Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Je ne fais que jouer avec eux…
Tout d'abord MERCI pour toutes vos mises en alertes/favoris et reviews ! Je crois que c'est la première de mes fics à obtenir un tel démarrage alors MERCI ENCORE.
Voici la suite tant demandée et, comme je me suis laissée « embarquer » dans mon écriture, je peux déjà vous dire qu'il y aura encore un chapitre.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser vos impressions !
(CPOV)
La lettre est terminée mais je n'ai pas le courage de relever les yeux. Un silence pesant a pris place dans le salon. Edward se lève et traverse la pièce à vitesse humaine, allant surement se réfugier dans sa chambre. Mais nous allons devoir parler. Alors, je fais ce que j'ai toujours fait depuis des siècles, je fais face. Pour ma famille. Pour Bella.
-Edward, reste avec nous s'il te plait. Je n'ai pas fini. brisai-je le silence.
Mon fils se retourna, étonné, tout comme les autres, et revint s'asseoir après quelques secondes.
-Bella est vivante.
-Mais…comment…enfin…Bella explique que cette lettre…balbutia Edward.
-Maria a désobéi. Elle s'est tellement attachée à Bella qu'elle a fait des recherches pour me retrouver et m'envoyer cette lettre. J'ai longuement discuté avec elle au téléphone avant de rentrer ici.
-Alors, Bella est encore en vie, n'est-ce pas, papa ? questionna Alice, retenant son souffle.
-Oui, Alice. confirmai-je en souriant légèrement à la réaction joyeuse de ma fille. Voilà ce que m'a expliqué Maria au téléphone…
xxx
Forks
.
Nous avions rejoint la ville durant la nuit et gagné la villa en attendant l'heure du rendez-vous. Nous n'avions pas parlé, nous contentant juste de chasser un peu en prévision de la nuit qui allait arriver. A 20 heures, j'avais passé les portes de l'hôpital suivi de ma famille. Quelques personnels avec qui j'avais travaillé m'avaient reconnu et étaient venus me saluer. Puis nous avions passé le sas d'entrée du service où Bella résidait désormais.
Une petite femme brune, la cinquantaine dynamique nous accueillit avec un sourire soulagé.
-Bonsoir docteur Cullen. Venez, installons-nous dans mon bureau, nous serons au calme. s'empressa-t-elle d'annoncer en nous dirigeant vers ladite pièce. Bien. Je suis si heureuse que vous ayez pu venir aussi vite. J'ai tellement mal pour Isabella. Elle fait face à tellement de choses. Elle a besoin de vous, docteur Cullen. poursuivit-elle alors que nous nous tenions tous debout dans le petit bureau.
-C'est pour cela que je suis venu aussi vite, Maria. Mais je laisserai Bella choisir ce qui lui semble le mieux. répondis-je, mystérieux, n'ayant pas dit à ma famille ce que j'avais en tête.
-Le principal est que vous soyez là. Tous. conclut-elle en souriant. Bon, je dois commencer ma tournée. Habituellement, je passe saluer Isabella quelques minutes puis je vais voir tous mes patients pour enfin revenir discuter avec elle une demi-heure avant de la laisser dormir. Comment voulez-vous procéder ?
-il vaut peut-être mieux qu'elle ne voit que moi pour le moment. Bella pourrait tout à fait refuser de nous voir et…annonçai-je.
-Cela m'étonnerait vraiment. Mais vous avez raison, Isabella n'a pas cessé de me reprocher de prendre des décisions à sa place lorsque je payais pour certaines de ses injections de morphine.
-Bella a toujours été une jeune femme dotée d'un solide caractère. répondis-je machinalement, surpris par la révélation de Maria et sa générosité.
-Il vaut mieux y aller doucement car le choc va être rude. Pour les deux côtés bien entendu. glissa l'infirmière avant de se diriger vers la porte. Venez, je vais vous mener à sa chambre. Votre famille pourra attendre quelques minutes dans le couloir le temps qu'Isabella ne se fasse à votre venue.
Dans la lumière tamisée du couloir, nous suivions Maria, marchant d'un pas énergique mais silencieux vers le fond du batiment. A chaque porte, nous percevions les murmures des patients, leurs cœurs qui battaient encore pour quelques heures ou quelques semaines. Et finalement, devant la dernière porte, l'odeur ténue de Bella apparut, mélangée aux aseptisants hospitaliers.
-Bien, je vous laisse là. Je passerai dans une heure et demie pour que Bella puisse me reprocher d'avoir failli à ma promesse. Si quelque chose ne va pas, n'hésitez pas à sonner par l'interphone. dit l'infirmière en me faisant un rapide clin d'œil avant de reculer de quelques pas pour entrer dans la chambre voisine.
Jamais je n'avais eu autant d'appréhension à entrer dans la chambre d'un malade. Jamais. Pourtant j'avais vu des milliers de cas différents. Mais là, il s'agissait de Bella. Notre Bella.
