Désolée du retard, explication à la fin du chapitre.
DAM : Oui, Liam observe son frère et c'est adorable. Oui, c'est dommage qu'il ne sache pas tout ce qu'Alan fait pour le retrouver, sinon il hésiterait moins – mais d'un autre côté on aurait moins de Kalem (qui va durer un bon moment)...
Quant à l'évolution rapide... Quand tu vis dans la forêt et que tu voles pour gagner ton pain, tu peux pas te permettre de rester un gosse terrifié. Ça te force à grandir vite ce genre de vie... Plus vite que s'il était resté en ville.
Et pour le triangle Arthur/Gwen/Lancelot, moi j'avais découvert la légende avec Morgane qui se déguise pour séduire Arthur, son demi-frère, et concevoir Mordred et Guenièvre qui trahit son époux avec Lancelot pendant qu'il est à la guerre. Donc j'en avais voulu à Lancelot, Guenièvre, mais aussi à Arthur du coup lol
Mais j'étais fan du couple royal en fait... Du début à la fin lol
Ulwin, M – 10 ans et demi
Précédemment dans Celui que l'Histoire Oubliera :
Un an et demi après son admission dans la bande de Gavin, Liam est devenu un meilleur pickpocket que Jarl. Tandis que les aînés du gang sont partis sur les terres de Cenred pour l'hiver, le jeune homme observe son frère Alan rentrer chez lui, où l'attendent Lillian et un bébé – une habitude que Liam a prise peu après que Kalem l'ait pris sous son aile. Le jeune magicien annonce à ses cadets qu'ils vont bientôt cambrioler l'entrepôt d'un contrebandier.
De son côté, Morgane apprend la mort de son père au combat et est emmenée à Camelot pour devenir la pupille d'Uther. Quant à Gwen, c'est de sa mère, emportée par une brusque maladie, qu'elle doit faire le deuil.
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Chapitre 17 : Jeune Voleur, Nouvelle Pupille ~ Partie 2 ~
La tête brune du jeune sorcier sortit de l'allée, près du mur et dans les ténèbres où la couleur l'aidait à se dissimuler.
Kalem eut un demi-sourire lorsqu'il vit que la rue était vide, lui et ses trois compagnons avaient attendu, serrés derrière un tas de tonneaux puants pour la plus grande partie de la journée. C'était un faible prix à payer cependant, les quatre jeunes sortant à tour de rôle lorsqu'il y avait assez de gens dans la rue pour se fondre dans la masse. Après un après-midi consacré à cette tâche, ils connaissaient maintenant chaque entrée et sortie de l'entrepôt en question, les meilleurs itinéraires s'ils devaient s'enfuir brusquement, et quelle porte conviendrait le mieux à leurs intentions.
Il était juste dommage que la meilleure porte soit également celle avec trois verrous, même si cela lui permettrait au moins de tester les talents de Liam pour forcer les serrures. La grande double porte au fond du bâtiment de taille modeste était barrée de l'intérieur, tout comme les trois petites fenêtres. La porte sur le côté était vraiment la seule entrée qui ne nécessitait aucune magie pour obtenir l'accès.
Il haussa les épaules, écoutant la voix du gardien de nuit sur le mur éloigné du manoir, résonner à travers la ville pour annoncer qu'il était minuit. Il avait fini son devoir pour la journée, et il n'y aurait plus d'appels jusqu'à la première heure de l'aube... Contrairement à Uther, le Seigneur Hargren ne voyait pas l'intérêt de faire crier l'heure toute la nuit... Le seul résultat était de réveiller les légers dormeurs qui vivaient près de la tour d'où venait l'appel. Quoi qu'il en soit, on était désormais au milieu de la nuit, l'heure des voleurs, et les patrouilles allaient changer d'itinéraire en conséquence. Ils avaient maintenant une demi-heure avant que la première patrouille ne passe dans cette partie de la ville.
« Debout, les gars, c'est l'heure de bouger. »
Son murmure attira l'attention de Liam, Jarl et Katia, tous trois se mettant en position derrière lui et le suivant quand il traversa à toute vitesse la rue qui menait à l'allée à côté de l'entrepôt. C'est là que se trouvait la porte latérale, fixée sur des gonds d'acier épais d'un côté, et pas moins de trois verrous fixant l'autre côté à des boucles de métal verrouillées au mur. Voren ne tenait manifestement pas à prendre de risques, même s'il n'avait pas engagé quelqu'un pour garder l'endroit ce soir-là. Quel dommage de penser que les verrous n'auraient aucune utilité.
