Désolée tout le monde pour l'absence de réponses dans les précédents chapitres la semaine dernière a été assez chaotique. Je suis revenue sur Paris, mais je devais aller à Mcdo pour avoir Internet car jusqu'à dimanche je squattais chez ma tante – qui n'a pas Internet. Et Mcdo n'aime pas ce site, je ne sais pas pourquoi. Du coup on peut pas y aller.
En outre, pour ceux qui ne sont pas au courant, j'ai appris il y a une semaine la mort de mon arrière-grand-mère (celle dont j'avais parlé plusieurs fois déjà). Vous vous doutez que du coup ça a un peu douché mon enthousiasme à traduire les derniers chapitres...
Et enfin, je viens d'emménager CHEZ MOI. MON appart, de 15m² certes mais mon appart quand même ! Ça aussi ça a ralenti la traduction, déménager ça prend du temps !
Quoi qu'il en soit, réponses :
DAM : Welcome back ! Je te croyais perdue pour de bon moi... lol
Pour Liam on dirait que j'ai un peu trop répété que l'auteur est une sadique ! Je ne peux pas te donner de détails, mais je peux te promettre un happy end pour lui... un jour... pas tout de suite... pas dans cette fic... lol
Colinou : Oui Fyren a toute ma compassion dans cet épisode !
Titesouris : Fyren & Arthur sans faire l'imbécile, ça va venir, t'inquiète !
Précédemment dans Celui que l'Histoire Oubliera :
Arthur arrive à Ulwin pour signer le traité de paix avec Cenred. Fyren lui est assigné, ce qui ne plaît pas du tout au serviteur qui se souvient de ce que sa vie aurait dû être si Cenred n'avait pas tué toute sa famille.
Chapitre correspondant dans Destinée : Une question d'Etat (chapitre 35)
Ulwin
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Chapitre 56: Une question d'Etat ~Partie 2~
Collecter le petit déjeuner d'Hargren, le livrer, aller assembler les rapports, passer la matinée entière sur lesdits rapports, avant d'être forcé de se précipiter pour aller préparer le repas de midi du seigneur.
Liam soupira, bien trop conscient, maintenant, de la raison pour laquelle Hargren avait assigné Fyren à Arthur. Avec la négociation de trêve dans sa phase finale, il avait renvoyé toutes les tâches administratives sur son autre serviteur, pour pouvoir montrer les alentours à Arthur. C'était aussi bien que Clara ait offert de reprendre les plateaux vides et de nettoyer les appartements du seigneur, parce qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il ait eu le temps de le faire.
Il se traîna vers les cuisines, se retrouvant à rattraper un Fyren plutôt non-enthousiaste.
« Bonjour. »
Le rouquin regarda en arrière, claquant son pas à celui de son compagnon lorsque Liam arriva à côté de lui.
« Bonjour, du moins celui-ci est misérable. Je regrette sérieusement d'avoir prétendu être un idiot devant Arthur, parce que la manière dont il me traite maintenant, me rend fou. Je n'ai honnêtement aucune idée de comment fait son serviteur à Camelot. »
Liam renifla.
« Eh bien, au moins tu n'es pas lui. Tu dois seulement le supporter pour deux jours de plus. »
« Et remercier les dieux pour cela. »
Ils marchèrent en silence pendant une minute ou deux, proches des cuisines avant que Liam parle à nouveau.
« Donc à quoi ressemble-t-il, à part te traiter comme le simplet que tu prétends être ? »
Fyren renifla.
« Arrogant, condescendant, opiniâtre. Tu aurais dû l'entendre marmonner pour lui-même lorsqu'il a défait ses bagages la nuit dernière, se plaignant parce que son serviteur n'avait pas bien plié ses vêtements et qu'ils étaient froissés. Se rend-t-il même compte que mettre des vêtements dans une sacoche de selle garantit qu'ils seront froissés, peu importe comment on les plie ? Quoiqu'il en soit, j'ai joué 'l'utile' et les ai pris pour les amener à la buanderie, en faite il s'est tu pendant un moment après ça. »
Liam ralentit un peu. Arthur semblait aussi mauvais que les ragots du manoir le dépeignaient. Il fallait espérer qu'il changerait un peu avant de devenir roi.
