Attention SPOILER pour l'épisode 5x01 dans ce qui suit ^_- !
Me voilà bien partagée ! Si la vision de l'extrait de l'épisode 5x01 dans la journée de mardi m'a mise en ébullition, tant j'ai adoré l'idée (ou devrais-je dire la torture scénaristique) que Kensi doive volontairement laisser Deeks et Sam continuer de souffrir avant de les sauver pour de bon… L'épisode en lui-même découvert hier, m'a laissé un goût étrange. Bien sûr nos attentes étant différentes du but des scénaristes, il était impossible de faire un épisode parfait… Mais loin de remettre les choix et le scénario des concepteurs du show en cause, j'ai surtout été TRES déçue du manque complet de réalisme… C'est bête, mais… voir que Deeks a une dentition parfaite à peine sortit de ses premiers soins… (Quand il parle à Sam dans la chambre d'hôpital, ses dents inférieures sont nickels !) et aucune présence de pansements ou même boursouflures à la mâchoire, après ce qu'il a subi… C'est, l'exemple caractéristique de ce qui m'a étrangement gêné le plus ^_^'' Dans le même genre, on a aussi droit au fait qu'en pleine action, Kensi prenne le soin de se changer entre sa course de moto et sa mission de sauvetage O_O (je pense franchement qu'il y avait plus urgent) ou que ce soit elle qui conduise la voiture de Granger Ô_o ? (Où est donc passée la sienne, au passage ?)
Bilan, cet épisode est à mes yeux beaucoup trop blindé d'illogismes -_-
Après, pour le reste… si je suis malheureusement déçue, je n'en attendais pour autant guère plus, sachant combien les séries US aiment distiller une idée sur des 10ène d'épisode au point de tuer l'effet voulu à trop le diluer… Juste impatiente de voir comment tout va se développer, maintenant qu'on sait qu'en plus du traumatisme de cette opération courant sur toute la saison, Daniela est enceinte et que dans la série Kensi et Deeks seront séparés (sans doute pour le cliffhanger de mi-saison u_u) ou qu'un perso quitte la série à la fin de cette saison… Argggg que de rebondissements à venir ^o^
N'empêche que si c'est Hetty qui part (ça semble être la rumeur la plus plausible), ça risque d'être chaud bouillant les prochaines saisons, si c'est Granger qui reprend sa relève lol ^_^''
En attendant, je peux vous confirmer que la fin de ma fic ne sera en rien influencée par cet épisode, vu que je ne prends définitivement pas la même direction ^-^'' Aussi, sans plus attendre, je vous laisse découvrir la suite de ce que j'aurais tant voulu voir hier soir sur mon écran ^_^''
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BROKEN ARROW
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4H05 - Appartement du Lt. Marty A. Deeks.
Tout avait commencé par une respiration de plus en plus laborieuse, induite par la montée lente, mais inévitable d'une infinie de picotements se propageant dans l'ensemble de sa mâchoire.
Cette première vague d'inconfort se traduisit aussitôt par un besoin d'éloignement. Dormant jusqu'alors auprès de Kensi assoupi toute contre lui, Deeks s'écarta brusquement dans un coin de son lit, en un réflexe d'échappement face à une menace pourtant inexistante. Réveillant par ce geste son chien tout aussi calfeutré contre ses jambes, ce dernier surpris que son maître s'éloigne de la sorte, se déplaça naturellement pour mieux retrouver la chaleur des jambes à présent repliées sur elles-mêmes. Mais de nouveau, le recourbement sur soi du jeune homme repoussa un peu plus l'animal.
C'est finalement réveillée par les gémissements répétés et de plus en plus audibles - non pas de son partenaire, mais de Monty - que Kensi sursauta vivement. Brièvement perdue sur son lieu de sommeil, la jeune femme observa tout autour d'elle pour comprendre la raison des pleurnicheries du vieux bâtard.
- Deeks ? Monty n'a pas l'air bien.
N'obtenant aucune réponse, Kensi s'apprêtait à se lever… supposant que le chien devait vouloir sortir en ce petit matin. Quand elle réalisa que non seulement, ils étaient encore au cœur de la nuit. Mais que l'affectueux cabot ne l'incitait pas à le suivre, mais plus distinctement à l'attirer sur la situation ayant lieu tout près d'elle.
