Chapitre 4 : « Quand on a que l'Amour » Jacques Brel 1956
Iron Man a lancé vers la salle, un de ses derniers bébés. Un petit bijou de technologie, indétectable, qui avec une vision à 360 degré, ses capteurs sonores, thermiques et électroniques peut, en un dixième de seconde, déterminer l'ensemble des éléments humains et techniques d'une surface allant jusqu'à 1 km².
Sur l'écran de son casque, il voit sur la droite trois énormes cuves d'aluminium, hautes de plusieurs mètres, elles semblent contenir un corps gazeux dont la surpression s'échappe par les soupapes situées à leurs bases. Elles sont reliées entre elles par un cheminement complexes de tuyaux. Chacune à sa propre unité informatique composée d'une tour et d'un tableau de commande. De ceux-ci des câbles vont rejoindre de l'autre côté de la salle, d'autres blocs de computers, situés sous une pièce vitrée en surplomb. Mais ce qui attire immédiatement le regard de Tony, c'est le cylindre transparent posé en hauteur au milieu de la salle et surtout le corps dénudé et sans défense d'une jeune fille blonde au teint d'albâtre, tenu en suspension à l'intérieur. Il est entouré d'une vapeur verdâtre d'où de fréquents éclairs viennent le frapper. On voit alors sa peau se tendre. Des senseurs enserrent son crâne et sa cage thoracique. Elle est totalement inerte. Tony frissonne.
« Peter. On est en place. Naomi est dans une structure cylindrique au centre la pièce. Le Vautour doit être dans la cabine en hauteur. Je m'en occupe. Protégez Naomi mais, sauf urgence, n'essayez pas d'ouvrir le tube. Je ne sais pas comment il réagirait. Je t'envoie le plan. Et soyez prudent le Vautour n'est certainement pas seul. »
Il entend. « Oui patron. » Il sent le sourire de Peter. « On fera comme vous voudrez, boss. Nous être prudent. »
Les yeux de Tony se plissent.
Peter fait un signe à Rogue, désignant l'entrée de la salle qu'ils aperçoivent devant eux. « C'est parti Professeur. Vous en bas, moi en haut. »
Spiderman est déjà collé au plafond, tête en bas, il lève un pouce optimiste à Rogue.
A peine a-t-il fait le premier pas que Rogue les a repérés, deux, droit devant, le bout de leur baguette luit déjà.
Les jets arrivent simultanément. « Protégo » Rogue les détourne en balayant son bras puis de mouvements souples et rapides, il lance les sorts en rafales. « Stupéfix. » Il tend la main. Une brume s'élève. « Cela nous permettra d'être moins visible. » Il lève les yeux vers Spiderman. On dirait que son double l'attaque, mais un double plus musclé, plus animal, plus dangereux.
Face à face, suspendu dans le vide. Deux ennemis à mort s'observent. « Te voilà au bout du chemin, petit Parker. » Ce dernier voit la toile lancée par Venom arriver vers lui. Il lance son fil pour s'arrimer à une paroi mais Venom, d'un bond lui saute dessus et le plaque contre le mur. Spiderman a mis ses jambes en opposition, il pousse mais la pression est très forte. La gueule de Venom s'approche. « Putain, mec, tu aurais pu te laver les dents. Un peu d'hygiène avant le combat, c'est pas du luxe. » Il cherche une solution. Les dents de Venom sont réellement très acérées. Sa langue gigote dans tous les sens. « Ne cherche pas à m'embrasser, je ne suis pas un garçon facile. »
D'un coup, il déplie ses jambes, se laisse glisser contre le corps de Venom. Il arrive ainsi à dégager ses bras et lance deux jets de fil sur les fesses de son ennemi lui permettant ainsi d'avoir un point d'appui pour se balancer vers le mur opposé en lui passant entre les jambes. Venom totalement surpris, hurle de rage et de dépit, tout en se frottant les fesses. Il saute à son tour, pourchassant Spiderman qui vole déjà de murs en murs pour le distancer.
