Désolée pour l'attente tellement plus longue que prévu. Mais dimanche fut une journée trop chargée et ce début de semaine... le retour au taffe était fidèle à mon triste quotidien : overbooké à mort, snifff.

Pour répondre à la question posée dans les dernières review, la fin de cette fanfic (que l'on peut clairement dire : interminable lol) est enfin proche ! À savoir qu'après celui-ci, restera encore 2 chapitres, un épilogue et un simili extra voué à initier la future One Shot (bien que de plus en plus probable fic à chapitres) sur le passage de Deeks du côté de Quantico. Soit encore 4 updates à venir.

Sinon, je profite de cette news pour faire un peu de pub à la nouvelle page facebook rattachée à l'ultra complet site Hypnoweb consacré à la série ! Alors, comme on ne peut pas écrire d'adresse ici, c'est donc : « le début classique de facebook point com » suivi d'un « / » puis de « NcislaHypnowebF » ^_^x = Rien que pour voir la dernière photo mise en ligne de Deeks assit sur la plage, issue du 5x02, ça vaut le déplacement ^_-

D'ailleurs, dans ce second épisode, j'ai clairement fais une fixation sur ses fringues, Deeks n'ayant pas lâché son tee-shirt tout fripé de l'épisode ! J'ai cru un instant qu'il allait en changer avant d'ouvrir à Kensi sur la fin… Bah même pas ^_^''' Mais quel beau Densi finale ! U_U J'en veux dans chaque épisode des comme ça !

Sur ce, sans plus attendre, la suite directe de mon précédent chapitre ! En espérant que cela vous plaira encore, malgré l'interminable discussion que cela représente ^-^'' Ajouté au fait que comme toujours, je suis bien plus à l'aise avec le perso de Deeks qu'avec Kensi… Et vu que là, c'est son tour de s'épancher. J'ai beau me relire depuis des jours, je ne suis toujours pas très satisfaite du résultat =_=

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BROKEN ARROW


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11H00 - Appartement du Lt. Marty A. Deeks.

Le cœur battant plus fort que jamais dans sa vie, Kensi fut tétanisée à l'écoute de ces dernières paroles. Peu de personnes en ce monde pouvaient se targuer d'avoir réussi à la choquer à ce point. Bien que le mot soit tellement en deçà pour décrire cette bourrasque d'émotions qui la massacraient à cet instant.

Mais indéniablement, Deeks maîtrisait l'art stupéfiant de blesser aussi sûrement qu'il pouvait la flatter comme jamais aucun autre homme avant lui ! Car si son incroyable éloquence lui avait offert une merveilleuse, bien qu'improbable, déclaration d'amour. La jeune femme n'en gardait malheureusement que les mots plus durs, même si elle les devinait arrachés dans le feu de l'épuisement émotionnel.

Se refusant cependant de renchérir aux critiques et reproches, dans le feu de l'émotion - bien trop consciente qu'il était vital qu'elle prenne avant tout le temps de la réflexion, pour ne pas dire de l'introspection, pour digérer ce flot de paroles blessantes avant toute réaction qu'elle redoutait de nouveau excessive - la jeune femme s'essuya vivement les yeux après quelques longues inspirations vouées à lui permettre de retrouver ses esprits.

- Je… Je ne sais pas quoi te dire. Je… je suis tellement incapable de m'ouvrir comme tu viens de le faire…

- Je ne te le demande pas.

- Je sais. Comme je sais maintenant que malgré cette réponse, mon silence te fera souffrir quand je n'aspire, au contraire, qu'à te faire comprendre maladroitement que…

- Que… ?

- Shut. C'est à mon tour.

Le lui concédant sans mal, Deeks acquiesça d'un infime hochement de la tête.

Se sachant alors sous l'examen minutieux des yeux bleus de bébé, Kensi put facilement y lire un flot de craintes, mêlées à une évidente tendresse, mais aussi à une attente appuyée quant aux confidences qu'elle s'apprêtait à lui faire. Aussi, est-ce consciente de l'importance des mots et gestes qui suivraient, qu'elle approcha et finalement frôla de ses mains tremblantes la mâchoire si fragile de son compagnon.