- Merde. Deeks ! souffla-t-elle, paniquée de le découvrir replié en une position fœtale.
N'obtenant toujours aucun retour, si ce n'est le regard larmoyant du chien s'éloignant du corps tremblant de son maître pour mieux la laisser agir. Lorsque Kensi tenta de toucher son partenaire, c'est sans surprise qu'elle se vit repoussée aussi brusquement que brutalement.
- Hé… C'est moi… Kensi…
Renouvelant son geste d'approche, Kensi fit preuve des meilleurs réflexes en s'éloignant de nouveau, bien avant que le poing fermé élancé en sa direction puisse seulement la frôler. Tristement, elle avait déjà une bonne expérience de comment réagir avec les victimes de cauchemars post-traumatiques, depuis son passé partagé auprès de son ex-fiancé. D'autant qu'en la situation, il ne lui fallait pas être devin pour comprendre ce qu'il advenait. Et moins encore, quand d'insoutenables râles de douleur s'extirpèrent des lèvres recousues de son compagnon.
NCIS - LA
Si Marty Deeks n'eut aucun souvenir de s'endormir aux cotés de sa partenaire et nouvellement « petite amie » - Dieu lui soit témoin de ce miracle aussi inattendu qu'inespéré - son réveil resterait bien plus longtemps dans ses mémoires. Souffrant le martyre, littéralement affolé… Son esprit emprisonné dans des songes aussi terrifiants qu'énigmatiques… Il affrontait tout aussi violemment l'implosion en son corps du réveil de ses multiples blessures. Si bien que la souffrance s'imposant cruellement à lui, figea son corps tout entier sous le poids des brûlures se propageant principalement en sa mâchoire et dentition. Définitivement, se faire massacrer les os du maxillaire inférieur et transpercer dents et gencives par un foret de dentiste n'était pas la meilleure des occupations à partager avec de nouveaux camarades de jeu…
Réalisant seulement dans les limbes du cauchemar dont il venait de chuter à pieds joints, que si durant la nuit, il avait peut-être effectivement entendu la sonnerie de sa montre vouée à lui rappeler la prise de ses calmants toutes les quatre heures (bien que trop faiblement pour le tirer efficacement d'un sommeil alors apaisant). Il semblerait qu'avec la présence chaude et rassurante de Kensi à ses côtés, il ait bien été sourd à cette alarme. Bilan. Plus que la fin naturelle de son cycle du sommeil, c'est une fulgurante douleur éclatant en lui qui l'arrachait abruptement de son repos… Son corps alors en proie à de violents tremblements, la tension se cumula jusqu'au point culminant où il ne put contenir plus longtemps cette torture inhumaine éclatant en lui.
Putain ! Bates avait raison. Il n'avait eu aucune envie de découvrir ce que cela faisait d'oublier une prise dans les opiacés prescrits.
Sanglotant, mortifié par son incapacité à supporter cette vague de souffrance qui le noyait plus sûrement qu'un tsunami, Deeks sentit tout aussi subitement la présence de mains dans ses cheveux. Un geste qui le plongea aussitôt dans ce garage infect où Sidorov l'avait retenu d'une poigne ferme pour le contraindre à garder la tête en place, le temps que l'autre fou ne lui perce la mâchoire ! Suffoquant alors d'un manque d'oxygène du à une hyperventilation, conjugué au souvenir tenace de ce sang acre et métallique s'écoulant au fond de sa gorge, Deeks régurgita en un réflexe mécanique une bile amère en une série de spasmes incontrôlables.
La panique s'emparant complètement de tout son être, sourd aux murmures de confort glissés à son oreille. C'est pourtant la constance de cette douceur prodiguée sans interruption qui contribua, le temps avançant, au retour à un calme tout relatif. Toujours aux aguets, dans l'attente insoutenable du coup fatal, c'est bien l'absence de toute nouvelle agression qui atténua progressivement sa réaction excessive et permit le réveil de ses sens. Aussi, y eut-il d'abord l'odorat, avec ce parfum se dégageant de la peau sucrée de sa partenaire. Mélange savant du maquillage de marque et de cette crème hydratante qu'elle utilisait depuis qu'il la lui avait offerte. Puis le toucher… loin de la poigne violente de ce foutu russe, les mains venues à lui n'arrachaient pas ses cheveux. Au contraire, il n'y avait aucune confusion possible. Les caresses offertes n'apportaient que réconfort. Comme il doutait qu'un quelconque terroriste ait l'idée saugrenue de lui lécher les mains, comme Monty à cet instant.
