seal eut enfin la possibilité de voir les extraits choisis des vidéos de surveillance ayant gardé trace de leurs supplices et évasion.
NCIS - LA
4H05 - County General Hospital de Los Angeles
Si se voir électrocuté était une image difficile à appréhender, l'insoutenable torture infligée à Deeks n'avait aucune commune mesure. D'autant que cela ne faisait qu'ajouter à ses propres souvenirs dont les hurlements n'avaient rien eu d'étouffé comme alors. Ce n'était pourtant pas faute pour Callen d'avoir tenté d'expurger cette partie des vidéos. Mais Sam avait été ferme. Il se conduirait comme le meilleur des patients uniquement s'il pouvait tout voir. Et ce qu'il avait découvert l'avait littéralement affligé. Ce n'était pas possible. Il n'avait pu agir de la sorte. Les images… Elles ne correspondaient en rien à ses souvenirs.
Comment avait-il pu aussi mal juger toute la situation ? Deeks n'avait effectivement jamais parlé. Du moins pas pour dévoiler ce qui devait rester secret. Comme Deeks n'avait pas feint la douleur ! Pour autant, il l'avait vaincu à plusieurs reprises. Et chaque fois pour mieux le sauver d'une mort certaine. À aucun instant, l'homme n'avait agi autrement qu'on pouvait l'attendre des meilleurs soldats. Et pas une fois sur le moment, il ne lui avait pourtant laissé le bénéfice du doute.
Après le visionnage des quelques vidéos les plus révélatrices de ce qu'ils avaient vécu. Sam resta silencieux un long moment.
- Oh men…
Pour tout soutien, G lui serra fermement l'épaule. Sur ce point, il n'y avait pas besoin de mots entre les deux hommes. Tous deux savaient qu'il avait clairement merdé. Et pas qu'un peu. Pour autant, Callen était bien décidé à supporter son partenaire dans cette épreuve de taille. On ne s'éloignait pas de ceux qu'on aime quand ils avaient le plus besoin de vous !
- Il n'aurait jamais dû essayer de me sauver. conclut finalement Sam. Au moins n'aurait-il pas eu à subir tout ça.
- Oh non, Sam ! N'essaie même pas d'aller sur ce chemin. Il a agi parce que sans ça, tu serais mort noyé ! Il a agi, parce que c'est qui il est. Un flic droit voué à tout sacrifier pour son partenaire au cœur de l'action.
- Ouais, un mec qui en voulant me sauver ne nous a que mieux coincés dans leurs mains.
- N'inverse pas vos rôles, Sam. Tu es celui qui s'est fait avoir. Tu es celui qui l'a mis dans cette situation ! Et pardonne-moi de le mettre en avant. Mais tu es celui l'ayant abandonné à son sort par deux fois, sans jamais montrer le moindre intérêt quant à prendre soin de ses blessures sanglantes.
- Je t'en pris. Que pouvais-je faire pour ses dents ? À part ça, je…
Prenant une longue respiration, Sam le dit comme il l'avait pensé sur place.
- À part ça, pour moi, il était à peine touché et refusait pour autant de bouger. Je pensais que la douleur et la peur l'avaient tétanisé ! Quand je l'ai quitté… La première fois du moins. Je partais dans le but de sécuriser les lieux pour retourner le chercher et le traîner par la peau du cul jusqu'à vous.
- Sam…
Si Callen savait que ce n'était pas vraiment Sam qui avait agi, là-bas. Toute cette affaire ne lui faisait que craindre le pire quant à ce que Deeks avait dû ressentir. Torturé, ses défenses au plus bas… et à aucun instant soutenu par celui-là même qu'il essayait à chaque fois de sauver du pire… Qui pourrait garder pieds en cette situation ? Mais plus encore, qui pourrait continuer à leur faire confiance, après avoir été victime d'un tel délaissement de celui avec qui ils l'avaient contraint de travailler ?
