Un grand merci à tous ceux et celles qui prennent le temps de me lire et me laisser des retours ! Que vous soyez nouveaux ou de fidèles lecteurs, c'est toujours une énorme joie à son réveil, après avoir passé la nuit à écrire, de découvrir tous ces jolis cadeaux que sont toutes vos reviews (Je me crois chaque fois un matin de Noël lol ^_^'')
Sinon, pour répondre à la question posée par certains, suite à ma dernière update. Oui, si cela m'est possible d'aboutir à un truc qui se tienne, je compte bien écrire une partie du séjour de Marty Deeks du côté de Quantico et surtout sa rencontre avec Tony Dinozzo. Peut-être sous forme d'une OS. Mais cela arrivera bien plus tard ! Car si j'ai déjà pas mal d'idées, je n'ai encore rien débuté. (Je voulais surtout, au préalable, découvrir ce qu'il advenait de Ziva au début de la saison 11, pour tenter autant que possible d'éviter de raconter trop de bêtises sur l'univers de NICS)
Sur ce, voici à présent la partie que je rêve de vous faire lire depuis des mois ! Un chapitre dont l'idée d'origine date d'une très longue année, en découvrant stupéfaite que Deeks (l'homme se plaignant TOUJOURS du désert dans la série) aurait eu l'étrange idée d'aller en vacances en Jordanie ! O_O Sérieux ? Pour un surfeur ? Jamais compris pourquoi les créateurs du Show avaient eu cette idée tordue sans l'exploiter comme il se devait. Ce que je vais tenter ici, dans une version shakespearienne toute personnelle lol.
Un interminable chapitre, que j'ai donc dû me résoudre, une fois encore, à scinder en deux.
Mais promis, je tâcherais de publier la suite dés demain ! Bonne lecture.
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BROKEN ARROW
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10H50 - Appartement du Lt. Marty A. Deeks.
La porte de son appartement s'était doucement refermée sur le départ d'Hetty et Granger quand Kensi le rejoint à pas feutré.
- Deeks ?
- Hum… ?
Extrait de ses pensées aussi multiples que dispersées, Marty Deeks ne pouvait cacher être encore en état de choc. Digérer les insultes, les reproches ou la dépréciation, il maîtrisait. Il en avait toujours eu la triste expérience. Aussi son mode de fonctionnement savait comment y faire face. Mais accepter la reconnaissance et l'appréciation de ses talents et facultés… Cela n'avait rien d'aussi aisé !
- Viens.
Se laissant finalement guider par sa partenaire l'incitant à la rejoindre sur le canapé, plus adapté pour qu'ils se reposent cote à cote, la jeune femme s'assit à son tour, une jambe repliée sous elle, pour mieux pouvoir lui faire face.
Ce n'était peut-être pas le meilleur moment d'en discuter avec Deeks. Mais loin des félicitations qu'elle était pourtant impatiente de lui offrir, Kensi ne pouvait laisser passer une tout autre information échappée lors de cet entretien inopiné. Une découverte si inattendue qu'elle l'avait réellement bouleversé ! Elle qui pensait que l'affaire avec Granger ayant conduit Deeks à séduire cette écervelée de Monica était l'unique cachotterie de son partenaire. Elle réalisait une nouvelle fois, à quel point elle s'était leurrée.
Combien y'en avait-il encore de ces secrets qu'il gardait d'elle ?
Et plus important. Comment pouvait-il seulement s'attendre à ce qu'ils construisent quoi que ce soit entre eux, s'il avait si peu confiance en elle ? Quel type de partenariat partageaient-ils en fin de compte ?
Trop troublée et déconcertée par cette découverte, c'est sans autre réflexion que ses mots traversèrent naturellement et si simplement ses lèvres.
- Alors ton voyage en Jordanie ? Ce n'était pas des vacances ?
Si le tout nouveau Agent Deeks avait jusqu'alors du mal à atterrir de son si brusque et imprévu changement d'employeur, la question de Kensi eut le mérite d'avoir sur lui plus d'effets qu'une douche froide. De quoi lui faire tout aussi subitement oublier ce sentiment chaud et réconfortant éprouvé à se savoir apprécié pour son travail.