Les yeux toujours clos d'épuisement, incapable qu'il était d'avoir seulement la force de soulever ses paupières, Deeks se laissa finalement guider par ces mains amies le poussant à se redresser suffisamment pour porter un verre d'eau à ses lèvres sèches. Acceptant tout autant les pilules alors proposées, il les avala sans plainte, tandis qu'on les lui glissait dans la bouche. Mais toujours égaré dans son cauchemar, entre réminiscence et cruelle réalité, il ne réalisa pas combien son corps tétanisé se recroquevilla un peu plus encore sur lui-même.
À cet instant, l'homme aurait juste tout donné pour que cela cesse. Malheureusement, même s'il venait de prendre ses calmants, il lui faudrait encore patienter de trop longues minutes pour qu'enfin le niveau de douleur s'abaisse décemment.
NCIS - LA
Assistant impuissante aux tourments supportés par l'homme aimé, Kensi se maudit pour sa négligence ! Trop stressée et inquiète pour Deeks, elle avait passé les trois dernières heures à alterner les phases d'assoupissement, à la contemplation de son corps endormi. Aussi avait-elle parfaitement entendu la sonnerie de sa montre, une heure plus tôt. Sauf que l'homme était alors si paisible qu'elle n'avait pas eu pour cœur de le réveiller, ignorant si cette programmation ne datait pas d'avant l'opération de récupération des bombes !
À le voir, à présent, se tordre de douleur, elle en concluait amèrement, combien elle avait eu tort. De quoi s'en vouloir de ne pas avoir eu un meilleur jugement de la situation entière. Un comportement inconscient et inacceptable qu'elle se promit de ne plus reproduire. Devait-elle pour cela, ne plus dormir des prochaines nuits, pour éviter tous nouveaux oublis.
S'étant finalement assurée qu'il ait bien pris sa médication - non sans l'avoir au préalable aidé à vomir cette bile sanglante dans le réceptacle abandonné au sol à cet effet - la jeune femme poussa doucement le corps toujours en proie aux spasmes à s'allonger de nouveau au centre du lit. Guidant alors sa tête lourde, pour qu'il repose sur son ventre, Kensi ne cessa de caresser tendrement sa chevelure déjà trempée de sueur. La crise passée, elle lui proposerait de lui couler un bain pour l'aider à détendre des muscles à cet instant si tétanisés qu'elle craignait qu'il souffre plus encore, très bientôt, de violentes crampes.
C'est quand elle sentit - tout autant qu'elle entendit - distinctement l'homme pleurer de souffrance dans son giron, que son cœur se brisa irrémédiablement.
- Shhh… tenta-t-elle maladroitement pour le calmer.
Que pouvait-elle seulement faire pour le soulager ? S'abaissant pour déposer un baiser sur son front brûlant, ses propres larmes rejoignirent celles de son partenaire en détresse. Elle se sentait si démunie à cet instant !
Voyant bien qu'il ne se calmerait jamais seul, en l'état, Kensi se saisit finalement du portable de Deeks pour appeler à l'aide. Il y avait forcément quelque chose à faire ! Le numéro présélectionné étant celui de Bates, l'homme l'ayant sortit de l'hôpital, elle commença par ce dernier. Peut-être avait-il eu des consignes pour une situation de ce genre, que Deeks trop noyé de douleur ne pensait pas à suivre à cet instant.
- Marty ? répondit aussitôt le commandant de police, d'une voix fatiguée, mais alerte malgré qu'il soit 4H du matin.
- C'est Kensi.
- Un problème ?
- Il souffre trop. Savez-vous combien il peut prendre de calmants à la fois ?
- Il a raté une prise ?
