Chapitre 2 : Soirée photos entre amis.
Dans son smoking immaculé, Tony Stark sirote un whisky sec pur malt assis dans un confortable fauteuil en cuir de son salon panoramique situé au 167e étage de la tour de Stark Industries.
Ces soirées de charité l'épuisent, non l'ennuie. Mais cela fait partie des obligations de la nouvelle première fortune du pays. Il fallait être au Waldorf Astoria, ce soir, pour ce gala contre les discriminations. Et subir les sollicitations de tous les politiciens, hommes d'affaires présents et surtout de toutes celles qui le sachant célibataire, voulaient lui démontrer toutes les qualités visibles mais également plus intimes qu'elles possèdent. Heureusement, il avait réussi à écourter sa présence, prétextant un dossier urgent de fusion acquisition à lire pour le lendemain matin.
En fait, il devait bien s'avouer que c'était l'absence de Peter qui l'agaçait. D'abord cela lui aurait permis de l'initier aux bonnes manières de la bonne société New-Yorkaise et puis surtout il se serait senti moins seul.
Depuis qu'il avait décidé de s'occuper de ce gamin, sa vie avait changé. Peter était intelligent, insupportable, courageux, arrogant, facétieux, inconscient et terriblement charmeur.
Tiens pourquoi, est ce mot, charmeur, qui lui vient à l'esprit ? Mais c'est vrai que son regard, son sourire, cette façon dont il bouge son corps avec grâce et finesse, le rend irrésistible.
Tony Stark avait eu beaucoup de conquêtes féminines, de nombreux amis mais jamais il ne s'était senti aussi proche d'une personne. C'est pour cela qu'il était agacé, agacé par ces pensées, agacé parce que quand Peter n'était pas à ses côtés, il lui manquait une partie de lui-même.
D'ailleurs où était-il ce soir ? Le trublion avait décidé de sortir pour vérifier une mystérieuse information. C'était surtout l'occasion de passer la nuit à voler d'immeuble en immeuble et se battre comme un voyou contre des petites frappes. Insupportable, c'est bien vrai mais il l'enviait, il aurait aimé être avec lui. Tony Stark sourit.
L'entrée discrète du majordome et son petit raclement de gorge pour signaler sa présence, le tire de ses rêveries.
« Oui »
« Excusez-moi monsieur mais un individu disant avoir rendez-vous avec monsieur Parker s'est présenté. »
« Peter n'est pas là et il ne m'a pas parlé d'un rendez-vous. Mais vous pouvez le faire entrer. » Tony sent l'hésitation de son maître d'hôtel. « Qui y a-t-il ? »
Ce dernier pince ses lèvres. « C'est que ce monsieur, bien que très poli, est habillé de façon bizarre, il porte une longue robe noire avec une cape qui le recouvre entièrement. Il est couvert de poussière mais surtout … comment dirais-je, … son regard est très incommodant. Il émane de lui des ondes très particulières, je dirai dangereuses. » Il baisse d'un ton. « Je crois qu'il est anglais. »
Tony Stark éclate de rire. « Et bien voilà qui explique tout. Mon ami, entre nous est-ce la première fois que vous rencontrez chez moi des gens bizarres ? »
« Non, il est vrai, Monsieur. »
« Vous souvenez-vous, de la première visite de mon ami Thor ? »
« Oui monsieur surtout de la poignée de main que celui-ci a voulu absolument me faire. Je dois dire que son frère Loki est plus respectueux des conventions. »
Tony continue de rire. « Si vous le dites. Allez, ne faites pas plus attendre notre invité. »
« Bien monsieur. » Le majordome s'efface, sans être plus rassuré.
Tony Stark voit pénétrer dans son salon un homme altier, à l'air arrogant certes, mais dont il sait intuitivement reconnaître la puissance et qui n'a pas besoin d'en faire étalage.