-Jasper, pourras-tu…demandai-je.
-je suis déjà prêt, papa. me coupa Jasper, m'appelant papa pour la première fois depuis son arrivée parmi nous. Si elle en a besoin, je maintiendrai un léger contrôle jusqu'à ce que nous puissions enfin la voir.
Je posai la main sur son épaule puis me tournai vers Edward.
-Fils, es-tu prêt ? Elle pourrait avoir une réaction totalement opposée à ce que tu attends d'elle.
-Je sais. Mais je ne peux plus rester une minute de plus sans l'aider...et affronter mes erreurs. répondit Edward.
J'acquiesçai silencieusement et tournai enfin la poignée de la porte.
La chambre était plongée dans la pénombre, seulement éclairée par la lumière du ciel nocturne perçant par la fenêtre entrouverte. Comme Maria me l'avait expliqué au téléphone, Bella exigeait que sa fenêtre soit entrouverte toute la journée y compris la nuit. L'infirmière la pensait claustrophobe. Mais je savais parfaitement qu'elle faisait cela dans l'espoir qu'Edward ne franchisse la fenêtre, comme il y a trois ans chez Charlie, et cela me fit sourire.
-Je suis désolée, Maria, mais je n'ai pas eu la force de me mettre au lit ce soir. Je vais avoir besoin de toi pour…s'excusa Bella tout en tournant lentement sa tête, appuyée sur le dossier du fauteuil, vers la porte de la chambre.
Quand elle me vit, elle stoppa sa phrase, ses yeux s'écarquillèrent, son cœur s'accéléra et elle resta quelques secondes ainsi figée, ne me lâchant pas des yeux. Puis sa main gauche vint se placer devant sa bouche alors qu'elle se mit à balbutier :
-non, ce n'est pas possible…c'est….Carlisle….Carlisle, c'est bien toi ? finit-elle par dire d'une voix tremblante d'émotions.
Je souris et acquiesçai, ne bougeant pas de ma place pour lui laisser le temps de réaliser et de se calmer.
Bella n'avait jamais eu la fougue vestimentaire de mes deux autres filles mais, à ce que je m'en souvienne, elle s'habillait simplement et Alice lui avait appris à se mettre discrètement en valeur. Mais là, il fallait que je me rende à l'évidence, la Bella que nous avions connue n'était plus là. Assise dans un fauteuil, vêtue d'un pantalon de toile abimé et d'un sweatshirt informe dix fois trop grand pour elle, un bonnet sur la tête surement pour cacher les dégâts des traitements sur sa chevelure, elle avait affreusement maigri et son joli visage avait perdu ses formes d'adolescente. Elle était pâle et ses yeux ne brillaient plus.
-Je…non…non pas maintenant…pas si vite…je…non…poursuivit-elle avant d'emprisonner son visage dans ses mains, des sanglots secouant son corps.
-Jasper ? questionnai-je de telle manière que Bella ne pouvait nous entendre.
-Une grande détresse, de la peur et du désespoir. me répondit mon fils du même ton.
N'écoutant que mon cœur et ne comprenant pas ce qu'il pouvait se passer dans sa tête, je fis les quelques pas qui nous séparaient encore et m'agenouillai devant elle.
-Bella…écoute Bella, calme-toi…Bella, regarde-moi s'il te plait…lui dis-je doucement en déposant ma main sur sa joue.
A ce geste, elle sursauta. Peut-être avait-elle peur de moi ? Mais je n'eus pas le temps de réfléchir plus longtemps car elle crocheta sa main frêle à la mienne et se pencha vers moi.
-Oh mon Dieu, c'est bien toi…tu n'es pas…C'est toi, tu es là…tu es là…ne cessait-elle de répéter alors que son front reposait maintenant contre ma clavicule et que sa main n'avait pas lâché la mienne.
-Oui, Bella, c'est bien moi. confirmai-je en déposant mon autre main sur sa joue pour maintenir un contact visuel.
Après quelques longues secondes sans un mot, Bella se reprit enfin un peu et se redressa, sans toutefois lâcher ma main.
-Si je te fais peur, je peux repartir. Tu n'as qu'à le dire... voulus-je la rassurer en me relevant doucement.
-Non ! me coupa-t-elle en resserrant sa prise sur ma main, m'arrêtant dans mon mouvement.
-De quoi avais-tu peur, Bella ? lui demandai-je doucement en reprenant ma position à ses pieds.
-Je…je pensais que tu étais un fantôme...avoua-t-elle en baissant la tête, gênée.
-Un fantôme ? ne pus-je m'empêcher de lui demander, surpris.
-Je...je sais que dans quelques temps, la tumeur touchera certaines zones de mon cerveau et que je pourrais avoir des hallucinations. En te voyant là, dans ma chambre, j'ai cru que j'en étais déjà à ce cap et…finit-elle par expliquer en baissant les yeux pour ne plus me regarder.
