Titesouris : Oui c'est vrai qu'on dirait un enfant qu'on envoie jouer pour que les adultes soient tranquilles à la décharge de Forwin, il ne connaît Merlin quasiment que de réputation...

Colinou : Eh oui tu vois, même Forwin peut être agréable !

Abeille : Les carabistouilles ? Ça existe encore ce mot ? Lol Pour Gaius, tu auras l'explication dans ce chapitre. Oui le roi avant Cenred c'était Herwen. Toujours pas de Liam ou de Fyren aujourd'hui mais dans le prochain épisode tu vas beaucoup les voir, surtout Fyren ! La fin de CHO approche, certes mais on est encore loin de la fin de la saga ! Même Destinée n'en est pas encore aux deux tiers de sa publication !

Il est techniquement minuit passé, donc je mets en ligne. La semaine dernière vous m'avez toutes fait rire, il y avait maximum une heure et demie de décalage entre vos reviews. On va voir qui est encore debout cette nuit ! (titesouris, tu serais allée dormir cinq minutes plus tard, tu aurais pu arriver en premier, dommage lol)

Précédemment dans Celui que l'Histoire Oubliera :

Après avoir en partie soigné Gaius, acquitté de toute charge, Forwin l'invite à venir à Ulwin, afin qu'Hargren lui parle de leur conspiration.

Ulwin

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Chapitre 63: Les cicatrices de la chasse aux sorcières ~Partie 3~

« L'escorte qui est partie avec Forwin a été repérée sur la route sud. Gaius est dans la charrette, et Forwin est resté en arrière à Camelot. »

La porte de l'étude se ferma, Tarven partant après ce bref message, tandis qu'à l'intérieur ses parents poussaient un soupir de soulagement. Gaius avait été déclaré innocent et avait évité l'exécution. C'était le résultat qu'ils avaient espéré, et pour lequel Hargren était reconnaissant.

Il observa ses doigts, son regard posé sur leur emplacement sur le bureau, pensif, tandis qu'il réfléchissait pour lui-même.

« Cela a été résolu plus vite que je ne le pensais. Je me demande ce qui est arrivé. »

A côté de lui, Jancine tendit la main vers lui, la serrant légèrement.

« Gaius ou l'escorte auront très probablement le rapport du roi. Nous le découvrirons bien assez tôt. » Le silence tomba pendant un moment, et elle regarda son mari, pensive. « Hargren, je sais que tu voulais que seuls Forwin et toi soient présentés à Gaius comme des conspirateurs, mais… Laisse-moi être celle qui l'accueillera. Il est probable qu'il sera certain de mon implication ainsi. Il sait combien nous sommes proches tous les deux, et le fait que tu ne me mentirais jamais. »

Il tourna sa tête vers elle, fronçant un peu les sourcils, inquiet.

« Mais tu sais que moins il connaît de noms…

- Moins il y a de personnes en danger. » Elle soupira, se dirigeant vers lui et lissant le col de sa chemise. « Tu t'inquiètes beaucoup trop pour moi. N'oublie pas que nous avons commencé cela ensemble, donc nous devons continuer ensemble. Je n'ai pas peur de voir Gaius apprendre que je suis impliquée. Le seul qui doit rester éloigné de lui est notre fils. »

Voyant la position déterminée de son menton, et la détermination dans son expression, Hargren capitula avec un petit hochement de tête.

« Le choix est tien. Sois juste prudente, et ne dis rien que je ne dirais. »

Jancine sourit, se levant pour se diriger vers la porte.

« Ne t'inquiète pas, je ne le ferai pas. J'ai joué le jeu de la Conspiration tout aussi longtemps que toi. »

Elle sortit de l'étude, faisant son chemin jusqu'à l'entrée du manoir, confiante. Elle comprenait que Hargren souhaite l'abriter derrière le voile de l'anonymat, mais si elle le permettait alors son fardeau serait d'autant plus grand. Au moins, de cette manière elle en porterait une partie pour lui.