Il s'avance vers lui la main tendu. « Tony Stark, soyez le bienvenu. Mais je suis désolé, Peter n'est pas là. Il est sorti. »
Rogue serre la main ferme de cet homme qu'il perçoit immédiatement comment étant franc, affable mais certainement dangereux. « Séverus Rogue. Oui je sais. J'ai rencontré votre ami dans des circonstances, disons particulières, et il m'a donné rendez-vous ici. J'espère que je ne vous dérange pas. »
L'œil de Tony s'éclaire. « Non pas du tout. Il habite ici, à vrai dire. Vous avez dit « circonstances particulières » ? Vous pouvez être plus explicite ? »
Rogue désigne la baie vitrée. « Nous allons pouvoir vous l'expliquer ensemble monsieur Stark. »
Un Peter souriant mais dont les deux rides qui marquent son front montre la contrariété tient sous un bras une Emily totalement incrédule et crispée qui s'accroche à son cou. Ils atterrissent sur la terrasse en souplesse dans un dernier balancement.
« Tu vois Emily, tout s'est bien passé. Avoue que voler de la sorte est grisant. »
Emily déglutit, il est vrai qu'après avoir passé la première minute à hurler, elle avait fini par être rassurée par la maîtrise de cet homme araignée. Elle aurait pu être émerveillée de voir New-York de si haut, virevoltant de façades de bâtiments en pylônes d'électricité, de grues de chantier en cheminées d'usine, avoir envie de prendre son appareil pour des photos uniques mais son cœur était brisé, elle n'avait qu'une image en tête, celle de Naomi. Toute cette histoire la dépassait. Qui étaient ces hommes qui volent dans le ciel, utilisent des pouvoirs qu'elle croyait n'exister que dans les films ou les livres ? Et pourquoi elles ? Qu'avaient-elles fait ? Naomi est si fragile. Elle est toujours terrorisée.
La baie vitrée coulisse automatiquement, pendant un instant le vent s'engouffre dans le salon. Emily s'avance timidement dans l'immense pièce entièrement décorée en blanc. De grands fauteuils et canapés sont disposés en arc de cercle sur un tapis persan à la laine épaisse, face à la vue sublime sur un Manhattan scintillant dans la nuit. Un bar en bois de rose précieux tient tout un pan de mur, il semble avoir derrière lui accrochés tous les alcools existants au monde. Un piano à queue digne des plus grandes salles de concert orne le coin opposé. Des plantes grasses exhibant des fleurs odorantes aux couleurs vives, s'étalent autour d'une vasque où une fontaine laisse couler paresseusement une eau claire. Des tableaux d'avant-garde dont elle devine qu'ils ne sont pas des reproductions, sont suspendus à des cimaises de façon aléatoire. La lumière tamisée par un éclairage indirect fini de donner une touche intime, presque sensuelle au lieu.
Tony Stark, à la vue du visage de la jeune fille et de son état, comprend que quelque chose de grave s'est produit. Sans hésiter, il lui prend les épaules, lui enlève délicatement son sac à dos auquel elle reste agrippée. Elle est petite et semble si frêle. Son regard est totalement éteint. « Vous n'avez plus à vous inquiéter, vous êtes en sécurité ici. Je suis Tony Stark et considérez cette maison comme la vôtre. »
Elle ne sait lui répondre qu'une chose. « Je m'appelle Emily. S'il vous plait, sauvez Naomi. » Il l'accompagne vers un fauteuil. Emily le suit comme un automate. Elle se laisse tomber et comme si cela avait agi comme un déclic, elle se met à pleurer, cachant son visage dans son sac à dos. Plié en deux, comme cela, elle n'est plus qu'une boule de douleur.
« James ! » Le majordome apparait comme par magie. « Apportez un verre d'eau à cette jeune fille et quelque chose pour la réchauffer. Elle tremble de froid. »
En deux mouvements efficaces et précis. Emily a un mug de thé vert dans les mains, un plaid sur les épaules et un mouchoir de soie qui délicatement lui essuie les yeux, accompagné de mots réconfortants.
Tony fixe Peter. « Explique-moi. »
Les trois hommes forment un triangle et sans avoir besoin de se concerter, ils sont unis.