- J'ai conscience que tu as toi-même supporté beaucoup de sévices là-bas et qu'ils ont évidemment essayé de fausser ta vision des choses. Mais tu ne peux contredire ce que l'on voit sans mal sur les vidéos.
Non, il ne pouvait pas. Et sa colère mal dirigée ne faisait que prendre de l'ampleur envers lui-même… Sam se sentait extrait d'un cauchemar que pour mieux être plongé dans un plus grand. Comment avait-il pu agir de la sorte ? Lui qui avait fondé toute sa vie professionnelle sur le soutien entre membres d'une même équipe…
- Je n'y comprends rien. Je ne me comprends pas… Là-bas... Ce que j'ai ressenti, ce que j'ai dit et fait… Ce n'est pas moi, G… Ce n'est pas moi…
À la prière émise par le regard subitement si éperdu de son équipier, Callen eut lui-même un coup au cœur. Mais au moins avait-il quelques éléments de réponses à apporter à son ami.
- J'ai vu ton médecin avant qu'il ne rentre chez lui pour le reste de la nuit. Tu as fait une réaction chimique suite aux électrocutions. Pour faire court, l'électricité a altéré ton caractère et ta perception des choses.
- Mon caractère ?
La situation était de plus en plus cynique. Lui qui avait craché au visage de Deeks pour lui indiquer qu'il ne supportait pas son caractère… Le destin avait une drôle de façon de lui reprocher son élan de sincérité…
- Qu'est-ce qui te fait rire ? lui demanda alors Callen, surpris d'un tel revirement.
- Rien qui ne soit drôle, tu peux me croire.
Frustré de son propre comportement, incapable d'accepter cette raison logique voulant expliquer ce qui lui était arrivé… Et peut-être aussi encore beaucoup trop marqué par les évènements supportés, Sam reporta finalement sa colère sur la personne à l'origine de toute cette situation.
- Bon Dieu ! Si seulement Hetty ne nous avait pas séparés à un moment si crucial !
- Sam… lui nia aussitôt Callen. Tu ne peux pas le lui reprocher.
- Oh si G ! Je le lui reproche ! Tout cela ne serait jamais arrivé sans sa décision initiale de tous nous séparer.
- Sam… reprit-il plus doucement encore. Ta couverture aurait toujours été découverte… avec ou sans moi en renfort.
Le navy seal ne désarmant pas, G se releva… Faisant quelques pas, il revient tout aussitôt sur son siège, enfin décidé à révéler ce qu'il aurait souhaité garder pour lui. Car de ses prochains mots, sa relation avec Sam, son ami, véritablement sa famille, pourrait s'en voir bouleversé à jamais. Mais par respect envers Hetty qui avait tant fait pour lui, et Deeks qui avait tant pris sur lui… Callen savait qu'il se devait de dire une bonne fois pour toute la vérité.
- C'était moi.
- Hum ?
Ignorant complètement de quoi G parlait à cet instant, Sam l'incita à développer d'un froncement de sourcil.
- Les échanges de partenaires exigés par Hetty… ce n'était pas sa décision. C'est moi qui lui avais demandé, des semaines plus tôt, d'agir ainsi dès que l'opportunité se présenterait
- Qu… Quoi ?!
L'information ayant fait son effet, G soupira longuement avant de se décaler pour mieux faire face à son équipier. Il savait pertinemment que ses aveux n'allaient pas du tout lui plaire.
- Écoute. Je ne suis pas aveugle. J'ai clairement constaté que tu avais un problème avec Deeks.
- Et alors ? Je ne lui faisais pas moins confiance pour prendre soin de Kensi !
- De Kensi, oui. Mais tu ne le jugeais pas de taille à me seconder et encore moins à me remplacer pour te protéger.
- Alors quoi ? Tu t'es dit que supporter avec lui une séance de torture changerait mon opinion ?
- Je t'en pris. Tu te doutes bien que je ne m'attendais pas une seconde à ce que cela puisse déraper à ce point. Mais très franchement, Sam. Ce serait à refaire en ayant connaissance de ce par quoi vous alliez passer, je le referais sans hésiter.