Elle attendit sur les marches du manoir, laissant la pâle lumière de l'automne la réchauffer où elle se trouvait à l'abri du vent. Il ne faudrait pas longtemps avant que les quatre gardes et la charrette entrent dans le domaine, l'attente ne serait certainement pas ennuyeuse. Attendre sur le bord de ce qui pouvait être une chute ne pouvait jamais être ennuyeux lorsque ça conduisait à un pas négligeant sur le précipice.

Jancine regarda la charrette s'arrêter au pied des marches, descendant lentement vers elle tout en étant observée par le vieil homme qui la conduisait. Gaius se permit d'être aidé pour descendre du véhicule, l'approchant avec une légère hésitation dans sa foulée. Sa posture était tout aussi prudente, les rides de son visage semblant s'approfondir un tant soit peu dans la douleur.

« C'est un plaisir de vous revoir, Dame Jancine. Je vois que vous allez bien. »

Elle sourit vers lui lorsqu'il l'atteignit, la voix remplie d'inquiétude et de sympathie.

« Je suis désolée que vous ayez eu à souffrir cela. Cet horrible homme, Aredian, a toujours eu la plus dure des réputations. Je pouvais à peine le croire lorsqu'il est passé ici à la demande du roi. Et lorsque nous avons su que vous aviez été arrêté. »

L'expression de Gaius s'assombrit pendant un moment au souvenir.

« Oui, eh bien le roi a appris la leçon au moins pour l'instant. Il faudra un certain temps avant qu'il soit négligent à accuser à nouveau un allié.

- Oui, je l'espère. » Jancine vit la peine que ce sujet provoquait, et ses manières devinrent plus pragmatiques. « Y a-t-il un rapport pour mon mari ? Vous avoir ici nous montre que vous avez été déclaré innocent, mais pas ce qu'il s'est réellement passé. Qu'a fait Uther à Aredian lorsque vous avez été déclaré innocent ? » L'un de ceux qui faisait partie de l'escorte s'approcha et lui tendit le rapport, et elle lui fit signe de s'en aller. « Remettez-le à Hargren. »

Gaius regarda l'échange, tout en répondant à la question.

« Vous pouvez deviner qu'il était furieux, bien que je n'en sois pas entièrement sûr puisque j'étais toujours dans les cachots à ce moment. Ce rapport expliquera tout bien mieux que moi. » Il remua un peu comme les gardes emmenèrent la charrette, leur absence le poussant à parler d'autre chose. « Forwin m'a dit que votre mari souhaitait me parler. Pourrais-je savoir de quoi il s'agit ? »

Jancine lui donna un regard entendu, ses paroles pleines de sous-entendus.

« D'abord, vous allez vous reposer la conversation viendra demain. Mon mari a beaucoup à dire, et vous aurez sûrement vous-même des questions. Cela ne sera pas une discussion pouvant être précipitée. »

Gaius saisit le fait qu'elle savait quel était le sujet de la conversation. Il n'était pas aveugle au fait que quelque chose se passait.

« Je vois… »

Elle le guida jusqu'à la chambre d'hôte qui avait déjà été préparée depuis longtemps, lui ouvrant la voie à travers le manoir et dans cette chambre. Elle attendit qu'il ait posé sac de voyage, attendit qu'il ait ôté son manteau avant de l'informer des plans du soir.

« Vous êtes invité à dîner avec nous ce soir. Avec mon mari, mon fils et moi. Mais j'espère que vous garderez des sujets appropriés de conversation. Mon fils ne sait rien de l'invitation. C'est, après tout, simplement une visite pour vous reposer et récupérer pour vous. »

Une fois de plus un sens caché. Gaius cacha son inquiétude à lui parler de cette façon. Ce n'était pas une facette de Dame Jancine à laquelle il était familiarisé.

