Il était six heures du matin. Caroline observai Klaus dormir. Il était beau ainsi. Les yeux fermés, le corps éclairant son torse légèrement hâlée. Il semblait si paisible. Il avait été un amant merveilleux. Il avait réussi à la faire se sentir femme l'espace d'une nuit. Il n'y avait eu qu'eux. Klaus et Caroline. Personne d'autre. Elle déposa un baiser sur son épaule. Elle se leva du lit et enfila une nuisette.

- Tu m'abandonnes déjà, Love ?

Il s'était éveillé au contact des lèvres de sa belle blonde. Il la regardait avec un beau sourire un peu déçu malgré tout.

- Nous avons un temps pour nous. Il faut revenir à la réalité maintenant. Plus précisément un petit bout de chou de quatre ans. Je vais aller la voir.

Elle ouvrit la porte mais avant qu'elle sorte, Klaus la rattrapa à vitesse vampirique, la regarda dans les yeux et lui murmura :

- Quoi que tu puisses penser saches que je ne regrette rien, absolument rien Caroline. Cette nuit a été fabuleuse.

Oui, pensa telle, pour moi aussi. Mais moi je t'aime. Tu n'es pas seulement le plus beau des amants. Tu es celui que j'aime. Mais ça c'est une chose que tu ne peux pas comprendre Niklaus Mickaelson.

Oui c'est ce qu'elle aurait du lui dire. Mais au lieu de ça elle hocha la tête et sortit de la chambre.


Caroline sortait de la douche lorsque son téléphone sonna :

- Allo ?

- Madame Mickaelson ? Janet Bloom à l'appareil. Je travaille aux services sociaux. Je vous appelle au sujet de l'adoption de Charlotte Morgan.

- Comment avez eu mon numéro ?

- L'orphelinat me l'a donné. Madame Meryl, la directrice de l'établissement nous a dit que vous étiez très heureux de pouvoir accueillir la petite chez vous. J'avoue que j'ai trouvé que cette procédure s'est faite très vite et nous n'avons pas eu le temps de procéder à une visite.

- Une visite… ?

- Pour vérifier que la petite Charlotte est heureuse chez vous et que votre maison est adéquate pour accueillir un enfant. Surtout que vous êtes très jeune alors on veut s'assurer que vous êtes les meilleurs candidats au poste. Nous ne pouvons rien laisser au hasard quand il s'agit de l'adoption d'une enfant comme Charlotte, avec un passé difficile…

- Un passé difficile ? Comment ça ?

- Vous savez bien ! Son père qui s'est suicidé avant sa naissance et sa mère qui est décédé dans un accident de voiture il y a un an… C'est une enfant très perturbée, ce qui est compréhensible lorsqu'on est orpheline à un âge aussi jeune. Vous ne saviez pas pour ses parents ?

- Bien sur que si je le savais !

- Bien alors nous nous verrons prochainement, je viendrais vous rendre visite. Je vous laisse fixer une date. A bientôt madame Mickaelson.


Klaus était entrain d'essayer de convaincre Charlotte de venir déjeuner lorsque Caroline entra dans la chambre, le visage ravagé par l'inquiétude et la tristesse. Aussitôt Klaus ressentit à son tour de l'inquiétude. Qu'est ce qui pouvait rendre sa belle Caroline aussi triste ? Que s'était-il passé ?

- Charlotte ma puce…appela Caroline d'une voix émue, elle regardait la petite fille qui la regardait avec étonnement.

- Oui ? Qu'est ce qu'il y a ?

La grande blonde s'installa à côté de Charlotte et la serre dans ses bras.

- Une dame a appelé. Pourquoi tu ne nous a pas dit que ton papa et ta maman étaient morts ? Tu nous a dit qu'ils t'avaient abandonné.

La petite blonde rougit et la tristesse l'envahit aussitôt. Elle sortit brusquement des bras de Caroline. Les paroles de la plus grande l'avait terriblement surprise. Elle recula et se colla au torse de Klaus de l'autre côté, elle se blottit contre lui comme pour se protéger. Klaus, qui ne comprenait pas pourquoi ses deux petits anges étaient aussi tristes, serra par réflexe la petite orpheline et lui caressa les cheveux. Il ne voulait pas qu'elle soit triste. Mais ils devaient connaître la vérité :

- S'il te plaît, petit ange. Racontes-nous.

L'enfant ne se décolla pas de la poitrine de l'hybride, elle commença :

- Je n'ai pas connu mon papa. Ma maman m'a dit qu'il s'était tué quand je suis née. Il ne voulait pas que je naisse….c'est maman qui me l'a dit. Elle, elle est morte il y'a un an dans un accident de voiture.

- Oh ma puce…je suis désolée. Elle doit beaucoup te manquer.

- J'étais triste au début mais…

- Mais quoi Charlotte ? demanda Klaus en regardant la petite toujours blottie contre lui.

- Après trois mois…elle ne me manquait plus autant. Parce qu'elle ne m'aimait pas. Moi je crois que ne lui aurais pas manqué si j'étais morte alors…je n'arrive plus à être triste.

