Je débuterais cette update par de très sincères Excuses pour avoir tant tardé à publier ce dernier chapitre. Les raisons de mon absence sont multiples. Mais la principale est le CHOC subit il y a près de deux semaines, en découvrant déconvenue que le site interdisait subitement de « copier/coller » les histoires que je lisais. Il faut juste savoir que suis plusieurs centaines d'entre elles, sur un tas de fandom, la majorité étant en anglais. Il me faut donc les traduire (avec Systran pour ne pas le nommer p) et pour cela que je puisse les copier sur word. Ce qui me permet par la suite de les lire tranquillement sur ma liseuse, (sur le canapé, dans mon lit, ou les transports… car nous n'avons pas tous des tablettes ou accès au net à tout instant de la journée). Du coup, découvrir subitement que ce qui régit une partie de ma vie m'était ôté, cela m'a ni plus ni moins que bouleversée à un point… que le soir où j'ai découvert ce changement dans le site, j'ai eu le premier réflexe de souhaiter le quitter tout simplement en guise d'acte contestataire ! Après tout, à quoi bon publier sur un site si mes lecteurs (à mon image) ne peuvent plus lire mes textes comme bon leur semble ?

Finalement, à la suite d'une quasi nuit blanche sur le net à la recherche d'une solution de contournement, suivi de trois jours passés sur le blog du site pour m'en plaindre et lire les centaines de commentaires d'auteurs et lecteurs, affligés comme moi de ce changement… J'ai enfin trouvé comment retrouver mon confort et mes habitudes. A savoir (si cela intéresse certains d'entre vous pour récupérer le texte de mon histoire pour le lire hors ligne) : Pour Firfox Mozilla, il suffit d'aller sur le menu à ; Affichage / style de la page / et y choisir « aucun style » pour retrouver une page internet sans mise en forme, certes, mais d'où l'on peut de nouveau copier-coller le texte !

Au passage, j'ai aussi découvert avec surprise qu'il existait un petit programme gratuit pour copier les fics comportant des centaines de chapitres d'un coup. Il suffit d'aller sur fanfictiondownloader point net pour trouver l'exécutable à installer. Grâce à lui, j'ai ainsi pu récupérer la fic de 46 chapitres « That's Just The Way It Is » en un clic pour la traduire et enfin la découvrir, alors que je n'avais jamais eu le courage jusqu'ici de tout copier à la main.

C'est donc après une semaine de stress en raison des changements sur ce site, puis la semaine passée, en raison de ma lecture passionnée de cette fic de Maxie Kay de plusieurs centaines de pages que je me suis enfin de nouveau attelée à terminer Broken Arrow.

En priant, à présent, que cet ultime chapitre consacré au face à face tant attendu entre Deeks et Sam ne vous déçoive pas infiniment, comme je le crains. Car point de lutte acharnée entre les deux hommes. u_u Juste un long échange verbal, comme je l'avais prévu depuis le tout début de cette fic. En requérant donc votre indulgence, je vous souhaite une Bonne lecture !

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BROKEN ARROW


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12H00 - Appartement du Lt. Marty A. Deeks.

Il ne s'attendait clairement pas à voir qui que ce soit d'autre que Kensi, Bates ou sa charmante voisine gardant Monty sur le pas de sa porte. Et d'autant moins, son ex-partenaire temporaire : l'agent Sam Hanna, de son état.

- Sam ?

- Puis-je entrer ?

Si sa posture apparaissait comme ferme et décidée, il n'était pas difficile de voir l'anxiété suer de tous ses ports. Nul doute qu'il n'était pas tant désireux d'être ainsi sur le pas de sa porte. S'en écartant tout de même, Deeks le laissa entrer dans son antre.

- Je pensais que tu étais toujours à l'hôpital.

D'autant qu'aux dires d'Éric, son état était encore critique la veille au soir.

- Je viens de sortir. Michelle est venue me chercher pour me ramener chez nous, mais je souhaitais passer ici avant.

- Michelle ? Je…

- Tu ?

- Rien… Je croyais qu'elle avait eu un accident de voiture.

En tout cas, cette fois-ci, c'est ce que Callen lui avait dit. Pour autant, il n'avait pas tout à fait retenu de quoi la femme souffrait exactement.

