Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Je ne fais que jouer avec eux…
Et voilà le dernier chapitre de cette courte fic. J'espère qu'elle vous a plu car elle me tenait à cœur et trottait dans mon esprit depuis un long moment.
MERCI pour toutes vos mises en alertes/favoris et reviews ! MERCI pour votre fidélité et votre soutien ! MERCI !
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser vos dernières impressions !
(CPOV)
La maison est bien silencieuse et désespérément vide ce matin. La journée va être ensoleillée à en juger par les premiers rayons solaires qui se reflètent sur les chênes centenaires bordant notre propriété. Tant mieux. Je n'avais pas envie de me rendre en ville aujourd'hui. A vitesse humaine, je traverse le long couloir de l'étage et m'arrête quelques instants devant la chambre de ma fille. Ma dernière fille. Aucun bruit. Aucun battement de cœur. Aucun bruit de respiration. Son odeur fleurie si particulière est toujours là, légèrement amoindrie. Ou peut-être est-ce la sensation que j'en ai désormais alors que ce lit est vide…
Comme chaque matin lorsqu'elle était allongée dans ce lit, j'ouvre la porte et observe le lieu. La pièce est calme, inondée par le premier rayon du matin. Les meubles sont vides. Le lit est intact. Seule la présence d'un lapin en peluche placé sur l'un des oreillers trahit l'occupation encore récente de la chambre.
Lentement, je traverse la pièce pour rejoindre le lit et m'y assois. J'attrape le lapin dans mes mains et souris en remettant correctement en place le large ruban de satin bleu nuit qui entoure la gorge de la peluche, cadeau d'Emmett et Jasper lorsque Bella avait eu un énorme coup de cafard. Ce jour-là, elle avait refusé que Jasper ne l'aide par son don alors les garçons étaient sortis pour revenir une heure plus tard avec ce lapin…
Et inévitablement, les souvenirs des dernières semaines affluent.
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Ce fameux soir où nous avions retrouvé Bella, petite chose fragile au beau milieu de cette sordide chambre d'hôpital, restera pour l'éternité dans ma mémoire. La voir si seule, savoir que nous aurions pu l'aider bien plus tôt : tous ces regrets me hanteront désormais.
Ce soir-là, après lui avoir exposé mon offre, Esmée et moi avions suivi Maria dans son bureau pour discuter du dossier d'Isabella. Mes enfants avaient joué les grands ados et nous avaient suppliés de les laisser ensemble, « entre jeunes » comme l'avait suggéré Alice en faisant sa moue « made in Alice », faisant sourire et ainsi plier l'infirmière en chef qui accepta que les cinq vampires restent auprès de Bella avant de nous accompagner dans le couloir.
Me plonger dans le dossier de patient d'Isabella m'avait remué. Tous ces bilans. Toutes ces analyses. Tous ces rapports de spécialistes. Et le plus affligeant, toutes ces factures empilées empêchant ainsi les meilleurs soins.
En refermant le dossier, j'avais aussitôt expliqué à Maria que nous prenions tous les frais de Bella à notre charge et lui avais demandé de m'arranger un rendez-vous dans la matinée du lendemain avec le directeur afin de boucler tout cela auprès de la comptabilité.
Nous avions discuté presqu'une heure avec l'infirmière qui nous raconta avec quel courage Bella affrontait sa maladie. Elle nous parla également de ses coups de cafard quand la nuit tombait et de son refus de voir la fenêtre fermée, même si le temps était frais. Maria la pensait claustrophobe et angoissée mais elle ne pouvait pas se douter qu'elle attendait simplement que l'un de nous ne passe par là.
En retournant vers la chambre, Maria n'avait pu s'empêcher de nous remercier encore une fois d'être venus aussi vite et d'accepter de prendre soin de Bella, nous faisant lui promettre de la tenir informée de l'état de sa patiente à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Elle avait sans aucun bruit ouvert la porte de la chambre de Bella, fait quelques pas dans la pièce silencieuse où la lumière avait été tamisée puis sourit devant le tableau : Bella s'était endormie, blottie contre l'épaule d'Edward, toujours assis sur le bord du lit. Emmitouflée dans une couverture, elle semblait dormir profondément, un sourire sur les lèvres. Jasper, installé près de son frère, couvrait une main de Bella avec sa main gauche. Ainsi, nous devions sûrement cet état de quiétude au don de mon fils. Subtilement, Edward acquiesça à ma pensée.