« Bien sûr, et je serai honoré de dîner avec vous. »

Il la regarda partir, fronçant légèrement les sourcils. Elle avait été aussi gentille et accueillante que d'habitude, mais il y avait eu une pointe d'acier sous-entendu dans ses paroles. Sa rencontre avec Hargren était secrète, ou du moins la raison l'était, et il semblait qu'elle connaisse cette raison.

Dehors, Jancine aussi réfléchissait. Elle n'avait pas menti en disant que Tarven ne savait pas à propos de l'invitation. Il avait été mis en attente en tant que Chevalier de Camelot, pouvant probablement être appelé pour faire partie de la chasse aux sorcières, et en tant que tel il avait été gardé en dehors du travail récent de leur groupe. Il serait informé de ce qu'il s'était passé, mais plus tard, une fois que tout se serait calmé.

Elle retourna à l'étude de son mari, arrivant pour découvrir qu'il avait déjà lu le rapport et avait un sourire sur le visage en réaction à cela.

Il brandit le rapport.

« Savais-tu qu'Aredian était un 'sorcier' ? Apparemment il l'était. Une fouille de ses appartements, après que la preuve soit montrée, que les témoins avaient hallucinés à cause de l'usage d'une teinture de belladone pour les yeux, a abouti à une découverte intéressante. »

Jancine pencha la tête dans une requête amusée.

« Et c'est ? »

Son sourire s'élargit.

« Une quantité abondante de flacons contenant les mêmes gouttes pour les yeux, et un nombre tout aussi abondant d'amulettes identiques à celle trouvée dans les appartements de Gaius. » Il s'arrêta, se retenant clairement de rire. « Puis, apparemment, un crapaud est sorti de sa bouche. »

Sa femme le fixa.

« Un crapaud ? » Elle commença à rire. « Je pense savoir d'où cela provient. »

Hargren commença aussi à rire, lui indiquant de s'asseoir dans la chaise habituelle.

« Aredian a essayé de prendre Morgane en otage après cela, mais a apparemment trébuché et est tombé à travers la fenêtre de sa chambre. Ça lui a épargné l'exécution à la place de Gaius. Gaius n'était pas très heureux de ça, mais tout ce que son rapport dit est 'au moins le sorcier est mort, et ne pourra plus faire de mal'. » Son sourire se fana. « Maintenant. Qu'en est-il de Gaius ? »

Jancine soupira, l'expression inquiète.

« Il boîte légèrement, et ses mouvements sont prudents et mesurés. Il le cache bien, mais il est clair qu'il a souffert de manière significative entre les mains d'Aredian. Il se demande aussi pour quelle raison tu as bien pu l'inviter ici. Je ne pense pas qu'il ait des soupçons spécifiques, mais il est certainement soupçonneux en général. Je crains que le dîner de ce soir avec lui soit… gênant.

- Gênant, mais nécessaire. » Hargren croisa les bras sur le bureau, solennel. « Il doit être fait pour le faire douter de qui pourrait et ne pourrait pas être impliqué dans notre groupe. En le faisant retenir ses questions devant notre fils ce soir, nous lui donnerons lieu à douter si Tarven sait quelque chose ou non. S'il a des doutes, alors aucune accusation ne peut être faite s'il essaye de le dire au roi. Je ne pense pas qu'il le fera…

- Mais nous ne pouvons pas prendre le risque. » Elle se leva, prête à partir. « Je l'amènerai ici dans la matinée, à la deuxième heure après l'aube. Tarven sera en patrouille à ce moment-là, et Liam sera absent pour faire des courses pour moi. Tabar a également été averti de se faire discret, et il a décidé que le sol de tes appartements a besoin d'un bon nettoyage. Personne n'entrera dans cette chambre entre ce moment et midi, et je me suis arrangée avec la chef du personnel pour que personne impliquée avec nous ne soit laissé seul avec Gaius durant le reste de son séjour. »

Hargren opina solennellement.