- Elle a juste une cheville cassée et un poigné foulé. l'informa alors Sam, semblant deviner ses interrogations.

Au regard de Deeks, Sam se sentit obligé d'ajouter.

- Elle conduit une automatique. [1]

- 'kay…

Que pouvait-il bien répondre à ce détail dont il se moquait éperdument ?

Finalement surtout déstabilisé par le regard de Sam posé sur lui, Deeks chercha aussitôt à s'en soustraire. Si Kensi n'avait montré aucun dégoût pour ses coupures faciales, plus certainement affligée de n'avoir pu le préserver d'un tel acte d'automutilation et désireuse de ne pas le blesser plus. Nell et Éric n'avaient eux rien laissé transparaître à leur vue. Sans doute, car voir son sourire du Joker une fois soigné restait bien moins répugnant que sa version sanguine affichée la veille. Nul besoin d'évoquer Bates, si coutumier de le voir en piètre état, que ça ou autre chose… Il en fallait beaucoup plus pour le troubler.

Mais Sam… Comment pouvait-il afficher ce regard, mélange de surprise et répugnance, quand il connaissait parfaitement les raisons à l'origine de ces stigmates, pour avoir assisté à leur naissance ? Putain ! C'était pour lui qu'il s'était à ce point défiguré ! Pour le sortir de leurs contraintes et lui permettre de finir la mission.

Inconscient qu'il puisse plus sûrement s'agir de regrets et plus encore de remords, Deeks ferma sa porte, espérant que Sam n'en ait pas pour longtemps. Le voyant prendre possession de son espace, l'ex-flic qu'il était dorénavant l'observa non dupe. Se trouver emprisonné avec lui n'avait pas dû tant changer sa perception de sa personne. Après tout, ils avaient agi en si complète opposition.

L'agent Sam Hanna, l'ex-navy seal, fier militaire n'avait bronché de toutes ses tortures. Il avait encaissé en silence, toujours droit et arrogant en toute circonstance. Alors que lui n'avait cessé de brailler. Exploitant au maximum son caractère et physique plus que commun pour se faire passer pour faible et pleurnichard, histoire de leur donner une chance qu'ils abaissent leur garde et lui offre une faille, une ouverture à creuser pour les sortir de leur guêpier. Si son plan foireux n'en avait pas moins été couronné de succès. Il ne doutait pas que l'agent expérimenté ayant sans doute supporté plus de stages commando que Kensi et Callen réunis, n'avait pas du adhérer facilement à son improvisation constante. Sans compter qu'il avait un peu terminé sur le fil en montrant une tout autre facette de sa personnalité qui frôlait clairement la schizophrénie.

Pour autant, il ne comptait pas se laisser insulter au sein même de son lieu de vie, véritable sanctuaire personnel qu'il ne permettrait pas qu'on viole d'une quelconque agression.

Tachant de sortir de ses pensées, où ils passeraient la soirée tous deux perdus dans leur monde, Deeks fit quelques pas vers Sam avant de lui tendre sa bouteille non encore entamée, en guise de calumet de la paix.

- Une bière ?

Au jardin d'enfants, quand un sale môme le titillait trop et qu'il finissait par se défendre. Il lui suffisait souvent d'offrir l'un de ses gâteaux au môme pleurnichard ou boudeur d'avoir été repoussé si vivement pour s'en faire finalement un ami. Un peu à l'image de Kensi, certains ne savaient pas vous approcher sans blesser le premier, de peur de l'être avant vous par l'inconnu que vous représentiez pour eux. Mais cette méthode qui s'était révélée dûment efficace à son plus jeune âge sembla ne plus vouloir fonctionner, quand vous la confrontiez à de vrais adultes. En vaut pour preuve la réaction immédiate de Sam qui la lui déclina d'un simple…

- Non.

Nul doute qu'il supposait surtout, qu'en rejetant la boisson, il s'assurait ne pas devoir rester plus longtemps que nécessaire…

- C'est comme tu veux.

Peu désireux, lui, de s'en passer, Deeks ouvrit enfin le fruit de toute sa convoitise, pour en boire une premier goulée avant de progresser jusqu'à son salon.

