Abeille : Savoir si t'as raison ? Alors qu'il reste quatre épisodes (celui-ci compris) avant la fin ? T'as de l'espoir !
Titesouris : Moi aussi j'avais commencé par imaginer Nellan vieux (genre le druide en chef à la fin de la saison 3) mais vu qu'il est fiancé j'imagine qu'il est pas si vieux que ça. La question a été posée à Alaia – son âge, et quel acteur elle verrait dans son rôle.
D'ailleurs, sondage : si vous deviez choisir des acteurs pour le casting de CHO, vous prendriez qui pour quel rôle ?
Précédemment dans Celui que l'Histoire Oubliera :
Tandis que Merlin et Fyren discutent des mérites de faire semblant d'être stupide, Hargren et Arthur assistent à l'exécution du sorcier. Par la suite, le Seigneur déclare à Nellan que Merlin et le Prince n'ont plus besoin d'être protégés le druide lui propose alors un nouveau projet, qui nécessitera les compétences de Fyren en tant que Chevalier d'Escetia...
Episode correspondant dans Destinée : Le Labyrinthe de Gedref. Une fois de plus, les deux épisodes se déroulent exactement en même temps... Malheureusement il vous faudra attendre pour lire le POV d'Arthur et Merlin là-dessus. On a fait un sacré bond dans le temps après tout, on est passé de l'épisode 5 (enfin, juste après) à l'épisode 11...
Vous remarquerez que désormais tout le monde vouvoie Fyren, ceci pour une raison simple, il a pris son rôle de noble et de chevalier et abandonné sa couverture de serviteur.
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Chapitre 58: Famine ~Partie 1~
Les épées s'entrechoquaient, le martèlement des sabots résonnant dans l'air, par-dessus les clameurs des cris. Des hommes en armure tournaient autour et chargeaient dans et en-dehors de la mêlée, de la poussière, s'élevant dans le vent, depuis la terre battue dans la zone fermée. De nombreux entraîneurs se tenaient le long des barrières, encourageant les combattants, jusqu'à ce qu'enfin, il ne reste qu'un homme sur son cheval.
Il fit sortir sa monture, au petit galop, de la pagaille formée par les autres chevaux, ses hommes se relevant de l'endroit où ils avaient vidé les étriers, pour atterrir en piles emmêlées sur le sol du terrain d'entraînement. Quelques-uns grommelèrent, mais la plupart souriaient, avec ironie, lorsqu'ils enlevèrent leurs heaumes et reprirent leurs chevaux en main.
Peu voir aucun d'entre eux, n'avaient jamais été près de surpasser leur commandant en combat à cheval, et encore moins, en combat à pied. Qu'il ait gagné cette mêlée d'entraînement n'était pas une surprise.
Sur le côté, lançant son épée d'entraînement émoussée à l'homme chargé de la reproduction des chevaux d'Ulwin, l'homme en question gloussait. Il continua, descendant du hongre qu'il chevauchait et atterrissant légèrement au sol. Il passa ensuite les rênes à l'un des entraîneurs, lui adressant un signe de tête avant de s'adresser au premier.
« Vous avez fait un excellent travail avec ce dernier lot. Les Chevaliers de Camelot seront plus que satisfaits. Des hurlements, des cris, des épées qui s'entrechoquent. Ils ont à peine remué une oreille devant tout ça. »
Yale sourit au compliment, observant l'homme lever la main pour enlever son heaume.
« Oui, j'en suis certain. Cela dit si vous voyez un cheval en particulier, que vous désirez pour votre escadron, souvenez-vous que vous n'avez qu'à demander. Les Chevaliers d'Aering ont précédence sur ceux de Camelot. »
Le heaume fut enlevé, exposant une masse de cheveux roux, trempés de sueur, au soleil. Leur propriétaire secoua la tête, pour ôter une mèche rebelle de devant ses yeux, avant que les deux sphères grises ne regardent l'Entraîneur en Chef, avec une lueur d'amusement.
« Eh bien je dois dire que, aussi doué que soit ce lot de chevaux, ils n'arrivent pourtant pas au sabot de mon Arlic. Placez ceux-là devant une meute de démons et ils essaieront de faire demi-tour. Mais Arlic, il resterait là, comme si c'était une journée d'été. »
Attendant que le chevalier soit passé sous la barrière du terrain, Yale secoua la tête.
« Vous devenez présomptueux, Fyren, ces derniers mois. Ne laissez pas vos succès vous monter trop à la tête. »
Fyren, l'homme autrefois déguisé en serviteur, agita le doigt vers lui tandis qu'ils se dirigeaient vers son abri, derrière les écuries principales.