« Alors c'est plus de temps que je n'en ai besoin, et le reste sera de s'assurer qu'aucune personne qui ne le doit pas reçoive des échos. »

~(-)~

Ulwin

Gaius se réveilla la matinée suivante, un peu confus d'être dans un lit aussi grand et moelleux. Restant là, se souvenant où il était, il ne pouvait pas nier que le luxe avait assoupli sa rigidité, tout comme le bain qu'il l'attendait là après avoir dîné avec Hargren et sa famille la nuit dernière.

Il se redressa lentement, fronçant les sourcils, perdu dans ses pensées. Sire Tarven y avait été de son habitude un peu auto-formelle, ses émotions se montrant réellement dans un cillement devant la tromperie d'Aredian. Il était un chevalier exemplaire, et avait prouvé que durant des années il avait sécurisé les défenses de la frontière. Même maintenant, alors que les défenses étaient juste une précaution, il était toujours respecté… Il était également étroitement lié à Arthur et au roi, parce qu'il était un chevalier. Savait-il quelque chose ? Jancine avait-elle dit la vérité ? Il devait croire que c'était le cas, parce que rien d'autre ne le fit sentir que cette 'conversation' avec Hargren allait être quelque chose d'aussi sérieux qu'il s'y attendait.

Ses pensées furent interrompues lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit doucement, le serviteur qui lui avait été assigné entrant et opinant, respectueux.

« On m'a dit de vous informer que Dame Jancine viendra à vous dans une heure. Si vous avez besoin de quelque chose d'ici là, faites-le moi simplement savoir. »

Gaius le regarda poser le plateau de nourriture qu'il avait apporté, se tournant et sortant du lit en même temps.

« Je vais presque bien. Tu peux y aller. Je peux prendre soin de moi, moi-même ici, je l'ai fait suffisamment souvent à Camelot. »

Le serviteur baissa la tête, reconnaissant, et s'arrêta seulement pour finir de mettre du bois dans le feu de la cheminée.

« Très bien. Bonne journée alors, Sire. »

Le médecin le regarda partir, prudent. Ce serviteur savait-il ce qu'il se passait ? Il se secoua ensuite en réprimande. Bien sûr que l'homme ne savait pas, il était un serviteur. Se demander pourquoi Hargren le voulait ici n'était pas une raison pour devenir paranoïaque.

Il s'habilla avant de se diriger vers la table, mangeant le petit-déjeuner qui avait été apporté pour lui. C'était bon, mais simple, le genre de nourriture qui passerait facilement dans un estomac qui en avait vu peu durant les jours précédents. Hargren, ou peut-être Jancine, avait prévu ce qui lui serait amené. Tous deux savaient de quelle manière Aredian travaillait, et savaient qu'il avait été privé durant son calvaire.

Gaius était toujours assis à la table lorsque la porte s'ouvrit à nouveau quelque temps après, toujours perdu dans ses pensées lorsque la voix derrière lui le fit sursauter.

Jancine sourit un peu pour s'excuser de l'avoir fait sursauter.

« Mon mari vous attend dans son étude, si vous êtes prêt à le recevoir. »

Gaius se leva, prudent.

« Je le suis. »

Il la suivit hors de la chambre d'hôte, allant plus loin dans le manoir et atteignant la zone surveillée par la garde personnelle d'Hargren. Ces hommes ne bougèrent pas un muscle à leurs postes tandis qu'ils passaient, mais il savait qu'ils le regardaient. Il se sentait comme s'il entrait dans une forteresse plutôt que simplement les quartiers personnels du chef de la famille d'Ulwin.

Jancine s'arrêta en dehors de l'étude d'Hargren, indiquant silencieusement la porte avant d'opiner et de s'en aller. Gaius la regarda partir, puis frappa à la porte.

« Entrez. »

La voix du seigneur résonna de l'intérieur, Gaius ouvrant la porte et entrant. Il hocha la tête à l'homme derrière le bureau seulement une fois qu'il l'eut fermée à nouveau.