Alice, fidèle à son rôle de petite dernière, se leva de sa chaise et sautilla jusqu'à moi, un immense sourire sur les lèvres.
-Elle vient avec nous, papa ! Bella veut habiter avec nous ! annonça-t-elle d'une voix aigüe, comme toutes les adolescentes humaines, qui fit rire Maria, avant de se jeter dans mes bras, chose qu'elle faisait rarement.
Rose arborait elle aussi un immense sourire et j'étais curieux de savoir ce qui avait pu se dire dans cette pièce depuis notre absence.
-J'en suis ravi, Alice. répondis-je en la serrant quelques secondes contre moi, comme un père le ferait avec son enfant. Il se fait tard, Bella a besoin de repos, alors nous allons rentrer et je reviendrai demain pour rencontrer le directeur et régler le dossier de Bella avant de la ramener à la maison. terminai-je alors qu'Alice attrapait sa veste sur le dossier de la chaise.
Edward fut le dernier à quitter la chambre, difficilement. Sur les conseils de sa sœur, il avait laissé son pull plié juste à côté de l'oreiller d'Isabella. Maria nous raccompagna jusqu'aux ascenseurs, nous promettant qu'elle préparerait tout ce qu'il fallait pour le départ du lendemain.
Le chemin du retour jusqu'à la villa se passa dans un silence confortable. Nous avions un objectif pour occuper notre nuit : préparer la maison pour l'arrivée de Bella dans la journée du lendemain.
Alice était occupée à pousser ses visions sur la sortie de Bella. Rosalie secondait Esmé dans la préparation de la chambre de notre invitée tandis qu'Emmett et Jasper se chargeaient de préparer les diverses choses qui pourraient aider Bella à se déplacer chez nous. Edward s'affairait à mes côtés, silencieux mais un sourire sur les lèvres, à préparer les différents matériels médicaux dont j'allais avoir besoin.
Le lendemain matin, après avoir réglé ce qui devait l'être en Alaska, j'avais rencontré comme prévu le directeur puis soldé la facture. J'avais également rencontré le chef du service afin de discuter du traitement à mettre en place. Aux environs de midi, je rejoignis la chambre de ma fille.
Je la trouvai debout devant la fenêtre, les yeux tournés vers la forêt, le pull d'Edward sur ses épaules. Je l'avais rejointe sans un mot, attendant qu'elle parle. Elle n'avait rien dit, se contentant juste de poser sa tête contre mon épaule en souriant. Nous étions restés ainsi quelques minutes avant qu'un infirmier n'entre avec un fauteuil roulant. Bella avait grogné à ce geste mais avait finalement obéi au règlement jusqu'à la porte de ma berline alors que je portai son maigre sac de sport empli de ses affaires personnelles. Sur le chemin du retour, ses yeux s'étaient souvent emplis de larmes mais celles-ci n'avaient jamais coulé. A sa demande, je m'étais arrêté quelques instants devant sa maison. Mais elle m'avait avoué ne pas avoir le courage de passer la porte pour le moment. Je l'avais serrée dans mes bras puis avais repris la route vers la villa.
Alors que je tournais dans le chemin, le cœur de ma voisine se mit à battre plus fort. Je stoppai la voiture devant le perron et coupai le moteur avant de me tourner vers Bella, qui, en silence, fixait la façade, des larmes au bord des paupières.
Sous le porche, la famille nous attendait patiemment, entendant sûrement aussi bien que moi la danse frénétique du cœur de notre nouveau membre. Edward descendait lentement les quelques marches mais je lui fis signe d'attendre. Je devais savoir ce qu'elle avait en tête.
-Bella ? osai-je d'une voix douce en prenant sa main dans la mienne.
A son prénom, elle tourna la tête vers moi et ses larmes se mirent à couler.
-Je…j'ai tellement rêvé de ce moment…je…je pensais ne jamais vous revoir…j'ai même cru devenir folle…balbutia-t-elle en portant ma paume contre sa joue humide. Et là, je vous retrouve enfin et….je vais mourir Carlisle ! et je crève de peur…finit-elle par avouer avant de se pencher pour retrouver mon épaule.
Jetant un regard vers ma famille, je ne pus que constater leurs mines attristées par les paroles de la jeune femme qui pleurait dans mes bras. Patiemment, je la réconfortai par des paroles douces et sincères, lui promettant maintes et maintes fois que nous serions toujours là, à ses côtés et que nous nous occuperions de tout.