- Tu déconnes ?
- Si vous vous en êtes si bien sorti, c'est bien parce que c'était vous deux qui étiez appareillés ! Et si tu en doutes, replace la même situation avec Deeks ou toi, respectivement associé avec Kensi ou Michelle ! Crois-tu vraiment que vous seriez restés de marbre en voyant la femme que vous aimiez se faire torturer, voir violer, devant vos yeux ? Aucune chance. Et quand bien même… cela vous aurait détruit à jamais. Alors, excuse-moi de vous estimer chanceux que vous vous soyez retrouvés ensemble, avec pour seule motivation la sécurité de vos conjointes respectives.
- Et si cela avait été toi.
- Moi quoi ?
- Toi et moi ou toi et lui.
- Je sais qu'on nous assène souvent de bromance, nous deux. Mais rassure-toi chéri : je t'aurais laissé morfler. Ne serait-ce que pour tous les coups que j'ai pu recevoir de ta part en infiltration.
Amusé de cette réponse qui convenait parfaitement à leur association, Sam n'en insista pas moins pour l'autre possibilité.
- Et avec Deeks ?
- Contrairement à toi et indépendamment de nos expériences communes, je n'aurais pas douté une seconde de sa capacité à pouvoir encaisser jusqu'au bout.
Reprenant tout son sérieux, Callen insista sur le but même de sa décision passée.
- Sam, tu te doutes bien que je n'espérais pas que cela aille aussi loin. Mais tu dois prendre conscience que c'est ton comportement envers lui qui nous a poussés avec Hetty à agir de la sorte. Tu ne m'as même guère laissé le choix pour qu'enfin tu réalises combien tu te trompais sur son compte. Tu le considères depuis le départ comme le plus faible d'entre nous. Mais à mes yeux, aujourd'hui, le plus faible n'était pas lui, mais toi.
Choqué par la fermeté des paroles de son ami, et plus encore par la teneur de ses propos, l'agent Hanna du se rappeler une seconde que l'homme lui faisant face n'était pas que son partenaire, meilleur ami et frère d'arme… mais aussi son chef. Un détail de poids, qu'il avait le plus souvent tendance à oublier. Ce qu'il ne pourrait en revanche oublier avant un bon moment était sans conteste, ce qu'il venait d'entendre.
- Moi ? Le plus faible ?
- En dénigrant l'un des nôtres. En ne faisant pas confiance en Deeks de manière aussi flagrante… et depuis si longtemps de surcroît. Ce n'est pas lui, mais bien toi qui mettais en danger toute l'équipe. D'autant plus quand pas une fois en ces trois dernières années, Deeks ait manqué d'agir comme attendu de lui. Il a toujours été à la hauteur, ne nous a jamais faits faux bon… Aussi, comment pouvais-tu encore douter de lui ?
- Il n'est toujours qu'un flic !
Soupirant de ne pas l'avoir vu venir, Callen n'eut pour autant, aucun mal à éclaircir ce point.
- Depuis son intégration en tant qu'agent de liaison, Deeks a en main la possibilité d'intégrer pour de bon le NCIS. S'il ne l'a toujours pas fait, c'est uniquement parce qu'il s'est juré de ne pas quitter la police tant qu'il n'aurait pas l'assurance d'être réellement intégré, parmi nous. Tu vois où je veux en venir ?
- Si après trois ans, il ne se sent toujours pas chez lui à l'OPS. Cela n'arrivera jamais.