- Tu devrais éviter l'alcool avec les médocs que tu dois prendre.

Si le flic eut l'envie folle de lui rétorquer un « Va te faire foutre ! » bien placé. Il s'obligea à rester courtois en se limitant aux faits.

- C'est de la bière sans alcool que m'a apportée Éric.

- Oh.

Le gamin de 5ans sommeillant en lui, lutta lui avec force pour le contraindre à se retourner et lui tirer la langue en guise de réponse. Merde ! Il n'était pas crétin. Il savait qu'il fallait éviter de mélanger l'alcool aux opiacés. Surtout dosé comme il l'était après l'injection de morphine faite par Kensi quelques heures plus tôt.

Tachant de garder son calme, Deeks resta de nouveau sur une zone moins dangereuse en évoquant le boîtier porté en bandoulière par son visiteur.

- C'est quoi ça ? demanda-t-il finalement en désignant le petit appareil, tandis que Sam le suivait jusqu'à son salon.

- Ça surveille mon rythme cardiaque. Pour prévenir toute nouvelle arythmie. Je n'ai pu sortir qu'à la condition qu'il soit branché 24H sur 24.

- Je vois. Pas trop peur de venir jusqu'ici, s'il te faut rester zen en toute situation ?

- Je dois le garder avec moi toute une semaine. Or j'avais besoin de te voir…

- Ben voilà qui est chose faite.

Impossible pour Deeks de laisser échapper la remarque de Sam. « Besoin ». Il avait besoin de le voir. Il ne pouvait être plus clair, quant au fait qu'il lui rendait visite uniquement parce qu'il en avait besoin et non pour se soucier de son bien-être. Indubitablement, Sam merdait tout autant que lui et Kensi en communication avec une telle entrée en matière.

S'attendant finalement à ce qu'il sorte de chez lui, vu qu'il ne se décidait toujours pas à dire un mot. Deeks eut la surprise de le voir enfin lâcher le morceau, alors qu'il s'apprêtait à prendre une troisième gorgée de bière.

- …Là-bas…

Stoppant aussitôt son action, Deeks resta en suspend, trop curieux de découvrir ce que Sam souhaitait tant lui révéler.

- …Tu m'as sauvé la vie.

- Oui.

Sachant tout deux que c'était le cas, et par trois fois auraient-ils pu préciser ! Il aurait été stupide de le nier à cet instant. Aussi humble Deeks puisse-t-il être en la matière…

- Et… Il se peut que je n'aie pas affiché la même foi en toi que celle que tu as pu porter en moi.

- Rien qui ne change de l'habitude. Pas pour autant que tu viens faire chaque soir des excuses.

- J'essaie de parler, là !

N'ayant aucune envie de le voir faire de l'arythmie et manquer une nouvelle crise cardiaque dans son salon, Deeks jugea préférable de la fermer, comme implicitement demandé.

- Je t'en prie.

Se posant finalement sur son canapé, parce que rester debout avec une patte folle n'était pas des masses confortable, Deeks tâcha de se concentrer pour rester à l'écoute. Où du moins tenta de suivre le cheminement en boucle d'un phoque [2] jouant les requins dans son salon sans trop en récolter le mal de mer.

Si Deeks n'était franchement pas certain que faire les cent pas soit une activité si recommandée pour un cœur fragile ou trois côtes cassées. Lui n'irait pas se permettre de lui faire la morale. Chacun s'autogérait comme bon lui semble. Même si l'idée de devoir appeler Michelle ou pire le 911 à la rescousse après une entrevue sans témoin, ne l'impatientait pas des masses. C'est qu'il se voyait mal devoir expliquer à Hetty qu'il n'y était pour rien dans le malaise que Sam ne manquerait pas de faire d'ici peu s'il ne se calmait pas un peu !

- Là bas…

Et ça recommençait…

- Je t'ai couvert… À chaque instant ! craqua finalement Deeks, épuisé d'attendre ses foutues remontrances.

- Et on se demande pourquoi, après tout ce que j'avais dit. rétorqua aussitôt l'homme venu à lui.

- Sérieux ? Tu me le demandes vraiment ?