Soupirant lourdement, l'ex-flic réalisa surtout combien il aurait aimé être en meilleure forme physique pour fuir la discussion à venir. Parce que débuter si tôt après son réveil, un nouveau forage (sans jeux de mots aucuns) dans les profondeurs de leurs sentiments et rapports partagés n'avait franchement rien d'engageant. L'homme n'en nia pas pour autant la vérité. Bien au contraire ! Sur ce sujet, comme tous les autres, jamais, à aucun instant, il n'avait eu le désir de lui mentir.
- Effectivement. J'ai passé l'intégralité de mon dernier congé d'été, ici même, au sein des différents services de formation locaux, en plus de partir dix jours en Jordanie pour y valider le stage de survie dans le désert.
Avalant cette première confirmation, Kensi tâcha de rester concentrée, exempte d'émotion. À l'image d'un interrogatoire, elle se focalisa dans un premier temps, sur les seuls faits relatés.
- Pourquoi n'a-t-il pas été fait ici même ?
Après tout, les déserts arides ne manquaient pas en Californie...
- On m'a expliqué que se savoir à l'autre bout du monde, dans un pays hostile, était plus motivant pour apprendre. Ce que je ne nierais pas.
- Pourquoi avoir fait ces stages ?
- À force de m'entendre dire que mon manque de formation finirait par vous coûter vos missions… par te coûter la vie… J'ai finalement réussi à poser mes jours de congé pour m'y atteler. Je l'aurais bien fait l'année précédente, mais notre perdition en Roumanie m'avait déjà coûté mon solde annuel de l'époque. [1]
Ce qui impliquait qu'il n'avait pas réellement eu de pause depuis déjà deux été ! Si Kensi aurait aimé s'appesantir sur cette nouvelle révélation. Si douloureusement consciente que cela signifiait qu'il venait donc de cumuler près de trois années d'un travail acharné, sans pouvoir réellement souffler. La jeune femme refusa de se laisser émouvoir avant d'en avoir fini.
- Pourquoi n'avoir rien dit ?
- Nous avons tous nos secrets, Kensi. Toi, moi, tous ceux de l'équipe, Hetty… Ça fait partie de nos vies. Tu m'as bien toi-même caché nombre de choses, quand tu t'es mise en chasse après les meurtriers de ton père.
- Sauf que là, il ne s'agit pas de nos sphères privées. On parle boulot !
- Sam nous a-t-il jamais informés sur les véritables raisons de ses absences répétées, sous couvert de week-end de plongées, quand il débutait réellement une infiltration en Afrique ?
Si elle ne pouvait le lui nier, Kensi n'en démordait pas. Encore une fois, il lui avait menti. Encore une fois, elle sentait son cœur brisé de découvrir qu'il lui avait caché un pan important de sa vie professionnelle.
- Je peux comprendre pour le reste de l'équipe. Mais pourquoi ne m'avoir rien dit ? répéta-t-elle mettant bien l'accent sur elle-même, cette fois-ci.
- Pas même Callen était informé de ce sur quoi Sam bossait à cette époque !
- Mais nous aurions pu t'aider, t'y préparer ?
- Ok. Puisque le but ici est d'être une bonne fois pour toutes, honnête l'un envers l'autre. Peut-être n'étais-je justement pas pressé de vous en informer avant de m'y rendre, pour ne pas être de nouveau la cible de vos quolibets ou de vos conseils et souvenirs sur tous ces stages et formations que vous aviez tant aimés et réussis - là où j'allais parfois tellement galérer et lutter pour les surmonter !
- Pourquoi ne pas en avoir parlé après, à ton retour, dans ce cas ?
- Là, je te retournerais la question autrement : Pourquoi t'en parler ? Sachant comme tu avais été clair quant à ton intérêt sur mes congés. Tu te moquais complètement de ce que j'avais bien pu faire de mon temps de pause, quand je suis rentré !
- Ce n'est pas vrai !
- Non. Bien sûr. Tu étais si passionnée par mes souvenirs de vacances à l'étranger. Officiellement les premières de toute ma vie, au demeurant ! Que tu as refusé d'en regarder les photos ! Photos peuplées d'anecdotes si peu travaillées que c'était une véritable surprise de réaliser que pas l'un de vous n'ait jamais douté de cette supercherie. Mais tu sais quoi ? Ce qui m'intriguera toujours le plus, c'est comment... Comment une équipière qui se dit me connaître un minimum, a réellement pu croire qu'un gars qui n'avait jamais été plus loin que la banlieue de LA et arborant le désert : puisse en guise de voyage idéal - fruit des économies d'une vie - désirer se perdre dans un pays comme la Jordanie ? Aussi beau puisse être Petra, j'aurais cru que les membres de mon équipe auraient plutôt imaginé pour ma destination de rêve, un lieu tropical, plus peuplé de plages et vagues à surfer… Mais comme beaucoup d'autres choses, Kensi. Il est tellement plus simple de sermonner les autres, sur un comportement que tu tiens toi-même. Ou comme à cet instant, de me reprocher mon silence avant même de te remettre en question quant au dédain ou à cette dérision permanente que tu portes si souvent à ma petite vie ; et qui se trouve justement être à l'origine de ma réserve…
Que pouvait-elle seulement répondre à ça ?