Déposant un chaste baiser sur ses lèvres coupées - premier geste symbolique de son affection pour lui - elle le renouvela très vite d'une infinie de plus petits, parsemant ainsi cette douce chaume couvrant le bas de son visage, ainsi que son cou et toute parcelle de peau découverte, qu'elle lui soit douloureuse ou non. Ne s'autorisant alors, aucune nouvelle excuse qu'elle comprenait enfin comme inadaptée - Kensi murmura plus sûrement entre chaque baiser ses sentiments les plus profonds.

- Merci… Merci d'être aussi prévenant… aussi compréhensif… aussi aimant…

Voyant bien qu'elle venait véritablement de le surprendre par un retour non aussi abrupt qu'il devait s'y attendre, Kensi poursuivit en ce sens. Sachant malheureusement que le passé ne pouvait être rejoué, elle se promit surtout de travailler dur pour ne plus répéter les mêmes erreurs à l'avenir. Et cela commençait à cet instant, en n'attendant pas qu'il lui demande, comme la veille, de prouver qu'elle était apte à changer. Il lui fallait agir ou dire les choses pour de bon ! Aussi maladroites et éparpillées puissent sortirent ses paroles au regard des indéniables qualités d'élocution de son partenaire.

Soupirant fortement, Kensi se jeta donc enfin dans le vide. Bien que ces premières confidences aient déjà été exprimées la veille au soir, suite à l'évocation de cet alias qu'était Max…

- Si j'ai enfin fini par te l'avouer hier, je te le redis aujourd'hui avec toute ma sincérité, Deeks : je t'aime.

Une poignée de mots si dur et à la fois si facile à prononcer de nouveau.

Refusant alors de croiser plus longtemps les yeux de son partenaire, Kensi baissa plus sûrement les siens pour ne plus fixer que ses mains, ses mains dures et fermes… Des mains d'homme, un peu calleuses, capables de lui prodiguer le monde d'une simple caresse. Des mains dont elle s'empara pour s'y tenir comme à une ancre.

Ne se laissant plus détacher de sa volonté à enfin lui déballer sa vérité, Kensi reprit plus piteusement ce qui valait pour elle de grandes confessions.

- Et c'est bien parce que je t'aime, plus que je n'ai jamais aimé un autre homme avant toi, que j'ai peur. Peur de toi, du pouvoir que tu as sur moi. Peur de moi-même et de tout ce que je serais capable de faire pour toi. Peur du manque qu'engendrerait la seule idée que je puisse te perdre.

- Je ne suis pas Jack… souffla-t-il aussitôt, telle une évidence, aussi silencieusement qu'elle aurait cru l'avoir imaginé si ses yeux n'avaient pas été si vifs à lui confirmer son vœu à ne pas reproduire les méfaits de ce qui ne serait jamais qu'un inconnu pour lui.

- Oh oui, je te le confirme. Tu n'as rien en commun avec lui. Et malgré ça, la vérité est que tu dois supporter les conséquences de ses actes à lui. Car j'ai beau réaliser l'irrationalité de mon comportement, je crains qu'il te faudra encore beaucoup de patience pour que je cesse de te blesser dans une tentative inutile de me protéger d'une répétition du mal qu'il m'a fait.

- Je ne te ferais jamais de mal. lui souffla-t-il de nouveau, essayant non sans obstination à recapturer l'éclat de ses yeux vairons.

- Je sais que tu veux y croire. Dieu comme je le sais, Deeks. Mais regarde-nous. Tu l'as dit, toi-même, il y a quelques minutes à peine. Le seul fait d'agir comme je le fais avec toi, te blesse. Or chacune de ces blessures reviennent aussi sûrement à moi, tel un boomerang acéré. Nous ne cessons de nous faire souffrir, quand nous n'aspirons au contraire qu'à tout offrir à l'autre. Cela n'a jamais été aussi… compliqué… avec quiconque par le passé. Mais avec toi…

Devinant que le terme « avec toi » serait mal interprété - Deeks ayant toujours un si dur jugement de lui-même - Kensi ne lui permit aucun retour.