« Seigneur Hargren. »

Hargren fit un geste en direction de la chaise qui avait été placée devant le bureau, attendant jusqu'à ce que le médecin se soit assis.

« Je sais que vous vous demandez pourquoi j'ai demandé à vous parler, mais d'abord, je veux exprimer ma sympathie pour ce que vous avez subi. Aurais-je été à Camelot au moment de votre arrestation, j'aurais très certainement parlé en votre faveur. En dépit de votre… passé… vous êtes un serviteur de confiance de la maison royale. »

Gaius était immobile et profondément méfiant.

« En effet, non pas qu'il y ait eu beaucoup de différence. Lorsque le roi suspecte la sorcellerie, il n'y a aucun moyen de le raisonner. Il est rapide à juger, et encore plus rapide à agir peu importe ce qu'il lui en coûte. Mais ça ne fait pas de lui un mauvais roi, plutôt un malavisé. » Sa voix devint un léger grognement, avec une pointe de tension extrême. « Maintenant si vous voulez bien en venir au point de savoir pourquoi vous m'avez invité ici. Je n'ai pas besoin de plaisanteries. »

Gaius était effrayé, c'était écrit sur chaque courbe de sa posture. Il était venu parce que c'était vrai qu'il souhaitait être loin du roi quelque temps, mais ça ne changeait rien au fait qu'il craignait une répétition de ce dont il venait tout juste de sortir.

Hargren soupira, comprenant cela.

« Très bien, je vais être honnête avec vous… Je sais pour Merlin. »

Il y eut un éclair de terreur dans les yeux du médecin, rapidement caché alors qu'il fronçait les sourcils.

« Pardon ? Que voulez-vous dire ? Savoir quoi à propos de Merlin ? »

Il semblait incrédule, comme confus quant à pourquoi Hargren lui demanderait ici de parler d'un serviteur. Le seigneur soupira à nouveau.

« Je sais qu'il est un magicien, qu'il a un livre de sorts donné par vous, et que vous l'avez activement guidé pour utiliser ses pouvoirs pour protéger Camelot. »

Gaius sembla se pétrifier, ses yeux s'écarquillant imperceptiblement avant qu'il commence à bafouiller.

« C'est absurde. Je n'enfreindrais jamais la loin contre la magie et mon pupille n'est certainement pas un sorcier. Il est bien trop stupide pour apprendre la sorcellerie.

- Mon ancien serviteur, Fyren, l'a observé en train d'en faire usage. Plus précisément lui tentant d'animer la statue d'un chien. » Hargren ressentit un moment de sympathie pour Gaius, voyant la peur pour son pupille faire surface. « Je sais aussi d'une source sûre qu'il est celui qui a tué le griffon. »

L'expression de Gaius se mua en une lueur de réalisation.

« Ce druide, Nellan… Vous le connaissez, n'est-ce pas ? Vous travaillez avec lui ? »

Hargren se renversa en arrière dans sa chaise, mettant ses mains sur ses genoux. C'était bien, Gaius avait arrêté d'essayer de nier de but en blanc.

« Il est un allié, c'est vrai. Son clan m'a aidé à garder une trace des actions de Cenred le long de la frontière, me permettant d'ajuster les défenses en conséquence. Il a éloigné le griffon de Rillen lorsqu'il a attaqué là-bas, et une fois que Forwin l'a aidé à stabiliser ses blessures, il l'a pourchassé. Il ne s'est jamais attendu à rencontrer Merlin dans les bois ce jour-là, c'était un coup de chance, mais un qui nous a confirmé que vous n'étiez pas un aussi fervent partisan de la loi que vous le prétendiez. »

A nouveau le grognement suspicieux.

« Que vous ne soutenez clairement pas non plus. »

Hargren opina, acceptant cette accusation.