Au silence de Sam, Deeks en conclut que oui. Il demandait vraiment.

- Ok. Alors indépendamment du cliché qu'un flic se doit de sauver quiconque est en danger. Ou que je considère que mon devoir de partenaire - aussi temporaire et peu apprécié puis-je avoir été en cette position - est d'assurer les arrières de mon équipier quoiqu'il m'en coûte. À cela j'ajouterais : Dois-je seulement te rappeler que j'ai gardé tes gosses, i peine deux semaines ! Tu t'en souviens, au moins ?

Si Sam s'était préparé à entendre nombre d'arguments, et encaisser tout autant de reproches de la part de Deeks, pour y avoir pensé lui-même la nuit entière. Cette remarque lui paru sortir de nulle part.

- Je ne vois pas le rapport.

- Oh ? Pas de rapport ? Parce que tu t'attendais peut-être à ce que je vende leur mère et laisse leur père crever ?

Prenant le temps de retrouver son souffle, ne pouvant facilement parler longuement sans que cela ne le fasse souffrir dans toute sa mâchoire ou le tire au niveau de ses coupes faciales, Deeks reprit plus doucement dans le but de se préserver. Toute colère puisse-t-il ressentir à l'égard de Sam, elle ne valait pas qu'il se fasse plus mal. Seuls les baisers de Kensi méritaient qu'il soit aveugle à la douleur.

- Tu vois, Sam. Pas une seconde, je me suis soucié de ma vie là-bas. Et tu sais pourquoi ?

Sam niant de nouveau silencieusement d'un signe de tête, il lui répondit aussitôt.

- Parce qu'indépendamment du succès de notre mission. Il n'y avait rien de plus important pour moi que de m'assurer qu'au moins l'un de leurs deux parents rentre sauf pour prendre soin d'elles. Demande donc à G. ce que cela fait d'être orphelin à leur âge ! Alors, ne me fais pas l'affront de me dire merci pour avoir tenu le coup pour ta femme ou toi-même. Car il n'en a rien été. Nous étions tous des professionnels en action au sein d'une mission dans laquelle nous savions par avance ce que nous y risquions. Et en toute franchise. À mes yeux, ni Michelle, ni Toi ne méritiez d'être sauvés au prix de ma vie… à l'inverse de tes enfants. finit-il dans un souffle.

Ne pouvant rien contredire à cette vérité cruelle et si hors de toutes ses pensées qu'elle le déstabilisait complètement, Sam ne sut qu'acquiescer silencieusement à l'information donnée. Une conclusion en totale adéquation avec ce qu'était le lieutenant Marty Deeks. Un homme qui serait toujours dévoué aux civils de la ville de L.A. qu'il avait juré protéger au prix de sa vie en prenant l'insigne de la police. Un serment si semblable à celui de tout soldat prenant les armes pour son pays…

- Je suis désolé.

Relevant sa tête aux mots prononcés avec tant de fermetés par Sam, Deeks croisa brièvement son regard empli de sérieux, avant de s'en détourner. C'était trop facile de s'en tirer avec ces trois mots qu'il le soupçonnait ne pas même penser. Et quand bien même était-il poussé par une véritable envie de se repentir… À quoi bon s'excuser, pour avoir agi en son âme et conscience ou dit ce qu'il pensait véritablement de lui ? Au plus profond de son être, Deeks n'aurait pas moins été blessé par ses paroles et agissements, s'il avait dû découvrir a posteriori qu'il lui avait menti ou simulé une confiance en tout point absente.

- De quoi es-tu donc si désolé ? M'avoir enfin dit la vérité sur ce que tu pensais vraiment de moi ? On ne devrait jamais s'excuser d'être honnête.

Sachant bien qu'il ne serait pas si facile de convaincre le jeune homme de sa bonne foi, Sam ne lui reprocha en rien sa réaction. D'autant plus, quand on savait à quel point le lieutenant de police avait été victime de ses conclusions hâtives.

- Je suis désolé de m'être si vite arrêté à l'image que tu projettes, au point de ne pas voir les actes qu'elle camouflait. Mais plus encore, je suis terriblement désolé d'avoir dû frôler la mort à tes côtés pour enfin ouvrir les yeux sur tes capacités. Tu es une personne incroyable, Deeks. Un flic qui…

- Qui ?

