Crédits : Bob, les Octodians, les Metal Bloody Saloon, appartiennent exclusivement à Aerandir Linaewen. Je les lui emprunte avec son consentement et toute son amitié.
18.
- Je ne t'ai pas sonné !
- Quoi, ma présence ne te fait pas plaisir ?
- Bien sûr que si, Pouchy ! Tu es resplendissant !
Alguérande eut un petit gloussement
- Ta voix, en revanche…
- Algie, je vis dans un Sanctuaire paradisiaque, mais je demeure entièrement Humain. Je deviens un grand garçon, je mue !
Alguérande caressa tendrement les boucles blondes de son cadet qui ronronna littéralement de plaisir.
- Tu n'es pas venu pour les fêtes, remarqua le jeune homme, sans aucun reproche dans la voix. Autant à la maison que chez Alhannis, ta place était prête.
- Disons que Terswhine s'est montrée particulièrement câline, murmura l'adolescent en rougissant comme une tomate.
- La belle Sorcière d'Orishmir est vraiment folle de toi !
- Je l'aime bien aussi, sourit Pouchy, toujours balbutiant.
Dans son agréable rêve, Alguérande étreignit son petit frère, à l'allure toujours gracile, voire fragile, et pourtant à l'instar de son âme pure, sa volonté était égale à celle de leur père.
- J'avais tant besoin de toi, mon Pouch' !
- Je sais, fit alors plus franchement l'adolescent en longue tunique couleur cuivre sur des pantalons couleur de neige et portant des chaussures souples aux pieds. Etre séparé du petit Alveyron te brise le cœur… Moi aussi, j'aimerais voir mon neveu plus souvent.
- Mais, toi, tu peux aller le visiter à ta guise, comme en ce moment avec, dans les phases du sommeil le plus profond.
- Toi et moi sommes les seuls à savoir qu'Alveyron aura ses talents particuliers, rappela Pouchy en serrant entre ses paumes les mains de son aîné. Il ne me laisse pas approcher.
- Il n'a que deux ans ! protesta Alguérande. Il est impossible qu'il sache utiliser… C'est un bébé, Pouchy, il a droit à son innocence ! Toi et moi ne savons que trop ce qu'est « avoir certains pouvoirs… ». Pas mon Alveyron !
- Il le peut, je te l'assure, Algie, insista Pouchy. Je suis désolé. Bien que je sois persuadé que tu le soupçonnais ! Après tout, dans une autre vie, Alfie te l'a rendue !
Alguérande se dégagea des bras affectueux de son frère.
- Pourquoi te rejetterait-il ? Tu ne lui veux aucun mal ! ?
- Je pense que ça doit être instinctif. Je ne perçois aucune préméditation en lui. Il est comme moi : pur. Mais il a de naissance une intelligence hors normes, en revanche. Tu peux te considérer comme un papa comblé, mon Algie !
- Je le suis, assura le jeune homme en se détendant légèrement.
- Et Alveyron pourrait bien te sauver, déjà encore dans ses langes ! reprit son cadet.
Alguérande fronça les sourcils.
- Heu, Pouch'… Je ne suis pas empoisonné, je peux marcher sans l'aide d'un exosquelette greffé à même mes os, je n'ai peut-être pas pris toujours les bonnes décisions mais aucune ne me même à un trépas prématuré. Je n'ai donc pas besoin qu'Alfie mobilise ses talents pour moi… Mais tu ne faisais bien évidemment pas allusion à ma ligne de vie, mon très sage Pouchy ?
- Alveyron maintiendra l'amour dans ton cœur, encore, longtemps. Il t'empêchera de sombrer trop profond…
Pouchy s'assombrit. Ses immenses prunelles couleur de caramel s'emplirent de tristesse.
- Madaryne voulait échapper à la terreur que tu lui inspirais, plus puissante que son amour pour toi, pour avoir côtoyé au plus près les croquemitaines de tes univers. Et si tu fonctionnes, comme papa et toi l'exprimez, tu ne le fais qu'au radar. Tu vas mal, Algie !
- Tu dramatises, protesta Alguérande avec une virulence un peu trop exacerbée que pour être sincère. Ce n'est pas parce que je n'ai pas bu une goutte de lait depuis le départ du Pharaon…
- … au point de devoir refaire le plein, si je puis dire, au premier Metal Bloody Saloon sur ta route ! gronda Pouchy. Au fait, notre papa est venu me voir, l'autre jour… Il avait l'air très fatigué ?
- Oui, au gré de ses pérégrinations dans la mer d'étoiles, il a chopé une sorte de virus grippal qui a dégénéré et descendu sur ses poumons. Il a mis des semaines à s'en remettre. Mais il allait assez bien quand il est venu pour les fêtes de fin d'année. Maintenant, il doit être complètement rétabli. Notre papa est un Pirate imbattable, mais il est Humain aussi.
- Ca me rassure, sourit alors Pouchy. Je n'ai pas osé le questionner, et encore moins le sonder alors que Clio ne le quittait pas d'un pas – je crois que c'est la présence de cette Jurassienne qui m'a le plus affolé ! En temps ordinaire, Clio me salue télépathiquement depuis l'Arcadia, les puissances issues de Terra IV et de l'Arbre de Vie perturbent ses propres pouvoirs.
Pouchy enlaça son aîné, déposa un baiser sur sa joue.
- Je repars chez moi. Une fois devenu adulte, je maîtriserai entièrement mon Sanctuaire, mais j'ai encore à apprendre. Bonne fin de sommeil, Alguérande. Je t'aime, mon frère ! A bientôt, car je viendrai à toi autant de fois que je percevrai les ondes incontrôlées de tes détresses émotionnelles !
- Merci, mon Pouch' !
Pouchy déploya ses ailes de papillon, diffusant des ondes intenses d'apaisement pour son aîné à la crinière fauve.
- Capitaine sur la passerelle ! annonça Gander Oxymonth, s'étant immédiatement levé pour saluer.
- Merci, Lieutenant. Le rapport de la nuit, je vous prie.
Gander s'approcha de l'aire surélevée où se trouvaient le fauteuil et les bornes de contrôle du capitaine du Pharaon.
- Aucune alerte. Ce fut un vol sans soucis. Et vous, vous allez bien ?
- Cela aurait dû être ma nuit de veille, selon le règlement. Je vous sais gré de m'avoir relayé… Je n'aurais pas pu.
- Je ne connais pas les insomnies, assura le second du Pharaon avec un clin d'œil complice. Je peux vous remplacer autant que vous me le demanderez. Vous allez bien ? insista le Mécanoïde.
- Au moins mal, on va dire… J'ai eu un très grand moment de faiblesse hier soir. Mais ça va. Je peux nous diriger vers notre première escale. Vous pourrez tous vous détendre pendant que je remplirai les quelques obligations Militaires.
- Ensuite, vous soufflerez ? s'enquit Gander.
- Je tâcherai juste de me vider la tête de tout ce qui ne concerne pas la bonne marche de ce cuirassé. J'ai lu que la station spatiale de Gum abritait le plus parc d'attractions récemment inauguré.
Alguérande sourit.
- Je vais tester les manèges. Et, qui sait, un jour, j'y retournerai avec Alveyron. Il adore les sensations fortes, même si je n'opterai que pour les parcours adaptés à son âge.
- Bon amusement, Alguérande, murmura Gander, même si le regard éteint de son capitaine continuait de l'inquiéter plus le vol de Mission se poursuivait !
