Abeille : J'avais deviné que c'était toi en Guest. Tu auras ta réponse, ne t'inquiète pas... Mais pas tout de suite. Fyren trop sage... Il a une dizaine d'années de plus qu'Arthur en même temps, c'est déjà un adulte.
DAM : J'allais te copier un bout de la scène en question, mais pour citer Dr Who, "c'est pas l'heure". Donc je dirai juste : saison 4, chapitre 24.
Titesouris : Un casting intéressant ! J'ai aussi beaucoup aimé cet épisode...
Je vous devine intriguées par le chapitre précédent; celui-ci devrait vous expliquer ce qui s'est passé entre Une Affaire d'Etat et Famine, partie 1.
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Chapitre 59: Famine ~Partie 2~
Le jeune homme entra dans la petite hutte derrière l'écurie, un petit coffre en bois à la main et un message scellé dans l'autre. À l'avant de l'écurie, quinze chevaux étaient en train d'être sellés, mais ici, il n'y avait qu'un homme qui vérifiait ses armes, une dernière fois.
Liam était mal à l'aise, pas encore entièrement familier, avec cet autre côté de Fyren. Cela avait été une sorte de choc pour lui, d'apprendre que l'homme était en fait un guerrier entraîné, d'apprendre qu'il était, en réalité, un noble d'Escetia. Fyren avait perdu tellement plus que juste sa famille, il avait perdu sa terre natale également, et cependant il restait fort. Le malaise, qu'il ressentait depuis, se retrouvait contrebalancé, par une admiration face à sa force de volonté.
Quand il avait perdu sa famille et plus tard perdu Kalem, il s'était pratiquement écroulé. Il était loin de posséder la force qu'avait son aîné.
« Fyren, j'ai amené l'argent du Seigneur Hargren et le message pour le dirigeant de Frithstow. »
Le chevalier se retourna pour lui faire face, remarquant l'hésitation de Liam. Lui aussi, était familier avec le fait que l'amitié entre eux était devenue un peu... tendue, depuis qu'il avait commencé sa nouvelle mission.
« Liam, il est inutile d'être aussi formel avec moi. S'il te plaît, taquine-moi comme tu en avais l'habitude ou souris en ma présence. Le fait que je sois un noble ne change pas qui je suis. Honnêtement, combien de nobles, à ta connaissance, seraient prêt à agir comme un idiot en public et aimer ça ?»
Le serviteur le regarda fixement.
« Euh... à part toi, aucun. »
Il se retrouva avec une main gantée qui lui tapait sur l'épaule, une autre lui prenant la boîte des mains. Fyren lui adressa un des sourires conspirateurs qui étaient sa signature.
« Exactement. »
Il prit également la lettre, la plaçant dans la boîte, avant de ranger cette dernière dans l'une des fontes l'entourant. Il hissa ensuite le tout sur son épaule, faisant de nouveau face à Liam.
« Écoute, je sais que je n'ai pas été très présent ces derniers mois, à peine un jour ou deux par-ci par-là. Mais je te considère toujours comme un ami et je veux que tu te comportes comme tel. »
Liam inclina un peu la tête.
« Désolé, je suppose que j'ai juste...
- Eu besoin de temps pour t'habituer à l'idée. »
Fyren s'approcha de quelques pas et le regarda.
« C'est moi qui m'excuse, pour avoir caché des choses et pour continuer à le faire. Le fait que je sois un noble, ne couvre que la surface de ce que je suis, mais je ne peux pas prendre le risque, que Cenred découvre que je suis encore vivant. Ceux qui connaissent toute la vérité, comme Hargren, sont mis en danger par ce savoir. Je veux juste te garder en sécurité, dans la mesure du possible. »
Il se dirigea vers la porte de la hutte, Liam lui demandant au passage :
« Comme tu protèges les gens qui ont des pouvoirs magiques ? En les aidant à s'échapper de Camelot ? »
Il y avait une tension dans sa voix, poussant Fyren à se retourner pour lui prêter plus d'attention.
« Comment est-ce que partir acheter du grain va régler cette histoire ? Les puits, les récoltes…c'est une magie suffisamment puissante pour affecter la terre elle-même…elle a été tournée contre nous. J'ai toujours cru… »
Fyren commença à froncer les sourcils, réalisant quelque chose.