S'arrêtant à côté de la porte, Kalem fit signe à Liam de la tête qu'il devait se mettre au travail, le jeune garçon sortant un fin rouleau de cuir de derrière sa ceinture. Déroulé, le rouleau révéla une longue rangée de tiges et de crochets en métal bien calés dans des fentes à l'intérieur. Liam en saisit deux après avoir inspecté le premier verrou et se mit au travail.
Il fronça les sourcils dans sa concentration, bougeant les tiges et changeant leur angle plusieurs fois tandis qu'il fourrageait la serrure. Au bout d'une ou deux minutes il réalisé que l'un des objets sélectionnés n'était pas vraiment le meilleur pour ce verrou-là, et après l'avoir échangé pour un autre il réussit enfin à l'ouvrir.
« Et d'un. »
Il le sortit de sa boucle de métal et le passa à Jarl, s'attaquant au suivant mais avec autant de problèmes. Après qu'il ait lutté presque trois minutes, Kalem lui posa une main sur l'épaule et murmura doucement :
« Bon travail avec le premier, mais ça prend un peu trop de temps. Je vais faire le reste. »
Liam soupira, reposant ses outils et recula pour laisser la place à Kalem. Mais le sorcier ne s'encombra pas d'outils, en fait il était rare qu'il en porte ces temps-ci, pas depuis qu'il maîtrisait le sort qu'il allait utiliser.
Il désigna les deux verrous restants, souriant largement en murmurant l'incantation.
« Tospringe. »
Deux clics annoncèrent l'ouverture des verrous, l'adolescent les fit passer à Jarl qui les déposa ensuite au sol à l'intérieur de l'entrepôt afin de ne pas attirer l'attention à l'extérieur. Ils refermèrent ensuite la porte pour la même raison, et dans un murmure Kalem les envoya commencer les recherches.
« Séparez-vous, et attention où vous marchez. La boîte qu'on cherche est à peu près aussi longue que mon avant-bras et à moitié aussi haute, et il y a des bandes en fer dessus. »
Ils s'exécutèrent, se déplaçant dans les ténèbres quasi-complètes de l'entrepôt en tendant les mains et tâtant prudemment le terrain du pied pour éviter les boîtes qui le remplissaient à moitié. Les rayons de lune qui pénétraient ici et là n'illuminaient pas le sol, mais projetaient une lumière suffisante pour qu'ils trouvent la boîte décrite par Kalem.
Une fois trouvée, un sort murmuré la déverrouilla afin qu'il puisse en vérifier le contenu, et après avoir confirmé qu'elle était pleine de boîtes il referma le couvercle et leur fit signe de le suivre. Ils refermèrent la porte de l'entrepôt derrière eux, mais ne prirent pas la peine de remettre les verrous en place. Ils voulaient que Voren s'aperçoive que la boîte avait disparu, car le lendemain ils travailleraient sur le marché comme d'habitude. Ils savaient qu'il les connaissait de visage comme des membres du gang de Gavin, aussi lui montreraient-ils qu'ils faisaient les poches des gens comme s'ils n'avaient jamais vu la boîte remplie d'argent.
Ils sortirent de la ville en hâte, suivant la ligne d'un fossé et de la haie à côté pour rejoindre la fine ceinture de forêt à l'ouest de la ville près de la rivière. Là, derrière un cercle de rochers, ils allumèrent un petit feu pour s'éclairer avant que Kalem ne rouvre la boîte pour leur montrer combien ils avaient volé au contrebandier.
Jarl, Liam et Katia en restèrent tous bouche bée, le premier tendit la main et saisit une poignée de pièces qui, comme annoncé plus tôt dans la journée, étaient presque toutes d'argent, les autres étant en or.
« Tu ne blaguais pas... Gavin va avoir une attaque quand il nous verra avec tout ça. »
Kalem eut un grand sourire.
« Une attaque dans le bon sens du terme. Je crois qu'il y a encore plus là-dedans que je ne croyais, je vois bien ce larcin nous durer bien au-delà du printemps. »
Liam renifla et secoua la tête.