-Carlisle, puis-je venir ? me demanda Esmé discrètement.
J'imaginais aisément mon épouse au beau milieu de ce couloir triste, serrant surement Edward dans ses bras pour l'aider un peu mais trépignant d'impatience de retrouver Isabella et de la réconforter. De jouer enfin le rôle de mère pour cette humaine à qui nous nous étions beaucoup trop attachés pour pouvoir vivre loin d'elle. Mais Bella serait-elle d'accord pour voir le reste de la famille ?
-Bella, Esmé est dans le couloir et elle attend pour…commençai-je d'une voix toujours douce mais je n'eus pas besoin de terminer ma phrase, Bella secouant fortement la tête alors que ses yeux s'emplissaient de nouveau de larmes.
-Tu peux venir, Esmé. annonçai-je alors d'une voix faible mais suffisante pour que Bella puisse l'entendre.
Mon épouse ne mit que quelques secondes à nous rejoindre mais la réaction de Bella quand elle l'aperçut me fendit le cœur. Jamais nous n'aurions dû la laisser seule ici.
-Oh Esmé ! sanglota Bella en tendant les bras vers elle.
Je me relevai, laissant ma place et ma femme la rejoignit rapidement, tombant à genoux devant elle avant de la prendre dans ses bras, laissant Bella pleurer sur son épaule.
-Oh ma chérie ! murmura Esmé en se reculant un peu pour observer la jeune femme qui souriait timidement. Tu m'as tellement manqué.
-Vous me manquiez tous tellement…je croyais ne plus jamais vous revoir…chuchota Isabella en se rasseyant contre le dossier de son fauteuil, fermant les yeux.
Esmé se releva et me rejoignit. Les bruits de la nuit nous parvenaient par la fenêtre entrouverte, tout comme les odeurs ténues de la forêt de Forks.
-Elle a besoin de dormir Carlisle, nous reviendrons la voir demain. me chuchota Esmé.
-Nous allons te laisser dormir, Bella et...annonçai-je après avoir acquiescé à la proposition de mon épouse.
Mais je n'eus pas le temps de terminer ma phrase. Bella rouvrit les yeux vivement, nous observa tous les deux sans rien dire, son regard passant d'Esmé à moi.
-Colère...souffla Jasper depuis le couloir.
-Je le vois bien, Jasper. répondis-je sans lâcher des yeux la jeune femme qui se trouvait toujours devant moi, les yeux emplis de larmes et de colère.
-alors, c'est çà ! Vous êtes venus faire votre bonne action pour vous soulager la conscience ! s'écria-t-elle, d'une voix éraillée par la colère.
-Bella, non...voulut intervenir Esmé mais la jeune femme continua :
-On vient voir la mourante cinq minutes, on la cajole et hop, retour à la vie normale et surtout loin du cadavre ambulant qu'elle est devenue !
Je sentis le pouvoir de Jasper s'écouler sur nous et je pus le voir agir sur Bella dont les traits se détendirent aussitôt, sa voix redescendant à un volume normal alors qu'elle continuait à répéter en boucle sa dernière phrase.
Je m'empressai alors de me replacer devant elle, un genou au sol
-Bella, calme-toi. Si tu veux que nous restions avec toi, nous le ferons avec plaisir.
-Excuse-moi Carlisle. murmura-t-elle avant de souffler. Je…J'attendais de vous revoir depuis tellement longtemps et voilà que je vous crie dessus. expliqua-t-elle en me tendant une main que je serrai quelques secondes avant de me relever. Et les autres ? Est-ce que…
-Ils attendent dans le couloir. la coupa Esmé en souriant tendrement. Veux-tu les voir ? proposa mon épouse alors que je la rejoignais au bout du lit.
Ses yeux bruns reprirent un peu vie à cette phrase.
-Tous ? osa-t-elle d'une toute petite voix.
J'acquiesçai, comprenant aisément qu'elle me parlait à cet instant d'Edward. Elle sourit et acquiesça à son tour.
-Vous pouvez entrer maintenant. dis-je à mes enfants qui nous rejoignirent dans le fond de la pièce sans un bruit.
Bella ne bougea pas de son fauteuil, se contentant d'observer le groupe qui m'avait rejoint à vitesse humaine. Edward était resté en retrait, juste à la porte. Les yeux d'Isabella se posèrent d'abord sur Emmett, ce qui fit réapparaître quelques larmes dans ses yeux. Elle lui sourit timidement et son regard passa sur Rose et Jasper, souriant un peu plus, avant de tomber sur Alice.
Ma fille se tenait dans les bras de Jasper, se retenant de courir vers celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie, ou même comme une petite sœur. Maintes et maintes fois, elle avait supplié Edward de la laisser jeter un œil sur l'avenir de Bella mais il avait toujours catégoriquement refusé une incursion de notre part dans la vie privée de celle qui avait ravi son cœur.
