Hello !
Bon, me revoila après un bon moment d'absence ...
S'en suit le chapitre 5 pour lequel je vous avais promis du Murven, peut-être comme certains d'entre vous l'attendent, du Bellarke, probablement pas ce qui était attendu non plus, et une petite surprise qui risque de déranger Clarke ...
Bonne lecture ;)
Le claquement sec de son dos sur le tapis résonne dans la salle. Clarke sent la douleur se propager dans tout son corps. La tête bourdonnante, elle se redresse avec difficulté.
« Ton bras. » grogne Bellamy.
Clarke soupire et relève un peu plus son bras droit. La veille, Kane est venu lui présenter son superviseur. Qui n'était autre que Bellamy Blake.
Le jeune homme ne paraissait pas plus enchanté que cela à l'idée de travailler avec Clarke et le fait clairement comprendre à la jeune femme.
Le plus énervant dans tout cela, c'est que Clarke se relève à chaque chute et progresse à une vitesse ahurissante.
Pourtant, Clarke ne sent pas son amélioration quand elle touche le sol pour la millième fois. Elle jette un regard noir à Bellamy. Blessé, il réussit tout de même à la mettre à terre. La jeune femme se met sur ses pieds, le dos courbaturé, pour tomber une fois de plus.
Derrière la vitre, Raven et Octavia observent la scène. Les paris sont ouverts entre les deux jeunes femmes. Combien de temps tiendra Clarke avant d'envoyer bouler Bellamy, Kane, Thélonius et le système ?
Connaissant son frère, Octavia ne parie pas plus d'une journée. Elle sait à quel point son frère peut se montrer dur avec les nouvelles recrues. Clarke ne sera pas une exception.
Raven se montre plus optimiste. Clarke a survécu aux assauts de Finn, c'est une battante. Elle saura gérer Bellamy.
Le bracelet à son bras sonne. Raven décroche et Kane apparait en hologramme. Il a l'air inquiet et énervé, comme toujours.
Octavia sourit discrètement alors que Kane donne ses directives. Elle est bien contente de ne pas être un agent de terrain de l'équipe de Kane. Ses journées seraient beaucoup plus fatigantes.
« Je t'accompagne, » propose Octavia. « Je doute que Bell libère Clarke dans l'heure qui suit... »
Elles rejoignent le Pont avant d'emprunter l'ascenseur. Au quarante-septième, Kane les attend. Il prend rapidement des nouvelles de Clarke et sourit en apprenant qu'elle tient le coup. Congédiant Octavia sans ménagement, il emporte Raven avec lui. Une équipe l'attend déjà à la voiture.
« Qu'est-ce que je vais foutre dans cette équipe ? » demande Raven qui ne comprend pas pourquoi on l'a assignée au débusquement de grounders.
« L'agent Murphy t'a demandée. »
« Murphy ?! » S'exclame la jeune femme, surprise.
Le 4x4 apparait dans l'allée. Raven aperçoit les silhouettes de ses trois coéquipiers. Miller et Mbege discutent à vive voix en chargeant des armes dans le coffre. Raven est rassurée de savoir que Miller est du voyage. Il est leur spécialiste des armes et fait partie des équipes d'assaut. Il sera un excellent atout si la mission se passe mal.
Mbege pose deux fusils avant de fermer violemment le coffre de la voiture, faisant trembler le véhicule.
« Eh ! » s'exclame Raven. « Vas-y doucement, tu déranges le grand patron... »
Les deux hommes lui donnent l'accolade, comme avant chaque mission, devant le regard sévère de Kane, et l'air blasé de Murphy. Lorsqu'enfin ses collègues la libèrent, Raven croise le regard moqueur de Murphy.
« Quoi ? » grogne Raven.
« Je n'ai rien dis, Reyes... » Dit-il, son sourire mesquin s'agrandissant.
Raven soupire. La mission s'annonce des plus amusantes.
o.O.o
Finn pose sa main sur le scanner et attend, le plus patiemment possible qu'on daigne lui ouvrir. Dans un grincement de fin du monde, la porte blindée s'ouvre. Parfait... Si avec ça tous les rats des égouts ne sont pas au courant de cette entrée de la base...
L'homme qui se tient devant lui, lui adresse un sourire avant de lui faire signe d'entrée. La première fois qu'il l'a rencontré, Finn a été surpris de voir autant de tatouage tribales, mais rapidement, il a compris que c'était une tradition chez les agents du G.R.O.U.N.D. Ici, plus on était tatoué, plus on avait un poste important. Une chance que sa position d'ex agent de l'A.R.C ne lui ait pas encore donné l'opportunité de se faire trouer la peau...