« Tu commences à douter de la magie... Liam, tu as vu la brillance que la magie peut amener entre de bonnes mains, tu l'as connue toi-même, avec Kalem. Oui, il y a des gens et des choses là-dehors, qui s'en serviraient et s'en sont déjà servi pour le mal, mais il faut juste que tu croies que la lumière va gagner. »
Fyren poussa un soupir.
« C'était quoi ce rêve qu'il avait ? La chose qu'il voulait faire ? »
Liam se mordit la lèvre, hésitant quelques secondes avant de répondre :
« Il voulait prouver que le Roi Uther a tort au sujet de la magie, qu'elle peut être utilisée pour le bien. Désolé, dit-il en relevant la tête et en réussissant à afficher un léger sourire. Je n'ai juste jamais vu de magie comme ça auparavant et ça me fait peur. »
Le chevalier lui rendit son sourire, comprenant ce que Liam ressentait.
« Je sais ce que c'est, mais je suis sûr qu'il y a déjà quelqu'un là-dehors, qui se sert de la magie pour le bien, qui cherche un moyen de régler ça. On doit juste tenir de notre côté jusqu'à ce qu'il réussisse. Si ça se trouve, c'est Nellan ou peut-être quelqu'un qu'il connaît. »
Le sourire de Liam se fit plus assuré et il vint vers lui.
« Merci Fyren. »
Il passa sous les fontes et sortit.
« Essaye de ne pas laisser toutes les jolies filles de Frithstow te distraire ou je vais commencer à me demander, si les patrouilles sont la seule chose à occuper tout ton temps. »
Fyren faillit s'étrangler, jusqu'à ce qu'il réalise que c'était la manière de Liam, de lui dire qu'il l'avait accepté comme guerrier et le remerciait de l'avoir rassuré.
Le chevalier le regarda partir, souriant. Liam avait toujours été comme ça, parfois trop facilement secoué jusqu'au doute par les événements. Il avait besoin de quelqu'un qui lui inspire confiance, la confiance de ne pas douter mais il semblait qu'il n'avait toujours pas trouvé cette personne.
Il mit ses pensées de côté, quitta la hutte et se dirigea vers l'endroit, où ses hommes commençaient, maintenant, à monter en selle. Quinze minutes plus tard, ils sortaient de la ville avec deux charrettes vides, conduites par deux hommes des terrains d'entraînement qui les suivaient.
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Un jour et demi de dure chevauchée plus tard, les chevaliers et les deux charrettes approchèrent une petite ville, dissimulée juste de l'autre côté, de la frontière nord.
Aucune connaissance de la piste n'avait été nécessaire pour savoir quand cette ligne invisible avait été passée, car au moment où le premier village de ce royaume avait été aperçu au loin, il avait été clair que leurs récoltes étaient encore florissantes.
Mais ce n'était pas vers ce village que les cavaliers se dirigeaient, au lieu de cela, ils quittèrent la piste principale pour emprunter une route, joncée d'illusions, lui donnant ainsi l'air impraticable. Les sorts donnaient une apparence d'abandon, un air inutilisé et inutilisable, ce qui était exactement ce que voulaient les habitants de la ville vers laquelle elle menait.
Si Uther apprenait que cet endroit se trouvait là, il enverrait alors un message à Bayard et tous deux fondraient sur la ville, avec colère et flammes.
Fyren cligna des yeux, agacé par le fait qu'ils ne cessent d'insister, qu'il allait les faire griffer par des ronces ou se cogner la tête sur des branches basses. Les sorts ici, ne possédaient en rien le raffinement de ceux utilisés par les Druides, mais cela n'avait rien de surprenant.
La ville, qui les attendait, était composée d'un mélange hétéroclite de sorciers et de shamans, aucuns d'entre eux n'étaient particulièrement doués ou puissants. Seul un travail d'équipe leur avait permis de cacher aussi bien l'endroit.
« Nous serons bientôt à Frithstow. Changez vos capes. »
Tous les chevaliers exécutèrent un demi-tour sur leur selle, qu'ils avaient pratiqué auparavant, afin d'enlever les capes rouges corsetées d'or, de la garde personnelle d'Hargren, pour les remplacer par des capes à capuchons de couleurs brun moucheté et vert mousse. Du clan de Nellan. Fyren avait requis des conseils, sur comment disparaître, hors de vue sans l'aide de la magie, en forêt et sur terrain inégal et les capes étaient le résultat.