Le jeune super héros fait une grimace. « Ok, mais ne te mets pas en rogne. » Il prend une grande respiration. « J'ai eu un tuyau d'un de mes informateurs. »
La mâchoire de Tony se crispe. « Lequel ? »
« Vermin. »
Tony a une moue de dégout. « Et tu crois ce rat dégénéré ? »
« Il savait où localiser Le Vautour. »
« Et il a demandé quoi en échange ? »
« Il veut retrouver sa forme humaine. Je lui ai dit que tu l'aiderais. »
« Tu es naïf. Vermin ne veut pas retrouver sa forme humaine. Il pense avoir accès à certains de mes secrets s'il pénètre dans mon laboratoire et puis il cherche surtout se débarrasser d'un concurrent, c'est tout. »
« Il n'est pas aussi intelligent. Et puis qu'elle importance, il m'a donné une piste, c'est grâce à celle-ci que j'ai repéré Le Vautour au moment où il agressait ... » Il se tait et regarde Emily. Celle-ci écoute cette conversation avec stupeur, ne lâchant plus le bras de James.
Tony hoche la tête. « Continue. »
« Je ne sais pas pourquoi il s'en est pris à elles. Mais visiblement, il ne voulait pas les tuer. Je crois qu'il voulait les enlever. J'ai pu le neutraliser mais des sortes de fantômes sont apparus et ... » Il a honte de l'avouer.
« Et quoi ? » demande un Tony sérieux.
« Ils se sont précipités sur nous et ... je me suis évanoui. » lâche Peter.
« Ce ne sont pas des fantômes, en tout cas pas comme vous l'entendez. Ce sont des Détraqueurs, gardiens de la prison d'Azkaban. » Rogue annonce cela avec calme et détachement.
« Détraqueurs ? C'est sûr, j'étais détraqué. J'avais perdu toute joie. J'étais désespéré. » Peter regarde Rogue. « Sans votre intervention je ne sais pas ce qu'il se serait passé. »
« Ils auraient aspiré votre âme et vous seriez resté un légume tout le reste de votre vie. »
« Mais comment avez-vous fait pour les faire fuir ? »
Severus fait un petit geste et arrange sa cape. « Un simple sortilège de Patronus. »
Tony plante son regard dans celui de Rogue, suspicieux. « On peut dire que vous êtes tombé à pic. Qui êtes-vous exactement ? Et qu'est-ce qu'un sortilège Patronus ? Et cette prison ?»
Severus n'a pas besoin de réfléchir, s'il veut comprendre ce que font des Détraqueurs en plein New-York, il aura besoin de ces hommes.
« Je suis un sorcier. Mais contrairement à vous qui semblez aimer, comment, dirais-je la publicité, les sorciers vivent dans un monde caché des moldus. » Il voit Tony soulever un sourcil réprobateur, visiblement le terme ne lui plait guère. « C'est ainsi que nous désignons, les non sorciers. Je suis venu d'Angleterre dans votre pays pour assister un congrès organisé par nos cousins américains. Ce soir en rentrant à mon hôtel, j'ai ressenti une atmosphère étrange. Mes pouvoirs me permettent de savoir quand de la magie est utilisée. L'évidence m'est apparue, des détraqueurs étaient proches. Pourtant c'est impossible. »
Tony ne l'avouera pas mais s'il est impressionné, il est surtout agacé que le SHIELD et lui en particulier n'aient jamais soupçonné ce monde parallèle. « Pourquoi est-ce impossible ? »
Rogue plisse les yeux. « Les détraqueurs sont des êtres abjects qui se nourrissent du bonheur des êtres vivants et ne leurs laissent que le désespoir. Leurs pouvoirs est immense, il est difficile de les vaincre. Peu de sorciers sont capable d'effectuer un sortilège de Patronus suffisamment puissant. Ils sont les gardiens de la Prison d'Azkaban, où nous enfermons nos plus grands criminels. Mais le Ministère de la Magie qui gouverne notre Monde les contrôlent et il leurs est interdit de quitter les abords de la prison. »
Dans une grimace, Peter ne peut s'empêcher de dire. « Il doit être sympa l'endroit. »
Tony est plus direct. « Visiblement, votre ministère a un problème. »
Pour la première fois, Rogue marque son désarroi. « Un problème qui risque de tous nous concerner. Les Détraqueurs sont trop frustes pour s'organiser et ils craignent les sorciers. S'ils ont désobéi, c'est qu'ils ont trouvé un Maître qui les laissera se repaître des âmes. » Rogue frissonne malgré lui. « La situation est grave. Nous vivons des temps troublés dans le Monde des sorciers. Mais ils n'ont pas pu venir ici seuls, un sorcier doit les contrôler. » Il regarde Tony. « Cet homme oiseau est un criminel dangereux ? »
Il opine du chef. « Très. Et il risque de ne pas être seul. »
« Nous aussi nous avons un sorcier très dangereux qui veut dominer le Monde et pas que celui des sorciers. Mais je ne comprends pas pourquoi, il aurait besoin de l'aide de ce Vautour. »
Tony croise les bras et sans le vouloir, il fait jouer ses muscles. « Tout simplement, parce qu'ici il y a aussi des hommes dangereux. Connaissez-vous les Avengers ? »
« Je m'intéresse peu aux choses moldus. »
« Vous devriez. Nos pouvoirs sont également très puissants. »
Peter pose sa main sur le bras de Tony. C'est comme si une décharge électrique parcourait son corps. Il se tourne, des yeux brillants lui brulent la peau.