A côté de lui, Fyren pouvait lire l'expression de Liam. Le plus jeune comprenait le privilège d'être le serviteur d'Arthur, mais en ce moment il ne le souhaitait guère. Pas sans être désespéré par une sorte de renvoi. Mais considérant qu'il vivait et travaillait ici à Ulwin, et pas à Camelot, ce n'était pas comme si cela allait devenir un problème dont il devait s'inquiéter.
Travailler à Ulwin était le paradis comparé à certaines choses que les serviteurs à Camelot enduraient.
Ils arrivèrent aux cuisines, tous deux rassemblant rapidement des plateaux et de la nourriture et partant dans des directions similaires mais opposées. Ça allait être un long jour s'il devait suivre Arthur partout tout le temps.
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Les papiers bruissèrent comme Liam regardait à travers sa pile bien plus grande que la normale, Hargren jetant un regard de sympathie au jeune homme, même s'il préparait le rapport qui serait renvoyé à Camelot avec Arthur. L'ensemble du processus était long et nécessaire, s'il ne souhaitait pas élever les soupçons d'Uther.
Tous deux continuèrent à écrire, Liam utilisant sa réplique du Sceau d'Ulwin sur plusieurs réponses qu'il écrivait à la place de son seigneur. En faite, Hargren commençait tout juste à se demander si Fyren avait reçu le message d'amener Arthur ici puis d'aller avertir Yale de l'inspection, lorsqu'un léger coup sur la porte de l'étude annonçant son ouverture et le prince s'arrêtant au seuil pour attendre la permission d'entrer.
Hargren hocha la tête pour lui, souriant doucement pour le mettre à l'aise.
« Bonjour, Prince Arthur, j'espère que vous avez bien dormi ? »
Arthur entra et s'approcha du bureau, mais il vit que pendant un moment le prince s'arrêta, surpris, lorsqu'il repéra Liam, avant de répondre ensuite.
« Oui, j'ai bien dormi. La chambre que vous m'avez fournie était plus qu'adéquate. »
Il se leva, contournant le bureau et faisant signe à Arthur de le suivre hors de la porte. Il le vit regarder à nouveau Liam, décidant intérieurement que oui, Arthur était surpris de voir un serviteur connu occuper un rôle d'une telle influence.
Il l'emmena dans le couloir à l'extérieur, parlant doucement au prince à côté de lui. Il était temps de voir quelles réactions il pouvait obtenir du Roi Présent et à Venir, comparé à celles qu'il savait qu'il aurait eues quelques mois auparavant avant l'arrivée de Merlin à Camelot.
« Fyren s'occupe principalement de mes appartements et de mes repas, mais Liam a été entraîné pour être mon assistant. Il me sert depuis sept ans, depuis qu'il a douze ans et je le laisse s'occuper des affaires domestiques internes au manoir. Pour toutes les autres questions, et celles des domestiques qui ont besoin de davantage d'autorité pour y répondre, je m'en occupe moi-même. Cela veut dire que je ne suis pas inutilement ralenti par des choses dont je sais que je peux lui faire confiance pour les régler. C'est pourquoi je vous ai prêté Fyren et non lui. J'aurais été surchargé de travail supplémentaire en raison de toutes les tâches impliquées dans les négociations pour l'accord avec Cenred. »
Il y eut de la surprise honnête dans l'expression d'Arthur, sa réaction assez proche de ce qui aurait été attendu précédemment.
« Vous permettez à un serviteur d'avoir une telle autorité ? »
Hargren sentit une pointe d'amusement et décida de voir si donner une raison valable faisait une différence.
« Et je vous demanderai, à quel point feriez-vous confiance à un homme que vous avez personnellement préparé pour ce rôle, plutôt qu'à un noble dont je ne connaîtrais pas la moindre information ?»
Il regarda Arthur.
