36- Poursuivre
Ils ne savaient toujours pas comment arrêter les fusions et, cette fois-ci, ils n'avaient pas eu le temps d'établir un plan de sauvetage des habitants comme l'autre fois. Néanmoins, Ils étaient susceptibles de croiser Ienzo et les autres scientifiques, puisqu'ils s'intéressaient de près au phénomène. Oh, bien sûr, Vanitas avait exprimé aux autres son envie de faire payer à ce sale rat, mais on lui avait dit d'essayer de l'amener vivant, s'ils le croisaient. Pff... Il ne pouvait pas garantir qu'il y parviendrait.
Les deux mondes touchés, cette fois-ci, n'étaient autres que le Colisée de l'Olympe et Atlantica. Etant donné le nombre assez restreint de Maîtres de la Keyblade en bonne santé, ils n'étaient que deux envoyés dans chaque monde. Lea et Kairi devaient se reposer de leur périple et Sora dormait toujours. Quant à Néo, il fallait qu'il se remette de ses blessures.
Mickey et Aqua avaient été envoyés à Atlantica, avec pour ordre de rentrer dès que les premières secousses se feraient sentir. Quant à Vanitas et Riku, ils se retrouvaient au Colisée. D'ailleurs, les révélations de Xehanort, la veille, avaient jeté un léger froid entre eux.
Lorsque Cid les déposa sur le monde concerné – étant donné qu'il ne voulait pas courir le risque en perdant un autre vaisseau Gummi, n'en ayant plus qu'une dizaine à tout casser, ils repartiraient via Couloir Obscur – ils se retrouvèrent seuls pour la première fois depuis l'altercation avec Xehanort.
« Où est-ce qu'on est censés aller, au juste ? questionna Vanitas en regardant la place où ils avaient atterri.
-Un peu partout, je suppose... répondit l'argenté. On n'a pas vraiment de consignes spéciales, à part de voir si on trouve Ienzo quelque part.
-Génial... Qu'est-ce qu'on fait, alors ? On se sépare pour aller plus vite ? »
L'autre grimaça.
« Il ne vaut mieux pas. Si la fusion a lieu plus tôt que prévu, ou bien si on ne se retrouve pas...
-Je ne vois pas le souci, objecta le brun. J'ai mes Couloirs Obscurs... Et toi aussi, tu peux en invoquer. »
Il n'était pas sûr de la réaction de Riku en évoquant cela. Est-ce qu'il lui en tiendrait rigueur ? Même s'il se disait que celui-ci ne serait qu'un imbécile de lui en vouloir pour quelque chose qui n'était pas volontaire. Et quant au fait qu'il ne souhaitait plus utiliser les Ténèbres... Ils avaient déjà eu cette discussion. Néanmoins, malgré tout cela, il appréhendait un peu ce que lui dirait l'autre. Tout cela à cause de Xehanort. Tss...
« Ce n'est pas faux, se contenta de répondre l'argenté avec tout de même une certaine tension dans la voix. Mais quand même. Ils sont trois, après tout.
-Pff, tu parles... Il n'y a que Dilan qui puisse faire office d'adversaire à la hauteur. Les deux autres ne sont que des lâches.
-Je ne parierais pas là-dessus, à ta place. Mais on ferait mieux de ne pas perdre de temps. »
Ils se mirent à arpenter la ville. Les habitants semblaient se porter plutôt bien, sans savoir que bientôt leurs vies seraient réduites à néant. Mais d'après les autres, il y aurait toujours un moyen que les mondes détruits refassent surface d'une manière ou d'une autre. Après, la méthode à adopter, ça... Personne ne semblait le savoir. Vanitas trouvait cela stupide. Puisque les cœurs des mondes avaient disparus, ils ne pouvaient pas revivre. A moins que... Que quoi ? Qu'ils ne deviennent des Simili-Mondes ? Oh, ridicule. Et même si ça se pouvait... Hum, il divaguait, là.
« Au fait, commença-t-il. Tu as décidé d'accepter tes Ténèbres, finalement ? »
Riku se tourna vers lui, puis soupira.
« Je n'en sais rien... »
Ah ? C'était déjà mieux que le refus catégorique d'autrefois.