Ce fut un murmure empli de larmes qui brisa le silence pesant de la chambre et me fit reporter les yeux sur Bella.
-Oh Alice ! sanglota-t-elle en se redressant un peu dans son fauteuil, se penchant dans notre direction.
Il n'en fallut pas plus à Alice pour enfin faire un mouvement et se précipiter vers Bella. Les deux jeunes femmes se retrouvèrent dans les bras l'une de l'autre, pleurant. J'eus peur un instant que la fougue d'Alice et le bonheur d'avoir retrouvé son amie ne lui fasse oublier les précautions à prendre envers le corps très affaibli de Bella mais Jasper me retint par une simple phrase :
-ce sont des larmes de joie. annonça-t-il au groupe alors qu'Esmé était revenue à mes côtés pour se blottir contre moi.
J'osai alors un regard sur les membres de ma famille qui souriaient tous avec tendresse à ce tableau, y compris Edward, toujours en retrait dans le fond de la chambre.
-Tu crois que je peux y aller ? me demanda Emmett.
J'acquiesçai et l'encourageai d'un mouvement de tête. Emmett fit alors deux pas pour se retrouver au milieu de la pièce.
-Vois-tu un inconvénient à ce que je serre ma petite sœur dans mes bras moi aussi Alice ? quémanda-t-il d'une voix émue à sa sœur.
-Demande-le-lui directement, Em'. lui répondit Alice en se dégageant de l'étreinte de Bella qui put alors voir Emmett.
-Je ne pensais pas que je pourrais un jour te faire peur Emmett ! Même s'il est vrai que je ressemble de plus en plus à un cadavre désormais. intervint Bella d'un ton léger.
Elle parlait de son état d'une manière si détachée…se rendait-elle compte qu'elle allait mourir ? Oui. Bien entendu. Mais elle en parlait avec un tel détachement pour quelqu'un de son âge que cela me surprit…et me fit mal.
-Elle irradie la peur et la douleur mais elle le masque bien. me souffla Jasper, comme s'il avait pu entendre mes pensées.
Elle tendit les bras vers Emmett et le géant la rejoignit en deux pas, la serrant contre son torse large. Elle enfouit son visage dans le cou de mon fils tandis qu'Emmett lui caressait doucement le dos.
Je n'avais jamais vu mon fils faire autant attention depuis qu'il nous avait rejoints. Un peu comme s'il manipulait de la porcelaine chinoise. Du coin de l'œil, j'aperçus Rosalie qui se retenait de rejoindre son mari. J'hélai donc discrètement Emmett pour que Bella ne nous entende pas et lui indiquai du menton son épouse qui s'était rapprochée d'Alice. Emmett, tenant toujours étroitement Isabella, pivota légèrement vers Rose, détacha une main du dos de Bella et la lui tendit. Rosalie l'observa quelques secondes avant de se tourner vers moi, les yeux emplis de doutes. Encore une fois, comme avec Emmett, je dus l'encourager d'un geste, jouant mon rôle de père encourageant ses enfants. Rose rejoignit prudemment le couple tandis que la jeune femme avait relevé la tête pour observer la situation. Elle fixa sans un mot Rosalie, reporta son attention sur la main tendue d'Emmett et releva le visage de nouveau vers Rose en tendant elle aussi une main vers la blonde, un sourire sur les lèvres. Rosalie ne se fit pas plus prier et agrippa la main fine de Bella avant qu'Emmett ne l'inclue dans leur étreinte. Esmé affirma sa prise sur mon bras pour se blottir encore plus contre moi et je resserrai volontiers ma prise sur sa taille, heureux et ému de ces retrouvailles si particulières pour nous tous.
Après une bonne minute, Bella se redressa un peu, faisant se reculer Emmett et Rosalie avant de regarder Jasper et Edward. Un voile de tristesse passa dans ses pupilles avant qu'elle ne soupire et ne dépose ses mains sur les accoudoirs de son fauteuil. Elle déplaça lentement ses pieds pour les positionner correctement et souffla avant de se relever lentement, grimaçant légèrement à chaque seconde. Je l'observai. Ou plutôt le médecin en moi l'observait, et essayait de déterminer le stade auquel elle était désormais, recherchant le moindre signe révélateur. Non loin de moi, Jasper grimaça également, ressentant probablement toute la douleur d'Isabella.
-Oh, Jasper, je suis désolée de te faire souffrir ! s'excusa-t-elle d'une voix fatiguée alors qu'elle était enfin debout et avait relevé la tête.
Fidèle à elle-même, n'aimant pas voir souffrir les gens de son entourage, elle tenta de rejoindre mon fils mais elle ne put se résoudre à lâcher l'appui qu'elle avait pris près de son fauteuil. Elle leva ses yeux sur moi et me fit un triste sourire.