- Je t'aime tellement… mes sentiments sont si profondément ancrés, si viscéraux… que cela me pousse le plus souvent à réagir sans fondement, ni logique.

- Jalousie ?

Soupirant, sous la difficulté d'assumer cette évidence, Kensi hocha brièvement du chef.

- J'imagine… Comme tu l'as dit toi-même, quand nous surveillions Michelle et Sam dans le désert. En y réfléchissant bien, tout ce que tu pourrais me reprocher à raison n'a certainement jamais eu pour seule origine que ce petit démon vert de la jalousie. Puisqu'il est évident que si je n'avais aucun intérêt pour toi, je n'aurais jamais réagi de la sorte, le plus souvent.

Sachant bien qu'il attendait plus que cette simple reconnaissance, Kensi fit de nouveau l'effort de développer ce qui restait SA cruelle perception des derniers évènements.

- Deeks… Quand tu attendais que je découvre ce que tu dissimulais sous le nuage de fumée de tes vacances. Moi je n'entendais que ton babillage autour de cette femme que tu disais y avoir rencontrée, et avec qui tu avais partagé de si bons moments. Quand ton passé d'avocat a refait surface. J'étais plus soudainement troublée à l'idée que tu puisses regretter cette époque passée au barreau, au point que peut-être, tu souhaiterais y retourner en réalisant combien il était plus épanouissant d'aider des gens dans le besoin que de courir après des terroristes d'état. J'étais alors si anéantie de comprendre que tu avais en mains la capacité de profiter d'une tout autre vie professionnelle, bien plus heureuse et enrichissante loin de moi. Moi qui n'ai jamais travaillé qu'au sein de ce service du NCIS... Quant à ton anniversaire. Mon Dieu… Passé le fait que je me suis réellement trompée sur la date… J'étais alors si terrifiée d'avoir la faiblesse de t'avouer mes sentiments à cette occasion, si d'aventure j'avais concédé à partager un dîner en tête à tête avec toi. Tu y aurais été si prévenant et charmant. Et mon cœur était alors si reconnaissant que tu ais tout risqué pour me sauver, que j'aurais fondu et aspirée à tellement plus que je ne pensais pouvoir obtenir de toi. Si tu me révèles aujourd'hui, crever d'amour pour moi. À cet instant, Marty Deeks, rien ne me permettait de penser que la réciproque soit vraie ! Je n'avais aucune assurance que mes sentiments personnels aient seulement une chance de trouver leur écho, une fois dépassé notre flirt innocent…

- Sérieux ? Je n'ai jamais cessé d'être comme un papillon de nuit attiré par la lumière avec toi ! Et quand bien même n'était-ce pas si évident : Pourquoi n'en avoir rien dit, malgré tout ? Ai-je l'air si inapte à l'écoute ? Après toutes ces soirées télé que j'ai passé chez toi, à partager ta glace pour que tu puisses te confier ?

- C'est une blague ? Je dois vraiment le dire ?

Sachant bien que c'était son tour d'être honnête, Kensi révéla donc enfin ce qui s'avérait être la source de toutes ses craintes : le fait d'armes de l'auto proclamé si parfait « Lieutenant Marty Deeks » à l'origine de toute sa colère et frustration, les paroles irréversibles à jamais enfouies en son cœur !

- Dois-je donc, moi, te rappeler que TU es celui qui a nié notre chose devant Ray ? Ton meilleur ami, Deeks ! Celui dont tu disais ne garder aucun secret ! À lui, tu n'as jamais rien concédé sur nous deux. « Non, il n'y en a pas. » « Y a rien entre nous. » « Y a pas de truc » Ce sont tes propres mots, Deeks ! Et crois-moi, ils sont gravés à jamais ici. insista-t-elle avec véhémence, tout en pointant son index sur sa tempe droite.

- C'est faux !

Si sa contestation émergea avec force par pur réflexe, le regard dur de défi lancé par Kensi le certifia qu'il n'aurait pas gain de cause sur ce point. Incrédule à l'idée d'avoir réellement pu faire passer ce message en telle opposition avec ce qu'il ressentait réellement, Deeks garda finalement silence, la laissant poursuivre.

