Hellooo! :3
Bon, je tiens à le dire tout de suite: je ne suis pas très fière de ce chapitre. Je ne sais pas, je le trouve... peut-être un peu plat. ^^
Ah, et aussi, merci à Kisarishun pour ses reviews!
3. S'ennuyer
Léon lui montrait les plans du nouveau quartier qu'ils avaient l'intention de construire. Pour le moment, Vanitas n'y voyait qu'une multitude de traits parallèles et perpendiculaires avec quelques chiffres inscrits çà et là.
« On compte reloger tous ceux qui ont perdus leur maison après la destruction du monde, expliqua le guerrier à la Gunblade. Certains édifices ont pu être rebattis mais d'autres non. Voilà pourquoi on se sert du château d'Ansem comme dortoir. Après les travaux, on devrait être en mesure de donner un foyer à tout le monde, et même d'accueillir de nouveaux habitants.
-Et le château ?
-On a grandement besoin d'un nouveau quartier général pour le Comité. La maison de Merlin est légèrement étroite… »
Le brun hocha la tête. Il ne voyait pas pourquoi chaque habitant ne pouvait tout simplement pas se débrouiller avec sa propre bâtisse. Quoique, lui-même n'aimerait pas vraiment devoir entièrement construire une maison seul… Et puis, la société du Jardin Radieux se basait sur l'entraide.
« Donc, poursuivit Léon, les travaux commencent la semaine prochaine et on a besoin de main d'œuvre. Intéressé ? »
Ca lui paraissait un métier comme un autre, après tout. En toute logique, il devrait s'en sortir.
« Ca consistera en quoi, exactement ?
-Les rôles ne sont pas vraiment fixes. J'imagine qu'on verra sur le tas qui sera plus doué en quoi. »
Nouvel acquiescement. Bon, cela lui semblait la solution la moins contraignante. Il ne se voyait pas travaillez avec Cid sur le réseau informatique… et ne parlons pas des commerces !
« Faut voir, répondit-il d'un air peu convaincu.
-Tu peux aussi t'essayer aux autres activités…
-Non, ça va.
-Très bien. »
Ce que Vanitas aimait bien chez Léon, c'était qu'il n'insistait pas. Au moins un qui ne tentait pas de lui faire tenir des discussions de deux pieds de long.
« Je vais voir Tron, le programme informatique de la ville. Tu veux venir ?
-Franchement, non. Je vais… »
Il s'interrompit. Tiens, oui, qu'allait-il faire du reste de sa journée, au juste ? Il ne savait juste pas. Enfin… il pouvait toujours aller tourner autour des autres habitants tel une mouche un peu agaçante, mais… Non, en fait. Ça ne lui disait trop rien. Il avait envie d'être un peu seul, mais pour faire quoi ?
Soupirant, il prit le chemin du château en sortant du quartier général – enfin, de la maison de l'enchanteur. Ce taudis n'avait rien d'une maison, mis à part le lit perdu dans un coin de la pièce et encombré de piles de livres en équilibre précaire. L'énorme ordinateur de Cid prenait le quart de l'habitacle à lui seul. D'ailleurs, Merlin ne semblait pas s'entendre avec l'homme blond, et rien que pour ça il remontait dans l'estime de Vanitas, bien qu'au fond il ne s'agisse que d'un petit vieux gâteux.
« Ça va, tu es sûre ? »
Il tourna la tête vers la voix familière. Naminé et Kairi était assises sur un banc, la rousse semblant plutôt mal en point à en juger par son visage pâle et ses mains tremblantes. Sa Simili la tenait par les épaules, visiblement inquiète. Il s'approcha des deux filles.
« Alors princesse, t'as attrapé un rhume ? »
Ce fut Naminé qui lui répondit, leva un regard noir vers lui.
« Ce n'est pas le moment, Vanitas.
-Qu'est-ce qu'elle a ? fit-il avec un mouvement de tête vers Kairi.