-Mes jambes ne veulent plus vraiment me répondre désormais. me dit-elle doucement, d'une voix éteinte.
Sans attendre plus longtemps, je la rejoignis, attrapai sa main et la passai sur mon bras afin de lui servir d'appui. Je n'avais pas besoin de lui demander ce qu'elle avait en tête. Je l'avais parfaitement compris. J'aurais très bien pu la soulever, légère comme une plume, mais je me doutais pertinemment qu'elle se serait sentie humiliée. Alors, à son allure, je la rapprochai de Jasper qui, lui, n'osait plus bouger désormais. Tête baissée, il attendait.
Je nous stoppai à deux mètres de Jasper qui retenait inutilement sa respiration. Inutilement car depuis l'épisode de l'anniversaire de Bella, il avait énormément travaillé sur sa soif de sang et la contrôlait aussi bien que nous tous dorénavant.
-Jasper ? tenta Bella d'une voix douce.
Mon fils releva la tête pour regarder celle qui aurait dû être sa sœur voilà déjà trois ans mais ne dit rien.
Ne se formalisant pas, Bella amorça un nouveau pas pour se rapprocher du vampire. Je l'aidai légèrement à tenir son équilibre lorsqu'elle tendit sa main gauche vers Jasper. Timidement, elle déposa sa paume sur la joue glacée et pencha un peu la tête.
-Je suis désolée de te faire souffrir ainsi, Jasper. Veux-tu bien me pardonner ? demanda-t-elle d'une petite voix.
-Comment peux-tu t'excuser pour cela alors que je t'ai fait bien pire, Bella ? réagit Jasper sans oser changer de position.
C'était la première fois pour lui qu'un humain osait l'approcher d'aussi près et le toucher de son plein gré.
-Je ne lis pas dans les pensées mais je sais ce que tu as en tête, Jasper. répondit-elle en plantant ses yeux dans ceux de l'empathe. Tu ne m'as rien fait, Jasper. Est-ce que ce sont tes crocs qui se dessinent sur mon poignet ? renchérit-elle en prenant un peu plus d'assurance. Non. Je connaissais parfaitement les risques que j'encourais en vous fréquentant. Est-ce que tu aurais des connaissances insoupçonnées en génétique et microbiologie pour pouvoir m'inoculer ce cancer qui ronge mon cerveau ? Non. Tu n'es responsable de rien, Jasper. répéta-t-elle une nouvelle fois avant de se taire, la main toujours sur la joue de granit.
J'osai un regard sur le reste de ma famille, émue du discours de Bella, et c'est à cet instant que je pris conscience du mal-être de Jasper depuis deux ans. Il ne nous en avait jamais parlé. Et après tout, lui avions-nous demandé ? Non. Nous nous inquiétions d'Edward mais pas de lui. Et seule Bella l'avait fait.
-Bella, je ne peux pas te laisser dire cela. Si je…commença Jasper, brisant les quelques longues secondes de silence.
-Si…le coupa-t-elle. Avec des si, Jasper, il ne pleuvrait pas autant à Forks. Avec des si, plus aucune guerre ne ravagerait le monde. Charlie aurait évité cette balle et ne serait pas mort. Avec des si, je ne serais pas submergée par la peur à l'idée de mourir dans quelques semaines…avoua-t-elle, les larmes aux yeux. Je ne t'en ai jamais voulu et tu ne peux que ressentir que c'est la vérité, Jasper alors, s'il te plait, crois-moi.
Jasper ne répondant pas, Bella poursuivit son discours. Dans un mouvement apparemment difficile pour elle puisqu'elle grimaça sous l'effort, elle déposa sa main droite fermée sur la poitrine de Jasper, juste à hauteur de son cœur mort avant de parler.
-Si tu ne crois pas en toi, Jasper, ne t'en fais pas, j'y crois suffisamment pour deux. Considère çà comme la dernière volonté d'une mourante. termina-t-elle, des sanglots dans la gorge.
Jasper fit un geste étonnant pour nous qui ne l'avions encore jamais vu toucher un humain : il prit doucement Bella dans ses bras, lui laissant le temps, si elle le souhaitait, de se reculer. Ce qu'elle ne fit pas. Comme avec Emmett et moi, elle blottit son visage dans l'épaule du vampire et ferma les yeux, souriante malgré ses larmes.
La dernière phrase qui avait résonné dans la pièce nous avait tous fait hoqueter sous la souffrance et la peur qui emplissaient la jeune femme. Je devais faire quelque chose pour elle. Je ne pouvais pas la laisser mourir ainsi, seule et dans cette sordide chambre d'hôpital. Alice leva les yeux sur moi et hocha la tête, me confirmant ainsi que l'idée qui hantait mon esprit depuis 24 heures était la bonne. Edward, lui aussi, acquiesça à mon idée, l'ayant lue dans mon esprit.
