DAM : Les deux autres princes susceptibles d'être le Roi Présent et A Venir n'ont jamais été présentés dans cette fic. Techniquement Liam n'a jamais croisé Merlin et n'a jamais connu son nom; le seul moyen pour lui de savoir que Merlin est Emrys aurait été de le voir protéger Arthur. Pour ce qui est d'en avoir peur... Pour l'instant Kalem est le seul sorcier que Liam ait connu, à part les Druides qui sont un peuple pacifique. Mais dans les années à venir, il aura l'occasion de constater que tous les sorciers ne sont pas comme Kalem.

Colinou (chapitre 37) : Welcome back ! Fyren est génial, Nellan est génial, et Liam est génial XD.

(chapitre 38) : J'aime aussi beaucoup ce chapitre. Hargren est en effet beaucoup plus ouvert d'esprit qu'Uther et ça lui réussit. On va en effet voir Nellan plus souvent !

(chapitre 39) : Liam a très peu de pouvoirs, c'est bien pour ça que ce serment risque de le 'gâcher' ! Il ne risque pas de faire de la magie de combat, tout au plus pourra-t-il renforcer des remèdes naturels... Oui Forwin est très attaché à lui, en effet. Je vois que tu as lu la saison 4, tu prends de l'avance !

Et avec ce chapitre, nous faisons un bond dans le temps de trois ans et demi, et retrouvons 2 jeunes femmes de la série, je suis sûre que vous n'aurez aucun mal à deviner de qui il s'agit.

Précédemment dans Celui que l'Histoire Oubliera :

Nellan arrive à Ulwin afin de commencer à guérir Jancine de sa maladie, révélant au passage à Fyren et Liam que Forwin est un ancien druide dont le clan entier a été éradiqué par Uther lors de la Purge. Il est décidé d'étaler la guérison de la Dame d'Ulwin dans le temps afin de ne pas attirer les soupçons.

Forwin suggère à Hargren, manifestement pas pour la première fois, de renverser Uther et d'élever Arthur dans le respect de la magie. Le Seigneur refuse, de peur d'interférer de façon irrémédiable avec la destinée du Prince. Nellan confirme qu'Emrys est né, et que beaucoup sont à sa recherche afin de le manipuler. Liam révèle alors qu'il sait où vit Emrys, car Kalem l'a rencontré trois ans plus tôt. Pour sa propre sécurité, Hargren demande alors à Nellan de lui ôter tout souvenir d'Emrys, écrasant ainsi toutes ses chances d'apprendre un jour la magie... au grand déplaisir de Forwin.

Manoir d'Ulwin, M-3 ans.

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Chapitre 40: Servir un Noble ~Partie 1~

Les premières lueurs de l'aube passèrent par l'entrebâillement de la fenêtre, leur lumière brillant faisant grogner la silhouette dans le lit qui se dissimula sous sa couverture. Pourquoi fallait-il qu'il fasse soleil quand il avait une de ces journées ? Ce n'était vraiment pas juste.

La couverture fut rabattue, et l'adolescent réticent qui s'était dissimulé dessous sortit du lit. Trois ans et demi lui avaient valu de prendre pas mal de centimètres, en fait il était presque plus grand que Fyren, mais à seize ans il lui restait encore à mettre du muscle sur ses os.

Pour faire court, il était maigrichon et le resterait probablement...

Liam soupira, frottant la douleur sourde entre ses yeux, après avoir enfilé ses braies et avant sa chemise. Il avait fait un rêve étrange, où il était avec Kalem et le gang dans un voyage d'agrément, et il parlait au sorcier de quelque chose lorsque tous les autres dormaient. Mais ensuite, tout comme à chaque fois qu'il faisait des rêves étranges où il parlait de quelque chose avec Kalem, il s'était fait réveiller par la mère de toutes les migraines.

Marmonnant des jurons dans sa barbe, Liam quitta sa chambre dans l'aile des serviteurs et se dirigea droit vers la petite salle à manger à côté des cuisines. Il était encore assez tôt pour que la majeure partie des serviteurs qui travaillaient pour des nobles ne soient pas encore descendus pour le petit déjeuner, mais le silence ne durerait pas longtemps. Plutôt que de prendre son temps avec le petit déjeuner, puisque Fyren était responsable de la nourriture du Seigneur Hargren et de ce genre de choses, il vida rapidement son bol de porridge et quitta la chambre avant que la masse des serviteurs moins rapides se rue là-dedans avant de se dépêcher d'aller réveiller leurs maîtres.

Il croisa les premiers individus de la ruée lorsqu'il sortit, reniflant pour lui-même d'amusement. Il avait assez entendu de ragots provenant de Camelot, pour savoir que le personnel de ce château ne s'en sortirait jamais avec les débuts tardifs que les serviteurs d'ici semblaient prendre pour acquis. Quant à lui, il commençait toujours tôt, parce qu'ainsi il obtiendrait plus de temps pour lui-même plus tard pour ses distractions personnelles.