« Je n'ai jamais été d'accord avec, mais ça ne change rien au fait que je considère Uther comme l'un de mes plus proches et plus vieux amis. Je ne me retournerai jamais contre lui, mais ça ne veut pas dire que je vais rester aveugle aux souffrances de gens innocents qui tombent sous cette loi. J'ai prévenu les druides dans mes terres pour qu'ils s'enfuient lorsque j'ai reçu le premier écho de la Purge, et cela m'a valu un grand respect de leur part. Ce respect est la raison pour laquelle, lorsque je leur ai demandé de l'aide pour ma femme, ils ont été heureux d'aider. »

L'agitation de Gaius laissa place à la surprise, suivie par une certitude.

« Je savais que son rétablissement n'était pas naturel. Je savais que cette maladie n'avait pas de traitement banal.

- Alors pourquoi n'avoir rien dit au roi ? »

Le ton d'Hargren était une requête polie, mais Gaius vit l'incrédulité cachée dans les mots.

Il se renfrogna.

« Il n'y avait pas de preuves, seuls mes soupçons, et vous et votre femme ne méritiez pas d'être punis simplement pour avoir cherché à mettre un terme à ses souffrances. »

Hargren se pencha de nouveau, posant ses bras sur le bureau.

« Et cette pitié, cette clémence, est la raison pour laquelle je fais ce que je fais. Je ne persécuterai pas les personnes qui n'utilisent pas la magie pour faire du mal. Je ne regarderai pas ceux qui l'utilisent pour sauver des vies, soulager la douleur, être punis pour cela. Mais en même temps, je ne peux pas m'opposer ouvertement à Uther, peu importe à quel point je le veux. Il est mon ami. Et donc je travaille dans l'ombre, aidant ceux qui utilisent la magie pour le bien, et entravant ceux qui l'utilisent pour le mal. C'est pour cela que votre pupille représente tant à mes yeux, et à ceux du reste de mes alliés, pour quelque chose que seule une poignée au cœur de notre Conspiration connaît. Une chose que nous vous suspectons de savoir aussi, et je suis curieux d'apprendre depuis combien de temps vous le savez. »

Le froncement de sourcils de Gaius revient à la mention de son pupille, une fois encore méfiant.

« Quelle chose ? Il est juste un garçon. »

Hargren baissa légèrement la tête, la relevant uniquement pour considérer le médecin, anticipant la réaction à venir.

« Combien de temps a-t-il fallu pour que vous réalisiez que Merlin est Emrys. »

Gaius s'étouffa, incapable de parler tandis que le choc se tournait en colère défensive et qu'il commençait à se lever, furieux.

« Comment savez-vous cela ? Si vous tentez de faire du mal à mon pupille ! »

Hargren se leva, levant les mains pour essayer de le calmer.

« Je n'ai pas l'intention de lui nuire, pas quand mes alliés et moi avons passé toutes ces années à le surveiller et à le garder en sécurité jusqu'à ce qu'il puisse commencer à marcher sur le chemin de sa destinée. » Gaius s'arrêta, confus, et Hargren s'expliqua rapidement. « Nous avons fourni de gros efforts pour le protéger, et empêcher qu'il soit trouvé. Et depuis que nous avons cessé la majeure partie de nos observations, quelques mois après qu'il soit arrivé à Camelot, nous avons à la place construit une fondation ferme à partir de laquelle Arthur sera à même de travailler en tant que roi lorsque le jour de leur destinée viendra. »

Gaius le fixa, incrédule.

« Attendez, êtes-vous en train de dire que vous saviez pour Merlin avant même qu'il arrive à Camelot ? »

Hargren se rassit dans son siège, opinant. Il savait que ceci allait être un peu dur à entendre et accepter pour le médecin.