Si nier tout désintérêt et s'insurger de ces insinuations ignobles furent sa première réaction ! La jeune femme ne pouvait pour autant complètement nier qu'une petite partie de ce qu'il venait de dire était une interprétation plausible de son comportement. Or, si Deeks ignorait à l'évidence qu'elle n'avait en rien agi, ainsi guidée par cette vision erronée des faits. Kensi se demandait sincèrement ce qui pouvait donc bien lui plaire chez elle. S'il avait réellement la sensation que de par son attitude envers lui, elle ne cessait d'écraser ses sentiments, tel un mégot sur le trottoir de leur vie... Avec un tel constat, était-il seulement encore possible de sauver quoi que ce soit entre eux ?
Vraiment ! Elle ne comprenait pas comment il pouvait encore avoir une once d'affection pour elle, après de tels aveux. Et pourtant… Pourtant, l'homme s'affichait toujours si avide de sa présence, si sa main reposant sur la sienne était seulement un signe en ce sens.
Tachant de reprendre une fois encore assez de recul pour ne pas se disperser, Kensi se racla brièvement la gorge avant de poursuivre.
- Pourquoi avoir tant insisté à me montrer tes photos si ce n'était qu'un tissu de mensonges ? Tu aurais juste pu l'évoquer sans aller plus dans le détail. Peut-être que j'aurais ainsi plus facilement compris. Tu parles de silences, mais le fait est que tu as sciemment menti !
- Tu as raison, Kensi. J'ai effectivement donné de fausses informations et rapporté de véritables photos, bien que pour étayer à l'origine cette couverture conçue pour mes amis et collègues de travail à la police.
Malgré le ton de sa voix subitement affaibli, Kensi ne lâcha rien. Elle voulait comprendre. Comprendre, pourquoi il avait donc agi avec elle - avec eux tous - de la sorte. Tandis qu'ils étaient a contrario les seuls avec qui il aurait pu partager cette expérience. Sauf qu'elle s'apprêtait à peine, à le lui demander, que Deeks reprit de lui-même, la voix plus amère et usée qu'elle ne l'avait jamais entendu.
- Mais peut-être n'ai-je eu cesse de vouloir te montrer ces photos que pour mieux t'aider à voir par toi-même l'incohérence totale de ces vacances. Peut-être ai-je espéré à chaque fois que tu finirais par percer cette piètre couverture. Peut-être que je souhaitais, via ce jeu sordide que tu me confondes, m'offrant ainsi enfin la preuve de l'intérêt et de l'écoute sincère que tu me portais…
En somme, une attente réelle et aspirée à laquelle elle n'avait pas su répondre…
Ne pouvant retenir une première larme d'émotion en comprenant soudain, combien elle avait dû le décevoir par son manque d'attention. Kensi réalisa surtout qu'elle venait bel et bien d'ouvrir la boîte de Pandore en évoquant ces vacances factices. Car de nouveau perdu dans son monde seulement peuplé de peine et de douleur ainsi cumulées depuis des mois, Deeks n'en avait pas fini. Loin de là.
- Le plus drôle dans cette histoire, c'est combien j'ai dû paraître idiot à apprendre aussi lentement. Car malgré cette indifférence flagrante portée à ces vacances, j'ai vraiment cru qu'en agissant de nouveau tout aussi lourdement, tu comprendrais un peu mieux le message pour mon anniversaire. Hélas non ! Cela n'aura pas suffi.
- Dee…
- Mais tu veux savoir le plus pathétique ? poursuivit-il, sans lui laisser l'occasion de réagir. C'est que t'as beau me traiter comme un chien. Je n'en reste pas moins toujours là… à pleurer comme un chiot malade d'amour à quémander un peu d'attention de la part d'une femme magnifique et si parfaite à mes yeux que je conçois sans mal qu'elle puisse ne pas comprendre pourquoi elle aurait à faire le moindre effort pour un type dans mon genre.
