La petite fille était installée dans le grand lit de la deuxième chambre du cottage. Elle n'avait pas ouvert les yeux depuis qu'elle s'était endormie dans les bras de l'hybride. Celui-ci la regardait d'ailleurs dormir avec un sourire satisfait sur les lèvres. Cette petite était son ange gardien. Grace à elle, Caroline Forbes allait dormir ce soir avec lui. Klaus savait que c'était un peu malgré elle mais le résultat était le même. Elle sortait d'ailleurs de la salle de bain adjacente aux deux chambres du cottage. Elle portait un ensemble (shorty+débardeur) pourpre qui lui allait comme un gant. Quand elle vit l'Originel assis à côté de la petite elle pinça les lèvres irritée.

- Pourquoi tu fais ça Klaus ? On ne peut pas la garder. Je refuse de…

- Caroline as-tu l'intention de te nourrir de cette enfant ? $

- Quoi ? Espèce de salaud bien sur que non pour qui tu me prends ?

- Chut tu vas réveiller la petite ! Et n'emploie pas des mots aussi grossiers en sa présence voyons… Ecoutes ni toi ni moi n'avons l'intention de faire du mal à Charlotte alors en quoi est-ce un problème qu'elle dorme avec nous ce soir ? Demain nous la ramènerons à sa famille et je pourrais enfin te faire la coure comme il se doit pour te montrer à quel point tu me fais tourner la tête.

La jeune femme ne put s'empêcher de rougir à la dernière phrase de l'homme. Ils avaient une humaine de quatre ans qui dormait dans la chambre et lui il pensait à lui faire la cour. Décidément il était fou…Oui mais ça ne t'empêche pas de l'aimer Care…L'aimer ? Non elle n'aimait Klaus…Elle ressentait juste une attirance pour lui assez forte…surtout en ce moment alors qu'il caressait tendrement les cheveux de Charlotte qui dormait paisiblement les poings serrés sur le drap. Il était si beau… c'était une chose qu'elle ne pouvait pas nier. Elle avait beau douter sérieusement des intentions de l'hybride, ce soir elle devait bien reconnaître qu'il avait recueilli une gamine qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Ca ressemblait beaucoup à une action…humaine.


- Charlotte ma puce, maintenant il faut nous dire où tu habites.

La gamine s'était réveillée il y'a dix minutes au cotés de Klaus, qui lui n'avait pas fermé l'œil de la nuit trop occupé à regarder ses deux petites blondes dormir. Caroline avait d'abord voulu dormir dans l'autre chambre mais elle ne sentait pas vraiment en sécurité sans lui. Ca elle ne le lui avait pas dit mais elle était venue les rejoindre et avait dormi avec la petite.

Charlotte recommençait à tortiller ses mains. Elle n'avait pas envie de les quitter. Elle ne voulait pas retourner là où elle venait.

- Si je vous dis où j'habites vous allez me ramener là bas ?

- C'est le but ma grande, dit Caroline en lui souriant. Tu serais mieux chez toi tu ne penses pas ?

- Si je vous dis vous me laisserez rester avec vous un petit peu plus ?

Les deux vampires ne savaient pas quoi dire…Bien sur qu'ils auraient voulu garder la petite plus longtemps avec eux, elle était si attachante. Mais ce n'était pas raisonnable. Klaus décida de tenter un compromis :

- Voilà ce qu'il va se passer mon ange : tu vas nous dire où habites. On va passer la matinée tous les trois pour faire ce que tu veux. Et après le déjeuner on te ramènera chez toi. Ca te va ?

- Oh oui !

Charlotte se jeta au cou de l'hybride qui se raidit de suite. Les petits bras de Charlotte lui entourait son cou. Jamais, jamais un enfant ne l'avais pris dans ses bras. Il sentit tout l'amour que cette enfant avait en elle comme si ce sentiment se répandait en lui, dans son cœur. Il devait se rendre à l'évidence : il n'avait aucune envie de la laisser à qui que ce soit. Il rendit son étreinte à la petite fille et ils restèrent quelque minute comme ça.

Caroline observait la scène bouche bée : qu'est ce qui l'étonnait le plus elle n'aurait su dire. Le compromis que Klaus avait proposé, la gamine qui n'avait pas peur de lui (contrairement à tout l'entourage de Caroline qui fuyait l'hybride Mickaelson comme la peste) ou qu'ils étaient entrain de s'enlacer comme…un père et une fille. Ils étaient si beaux comme cela tous les deux. Caroline avait l'impression qu'ils étaient fait pour se rencontrer. Et pour se prendre dans les bras. Il se détacha doucement de l'étreinte.