- Oui… pleura-t-elle coupable d'être en partie responsable de cet oubli.
- Trousse d'urgence.
- Quoi ?
- Il y a une petite trousse sous son oreiller. Elle contient quatre injections de morphine en cas d'urgence. Une toute les 24H au maximum, pour ne pas risquer l'accoutumance. Les médecins ne lui en donneront pas d'autres avant les quatre prochains jours.
- Ok. Merci !
Ne perdant pas plus de temps en palabres, elle raccrocha aussitôt, chercha frénétique la pochette et se saisit tremblante d'une seringue. Ôtant le capuchon de ses dents, elle planta finalement l'aiguille sans protocole dans sa jugulaire, lui imposant de la sorte, une dose de morphine pure qui a son plus grand soulagement eu très vite l'effet escompté.
Aux gémissements de soulagement qu'elle entendit, Kensi respira de nouveau.
Que la fée morphine soit louée pour ses effets miraculeux ! À peine une demi-minute s'était écoulée que déjà le corps de son partenaire se détendait de toute tension. La magie de l'opiacé se propageait en lui, soulageant sa souffrance aussi sûrement qu'un baume apaisant sur un coup de soleil.
Se mouvant alors quelque peu, Deeks se courba complètement autour d'elle, nichant toujours plus son visage douloureux au creux de son ventre. Ne cessant aucunement ses caresses sur les boucles blondes, à cette réaction instinctive - bien que son activité se soit doucement transformée en un véritable massage de son cuir chevelu - Kensi resta un long moment attentive au moindre sursaut du corps abandonné. Espérant qu'il se sente de nouveau confortable, elle déposa un second baiser sur son front, lui promettant par ce geste de tout mettre en œuvre pour que jamais plus sa négligence ne vienne à reproduire pareille crise.
NCIS - LA
9H15 - Appartement du Lt. Marty A. Deeks.
Si la jeune femme s'était finalement assoupie au terme d'une trop courte nuit. C'est bien le besoin d'un chien désireux d'être sorti, qui la contraint cette fois-ci à se réveiller au petit matin et abandonner son équipier alors endormi sain.
Une courte promenade au pied de l'immeuble, ponctuée d'un appel téléphonique, et Kensi s'était plongée dans le dossier médical abandonné sur la table du salon. Suite à quoi, elle s'était de nouveau attelée à observer avec attention le corps blessé abandonné à son sommeil.
Elle ne le lui avouerait jamais. Mais c'est ainsi que débuta pour elle l'heure la plus insoutenable passée au sein de l'appartement de son partenaire. Atrocement tiraillée qu'elle fut entre son besoin de fuir les lieux avant son réveil et son désir bien plus fort encore de rester à ses côtés. Elle était consciente que par ce second choix, elle prendrait la plus grande décision de sa vie, en décidant sciemment d'abaisser enfin, toutes ses barrières de défense pour laisser de nouveau un homme l'approcher. Ou plus exactement, qu'elle autoriserait le seul lieutenant de police Marty Deeks à la posséder corps et âme. Une décision effrayante et angoissante qui n'aurait rien eu d'une évidence, quelques jours plus tôt ! Incapable qu'elle se croyait de pouvoir assumer un tel bouleversement dans sa manière de se confronter aux hommes, depuis la déroute d'avec Jack ! Mais comment douter ? Comment ne pas choisir de lutter contre sa peur et ses craintes inhérentes à son passé, en sachant combien l'homme endormi devant elle, avait supporté et combattu pour survivre au pire ? Chaque coupure et hématome parsemant son visage, chaque blessure présente sur son corps était à ses yeux une incitation à tout lui donner sans plus tarder.
Alors soudainement impatiente de partager le fruit de son introspection, mais plus encore désireuse de ne pas reproduire l'oubli d'une prise de calmant, Kensi jugea qu'il était temps de tirer son partenaire de son sommeil. Le devinant toutefois toujours à cran, la femme prit bien garde à lui éviter tout nouveau stress, en agissant sans précaution.
Ainsi, est-ce près de cinq heures après son réveil cauchemardesque que le lieutenant Marty Deeks émergea plus calmement d'un sommeil aussi profond que paisible, par le biais de son chien lui léchant comme un fou le visage.