Les jours suivants, Bella prit ses marques dans la villa, passant de longs moments avec chacun de nous. Elle souffrait beaucoup moins, soulagée par mon traitement et le don de Jasper qui prenait le relais quand les douleurs étaient trop fortes. Elle reprenait des couleurs et quelques petits kilos, Esmé lui cuisinant tout ce qu'elle désirait quand elle le voulait. Une à deux fois par semaine, Maria passait voir Isabella durant une heure, se réjouissant de la voir reprendre une vie « normale ».
Ma femme, malgré l'état de santé d'Isabella, rayonnait elle aussi. Elle prenait soin de Bella comme une vrai mère poule, s'inquiétant dès que l'humaine frissonnait ou toussait, discutant de longs moments avec elle, tout en cuisinant ou lors d'une promenade à allure humaine dans le jardin. Bella s'en était bien évidemment rendue compte et en profitait pour passer de longs moments dans les bras de mon épouse qui la berçait tendrement.
Un soir, en rentrant d'une chasse avec Jasper, Alice et Emmett, j'avais retrouvé une Bella pleurant dans les bras d'Esmé, qui, si elle avait encore pu pleurer, aurait versé, elle aussi, beaucoup de larmes. Alertés, Jasper et Emmett s'étaient aussitôt mis en position défensive, craignant un problème. Edward, à son piano, nous avait aussitôt expliqué que Bella avait demandé à Esmé si elle pouvait l'appeler « maman ». Esmé prit bien entendu son rôle très à coeur, espérant remplir à la perfection le rôle de maman que Bella avait longtemps attendu de sa vraie mère.
Edward et Bella avaient retrouvé leur complicité. Malgré la retenue d'Edward, la jeune femme avait réussi à le faire craquer et resplendissait depuis le jour où ils nous avaient annoncé qu'ils étaient de nouveau un couple. J'aimais à l'observer lorsqu'elle était installée devant la télé, regardant un énième film, blottie contre Edward. Dans ces moments-là, je retrouvais la Bella d'il y a quelques années.
Edward avait beaucoup de mal à laisser Bella se débrouiller par elle-même et elle ne cessait de le taquiner sur son attention surprotectrice. Il surveillait sans cesse du coin de l'œil ce qu'il se passait lorsque Bella passait un moment avec nous. Je l'avais questionné tranquillement à ce sujet et il m'avait répondu qu'il ne souhaitait simplement pas perdre une seconde auprès de sa moitié vivante. Il avait également fini par avouer lors d'une de nos discussions nocturnes alors que Bella dormait à l'étage qu'il craignait ne pas être auprès d'elle lorsqu'elle rendrait son dernier souffle.
Les semaines s'étaient écoulées, paisibles. Bella avait demandé à se recueillir sur la tombe de Charlie. Nous l'y avions accompagnée et voir le nom d'un de mes amis sur une plaque de marbre m'avait attristé. Bella n'avait versé aucune larme, mais était malgré tout émue. Nous étions ensuite passés par sa maison pour qu'elle puisse reprendre quelques-unes de ses affaires personnelles. Nous voulions qu'elle puisse emmener ce qu'elle souhaitait chez nous. Lorsqu'elle ouvrit la porte, je pus apercevoir une légère grimace sur son visage mais là encore, elle ne pleura pas. Son contrôle des émotions était impressionnant. Mais cette nuit-là, la Bella forte craqua totalement. En larmes, hoquetant à cause de ses sanglots, ni Esmé, ni Edward ne réussissaient à la calmer. Roulée en boule dans son lit, elle leur avait demandé dans un ton désespéré de la laisser seule. Inquiets, tristes pour elle, nous nous étions tous retrouvés dans le salon, tournant en rond, ne sachant que faire pour la soulager un peu. Une heure s'était presque écoulée et Bella pleurait toujours. N'y tenant plus, j'étais monté à l'étage tout en demandant à Edward de me laisser faire, avais frappé doucement à sa porte puis m'étais assis juste au bord du lit, sans un mot, me contentant juste de caresser délicatement ses cheveux. Après quelques longues minutes, Bella se propulsa dans mes bras son nez contre ma gorge, ses bras enserrant puissamment mon cou dans une étreinte très serrée, ce qu'elle n'avait jamais fait encore.