- Oh que si Deeks. Ajouté au fait que tu clamais haut et fort ne jamais vouloir travailler de nouveau avec une femme, bien qu'avec moi cela ne soit guère le cas, en ma qualité de garçon manqué. Si j'aspire effectivement à égaler un homme au sein de mon travail, je n'en reste pas moins une femme, abruti ! Une femme qui face à cette évidence que je ne serais jamais qu'un équipier pour toi, tout au plus une bonne amie, restait paralysée par la timidité et la crainte qu'en te révélant mes sentiments, cela puisse tout changer entre nous ! Comme si j'allais m'ouvrir à toi sur ce sujet, pour que tu puisses amplement te moquer de mon coté fille, en découvrant que j'étais littéralement tombée en pâmoisons pour ce regard océan porté par ce suspect qu'était alors Jason Wyler … Si jamais je t'en avais parlé… Je n'attendais pas moins de moqueries et railleries que tout ce par quoi j'étais déjà passée avec Callen et Sam à cette époque ! finit-elle par lui hurler, subitement désinhibée par sa propre colère pour leur situation tout entière.

- Depuis, reprit-elle plus calmement. Cela fait longtemps que j'ai pris mon partie qu'il n'y aurait jamais rien et que tous ces flirts et sous-entendus n'étaient qu'un jeu, une façon d'être pour toi. Ou pire ! Réellement, le fruit de ma seule imagination. Alors que moi, je tombais toujours plus profondément… Mais je sais maintenant que je me voilais la face. Qu'il était surtout plus simple et sécurisant de croire tout cela, plutôt que d'affronter mes sentiments et me jeter dans le vide.

- Je t'aurais rattrapé. la coupa-t-il à nouveau, d'un murmure.

- Quoi ?

Surprise par cette interruption, et plus encore par sa propre main se glissant sous sa mâchoire pour la pousser à le regarder, Kensi découvrit alors un visage habité d'une indéniable conviction quant à sa promesse de lui offrir son support en toute situation. Ce qu'il confirma tout aussi vite par ses paroles.

- Si tu devais sauter dans le vide, au propre comme au figuré, d'ailleurs. Comme pour te dévoiler, me dire toutes ces choses que tu renfermes en toi... Je te rattraperais ! Toujours. Sans moquerie, ni jugement, d'aucune sorte.

Réalisant tout le mal qu'ils s'étaient fait l'un l'autre par leurs craintes de trop en dire, trop en dévoiler, Kensi ne retint plus un véritable sanglot. Une perdition affichée qui valait tous les aveux du monde pour la très forte et réservée agent Blye. Car que Kensi s'abandonne si entièrement, sans plus aucun far ni faux semblants, était la preuve ultime qu'elle se remettait enfin entièrement à lui, qu'elle lui faisait réellement confiance. Non pas, juste avec sa vie - comme cela était le cas depuis bien longtemps - mais bel et bien avec son cœur ! Aussi, Deeks n'attendit-il pas pour l'étreindre de toutes ses forces, la laissant fondre dans ses bras pour y pleurer toute sa peine. Elle s'en voulait tellement d'avoir perdu un temps si précieux, à croire que se laisser approcher de lui ne pourrait que la blesser.

Prenant sa perdition comme le plus beau des cadeaux qu'elle pouvait lui offrir, Deeks la serra aussi longtemps que nécessaire, ne cessant plus de lui murmurer paroles douces et promesses qu'ils s'en sortiraient. S'ils étaient assez forts pour passer outre la folie d'un homme comme Sidorov, ils pourraient bien concevoir et surmonter la simple vérité qu'ils s'aimaient tout autant l'un l'autre.

Quand finalement Kensi s'écarta de lui, s'essuyant maladroitement le visage sous un sourire pour leur piètre situation, sa grimace non feinte trouva son miroir sur les traits du jeune flic.

Ils faisaient une belle paire d'âmes cassées, à cet instant.

- Indéniablement, on chie vraiment en communication. ponctua Deeks pour éclairer définitivement l'humeur du moment, tout en repoussant tendrement quelques mèches de ses cheveux bruns, pour les glisser avec attention derrière ses oreilles.