Comprenant qu'elle l'avait encore fais : lui imputer l'entière responsabilité d'un évènement, sans même chercher à savoir si elle n'était pas aussi en partie coupable de par ses actes et réactions si souvent excessifs. Kensi ne retint pas moins ses larmes et sa colère grondante. Il n'y avait pas de place pour son auto-apitoiement ou son chagrin à elle, à cet instant. D'autant plus, quand déjà la veille, il lui avait expliqué combien elle l'avait blessé avec ce « monstre vert » libéré suite à l'affaire Monica.
- Je suis désolée. Tellement désolée. se contenta-t-elle donc d'exprimer avec tout sa sincérité.
- De quoi Kensi ?
- De me montrer si égoïste envers toi… De paraître si indifférente à ce qu'il t'arrive, quand il n'en est rien !
- Kens'…
Devinant facilement qu'il venait de la blesser par la cruauté de ses paroles, ne supportant pas de la savoir malheureuse par sa faute et son excès de vérités, Deeks voulut aussitôt tout effacer. Si seulement, il pouvait recommencer cette discussion en minimisant pour la forme sa rancœur, pour ne plus laisser que ses propres excuses de lui avoir si éhontément menti !
- Hé… Tout va bien. C'est moi qui te demande pardon. Je n'aurais jamais dû de nouveau vider mon sac de la sorte. Ce n'est pas juste envers toi. Je sais être entièrement responsable de tous ces non-dits. Je n'avais aucun droit de te parler comme ça.
- Je me soucie de toi, Deeks… s'entendit-elle subitement implorer en guise de réponse.
- Je sais, Kensi. Et quand bien même… S'il y a bien une chose que mon éducation m'a apprise. C'est de savoir rester à ma place et ne surtout rien attendre de qui que ce soit. Pas même d'une famille ou d'une équipe... J'ai toujours été conscient de n'avoir jamais été rien de plus que l'intrus… l'intérimaire… parmi vous. C'est juste que… Nell, Éric et Callen n'ont cessé dans cette opération de me prouver, à quel point j'avais tort de croire que je devais sans cesse me prouver pour acquérir ma place. Sans eux… Si je sais maintenant que je n'aurais pas survécu. J'ai aussi la satisfaction de savoir qu'une partie de notre succès m'est réellement dû ! De quoi presque remercier ces foutus Russes de m'avoir permis d'ouvrir les yeux et comprendre qu'il y avait vraiment quelques personnes au NCIS qui m'avaient fait une place en leur sein, au point d'être prêt à me faire aveuglement confiance… C'est ce changement que je ne sais pas gérer qui m'a poussé à dire ces mots qui n'auraient jamais dû sortir de leur antre.
Se laissant jusqu'alors choyée par celui-là même qui était pourtant la victime de son comportement nombriliste, Kensi s'arracha aussitôt à son étreinte. Si elle avait toute conscience du besoin - pour ne pas dire de la nécessité - qu'ils vident enfin leurs sacs, dans le but de percer une bonne fois pour toutes l'abcès gonflant en leur cœur. Elle ne pouvait pas le laisser évincer, combien elle-même était prête à se reposer sur lui.
- Moi aussi…
- Toi quoi ?
- Il n'y a pas que Nell, Éric ou Callen qui ont toute confiance en toi ! Moi aussi.
- Kensi… Non.
Voyant le défi dans ses yeux, Deeks ferma les siens un bref instant.
- Tu veux vraiment que je sois honnête ? Jusqu'au bout ?
- Plus que tout ! confirma-t-elle avec une conviction inébranlable.
Sachant qu'elle n'allait vraiment pas apprécier sa réponse, et que cela pouvait définitivement se terminer très mal, Deeks n'en respecta pas moins son vœu de ne plus rien se cacher. Aussi est-ce la voix cassée par l'émotion, qu'il la contredit.
- Alors, pardonne-moi, Kensi. Car non. Autant j'aimerais y croire. Autant, toi comme Sam m'avez plus sûrement prouvé le contraire durant cette dernière mission.
- NON ! Tu ne peux pas dire ça ! se révoltât aussitôt la jeune femme.