Liam sortit par l'entrée principale, traversa les terres du manoir et se dirigea vers la Garnison. Quelques soldats lui firent signe de la main, ce à quoi il répondit un peu à contrecœur. Un certain nombre de gens ici avaient essayé de devenir amis avec lui, mais il les tenait toujours à distance. Il avait perdu trop de gens dans sa vie pour laisser les autres se rapprocher, à l'exception du Seigneur Hargren, de Jancine, Nellan, Clara... et quelqu'un d'autre. Il aurait pu ajouter Forwin à cette liste, mais l'ancien druide avait tendance à l'éviter à moins qu'il ne soit question d'une affaire quelconque. Fyren l'avait juste attribué au caractère grognon habituel de Forwin, et lui avait dit de ne pas le prendre personnellement.

Entrer dans la garnison était une occupation quotidienne, une partie de la vieille routine consistant à aller voir le commandant pour lui demander les rapports de patrouilles, avant de retourner au manoir. Il devrait alors se rendre chez le Chambellan, qui coordonnait le chef du personnel et le contremaître qui gérait les ressources du manoir, afin de lui demander s'il y avait des rapports à transmettre, puis faire tout le chemin de là jusqu'au bureau du clerc en charge de collecter les différents messages des courriers qui allaient et venaient à toute heure du jour.

Liam soupira tandis qu'il rangeait les derniers morceaux de papier roulés ou pliés dans le sac accroché à son torse. Ce vieux sac avait beaucoup servi depuis que Clara le lui avait offert pour son ardoise et ses livres, mais il était encore plus qu'assez utilisable pour transporter les rapports et le reste. Cela lui laissait les mains libres pour d'autres choses, comme se saisir du coin qu'il venait de passer et se mettre hors de vue lorsqu'il aperçut Tarven dans le couloir adjacent.

Il attendit que le jeune seigneur soit parti avant de reprendre sa marche. Ce n'était pas que Tarven s'en prenait beaucoup à lui ces temps-ci, mais il n'était jamais amical non plus. Tous deux préféraient ne pas se croiser, et cela convenait très bien à Liam. Pour cette raison il faisait toujours en sorte d'éviter le fils d'Hargren, à part en certaines occasions où il ne pouvait trouver d'excuse pour y échapper.

Des yeux verts s'étrécirent au sein de son expression perplexe, se souvenant du dernier événement formel où il avait dû travailler. On l'avait assigné à l'assistance d'un dignitaire en visite, et Dame Jancine avait inspecté sa tenue pendant une heure pour s'assurer qu'aucun pli ni creux ne viendrait la gâcher... Elle avait ensuite entrepris de lui mouiller les cheveux et de dompter la semi-masse de nœuds qu'il préférait, et il s'était fait taquiner sans arrêt par Fyren pendant trois jours après cela parce qu'il avait vu Tarven lutter pour garder le visage impassible à cause de cela.

Il continua de marcher, son arrivée au bureau d'Hargren accompagnée de nulle fanfare ou reconnaissance, non qu'il en obtiendrait une à moins de s'attendre à ce que le bureau lui dise 'bon travail' lorsqu'il s'assiérait dans le fauteuil d'Hargren. Un tel acte aurait pu paraître présomptueux de sa part, mais cela rendait sacrément plus facile pour son dos de trier les rapports que s'il s'était penché au-dessus du bureau en étant debout. Pourquoi aurait-il dû se fatiguer le dos quand le seigneur n'arriverait pas avant au minimum une demi-heure, il n'y avait vraiment aucune raison. Il s'assit donc dans le fauteuil rembourré avec confort, ouvrit les rapports et parcourant les trois premières lignes de chaque afin de pouvoir les répartir par type et par degré d'urgence. Il saisit ensuite la pile contenant les rapports et les requêtes 'domestiques' et se dirigea vers la minuscule table basse près du mur, s'y asseyant avant de commencer à les lire.

Le Chambellan aurait fait une attaque s'il avait su qu'Hargren avait confié à un serviteur de seize ans la tâche de juger les plaintes et autres en provenance des nobles, mais cela permettait au Seigneur d'Ulwin de ne pas gaspiller de temps précieux. Bien sûr, Liam lui ferait toujours passer celles qui s'avéraient plus sérieuses, mais il était forcé d'admettre qu'il en tirait un certain sens de la justice... De savoir que quand un noble se faisait proverbialement taper sur les doigts pour avoir commencé une querelle avec un autre noble, la réprimande ne venait pas d'Hargren, mais de lui.