- Mais au moins, nous savons maintenant, ce qu'il nous reste à faire pour que cela aille mieux. conclut-elle, non sans embarras pour son épisode de faiblesse.

Parler… Dire ce qu'ils avaient sur le cœur… Juste, se confier l'un à l'autre, sur leurs espoirs et attirances réciproques… Sans surprise, Kensi réalisait que la solution à leur problème n'était pas plus compliquée, pour que tous leurs maux disparaissent avec une simplicité désarmante. Même si la technique non moins efficace proposée par Deeks un jour plus tôt, quand il avait ravi ses lèvres, n'était pas pour lui déplaire aussi.

Prenant une longue inspiration pour retrouver maîtrise d'elle-même, la jeune femme souhaita finalement aborder un sujet moins sensible et plus heureux. La grande nouvelle du jour ! Manière comme une autre de leur permettre de reprendre contenance, leur association au sein du NCIS restant pour eux une évidence. L'un comme l'autre n'avait jamais aspiré travailler avec un autre partenaire, depuis le début de leur association. Bien sûr, il y avait eu des tensions et quelques issus de confiance rencontrés à leur début. Qui n'en avait pas dans ce type de travail riche en stress ? Puis très vite, une tension sexuelle - dorénavant plus qu'avérée - s'y était ajoutée. Mais malgré les reproches et peines exprimés plus tôt, leur duo n'en restait pas moins leur force, leur ancre inaltérable. Une légitimité concédée par quiconque les connaissait d'ailleurs, tant leur alchimie transparaissait dans cette association.

- Si j'ai bien compris les raisons de la visite d'Hetty et Granger… Les félicitations sont donc de rigueur ? balbutia-t-elle, finalement, entre deux reniflements.

- Je suppose… Bien qu'il me faille retourner sur les bancs de l'école avant de pouvoir espérer vous rejoindre pour de bon.

- Tu sais. La chance de suivre la formation complète de Quantico n'est vraiment pas donnée à tout le monde. La seule obtention d'un simple module annexe est un vrai sacerdoce… Alors le cursus complet… Aujourd'hui, seuls les hauts diplômés et agents d'expérience souhaitant se perfectionner y sont admis. Et tu peux me croire, quand je dis que la liste d'attente est très longue.

- C'est bien là, où tu as fait ta formation sur la contre-surveillance urbaine ? [1]

Amusée qu'il se souvienne de cette fanfaronnade glissée au tout début de leur association, véritable « carte » extraite au plus tôt de son jeu, vouée à lui prouver qu'elle n'avait pas démérité sa place - même si elle ne cumulait pas l'expérience internationale de pointe d'un G. Callen ayant fait ses classes dans le contre-espionnage à la CIA ou d'un Sam Hanna formé au navy-seal. Deux agents aux passés d'exception ayant tout bonnement pris leur « retraite » au sein du très « tranquille » service des OPérations Spéciales du NCIS de Californie. Son désir de l'époque était donc bien de se prouver à lui, en faisant étalage de ses connaissances et de sa formation complète, à défaut de pouvoir faire l'écho d'une grande expérience dans les missions d'infiltration. Après tout, elle n'avait jamais eu à vivre et se confondre dans un rôle de composition plus de quelques jours, contrairement à Deeks, Sam ou Callen, tous trois coutumiers des infiltrations profondes courant parfois sur des années entières… Aussi, Kensi eut l'honnêteté de finalement avouer combien anecdotique pouvait avoir été ce stage.

- Ce n'était concrètement qu'un cours d'une quinzaine d'heures réparties sur trois jours. Le seul que j'ai pu obtenir, jusqu'ici. Maintenant, si Sam ou Callen n'ont jamais exprimé le désir de s'y rendre. Me concernant, aucune de mes nouvelles demandes, pourtant nombreuses, n'a depuis été acceptée.

- Oh…

- Je suis si fière pour toi. ponctua-t-elle d'un baiser devenu si naturel.

- Merci.

- Et tellement heureuse de savoir qu'à ton retour, il n'y aura plus jamais d'opération de police capable de t'éloigner durablement de nous. ajouta-t-elle le plus sincèrement du monde.