« Ça m'étonnerait. Tout le monde dans le gang a besoin de nouvelles chaussures, de vêtements. Une de nos marmites a le fond tellement usé que c'est une question de temps avant que la nourriture ne tombe dans le feu, sans parler de certains couteaux et d'autres armes qui ont été aiguisés si souvent qu'ils sont assez fins pour ressembler à des cure-dents. »
Katia soupira, saisissant elle-même quelques pièces.
« Donc une partie de ça sera dépensée pour autre chose que de la nourriture. Gavin sera quand même content cela dit.
- Ouais, c'est sûr... Il n'a pas une très haute opinion de Voren non plus. Ce type est un des plus mauvais que je connaisse. »
Kalem fit signe à Jarl et Katia de remettre leurs poignées de pièces dans la boîte, ajoutant les bourses des jambes de chacun avant de la refermer.
« Jarl, emmène ça dans notre cache près de la nourriture, et enterre-la avec les autres larcins. On les récupèrera quand on pourra quitter la ville sans danger. Ça ne sert à rien de continuer à faire les poches alors qu'on a plus que rempli nos quotas, alors on partira dès que Voren ne sera plus là. »
Jarl hocha la tête et prit la boîte, avant de s'enfuir au loin et de disparaître hors de vue. Le reste retourna en ville, vers la remise actuellement inutilisée qui leur servait d'abri. Maintenant ce ne serait plus qu'un jeu de patience, pour que le contrebandier trouve quelqu'un d'autre de sa trempe à blâmer pour le vol que les quatre "gamins" du gang de Gavin.
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Peu de gens se promenaient dans la pâle lueur de l'aube peu virent le carrosse et son escorte de chevaliers arriver en ville. Ils avaient chevauché dur pour arriver si vite, allant aussi vite qu'ils pouvaient se le permettre sans mettre le carrosse en danger. La fillette à l'intérieur était restée silencieuse la majeure partie du temps, à l'exception du moment durant la nuit où la première dose de médicament avait cessé de faire effet.
Ils avaient dû s'arrêter pour s'occuper d'elle, Messire Gregory lui administrant le contenu du second flacon que le Médecin de la Cour lui avait donné. Personnellement il n'aimait pas recourir à cette méthode, mais il ne pouvait pas nier que sans cela, l'amener à Camelot aurait été un cauchemar.
Il envoya un de ses hommes en éclaireur, pour avertir le château de l'arrivée imminente de la jeune Dame Morgane. Lorsqu'elle serait transmise au personnel du château, lui, ses hommes, et leurs chevaux pourraient se reposer après avoir littéralement passé presque une journée et demi sur la route, ne s'arrêtant que lorsque c'était nécessaire. Aussi pénétra-t-il dans la cour du château avec un sentiment de soulagement, conscient que son devoir était fait et qu'il avait été exécuté sans complications.
Descendant de cheval tandis que le carrosse s'arrêtait, les chevaliers et lui inclinèrent immédiatement la tête lorsqu'ils virent le roi descendre en hâte les marches de l'entrée principale. Le Roi Uther semblait impatient, ou du moins aussi impatient qu'il s'autorisait à paraître en public, et anticipant sa requête, Messire Gregory alla sortir l'enfant du carrosse.
Uther prit une Morgane endormie dans ses bras avec le plus grand soin, regarda le chevalier un moment avant de demander :
« Vous avez dû utiliser le médicament que Gaius vous a donné ? »
Messire Gregory hocha la tête.
« Oui, Votre Majesté. Quand nous avons délivré la nouvelle au sujet de son père, elle est devenue hystérique. Il n'y avait pas d'autre choix que de l'utiliser, pour l'empêcher de se faire du mal à elle-même durant la journée. »
Le roi baissa presque tristement la tête vers la fillette dans ses bras, adressant un signe de tête au chevalier avant de se tourner vers les escaliers.
« Vous avez bien fait. Veillez à ce que vous et le reste de l'escorte preniez du repos. Vous pouvez reprendre vos devoirs habituels demain. »
Uther porta Morgane dans le château, ordonnant au premier serviteur qu'il croisa d'aller chercher le Médecin de la Cour. Il ne lui fallut pas longtemps pour la conduire aux appartements qu'il avait fait préparer, le roi montant prudemment le petit mais étroit escalier vers la courte impasse où se trouvaient les appartements.