-Es-tu d'accord avec cela, fils ? Les prochains jours ne vont vraiment pas être faciles et Bella n'est déjà plus vraiment celle que tu as connue…lui demandai-je uniquement pour nos auditions surdéveloppées, alertant ainsi les autres membres de la famille qui reportèrent ainsi leur attention sur moi.
-Ramenons-la à la maison, Carlisle…si elle est d'accord, bien entendu. me répondit Edward et cette réponse me suffit amplement.
Mon fils ferait tout ce qui est possible pour Isabella. Tout comme nous tous.
-Nous devons l'aider, Carlisle. Même si elle refuse de sortir de cette chambre. On ne peut pas la laisser. Plus maintenant…renchérit Rose d'une voix douce, son regard déviant vers le couple enlacé à quelques centimètres d'elle.
Au regard de Rosalie, je devinais toute la fierté qu'elle avait pour l'attitude de Bella envers Jasper qu'elle aimait réellement comme un frère. Nous leur avions tant fait jouer le rôle de jumeaux qu'un réel attachement profond existait entre eux deux.
Bella, dans les bras de Jasper, n'avait rien perçu de notre échange bref. Elle se recula doucement pour déposer un baiser léger sur la joue froide de Jasper, ce qui le fit sourire, avant de se décaler légèrement vers le dernier visiteur : Edward
Edward était resté en retrait, près de la porte, le visage fermé mais ne quittant pas des yeux Bella. Celle-ci leva le visage vers lui et sourit prudemment avant d'amorcer un pas puis deux. A son rythme, elle se rapprochait de mon fils qui attendait sans la lâcher du regard. Mais, alors qu'elle voulut faire un nouveau pas, sa jambe ne répondit pas et elle se trouva déstabilisée. Edward, Jasper (les plus proches d'elle) et moi nous déplaçâmes aussitôt, comprenant qu'elle allait chuter lourdement au sol, et nos mains la rattrapèrent en même temps. Remarquant qu'Edward la tenait fermement, Jasper et moi enlevâmes nos mains tandis qu'Edward l'aidait à se redresser avant de la relâcher.
-Tu es épuisée, Bella. Et tu ne manges pas suffisamment. notai-je en me rapprochant d'elle pour lui faire face.
-Attention, elle se met de nouveau en colère. me souffla Jasper.
-Tu crois peut-être que c'est facile, Carlisle ? répliqua-t-elle en me fixant, sur la défensive, tandis qu'elle se redressait. Te déplacer ne te demande aucun effort, Carlisle, mais ce n'est plus le cas pour moi puisque mes jambes ne vont bientôt plus me répondre ! expliqua-t-elle d'une voix forte. Tu crois que c'est aisé de manger lorsque tu ne peux plus commander ta main droite ? poursuivit-elle en attrapant les doigts de sa main droite avec sa main gauche pour les faire s'ouvrir. La dernière chose que cette main a bien voulu faire c'est écrire votre lettre et depuis, elle est comme morte ! Comme moi très bientôt ! termina-t-elle dans un cri, n'ayant pas lâché mon regard.
-Calme-toi, Bella. Tu vas te faire du mal. intervint Esmé en s'interposant entre nous, me masquant du regard de la jeune femme.
Je sentis une vague de calme se répandre dans la pièce et remerciai Jasper. Le visage de Bella se détendit un peu, signe que le don de Jasper agissait sur elle.
-Excuse-moi, Bella. repris-je la parole quelques secondes plus tard, une fois le climat apaisé par Esmé et Jasper.
Toujours debout devant moi, Bella finit par sourire légèrement et rougit avant de baisser les yeux.
-Pour la deuxième fois en quelques minutes, je suis désolée moi aussi Carlisle. Vous faites l'effort de venir me voir et je t'hurle dessus. Excuse-moi, je ne suis plus vraiment moi-même depuis quelques temps. dit-elle en baissant les yeux, comme intimidée.
-Venir ici n'était pas un effort pour nous, Bella. Nous pouvons parler plus longuement si tu en as l'envie mais avant cela, tu devrais regagner ton lit et t'installer plus confortablement. expliquai-je.
-Oui, docteur. me répondit-elle, une pointe d'espièglerie malgré tout dans la voix.
Derrière elle, Rose et Emmett sourirent à sa réaction. Edward s'avança alors d'un pas vers elle et lui offrit sa main pour l'aider.
-Je te remercie de ton aide mais je préfèrerai tes bras si tu es d'accord, bien entendu. Je ne pense pas pouvoir atteindre mon lit sur mes deux pieds. chuchota-t-elle presque après avoir observé quelques longues secondes la main tendue d'Edward.
-Bien sûr que je suis d'accord, Bella. répondit Edward d'une voix douce alors qu'il soulevait la jeune femme pour la déposer délicatement sur son lit médicalisé.