- Bien alors on fait comme ça ma grande. Qu'est ce que tu veux faire pour l'instant ?

C'est là qu'un tout petit estomac se mit à gargouiller.

- Oh je vois. Allez habillez. J'offre le petit déjeuner à mes deux beautés.

Caroline le regarda en haussant un sourcil. Elle se demandait ce que sous entendait le mot « petit-déjeuner » pour Klaus.

- Des croissants, Sweatheart, des croissants.


Charlotte n'avait jamais passé une matinée aussi agréable. Klaus lui avait payé un petit déjeuner de princesse. Ensuite elle était allée faire les boutiques avec Caroline, trop ravie de pouvoir faire du shopping pour une autre personne qu'elle (et aussi pourvoir utiliser la carte de crédit de Klaus). Ensuite ils étaient allé manger dans un petit restaurant italien qui avait beaucoup plu à Charlotte car Klaus lui faisait des tours de magie avec sa serviette entre deux plats. Ils avaient tous les trois passé une très bonne matinée mais le moment fatidique approchait. Charlotte le sentait. Elle ne voulait pas les quitter. Elle ne voulait pas mais elle savait qu'elle devait les laisser. Ils étaient gentils avec elle. Personne n'avait passé autant de temps avec elle. Mais elle ne pouvait pas rester avec eux, elle ne pouvait pas s'imposer à eux. Tout le monde lui avait toujours dit qu'un enfant c'était une lourde charge. Et qu'elle, elle était un vrai fardeau pour quiconque devait s'occuper d'elle. Pourtant Klaus et Caroline n'avait pas l'air de la trouver lourde ou ennuyante. Mais c'était sans doute parce qu'ils étaient gentils. Oui elle avait trop abusé de leur temps.

- J' habites à l'orphelinat Bickerin près du square.

Klaus et Caroline se regardèrent du coin de l'œil. Ca y'est leur bonheur touchait sa fin. Elle voulait sans doute retourner là bas. Elle devait avoir des tas d'amis et des gens qui s'occupait bien d'elle et tout ça. En réalité le jeune couple essayait chacun de leur côté de se convaincre que ramener la petite était la meilleure solution. Mais ils avaient tant de mal…


Ils étaient devant la porte de l'orphelinat. Klaus ne comprenait pas pourquoi une adorable fillette comme Charlotte était obligée de vivre ici alors qu'elle pouvait avoir une maison avec une chambre rien qu'à elle avec des milliers de jouets. Avec des parents qui l'aiment… Il secoua la tête et sonna à la grande porte grise tentant d'ignorer la main de la fillette crispée sur son pantalon. Caroline était vraiment nerveuse et l'hybride lui prit la main et la serra pour tenter de la rassurer. La jeune vampire ne s'offusqua même pas de ce geste tendre et remercia le ciel de lui avoir permis de supporter ce moment avec une personne courageuse et forte comme Klaus.

La porte s'ouvrit sur deux femmes. L'une plus vieille que l'autre. Elles observèrent le couple si beau qui se tenait devant elles puis remarquèrent l'enfant collé à la jambe de l'homme.

- Charlotte ! Espèce de chipie ! Enfin tu reviens ! Nous avons passé la nuit à nous faire un sang d'encre. Tu nous causes vraiment que des problèmes ! s'écria la plus jeune.

Alors pourquoi n'y a-t-il même pas un policier à sa recherche ? Eut envie de répliquer Klaus mais il savait que ca ne plairait pas à sa blonde. La plus vieille s'adressa au couple :

- Merci de nous avoir ramener Charlotte. J'espère qu'elle ne vous a pas embêté…

- Pas du tout, s'écria Caroline, c'était un plaisir de s'occuper d'elle.

Klaus sentit la petite s'accrocher de toute ses forces à sa jambe et la toile de son pantalon s'humidifier au niveau du genou. La petite pleurait silencieusement. Klaus sentit son cœur se serrer et se mit à hauteur de Charlotte et lui murmura d'une voix tendre :

- Voilà ma puce on est arrivé. Tu vas rentrer avec les dames et tu vas me promettre de ne plus sortir sans accompagnement.