« Lorsque quelqu'un a les compétences, il devrait être respecté pour elles, qu'il soit noble ou pas. Pourquoi d'autre pensez-vous que j'ai été capable de faire prospérer Ulwin aussi bien, alors qu'elle est harcelée par les forces de Cenred sur une base régulière depuis douze ans ? Le peuple de ma ville sait que je vais respecter son travail acharné et sa loyauté et y répond en conséquence avec confiance. »
L'expression d'Arthur devint pensive alors qu'il commençait à opiner. Le raisonnement avait au moins fait sens pour lui, donc c'était un petit changement. Quelques mois plus tôt et il aurait obstinément prétendu le contraire. Bien qu'il semble par ses mots suivants qu'il y ait toujours quelques doutes.
« Bien que je me demande ce que les nobles qui vivent ici pensent. Quelles sont leurs opinions concernant le fait d'avoir un serviteur qui décide de choses qui les affectent dans leur succession ? »
Ah, l'inquiétude de ne pas offenser ses compagnons nobles. C'était quelque chose qu'il devrait écarter s'il voulait être un grand roi. Mais quand même, peut-être qu'une pointe d'ironie changerait un peu sa réaction.
« Ils n'en ont aucune … parce qu'ils l'ignorent. »
Arthur bafouilla puis toussa en réaction à cela, Hargren commençant à sourire. Oui, il avait obtenu une réaction.
« La diplomatie du laisser-aller est un outil puissant pour obtenir que les personnes adéquates obtiennent les emplois appropriés, où ils feront bénéficier à Ulwin le meilleur sans offenser quiconque. Je ne vois aucune valeur à flatter l'orgueil des nobles qui résident à Ulwin, qui suce le dur labeur de l'homme du peuple qui les sert. Je donne le respect où il est mérité, Prince Arthur, et cela s'applique aux nobles comme aux roturiers. Je n'accepterai aucune tricherie d'aucune sorte que ce soit et tout le monde à Ulwin le sait. »
Arthur resta silencieux pendant presque une minute entière, marchant en silence, pensant clairement à ces mots. Puis il en ressortit quelque chose de vraiment impressionnant.
« Cela ressemble un peu aux mœurs du roi Herwen. La loyauté gagne le respect, la trahison gagne la honte et l'expiation gagne le pardon. »
Des sourcils grisonnants se soulevèrent de surprise, Hargren se battant pour ne pas le regarder avec étonnement. D'où cela venait-il ? Uther avait veillé à ce que la devise soit maintenue à l'écart de l'éducation d'Arthur, après avoir dit que 'dans la main d'un jeune, ces paroles étaient trop ouvertes aux manipulations. Honorable, cela pouvait l'être ou pas'. Il n'y avait aucune chance qu'il l'ait mentionné et certainement pas dans ce contexte.
« C'est en effet la morale que je suis. Je suis surpris que vous l'ayez entendu. Votre père ne l'a jamais vraiment accepté ou du moins jamais accepté que cela puisse s'appliquer tant aux roturiers qu'aux nobles. Je crois que je ne l'ai jamais entendu la mentionner, malgré le respect qu'il avait pour Herwen. Où l'avez-vous entendu ? »
Arthur hésita brièvement, avant de répondre avec un léger froncement de sourcils.
« Mon … mon valet me l'a cité peu de temps après qu'il soit entré à mon service. Il vient du village d'Ealdor, sur les terres de Cenred. Sa mère a servi dans la maisonnée d'Herwen quelques années avant le coup d'état. »
Hargren opina. Ah, donc c'était ici. Si Merlin connaissait et croyait en ces paroles, alors c'était un moyen d'expliquer pourquoi il n'avait pas laissé tomber son travail de dégoût et n'était pas parti. Ça expliquait aussi certaines choses qu'il avait entendu de la rencontre de Nellan avec Merlin.
« C'est une bonne morale à avoir. Cela veut dire que vous pouvez lui faire confiance pour vous être complètement loyal, aussi longtemps que vous lui donnerez une loyauté raisonnable en retour. Cela doit s'appliquer dans les deux sens sinon cela n'est plus pertinent.