- Arggg… Monty… Arrête… se plaint-il aussitôt.
Amusée de voir son équipier lutter sans succès avec l'amour surexpressif de son cabot, Kensi fut heureuse d'avoir trouvé dans le chien une aide si volontaire pour le sortir de ses songes.
Maintenant, si la prise de morphine augmentait sensiblement le laps de temps entre deux prises, la jeune femme ne voulut prendre aucun risque. Aussi, les rejoignit-elle sans plus tarder pour tendre calmant et eau fraîche. Émergeant à peine de son sommeil, Deeks les lui prit par réflexe, surtout encore bien trop empêtré de son chien pour réfléchir décemment à ses propres gestes.
- Suffit, Monty.
Amusé des pitreries de son chien, et pour cette raison même, totalement oublieux à cet instant de la raison de ses muscles endoloris, Deeks s'adossa finalement contre le mur.
Ainsi redressé, il eut plus de facilité à maîtriser l'excès d'affection canin en prodiguant quelques caresses stratégiques au vieux bâtard, avant qu'il ne dévisage une Kensi qu'il découvrit étonnamment assise face à lui. Alors, inconscient de présenter l'image même d'un épouvantail chiffonné, ainsi extirpé de son sommeil. C'est d'une réelle curiosité qu'il tenta de comprendre ce qui venait de lui arriver.
- C'était quoi, ça ?
- Monty ?
- Hum… Y'avait un but à l'attaque canine ?
- C'est à lui qu'il faut poser la question. lui répondit une Kensi des plus louches au regard de son partenaire.
Finalement encore trop fatigué pour réfléchir, mais tout de même désireux de lui rendre la monnaie de sa pièce, c'est sans scrupule que Deeks commandât efficacement son chien.
- Monty. Attaque !
Un ordre que le cabot sembla pendre plaisir à exécuter, s'attaquant dès lors à couvrir à son tour une Kensi ne l'ayant pas vu venir, de léchouilles toutes baveuses. Satisfait, Deeks se reposa contre ses coussins, heureux de voir la jeune femme rire aux éclats des taquineries du vieux chien. Comme lui, peu avant, elle réussit à son tour au même prix de nombreuses caresses à écarter la bête si pleine d'affection à leur égard.
Soupirant de contentement à assister à ce tableau si domestique, Deeks se laissa happer par le bonheur simple que cette scène lui procurait. À cet instant, physiquement exempt de tout malaise ou douleur aiguë, il n'avait aucune envie de bouger. Il était juste bien, là… Et plus encore, lorsque Kensi à l'échappé de Monty, se glissa un peu plus prêt de lui, a priori désireuse de replacer sa chevelure en pagaille. Une excuse évidente pour lui permettre de courir ses mains dans ses boucles blondes. Mais avant tout, un geste intime qui lui remémora dans l'instant, le souvenir de ce qui était advenu durant la nuit. De quoi le faire de nouveau gémir, bien que cette fois-ci de honte pure.
- Merde… Je suis désolé.
- Désolé ? De quoi, Deeks ?
- Tout à l'heure… Je viens de me rappeler… gémit-il d'inconfort à s'être à ce point montré fragile et pleurnichard aux côtés de la jeune femme qu'il admirait tant pour ses qualités contraires.
Il en était pour sa peine, à avoir affiché combien il pouvait être faible.
- Hé !
Attirant son attention, d'une main perdue dans sa barbe éternellement naissante, Kensi l'incita à bouger de sorte à la laisser s'allonger face à lui. Se soutenant alors d'un coude, elle éloigna ses mèches rebelles pour mieux le contraindre à ne pas détourner le regard.
- C'est moi qui suis terriblement désolée de ne pas t'avoir aidé à te réveiller plus tôt cette nuit. Cela n'arrivera plus.
- Quoi ? Non, je…
- Je t'en prie, Deeks… Me jugerais-tu faible et dépossédée de toute dignité, si je demandais ton aide pour passer une rémission difficile ? Ou si j'avouais que pleurer dans tes bras me consolerait et réconforterait plus que n'importe quel mot de quiconque, du fait que je sois simplement apaisée par la pression rassurante de tes étreintes ?