Il entra, et alla doucement la déposer sur le matelas du magnifique lit à baldaquin qui dominait l'une des deux pièces interconnectées. Elle ne manquerait de rien ici, vivrait dans un degré de luxe que même la plupart des nobles ne pouvaient pas se permettre. Tout ce qui restait à voir, c'était si elle s'habituerait vite, ou aurait besoin de temps pour se faire à la vie ici.
Il remontait juste les couvertures jusqu'à son menton quand une nouvelle personne entra dans la pièce, le vieil homme dans sa longue robe approchant le lit avec un sac de médicaments à la main.
« Est-ce qu'elle dort, Votre Majesté ? »
Uther se tourna pour faire face au nouvel arrivant, content de le voir.
« Ah, Gaius... Oui, elle dort. L'escorte a dû utiliser les deux doses que vous leur aviez données. »
Il observa Gaius se pencher sur la fillette pour vérifier sa température et son rythme cardiaque.
« Combien de temps avant qu'elle se réveille ? »
Le médecin lui jeta un regard, incapable de spécifier.
« Cela dépendrait de quand on lui a administré le second flacon, Votre Majesté. Est-ce que Messire Gregory vous l'a dit ? »
Le roi hocha la tête.
« Oui, c'était durant la nuit. »
Gaius soupira.
« Alors il faudra au moins quelques heures avant qu'elle ne commence à s'éveiller... Votre Majesté, je suggèrerais que les visites soient limitées au maximum au début. Elle aura besoin de temps pour faire son deuil, et je crois que ce serait mieux que sa servante et moi soyons les seuls à interagir avec elle initialement. »
Quand Uther fit mine de parler, Gaius leva une main pour l'interrompre.
« Cependant, vous pourrez passez plus tard dans la journée, à condition que la visite soit brève. Elle a déjà de fortes chances de faire une nouvelle crise d'hystérie, sans être agitée plus que nécessaire par trop de nouveaux visages trop vite. »
Uther soupira et hocha la tête en signe d'acquiescement.
« Je comprends. Perdre son père, en plus du soudain déménagement ici, sera une dure épreuve pour elle. Je garderai mes distances pour le moment, mais si vous vouliez bien garder un œil sur elle à ma place.
- Bien sûr, Votre Majesté, acquiesça Gaius. Je vous tiendrai informé. »
Uther quitta la pièce, Gaius se retourna pour regarder la jeune fille avec une expression solennelle. Il était triste de constater que bien souvent les jeunes étaient ceux qui souffraient le plus.
Il demeura dans la pièce, assis au bord du lit jusqu'à l'arrivée de la nouvelle servante de l'enfant. Il partit ensuite, ne s'arrêtant que pour parler aux gardes postés au pied des escaliers extérieurs et leur expliquer que si la Dame Morgane essayait de quitter ses appartements, ils devaient gentiment mais fermement l'en empêcher... Il avait entendu dire que la fillette pouvait avoir une grande volonté, et il ne doutait pas qu'avant d'avoir accepté d'être ici elle essaierait de s'enfuir. Elle allait représenter un défi pour Uther, il en était sûr. Elle ne serait certainement l'individu complaisant et obéissant qu'était le Prince Arthur. S'attendre à autre chose serait futile si ce qu'il avait entendu dire à son sujet était vrai.
~(-)~
Le jeune menuisier marchait à travers la ville, les rues autour de lui remplies de petits groupes de gens parlant à voix basse.
Alan fronça légèrement les sourcils, devinant que quelque chose avait dû se produire. D'après l'atmosphère générale de la ville, ce n'était pas quelque chose de menaçant ou de dangereux, mais c'était du genre à générer brusquement des ragots. Cela en tête, il continua son chemin vers son atelier tout en cherchant du regard une de ses connaissances. Il demanderait à l'une d'entre elles si elle savait ce qui se passait, étant donné qu'il préférait ne pas 'rejoindre' l'un des nombreux groupes comprenant de célèbres commères. Il ne pouvait pas risquer ainsi sa réputation, alors qu'il savait à quel point certains nobles de ses clients pouvaient être méfiants.
Il soupira à cette idée, souhaitant que le flot régulier de commandes de la noblesse n'implique pas de devoir se soucier des apparences sociales. C'était un petit prix à payer cependant, et un qu'il pouvait gérer malgré les inconvénients que cela entraînait parfois. Au final il approcha l'un de ses 'voisins' dans l'atelier à côté du sien, tapant à la porte étant donné qu'il savait que le forgeron serait arrivé bien plus tôt que la plupart afin de faire chauffer sa forge avant l'arrivée du premier client de la journée.