- Quelque chose qu'il persiste à faire, en poussant sa chance et en me pointant de manière répétitive de son ennuyeuse façon de faire. »
Il y avait un certain agacement dans la voix d'Arthur, Hargren souriant pour lui-même avant de décider de changer de sujet. Ils étaient proches de la chambre où Rhia les attendait pour récupérer l'accord de trêve. Maintenant ceci serait le vrai test… Comment Arthur allait-il réagir en la voyant ?
« À présent, revenons à de plus importantes questions… Je voudrais que vous ne mentionniez pas ceci à votre père, mais Cenred a été plutôt insistant à propos de qui il ferait confiance ou pas pour délivrer l'accord signé. Cela devait être quelqu'un qu'il savait être impartial et qu'Uther ne pourrait pas envoyer entouré de gardes armés. »
Arthur le regarda, fronçant les sourcils lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la porte de la chambre où Rhia était.
« Que voulez-vous dire par cela ? »
Aucun semblant de réponse à cela, il frappa simplement à la porte et attendit qu'elle vienne l'ouvrir. Lorsqu'elle le fit, elle ne regarda pas ostensiblement Arthur, au lieu de cela elle hocha la tête pour lui.
« Vous avez l'objet que je dois délivrer ? »
Il tourna la tête pour montrer Arthur, dont le froncement de sourcils s'approfondi lorsqu'il parla.
« C'est une druide. »
Rhia le regarda calmement, ses yeux gris dépourvus de nervosité alors qu'elle le regardait froidement. Il savait par expérience que c'était un sang-froid qui signifiait qu'elle était sur le point de remettre Arthur à sa place… De façon diplomatique, bien sûr.
« Contrairement à certains clans, mon peuple a une règle qui interdit de tuer les autres. Le roi Cenred sait que nous ne prendrons aucun parti dans ceci et qu'Uther ne chercherait jamais à envoyer une escorte avec l'un d'entre nous … il préférerait me tuer. » Elle tendit une main vers lui. « Le document, s'il vous plaît. Je préfère ne pas m'attarder là où je ne suis pas la bienvenue, mais je tiendrai l'accord de mon clan d'agir en tant qu'intermédiaire dans cet échange. Cenred est raisonnable envers mon peuple, et nous laisse être … ce qui est plus que je ne puisse en dire pour Camelot. »
Hargren hocha la tête pour Arthur lorsque le prince le regarda, le regardant sortir un rouleau scellé de l'intérieur de sa veste. Rhia l'accepta, le glissant à l'intérieur de sa robe, puis laissa Timothée qui était avec elle dans la chambre.
Arthur attendit jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue, avant de parler au seigneur à côté de lui, incrédule.
« Vous avec laissé une druide ici ? Mon père serait furieux s'il l'apprenait. Même s'ils sontpacifiques. »
Hmm, donc c'était sa réaction initiale ? Hargren le regarda, même s'il croisa les bras sur son torse. En dépit de la mention d'Uther, il savait que le prince ne lui parlerait jamais de Rhia de peur de déclencher l'inévitable explosion de colère et de rage.
« C'est pourquoi je l'ai omis dans mon rapport à son intention. Auriez-vous préféré que je refuse le courrier requis et laisse Camelot rester en guerre ? Les druides ne prennent pas parti. »
« Mais ils préconisent l'usage de la magie. »
Maintenant Arthur commençait à ressembler à un enfant têtu et il répondrait comme tel. Hargren fronça les sourcils, le ton ferme.
« Son clan a accepté de faire ceci uniquement parce que cela apporterait la fin des combats le long de la frontière. Les druides sont aussi des partisans de la paix et aideront à la promouvoir où ils peuvent indépendamment des opinions que le peuple impliqué ont d'eux. À présent je crois qu'il temps que nous nous occupions de l'autre question pour laquelle vous êtes ici. Fyren devrait avoir informé l'instructeur en chef Yale de nous attendre. »
Il s'éloigna, forçant Arthur à le suivre, et remarqua le silence soudain venant du prince. Un regard occasionnel en arrière révéla une expression vraiment pensive sur le visage d'Arthur, mais pensive dans une bonne voie. Il n'y avait aucune trace de refus en elle, au lieu de ça, il semblait qu'il réalisait que quelque chose à propos de tout ça avait un sens.