« Eh bien, on progresse, dis donc, fit remarquer le brun.
-Oui, mais visiblement Xehanort tiens à ce que je lui serve de réceptacle... Et si je parviens à canaliser les Ténèbres, peut-être qu'il me laissera tranquille.
-Sauf que tu ne peux pas. »
En fait, si, il pouvait, d'après Xehanort... En s'éloignant de Vanitas. Mais s'il prenait cette décision, le brun ne savait pas vraiment comment il réagirait, honnêtement. Mal, c'était sûr. Il préférait ne pas trop y penser.
« C'est vrai, acquiesça Riku. Mais je ne sais pas encore... comment je me sens par rapport à tout ça.
-Je vois. »
Il y eut un silence, puis le brun reprit :
« En tout cas, ne t'inquiète pas trop pour Xehanort. Ca m'étonnerait que son plan réussisse. Il va devoir se trouver un autre pigeon. »
Zut, il ne savait même pas pourquoi il disait cela à l'autre. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes.
« Vanitas ?
-Quoi ?
-Je rêve ou bien t'essayes de me réconforter ?
-Bien sûr que non, ne sois pas stupide. Je relativise, nuance. »
Eh merde. L'autre ne sembla pas le moins du monde convaincu, puisqu'un sourire s'étira sur ses lèvres avant qu'il ne sorte :
« Merci.
-Je vois pas de quoi tu parles.
-Bien sûr. »
Le brun ne répondit rien, légèrement vexé pour il ne savait quelle raison. Mais il n'eut pas le temps de s'en soucier, qu'il sentit une « odeur » familière... et pas dans le bon sens du terme. Il stoppa Riku dans sa marche.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ienzo est près d'ici.
-Comment tu sais ça ? s'étonna l'argenté.
-Tu rigoles ? Ce type pue la Lumière à plein nez. Ce serait dur de ne pas le repérer.
-Ah... Si tu le dis. Et tu arriverais à pister sa trace à l'odeur ?
-Je ne suis pas un chien, Riku ! rétorqua Vanitas.
-Tu peux, oui ou non ?
-... Ce doit être faisable, avoua-t-il. Mais emploie d'autres mots, la prochaine fois.
-Oh, pardon... soupira l'autre en levant les yeux au ciel. Dépêche-toi, on va perdre leur piste.
-Tais-toi. »
Il se concentra pour saisir d'où venait la présence du scientifique, puis entraîna l'autre à travers les ruelles de la ville, jusqu'à arriver dans un cul de sac presque désert, mis à part les trois hommes qui s'y trouvaient. Vanitas se dirigea pour les attaquer de front, mais Riku le stoppa.
« Attend un peu, lui chuchota-t-il. Regarde... »
Le brun observa, et vit que les apprentis d'Ansem se tenaient devant un Portail. Pas un Couloir Obscur, ni lumineux... Une autre sorte de passage. Ils semblaient se disputer. En tout cas, Even et Ienzo. Ce dernier d'ailleurs était doté d'un bras tout neuf, mécanique, que l'on pouvait voir dépasser de la manche de sa blouse de chercheur.
« C'est de la folie, enfin ! pérorait Even. Non mais vraiment, c'est contre nature !
-Il s'agit de la volonté du Kingdom Hearts, rétorqua son cadet.
-La volonté du... Ridicule ! Si seulement tu t'entendais parler ! C'est insensé !
-Tu as de la chance que j'ai encore besoin de toi, déclara Ienzo. Ceci dit, si tu te mets en travers de ma route, je n'hésiterait pas à t'éliminer. On y va, que ça te plaise ou non. »
Même de là où il se trouvait, Vanitas pouvait voir les poings du plus âgé se crisper avec rage. En plus de cela, il crut déceler quelque chose comme de la crainte dans ses yeux – mais à cette distance, difficile de l'affirmer clairement. Finalement, il finit par céder et ils se dirigèrent tous les trois dans le Portail. Ah, ils n'auraient pas dû attendre et les laisser filer !