- Merde ! Ouvre les yeux Kens'. Il n'y a qu'eux trois dans cette affaire qui m'aient prouvé combien ils avaient foi en moi et mes capacités. MOI ! Kensi. Juste Moi ! Celui dont Sam ne supporte pas la façon d'être et le caractère. Celui que toi-même tu n'as jamais cessé de rabaisser pour mieux te conforter dans tes capacités ! Tu réalises seulement que depuis trois ans, tu ne me laisses jamais à aucun instant avoir mot à dire sur ce que l'on doit faire dans le cadre de notre association ? On prend ta voiture, tu conduis, choisit la radio, décide de mener chaque action, chaque interrogatoire qui nous sont attribués dans nos enquêtes ! Je dois toujours lutter, ne serait-ce que pour me faire entendre. À tel point, que si je n'étais pas sans cesse dans l'affrontement, tu me reléguerais uniquement au simple rôle de faire-valoir du si parfait Agent Blye. Ce qui en soi, n'est pas même un problème, pour moi. Car tu vois, j'ai toute conscience que cette attitude et ce besoin d'être dans la commande n'est que la conséquence des difficultés que tu dois rencontrer en tant que femme dans ce milieu encore si masculin. On vous assène tellement la nécessité de vous montrer fortes et compétentes en toute situation, que tu ne me laisses jamais aucune chance d'entrapercevoir tes failles. Maintenant, si cela participe à pourquoi je suis si admiratif et respectueux de la place que tu as su gagner au sein du NCIS. Et que cela m'incite plus encore à vouloir leur prouver à tous avec quel agent d'exception j'ai la chance de travailler. Dois-je vraiment te rappeler à quel point tu as pris ma défense, quand Sam a exprimé son dégoût et rejet total à m'avoir comme équipier temporaire ? Toi qui savais par expérience que je ne lui aurais jamais fait défaut !
- C'est injuste ! Callen n'a pas plus réagit à sa remarque, à cet instant.
- Callen n'était pas MON partenaire. Pourtant, peu après, il a plus sûrement su se faire entendre et me confier combien il était serein de remettre la sécurité de son équipier entre mes mains. Et plus encore, combien il était essentiel que je reste moi-même. Il avait d'hors et déjà confiance en moi et non en celui qu'il souhaiterait que je devienne ! Comme il m'aura affiché ce bref moment, bien plus de soucis quant à mon bien-être durant votre absence, que toi de toute cette opération.
- C'est faux ! J'étais inquiète de te quitter !
- Vraiment, Kensi ? Et comment l'as-tu donc exprimé quand je suis venu te retrouver dans la salle d'armes ? Peut-être quand tu as exigé de moi une réponse sur un sujet que tu étais toi-même avide de mettre sous cloche jusqu'alors ? Sois sûre qu'à ton départ, ce matin-là. Tu m'as abandonné aussi sûrement que Sam, lorsque je me vidais de mon sang après l'avoir libéré de ses liens !
- Deeks…
Touchée en plein cœur par ces paroles criantes de sincérité, Kensi ne put dire un mot de plus, tant son équipier était encore perdu dans son laïus…
- Mais tu vois Kensi. s'amusa-t-il d'un rire sordide en poursuivant. À l'inverse, toujours là-bas dans la demeure d'Andros… En moins de deux heures ! Parce que pas l'un d'entre eux n'a douté de moi… Que tous trois ont risqué leur carrière pour m'en sortir… Nell, Éric et Callen m'ont plus que jamais prouvé à quel point, je pouvais leur retourner cette confiance aveugle qu'ils ont eue alors en moi ! Devines-tu seulement ce que cela a pu être pour moi ? Moi qui ai toujours dû survivre seul dans mon enfance, plaider seul au barreau, ou investiguer seul au sein de la police. Là-bas, il y eut cet instant magique où j'ai réalisé combien je me suis senti secondé. Mon filet de sauvetage n'était plus résumé à Bates ! Non. Là-bas, alors que j'étais brisé, épuisé, en morceau… Je me suis découvert entouré, protégé, confiant et utile… devrais-je même dire, tout simplement à ma place auprès d'eux. Une émotion que je n'avais jamais ressentie à tes côtés !