Intéressant, c'était nouveau. Quelques mois auparavant, il aurait toujours essayé d'argumenter, mais maintenant il restait calme et pensait à cela. Que n'aurait-il donné pour savoir ce que le prince pensait en ce moment.
Il ouvrit la voie jusqu'à l'aire d'entraînement des chevaux, un grand espace à l'intérieur des murs du manoir où les pâturages clôturés abritaient leur troupeau d'élevage et les animaux qui étaient entraînés. La rencontre avec Yale se passa plutôt bien, avec seulement une petite pique de rappel de la morale d'Herwen pour corriger un moment indignant du prince. Mais il sembla qu'Arthur laissa bientôt aller cette diapositive, au lieu de ça devenant totalement impliqué dans une discussion à propos de chacun des quinze chevaux qu'on lui montrait, qui étaient destinés aux chevaliers de Camelot.
Hargren le laissa à cela, marchant sur une courte distance pour apprécier un moment de calme. Oui, il pouvait déjà voir qu'Arthur avait commencé à changer, mais il avait toujours un long chemin à parcourir avant d'être le genre de roi dont la prophétie parlait. C'était comme comparer un irascible ayant le potentiel d'être raisonné, à un sage bon et bienveillant qui acceptait la vérité qui était devant lui.
Il s'attardait encore sur ces pensées lorsqu'un homme familier l'approcha. Nellan avait depuis longtemps cessé de boiter, même si Forwin avait insisté, avec la bénédiction d'Ellyn, pour que le druide reste à Ulwin jusqu'à ce que ses blessures soient totalement guéries. Une question de lui à propos de pourquoi il ne les avait pas totalement guéries avec ses pouvoirs, avait résulté en une leçon venant de son médecin à propos des folies d'abuser de ce type de magie. Si une personne décidait de guérir toutes ses blessures avec la magie, son corps oublierait éventuellement comment se soigner de lui-même. Potentiellement fatal s'il vous arrive d'être même légèrement blessé sans guérisseur magique proche, car vous pourriez saigner à mort d'une simple coupure profonde parce que votre corps a oublié comment coaguler le sang et arrêter l'hémorragie de lui-même.
Quelque chose qui donnait matière à réflexion.
Le druide s'arrêta à côté de lui, passant inaperçu dans sa chemise et ses bas réguliers, même si les bandages, protégeant encore les blessures presque cicatrisées principalement sur son torse, étaient visibles au niveau du col.
« Je viens d'avoir des nouvelles de mes sentinelles, celui chargé de suivre Merlin à chaque fois qu'il quitte Camelot. Il est ici, à Ulwin. Il a suivi le prince Arthur, mais garde ses distances, donc je pense qu'en fait on lui a dit de rester en arrière. Il est à l'auberge maintenant, semblant un peu désolé pour lui-même. » Il rit. « Il est apparemment tombé tête la première sur un arbre ce matin, et a une ecchymose. J'aurais bien été lui parler moi-même, mais il connaît mon visage et il ne serait pas sage de risquer qu'il me relie à vous. De même, Rhia est en chemin avec deux autres de mon clan. Ils atteindront les hommes de Cenred et délivreront l'accord de trêve à la nuit tombée. »
Hargren cligna des yeux de surprise, avant de faire des signes à l'endroit où Fyren se relâchait à proximité après avoir délivré le message à Yale, faisant venir le jeune homme.
Aussitôt qu'il s'arrêta près d'eux, il lui parla dans un murmure calme.
« Le protecteur d'Arthur l'a suivi à Ulwin. Va à l'auberge et parle-lui. S'il te demande comment tu sais qu'il est ici, dis-lui que quelqu'un en ville, venant de Camelot, l'a reconnu. Rassure-le en lui disant qu'Arthur est en sécurité ici, et que même si sa loyauté et son inquiétude pour son maître est admirable, il serait mieux que le prince n'ait pas conscience qu'il ait été suivi. »
Fyren opina, commençant à sourire… Donc il semblait que sa journée ne serait pas ennuyante après tout.