« Hum... Tu pues... » Fit remarquer son ami.
« La ferme, Lincoln. »
Traqué par les agents de l'A.R.C depuis deux jours, Finn a été forcé de faire profil bas. Et dans ces cas-là, Anya refuse catégoriquement que leur emplacement soit révélé. Finn a dû emprunter l'entrée des artistes, comme se plaît à l'appeler Lincoln. Quelques heures de marche dans les égouts en passant par le fleuve, de l'eau jusqu'aux genoux, des rats qui couinent, la peur de se retrouver face à Wells Jaha, ou pire, Bellamy Blake et on avance tout de suite beaucoup plus vite.
Ils quittent rapidement les couloirs verdâtres, s'enfonçant plus profondément dans le sol. La lumière des néons se fait de plus en plus clair, les murs plus propres, et on ne sent plus l'odeur des égouts.
Finn suit Lincoln à travers le G.R.O.U.N.D jusqu'à la salle de commandes, située au centre de la base. Les deux étages qui s'enfoncent dans le sol sont peuplés d'ordinateurs devant lesquels des agents s'activent jour et nuit, surveillent l'A.R.C, mais aussi d'autres organisations, les populations, les plus grands dirigeants des pays du monde.
Au centre de tout cela, sur une estrade qui surplombe la salle, une femme surveille ses employés. Elle se tient droite comme un « i », les bras croisés dans le dos. Elle porte un long manteau en cuir, au col de fourrure sur lequel ses cheveux, un mélange de brun et de mèches blondes, se fondent sans soucis.
Finn s'éclaircit la voix, mais la femme se retourne, alertée comme par un sixième sens de sa présence. Elle lui lance un regard carnassier avant de lâcher sèchement :
« Monsieur Collins. »
« Anya. »
« Je crois que nous avons à parler, n'est-ce pas. Suivez-moi. »
Lincoln, resté en retrait lance à Finn un petit sourire encourageant. Son ami va regretter d'avoir laissé filer Clarke. Amèrement même.
o.O.o
Des maisons préfabriquées s'étendent de part et d'autre de cette route en terre. Ils ont garé la voiture plus loin et se sont séparés. Mbege et Murphy partent les premiers, avec trois minutes pour trouver la planque. Ce délai passé, Raven et Miller interviendront, prenant le risque de mettre l'équipe à découvert.
Murphy jette un coup d'œil à Mbege qui le suit, visiblement inquiet.
« Calme-toi, on va se faire démasquer. »
« C'est sûr qu'avec ta bagnole rutilante dans ce trou à rat, on est pas du tout exposé. » grogne Mbege en serrant plus fort son arme à sa ceinture.
Murphy lève les yeux au ciel. Qu'est-ce qui peut bien faire peur à Mbege ? Les malades du G.R.O.U.N.D. qu'ils sont en train de traquer, ou les colosses tatoués et armés jusqu'aux dents, qui les regardent passer comme des vaches regardent un train ?
« Eh ! »
Mbege fait volte-face et déglutit en découvrant l'espèce de biker qui se tient devant lui. Une main posée sur son arme, de l'autre, il sort un badge de sa poche.
« Police de Washington. On cherche Gustus. »
L'armoire à glace le dévisage avant de lui adresser un sourire édenté.
« J'vais vous laisser dix secondes pour vous barrer, les poulettes. Autrement c'est Gustus qui va s'occuper de vous... »
Mbege entend le bruit métallique de l'arme qu'on charge. Il va crever. Et... Non ? Pas de tir ? Pas encore du moins. Murphy a posé de la canon de son flingue sur la tempe du type.
« Tu vas nous emmener à Gustus. Et vite fait. » Menace l'agent de l'A.R.C.
Quelques mètres plus loin, Nathan et Raven observent la scène, cachés derrière l'épave d'une voiture.
« Qu'est-ce qu'il fout ce con ? » s'exclame Nathan.
Raven ne répond pas tout de suite, scrutant les alentours, à l'affut du moindre mouvement qui lui signalerait qu'ils ont grillé leur couverture. Mais rien. Le quartier est vide. Pas d'enfants dans les jardins. Personne aux fenêtres. Pas un voisin n'observe chez l'autre. Pas de lumière dans les salons. Personne à part ce type.
C'est un piège.
« Ils nous attendaient ! » s'écrie Raven.