- Qui depuis ton arrivée dans l'équipe, par le passé comme à cet instant, n'a jamais cessé de me décontenancer.

- Décontenancer ?

- Je n'ai pas d'autres mots pour décrire le sentiment qui m'habite quand je pense à toi.

- Je suppose qu'il y a pire comme qualificatif.

Tâchant de reprendre le fil de ses idées, Sam toussa brièvement avant de reprendre. Il ne savait que trop, combien il était important pour Deeks d'entendre une fois encore sa vérité.

- Je… On m'a montré les enregistrements de ce qui nous est arrivé. Et… sincèrement, je ne comprends pas la plupart des réactions que j'ai pu avoir à ton égard, là-bas.

- Effets secondaires de ta réaction chimique induite par les électrocutions.

- Oh… On t'en a parlé ?

- Callen.

- Je vois... Je ne pourrais jamais défaire ce qu'il s'est passé. Ce que j'ai dit et fait…

- Tu n'étais pas toi-même. Alors, j'imagine qu'à partir de là, je n'ai plus aucun droit de t'en vouloir.

- Sauf que cela n'excuse en rien, ce qui a été dit avant. De plus, si les perturbations dues aux électrocutions sur la chimie de mon cerveau m'ont poussé à réagir et penser avec excessivité. Cela n'en modifiait pas mes pensées profondes.

- Ravi de l'apprendre.

- Deeks… Je me dois d'être honnête avec toi. Le déclencheur quant à mon comportement à ton égard… c'est que je les ai vraiment crus, quand ils m'ont dit que tu avais parlé.

- Oh, mais rassure-toi. J'ai parlé ! Pas cessé une seconde d'avouer tout ce qui pouvait les perturber et les plonger dans le doute.

- Oui, parler autant que nécessaire pour baisser leur vigilance. Callen et Eric m'ont expliqué ce qu'il en était vraiment. Et cela ne fait qu'ajouter au constat que je n'ai jamais eu à travailler avec quelqu'un comme toi. À me plier à des méthodes si opposées à tout ce que l'on m'a appris.

- Faut croire que c'est peut-être justement pour ça qu'Hetty m'a fourgué dans vos pattes. Vous contraindre à expérimenter d'autres tactiques. Vous pousser parfois à voir différemment une même situation…

- Je tâcherais d'en prendre note à l'avenir. Dès mon retour les choses changeront.

- Sur ce point, tu auras bien le temps de t'y préparer. Car si tu craignais devoir me supporter dés ton retour à l'enclos, il n'en sera rien. Je m'en vais…

- Quoi ?

Si Sam se doutait que le jeune homme aurait sans doute du mal à passer outre son comportement, cette fois-ci. Il n'imaginait pas qu'il puisse baisser les bras aussi vite. Ne pouvant toutefois toujours tout lui reprocher. Sam prit enfin sur lui pour assumer sa part d'erreur. S'il ne faisait rien pour convaincre Deeks de changer d'avis, il perdrait à jamais l'estime de Callen et Kensi. Aussi se pressa-t-il de réagir à cette nouvelle.

- Tu ne peux pas !

- Pas quoi ? soupira un Marty Deeks fatigué d'être interrompu et surtout de devoir toujours s'expliquer sur tout.

- Partir !

- Franchement… T'as pas ton mot à dire, sur ce point.

- Si je n'ai pas mon mot à dire, je ne m'en exprimerais pas moins. Partir serait une connerie Deeks ! Tu vaux largement plus que de passer le reste de ta carrière chez les flics !

- Ah oui ? demanda-t-il, cachant difficilement une grimace digne de ce nom en réalisant la teneur exacte de ses propos.

- Exactement.

- Alors quoi ?

- Rejoins le NCIS !

- Rien que ça ?

- Crois-moi. Tu serais un excellent agent. Je reprends. Tu es déjà un excellent agent. Au point que nous y gagnerions tous à te savoir avec nous de manière définitive. [3]

- Vraiment ?

- Vraiment.

