Crédit : Bob l'Octodian et ses Metal Bloody Saloon appartiennent à Aerandir Linaewen qui me permet gentiment de les utiliser.

3.

L'hologramme d'Alveyron avait fait fête à son père tout au long de la communication entre l'Arcadia et la Nursery d'Heiligenstadt.

Le cœur serré, Alguérande avait néanmoins offert un grand sourire et des mots doux au bébé débordant de vie et de santé.

- Je t'aime, mon petit chou.

- Aime, papa !

- Je t'embrasse très fort, petit cœur.

- Papy !

Rejoint par son père, Alguérande adressa encore quelques phrases d'amour à son fils puis mit fin à la communication.

Les prunelles grises du jeune homme étincelèrent.

- Je lui ai promis que sa mère le serrerait bientôt dans ses bras. Je compte bien que ça arrivera ! gronda-t-il.

- J'ai comme l'impression que cette mission va requérir tes talents particuliers, remarqua Albator en remplissant deux verres de red bourbon.

Alguérande vida le sien d'un trait.

- Si tu continues de flûter mes bouteilles à ce rythme, je vais devoir me ravitailler bien plus tôt que prévu auprès du Metal Bloody Saloon d'Erkhatellwanshir le plus proche de notre position actuelle, rit son père.

- J'espère pouvoir revoir la fille de Bobsdqildjavlb moi aussi, bien que je piaffe d'impatience de faire la jonction avec mon Pharaon.

- Nous nous croiserons d'ici sept jours, renseigna le grand Pirate balafré. Comment tu vas, mon grand ?

- Je suis en dispositions d'exploser le premier qui me ralentira !

- J'espère que tu ne songes pas à moi ? hoqueta le Grand Ordinateur de l'Arcadia.

- Bien sûr que non, ce serait tirer une balle à ma propre monture !

- Alors, Algie, tu perçois donc bel et bien qu'il y a une entité surnaturelle derrière ces vaisseaux fantômes ? Qu'il s'agit en fait d'un seul Écumeur ?

De la tête, le jeune homme acquiesça.

- Au fait, tu as pris contact avec Pouchy ? interrogea Albator.

- Non. Je pensais à quelqu'un… d'autre.

Le capitaine de l'Arcadia fronça le sourcil.

- Qui ? Je ne vois pas…

- Quelgann, lâcha Alguérande quasi à contrecoeur.

- Pourquoi ce Thanatos ? s'enquit son père.

Il s'assombrit.

- Tu penses que tous ces disparus sont morts ?

- Disons que c'est une des éventualités, grommela le jeune homme. S'il s'agissait d'Écumeurs normaux, façon de parler, on aurait retrouvé les cadavres, quelque part, ou il y aurait eu des demandes de rançons. Mais je n'ignore pas non plus comment fonctionnent les Thanatos, ils se nourrissent de l'énergie des âmes. Il doit donc exister de nombreuses autres entités qui ont le même mode de survie. Je ne vois guère d'autres raisons pour que les corps ne réapparaissent pas.

- Je suis ton raisonnement. Aucune de ces options n'est réjouissante…

- La situation ne l'est pas, claqua sèchement Alguérande. Je veux espérer que les retrouvailles avec Madaryne sont possibles… Mais, il y a juste la réalité que je me refuse d'envisager.

Du bras, Albator entoura les épaules de son fils à la crinière fauve.

- Tu devrais peut-être garder néanmoins cette éventualité dans un coin de ton esprit, sinon tu tomberas de haut et ça te fera un mal infini !

- Je subis déjà un mal infini ! glapit Alguérande. Tout était au mieux dans le meilleur des mondes et on m'a arraché l'amour de ma vie ! Et ce n'est que parce que le Pharaon était en révisions non loin des zones d'action de ces Écumeurs que j'ai le « privilège » d'avoir la sensation de pouvoir être utile, de chercher à percer le mystère ! Si j'avais dû poursuivre une mission comme à l'habitude, et laisser d'autres enquêter, je ne crois pas que je l'aurais supporté !

- Tu sais très bien que nous n'avons pas le choix, mon grand : nous devons toujours tenir bon et aller de l'avant !

- J'ai mal papa, j'ai tellement mal !

- Alguérande, un appel pour toi de ta Flotte, prévint Toshiro. C'est le général Kesdon Oskrel.

Surpris, le jeune homme se leva machinalement alors qu'il se trouvait dans le salon de l'appartement du château arrière de l'Arcadia.

- Prends la communication dans mon bureau, fit son père.

- Merci…

Quand le jeune homme revint, quelques minutes plus tard, les regards interrogateurs d'Albator et de Clio se posèrent sur lui.

- Algie ?

- Le Pharaon a disparu à son tour !


D'une hauteur interminable, fines, élancées, les tours s'élançaient haut dans le ciel.

De nombreux bâtiments aux formes asymétriques les entouraient, la Cité était une véritable île sur la planète d'eau.

Le monument le plus spectaculaire était une place circulaire, autour de laquelle se dressaient sept piliers terminés par un chapiteau en forme de flèche.

Depuis l'un des bâtiments cernant les tours, un groupe de prisonniers les observaient.

- Cela fait plusieurs jours qu'ils n'ont plus emmenés de détenus, remarqua Madaryne.

- Je ne suis pas pressé que notre tour arrive, glissa l'homme aux tempes grises qui se tenait auprès d'elle.

- Si seulement je pouvais espérer qu'on nous croie toujours en vie ! gémit la jeune femme.

- Ça me semble difficile à envisager… Nous-mêmes réalisons à peine ce qui nous est arrivés ! Qui donc pourrait nous chercher, avoir les moyens de nous sortir d'ici ?

- Mon mari.

- Je doute qu'il puisse quoi que ce soit contre cette bande d'Écumeurs !

- J'ai peur, soupira Madaryne, en tremblant.

- Je ne t'abandonnerai pas. J'ai promis de te protéger et c'est ce que je ferai jusqu'au bout.

- Merci, Mulgastyr.