Sachant bien que la réponse était « non », Kensi conclut sa remarque avec fermeté.
- Alors, on n'en parle juste pas. D'accord ? Nous avons largement assez de sujets conflictuels à aborder pour ne pas y ajouter ce qui n'a pas lieu d'être soulevé.
Deeks l'observant avec des yeux noyés d'émotion et de perdition, ses pupilles bougeant à une vitesse folle passant tantôt à ses yeux vairons, tantôt au reste de son corps, incapable qu'il était de maintenir son regard fixe - Kensi fut rassurée de le voir finalement céder d'un simple hochement de tête.
- 'kay.
- Bien.
Profitant alors sans vergogne de la proximité de la jeune femme, Deeks tenta le coup de poker de s'installer plus confortablement, nichant son visage - toujours habité d'une douleur diffuse - tout contre la tendre poitrine de sa partenaire. Un rapprochement longtemps fantasmé, qu'il n'aurait jamais tenté jusqu'ici, sans craindre pour sa vie. Mais qu'il conjugua à cet instant, d'un très long soupir de satisfaction.
- Dis donc toi. fit remarquer Kensi.
- Je suis souffrant, ai besoin de tendresse. murmura-t-il, non sans crainte.
Il ne lui était pas aisé de deviner comment elle réagirait à cette approche. Même si la gifle sur une mâchoire souffrante devait pouvoir être évitée.
- Hum… Ce qui ne te pose pas tant de problèmes d'ego quand ça t'arrange, hein ?
- …
Préférant le silence à toute réflexion, Deeks réalisa surtout - et non sans stupeur - aux caresses de nouveau prodiguées à ses cheveux, que ladite position n'était pas tant un problème, au regard de leur nouvelle « relation ». De quoi lui permettre de relâcher une tension qu'il n'avait pas du tout eu conscience de garder en lui. Dieu qu'il se sentait même bien, à cet instant précis… Empli d'un sentiment de confort et de sécurité tellement incohérents avec cette souffrance paralysante qui l'avait accablé quelques heures plus tôt…
- Dis ? souffla-t-il, finalement.
- Hum ?
- Tu m'as donné quoi, cette nuit ?
- Morphine. Il te reste trois prises pour les trois prochains jours.
En cherchant bien, il savait qu'il savait qu'on lui avait parlé de seringue pour les urgences. Mais dans le brouillard de son retour de l'hôpital, et son aversion avérée pour les aiguilles… Il réalisait surtout n'avoir pas tant écouté ce que lui avait dit Bates avant son départ.
- J'ai rappelé Bates, tout à l'heure. l'informa Kensi, devinant sans mal à qui il pensait à cet instant. Je lui ais donné de tes nouvelles avant de le remercier d'avoir été là pour toi, quand tu en as eu le plus besoin. Il m'a indiqué où se trouvait ton dossier médical dans l'appart. J'espère que tu ne m'en voudras pas de l'avoir lu.
- Faudra surtout que tu me remettes à jour, car j'ai un peu perdu les consignes à suivre qu'on a certainement dû me donner.
- Sans souci, partenaire.
Deeks relevant doucement la tête pour croiser son regard, l'un et l'autre réalisèrent que pour une fois depuis bien longtemps : Ils étaient tout deux sur la même longueur d'onde. Malheureusement, ils savaient tout autant qu'il restait encore pas mal de non-dits et autres incompréhensions à éclairer. Mais à cet instant, ils profitaient au moins d'un statu quo reposant. Un état de paix des plus réconfortants. Un instant parfait pour partager un toujours trop superficiel baiser.
Bien que la mâchoire cassée de Deeks n'autorisait aucun excès, la double dose de calmants prise dans la nuit, conjugué à l'euphorie d'avoir pu en partie régler leur compte la veille au soir, désinhiba totalement les deux partenaires. Aussi de la simple superposition superficielle de leurs lèvres, leurs baisers se firent plus inquisiteurs, plus demandeurs. Mais très vite, un gémissement plus déplaisant qu'heureux mit terme à cet échange pourtant si prometteur.
- Désolée. murmura Kensi tout en multipliant ses baisers superficiels au reste de son visage pour compenser le dernier plus douloureux.