Rogue a perçu l'éclat de leurs masques. Ce sont des Mangemorts, Il rabat sa capuche sur son visage. Il ne doit pas être reconnu. Il prend peu à peu l'avantage contenant les assauts des deux sorciers. Il veut porter l'estocade quand il les voit glissant silencieusement dans les airs vers leurs victimes.
Iron Man comprend maintenant la réaction de Peter. Ces êtres sont immondes et il sent la détresse l'envahir. Son ordinateur évalue la menace, il donne l'impulsion. Sa lumière pectorale déploie un dôme de particules ionisants gamma qui illuminent toute la scène. La lourdeur des photons semble empêcher les Détraqueurs de passer cette barrière. Mais une masse de sable lui tombe dessus. Sandman lui assène un coup de poing dans la poitrine qui l'envoie valdinguer à plusieurs mètres. La protection s'arrête et les Détraqueurs en profitent pour se ruer sur la cible la plus proche, Emily.
Celle-ci tire mais les rayons les traversent sans aucuns effets. Elle sait où est Naomi alors elle fonce. Pour la première fois de depuis leur création des Détraqueurs voit une victime se ruer vers eux. Elle les traverse et emportés par leur élan, ils n'arrivent pas se retourner aussi vite qu'Emily court.
Elle voit le cylindre, plus rien d'autre n'existe. Mais les Détraqueurs n'abandonnent pas et ils sont déjà au-dessus d'elle.
Le choix de Rogue n'est pas un choix. « Protégo totaly » pour la mettre à l'abri des sorciers. « Spero Patronum » pour repousser les Détraqueurs. Rogue y a mis toute sa volonté, toute sa passion. Devant la force du sortilège, les Détraqueurs s'égayent au travers de la salle, ils cherchent à trouver un coin sombre où ils pourront se mettre à l'abri. De chasseur, ils deviennent chassés par une biche d'argent. Rogue lève les bras, accentue la puissance de son sort. La lumière est si intense que plus personne ne voit plus quoi que ce soit. La biche, douée de sa propre vie maintenant, poursuit les Détraqueurs un à un. Et quand elle en touche un, il s'évanoui comme de la vapeur d'eau en plein soleil. Le dernier estompé, la biche s'arrête, s'ébroue, regarde fièrement son créateur et disparait à son tour.
Dolores Ombrage suit toute la scène du haut de la cabine. Le Vautour est dans son tube. La transmutation a commencé. Elle n'en a cure, qu'il se débrouille. La vue de la Biche l'a confortée dans son idée. Le sorcier est puissant, plus qu'eux trois réunis. Elle n'arrive pas à savoir qui il est mais elle ne s'attardera pas pour le découvrir. Et s'il s'agissait de Dumbledore en personne ? Elle ne peut pas prendre le risque d'être démasquée. Une retraite organisée est préférable. Dans un léger flop, elle disparaît avec ses chats.
Goose et Nasty sont décontenancés. La salope, elle a disparu. De rage ils lancent un « destructo » qui ébranle tous les murs de pierre qui commencent à se fissurer. Rogue au prix d'un effort surhumain contre l'onde de choc dantesque et parvient à la renvoyer vers ses émetteurs. Ceux-ci sont balayés contre les citernes d'aluminium. Mais ces dernières trop ébranlées, vacillent et s'écroulent comme un château de carte. Plaqués au sol par la force du souffle qui submerge tout, ils voient avec effroi les parois des citernes tomber vers eux. Rogue épuisé s'écroule, impuissant, il ne peut dérouter les lourdes tôles qui chutent. Goose et Nasty n'ont pas le temps de terminer leur dernier cri.
C'est un effet domino. Les tuyaux n'alimentent plus le cylindre qui mis en disfonctionnement s'ouvre en deux. Les écrans d'ordinateurs clignotent frénétiquement indiquant un « error » qui se multiplie. De la vapeur envahit la salle, plus légère que l'air, elle monte au plafond. Des jets puissants balayent la salle. Spiderman et Venom sont aveuglés. L'homme araignée voulait porter un coup, son poing s'écrase contre la pierre. Déséquilibré, il ne peut rien contre la langue de Venom qui s'enroule autour de son cou.