- Ok. Je vais être plus explicite. Peut-être attendait-il plus simplement que chaque membre de son équipe lui fasse confiance. Ce qui à l'évidence n'était toujours pas le cas pour certains, malgré - comme tu ne cesses de le rabattre - trois longues années ! Trois ans de bons et loyaux services jamais ponctués par un seul acte pouvant mettre en doute ses capacités ou sa volonté à soutenir ses équipiers. Dois-je seulement te rappeler combien Deeks a fait pour nous ? Allant jusqu'à nous suivre tous trois en Roumanie pour ma vendetta personnelle et notre recherche d'Hetty ? Il nous connaissait encore à peine, à cette époque. Pourtant, il a tout lâché pour moi, pour nous tous. Pour cela, j'ai une dette envers lui. Une dette que je compte bien lui rembourser un jour, dois-je pour cela attendre des décennies.
- Si tu veux qu'on aille sur ce terrain. Dois-je moi te rappeler qu'il a été pris pour cible pour mieux atteindre Kensi ? Sa négligence a mis en danger chaque membre de cette équipe !
- Merde mec… Deeks est bon, mais pas omniscient. Il ne pouvait deviner ce que nous ne lui avions dit, concernant nos protocoles de sécurités. Sans compter qu'au terme de cette histoire, cela reste lui et lui seul, qui a sauvé Kensi d'une mort certaine. Pas toi ni moi, qui sommes arrivé après la bataille. Pas même Kensi n'aurait été capable de survivre à son attaque, sans son intervention. Alors non. Sur ce sujet, tu ne peux rien lui reprocher. Bien au contraire. Nous sommes ceux qui ont manqué de discernement, en ne l'informant pas de ce qu'il devait apprendre de notre part, suite à son intégration. Comme nous n'avons pas été capables de le soulager de sa charge, en protégeant efficacement Kensi, sachant qu'il n'était plus en état physique de l'assumer.
S'il était toujours en proie à une colère sans fond, dont il ne savait que faire, Sam fut bien plus stupéfait encore par cette défense ardue de leur flic par Callen. Son partenaire qui le jugeait comme le talon d'Achille de l'équipe et qui de surcroît était aussi à l'origine d'une manœuvre vouée à lui ouvrir les yeux sur les capacités de Deeks en les forçant à s'associer ensemble. Bon Dieu… comment ne l'avait-il pas vu venir ?
Si un tas de questions se bousculaient alors dans sa tête, en quête d'explications complémentaires, bien que la situation n'ait jamais été aussi claire. C'est une remarque à mille lieues de son sentiment de trahison qui émergea finalement de l'esprit épuisé de l'agent Hanna.
- Nos conjointes ?
- Hum ?
- Pourquoi avoir dit « nos conjointes », tout à l'heure ? Et pas ma femme et sa partenaire pour décrire Michelle et Kensi ? Aurais-je loupé quelque chose ?
À cette question, c'est avec beaucoup plus de légèreté que Callen le compléta, clairement surpris par la tournure de leur discussion.
- Effectivement, tu as raté un grand moment de surveillance.
- À savoir ?
- Deeks l'a embrassé avant que Michelle et toi ne soyez séparés.
- Tu veux rire ?
- Tout est gravé pour la prospérité sur la bande retour des mouchards qu'ils portaient.
- Seigneur… J'espère que tu pourras rapidement lui dire combien nous serons sur son dos, si cela se passe mal entre eux.
- Déjà fait ! J'ai même été limpide avec Kensi. Au moindre dérapage et je ne manquerais pas d'agir moi-même pour la recadrer.
- Attends. C'est une blague ? Tu as mis en garde, Kensi ?
- Qui d'autre ?
- Wow… Désolé, mais non. Tu ne crois pas qu'elle a déjà assez souffert avec Jack ? Putain, mais ces quoi ton délire, là ? Dés que je sors d'ici, crois-moi que MOI, je ne manquerais pas de coincer Deeks entre quatre yeux pour lui dire ce que j'en pense de cette idée.
- Tu ne feras rien.
- Il va lui bousiller sa carrière. Si Hetty…
- Elle sait et a donné sa bénédiction. Sans quoi Deeks n'aurait jamais fait le premier pas.
- Hetty… ?
Devant les yeux écarquillés de Sam, Callen s'amusa quelque peu de cet énième élément de surprise. Une annonce suffisamment étonnante pour prendre le dessus sur les sentiments en pagailles devant s'agiter dans l'esprit encore brumeux de son partenaire.