Si Deeks voulut aussitôt l'empêcher de s'éloigner, craignant que ses fichues blessures ne la fassent fuir. L'homme en eut pour son compte, quand loin de s'écarter, Kensi le repoussa plus justement dans les draps pour mieux grimper sur son corps. Consciente de ne pouvoir assouvir leur besoin, en l'état actuel de sa condition physique, la jeune femme s'attaqua plus justement et sans vergogne à son point d'impulsion au creux de son cou. L'endroit même où elle avait fait son injection de morphine des heures plus tôt.
Loin de repousser cet inattendu élan d'affection, Deeks monta plus justement au septième ciel. Hors de tout fantasme, les lèvres dévorantes de la superbe femme dont il avait tant rêvé, lui prodiguaient un véritable suçon. N'étant pas insensible à une telle action, l'homme qu'il restait avant tout, l'emprisonna inconsciemment de ses bras et jambes, glissant ses mains dans sa chevelure brune, en une piètre tentative de lui retourner un tant soit peu de caresses. Une tâche quasi impossible à prodiguer tant son action lui faisait perdre pieds.
- Ken 's…
Sentir alors, leur corps chaud et ferme se presser l'un contre l'autre suffit amplement à les faires gémir de concerts. Des gémissements de plaisir pur, qui au terme du baiser de sang offert, ne firent toutefois guère le poids face aux grognements plus distincts d'un estomac en souffrance, priant sa pitance.
Amusée - pour ne pas dire soulagée - que cela vienne de lui et non d'elle, Kensi couvrit finalement son œuvre d'une infinie de petits baisers plus superficiels, avant de se redresser suffisamment pour lui proposer une tout autre activité.
- Petit déj ?
- Hum…
S'il aurait préféré - et de loin - passer le reste de la journée ainsi collé au corps sensuel de sa compagne, Deeks devait admettre qu'il n'en restait pas moins affamé. Aussi dut-il abdiquer et concéder à se lever pour aller chercher de quoi combler un besoin qui, une fois arrivé dans sa cuisine, s'avéra très vite compliqué par son problème de mâchoire cassée et dents maltraitées.
Ouvrant sans grande motivation un frigo sonnant le vide, il n'en trouva pas moins son jus d'orange et quelques yaourts au soja. De quoi le rafraîchir et apaiser un estomac dérangé, sans prendre le moindre risque. Suite à quoi, il observait avec un fort élan d'affection, la très affamée Kensi Blye dévorer un second bol de céréales, tandis que lui terminait son troisième mug de café, quand on frappa doucement à la porte.
- J'y vais.
Ayant terminé, et pouvant se mouvoir sans trop de mal au sein de son appartement pour peu qu'il prenne son temps, Deeks partit ouvrir muni de ses béquilles.
Il imaginait parfaitement Bates avoir finalement passé la nuit chez sa voisine et s'atteler à passer lui dire bonjour de vive voix avant de rentrer chez lui. Amusé à cette idée, le jeune homme pourrait bien plus tard, admettre ne pas s'être, en revanche, attendu un seul instant aux deux visiteurs alors postés devant sa porte. Si seulement il s'était douté de cette visite impromptue, il se serait surtout un peu plus habillé. Parce que faire face aux deux dirigeants du service des Opérations Spéciales du NCIS de Los Angeles seulement habillé d'un caleçon à fleur et tee-shirt de surfeur... agrémentés d'un suçon apparent et d'une tignasse fatiguée emmêlée par le sadisme d'une partenaire qui ne cessait de jouer avec depuis la veille. Ce n'était guère usuel. Même pour lui.
Il est bien connu que tout le monde rêve de faire face à ses responsables hiérarchiques en petite tenue…
- Salut… ?
.
À suivre.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Deeks et Kensi n'en ont pas encore terminé avec leur « discussion ». Bien au contraire ^-^ Mais faut bien alterner un peu de légèreté entre deux moments douloureux. Et en l'occurrence, la suite à venir : proposant un face-à-face à trois entre Deeks, Hetty et Granger sera plutôt à ranger du coté des chapitres légers lol
A demain, ou samedi, j'espère ^-^
mimi yuy