« Je ne suis pas présomptueux, je suis sûr de moi. Il y a une différence. »
La voix se fit plus distraite, presque un murmure tandis qu'il se baissait.
« Considérez-vous chanceux, vous en savez plus à présent sur moi que n'importe qui, à l'exception d'Hargen et de son fils. Tous les autres admis dans cette enceinte savent que je ne suis pas un idiot et que je suis un guerrier entraîné, mais vous êtes le seul à savoir que je suis le seul Chevalier d'Escetia, à avoir survécu à la prise de pouvoir de Cenred. Si je n'avais pas été ici pour affaires à l'époque, je serais aussi mort que le reste de mes compagnons. J'ai une dette envers Hargren, et quand je parle avec confiance, c'est parce que je sais que, que sur ce sujet, je ne le laisserai pas tomber. »
Tous deux se turent un moment, marchant côte à côte, en faisant le tour de l'écurie. Ce fut lorsqu'ils passèrent dans son ombre que l'entraîneur reprit la parole.
« Je me demande quand même pourquoi vous n'êtes jamais retourné à Escetia. Pourquoi vous ne vous êtes jamais battu pour reprendre le royaume à l'époque. »
L'expression de Fyren s'assombrit.
« Si vous sous-entendez que je suis un lâche, je vous suggère de reformuler. Il y a une différence entre se cacher parce qu'on a peur et se dissimuler pour attendre le moment opportun. L'armée d'Escetia a été décimée, ses Chevaliers oblitérés. Un homme ne peut reprendre seul un royaume. Je ne pouvais demander l'aide de Camelot. Les forces de Cenred étaient trop puissantes et Uther n'aurait jamais accepté de partir en guerre, quand tout l'ancien gouvernement était mort... Hargren le savait et m'a empêché de courir à ma perte.
- Et en retour pour sa protection, vous avez fait semblant d'être son bouffon, vous rabaissant devant les autres. »
Fyren retourna dans la lumière du soleil, se retournant pour faire face à Yale.
« C'était 'Fyren le serviteur ordinaire' qui était un bouffon, l'idiot qui servait d'yeux à son seigneur. Je suis Fyrendir, Chevalier d'Escetia et Commandant des Chevaliers d'Aering. Champion de ceux condamnés et poursuivis par la folle persécution de la magie d'Uther. J'ai mis ma fierté de côté pour aider Hargren et maintenant je me tiens avec cette fierté restaurée. Mais n'allez pas croire un seul instant que je laisserais mon orgueil m'aveugler. Je serais prêt à jouer de nouveau les bouffons, si cela permettait de protéger ce à quoi j'ai fait serment d'allégeance. Il y a plus de bravoure à mettre son orgueil de côté, qu'à se dresser bouffi comme un paon, en faisant l'important et en agitant une épée. Je suis prêt à attendre que Cenred entraîne sa propre perte, parce que c'est à ce moment-là, que l'opportunité viendra pour l'Escetia d'antan de renaître de ses cendres. »
Yale fronça les sourcils, reprenant sa marche à côté de l'autre homme.
« Mais cela pourrait prendre des années, des dizaines d'années même. »
Il y eut un reniflement et Fyren secoua la tête.
« Les hommes comme Cenred, dans l'arène politique, tombent comme des mouches en des temps comme les nôtres. Camelot se fortifie, avec un prince de valeur qui attend en coulisses. S'il veut la conquérir, il doit le faire avant longtemps et au moment où il choisira le mauvais allié, pour avoir le pouvoir de tenter cela, il scellera son destin. Je dirais, donnez-lui encore cinq ans, tout au plus, avant qu'un tel 'allié' ne le frappe dans le dos. »
Ils arrivèrent à l'abri, le chevalier montrant le chemin vers ce qui était son humble logis. Une unique pièce, avec un petit poêle à bois en fer, dans un coin pour la chaleur. L'endroit ne contenait pas grand-chose, à part des étagères pour les armes et l'armure, un lit étroit et un placard pour les vêtements. Cela montrait vraiment le peu d'importance que plaçait Fyren dans la fierté personnelle. Il préférait être fier de son service pour la bonne cause, que s'inquiéter de possessions et de richesses.
Yale ne put s'empêcher de songer à cela tandis qu'il le regardait nettoyer ses armes, l'observant du coin de l'œil, tandis qu'il déposait une théière pleine d'eau sur le sommet chaud du poêle.