« Oui, Monseigneur. Et suis-je autorisé à être 'moi-même', où voulez-vous que je fasse comme d'habitude ? »
Nellan parla, après avoir regardé Hargren.
« Je pense que tu peux laisser tomber cette couverture avec lui maintenant, ça ne fera certainement rien de mal puisqu'il utilise une manière similaire lui-même. Je peux témoigner, lui ayant parlé auparavant, qu'il réagira mieux au message ainsi. »
Lorsque Fyren regarda Hargren pour obtenir la permission, le seigneur opina et l'envoya au travail. C'est alors que Nellan s'approcha, baissant la voix.
« Hargren, j'ai aussi d'autres nouvelles. Le sorcier qui utilisait la magie pour voler aux gens dans la ville, il a été pris. Ses crimes sont connus, 'lui pardonner' ne sera pas possible. »
Hargren le regarda avec un froncement de sourcils et un soupir résigné.
« Je m'en occuperai plus tard. »
Nellan secoua la tête.
« Impossible, il a causé pas mal de désordres lorsqu'ils l'ont arrêté, mettant presque le feu à plusieurs maisons. Tarven a déjà levé le fanion d'exécution. Arthur doit venir en témoin. Si vous le lui cachez, vous ne prouverez jamais qu''Ulwin est soucieux de faire respecter la loi de son père. »
Hargren pencha la tête de regret pendant un moment.
« Et donc je dois en laisser un autre marcher dans les bras de la mort sur mes ordres. Combien d'autres devrai-je voir mourir avant que tout cela soit fini. »
Le druide renifla doucement.
« Vous pourriez aussi bien vous demander quelle distance fait un morceau de fil, Hargren. Il n'y a aucun moyen de dire si les évènements qui conduiront Arthur au trône et changeront les choses sont proches ou lointains. Je m'assurerai que l'homme exécuté aujourd'hui le soit paisiblement. Il n'aura même pas conscience d'être conduit au bourreau. Cela, je vous le promets. »
Hargren soupira, opinant dans l'acceptation. Venant d'un clan spécialisé dans les visions magiques, Nellan était plus que capable de convaincre ce sorcier infortuné qu'il était loin d'ici, dans un lieu paisible. Ses derniers instants seraient un rêve heureux.
Il éloigna Nellan avec un geste de la main, le druide se dépêchant d'aller préparer le prisonnier pendant qu'il retournait vers Arthur et brisait la conversation qu'il avait avec Yale.
« Je suis désolé de vous interrompre, mais je crains que quelque chose ne soit arrivé. Il y a un sorcier qui a forcé l'enceinte d'Ulwin la semaine dernière, usant de magie pour pénétrer les entrepôts et y voler des choses. Je viens juste d'être informé qu'il avait été attrapé et que le bourreau est prêt … En tant que fils du roi de Camelot, cela serait approprié que vous y assistiez en son nom. »
L'expression de contentement d'Arthur se changea en un léger froncement de sourcil, toute son attitude devenant tendue avant qu'il opine et suive Hargren hors de l'aire d'entraînement. Il semblait mal à l'aise et à ce moment Hargren le regretta amèrement. Uther avait fait regarder beaucoup d'exécutions à son fils dans le passé, mais ça ne rendait pas plus facile le fait d'assister à celle-ci. Il détestait être impuissant comme cela, mais en face de tant de témoins et des dommages causés, cet homme ne pouvait pas être épargné.
Et il n'était pas le seul qui détestait les exécutions, Nellan les haïssait beaucoup plus. C'était un gaspillage inutile de la vie, et il cherchait par tous les moyens à rendre cette fin paisible. Il ne reprochait pas cela au druide, pas quand elle assouplissait également sa charge de regrets.
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Être 'l'imbécile d'Hargren' avait définitivement ses avantages, ça signifiait qu'il pouvait se promener en plein milieu de la ville comme un idiot, sans que personne ne lui donne un second regard aussi longtemps qu'il avait son sourire stupide sur le visage.