Klaus et Caroline se regardèrent choquées. C'est la jolie blonde qui brisa le silence, hésitante :

- Mais Charlotte ta maman t'aimait, c'est obligé, tu ne peux pas dire ça ma puce…

- Je ne dis pas ça pour être méchante ! couina la petite orpheline. Elle ne s'occupait pas beaucoup de moi, elle travaillait tout le temps et elle ne me disait jamais « je t'aime ». Quand on aime une personne, on le lui dit non ?! Moi je lui faisait des cartes pour la fête des mamans, et elle ne répondait jamais ! Je sais ce que vous pensez : tout le monde le disait à l'orphelinat. Je suis méchante parce que mes parents ne me manquent pas. Mais je ne suis pas méchante ! Ils disent que je ne ressens rien que je suis un monstre et que je pleure que quand j'en ai besoin. Tout le monde le pense ! Je suis un MONSTRE !

La petite fille s'était brusquement levée du lit, des larmes couler quant à lui sentait également quelque chose piquer ses yeux. C'était la première fois depuis longtemps que Klaus ressentait le besoin de pleurer pour quelqu'un et avec quelqu'un. Son cœur qu'il croyait pourtant mort et enterré se serrait à la vue du magnifique visage rongé par la tristesse et la colère. Il attira cependant Charlotte sur lui et les yeux plongés dans les siens, il lui dit :

- Charlotte, ma jolie crois moi : j'ai connu de très méchantes personnes dans mon existence. Et des monstres, j'en ai croisé plus d'une fois. Toi tu n'en es pas un mon ange. Je te le jure. Tu es même la personne la plus gentille que je connaisse. Il faut que tu me croies Charlotte. Ne laisses personne te convaincre que tu es un monstre parce que ces gens là ne te connaissent pas.

- C'est vrai Charlotte, ajouta Caroline. Tu es une petite fille adorable et on t'adore.

La petite fille avait cessé de pleurer mais sa respiration était toujours hachée.

- Qu'est…qu'est ce qu'elle…voulait la...la dame ?

- C'était une assistante sociale. Elle veut venir chez nous pour savoir si tu es heureuse avec nous. C'est une étape de l'adoption.

- Vous…vous allez m'adopter ?!

Un immense sourire se dessina dans le cœur de la petite Charlotte. Mais Caroline ne le vit malheureusement pas et se fixa sur la voix choquée de la petite :

- Oh non ma chérie mais c'est que la directrice a cru.

Le visage de Charlotte se décomposa. Klaus n'avait jamais vu autant de déception sur un visage et il était hors de question de laisser quelqu'un blesser Charlotte. Pas même Caroline. Il était furieux contre elle. Depuis quand avait-elle perdu son sens du tact ?!

- Caroline. Sors d'ici. Tout de suite.

La blonde comprit aussitôt. Cependant elle n'arrivait pas à le croire : Klaus défendait Charlotte, une humaine de 4 ans. Elle avait beau être bouleversée elle devait admettre que cette enfant avait une influence incroyable sur l'hybride. Elle n'avait pas l'intention de blesser la petite, elle pensait sincèrement qu'être adoptée par eux bouleverserait la petite orpheline.

- D'accord. Je vais aller préparer le déjeuner.

Elle sortit de la chambre après avoir lancé un sourire triste à l'enfant. Celle-ci était toujours nichée dans les bras de l'Originel.

- Elle ne veut pas de moi…

- Ce n'est pas ça, trésor mais tout ça va un peu vite pour elle. On ne te connait que depuis deux jours, et puis elle est très jeune tu sais. Ce n'est pas t'adopter toi qui la rebute mais plutôt t'adopter avec moi.

- Mais pourquoi ? Vous êtes amoureux non ? Et les gens amoureux ils peuvent avoir des enfants non ?

- Moi je suis très amoureux d'elle tu sais mais je ne pense pas que se soit pareil de son côté. C'est la seule personne qui fait battre mon cœur. Je donnerais tout pour passer ma vie avec elle et toi.

- Mais elle aussi, elle t'aime !

- Ah oui et comment tu le sais petit ange ?

- Parce qu'elle me l'a dit hier pendant qu'on faisait les boutiques. Elle m'a dit qu'elle cherchait une robe pour te plaire. Quand on veut plaire à quelqu'un ca veut dire qu'on l'aime, affirma la petite fille d'un ton très sage. Dis Klaus ?

- Oui ?

- Tu lui as dit ?

- Quoi donc, petit ange ?

- Que tu l'aimais !

- Et bien non mais…

- Mais alors vous pourrez pas être ensemble ! Pour être en amoureux avec quelqu'un il faut lui dire : je t'aime ! C'est comme ca que ça marche ! Si on lui dit pas, on ne peut rien construire ! C'est toi qui l'a dit : les bases d'abord ! Elémentaire Water !

L'hybride éclata de rire. Elle était merveilleuse. Elle était parfaite. Klaus était littéralement sous le charme de la petite orpheline. Il savait qu'elle ne pourrait pas être avec quelqu'un d'autre que lui et Caroline. Il le refusait. Il adopterait cette merveilleuse enfant au passé si lourd. Plus jamais elle ne vivrait dans la crainte de ne pas être aimée. Il se rendit compte que c'était sans doute les mêmes craintes qui devaient animer Caroline. Elle n'avait pas confiance en elle, ça l'Originel l'avait compris depuis le début. Elle devait sans doute penser que la nuit dernière pour lui n'était qu'une nuit parmi tant d'autre. Mais elle se trompait : il l'aimait. Il devait absolument lui dire. Alors peut-être qu'ils pourraient être…un couple. Et enfin Monsieur et Madame Mickaelson verraient le jour…