Edward voulut se reculer pour reprendre sa place auprès de nous mais Bella l'en empêcha, le retenant par la main.
-Peux-tu…questionna-t-elle d'une petite voix en se décalant légèrement sur le côté du lit.
Edward ne la laissa même pas terminer et s'installa sur le bord du matelas. Je souris à leur manège. Malgré sa maladie et ces années, Bella restait naturelle parmi nous.
-Je sais pertinemment que la situation n'est plus la même entre nous deux mais je n'ai pas le courage mental pour l'instant de rester éloignée de toi. Alors, laisse-moi juste quelques minutes comme avant et ensuite tu pourras de nouveau disparaitre. annonça-t-elle en se blottissant contre l'épaule d'Edward.
Edward la laissa s'installer comme elle le souhaitait avant de lui prendre la main pour la porter à ses lèvres, faisant ainsi rougir Isabella.
-Que tu le veuilles ou non, je n'irai nulle part ailleurs qu'ici désormais. Murmura-t-il contre ses doigts.
Bella le fixa quelques secondes sans un mot puis sourit avant de porter la main d'Edward contre son cœur.
-alors, que me vaut l'honneur de votre visite ? Nostalgiques des forêts de Forks ? ou vous passiez en weekend dans les parages et vous vous êtes dits : « tiens si on passait voir la petite Isabella ? » demanda-t-elle en détachant son regard de mon fils pour nous regarder.
-Nous sommes venus pour toi, Bella. Nous avons reçu une lettre. répondis-je calmement en sortant l'enveloppe de la poche de ma veste.
Les yeux de Bella s'écarquillèrent.
-Mais…comment…comment a-t-elle pu vous arriver ? Je…j'avais demandé à….balbutia-t-elle avant de comprendre le geste de Maria. Maria ! souffla-t-elle après avoir compris.
J'acquiesçai sans un mot. Bella s'enfonça légèrement dans son oreiller, le visage fermé.
-elle est agacée…nous souffla Jasper.
-Maria va sûrement passer un sale quart d'heure. répliqua Emmett uniquement pour nous avant de se rapprocher de Bella.
-Hé, Bellissima, ne fais pas ta tête de mule. Maria a eu mille fois raison de nous prévenir… Elle m'a permis de revoir ma petite sœur…termina Emmett en souriant, faisant instantanément fondre le regard glacial avec lequel Bella le fixait depuis le début de son intervention.
Des larmes refirent leur apparition sur les joues de Bella et elle leva une main vers Emmett pour qu'il s'approche. Le géant lui obéit et elle vint se blottir quelques instants contre lui avant de reprendre sa place contre l'épaule d'Edward.
-Alors, où habitez-vous ? Et que faites-vous ? questionna-t-elle.
-Nous sommes en Alaska. Comme tu t'en doutes, je travaille à l'hôpital et…lui répondis-je avant d'être coupé par l'entrée de Maria dans la pièce.
-Bonsoir Isabella ! Alors, comment s'est déroulée ta journée ? entama aussitôt l'infirmière en chef en traversant la chambre pour ramasser le plateau repas quasi intact. Oh, tu n'as pas beaucoup mangé ! Tu sais très bien ce que je pense de cela. nota-t-elle, ne laissant pas à Bella le temps de lui répondre.
Cette dernière phrase nous surprit un peu puisqu'elle devrait savoir que Bella ne pouvait plus utiliser correctement sa main.
-Elle ne semble pas savoir que Bella n'utilise plus sa main. nous souffla pour nous Edward, ayant sûrement surveillé les pensées de l'infirmière.
Mon fils s'était remis debout pour laisser la place à l'infirmière mais il n'avait pu se résoudre à lâcher la main de Bella.
Maria ressortit quelques secondes de la chambre pour aller déposer le plateau repas sur le chariot du couloir et revint avec un nécessaire médical. Elle agissait avec Isabella un peu comme une mère ou du moins, quelqu'un de proche. Et je comprenais tout à fait qu'elle ait rompu sa promesse pour nous alerter sur la situation. Elle avait fait cela par amour pour cette jeune femme en quelque sorte.
Elle s'approcha du lit tout en comptant des gélules qu'elle plaçait dans une petite timbale qu'elle posa sur la table de chevet.
-Mes douceurs du soir. ironisa Bella d'une voix lasse qui contrasta avec les différentes émotions que nous avions perçues chez elle.
Maria ne répondit rien et poursuivit son rituel du soir. Sans ajouter un mot, Bella tendit son bras et l'infirmière lui prit la tension.
-quelque chose de particulier aujourd'hui, Isabella ? Des douleurs ? De nouveaux symptômes ? questionna-t-elle, professionnelle.
-Non. Rien de bien marquant. Si ce n'est mes invités surprises. répondit Bella, masquant ainsi à l'infirmière la progression de sa maladie. Je me demande d'ailleurs qui a bien pu leur parler de mon cas…lança-t-elle.