- Respire Sam… Et calme-toi. osa-t-il ajouter en voyant le diagramme suivant son rythme cardiaque reprendre subitement vie. Car tu serais le plus grand hypocrite de critiquer ce que tu as toi-même vécu avec Michelle.
Tachant de faire abstraction de cette relation en devenir entre leurs deux cadets, du moins pour l'instant, Sam s'intéressa plus sûrement à sa propre femme alors évoquée par G.
- Et où est-elle, Michelle ?
Ce n'était pas tant pour s'en plaindre. Mais il ne pouvait nier être surpris qu'elle ne soit pas la personne présente à ces côtés pour sa première nuit passée à l'hôpital. Après tout, de ce qu'il en avait suivi, il avait tout de même vaincu la mort par deux fois. Aussi où était donc passée sa femme ?
Devinant sans mal ses questionnements, Callen l'informa aussitôt.
- Elle voulait rester ici. Mais une fois son rapport à la CIA terminé, je l'ai convaincu de rentrer retrouver vos filles et s'assurer qu'elles allaient bien. Elle reviendra demain matin, sitôt les petites à l'école. Nous connaissons tout deux, son syndrome de maman poule ayant besoin de voir ses poussins pour mieux trouver son équilibre.
- Tu sais quoi ? Tes métaphores sont à chier.
- Quoi ? Tu n'as jamais rêvé être le coq d'une basse-cour.
Désabusé par son humour franchement pourri, Sam du concéder qu'au moins Deeks avait un peu plus de subtilité dans ses blagues à deux balles. Et en pensant de nouveau à lui, Sam eut besoin de refaire le point, prendre le temps de la réflexion sur ses sentiments pour ce dernier.
Or, après tout ce qu'il avait vu, il ne savait plus du tout quoi penser du lieutenant Marty Deeks. L'homme avait été si… tenace, fort, dur, endurant, résistant, inquiétant et foutrement impressionnant. Il avait tout encaissé, tout surmonté pour les sortir de leur situation mortelle.
Alors que lui…
Qu'avait-il fait ?
Mais plus encore… qu'avait-il dit ?
Il se revoyait encore parfaitement, tout deux assis devant ce stupide jeu d'échec, quand il lui avait jeté au visage sa hargne à son égard.
- Quatrième mouvement, le style de Bobby Fisher. Regarde ça… Boom
S'amusait alors à le titiller Deeks, en déplaçant l'un de ses pions. Comme s'il s'était soucié de regarder ce qu'il faisait en pleine observation des allers et-venu devant l'hôtel où logeait Sodorov.
- Échec, partenaire.
- Nous ne jouons pas pour de vrai… Bob. Et nous ne sommes pas des partenaires!
- Nous le sommes actuellement. avait aussitôt répondu Deeks, avec sa nonchalance habituelle.
- Pas vraiment.
- Alors, nous sommes au milieu d'un joli petit trois voies. Toi et moi… et cela est… un terrible choix de mots ! réalisa seul le lieutenant police en pensant à la femme de son équipier les écoutant non loin de là dans une voiture banalisée.
- Tu parles toujours autant à Kensi pendant une planque ?
- D'habitude plus. Parfois on s'envoie des textos, alors qu'on est juste à côté l'un de l'autre. C'est assez adorable.
- C'est peut-être mignon, mais je ne t'enverrais pas de textos.
- Tu sais quoi, Mec ? Je fais ce boulot depuis quelques années maintenant. Certains - comme Hetty, par exemple - disent même de manière exemplaire! J'ai toujours assuré les arrières de tout le monde.
- Où veux-tu en venir ?
- Que si je peux prendre dix fois plus de merde que je n'en reçois déjà. Je suis juste curieux de savoir pourquoi.
- Je suis un seal de la tête aux pieds. Tout ce que tu fais est différent. La façon dont tu t'habilles, tes blagues, tes cheveux.