« Je sais pour lui, qu'il vivait à Ealdor, depuis qu'il a douze ans. Arthur et lui forment le futur de la magie et d'Albion, et nous nous sommes assurés que Cenred ne l'ait jamais trouvé lorsqu'il était vulnérable. Il y a eu quelques appels proches, durant le temps où Cenred cherchait activement le légendaire Emrys. Le clan de Nellan a construit une route cachée près du village, pour aider à garder un œil sur lui. Ils se sont assurés de guider Merlin hors d'Ealdor à chaque fois que les hommes de Cenred passaient dedans. »

Gaius semblait avoir perdu la faculté de penser, telle était la profondeur de son état de choc.

« Vous soutenez la magie ? Vous avez protégé Merlin ? Vous voulez voir le retour de la magie ? »

Hargren bougea de derrière son bureau, repoussant doucement le médecin stupéfait dans sa chaise.

« En effet, mais si vous essayez jamais de le dire à Uther, vous perdrez votre temps. » Il retourna à Gaius son regard lorsque le vieil homme leva les yeux vers lui. « Ce serait votre parole contre la mienne, et Uther ne me suspectera jamais. Je n'aurai jamais aucune mauvaise volonté contre lui ou contre Camelot, je recherche plutôt le retour paisible de la magie et la fondation d'Albion. Ce qui veut dire que si votre but est de garder Merlin et Arthur en sécurité, nous voulons tous les deux la même chose. »

Gaius le regarda retourner à sa position derrière le bureau, toujours perdu.

« Alors pourquoi me dire tout cela maintenant ? Pourquoi ne pas m'avoir approché plus tôt ? »

Le Seigneur d'Ulwin était solennel.

« Parce qu'alors que nous étions sûrs jusqu'à un certain point que vous saviez que Merlin avait des pouvoirs, et l'aidiez à garder son secret, ça ne changeait rien au fait que vous êtes resté en arrière et avez regardé beaucoup de gens innocents être exécutés pour la plus inoffensive des magies. Votre acte de sacrifice pour protéger Merlin d'Aredian a prouvé que vous valez, au moins, une certaine confiance maintenant, mais je ne vous invite pas à rejoindre mon cercle d'alliés. Vous avez un long chemin à parcourir avant de vous racheter suffisamment de cela, mais en même temps, je veux que vous sachiez que vous n'êtes pas le seul proche d'Uther et du prince qui veut voir la prophétie accomplie. »

Gaius semblait maintenant presque dégonflé, regardant ses mains sur ses genoux, tandis qu'il rassemblait toutes les pièces du puzzle ensemble. Soudainement, tout prit un sens.

Il leva la tête, le regard maintenant calculateur.

« Votre écuyer n'a pas vraiment découvert une nouvelle méthode d'entraînement, n'est-ce pas ? Il utilise l'originale, utilisant la magie pour entraîner les chevaux des Chevaliers de Camelot. »

Hargren rit, pas surpris que le médecin ait comprit cela.

« En effet, et il l'a utilisé pour entraîner les chevaux qu'Arthur et Morgane ont reçu aussi. Il a aussi entraîné le cheval que Merlin utilise. Bitan, je crois que votre pupille l'a nommé ainsi ? » Gaius opina, et Hargren sourit. « Ce cheval a été entraîné spécifiquement pour lui, pour être conduit par un sorcier. Il le servira bien. »

Tous deux se regardèrent l'un l'autre, et dans ce long moment Gaius put voir qu'il n'y avait aucune menace dans tout ce qu'Hargren avait dit. Il était sincère dans son souhait de voir le retour de la magie, et sincère dans son désir de ne pas blesser Uther ou Camelot. Il voulait juste que Merlin et Arthur accomplissement leur destinée.

Le médecin laissa échapper un long soupir, laissant la tension s'en aller.

« Et maintenant ? »

Hargren tapa des doigts sur la table, pensif.

« Maintenant vous vous reposez, et récupérez à Ulwin jusqu'à ce que vous repartiez à Camelot dans trois jours.

- Et après cela ? »

Un autre long regard passa entre eux, le comportement d'Hargren se fermant.