« Dépêche-toi, on les suit. »
C'est ce qu'ils firent, s'immisçant dans le passage avant qu'il ne se referme et débouchant dans un endroit beaucoup froid que là d'où ils venaient, et aussi beaucoup plus sombre. A vue de nez, il s'agissait d'une très longue grotte, ou d'un endroit souterrain. Quelques torches de flammes bleues brûlaient ici et là, à proximité des parois de pierre. Vanitas n'avait encore jamais vu cet endroit. Est-ce qu'ils se trouvaient encore à proximité du Colisée, ou pas du tout ? Ce qui était sûr, c'était que les scientifiques étaient déjà partis.
« Je crois qu'on est aux Enfers, annonça soudain Riku en observant les alentours.
-Le Royaume d'Hadès ? s'étonna le brun. Qu'est-ce que ces abrutis viennent faire ici ?
-Aucune idée, mais certainement rien de bon... On ferait mieux de les chercher. »
Ils se remirent en route. Vanitas se demanda s'ils risquaient de croiser des âmes ou d'autres choses étranges dans le royaume des morts, mais les couloirs étaient déserts. Même pas un petit démon ou autre chose d'intéressant. Dommage, il était curieux de savoir comment cet endroit fonctionnait, au juste. Peut-être qu'il s'y rendrait durant son temps libre... S'ils parvenaient à sauver ce monde. Il était sûr que le Dieu des Morts pourrait lui apprendre des tas de choses. Enfin... Tant pis.
Ils finirent par retrouver les retrouver au beau milieu d'un tournant, discutant encore une fois.
« Il n'acceptera jamais de te rendre ce service, reniflait Even. Ce n'est qu'un immature, égoïste et cruel. Et puis franchement, tu crois vraiment qu'en lui annonçant que son royaume sera détruit sous peu, tu...
-Salut ! On vous dérange ? » leur lança Vanitas.
Le regard d'Ienzo s'assombrit en les reconnaissant.
« Décidément, tu es toujours dans nos pattes... pesta-t-il en direction du brun. Tu as de la chance, je n'ai pas le temps de m'occuper de vous aujourd'hui. J'ai une petite affaire à conclure avant que ce monde ne tombe en ruine.
-Dommage pour toi, tu vas avoir du mal à t'y rendre si je te brises tous les os » répliqua Vanitas avec un sourire glacial plaqué sur les lèvres.
Il invoqua sa Keyblade, prêt à en découdre. Oh, comme il détestait ce type ! Tant pis pour les consignes qu'on leur avait donné, sa haine se ravivait à l'approche du scientifique et il se ferait une joie de le réduire à néant.
« Je n'ai pas le temps pour ces inepties, soupira son ennemi. Dilan ? Peux-tu te charger de les retarder ? Voire de les éliminer, cela m'importe peu. »
Celui-ci hocha la tête, invoquant ses lances de combats, qui flottèrent autour de lui tel des oiseaux dangereux. Ienzo et Even commencèrent à s'éloigner dans la direction opposée. Oh, non, Vanitas n'allait pas les laisser s'enfuir comme ça ! Il tenta de les suivre, mais fut bloqué par l'une des lances du scientifique, qui manqua de l'embrocher. Un rictus de rage déforma son visage. Il se tourna vers son adversaire.
« Ca ne te dérange pas, d'être le larbin de ce frimeur ? le questionna-t-il. Je suis sûr qu'il ne te remercie même pas.
-Je ne suis pas un traître comme Aeleus. Nous avons promis aux parent d'Ienzo de le protéger quand il était jeune. Je n'ai pas rompu cette promesse.
-Imbécile, ricana le brun. Il y a prescription, depuis le temps, non ? Et je ne pense pas que ses parents seraient fiers de le voir devenir un tel monstre.
-Tu peux parler » contra Dilan d'un air impassible.
Ce fut ce moment que Riku choisit pour attaquer l'ennemi dans le dos, profitant de sa distraction. Celui-ci se retourna trop tard et se prit un coup à l'épaule, qui le força à reculer. En contrepartie, il envoya trois de ses lances en direction de l'argenté, et le reste vers Vanitas. Celui esquiva assez difficilement, mais s'en sortit. En revanche, il ne parvint pas à approcher Dilan, ses lances se mettant toujours en travers du chemin. L'argenté n'en menait pas large non plus, de son côté. Ils ne tiendraient pas longtemps comme ça, à moins de se débarrasser des armes du scientifique – qui, lui, paraissait plutôt tranquille, à laisser ses cure-dents faire tout le travail.