« Hé, Rendel, tu sais ce qui se passe en ville ? J'aurais bien demandé à un des groupes de commères, mais tu sais comment sont certains de mes clients. »
Le forgeron jeta un regard à l'homme dressé sur le seuil de sa porte il posa le marteau qu'il avait été sur le point d'emmener à son enclume.
« Tu as entendu parler de Voren, pas vrai ? »
Alan renifla, fronçant légèrement les sourcils.
« Le salaud qui n'arrête pas d'ennuyer les filles qui travaillent pour Brandon à l'auberge ? Oui, j'ai entendu parler de lui. »
Rendel haussa un sourcil, légèrement amusé.
« Eh bien apparemment il y a environ une heure il est entré en courant dans la taverne et a essayé d'éventrer le type avec qui il buvait hier soir, il lui criait dessus en hurlant qu'il lui avait volé quelque chose. L'autre gars a évité de rencontrer le bout pointu du couteau de Voren, mais il a perdu une ou deux dents sur une table quand il est tombé en essayant de s'écarter. »
Alan haussa les sourcils de surprise.
« Alors qu'est-ce qu'il leur est arrivé ? »
Le forgeron reprit son marteau, le soulevant à hauteur d'épaule comme s'il se préparait à frapper quelque chose.
« Brandon l'a assommé en utilisant cette massue lestée de plomb qu'il garde derrière son comptoir. Le type que Voren a essayé d'éventrer a juste emballé ses affaires et a quitté la ville avant que la garde n'arrive. Voren par contre, à l'heure qu'il est il doit joliment mariner dans les donjons du Seigneur Hargren. »
Alan secoua la tête, sur le point de partir.
« Notre seigneur n'apprécie pas les tentatives de meurtre sur ses terres. Eh bien, merci de m'avoir renseigné. Je vais pouvoir aller me coucher ce soir en sachant qu'il y a deux voyous de moins dans les rues d'Ulwin.
- Ouais, bonne journée, Alan.
- Toi aussi, Rendel. »
Alan s'éloigna de l'atelier du forgeron, entra dans le sien et passa devant un panneau sur le mur qui était couvert de nombreuses commandes. Après avoir complété celles qui avaient été à son père, son travail avait été tellement apprécié que beaucoup avaient passé de nouvelles commandes. Le mot avait ensuite été passé à leurs amis, et il s'était retrouvé dans la position de faveur que son père aurait connu s'il était resté en vie.
Regardant ce panneau, et les deux meubles en partie finis, Alan ne put cependant s'empêcher de soupirer. Il aurait bien aimé un assistant, avec tout le travail dont il s'occupait, parce que suivre les caprices de la noblesse était un travail fichtrement difficile. Mais ça payait le loyer, alors il supposait qu'il n'aurait pas dû se plaindre, mais il se surprenait quand même à souhaiter que les recherches pour son frère soient plus fructueuses... Si Liam était à la maison, il aurait commencé à lui apprendre tout ce que leur père lui avait enseigné.
Se demandant où se trouvait Liam, et ce qu'il faisait maintenant, Alan ramassa le plateau de bois où se trouvaient ses burins et se mit au travail. Ses mains habiles transformaient la surface sans ornements d'un coffre en une œuvre d'art de feuilles et de vignes autour d'armoiries familiales. Il n'aurait qu'à attendre les nouvelles, et espérer que son frère était vivant et en bonne santé.
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Trois silhouettes ensommeillées s'assirent à contrecœur dans leur lit de fortune, l'un d'entre eux étira bras et jambes avant de se laisser retomber sur sa pile de vieux sacs.
Liam bâilla, encore fatigué du travail de la nuit précédente, mais en même temps conscient qu'il devait se lever. S'ils ne montraient pas leurs visages en ville alors Voren pourrait commencer à se demander s'ils avaient quelque chose à voir avec une certaine fortune disparue.