-Je ne sais pas… marmonna la blonde en se mordant la lèvre inférieure. Elle refuse de me le dire.
-Je vous dis que ça va », intervint la concernée d'une petite voix.
Elle trouva la force d'envoyer un faible sourire à sa Simili.
« Pas très crédible, commenta le garçon.
-Ne vous en faîtes pas…
-Oh, moi, je m'en fiche, la rassura-t-il en haussant les épaules. Juste, préviens-moi si tu meurs. »
Il s'éloigna alors, un mince sourire ancré sur les lèvres, sous le regard désapprobateur de Naminé. Il s'ennuyait tellement que la moindre provocation devenait une distraction incroyable. Quelque chose lui disait qu'il ne devrait pas faire ça s'il voulait vraiment être accepté, mais il ne comptait certainement pas renoncer à ce qu'il était. Pas de manière aussi radicale.
Après cela, il retourna dans sa chambre, la balaya du regard. Des murs blancs et des meubles standards. Un lit, bien sûr, ainsi qu'une table de chevet et une armoire pour ranger des affaires qu'il n'avait pas. Il s'assit sur le matelas, regarda ses pieds. La pièce lui paraissait… vide. Autant que lui, en fait.
Et si Ventus avait eu tort ? Ce ne serait pas la première fois, après tout… Alors, pourquoi Vanitas se donnait-il la peine de rester ici ? Parce qu'il n'avait nulle part où aller ? En partie, oui, certainement.
Peut-être également parce qu'il voulait y croire, tout simplement.
Trois coups frappés à sa porte vinrent le tirer de ses réflexions. Il se souvint qu'il était censé y répondre.
« Entrez. »
La tête de Yuffie passa l'entrebâillement de la porte.
« Qu'est-ce que tu me veux ? lui demanda-t-il.
-Léon m'a demandé de venir te chercher. On va s'entraîner, avec lui et Kairi. Tu peux venir... Si tu veux, bien sûr ! »
Un entraînement ? Ils l'invitaient à se battre avec eux, sans aucune méfiance ? L'idée était tentante.
« Pourquoi ? »
La question était sortie toute seule. Il ne comprenait toujours pas comment ils pouvaient lui faire confiance, comme ça, en si peu de temps. Certes, c'était pratique et cela l'aurait agacé profondément de se sentir toujours surveillé, mais…
Yuffie eut un petit rire et s'approcha de lui pour le tirer par le poignet.
« Pose pas de questions stupides ! Viens, c'est tout ! »
Après quelques pas dans le couloir, il se dégagea prestement de son emprise.
« Je peux marcher tout seul ! » lui fit-il avec mauvaise humeur.
La jeune fille ne s'en formalisa pas, continuant de sautiller toute seule, Vanitas la suivant à un mètre de distance.
La salle d'entraînement, n'était en réalité qu'une espèce de gymnase, avec un local où reposaient des armes de tout sortes, des obstacles, des poids, et d'autres choses que le brun ne parvint pas à identifier. Enfin, heureusement, il n'en aurait pas besoin puisqu'en général les gens qui venaient par ici ne le faisaient que pour s'affronter dans des combats amicaux. La plupart du bazar présent dans la pièce ne servait jamais.
Lorsqu'il entra à la suite de Yuffie, Léon et Kairi étaient déjà en plein affrontement.
La jeune fille tenta de parer un coup de Gunblade, mais une poussé de la part de Léon la mit bien vite à terre. Elle n'eut pas le temps de se relever que déjà le guerrier la tenait en joug.
« Tu aurais pu esquiver facilement, lui dit-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever. Quand tu es face à un adversaire plus lourd que toi, tu ne dois parer qu'en dernier recours, parce que ça peut te mettre dans une position délicate. »
La rousse hocha la tête en se remettant sur ses pieds.
« C'était un réflexe…
-Il faut t'en défaire.