Le brun tenta un sort des Ténèbres à distance, mais l'autre l'esquiva, semblant s'être préparé à cette éventualité. Ca ne marcherait pas. Il faudrait qu'ils puissent l'attaquer en même temps... Vanitas tenta de jeter un regard à Riku, espérant qu'il comprenne, mais ce n'était pas facile de le fixer tout en esquivant les assauts de trois lances qui venaient de tous les côtés et revenaient sans cesse. Il finit finalement par se tourner vers lui, le temps d'une seconde, et brandit sa Keyblade en direction de Dilan. Vanitas en fit de même et ils lancèrent le sort en même temps.
Le Glacier de l'argenté toucha le scientifique, le perturbant dans sa maîtrise des lances, qui laissèrent assez de répit aux deux garçons pour qu'ils se rapprochent afin de lui lancer des attaques physiques. Dilan finit par s'écrouler à genoux sur le sol, haletant, alors que ses armes s'écroulaient au sol avec un cliquetis qui résonna dans la caverne.
Riku désinvoqua sa Keyblade. Le scientifique, toujours à genoux, gronda :
« Vous me le payerez...
-Je ne pense pas » déclara Vanitas d'un ton froid.
Avec un calme tout aussi glacial, il leva sa Keyblade, puis la planta dans le dos de Dilan sans plus de pitié. Celui-ci poussa un dernier cri d'agonie, avant qu'un cœur ne s'envole de sa poitrine et que son corps ne disparaisse. Le brun soupira. Ce n'était pas Ienzo, mais au moins ça eut le mérite de lui passer les nerfs.
Puis il releva les yeux vers Riku, qui le dévisageait avec une mine plus ahurie que jamais.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu me demandes ce qu'il y a ?! s'étrangla l'autre. Vanitas, tu viens de tuer quelqu'un, au cas où tu n'aurais pas remarqué !
-Difficile de ne pas le remarquer, répondit celui-ci en haussant les épaules. Ah, oui c'est vrai qu'on devait l'amener au Jardin Radieux, zut... Bon, tant pis hein. »
Visiblement, ce n'était pas cela qui ennuyait son coéquipier...
« Oh, mais c'est pas le prob- Tu ne vois vraiment rien de choquant dans ce que tu viens de faire ? De sang-froid, en plus ! »
Il ne comprenait vraiment pas pourquoi l'argenté s'énervait ainsi... Il ne s'agissait que d'un scientifique stupide, et même pas innocent, alors quoi ?
« Il était notre ennemi, fit-il remarquer. Et il nous aurait fait subir le même sort.
-Ce n'est pas une raison, enfin ! On ne tue pas les gens comme ça ! J'arrive pas à croire que je vienne de dire ça, je devrais pas avoir besoin de te l'expliquer !
-Mais... Je ne comprends pas pourquoi tu te met dans un état pareil pour si peu.
-Si peu ? répéta Riku, incrédule, avant d'être pris d'un rire nerveux. On parle d'une vie humaine, je ne sais pas si tu te rends compte. C'était cruel, ce que tu as fais là.
-Eh bien, c'est ma nature, je n'y peux rien, rétorqua Vanitas d'un sec. Et si ça ne te plaît pas... »
Pourtant, l'argenté aurait dû s'en douter, non ? Qu'est-ce qu'il croyait, hein ? Qu'il avait changé tant que ça ?
« Et puis, poursuivit le brun. Je te signales que toi aussi, ainsi que Sora, vous avez abattus pas mal de Simili. C'est ce qu'on m'a dit, en tout cas. »
La colère de l'autre retomba, pour faire place à un mélange de surprise et d'autre chose. Remords ?
« Ce n'est pas pareil... se défendit-il faiblement. On ne savait pas...
-Vous ne saviez pas que quoi ? Qu'ils avaient une conscience ? Et ne me sort pas l'excuse de l'absence de cœur, parce que je suis sûr qu'il y a quelque temps de cela, vous n'auriez pas hésité à me supprimer, si j'étais encore votre ennemi. J'ai raison ? »
Il aurait espéré que l'autre nie, mais il garda le silence.