Fyren traçait une ligne directe jusqu'à l'auberge, qui par change était assez proche des portes du manoir. Qui aurait pu croire que Merlin suivrait Arthur, alors qu'il était évident qu'on lui avait ordonné de rester en arrière. Il fallait bien le dire, le magicien avait choisi de protéger le prince et il prenait définitivement l'idée au sérieux.
...Mais il avait aussi réalisé que, dans ce cas, ce n'était pas nécessaire.
Fyren regarda à travers la porte arrière de la chambre principale de l'auberge, repérant rapidement Merlin où il était assis, semblant ennuyé et déprimé. C'était ce genre de froncement de sourcil qui voulait dire 'pourquoi diable suis-je venu ici ?'.
Supprimant un rire et prenant sa plus 'muette-joyeuse' expression, Fyren alla vers sa table, s'arrêta devant lui et lui tira la manche.
Le magicien cligna des yeux lorsqu'il leva le regard, le reconnaissant clairement de sa visite à Camelot, quelques mois auparavant.
« Hum, puis-je vous aider ? »
Fyren pencha la tête, clignant des yeux d'une manière infantile tout en riant intérieurement, avant d'attraper le bras de Merlin et de le tirer hors de la salle commune et dans la cour arrière comme un chien tirant son maître réticent à un rythme insouciant qui avait le dernier mot. Personne ne lui donna un second regard pour la stupidité de cela, après tout c'était ce qu'il était supposé être, stupide. Mais il pouvait voir poindre sur le visage de Merlin que quelque chose n'allait pas quand il le poussa contre un mur dans un coin isolé dans la cour, laissant l'idiotie s'échapper de son sourire.
Fyren laissa son sourire devenir vrai, une lueur malicieuse dans les yeux.
« Re-bonjour, Merlin. Comme tu t'en souviens, je suis Fyren. Je suis un des valets du seigneur Hargren. Je t'ai été envoyé pour te faire savoir que, même si ta loyauté est louable, tu n'avais pas vraiment besoin de suivre le Prince Arthur ici. »
Les pensées de Merlin étaient écrites sur tout son visage. Il avait demandé à quelqu'un qui n'était pas un imbécile de l'aider à voler une statue ?
« Tu te souviens de moi ? »
Fyren commença à rire. Ouais, c'était ce qu'il pensait.
« Hé, je ne joue les muets que lorsque cela me convient … qu'as-tu fait de cette statue de chien que je t'ai aidé à 'emprunter' ? »
Merlin commença à bafouiller, devenant blanc comme un linge avant de secouer frénétiquement les mains pour se défendre.
« Je ne l'ai pas volée, je le jure! Je l'ai remis en place … et c'est … compliqué. »
Compliqué ? Fyren supposa que c'était une manière de le décrire… La magie tendait à compliquer les choses alors qu'elle pouvait vous valoir un aller simple pour le bourreau. Son sourire s'élargit, comme il continuait à être amusé.
« Si c'est comme ça que tu le veux. Nous avons beaucoup de gens au Manoir qui ont été à Camelot récemment. Un certain nombre t'ont reconnu quand tu es entré en ville ce matin. »
Un ton d'effroi.
« Est-ce qu'Arthur sait que je suis là ? »
Il secoua la tête, donnant au pauvre Merlin paniqué au moins un peu de répit.
« Non, il ne sait pas et cela restera comme ça. »
Il fronça légèrement les sourcils en se penchant pour examiner de plus près l'éraflure et l'hématome sur la tête de Merlin. Il semblait que ça ait besoin d'être nettoyé, et il prit immédiatement son parti.
« Cela ne faisait pas partie de mes instructions, mais je pense que cela devrait être examiné. Le prince s'interrogera sur la manière dont tu t'es fait cela, sans risquer de l'infecter. Viens avec moi. »
Il attrapa à nouveau Merlin par le bras et le remorqua hors de la cour de l'auberge, collant un sourire de crétin sur son visage alors qu'il le traînait dans la rue en direction du manoir. Il allait l'emmener directement à Forwin, pour le soigner, puis le ferait sortir d'ici avant qu'Arthur le découvre.
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