-Je vais essayer. »
Puis, ils se tournèrent vers les deux nouveaux arrivants.
« Ah, Vanitas, commenta simplement Léon. J'avais peur que tu ne viennes pas.
-Ma présence est si indispensable que ça ? » ironisa le brun.
La remarque eut pour effet d'arracher un sourire au guerrier.
« Ne te monte pas la tête trop vite. Je voulais juste voir ce que tu vaux en combat singulier. »
Ce fut au tour de Vanitas de sourire. Un peu d'exercice ne lui ferait pas de mal. Il invoqua sa Keyblade, Void Gear, sans se faire prier. Kairi et Yuffie s'écartèrent du terrain, se reculant contre le mur, tandis que Léon se mettait en garde.
« Interdiction d'invoquer tes bestioles pour te sauver la mise. »
La pique fit mouche.
« Bien sûr ! cracha-t-il, vexé. Pour qui tu me prends ? Je peux te battre sans eux. »
Il n'avait aucun scrupule à mentir, voire à manipuler les autres pour arriver à ses fins, mais tricher dans une bataille, ça, il n'en tirerait aucun mérite. Il était assez puissant pour jouer à la loyale, en un contre un ! Se faire aider des Nescients, ce serait une faiblesse de sa part.
Il se mit également en posture de combat. Yuffie donna le départ. Aussitôt, les deux adversaires foncèrent l'un vers l'autre. Léon asséna une puissante attaque frontale de sa Gunblade, que Vanitas esquiva sans peine. L'arme se ficha dans le sol. Le temps qu'il la retire, l'autre se trouvait déjà derrière lui.
Léon eut tout juste le temps de se baisser pour éviter le coup de Keyblade. Il roula pour s'éloigner de son opposant, puis tira un sort Brasier qui n'atteignit pas son but.
En un éclair, Vanitas se trouva devant lui. Le guerrier para l'attaque à temps et tenta de le repousser l'autre qui, se souvenant de ce que Léon venait de dire à Kairi, bondit de deux pas en arrière avant de retenter un assaut. Ce petit jeu dura un moment avant que le brun ne se rende compte qu'il ne le coincerait pas comme ça. Léon était fort, mais pas suffisamment rapide, son poids et celui de son arme le ralentissant considérablement. Vanitas, plus léger, devait pouvoir trouver une façon de le coincer.
Il lui envoya une salve de plusieurs Glaciers répétés pour détourner son attention et se glissa derrière lui, à terre, venant le cueillir aux jambes. Le coup déséquilibra Léon, qui eut le temps d'envoyer un Brasier avant de tomber. Le sort atteignit le brun à la poitrine, le faisant reculer de plusieurs pas, haletant. Le temps que son adversaire se relève, il porte une main à la zone endolorie en grimaçant. Il ne l'avait pas loupé !
Léon se redressa fonçant à nouveau sur lui. Vanitas se prépara à parer…
« Léon ! »
Les deux garçons se stoppèrent tout net en entendant le cri paniqué de Yuffie. La brune était assise par terre, tenant une Kairi inconsciente dans ses bras.
Le guerrier à la Gunblade se précipita vers elles, Vanitas suivant plus lentement.
« Qu'est-ce qu'elle a ?
-Je ne sais pas… balbutie Yuffie. Elle est tombée… D'un coup. »
Le jeune homme prit la princesse dans ses bras puis se redressa.
« Je l'emmène dans sa chambre, fit-il à la jeune fille. Va chercher Aerith. »
Puis, il se tourna vers Vanitas.
« Viens avec moi. »
Le brun hocha la tête, le suivant à travers le dédale de couloirs du château, ignorant la brûlure qui le tiraillait toujours, jusqu'à arriver dans la chambre de la rousse toujours, que Léon étendit sur le lit.