Emily se précipite vers la plateforme. Un bras désarticulé de Naomi pend dans le vide.
Un corps à corps furieux oppose Sandman à Iron Man qui, pris dans l'étau des gigantesques pinces que sont devenus les bras de son ennemi ne peut plus utiliser sa technologie. L'homme sable lève les yeux vers la salle devenu un champ de ruine, il pousse un hurlement : « Non ! ». Il s'empare de la tête d'Iron Man, lui arrache le casque et frappe son plexus avec une rage qu'il ne maîtrise plus. Tony totalement groggy attend l'estocade mais Sandman l'abandonne pour courir vers la plateforme.
Emily ne le voit pas fondre sur elle. Penchée sur le corps inerte et glacée de Naomi, elle la serre contre elle, en voulant la réchauffer de mots d'amour.
La Vautour arrache rageusement les diodes qui parcellent son corps. Il bondit hors de son tube, de l'écume à la bouche. « Je suis maudit. Pourquoi tant de haine ?! » Se rendant compte qu'il est à poil, il enfile avec difficulté sa combinaison. « Putain de merde de manche à la con ! » Ses ailes posées sur un portique attendent qu'il vienne s'y connecter. « Ils me font tous chier ! » La verrière s'ouvre, Il s'apprête à s'envoler. « Mes griffes, putain, où sont passées mes griffes ? Je me gèle les harpions moi !» Ses orteils accrochés à la barre du bord de la passerelle, il découvre une scène d'apocalypse. Il pousse un souffle de dépit.
Emily entend un bruit sourd près d'elle. Peter est tombé au sol, Venom sur lui, continu à l'étrangler, ses mâchoires se rapprochent. Elle n'a pas réfléchi, un réflexe mêlé de colère envers ceux qui ont fait du mal à Naomi, de peur de voir son nouvel ami mourir devants ses yeux, de courage en refusant de plier devant ses monstres. Elle a tiré, une seule idée, que cette bête lâche Peter. Un seul coup qui fait mouche. La langue visqueuse se rétracte sous le rayon qui la transperce mais c'est trop tard. La moitié gigote sur le sol comme un ver de terre sorti de son trou. Un liquide épais et malodorant envahit la gueule de Venom qui n'arrive même pas à hurler son incompréhension. De ses mains il prend sa gorge et tombe à genoux. Peter ne bouge plus.
Le choc est terrible et la douleur qui l'accompagne, irradie dans tout son dos. Elle perd la main de Naomi et son arme. « Qu'as-tu fait ? » Sandman joue avec Emily, il la retourne et la plaque contre sur le sol. « Tu as tout détruit. » Ce visage déformé de haine sera la dernière chose qu'elle verra. Elle n'arrive même pas à fermer ses yeux. Ils restent ouverts sur ceux injectés de violence de l'homme sable. Ces yeux sombres qu'il a face à lui, ces yeux qui s'embuent de larmes. Une petite fille joyeuse aux cheveux de geai se précipite vers lui, bondissant de bonheur, en criant « Papa ». Ces yeux dont il ressent la douceur, ces yeux qui lui disent « je t'aime. » Les mêmes yeux.
Venom se lève. Il va déchiqueter cette humaine qui l'a amputé. Il lui arrachera la langue puis son cœur qu'il dévorera. Il n'a pas le temps d'approcher, un coup d'une violence extrême le surprend. Ses abdomens pourtant d'acier, plient et sont broyés. Il est inconscient quand il percute la paroi de pierre. « Ne la touche pas ! » Le poing de Sandman s'est transformé en une masse gigantesque. Il revient doucement vers le visage d'Emily. De l'eau coule sur ses joues, creusant des sillons réguliers qui emportent le sable dans des rigoles qui se perdent à nouveau dans du sable. Il défait son emprise. Et comme s'il s'effaçait, il retrouve sa forme d'homme quelconque. Les bras ballants, désemparé, il lève la tête vers le cylindre. « Excuse-moi mon amour, j'ai échoué. »
Emily hébétée s'accroche, se hisse en grimaçant vers le visage de Naomi. Elle range son bras le long de son corps. Elle ne veut qu'une chose, s'allonger, la serrer contre elle et rester ainsi pour l'éternité.