Plus jamais elle n'aurait à craindre qu'il reparte en longue mission d'infiltration pour le LAPD, sans support ni aide décente, comme cela avait été trop souvent le cas pour lui.

- A priori, Bates s'est quand même assuré que je puisse finir les dossiers en cours. Mais concrètement, il est vrai que je suis un peu plus durablement dans la place.

Une évidence qui une fois dite oralement, le plongea tout aussi vite de nouveau sous le choc de cette révélation. Suite à une si simple signature, il était dorénavant un agent assermenté de la section criminelle de la police militaire de la marine des États-Unis. En d'autres termes, il venait d'entrer à pieds joints dans l'armée ! Lui ! Un flic surfeur ! Bien que cela ne reste qu'un service d'investigation de police comme un autre… Ce changement de carrière avait de quoi le perturber. Il y aurait tant de choses qui allaient changer… À commencer par sa paie, ou quelques obligations contractuelles que son statut de policier lui permettait d'échapper jusqu'alors. Lui imposerait-on seulement la coupe de cheveux réglementaire, dorénavant ?

- Hé ?

Réalisant avoir perdu le fil de leur échange, par sa soudaine crise de panique, Deeks clignota vivement des yeux pour redécouvrir sa partenaire au regard subitement soucieux.

- Tout va bien ?

La question était bonne. Est-ce que cela allait ?

- Je crois.

Préférant à tout surplus d'émotion, profiter plus simplement de la présence physique de Kensi et du fait qu'ils soient enfin libérés de tous ces non-dits quant à leurs sentiments respectifs, Deeks incita la jeune femme à se blottir contre lui, tandis qu'il s'installait plus confortablement en s'allongeant entièrement sur le canapé. Prenant alors le temps de trouver la bonne position pour qu'elle n'appuie pas trop sur ses différentes blessures, ils accueillirent dès lors avec reconnaissance, cet instant de calme retrouvé. Un instant de silence indispensable pour qu'ils puissent digérer la teneur de leurs confessions respectives.

Mais loin d'être aussi apaisée que Deeks, Kensi le surprît finalement, à aborder un dernier sujet plus en relation avec leur dernière opération.

- Si depuis, il s'est tout de même montré reconnaissant et fier de nous tous. Hier… Il a refusé que l'on fasse quoi que ce soit pour vous deux.

- Granger ?

- Hum. Au moindre écart, c'était la cour martiale.

- Je sais. Comme quoi, ça fait plaisir de ce savoir si apprécié.

Loin de penser à Granger, sa remarque était plus sûrement destinée à la douce Nell qui avait pris le risque de tout perdre pour lui seul…

- Mais tu sais… Même sans cet avertissement... Aussi dur que ce soit à avouer. Tu avais en partie raison, tout à l'heure. Je n'aurais rien fait pour venir te chercher sans un ordre direct me le permettant.

Un aveu d'autant plus dur à confier qu'elle venait d'entendre combien Deeks avait été touché du comportement de Nell à son égard, aussitôt relégué par Callen et Éric . Mais désireuse d'ôter toute incompréhension, Kensi souhaitait surtout lui prouver qu'il y avait en tout situation, plusieurs lectures d'un même acte. Et que si elle avait pu mal interpréter nombre de ses silences et cachotteries. Il pouvait en être de même pour lui, la concernant.

Mais cette fois, loin de tout reproche, Deeks le lui accordait déjà sans mal.

- Je sais. Comme dit hier, je n'en attendais pas moins de ta part.

- D'accord. Mais sais-tu au moins pourquoi ?

- Nous ne pouvions pas risquer toute la mission pour la sauvegarde d'un seul homme, Kensi ! C'était évident… même pour moi.

- Pourtant, ce n'était pas MA raison.

- Oh. Tu souhaitais à ce point te venger de tout ce que tu pouvais me reprocher jusqu'alors, dont une communication de merde ?

- Encore moins. Jamais ! explosa-t-elle avec plus de vigueur qu'elle n'avait réellement voulu émettre, tout en se redressant de ses coudes.

- Trop tôt, hein ?