La seule couleur brillante, sur chacune d'entre elles, était le petit soleil jaune brodé sur l'avant, près des lacets du col, désigné de façon à avoir l'air de se lever à l'horizon. C'était le symbole de son escadron, les Chevaliers d'Aering, car l'aube était ce après quoi ils étaient nommés.
Leurs nouvelles capes en place, les précédentes roulées et rangées à l'arrière des selles, les chevaliers continuèrent leur chevauchée et atteignirent l'endroit où les illusions s'arrêtaient.
À une centaine de mètres de ce point, la ville de Frithstow et ses champs furent en vue. Elle était cachée, dans une vallée surmontée de crêtes, entourée de toutes parts par la forêt et la route était le seul point d'accès ou de sortie. Le terrain difficile, était la raison pour laquelle l'endroit avait été choisi, et en dépit des difficultés, les gens qui avaient été amenés ici, durant les mois qui avaient suivi le printemps précédent, avaient fait en sorte de le transformer en village dynamique. Et le fait, que tous les habitants d'ici y avaient été amenés, fut reflété dans l'accueil qu'ils offrirent aux chevaliers.
Les habitants se ruèrent vers l'entrée de la ville, souriant et accueillant chaleureusement les hommes, à qui ils devaient leurs vies. C'étaient tous des sorciers, des familles de sorciers, ou simplement des personnes ayant la malchance d'avoir été accusés d'utiliser ou de s'associer avec la magie.
Ils étaient tous des victimes de l'aveuglement d'Uther, mais pour éviter de mettre Camelot en danger, toutes les personnes ici, avaient juré de remercier ceux qui les avaient amenés au sanctuaire qu'était Frithstow, en ne cherchant jamais à se venger ou à mettre en danger ce royaume. Beaucoup des personnes sauvées avaient refusé de prêter ce serment, mais tout autant avaient accepté. Ceux qui l'avaient fait, avaient été menés ici, et ici, ils vivaient en paix pour attendre le retour éventuel de la magie dans les terres.
Ôtant son heaume et souriant aux personnes autour de lui, Fyren sortit la boîte d'argent de sa fonte et se fraya un chemin parmi la foule. Quelques regards curieux le suivirent, mais la plupart se concentrèrent sur l'accueil du reste de l'escadron.
Fyren les laissa faire, ses hommes méritaient de profiter des remerciements de ces gens, pour les risques qu'ils avaient pris en les aidants. Il y avait déjà eu à plusieurs reprises, un sérieux danger, des occasions où ils avaient failli être aperçus par l'une des patrouilles de Camelot. Il ne doutait pas qu'un jour, ils seraient aperçus, que leurs capes mouchetées seraient mises à l'épreuve. Cacher un druide avec l'une d'entre elles était une chose, cacher un homme en armure complète en était une autre.
Il traversa la ville, se dirigeant vers la maison où habitait le dirigeant du village. Beaucoup ici l'appelaient L'Ancien, un titre druidique attribué aux dirigeants, mais avec le contexte magique des personnes d'ici, ce n'était pas une surprise. Comme le nom le suggérait, c'était un vieil homme avec de nombreuses années d'expériences, et il possédait une sagesse, une grâce de jugement pour aller avec ces années.
Ces yeux anciens observèrent Fyren, quand le chevalier entra dans la maison, après un coup poli à la porte, sachant qu'il y avait une raison grave pour cette visite, avant même qu'il ne prenne la parole.
« Venez, asseyez-vous et dites-moi quels troubles vous amènent jusqu'à moi. »
Fyren s'exécuta, s'asseyant sur la chaise, placée de l'autre côté du foyer, face à celle où était assis l'ancien.
« Je viens au nom du Seigneur Hargren, pour acheter du grain à la ville. Nous avons deux wagons avec nous, qui ont besoin d'être remplis et il a envoyé plus qu'assez d'argent pour le payer. Un plus grand volume de grain pourrait être réclamé dans une semaine environ, mais je crois que sa requête pour cela, sera que vous aidiez à identifier un bon intermédiaire, un négociant, avec qui nous pourrions travailler. »
Il tendit la boîte, observant le vieillard l'ouvrir et lire la lettre qu'elle contenait. L'expression de l'ancien s'assombrit, tandis qu'il la parcourait, puis il regarda solennellement le chevalier.