Il a enlevé son plastron, ses gants, toute son armure tombe. Il se traine vers la seule personne pour laquelle il veut vivre. Il passe une main derrière sa nuque, enlève la cagoule, la gorge est lacérée d'atroces marques. Il caresse ses cheveux, un visage aux yeux fermés. Un léger filet de sang coule sur la tempe. Tony supplie. « Peter »
Rogue debout mais toujours vacillant, a gardé sa baguette levée mais il sait que l'Homme Sable n'est plus un danger.
Le Vautour comprend que tout est perdu. Mais ils ne l'auront pas. Il saute dans le vide et d'un coup d'aile rejoint le plafond qui s'ouvre devant lui. Il se met à rire. « Malin, le Vautour. »
« C'est quoi ce bordel encore ? » Ses ailes sont bloquées, elles se replient sur elles-mêmes comme si une corde s'entourait autour de lui et l'empêcher de bouger. Il tombe comme une pierre. « Ça va faire mal ! » Le contact avec le ciment est rude. Immobilisé, il a beau se tortiller, il est prisonnier.
« Finalement ce sortilège de saucissonnage est simple mais efficace. » Rogue se penche au-dessus de Naomi. Ses mains se posent sur le corps froid. Sa magie est inutile.
« Peter, parle-moi. Putain. » Il approche ses lèvres pour sentir son souffle, palpe sa poitrine pour sentir son cœur.
Maladroitement, Il enlève sa cape et couvre les deux jeunes filles. Il prend le poignet de Naomi comme un dernier espoir.
« Peter, reste avec moi. Tu ne comprends pas ? Je ne peux plus vivre sans toi. Je m'ennuyais tellement, plus rien ne m'intéressait. L'argent, les recherches, même les Avengers, tout était si fade. Et puis tu es apparu. Un seul geste, un seul regard de toi et je suis heureux. » Les larmes apparaissent. Tony agenouillé se sent tellement impuissant. « Peter, je t'aime. »
« Emily, son pouls, Emily, il bat. » Un sourire barre le visage grave de Rogue. Emily se relève d'un bond, incrédule.
Un œil s'entrouvre, malicieux mais ému. « Tu as en aura mis du temps. » Peter tend son bras, attrape le cou d'un Tony totalement éberlué et l'embrasse.
« Naomi, Naomi, réveille-toi. Je suis là. C'est fini, tu es en sécurité. » Emily dépose des tonnes de baisers sur cette peau qu'elle frotte et caresse sans retenu.
Yeux dans les yeux, front contre front, Ils ne parlent pas, juste profiter d'un instant suspendu.
Ils entendent la voix d'Emily. « Je crois que Naomi a besoin de toi. » Tony se lève, prend l'avant-bras de Peter et le tire. Debout, ils échangent un sourire complice qui ne dure que le temps que met Tony à commencer à examiner Naomi.
« Hypothermie. Il faut que qu'elle retrouve une température normale, stimuler sa circulation sanguine. Ensuite nous pourrons inverser le processus. » Il jette un regard vers la plateforme. « Ce tube est détruit mais rien n'est perdu. » Il prend Naomi dans ses bras et emprunte les escaliers qui mènent vers un espoir auquel ils veulent tous croire.
Pendant ce temps, nonchalamment Peter tisse une toile. Venom et Le Vautour se retrouvent tête en bas, suspendus au plafond comme de vulgaires mouches prises au piège. « Tu n'as aucun respect. » sont les derniers mots que lancent Le Vautour avant d'avoir un joli bâillon en fil d'argent. « Voilà, ça, c'est fait. » En deux bonds, Spiderman rejoint ses amis.
A nouveau allongée dans un tube de verre, recouverte d'une longue cape noire, sous laquelle des fils ressortent, Naomi dors paisiblement. Ses yeux se sont fermés, plus de spasmes, plus de contractions. Ses muscles sont totalement décontractés. On pourrait presque percevoir un léger sourire de soulagement. Emily la veille, au plus près d'elle possible, arrangeant une mèche de cheveux, humectant ses lèvres, essuyant une goutte de sueur imaginaire. Priant pour qu'elle lui revienne.