« Vous n'apprendrez rien d'autre de mes alliés ou de moi, en regard de Merlin ou de nos activités. Les seuls messages venant de moi et allant à Camelot seront mes rapports habituels et mes lettres au roi. Vous n'êtes pas encore bienvenu en tant que membre de la Conspiration que je dirige, vous ne le serez pas tant que nous n'aurons pas décidé que nous pouvons avoir confiance en vous à ce point… Il y a trop de vies qui dépendent de notre secret, et je ne les risquerai pas. »

« Qu'il en soit ainsi. » Gaius opina, acceptant cela, mais alors son expression se durcit. « Si c'est le cas, si je n'ai rien à faire avec votre groupe, alors je vais imposer une limite aussi. »

Hargren le regarda.

« Et quelle est cette limite ? »

Gaius plissa les yeux, un avertissement de ne pas s'opposer à lui dans son ton.

« Je jure de ne pas souffler mot à propos de vous à Uther, mais je veux une promesse en retour. Tout comme je ne dois pas interférer avec votre groupe, vous ne devez pas interférer avec le mien. » Sa voix était mortellement sérieuse. « Vous devez me promettre de rester loin de Merlin. C'est mon pupille, et ma responsabilité. Sa mère me l'a confié, et je ne veux pas le voir perturbé. Il fait face à suffisamment de difficultés, sans que vous en rajoutiez encore. Moins il en sait, mieux il ira. »

Hargren opina, acceptant.

« Et en cela nous sommes d'accord. Très bien, vous avez ma parole qu'aucun de ceux impliqués dans mon groupe n'agira pour influencer Merlin par aucune manière, en échange de votre parole de ne rien dire à personne à notre sujet en retour. Ceci incluant Merlin. Il ne doit pas apprendre sa signification, ou ça pourrait l'influencer et le détourner de sa destinée. »

Gaius s'arrêta, semblant penser à quelque chose avant de sourire doucement.

« Bien, vous avez ma parole… Ic asweree be Fyrnweorc Drylac. Ic ne asprice de ure facengecwis, oth bocriht. » Hargren se raidit de surprise au vœu magique, et Gaius renifla. « Certainement, si vous saviez que je l'aidais à apprendre la magie, vous saviez que j'ai recommencé à la pratiquer moi-même. De cette manière vous savez que mon vœu est sérieux, et que je suis incapable de le briser. Si j'essaye de parler de vous aux autres maintenant, l'Ancienne Magie m'arrêtera. Seul vous, ou quiconque guidera votre Conspiration après vous, peut m'en libérer. » Il se tourna et se dirigea vers la porte, regardant en arrière lorsqu'il l'atteignit. « Je n'ai plus de question pour vous, et ne répondrai pas à une de plus. Tout ce qui avait besoin d'être dit a été dit. Alors que je ne peux pas dire honnêtement que mon allégeance est entièrement envers la magie, compte tenu de mes liens avec Uther, ma loyauté et ma vie appartiennent à Merlin. Si je devais choisir entre Uther et lui, il n'y aurait pas une seule hésitation. »

Hargren le regarda partir, mais ne l'arrêta pas, et ainsi il fut inconscient du sourire satisfait qui apparut sur le visage de Gaius une fois que la porte fut fermée. Tout ce qu'il savait était que Gaius avait fait un serment inviolable, prouvant peut-être qu'ils auraient lui faire confiance à ce point. Mais ce qui était fait était fait, et ainsi il ne découvrirait jamais le secret que Gaius avait gardé.

Le secret que Merlin savait déjà qu'il était Emrys…

~(-)~

Gaius aussi sait faire des cachotteries ! Et maintenant la question de « pourquoi le rôle de Gaius dans la Conspiration n'a pas été évoquée dans Motifs » est révélée.

Un épisode de fait, encore deux. Autrement dit, trois semaines, et l'histoire sera finie. Je suis la seule à qui ça fait bizarre ? J'ai l'impression que je suis sur cette histoire depuis un siècle.