Peter sourit et lui désigne d'un léger coup de menton Emily qui les fixe mais avec un regard vide. « Je crois que nous devrions arrêter de discuter et retrouver son amie. »
« Tu as raison, Peter. » Putain, pourquoi cette main qui se retire le laisse-t-elle si désemparé. « Il faut comprendre pourquoi Le Vautour s'intéressait à ces deux filles. » Tony s'agenouille auprès d'Emily. Il prend délicatement son menton et essaie d'attirer son attention. James s'écarte doucement mais elle le retient.
« Emily, peux-tu nous expliquer ce qui s'est passé ? »
Comme si elle sortait d'un rêve, elle renifle. « Je ne sais pas. Nous marchions le long de l'East River, au hasard. Nous avions passé la soirée dans un club. On avait bu, on était bien. Je voulais prendre des photos de Naomi au bord de l'eau. Je suis une formation de photographe à New York. » Elle fait des efforts pour se souvenir. Elle ne voit devant ses yeux que Naomi qui danse, rit, baisse la bretelle de son top pour découvrir un sein, puis se précipite pour l'embrasser. Elle sent encore ses mains qui viennent glisser le zip de son pantalon et ce doigt qui écarte son string. Elle ne s'aperçoit pas de la gêne de ces hommes qui découvrent l'amour qui lie ces deux êtres. Elle continue à parler. « Nous sommes montées sur une plateforme. J'ai repris des photos. Naomi était appuyée à une rembarde, les flashs illuminaient son visage. Elle est si belle. » Elle bafouille. « Il est apparu dans le ciel. Je ne sais pas d'où. Il a foncé sur nous. Nous avons couru, couru mais il était toujours là comme s'il jouait. On s'est réfugiée dans cet entrepôt, nous étions épuisées. J'ai cru que nous allions mourir. Mon Dieu mais que va-t-il lui faire ? Il a dit qu'il voulait mon appareil. Mais pourquoi ? »
Tony a une intuition. « J'aimerai le voir ? Tu veux bien ? »
Elle ne comprend pas mais elle s'en fout. « Oui, tout ce que vous voulez. » Elle lui tend son sac à dos et reprend la main de James.
Tony s'empare de l'appareil et fait défiler les photos. Peter est au-dessus de son épaule, même Rogue sans vouloir le laisser apparaitre, regarde.
« Tu as beaucoup de talent Emily et c'est vrai Naomi est très belle. » Quelques selfies les montrent heureuses, accrochées l'une à l'autre. Elles irradient et cela trouble Tony. « Vous vous aimez beaucoup. »
Emily a un sourire triste. « Elle est ma vie depuis toujours. » Les larmes reviennent perler le long de ses joues.
D'un coup, Tony s'arrête sur un cliché. « Peter, regarde. »
« Quoi ? » On voit Naomi en contre plongée, au bord d'une esplanade.
« Emily a dû monter sur un banc. Derrière Naomi, dans la cour, il y a un groupe d'hommes. » Il agrandit l'image. « Tu les vois ? »
« Oui, très bien. »
« Passons-la sur l'ordi, l'image sera plus nette. »
Regroupés, devant l'écran, ils peuvent voir distinctement trois hommes discuter devant un local à poubelle et se retourner au déclenchement du flash.