Réalisant facilement qu'il était effectivement trop tôt - tous deux bien trop blessés par leurs dernières confessions pour s'essayer à ce genre d'humour - Deeks le lui concéda sans mal. Aussi n'insista-t-il pas, la poussant plus sûrement à se réinstaller sur son coffre.

- Si je ne me suis pas battu bec et ongle pour qu'on vous sorte de là, dès que nous avons eu votre position. C'est parce que je savais que tu tiendrais ta promesse. Que tu ne laisserais rien arriver, qui soit irréversible pour vous deux. Et plus encore, contrairement à ce que tu sembles parfois penser, car j'avais suffisamment confiance en tes capacités pour que tu trouves comment vous sortir de cette situation.

- Moi tout seul ? Pas Sam ? Ou moi et Sam ?

- Toi tout seul.

- Après la visite d'Hetty et Granger et ce que tu me dis là… J'ai le sentiment d'avoir contracté une maladie mortelle dont on ne m'aurait encore rien révélé et que vous venez tous à moi me faire vos derniers sacrements.

- Désolée de te décevoir, mais il n'y a rien de tout cela. Demande à Michelle ou Hetty si tu ne me crois pas. Elles te confirmeront que j'ai tenu ces propos exacts, dés que l'on a découvert que vous manquiez…

- Et que dois-je en conclure ?

- Rien. Rien d'autre que si tu savais déjà que j'avais toute confiance en toi pour assurer mes arrières. Tu dois aussi comprendre et me croire quand je dis n'avoir jamais douté de tes capacités ! Capacités et expériences dont je mesure la vraie valeur et que je respecte sérieusement ! Si je tire à ce point la couverture à moi sur le terrain - indépendamment que je sois un phénomène de commande - c'est uniquement pour te prouver que tu n'as pas à subir l'inexpérience d'une novice. Enfin, j'ai besoin que tu saches que j'ai aveuglement confiance en toi, pour me revenir sain et sauf. Pour respecter la promesse que tu m'as faite. Pour croire que TOI… tu ne m'abandonneras jamais de ta propre volonté… finit-elle non sans laisser échapper un dernier sursaut d'émotion à ses derniers mots.

Ceux-ci ne pouvant que faire référence à ce Jack l'ayant lui abandonné et poussé à croire qu'elle ne pourrait jamais plus faire confiance à quiconque après lui… Deeks assimila toute l'importance de cette profession de foi. Le poids de ces mots valait bien plus qu'un simple « je t'aime » dans la bouche de Kensi Blye.

Ne pouvant y résister, l'homme se pencha alors sur sa compagne pour l'attirer un peu plus à lui et ainsi partager un nouveau baiser. Mais loin de toute la réserve affichée jusqu'alors, les yeux clos sur leur passé, il l'embrassa comme s'il s'agissait du tout dernier… ou en l'occurrence, de leur tout premier si… brûlant et passionné. Toute l'émotion crue mise à nue par leurs confidences, transparut ainsi dans cet interminable baiser que d'autre aurait pu réduire à une simple transaction salivaire, s'il n'avait été aussi dévorant qu'amoureux, véritablement source d'un combat pour la domination, mais plus encore promesse de beaucoup plus. Perdus dans cet échange qui ne manqua pas de les faire gémir, c'est un manque d'oxygène certain qui les contraint finalement à s'éloigner, bien qu'à peine, l'un de l'autre.

Leur cœur battant à l'unisson, leur désir attisé à l'extrême, ils n'auraient pas manqué de passer à une toute étape de leur relation naissante en consommant sans plus attendre leur passion dévorante, sur ce vieux canapé confortable les y accueillant à coussins ouverts, s'il n'y avait eu un détail de poids stoppant dans l'instant tout autre préliminaire.

On ne pouvait décemment parler si longuement, avant d'offrir un tel baiser de cinéma, sans en supporter quelques conséquences, lorsqu'on souffrait d'une mâchoire cassée et d'une dentition à vif. Ne doutant donc aucunement de la réponse qu'elle obtiendrait, au regard voilé par la douleur retourné par son partenaire, Kensi se soucia aussitôt de son confort.

- Ça fait mal ?

- Comme une chienne. gémit-il, sans honte.