Amusé par la soudaine passion de Sam à son égard, Deeks ne manqua pas de continuer à jouer encore un peu avec ce dernier. Après toutes ces fois où il s'était foutu de lui, faisant presque chaque jour les frais de ses quolibets… Il estimait avoir mérité de lui rendre la pareille, même si à moindre mesure.

- Pourtant, de toute l'affaire, je suis le seul à n'avoir servi à rien.

- Que… quoi ?

Peu embarrassé par ce qui était en partie, une vérité inaltérable, Deeks expliqua plus clairement sa vision des derniers évènements.

- Regarde bien. Michelle et Kensi ont récupéré les bombes, Callen a mis hors jeu Janvier et toi tu as stoppé Sidorov. Moi, je me suis contenté d'attendre les renforts devant le palier d'une villa de luxe, comme un bon chien domestique. Un chien qui aurait d'ailleurs fini une balle dans la tête si Nell - simple analyste de son état - n'était pas venu à mon secours.

N'en revenant pas de la conclusion de Deeks, sur le rôle de chacun dans la mission passée, Sam en resta un long moment bouché bée.

- Prends garde aux mouches, Sam.

Alors, vite sorti de sa stupeur, l'homme reprit aussitôt ses esprits.

- Deeks. Tu m'as sauvé la vie pas moins de trois fois, dirigé toute leur agression sur toi pour mieux m'en protéger, et permis de garder secret la couverture de ma femme de sorte qu'elle puisse avec Kensi retrouver les bombes. Malgré ma tête de mule et mon manque de foi en toi, tu as su me manipuler de sorte à tous nous faire agir à ton bon vouloir. Si bien que là où personne ne s'en serait sorti vivant, tu as réussi l'exploit de te libérer, de me libérer. Sans compter que tu as été le seul à avoir la présence d'esprit de prévenir l'OPS à temps pour les informer que l'affaire se poursuivait comme convenu. Et plus encore eu le bagout nécessaire pour convaincre Sidorov de poursuivre l'échange en te faisant passer pour Zhrov. Alors, oui, je suis celui m'ayant offert la peau de Sidorov. Mais sans toi, aucun d'entre nous n'aurait réussi sa part du boulot. Tu as été une pièce maîtresse à l'ensemble. Le maillon de la chaîne sans lequel tout s'effondrait piteusement au sol. Alors, ne redit jamais devant moi n'avoir eu aucun rôle dans notre réussite. Car à mes yeux, tu es celui sans qui toute la mission aurait été un fiasco.

Contrairement à ce que certains pouvaient croire, Marty Deeks n'était pas un martyr né. S'il assumait sa part de doutes, de craintes et un manque d'estime de soi d'importance. Il était malgré tout conscient que loin d'être l'homme de toutes les situations, il avait diablement mérité des remerciements et une prise de conscience de ses capacités par son entourage, suite à cette opération d'envergure. Mais surtout, il pouvait bien avouer en son for intérieur, avoir eu besoin que ce soit l'agent Hanna et pas un autre qui lui dise ces mots de face. Que cet homme qui foncièrement, ne l'aimait pas, réalise combien il s'était avéré fiable et apte au pire de la crise. Combien il avait été utile à la mission. Combien il aurait du lui faire confiance depuis le tout départ. Non pas en quête qu'on l'auréole de gloire. Mais bien dans un besoin d'obtenir toute sa légitimité dans leur équipe.

Sans compter que Sam devait surtout apprendre une bonne fois pour toutes que lui et Callen n'étaient pas les seuls éléments forts de cette équipe. Ils pouvaient aussi se reposer sur lui & Kensi, mais tout autant sur Nell & Éric. Chacun avait eu son rôle dans cette opération d'envergure ! Si Callen avait démontré être apte à le voir, il lui paraissait indispensable qu'il en soit enfin de même pour Sam.

Mais son but atteint, ne sachant finalement quoi répondre à ces paroles, Deeks obligea involontairement Sam à poursuivre sur sa lancée, en raison de cette non-réaction.