Il se rassit, et descendit de l'arrière de la grande charrette à bras qu'ils avaient amenée avec eux à Ulwin. C'était l'autre partie de la routine pré-hivernale du gang ceux qui étaient laissés en arrière à Ulwin allaient à Camelot dès qu'ils avaient rempli leur quota. De là ils achetaient en gros la majeure partie de ce dont le gang aurait besoin pour l'hiver, faisant deux voire trois voyages en ville afin d'en obtenir assez. Pour l'instant cependant, le véhicule faisait un lit assez décent, qui à cause de sa hauteur les protégeait des rats qui auraient pu se promener durant la nuit.
Liam fourrait juste un morceau de pain légèrement rassis dans sa bouche, se demandant où était Kalem, quand ledit sorcier entra de manière flamboyante dans la remise, ouvrant la porte en grand ce qui manqua de faire tomber Jarl et Katia de l'arrière de la charrette.
Kalem eut un grand sourire, jetant leurs sacs à Jarl tandis qu'il déclarait avec satisfaction :
« Faites vos bagages, les gars, on part pour Camelot. »
Jarl saisit les deux premiers sacs, les déposa sur la charrette avant de sauter au sol en fronçant les sourcils.
« Mais je croyais qu'on allait attendre que Voren ait quitté la ville. »
Le sorcier rit.
« On allait le faire, mais maintenant il marine dans le donjon du Seigneur Hargren après avoir essayé d'éventrer son pote ce matin. L'autre gars a déjà quitté la ville, et étant donné son passé je vois mal Voren obtenir moins que les travaux forcés. »
Il eut un sourire en coin.
« Ça lui pendait au nez, cela dit. Un type qui vole aux pauvres, et bat les femmes pour le plaisir, mérite d'être envoyé aux mines. »
Katia descendit de la charrette à son tour, croisa les bras et le fixa avec désapprobation.
« C'est terriblement dur de te part, Kalem. Tu n'as jamais été du genre à parler comme ça. »
Liam lui jeta un regard, prenant la parole avant que Kalem en ait l'occasion.
« Il a juste horreur des tyrans, des gens qui s'attaquent aux plus petits et plus faibles qu'eux. Avec les talents qu'il a maintenant, Kalem pourrait prendre la tête du gang et écraser tous ceux qui essaieraient de l'arrêter. Mais il ne ferait jamais ça, parce qu'il sait que ceux qui sont forts doivent utiliser cette force pour protéger les plus faibles qu'eux-mêmes. Ceux qui utilisent la force et le pouvoir pour leur propre bénéfice sont de la vermine. »
Jarl hocha la tête, du même avis.
« Tu as bien raison, Liam. Voren a fait souffrir beaucoup de gens pendant des années, et maintenant il va enfin avoir ce qu'il mérite. Ouais d'accord, il est en prison parce qu'on s'est arrangés pour qu'il blâme un de ses copains pour le vol. Mais on doit aussi se souvenir que c'était son choix de sortir ce couteau. Les gens qui agissent comme des voyous pour obtenir ce qu'ils veulent, sont traités comme des voyous, et c'est tout. »
Katia regarda de l'un à l'autre, avant de soupirer et de remonter dans la charrette.
« Très bien, peu importe. Allons juste à Camelot. Je n'ai pas envie d'être là si le copain de Voren revient chercher l'argent disparu. »
Les trois garçons hochèrent la tête avec approbation, lançant les derniers sacs dans la charrette tandis que Jarl montait à leur suite. Kalem et Liam ouvrirent ensuite les portes au fond de la remise, prenant chacun un bras de la charrette et la tirant dans la lumière du jour. Ils prendraient le premier tour, mais la route était longue jusqu'à Camelot alors ils feraient bien de s'y mettre.
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Bon Jindri a mystérieusement disparu. Ce qui signifie que je me retrouve toute seule pour traduire cette fic. Or comme vous le savez je suis à la fac, et comme certains le savent, la fac c'est du boulot. Donc, si Jindri ne redonne pas signe de vie et que je ne trouve pas de remplaçant(e), le rythme passera à un chapitre toutes les deux semaines – et à ce rythme-là on n'est pas près de rejoindre Une Question de Destinée... (oui les fics se rejoignent au bout d'un moment).
DONC APPEL A VOLONTAIRES
S'il y a quelqu'un ici qui est doué en anglais... Et qui aimerait traduire la suite de cette histoire... Je suis même prête à payer avec des informations exclusives sur le reste de la saga ! (Oui, je suis désespérée à ce point-là:p)