-Calme-toi, Bella. murmurai-je plusieurs fois, ma main caressant son dos.
Après plusieurs autres minutes de sanglots, elle finit par se maîtriser un peu et releva la tête vers moi.
-Je…Carlisle…je…je sais que Charlie était mon père mais…j'ai tellement besoin de…est-ce que je peux t'appeler papa ? réussit-elle à dire avant de sangloter de nouveau.
-Bien entendu, ma chérie. Tu sais que je t'ai toujours considérée comme ma propre fille. répondis-je dans un sourire avant de la reprendre dans mes bras et d'embrasser son front.
Je perçus un changement infime dans le corps plus que crispé de Bella. Comme un soulagement.
-Comment çà va se dérouler, papa ? chuchota-t-elle alors que ses larmes s'étaient enfin taries.
-Que veux-tu dire, Bella ? lui demandai-je, ne comprenant pas ce qu'elle voulait.
-la fin…murmura-t-elle douloureusement sans plus ajouter autre chose.
J'entendis les réactions de ma famille au rez-de-chaussée.
-Je ne sais pas vraiment, Bella…vu ton dossier, je pense que tu ne te rendras compte de rien. Tout ira très vite. lui avouai-je malgré tout, souhaitant faire preuve de sincérité comme elle l'avait toujours demandé.
Je devais lui parler. Je devais lui demander son avis. Pensait-elle à une éventuelle transformation qu'elle n'osait demander ? Souhaitait-elle réellement mourir ? Nous quitter ? Vampires, nous étions naturellement confrontés à la mort, mais nous avions perdu depuis longtemps les êtres chers à nos cœurs. Alors, aujourd'hui, saurions-nous nous relever de la disparition de notre Bella ?
Elle se tut, se réinstallant tout contre moi, le bout de son nez froid frottant ma carotide. Je savais que le contact avec nos corps glacés de vampires était inconfortable pour les humains mais Bella ne semblait pas être dérangée. Le médecin en moi clamait qu'il était temps que je me recule pour la laisser se réchauffer sous sa couette mais égoïstement, le père profita encore de quelques minutes de cette étreinte, fermant les yeux et chuchotant des mots emplis de tendresse.
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Le cri d'un oiseau s'envolant de l'un des arbres du jardin me tire de ma rêverie. Je replace le lapin, désormais compagnon solitaire et referme lentement la porte de la chambre. J'arpente les différentes pièces de la villa, plaçant de lourds draps blancs sur les meubles. La veille, je m'étais rendu en ville pour signer quelques documents et régler les dernières factures. J'étais allé déposer, à la demande de mon épouse, un énorme bouquet de freesias sur la tombe Swan avant de regagner la villa pour m'enfermer toute la nuit dans mon bureau.
Les derniers cartons de livres de médecine placés dans le coffre de la Mercédès, les volets de la maison solidement fermés, j'avais repris la route, plongés dans mes souvenirs de ces derniers mois, remplis de joies toutes simples, avec Bella à nos côtés.
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Edward et Bella s'étaient « mariés »…sans pasteur ni actes notariés… sans invités ni voyage de noces. Mais avec une jolie longue robe blanche qu'Alice avait dénichée durant un rapide shopping à Seattle, accompagnée de Rose. Avec des alliances également qu'Edward gardait précieusement depuis des semaines. Avec mes enfants comme témoins et un énorme gâteau autour duquel nous avions pu faire quelques photos. Et surtout, j'avais eu la chance de donner le bras à Isabella pour remonter la mini allée improvisée par Alice au beau milieu de la salle à manger. Esmé l'avait aidée à se préparer et lui avait concocté une coiffure avec quelques fleurs de freesias. Isabella et Edward s'étaient dits oui et avaient échangés leurs alliances tout simplement mais cette cérémonie était des plus symboliques pour nous autres vampires. Nous étions les témoins éternels de leur engagement et de leur amour.
Bella avait ri. Bella avait pleuré. Bella avait dansé avec chacun d'entre nous sans jamais montrer le moindre signe de fatigue. Elle avait vécu pleinement cet évènement et s'était endormie, heureuse, dans les bras d'Edward.