Il s'autorisa un léger gloussement, quand l'un des messages s'avéra être ce type de plainte. Après l'avoir lue jusqu'au bout et composé une réponse d'un style 'verbatim' approprié, il l'écrivit de la manière dont un scribe écrirait s'il enregistrait ce que son employeur répondait. Il la scella ensuite avec une réplique du sceau du Seigneur d'Ulwin qu'Hargren lui avait donnée, qui était rangée de façon pratique dans la boîte qui résidait sur cette table. Il n'avait jamais à craindre que quelqu'un ne remarque que l'impression dans la cire ne venait pas du sceau originel qui était conservé dans le cabinet verrouillé derrière le bureau, puisqu'une réplique faite par magie ne pouvait être moins qu'une copie parfaite lorsque c'était Nellan qui se chargeait de l'imitation.

Son travail effectué, Liam déposa dans son sac les réponses qu'il avait écrites et quitta le bureau, croisant à la fois le Seigneur Hargren et Fyren sur sa route pour les livrer. Beaucoup de gens s'imaginaient qu'être un serviteur était ennuyeux, mais quand on travaillait pour un homme au cœur d'uneconspiration, c'était tout sauf cela. Le sourire que Fyren lui adressa en était la preuve.

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De longs cheveux noirs étaient coiffés en des tresses luxuriantes, doucement bouclés afin de mettre en valeur leur brillance. Peu de personnes à part une dame noble pouvaient se permettre le temps et l'effort de donner un air si parfait à leur chevelure, mais le temps était quelque chose dont cette dame en particulier avait plus qu'elle ne souhaitait.

Ils y avaient des moments où être la pupille du Roi de Camelot était vraiment pénible.

Morgane soupira, passant une brosse dans ses cheveux une dernière fois en fixant le miroir de sa table à coiffer. Il était difficile de croire qu'elle était là depuis sept ans, sept ans depuis que, petite fille de dix ans, elle avait appris la mort de son père... et sept ans depuis qu'elle avait gagné la seule amie qui rendait la vie à Camelot supportable.

Des yeux bleus pâles quittèrent le reflet de leur propriétaire pour se poser sur celui de la servante en train de faire le lit, Gwen souriant lorsqu'elle surprit ce regard. Morgane se retourna dans son fauteuil pour lui faire face, celle qui l'avait sortie de sa dépression. Il n'était pas fréquent qu'elles utilisent le terme 'amie' pour se décrire, mais elles savaient que c'est ce qu'elles étaient. Toutes les deux avaient perdu un être aimé, et toutes les deux avaient aidé l'autre à traverser son chagrin. Cela avait forgé une relation informelle entre elles dont peu de servantes pouvaient se vanter. Bien des dames nobles étaient trop préoccupées par les airs et les grâces pour leur propre bien.

« As-tu pu trouver cette robe que j'ai demandé ? »

Gwen lissa une dernière fois les couvertures du lit, et hocha la tête en réponse.

« Elle était rangée avec vos robes d'été de rechange, au lieu des robes formelles. J'ai déjà eu un mot avec le personnel de la lessive quant à l'endroit où celle-là doit être rangée à l'avenir. »

Morgane secoua la tête et soupira.

« Il y a des fois où je me demande si je n'ai pas beaucoup trop de robes. »

Gwen gloussa.

« Mais il y a tout autant de fois où le roi propose de vous en offrir une autre, pour quelque occasion spéciale, et où vous ne pouvez simplement pas résister. J'ai déjà fait presser la robe. Elle est accrochée derrière le paravent. »

Morgane soupira de nouveau.

« J'aimerais pouvoir chevaucher aujourd'hui, mais je n'aurais jamais fini d'en entendre parler si j'étais en retard au banquet. Arthur a dix-huit ans aujourd'hui, et alors ? Ce n'est pas comme s'il était assez vieux pour obtenir son titre de chevalerie, il l'a déjà. »

La servante la rejoignit, et se dirigea vers la table où se tenaient les affaires du petit déjeuner. Elle commença à poser l'assiette et la coupe vides sur un plateau, murmurant au passage :

« Il a vraiment travaillé dur pour cela, Ma Dame. Certainement vous vous souvenez du temps qu'il lui a fallu pour convaincre son père de l'autoriser lorsqu'il a eu seize ans. »

Morgane renifla d'amusement.

« Oui.. Il a fait tous les efforts possibles pour le demander au roi à chaque occasion sans agir comme unenfant gâté... Même si c'est ce qu'il est. Et comme s'il n'avait pas déjà une assez haute opinion de lui-même, j'ai entendu dire que son père a commandé toute une nouvelle armure pour lui. Quel intérêt ? S'il gagne encore trois centimètres comme tout le monde le pense, l'ensemble devra être retravaillé pour lui aller.