Peter s'exclame. « Belle brochette, La Vautour, accompagné de Vénum et de Sandman. Bizarre ni Le Bouffon Vert, ni Octopus, ne sont là, sinon on avait la quinte flush. »
Tony grimace. « Le brelan me suffit. Cela explique pourquoi le Vautour a poursuivi les filles. Il voulait la photo. » Il va retirer la carte mémoire de l'ordinateur quand Rogue l'arrête d'un geste.
« Attendez ! » Rogue rapproche ses yeux de l'écran. « Regardez. » Il montre du bout de son ongle noir, un coin de la photo. Dans l'ombre de l'entrée du local, une forme se découpe. On ne perçoit d'elle qu'une vague couleur rouge délavé, peut-être rose. Mais rien ne peut l'identifier.
« Cela vous évoque quelque chose, Professeur ? »
« Non, Monsieur Stark. »
Peter sourit. « Pour ma part, je n'ai aucun ennemi habillé en rose. Ni ennemie d'ailleurs. Par contre c'est une couleur qui pourrait aller à mon teint. En plus, je trouve le rouge un peu trop agressif. Tu ne trouves pas Tony ? Tu devrais penser à la tienne également. Un truc plus arc en ciel.»
Celui-ci ne répond pas, visiblement troublé. Il pianote sur le clavier. « Il faut faire vite. Nous avons une piste, il faut l'utiliser. Voici les coordonnées. C'est du côté des docks. »
« Cela recoupe les infos du Rat. Et ce n'est pas loin du lieu où j'ai trouvé le Vautour. »
Un bracelet que Tony porte au poignet s'éclaire discrètement. Le bar s'ouvre en deux, la paroi du mur s'écarte et un à un, les éléments d'une cuirasse au carmin écarlate volants vers lui, viennent enserrer ses bras, jambes, torse.
Rogue assite à la scène avec un intérêt non dissimulé.
« Vous voyez professeurs, nous aussi à notre façon, nous sommes des sorciers. » Jusqu'à ce qu'un casque enveloppe sa tête. Sur son plexus, une pierre illumine la pièce d'un jet puissant.
Peter fait la moue. « Je vous le disais, cette couleur est trop criarde. »
Emily s'est levée. Elle serre ses poings, sa mâchoire se fige, ses yeux sont devenus éclairs. « Je viens avec vous. »
Une voix profonde se fait entendre. « Non, Emily c'est trop dangereux. »
« Dangereux ? » C'est un cri de rage qui est sorti de sa poitrine. « Vous croyez que je vais rester ici à attendre ? » Elle se campe devant la masse que représente Iron Man. « Naomi est ma femme. Je l'aime et je ne l'abandonne pas. »
Rogue se racle la gorge et d'une voix mielleuse mais sèche prend la parole. « Il me semble en effet que cela est plus sage que vous restiez ici. »
C'est une boule de défi qui foudroie les trois hommes. « Qui êtes-vous pour me dicter ma conduite ? De toute façon, vous aurez besoin de moi. Elle ne vous connait pas. Que croyez-vous que sera sa réaction quand elle verra un robot, une araignée et un croque mitaine ? »
Peter se met lentement à sourire en voyant le visage outré du Professeur Rogue et en imaginant la tête de Tony sous son masque. « Elle n'a pas tort. Je pourrai la protéger. »
Une main gantée de titane se lève. « Non, je le ferai. Elle vient avec moi. Professeur je suppose que vous saurez nous rejoindre par vos propres moyens. »
Rogue incline la tête. « Je le pense. »
« Très bien, on se retrouve au point indiqué. » La baie vitrée s'ouvre, le vent s'engouffre dans le salon. Iron Man s'empare d'Emily, la soulève comme un fétu de paille, « Tout ira bien. » Elle s'accroche tout de même très fort en gardant les yeux ouverts. Dans un jet de flamme froide, l'homme machine et sa jeune humaine sont catapultés dans le vide, Rogue a disparu depuis longtemps et Spiderman vole déjà d'immeuble en immeuble.
James va chercher un aspirateur.