Tony s'affaire autour des ordinateurs, connectant des câbles, relançant des programmes. Rogue fait léviter des éléments épars de tôles et de plaques, Sandman les tords, les coupent et les assemblent sous les instructions de Peter pour recréer une mini cuve. Le temps est compté.
Tony soude le dernier rivet de son rayon pectoral, regardant l'installation, il dit autant pour rassurer les autres que lui-même. « C'est sommaire mais ça va marcher. »
Il referme le tube sur Noami. Emily tremble, fixée sur le moniteur qui indique le faible rythme cardiaque de son amour, sa température anormalement base et surtout ses fréquences cérébrales quasi inexistantes.
Sandman avec précaution, s'approche d'elle. « Continue de lui parler. » Il lui désigne du doigt une ligne sur un écran. « Regarde, à chaque fois que tu lui parles, ces oscillations augmentent. » Il lui sourit doucement. « Elle t'entend. Elle n'entend que toi. Les personnes dans le coma entendent toujours ceux qui les aiment. »
Emily essaie de retrouver dans le regard de cet homme, la violence qu'il avait lorsqu'il l'a agressé mais elle n'y voit qu'une profonde tristesse.
« Comment le sais-tu ? » Elle aurait aimé avoir une voix moins agressive mais elle n'y est pas parvenue.
Sandman se trouble et répond d'une voix grave. « Je le sais. » Il rajoute, levant les yeux sur elle. « Je suis désolé pour ton amie. Désolé pour ce que j'ai fait. »
« Désolé ! A quoi cela sert d'être désolé maintenant ? Pourquoi ? Pourquoi participer à ce ... » Elle aurait voulu un mot qui exprime à la fois son horreur, sa peur, son incompréhension mais ne trouve que désigner de la main, le chaos qui les entoure « ... cette putain de saloperie » pour finir vers le corps de Naomi, « elle est l'être le plus bon, le plus sensible qui puisse exister. »
« Excuse-moi !» Le détresse de Sandman est palpable. « Je n'imaginais pas que ... , je voulais juste ... »
« Que cherchais-tu Marko ? » A l'évocation de son prénom, l'homme sable se prend la tête.
Peter poursuit. « Que t'avait promis Le Vautour ? »
Son regard est perdu. Il hésite. « ... Ma fille. Il avait promis de la soigner. Il dit que son appareil peut soigner le cancer. Enfin, pouvait. » Il a un rictus de souffrance. Il revient vers Emily. « Cela n'excuse rien mais je ne pensais qu'à ça. » Il plonge dans ses yeux. « Tu as son regard. Le même noir et profond avec cette lueur de vie malicieuse. Tu sais malgré son coma, cette lueur n'a pas disparu. Ce n'est pas moi qui t'ai épargné, c'est elle. Elle m'a dit : non, papa, je t'aime. Pourtant, elle est si petite. »
Peter le prend par l'épaule. « Nous t'aiderons Marko. On te doit bien ça. »
Sandman se recule. « Non, vous ne me devez rien, surtout toi, Peter Parker. »
Emily n'arrive pas à répondre mais au fond d'elle, elle sait qu'elle aurait agi de la même façon pour Naomi.
« C'est parti. » Avertit Tony.
Une vapeur blanche envahit l'habitacle. Naomi se retrouve de nouveau en suspension. De légers éclairs bleus viennent caresser sa peau.
Les minutes s'égrènent. Emily se ronge les ongles. Rogue triture sa baguette dans sa poche. Peter a posé sa main sur l'épaule de Tony qui assit, surveille ses écrans et parfois rectifie une donnée. Sandman dans un coin, espère de tout son cœur le retour de Naomi sinon sa fille ne le lui pardonnerait pas et il ne se le pardonnera jamais.
« Combien de temps encore ? » Emily croyait ne l'avoir que penser mais c'est sa voix qui résonne dans le silence.