« Ou alors, vous ne me considériez pas humain, comme les Simili ? continua-t-il. Vous me voyiez comme un monstre, c'est ça ? Alors que lui, l'autre là, il est normal donc c'est un crime de l'abattre ? T'es vraiment un hypocrite, en fait !
-C'est pas ce que je voulais...
-Non, ta gueule, le coupa Vanitas. Juste, ta gueule. On doit rattraper l'autre connard. »
Il s'avança à leur poursuite d'un pas rapide, entendant les pas de l'autre le suivre plus lentement. Quel abruti, décidément ! Lui faire la morale pour un truc aussi idiot, alors qu'il ne valait pas bien mieux dans le fond. Il voulait quoi, qu'il éprouve des remords pour avoir éliminer ce type ? Il n'en était pas capable. Pourquoi en aurait-il, d'ailleurs ?
Pourquoi, à chaque fois que les choses commençaient à tourner bien, il se trouvait déçu ? Qu'est-ce qui ne collait pas, à la fin, bordel ?
Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes à suivre un chemin tout tracé et où ils ne croisèrent pourtant pas Ienzo que Riku osa prendre la parole, ayant peut-être réfléchi, ou bien jugeant que la colère du brun était retombée.
« Bon... commença-t-il. Peut-être que j'ai réagi un peu excessivement. A l'extrême limite, j'aurais fait pareil. Mais ça ne t'as vraiment fait ni chaud ni froid, de l'abattre comme ça ?
-Non, déclara le brun. Pourquoi ? Ca te fait quelque chose, à toi, quand t'es obligé de tuer un de tes adversaires ?
-Oui, un peu quand même. Et là, tu n'étais pas obligé de le faire. »
Vanitas soupira, agacé. Le pire ? Il savait que Riku avait raison, qu'il aurait certainement dû ressentir une certaine gène à l'idée de tuer Dilan... parce que c'est ce que les gens normaux ressentent. Ils ont des états d'âme pour tout et n'importe quoi. Mais il ne pouvait pas, lui. Il ne ressentait ce genre de choses qu'envers des gens qu'il estimait un minimum. Et l'autre scientifique ne représentait rien pour lui.
« Oh, il aurait très bien pu se relever et nous attaquer en traître, rétorqua-t-il.
-Hum, pas faux... admit l'argenté. N'empêche que je ne comprend pas.
-Quoi ?
-Comment tu fais pour ne pas te sentir coupable.
-Et moi je ne comprends pas comment tu fais pour te sentir tout le temps coupable. »
Riku garda le silence, soudainement pensif.
Ils arrivèrent finalement à un embranchement qui présentait deux chemins différents. Aucun indice sur celui qu'avaient pu emprunter les deux autres.
« Où est-ce qu'on va, à ton avis ? demanda l'argenté. A droite ou à gauche ?
-Les deux. Toi à droite, moi à gauche.
-Euh... Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
-Pourquoi ? s'agaça Vanitas. Ils ne sont que deux, et ils sont faibles, il n'y a pas de risque. A moins que tu aies peur. »
Et aussi, il se sentait toujours un peu furieux contre Riku, alors il préférait prendre ses distances. Il espérait tout de même tomber sur Ienzo en premier, histoire de pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce.
L'argenté hésita longuement, une once de doute brillant dans ses iris turquoise, puis finit par soupirer.
« Sois prudent quand même...
-Moi ? Toujours, ironisa le brun.
-Je suis sérieux...
-Oh, tu t'inquiètes ? se moqua-t-il. Comme c'est mignon. »
Mais il ne s'attendait pas à la réponse qu'il reçut.
« Evidemment que je m'inquiète, idiot » avoua Riku sur un ton exaspéré, comme si cela relevait de l'évidence.
Le sourire narquois de Vanitas disparut aussitôt. Il ne sut pas quoi ajouter après cela, mais n'en eut de toute façon pas le temps puisque l'autre l'embrassa brièvement sur les lèvres avant de lui tourner le dos et de prendre le chemin de droite. Une fois la surprise passé, le brun en fit autant en soupirant. Décidément, il ne savait plus quelle humeur adopter... Mais bon, ça ne lui déplaisait pas pour autant.