Sachant bien qu'il n'avait pas dit cela spécifiquement pour la blesser, les larmes de Kensi ne s'amplifièrent que plus en réalisant la teneur de ses paroles. Plus que la comparaison d'avec ses parents maltraitant, l'ayant poussé à accepter comme un fait immuable de ne pas valoir leurs soucis et intérêt. Plus que ses rapports a priori grandissant avec Nell, Éric et Callen qu'elle pourrait décemment jalouser. La jeune femme ne pourrait jamais oublier ce qu'il venait d'avouer la concernant. Car plus que les paroles mêmes. Plus que son sentiment d'avoir été abandonné par sa partenaire qui s'enorgueillait jusqu'alors d'avoir toujours eu son dos. C'est bien le fait qu'il semble si sincère et que ses propos paraissent si véridiques à ses propres yeux, que Kensi se sentit dévastée. À cet instant, elle vivait un cauchemar où chacun des mots de l'homme aimé était une profonde torture qui l'emplissait soudain d'un doute abyssal : Comment pouvait-il éprouver une quelconque affection pour elle, après tout ça ?
- Deeks… Comment peux-tu seulement me porter quelques sentiments amoureux en ayant accumulé autant d'amertume à mon égard ? Je comprends que ton enfance ait pu fausser ta vision de l'amour. Mais tu ne peux décemment imaginer mériter pareil traitement de qui que ce soit.
- Tu ne comprends vraiment pas ?
Le lui confirmant d'un signe de tête, Deeks soupira longuement
- Si tu possèdes le pouvoir de piétiner magistralement mon estime de soi ou déchiqueter en lambeau mon cœur solitaire… Tu n'en restes pas moins un agent aguerri qui m'a accepté comme partenaire, moi, un simple flic sortit de nulle part. Tu es ma première équipière qui ne se soit pas sentie obligée de me repousser ou à l'inverse de me charmer. Mon seul associé à m'avoir supporté plus de trois mois sans exiger qu'on nous sépare. Et finalement… Tu es très vite devenue celle qui ne m'a jamais fait défaut pour me protéger sur le terrain. Celle qui supporte mon bavardage incessant, et participe à mon humour de façade… Celle qui m'a accompagné un soir de Noël à servir des repas aux bénéficiaires d'un foyer. Celle qui est restée à mes côtés quand j'ai bien cru mourir dans cette supérette. Celle qui repousse toujours si subtilement mes avances, pour mieux se blottir contre moi quand on regarde un film. Tu es la femme la plus belle qui m'ait été permis de rencontrer, qui de surcroît aime le foot et boire des bières avec moi. Tu es autonome, autoritaire et certes avide d'avoir le contrôle et d'imposer tes choix. Mais tu vois. Pour celui qui n'a jamais connu qu'une mère rabaissée, incapable de se protéger. Te savoir amplement apte à te défendre n'est pour moi qu'une assurance que jamais tu ne te laisserais faire, si par malheur il m'arrivait de devenir comme mon père. Mais surtout, parfois… Parfois, tes yeux semblent crier plus d'affection que je ne pourrais en obtenir de quiconque. Parfois tu m'offres une boîte énorme, dont le contenu me fait plus peur que tout au monde. Et parfois… Tu ouvres simplement ta porte à la loque humaine que je suis pour me laisser passer la soirée à tes côtés, quand la solitude est si forte que la présence de Monty n'y suffit plus… Alors toutes ces raisons, parmi tant d'autres, et ces instants de complicités que tu m'offres de partager à tes côtés. Tout cela me pousse à vouloir croire en plus. Tout cela m'emporte dans des fantasmes où peut-être, la "Femme de merveille" [2] que tu seras toujours à mes yeux pourrait me retourner une infime part de cet amour aveugle que je te porte. Quand manifestement, ta fuite permanente et nombre de tes défenses me rappellent chaque fois plus douloureusement encore, que je me leurre à vouloir croire en l'utopie d'une telle relation.
Le cœur battant plus fort que jamais dans sa vie, Kensi fut tétanisée à l'écoute de ces dernières paroles.
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À suivre.
[1] Pour mémoire, quand l'équipe part à la sauvegarde d'Hetty en Roumanie. Tous avaient démissionné, sauf Deeks n'étant pas du NCIS. Du coup, j'en ai conclu que pour voyager et courir après Hetty, lui seul avait dû poser des congés de son côté ^_^''
[2] Wonder Women en français dans le texte ^-^
Désolée pour cette brutale interruption, mais il me fallait absolument couper ce fichu chapitre de 16 pages quelque part… Et il n'y avait vraiment pas de meilleur endroit ^_^''' (Jurée) Mais promis, je fais au plus vite pour la suite directe ! Bien que ce ne sera pas avant demain soir au plus tôt, en cause du sacro-saint déjeuner dominical lol ^_^'''
mimi yuy