« Nous ferons ce qui est demandé, mais je vous préviens, cela ne sera qu'une solution temporaire. D'après ce que votre seigneur a écrit ici, des récoltes fanées et des puits pleins de sable, ma connaissance des anciennes coutumes me dit que c'est là quelque chose, qui ne peut être rompu par les moyens normaux. »
Fyren fronça légèrement les sourcils.
« Savez-vous ce que cela pourrait être ? »
L'ancien soupira.
« Cette malédiction et son étendue porte qu'une seule signification : quelqu'un à Camelot a tué une licorne, quelqu'un de haut placé. Si un simple fermier tue une licorne, seules ses propres terres seront alors affectées par la malédiction. Pour que tout Camelot en soit infecté, cela ne peut être que le Roi ou son fils qui en soit le responsable. L'avenir dépendra d'eux, des actions qu'ils entreprendront pour briser le sort. »
Le chevalier était surpris, mais fut capable de dire une chose, avec certitude.
« Si c'est l'un d'entre eux alors ce ne peut-être qu'Arthur. C'est un passionné de chasse. Uther ne quitte jamais la ville pour ce genre de chose. Mais si c'est une licorne, alors comment peut-on briser le sort ? »
Les yeux âgés demeurèrent sombres.
« Il sera testé par le Gardien des Licornes. De quelle manière, je l'ignore, mais s'il réussit ces épreuves alors le sort sera brisé. »
Des doigts frêles se tendirent, touchant la main gantée du chevalier.
« Il n'est rien, que vous ou qui que ce soit d'autre, puissiez faire pour changer cela. Vous devez simplement attendre et prier. Le temps dira si le prince amène le salut ou la perte de ce pays. »
Fyren demeura presque immobile, glacé jusqu'aux os par ces paroles. Arthur ? Testé par quelqu'un avec des pouvoirs magiques ? Il était plus probable, qu'il tente d'arrêter le Gardien et de le faire exécuter...
Camelot était probablement perdu, si leurs soupçons se confirmaient, si c'était vraiment la mort d'une licorne qui avait causé cela, et si, c'était Arthur qui était celui qui l'avait fait.
Toujours secoué, il se releva.
« Merci pour vos conseils, je veillerai à en faire part à mon seigneur. Et merci d'avoir accepté d'aider avec le grain. »
Le vieil homme sourit.
« J'enverrai un message à nos greniers. Vos wagons seront remplis dans l'heure. »
Il observa Fyren se retourner, reprit la parole lorsqu'il atteignit la porte.
« Et ayez davantage de foi dans le prince. Il pourrait vous surprendre. »
Les paroles de l'ancien restèrent avec lui, lors de la chevauchée de retour vers Ulwin, résonnant dans sa tête, quand les Chevaliers d'Aering et lui revinrent au manoir.
C'est alors, qu'il apprit ce qui s'était produit en son absence, le message provenant de Camelot elle-même. Un message de Georg, énonçant qu'Arthur avait tué une licorne et des nouvelles de ce qui s'était produit à Ulwin même.
Deux jours, après s'être remplis de grain, l'eau était revenue aux puits, mais ce matin-là, le peuple s'était éveillé pour les découvrir à nouveau secs et toute la nourriture, qui devait être rationnée, avait pourri durant la nuit.
Le grain dans le wagon fut un répit, ou aurait dû l'être, car quand les sacs furent ouverts, le blé doré s'était changé en glumes noires et contaminées par le mildiou.
Et cela ne voulait dire qu'une seule chose. Arthur avait réussi une épreuve, mais échoué à la suivante, et maintenant tout Camelot était condamné... Et dans son cœur, Fyren découvrit qu'il n'éprouvait aucune surprise devant cette conclusion.
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Fyren a toujours des préjugés contre Arthur, comme vous le voyez. Il sait qu'Arthur est le Roi Présent et A Venir, mais il pense que c'est trop tôt pour s'attendre à de vrais changements chez lui. Comme vous vous en doutez, les événements à suivre vont lui donner tort...