Puis vinrent les jours plus sombres. Les nouveaux symptômes. La douleur quasi omniprésente. Et les délires…douloureux pour Bella mais également pour nous qui la voyions dépérir. Certaines fois, elle appelait Charlie et replongeait dans sa vie de petite fille, se croyant dans sa chambre d'enfance. Mais le plus difficile fut quand elle crut se retrouver face à James et Victoria. Elle nous appelait à l'aide, pensant son cauchemar réel et nous étions impuissants à la faire revenir à la raison. J'avais, à mon grand désarroi, dû la sédater pour qu'elle se calme. Edward et Jasper l'avaient veillée jusqu'à son réveil, plusieurs heures plus tard.
Les épisodes, tout d'abord ponctuels, devenaient de plus en plus réguliers, nous plongeant dans la peur de la voir nous quitter d'un jour à l'autre.
Et un matin, alors que tout était calme, elle avait chuchoté mon prénom. Quand j'étais entré dans la pièce, Edward était là, la mine défaite. Les autres avaient accouru à l'étage et se tenaient dans la porte.
-Elle dit que ce sont ses derniers instants, papa. nous avertit Edward sans que Bella n'entende rien.
J'avais entendu les sanglots des femmes de la famille mais n'en avais pas tenu compte. Je m'étais assis sur le bord du lit, avais attrapé la main de ma fille et m'étais penché vers elle pour lui murmurer à l'oreille :
-Je suis là, Bella. Je serais toujours là. Bientôt, tu ne souffriras plus.
Repenser à ses derniers instants me fait sangloter, seul, dans l'habitacle de ma voiture. Encore quelques kilomètres et je retrouve enfin le petit chemin forestier menant à notre chalet. Le cœur serré, je coupe le moteur et gagne à vitesse humaine le perron. La famille va de nouveau être rassemblée mais organiser les obsèques de Bella m'avais profondément marqué. Esmé me rejoint et comprend mon état d'esprit d'un seul regard. J'ai besoin de la sentir près de moi, qu'elle me réconforte alors, sans dire un mot, je la serre contre moi.
-Moment difficile ? questionne-t-elle.
-Moment difficile. accordai-je. Je crois que le moment le plus dur a été de saluer une dernière fois Maria…
-Comment va-t-elle ? s'inquiète aussitôt Esmé.
-Triste mais elle m'a avoué que de savoir que Bella ne souffrait plus la soulageait un peu. expliquai-je en resserrant ma prise sur ma femme avant de l'embrasser. Elle s'est inquiétée de me voir seul mais je lui ai expliqué que vous ne supportiez plus de vivre à Forks avec tous ces souvenirs d'Isabella et que vous étiez repartis pour Denali le soir même de l'enterrement. Elle m'a demandé de lui envoyer des nouvelles de temps à autre et m'a promis qu'elle fleurirait régulièrement la tombe.
-C'est une personne très attachante. murmure Esmé en réponse.
-Vous m'avez manqué durant ces deux jours. avouai-je. Ma famille m'a manqué, Esmé…
-Alors, entrons ! m'invite-t-elle dans un sourire tendre en ouvrant la porte.
Un pas. Puis deux. Puis trois. Rien n'a changé dans le chalet. Rien ? Si. Une chose. Un nouveau cadre est venu prendre place dans l'entrée. Une photo de notre famille. Complète. Celle des dix huit ans de Bella. Surpris de la trouver là, je me tourne vers ma femme pour obtenir une explication mais elle se contente de m'indiquer de la tête l'étage d'où descendent mes enfants. Au moment où les iris de la petite brune se posent sur moi, j'esquisse un sourire et réceptionne dans la seconde la vampire qui s'est précipitée vers moi. Je referme mes bras sur elle et embrasse son front.
-Bonjour papa ! dit-elle d'une voix feutrée mais parfaite.
A ces simples mots, toutes les tensions de ces derniers jours s'effacent : l'agonie d'Isabella, sa transformation, l'organisation de son enterrement, le départ de toute la famille…tout cela n'est plus rien. Non, je la tiens dans mes bras. Ma famille est de nouveau complète, comme voilà plus de deux ans. Et je comprends à cet instant le choix de la photo : Bella ne pouvait que faire partie de notre famille.
-Bonjour chérie. lui dis-je en souriant avant de déposer mes mains sur ses joues.
Ses iris d'un rouge sombre sont toujours aussi expressifs. Son visage a repris de jolies formes, effaçant ces longs mois de maladie et de souffrance. Mais elle a gardé quelques traits de son humanité : son magnifique sourire est toujours le même.
-Tu m'as manqué, Bella.
FIN