- Ou il est possible que mon père ait délibérément forgé l'ensemble pour quelqu'un de trois centimètres de plus que le Prince Arthur, et que dans quelques mois il lui aille parfaitement. Il ne s'en apercevra même pas, j'ai veillé à ce que la tunique rembourrée qui ira dessous soit particulièrement épaisse aux épaules. »

Morgane adressa un regard amusé à sa servante.

« Tu veux dire aussi épaisse que la tête d'Arthur ? »

L'expression de Gwen devint légèrement réprobatrice, et Morgane sourit.

« J'aurais dû réaliser que c'était ton père qui la fabriquait. Comment a-t-il réussi à obtenir la commande ? »

Gwen croisa les bras sur sa poitrine, la jeune fille de dix-sept ans était loin d'être dupe.

« Je crois que c'est vous qui devriez me le dire, Ma Dame... Vous êtes, après tout, fort douée pour murmurer des suggestions à l'oreille des gens. »

Morgane gloussa, et leva la main en guise de reddition.

« Fort bien, j'admets qu'il est possible que j'aie mentionné Tom à Uther, mais seulement parce que j'ai pensé qu'il ferait un meilleur travail que le forgeron royal. Un homme qui a plus à gagner d'un travail bien fait, est un homme qui y mettra le plus d'efforts possibles. On ne sait jamais, cela pourrait ouvrir la voie à plus de commandes passées à ton père. »

Gwen secoua la tête.

« J'apprécie l'intention, mais c'est peu probable. Cette fois peut-être, mais si le Roi Uther venait à remplacer le forgeron royal par mon père, il y aurait une révolte. Jarden a trop de connections avec la noblesse. Il sera assez agacé comme ça au sujet de ce travail. »

L'expression de Morgane devint dismissive.

« Pas vraiment, il a reçu la tâche de fabriquer l'épée qui ira avec l'armure. Pour autant que j'aie pu découvrir, il s'acharne à la rendre parfaite depuis deux jours. Pourquoi crois-tu que mon cadeau pour Arthur soit une paire de gants de cuir pour mettre sous ses nouveaux gantelets, et une nouvelle ceinture d'épée ? J'ai pensé, étant donnés les efforts qu'a mis mon tuteur pour arranger l'armure, que je pourrais aussi bien compléter l'ensemble. »

Gwen ramassa le plateau du petit déjeuner, et se dirigea vers la porte.

« Eh bien au moins il est facile à contenter. Des gants et une ceinture pour aller avec son armure lui conviendront parfaitement. »

Morgane lança, cette dernière remarque amenant un sourire sur le visage de sa servante :

« On dit bien que les choses simples contentent les esprits simples. »

Gwen referma la porte, se dirigeant vers les cuisines. Alors qu'autrefois la taille du château lui avait semblé dantesque, c'était à présent chez elle. Les couloirs et les visages lui étaient familiers, tout comme les devoirs quotidiens. Il y avait un certain confort à savoir qu'elle avait un travail sécurisé dans un endroit pareil, mais même le château avait ses inconvénients... et l'un d'eux venait dans la direction opposée, se dirigeant vers l'aile des nobles.

Ses yeux bruns comme la boue s'éclairèrent lorsqu'il la remarqua, et il sourit sous sa moustache tout aussi brune comme si cela devait l'impressionner.

« Gwen ! Comment vas-tu ? »

Elle essaya de le contourner, mais fut forcée de s'arrêter quand il lui bloqua le passage... Ceci était vraiment fatiguant.

« Je vais bien, Bern, mais je dois emmener ça aux cuisines. Dame Morgane m'a donné une liste de choses qu'elle a besoin que je fasse avant de la préparer pour le banquet de ce soir. »

Bern hésita, étant un individu qui placerait toujours ses devoirs en premier. Il était un parfait lèche-bottes, exécutant chaque requête de son maître... Était-ce vraiment surprenant qu'Arthur soit en train de devenir si arrogant ?

« Oh... Je vais te laisser à ton travail alors... Mais peut-être que tu voudrais venir à la taverne avec moi ce soir ? On pourrait discuter, manger quelque chose. »

Dissimulant son désir de l'envoyer promener, Gwen força le passage aussi gracieusement qu'elle put.

« Je dois vraiment y aller, et toi aussi. Le Prince Arthur ne sera pas content si tu es en retard pour ce que tu allais faire. »

Bern, se rappelant le baluchon qu'il portait, sursauta.

« Il voulait que sa cape soit pressée ! Je dois la lui apporter ! »

Il s'enfuit, Gwen soupirant de soulagement. Pitié, qu'Arthur obtienne un serviteur différent un jour... S'il gardait Bern pour toujours, alors il serait invivable. Camelot n'avait pas besoin d'un roi avec autant d'orgueil.

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Ne t'inquiète pas, Gwen, ton souhait sera exaucé... mais pas avant trois ans !