« Une fois que Cenred sera mort, Escetia sombrera dans le chaos. Que peut faire un seul chevalier pour changer cela ? Vous devrez trouver un roi pour prendre la place de Cenred. »
Fyren sourit, l'air à la fois amusé et sûr de lui, tandis qu'il répondait :
« Je connais déjà quelqu'un que le peuple d'Escetia acceptera et suivra et le Seigneur Hargren m'a promis qu'il me fournirait son aide, pour voir cet individu prendre le trône quand le temps viendra. J'ai une dette envers lui pour m'avoir caché, tout comme il en a une envers moi, pour tout ce que j'ai fait pour lui. Nous sommes, tous deux, des hommes qui payons nos dettes. De plus, nous sommes amis et cela est en soi une raison suffisante pour qu'il m'apporte son aide. »
Ce qu'il allait dire ensuite fut interrompu par un chœur de cris à l'extérieur. Tous deux se ruèrent hors de la hutte, contournant l'écurie, pour rejoindre plusieurs entraîneurs qui s'étaient rassemblés près de l'un des puits.
Yale s'empressa d'aller vers eux, sourcils froncés.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? »
L'un des hommes se retourna tenant le seau qui venait d'être tiré du puits. Il le renversa faisant tomber un panache de poussière et de sable.
« Le puits est à sec. Il n'y a pas d'eau dedans.
- Alors allez au puits à l'autre bout du bâtiment, soupira l'entraîneur en chef. Je parlerai au Seigneur Hargren et tâcherai de découvrir ce qui encrasse celui-là. »
Une autre voix s'éleva.
« Mais, Monsieur, l'autre puits est pareil. J'en viens juste. On vient de recevoir un message de la ville, chaque puits d'Ulwin ne fournit que du sable. »
Derrière Yale, Fyren n'attendit pas d'en entendre davantage. Il remit son heaume sur sa tête, afin de dissimuler son visage à ceux qui croyaient que 'l'idiot d'Hargren' avait quitté Ulwin et sortit à grand pas de l'enceinte des chevaux, pour pénétrer dans le manoir lui-même. Il se dirigea droit vers le bureau du seigneur, arrivant juste sur les talons de son remplaçant en tant que second serviteur d'Hargren.
L'homme se retourna pour le regarder, hochant la tête quand le chevalier leva sa visière et qu'il reconnut son visage.
« Laissez-moi deviner, vous venez au sujet des puits. »
Fyren considéra le serviteur, qui était un homme typique d'âge moyen avec quelques mèches de gris parmi ses cheveux couleur souris. Il avait recommandé Tabar, un autre vétéran de la Conspiration, à Hargren pour ce rôle. S'il ne jouait pas l'idiot comme l'avait fait Fyren, il était un homme si silencieux en public, que les autres lui accordaient tout aussi peu d'attention. Il était un homme silencieux mais de bon conseil et il donnait ces conseils quand il le fallait. Cela le rendait parfait pour le travail.
Le chevalier ôta son heaume, ne craignant pas d'être découvert dans cette partie sécurisée du manoir, acquiesçant gravement.
« Les deux puits dans le terrain des chevaux ne donnent que du sable et on me dit que le reste des puits de la ville sont pareils. »
Tabar hocha sombrement la tête.
« Le Seigneur Hargren est allé les inspecter mais ce n'est pas le seul problème. »
Il mena le chevalier vers une fenêtre, désignant les jardins de la cuisine visibles sur les terres du manoir. Des jardins qui semblaient malades même à cette distance.
« Les récoltes se fanent toutes sous nos yeux. Un message a déjà été envoyé à Camelot. Quelque chose a maudit nos terres. »
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« Qu'est-ce qu'on peut faire ? La moisson n'était que dans une semaine. Nous avons tout perdu ! Si l'on ne fait pas quelque chose, nous allons mourir de faim. »
Le conseil d'urgence se tenait, dans la plus petite salle à manger du manoir, l'entrée barrée par un seul garde présent pour tenir cette porte. Hargren savait qu'une paire d'yeux verts observerait derrière la visière d'acier de ce garde, savait que Fyren écouterait, attentivement, chaque mot prononcé par les quatre hommes assis à table. Trois de ces hommes semblaient au bord de la panique, et il ne laisserait pas ses inquiétudes transparaître, de peur que cela ne pousse ces trois-là à perdre confiance en lui.
Hargren regarda le noble qui avait parlé, souhaitant avoir pu appeler son autre conseil pour gérer ce désastre. Ces trois hommes, des représentants sélectionnés par Uther, n'étaient guère plus que des hommes de paille en ce qui le concernait. Il était rare qu'ils soient impliqués dans les affaires quotidiennes d'Ulwin grâce à une intelligente manipulation. Si seulement, il avait été possible d'en faire autant cette fois.