Sachant qu'il n'avait pas le luxe de pouvoir prendre de nouveaux calmants avant trois longues heures, Kensi prit sur elle de couper court à toute relation plus intime, pour mieux parsemer quelques souffles et baisers sur chaque point et rougeur couvrant sa mâchoire, mais aussi ses pommettes et arcades sourcilières, avant de se nicher de nouveau contre son torse.

Ainsi, restèrent-ils de nouveau, juste blottis l'un contre l'autre, partageant un moment calme et silencieux, enfin suffisamment sereins pour s'échapper dans une projection de leur futur partagé. Si Deeks somnola sans doute, pas même le sommeil ne les priva réellement de cet instant d'apaisement. Mais le temps passant, Kensi appréciait surtout de plus en plus cette main mutine s'étant subtilement glissée sous sa chemise, de sorte à lui prodiguer de merveilleuses caresses le long de sa colonne vertébrale. Rien qu'une série de frôlements du bout de ses doigts, qui la couvraient depuis lors d'une infinie de frissons bienheureux.

N'ayant aucun désir que cet instant parfait ne soit subitement rompu ces prochains jours que toutes l'équipe avait obtenu pour débrailler d'une bien trop éprouvante mission, Kensi prit sur elle de s'extraire à contrecœur de cette disposition, dans l'espoir de mieux la prolonger plus tard.

- Tu me permettrais d'aller chercher quelques affaires pour rester ici ces prochains jours ?

- Ce serait mon plaisir, Kensi.

Aussi se força-t-elle à bouger, non sans oublier de déposer un fugace baiser sur les lèvres aimées. Un bref instant suffisant pour percevoir la chaleur émané du visage fatigué et blessé. Faisant donc un saut rapide dans la cuisine, elle revint tout aussitôt avec une poche de glace qu'elle vint l'aider à placer sur sa mâchoire dans l'espoir que cela puisse le soulager.

- Ça va aller ?

- Hum…

Sachant tous deux qu'il n'avait guère le choix, Kensi glissa plus sûrement une nouvelle fois sa main dans les boucles blondes pour une énième caresse qu'elle découvrit comme toutes les autres, presque ponctuée d'un ronronnement de satisfaction de la part de Deeks.

- J'en profiterais pour ramener à manger. Tes placards sont vides de toute substance acceptable par mon estomac.

- Ne fais les courses que pour toi. Nell doit passer d'ici la fin de matinée pour remplir mon frigo. Mais vu mon régime alimentaire, je ne suis pas sûr que cela s'adaptera à tes goûts.

- Ok.

Désireuse qu'il n'ait pas à bouger du canapé en son absence, Kensi s'assura qu'il ait tout à portée de main - calmants, bouteille d'eau, télécommande de la télé et téléphone portable - avant de s'échapper.

- Je… le temps de m'occuper de deux trois trucs, je ne devrais pas en avoir pour plus de deux heures.

- Franchement, prends tout ton temps. Je ne bouge pas d'ici.

Si elle aspirait à revenir à ses côtés le plus rapidement possible. Le désir de prendre un peu de temps pour elle, lui traversa clairement l'esprit. On pouvait la qualifier de garçon manqué quand il fallait donner de la poigne, ou de femme fatale quand cela était tout aussi nécessaire. Elle était surtout une femme comme les autres ! Qui si elle voulait plaire, n'avait pas moins besoin qu'une autre d'agir en conséquence. Aussi, savait-elle qu'un petit entretien rapide, mais nécessaire, était de circonstance. On n'avait pas la peau douce et dénuée de toutes taches disgracieuses ou poil récalcitrant par la seule volonté du Bon Dieu… À l'inverse, ce dernier savait « Oh combien » elle souhaitait pouvoir offrir un corps porcelaine d'une douceur inégalée au touché de son équipier…

À suivre.

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[1] Référence à l'épisode 2x02

Au prochain chapitre, la visite de Nell & Éric chez un détective qui malgré son souhait et besoin, n'est pas prêt de pouvoir se reposer lol.

Sinon, un gros pardon pour mon absence de retour aux dernières review ! J'ai juste voulu faire passer cette update avant ^_^''' Mais promis je me rattrape dés demain !

mimi yuy