« Je mourrais pour toi ! » La cabane de Freddie et la bouche d'Ems qui se rapproche de la mienne. Mon cœur qui explose. Nos larmes qui se mêlent. « Je t'aime aussi », « je sais ». Sa main dans la mienne à la sortie du bal. « Je suis une croqueuse de bites, je ne suis pas une bouffeuse de chattes ! » « Tu es gay ! » « Je sais que tu te sens seule mais je suis là. » « Tu as toujours peur ! » « Emily, Emily ! » Un ruisseau qui coule, un petit feu qui crépite, un carré d'herbe, un plaid, ses mains sur mes seins, sa langue sur mon sexe pour la première fois. La vespa, mes mains autour de ta taille. Je me colle contre ton dos. J'aime ton odeur, j'aime ta peau, j'aime ton sourire quand tu te tournes vers moi. Je t'ai toujours aimé. J'entends ta voix, « Naomie, Naomie. » Mourir n'est rien puisque j'ai connu le paradis. « Naomi, Naomi ! Je suis là ! » Je sais que tu es là, tu as toujours été avec moi. Tu as eu tellement de patience, tu m'aimes tant. « Prends ma main encore une fois. »
« Elle a bougé ! » Emily se jette sur le tube. « Ouvrez-le, ouvrez-le ! »
« Ou es-tu ? Allez, ne fais pas la tête, prends ma main. »
Le couvercle glisse. Le bras se détend et s'allonge à l'extérieur, la paume de la main ouverte.
« Oui, serre mes doigts. Ta main est chaude, c'est agréable. Embrasse-moi, j'ai envie de sentir tes lèvres, j'ai envie de leur gout. Je ne te l'ai jamais dit mais tu as un gout un peu acidulé au début puis plus le baiser se prolonge et plus il devient sucré. C'est doux, soyeux. C'est pour ça que j'aime prendre le temps de nos baisers. Oui, comme cela, exactement comme cela. »
Naomi ouvre ses yeux bleus. Les yeux noirs d'Emily sont mouillés. « Je t'aime. »
Emily agrippe Naomi. Elle ne lâchera plus jamais qu'elle que soit la bombe qui explose.
« Comment tu te sens ? » Naomi décèle de l'angoisse dans la question d'Ems. « Bien, bien. » Elle essaie de lever mais la pièce tourne un peu et surtout elle ne comprend pas pourquoi elle est nue sous une grande cape noire assez bizarre. Et qui sont tous ces gens ? Ce type en rouge et bleu, l'araignée sur sa poitrine. Elle pousse un cri. Tout lui revient, la fuite, l'explosion, sa paralysie, le monstre au bec d'oiseau qui voulait sa vie et par-dessus tout cette question lancinante, « où est Emily ? ».
« J'ai cru que tu étais morte. »
Elles restent enlacées sous les regards rassurés de quatre hommes.
« Finalement tout s'est déroulé parfaitement. » Tony semble satisfait. Il fait un clin d'œil à Rogue. « Vous ne trouvez pas, professeur ? »
Ce dernier marque un temps de réflexion puis très sérieusement. « Je crois que nous pouvons être heureux du dénouement. »
« Votre aide a été décisive. Vos pouvoirs sont impressionnants. Cela ne vous tenterait pas d'intégrer une équipe de super-héros ? »
« Je suis flatté mais les moldus sont trop compliqués pour moi. Et puis je crois que le monde des sorciers va avoir besoin de toutes ses forces. Des temps sombres nous attendent. »
« Le sorcier dont vous nous avez parlé ? »
« Oui, il est revenu. Un jeune garçon l'affirme et même s'il est prétentieux et totalement immature, je le crois. Un autre jeune sorcier a perdu la vie et ce que j'ai vu ici me conforte dans l'idée que ce sorcier essaie de retrouver la totalité de ses pouvoirs et cela passe par un corps qu'il avait perdu. D'ailleurs, il faut que j'aille en rendre compte immédiatement au Directeur de mon école. »
« Je ne suis pas sûr de tout comprendre mais sachez que si vous avez besoin d'aide, le Shield sera à vos côté. »
« Je vous remercie. Votre technologie est également très impressionnante et votre courage aussi. » Il tend la main à Tony, puis se tourne vers Peter. « Jeune homme, vous avez beaucoup de témérité. »
« Vous êtes bluffant, professeur. Vraiment, vos tours de passe-passe sont géniaux. » Peter accompagne ses mots de bruits et gestes suggestifs où il mime les sorts lancés dont le saucissonnage du Vautour qui le fait rire. Il présente sa main ouverte « tapez moi en cinq. »
Rogue se racle la gorge et consent à toucher la main de Peter.