Maria ne répondit pas tout de suite, préférant terminer son examen quotidien mais finit par rompre le silence qui avait envahi la chambre.
-Isabella, je sais que j'ai rompu ma promesse mais je devais le faire…s'excusa l'infirmière en s'asseyant sur le bord du lit de sa patiente, lui attrapant la main. Tu es quelqu'un d'extraordinaire, Isabella et…
-Et ? l'encouragea la jeune femme, la larme à l'œil.
-Et tu ne mérites pas de vivre ainsi tes derniers instants. Je sais que tu es parfaitement lucide sur ta situation et que tu n'espères aucune guérison miraculeuse. Même si la fin est inéluctable, tu mérites de vivre pleinement ce qu'il te reste à parcourir. Tu as le droit de te promener encore dans les rues, de faire les boutiques, de t'empiffrer de gâteaux au chocolat ou d'aller te balader sur la plage. Plus que tout, tu as le droit d'être entourée des gens qui t'aiment et que tu aimes. Je ne te connais pas énormément Isabella mais, après tout ce que tu as pu me raconter, je ne voyais que les Cullen pour te donner ces derniers moments.
Bella ne dit rien, se contentant de fixer l'infirmière en chef, comme si elle cherchait à déceler un quelconque mensonge de sa part. Mais cette femme n'avait dit que la vérité.
-Mais je t'ai toi, Maria…articula difficilement Bella, prise par l'émotion.
-Et c'est pour cela que je les ai contactés, Isabella. Ils sont ta famille et l'amour que vous vous portez crève les yeux. Je les ai contactés voilà moins de deux jours et regarde, ils sont déjà là, auprès de toi. la coupa Maria avec quelques trémolos dans voix. Je suis persuadée que Madame Cullen…
-Esmé. la reprit la matriarche dans un sourire.
-Esmé... suivit donc l'infirmière en la regardant quelques secondes. Je suis persuadée qu'Esmé te dorlotera comme un vrai bébé…comme une maman le ferait pour sa fille. ajouta-t-elle en caressant la joue de Bella. Mourir à ton âge est profondément injuste. Et je trouve encore plus injuste que tu sois obligée de passer ce temps qui te reste enfermée seule dans cette horrible chambre avec juste la visite quotidienne d'une vieille célibataire comme moi. Je ne sais pas ce qu'envisage le docteur Cullen mais s'il te propose de sortir d'ici, fais-le Isabella. Et profite de ces derniers moments de liberté. la pria Maria avant de laisser enfin couler quelques larmes silencieuses.
Bella l'observa quelques secondes avant de réagir. Elle lâcha la main d'Edward et se blottit quelques minutes contre l'infirmière.
-Papa ? demanda Rose, rien que pour nous.
Au ton qu'elle employa et à son regard, je compris aussitôt ce qu'elle voulait savoir.
-Si Bella est d'accord, j'aimerais qu'elle rentre avec nous. Enfin, si vous êtes d'accord vous aussi. répondis-je pour les miens.
-Bien sur ! quand partons-nous ? me demanda enthousiaste Emmett, faisant sourire Jasper par son entrain.
-Tout va dépendre de Bella, Emmett. Je vais discuter un peu avec Maria pour obtenir le dossier médical de Bella. Je dois également voir le chef de service et la direction. répondis-je en tempérant un peu mon fils.
-Oui, mais ? renchérit-il, impatient.
-Si tout se passe bien…nous pourrions la sortir d'ici demain soir. avouai-je, souriant malgré tout.
Edward sourit lui aussi alors que les deux humaines se séparaient sans n'avoir rien perçu de nos échanges. Bella quémanda aussitôt la main de mon fils qui se rapprocha pour la lui offrir.
-Carlisle ? m'appela doucement Bella.
A son regard, je sus immédiatement ce qu'elle voulait me demander mais les palpitations désordonnées de son cœur ainsi que le mélange émotionnel que nous transmettait Jasper me fit prendre les devants.
-Nous ne sommes pas là juste pour une visite de courtoisie. Nous voulons te faire une proposition. Après, libre à toi de choisir ce dont tu as envie. commençai-je en me rapprochant du lit pour m'asseoir auprès d'elle comme je pouvais le faire avec mes petits patients. Bella, veux-tu rentrer avec nous ?
-En Alaska ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.
-En Alaska ou à Forks, comme tu le souhaites. lui proposai-je.
-Je ne veux pas être une charge pour vous tous. Je…Je ne vais bientôt plus être indépendante et… bafouilla-t-elle, comme si elle cherchait quelque chose pour que j'enlève mon offre.
-Bella, je suis médecin, je connais tout çà. Nous sommes tous prêts à t'aider. Tu peux venir chez nous, rester ici ou à l'hôpital de Denali si tu préfères rester dans un milieu hospitalier. Maintenant, la décision te revient. Que souhaites-tu ?