- Si j'ai eu la chance de croiser des hommes de grande valeur et d'un courage infini dans ma carrière au navy seal. soupira ce dernier. Sache que tu m'as prouvé égaler sans mal les meilleurs d'entre eux. Et ce, sans même avoir le cinquième de leur formation. Aussi, je ne doute pas que tu deviendras meilleur encore, après ton passage à Quantico. Tu n'imagines pas combien d'agents postulent pour pouvoir s'y rendre ! Alors, s'y voir inviter ! C'est un honneur que tu ne peux décemment refuser.

Cette fois-ci, peu surpris qu'il soit déjà informé de cette proposition qu'on lui avait faite plus tôt - après tout, hormis Kensi, tous semblaient en avoir pris connaissance bien avant lui - Deeks abandonna enfin tous faux semblants.

- Pourtant, tu viens à peine de me reprocher vouloir y partir ?

- Tu…

Ok. La blague était petite et foncièrement digne du gamin qu'il était parfois. Mais Deeks n'avait pu s'y résoudre. La tentation avait été la plus forte.

- Tu veux dire que tu as accepté ? Pourquoi me faire croire que tu quittais l'équipe dans ce cas ?

- À ce que je sache, j'ai juste indiqué que tu ne me verrais pas à ton retour à l'OPS… C'est encore toi qui as conclu que je n'aurais jamais les tripes ou la volonté de suivre pareille formation pour rejoindre définitivement le NCIS. Comme c'est toujours toi qui m'imagines si traumatisé et apeuré que je ne pourrais que me résoudre à rentrer la queue entre les jambes au LAPD y prier qu'ils acceptent de me reprendre à temps plein.

Décontenancé par ce flot de paroles saupoudrées d'amertume, Sam ne sut à son tour, comment y répondre. Ayant pitié, Deeks le dépanna d'une relance moins conflictuelle.

- Comment tu as su pour Quantico ?

- J'ai un partenaire qui a su se montrer insistant quant à la nécessité de te voir avant ton départ.

- Départ auquel tu ne croyais pas. Raison pour laquelle tu es finalement venu me convaincre de ne pas prendre la mauvaise décision…

Puisque bien évidemment, Marty Deeks ne pouvait en prendre de bonnes sans qu'on ne l'y aide, aux yeux de l'ex-navy seal.

- Deeks… Je m'en veux terriblement qu'il m'ait fallu partager une telle expérience à tes côtés pour commencer à enfin voir à travers ton personnage.

N'ayant rien à répondre à cette remarque. Se sachant depuis toujours innocent de tous les reproches qu'il pouvait lui faire si gratuitement, Deeks le laissa conclure son mea culpa en bonne et due forme.

- C'est pourquoi je te prouverais à ton retour que tu peux aussi avoir confiance en moi.

- Sauf, que contrairement à toi, Sam. J'avais déjà confiance… jusqu'ici.

Hé voilà. Les mots avaient été dits.

Un sursaut de franchise que Deeks regrettait déjà. Il s'était pourtant promis de toujours prendre sur lui, quand il avait rejoint le NCIS, trois ans plus tôt. De sourire et dire amen à tout ce qui lui serait balancé avec ou sans excuses associées. Mais en étant honnête avec lui-même et avec Sam. Son attitude à son égard durant toute l'affaire (comme depuis toutes ces années), son refus marqué de jouer sans Callen, son manque de foi en lui durant toute leur rétention, sans évoquer le fait qu'il l'avait bel et bien abandonné sur place… certes à sa propre demande. Tout cela l'avait blessé. Bien plus que toutes les dents percées du monde.

Or s'il avait eu facilité à balayer son amertume envers Kensi. Tout simplement parce que la vie était trop courte pour laisser la jalousie les empêcher d'enfin vivre leur amour. Toujours est-il que Kensi avait surtout toujours eu confiance en lui au sein de leur travail…Et que la jalousie impliquait au prime abord la présence d'envie, de désir, d'amour ou d'attachement. L'absence de tels sentiments envers Sam ne l'aidait clairement pas à être aussi facilement magnanime.

À sa défense, Sam était bien conscient d'avoir perdu quelque chose de précieux avec Deeks.

Mais ne pouvant revenir en arrière, il s'assurerait dorénavant d'agir de sorte à lui prouver ses dires. Là était le chant du repenti.

- Je vais y aller.