- Je veux pas vous quitter, pleurnicha l'enfant en s'agrippant au cou de l'Originel.

Caroline avait du mal à contenir ses larmes elle aussi. Elle s'abaissa elle aussi à hauteur de la petite et la prit dans ses bras :

- Nous reviendront te voir Charlotte, c'est promis. Tiens tes nouveaux vêtements. Allez vas-y ma chérie.

Elle poussa délicatement la petite fille vers les deux femmes qui observaient la scène avec un désintérêt flagrant. La plus jeune râla :

- J'avais oublier à quel point tu adores faire ton cinéma.

Et elle emmena la petite fille qui affichait une grimaçe de déception. Elle se força cependant à sourire une dernière fois à Klaus et Caroline et leur fit un signe de main. Elle murmura un « merci » qu'eux seuls entendirent.

- Merci encore d'avoir ramené la petite. Combien nous vous devons ?

- Nous ne l'avons pas fait pour l'argent ! s'écria Caroline en colère. C'était un plaisir de s'occuper de Charlotte. Bonne journée.

Elle s'éloigna rapidement et Klaus la suivit également furieux. Il avait l'impression d'avoir abandonné une personne qui lui était chère. Et cette sensation était insupportable. Deux rues plus loin, Caroline fit volte face et regarda l'hybride. Elle avait peur de ce qu'elle allait dire mais elle devait quand même essayer.

- Je sais que ça paraît fou et complètement surréaliste mais…

- Tu veux la récupérer n'est ce pas ?

- Si j'étais sure qu'elle était en sécurité et heureuse là bas je ne le ferais pas mais…

- Elle n'est ni heureuse, ni en sécurité là bas Love.

- Alors il faut aller la chercher. Klaus je sais que c'est dingue, qu'on la connaît que depuis 24 heures mais…

- Tu l'aimes.

- Pas toi ?

- Allons la chercher.


- Si je comprends bien vous voulez accueillir Charlotte chez vous pendant quelque temps car vous pensez que cela serait bénéfique pour son développement social de vivre dans un foyer ?

Le jeune couple était assis dans le bureau de la directrice de l'orphelinat qui les regardait avec un air très suspicieux.

- Au moins une nuit de plus, bredouilla Caroline. Nous l'apprécions beaucoup et nous voulons faire quelque chose pour elle.

- C'est que nous ne laissons jamais les enfants en dehors de l'orphelinat après 19 heures…

- C'est pour ça que Charlotte s'est retrouvée obligée de dormir chez nous hier soir ? répliqua Klaus irrité.

- C'était un accident ! Si vous voulez cette enfant je vous conseille de changer de ton monsieur !

Klaus eut envie d'arracher la gorge à cette humaine mais sa Caroline lui serra la main pour lui insuffler une vague de calme. Il respira un grand coup et reprit d'une voix calme mais menaçante, il regarda dans les yeux la femme et lui dit :

- Ecoutez-moi bien. Tôt ou tard cette enfant viendra habiter chez nous. Nous l'aimons trop pour la laisser dans cet orphelinat miteux. Alors vous allez la laisser venir chez nous ce soir. Elle reviendra quand nous l'aurons décidé. Vous allez dire à vos collègues que nous avons lancés une procédure pour adopter Charlotte et que nous l'accueillons provisoirement pour l'habituer à nous.

Caroline avait toujours été contre la contrainte sur un humain. Mais elle ne pur s'empêcher de remercier silencieusement l'hybride. La directrice se leva.

- Je vais chercher votre future fille. Je suis ravie que vous preniez cette adoption autant à cœur monsieur et madame…

- Mickaelson. Oui nous prenons la situation…très à cœur.

Pendant plusieurs minutes (ils attendaient dans le couloir) Caroline se sentait coupable contrairement à Klaus Ils venaient de contraindre une humaine à leur confier une enfant sur laquelle ils n'avaient aucun droit. C'était illégal et complètement dingue mais lorsque Caroline vit la petite fille arriver a détour d'un couloir et courir pour se jeter dans leurs bras, elle sut qu'elle avait pris la bonne décision. Après tout qu'est ce que c'est une toute petite contrainte si cela pouvait rendre heureuse ce petit ange ? Elle croisa le regard de Klaus et elle sut qu'il pensait comme elle.