Vanitas observa la pièce, qui n'avait pour ainsi dire rien à voir avec sa chambre à lui. Le mobilier de base était le même, mais agencé et décoré de telle manière qu'il paraissait méconnaissable. Le mur avait été repeint en rouge saumon. Des dessins au pastel étaient accrochés un peu partout, toutes sortes de babioles ornaient les étagères, deux ou trois livres avaient échoués sur la table de chevet et une éclaireuse rose un peu semblable à celle de Ventus était accrochée au-dessus du lit.
« Bon, il ne reste plus qu'à attendre Aerith… » soupira Léon.
Puis, il se tourna vers Vanitas.
« Bouge pas. »
Il s'avança vers lui et posa une main à plat sur sa poitrine, là où il l'avait blessé quelques minutes auparavant. L'autre eut un mouvement de recul, mais le guerrier le retint, plaquant sa main libre dans son dos.
« Tu fais quoi, là ? s'indigna Vanitas.
-Je te soigne, andouille. »
Et effectivement, la chaleur familière du sort de Soin se fit bientôt sentir. Une fois la blessure atténuée, le garçon se dégagea de l'emprise de l'autre avec un regard noir. Il aurait pu s'en charger seul ! Néanmoins, le geste, en plus de l'agacement, déclencher autre chose en lui qu'il ne parvint pas à identifier, mais qui s'apparentait à de la tristesse, ou de la mélancolie… quelque chose dans ce goût-là, mêlé à un sentiment moins désagréable.
Aerith ne tarda pas à franchir la porte, bientôt suivie de Naminé, les yeux remplis d'inquiétude.
Le diagnostic ne tarda pas à tomber.
« Ce n'est pas grave, les rassura la guérisseuse. Elle ne devrait pas tarder à se réveiller.
-C'est dû à quoi ? » demanda Léon.
La jeune femme secoua la tête.
« Aucune idée. Sans doute un coup de fatigue, mais ça me paraît étrange… »
Ce fut au tour de Naminé, qui tenait la main de la convalescente, d'intervenir d'une voix tendue.
« Ce… Ce n'est pas la première fois qu'elle fait ça… avoua-t-elle. Enfin, elle ne s'était jamais évanouie, mais elle a des absences et des maux de tête et… Et elle refuse de me dire à quoi c'est dû. »
Léon et Aerith échangèrent un regard, avant de se tourner vers Vanitas qui sut tout de suite comment interpréter leur air perplexe.
« Je n'ai rien fait ! »
Aerith hocha la tête.
« Nous n'avons pas dit ça… intervint-elle doucement. Mais peut-être qu'inconsciemment, vos cœurs s'opposent, puisque vous êtes de parfaits opposés. Un cœur de Lumière et un autre des Ténèbres pures qui cohabitent au quotidien, ça n'est jamais arrivé… Techniquement, on ne sait pas encore si c'est possible. »
Bien sûr. Ils tentaient de trouver tous les prétextes pour se débarrasser de lui à peine arrivé, hein ? Ça ne l'étonnait pas…
« Si c'était vrai, rétorqua Vanitas en croisant les bras, Naminé souffrirait du même mal, et peut-être que moi aussi.
-Calme-toi, c'est juste une hypothèse, fit observer Léon en se tournant vers Kairi endormie. De toute façon, je pense qu'elle pourra nous éclairer là-dessus à son réveil. »
Le garçon hocha la tête, pas apaisé pour autant. Il le savait, que les êtres de Lumière n'étaient que des hypocrites ! Si Kairi se réveillait et prétendait que c'était sa faute, ils n'hésiteraient sans doute pas à le mettre à la porte. Parce qu'ils ne prendraient pas le risque de perdre leur princesse au détriment d'un être des Ténèbres.
Non, sa décision était prise, cette fois-ci sans aucun doute. Il parviendrait à gagner sa place dans cette ville coûte que coûte, même s'il devait mentir et tricher pour y parvenir. Les habitants finiraient bien par l'accepter.