- Ok. répondit monotone, un Deeks prenant alors une nouvelle gorgée de sa bière.

- Ok.

Mal à l'aise, Sam repartit en direction de son entrée. Le suivant de mauvaise grâce, Deeks se reposa contre sa porte alors que Sam en franchissait le pas.

- Je suis désolé.

C'était sorti tout seul. Au point que Deeks se surprit lui-même de l'avoir soufflé à son tour.

- De quoi t'excuses-tu ? lui demanda finalement l'ex-navy seal, ne simulant pas son propre étonnement à l'entendre prononcer ces mots, quand il était bien le dernier à devoir s'y contraindre.

- De ne pas réussir à te soulager comme tu devais y aspirer en venant jusqu'ici.

- Ce n'était vraiment pas le but. Bien au contraire !

- Quoi ? Tu voulais que je t'en colle une ?

Redoutant sincèrement que Sam le lui confirme, Deeks l'empêcha de répondre. Avec ces phalanges cassées, cela ne faisait pas partie des réjouissances laissées à sa disposition.

- Ben manque de chance pour toi, cette activité m'est interdite pour les deux prochains mois.

Ça et beaucoup d'autres choses… bougonna-t-il finalement dans son coin, en un excès de franchise qui ne lui ressemblait pas.

Alors que Sam allait se détourner pour le quitter une bonne fois pour toutes, Deeks se surprit à le retenir une nouvelle fois.

- Tu sais. Cela vaut ce que ça vaut. Mais sincèrement, de tous ceux de l'équipe, je n'aurais pas voulu partager tout cela avec un autre que toi.

- Histoire de me prouver, une bonne fois pour toutes, que j'avais tort sur ton compte ?

Amusé de voir qu'ils ne se comprendraient vraiment jamais, Deeks du le contredire une fois encore sur l'opinion qu'il avait de lui.

- Détrompe-toi. Parce que franchement, nos divergences au boulot mises de côté, je me moque bien de ce que tu pensais, pense aujourd'hui et pensera demain de moi. Comme déjà dit par le passé. Vos vannes et autres remarques déplacées, je peux les encaisser.

Puisqu'il était évident que dorénavant, il avait prouvé qu'il en était de même pour les coups et la violence, Deeks n'en fit pas écho.

- Si je ne doute pas que les filles auraient été tout aussi résistantes, si elles avaient été dans notre situation. Sache que moi, je n'aurais pas supporté de voir Kensi passer par ce qu'ils m'ont fait endurer. Comme je doute que tu aurais agi à l'identique avec Michelle à ma place. Que tu l'acceptes ou non, chacun d'entre nous possède ses limites, toi y compris. Raison pour laquelle, je suis heureux que tu sois celui qu'ils aient torturé devant moi.

Concédant l'information. Sam n'eut pour autant, lui, pas la force d'avouer sa faiblesse. Car il était effectivement évident qu'il aurait lui-même très certainement fini par parler, si Michelle avait été celle torturée face à lui. Au lieu de cela, il se contenta d'un dernier signe d'au revoir, laissant Deeks refermer sa porte et s'y adosser une seconde.

Putain. C'était pire que d'aller chez le dentiste.

Enfin… en l'occurrence, il lui faudrait réfléchir à d'autres points de comparaison. Parce qu'il n'était pas prêt de retourner chez un praticien dentaire sans devoir se faire endormir d'un sédatif de cheval au préalable…

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À suivre


[1] Voiture automatique = pas besoin de ses deux chevilles et poignée pour conduire, puisque pas de changement de vitesse lol ^_^''

[2] Jeu de mot pourri avec les navy seal (seal étant un phoque en anglais)

[3] Je vous jure que j'ai écrit la majorité de ce chapitre, bien avant la diffusion du 5x01. Du coup, j'avoue avoir été amusé de voir la quasi même phrase dite par Sam à Deeks dans sa chambre d'hôpital ^_^''

Voilà. En espérant que ce texte écrit bien avant la reprise de la série (je me suis contentée de l'enrichir et corriger pour qu'il soit raccord avec mes précédents chapitres) ne vous aura pas trop déplu après une si longue attente u_u.

À très vite pour l'épilogue !

mimi yuy