Il fait un signe à Sandman. Mais au moment où il va disparaître, une voix l'interpelle. « Professeur ! » Emily court vers lui et le prend dans ses bras. « Vous n'allez pas partir comme cela. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi et Naomi. » Elle le serre si fort que Rogue en est troublé.
« Ce n'est rien. C'est naturel. »
« Et votre cape. Je comprends qu'elle vous appartient. » Naomi est debout, pieds nus.
Rogue rougit. « Je pense qu'il vaut mieux que vous la gardiez. Enfin, à la vue de la situation, vous en avez besoin. »
« Merci ! » Les deux filles l'embrassent chacune sur une joue. « Peut-être un jour à Londres. »
Rogue bafouille un « merci, oui peut être », incline la tête et disparaît.
« Cet homme est un mystère. » Tony contemple les filles. « Bien je vois que ça va mieux. »
Leurs sourires est la meilleure des réponses.
« Contactons le Shield, ils se chargeront des deux paquets. » Il fixe Sandman. « Retourne auprès de ta fille Marko. Nous t'aiderons à la soigner. C'est une promesse, et je tiens toujours mes promesses. »
« Je sais. Merci Iron Man. »
Il s'approche de Peter. « On rentre à la maison ? »
Peter le dévisage sans bouger. Tony hésite, il regarde Emily qui lui sourit. Alors il prend Peter dans ses bras et l'embrasse.
« Maintenant on peut rentrer, mon amour. Et je prends Emily avec moi, elle a des photos à faire. »
« Ok. Et toi Naomi, ça te dit de voler avec Iron Man et découvrir New-York vu du ciel ? »
Elle fait de grands yeux. « Heu, oui, attendez. » Elle ajuste au mieux la cape qui la recouvre. » En le faisant, elle passe sa main sur son ventre. La douleur qui la tenaillait depuis déjà plusieurs semaines a disparu. Cela ne devait être rien pense-t-elle.
Naomily échangent un léger baiser et se laissent emporter dans les airs.
A suivre ...
Dans le prochain épisode :
Quelles sont ces absences étranges de Naomi ? Que fait-elle, posée en pleine nuit sur Big Ben ? Qui est la jeune fille aux cheveux constamment emmêlés qui la retrouve ?
Quel est ce dojo où tous les jours Emily va s'entraîner avec un homme aux griffes d'acier ? Qui est Colleen Wing, la propriétaire ? Pourquoi ce billet d'avion pour l'Himalaya en compagnie d'un jeune milliardaire ?
Pourquoi Severus Rogue a-t-il un ordinateur dans son bureau ? Quelle est cette mystérieuse jeune femme bleu qui le rejoint dans la tour d'astronomie et cet homme avec un énorme marteau ?
Quel est le but des soirées entre le professeur Albus Dumbledore, le Directeur Nick Fury et le professeur Charles Xavier ? Est-ce vraiment la passion du scrabble qui les réunit ?
Que fait Spiderman avec ce jeune garçon à l'étrange cicatrice sur son front, dans les sous-sols de la banque Gringotts ?
Pourquoi Tony Stark prend-t-il un train à la gare de King's Croos sur une voie qui ne devrait pas exister ? Pourquoi est-il accompagné d'un homme au costume rapiécé et à l'allure maladive dont le regard est pourtant carnassier ? Et qui est ce garçon à la démarche décontractée, au tee-shirt pas très net, avec une drôle de cigarette à la bouche, qui les suit ?
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