- Si c'est à propos de ma coupe… Il faut arrêter ça. s'agaça finalement le flic surfeur.
- Ce n'est pas à propos de tes cheveux. C'est à propos de ce que cela indique sur toi, en tant que personne.
- Donc tu dis que c'est au sujet de mon caractère?
Ne pouvant nier l'évidence, Sam acquiesça d'un signe de main.
- Oui, n'importe quoi de pareil…
Alors, sa femme avait coupé court à leur discussion en ayant repéré l'une des nouvelles maîtresses de Sidorov.
Il le lui avait donc dit de face ! Qu'il ne l'aimait pas. Mais en définitive, ce n'était pas exact.
Ce n'était pas tant qu'il ne l'aimait pas. Mais plus sûrement qu'il ne le comprenait pas. Deeks était un mystère ambulant. Et plus que jamais, Sam ne savait expliquer comment un simple flic avait pu se montrer aussi tenace et résistant à tout ce qu'ils avaient supporté.
Resté jusqu'alors silencieux, sachant combien son ami avait besoin de réfléchir à la situation, la patience de Callen finit tout de même par céder et pousser ce dernier à finalement poser « la » question dont il souhaitait si désespérément obtenir réponse.
- Alors ?
- Alors quoi, G ?
- Aurons-nous une chance que tu ailles lui présenter des excuses, une fois sorti d'ici ? Histoire de nous assurer qu'il revienne parmi nous. Ou devrais-je à l'inverse aller annoncer à Kensi que malgré l'accord tacite d'Hetty pour qu'ils construisent des rapports plus intimes tout en restant partenaires, elle devra le voir réintégrer une autre équipe que la notre, une fois de nouveau sur pieds ?
- Ne retournerait-il pas plutôt à la police ?
- Est-ce vraiment ce que tu souhaites pour lui ?
- Est-ce que cela va vraiment dépendre de moi ?
- Qu'est-ce que tu en penses ?
Devinant combien son manque de foi envers Deeks pouvait avoir blessé le jeune homme, Sam savait pertinemment avoir été bien trop loin pour qu'il puisse décemment effacer son comportement d'un simple revers de manche. Aussi, avait-il bien intégré la nature du message de Callen à son égard. S'il ne réparait pas ce qu'il avait détruit, ce n'était pas un flic qu'il perdait, mais l'équilibre tout entier de leur équipe d'élite.
Avalant douloureusement sa salive, malgré la boule présente en travers de gorge à cette évidente révélation, Sam inclina brièvement du chef pour toute réponse. Il n'avait pas tant besoin de réflexion pour savoir que G avait parfaitement raison. Trois ans étaient largement suffisants pour qu'il cesse de douter de leur benjamin. Aussi, très clairement, était-ce à lui de jouer.
- Pour autant, cela peut encore attendre. ajouta affectueusement Callen. Tu as surtout besoin de repos à cet instant ou Michelle finira par avoir ma peau en me reprochant de t'avoir gardé éveillé toute la nuit.
Et pour s'assurer qu'il aurait gain de cause, c'est sans culpabiliser que Callen appuya sur la pompe vouée à extraire une nouvelle dose de calmants à son ami et frère. Observant alors Sam sombrer doucement sous les effets des opiacées, c'est inconscient des sombres pensées ressassées en boucles par ce dernier que l'agent insomniaque reprit sa veille vigilante - fermement décidé à sauver son précieux partenaire du prochain cauchemars apte à déranger son sommeil.
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À suivre.
J'espère réussir à finir le prochain chapitre d'ici demain soir. Car la bonne nouvelle est que je vais ENFIN profiter d'une petite semaine de congés (après avoir passé l'intégralité de ces trois derniers mois à bosser non-stop). Autant dire que j'attendais ces quelques jours, impatiemment, dans le seul but de me reposer d'un quotidien qui aura été pour moi des plus harassants dernièrement ^_^''
mimi yuy