Il soupira très légèrement, parcourant certains des rapports déposés, sur la surface devant lui.
« J'ai déjà installé un convoi régulier entre ici et la rivière, pour amener de l'eau en ville et la rationner pour le peuple. J'ai également utilisé une portion de ma trésorerie pour acheter toute la nourriture disponible dans la ville à tous les greniers. Elle aussi sera rationnée, jusqu'à ce que cette crise soit terminée, pour être sûr que les pauvres ne souffrent pas, s'il venait l'idée aux riches de garder toute la nourriture. Ne vous attendez pas à de splendides repas dans un futur proche, le rationnement s'appliquera à tous. »
Trois paires d'yeux écarquillés le fixèrent, trois expressions choquées, avant que trois hommes n'enregistrent la ferme résolution d'acier contenue dans son ton. Il ne céderait pas sur cette affaire. L'un de ces trois hommes prit alors la parole.
« Mais cela ne résout toujours pas le problème des récoltes perdues. Rationner la nourriture, que nous avons déjà, nous fera durer une semaine, peut-être deux. Que ferons-nous lorsque l'hiver viendra ? »
Hargren poussa un document vers eux.
« J'ai déjà commencé les préparations pour envoyer un contingent de ma garde personnelle au-delà de la frontière avec Mercia. Ils auront deux tâches. Déterminer si cette plaie, manifestement magique, n'affecte que Camelot et faire en sorte que des stocks de grain d'urgence soient ramenés à Ulwin. Une partie de ces stocks sera envoyée vers la capitale.
- Vous ne pouvez pas faire ça ! »
L'homme à sa droite se dressa sur ses pieds, en signe de protestation, horrifié.
« Un message vient juste d'être envoyé à Camelot. Nous ne savons pas encore si cela affecte le royaume entier. Acheter des vivres supplémentaires, pourrait donner l'air faible, à Camelot, aux yeux de nos voisins. »
Hargren se dressa, également sur ses pieds, mais bien plus lentement et solennellement.
« Camelot sera faible si nous ne pouvons nourrir son peuple et son armée. Si cela devait se produire, Cenred pourrait rompre l'accord et en tirer avantage, et en tant que Seigneur d'Ulwin et intendant du roi Uther de cette province, je ne mettrai pas en danger la sécurité de la frontière est. »
Il tapa du poing sur la table.
« Le roi m'a confié la protection de cette zone, et par conséquent du reste du royaume, à qui cette province sert de bouclier. Il comprendra que je décide d'agir ainsi et je sais qu'il me fera confiance pour le faire discrètement. C'est pourquoi, c'est ma garde personnelle qui partira, et pas ceux de l'armée principale. Y a-t-il d'autres objections à cela ? »
Trois paires d'yeux le fixèrent, avant que les trois hommes n'inclinent la tête. Il connaissait leur mesure, et savait comment les convaincre de se soumettre. Comme prévu, les trois hochèrent la tête dans sa direction.
« Nous soutiendrons cette décision. »
Il désigna la porte.
« Alors laissez-moi finir mes préparations. Je ne peux me permettre de perdre plus de temps en palabres. »
Les trois conseillers quittèrent la pièce, la porte poliment ouverte pour eux par le garde, mais ensuite ce garde referma la porte derrière eux et ôta son heaume pour observer son seigneur.
« Dommage que vous ayez dû danser autour de ces trois-là. Une heure entière perdue en formalités. »
Hargren retourna à son siège, l'air fatigué et inquiet à présent qu'il n'avait plus à maintenir les apparences.
« Ils sont ennuyeux mais nécessaires. L'illusion du pouvoir qu'ils détiennent, maintient les nobles d'ici, satisfaits. Je suppose que vous avez entendu ce que j'ai prévu pour vous. »
Fyren hocha la tête.
« Vous voulez que j'aille à Frithstow et que j'utilise mes contacts là-bas pour acheter le grain.
- Oui, soupira Hargren. J'obtiendrai l'argent pour les premières charrettes de grain dans la trésorerie tandis que vous partez préparer vos hommes. Les Chevaliers d'Aering seront plus que bienvenus là-bas, et je sais que les habitants de Frithstow seront plus qu'heureux d'aider. »
Tous deux échangèrent un sourire entendu, avant que Fyren ne remette son heaume et ne tende la main vers la porte.
« Oui, je crois qu'ils le seront... »
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Mais qu'est-ce que Frithstow ? La réponse au prochain chapitre, où Fyren obtiendra en outre des informations sur la cause de la sécheresse.