Elle bondit de sa cachette, et s'élance vers les trois hommes qui se regardent maintenant dans le blanc des yeux, Miller à sa suite.
« Où est-t-il ? » hurle Raven en pointant elle aussi son arme sur l'homme.
« Là ! »
Une porte claque et une silhouette détale. Murphy assène un coup de cross au gars qui s'écroule comme une masse et s'élance à la poursuite de l'homme.
« Mbege, occupe-toi de lui. Reyes avec moi, Miller, couvre-nous. »
Raven pousse un soupir et suit Murphy. Le fugitif les distances d'une bonne dizaine de mètres et sa connaissance du quartier lui permet de les semer. Sans crier gare, il bifurque à droite et escalade un grillage avant de se retrouver dans un jardin. Raven n'hésite pas, elle se lance à suite, faisant signe à Murphy de contourner la maison.
Elle atterrit violemment sur le sol, laissant à l'homme le temps d'escalader un abri de jardin et d'atteindre le premier étage. La jeune femme pousse un flot de juron en escaladant elle aussi la maison de bois et continue sa course. Il est a quelques mètres d'elle, mais les balles ricochent sur les murs de l'étroit couloir alors qu'ils s'enfoncent un peu plus dans la maison déserte.
« Reyes ? » entend Raven en provenance du rez de chaussée.
« Là-haut ! »
Murphy jure en se prenant les pieds dans un tapis et cherche son chemin à travers les pièces sombres. Il débouche près d'un escalier. La rampe a été démolie, laissant un trou béant dans le mur. Des pas, des coups de feu et des grognements lui indiquent que Raven et l'homme ne sont pas loin. Il grimpe les escaliers, son pistolet chargé, prêt à tirer et tombé né à né sur leur cible. Celui-ci ne réfléchit pas, il se jette sur Murphy, l'entrainant avec lui dans sa chute le long de l'escalier puis se relève avec difficulté avant de s'enfuir.
« Bien joué... T'as glissé ? » Le taquine Raven en arrivant à sa hauteur.
« Ta gueule, Reyes. » grogne Murphy en acceptant la main qu'elle lui tend.
Un peu chancelant, Murphy suit Raven à travers la maison jusqu'à une porte entrouverte. Murphy la pousse d'un coup de pied. L'homme qu'ils poursuivent traverse la rue en courant jusqu'à une voiture de laquelle sortent désormais des armoires à glace couvertes de tatouages et habillés de cuir et de fourrure.
« Couche-toi ! » crie Raven en se jetant sur Murphy.
Dans leur chute, ils heurtent la porte qui claque avant d'être transpercée de balles, comme les murs de briques, le papier peint, le mobilier. Murphy ouvre de grands yeux. Raven vient probablement de lui sauver la vie.
Ils ne bougent pas, attendant que la pluie de balles cesse. Couchée sur Murphy, Raven protège leurs visages des éclats de bois du mieux qu'elle peut, tout en sentant le regard appuyé de l'agent sur elle.
« Ne te fais pas trop idée... » Lui murmure-t-elle en glissant à côté de lui. « Suis-moi. »
Il la suit en rampant jusqu'à la pièce voisine. Là, il se laisse tomber contre le mur alors que Raven contact le reste de l'équipe.
« Miller, Mbege, embarquez le type, barrez-vous. Le G.R.O.U.N.D est là. Je veux Wick sur le coup. Qu'il me suive cette putain de bagnole et nous en envoie une. »
Elle croise le regard amusé de Murphy.
« Quoi, encore ? » grogne-t-elle.
« Tu ne serais pas un peu autoritaire toi ? »
« C'est pour ça que tu m'as fait venir dans ton équipe nan ? » Lâche-t-elle en vérifiant que les grounders n'approchent pas plus près.
Murphy se redresse sur ses coudes. Ils vont revenir, c'est certains. Il se lève puis aide Raven à faire de même.
Pas un bruit dehors. Ils ont peut-être renoncé ? Murphy fait signe à Raven de ne pas faire de bruit et se penche pour mieux voir à travers les lambeaux de porte. Pour mieux voir la petite balle gris métallique que quelqu'un balance de l'extérieur.
« Grenade ! » hurle Murphy en attrapant Raven par le bras.
Il se jette, lui et Raven, à travers la fenêtre devant eux. Dans un bruit de verre brisé, ils s'écrasent dans le jardin, au milieu de débris de volets, alors qu'une partie de la maison explose derrière eux.
o.O.o
Octavia et Clarke quittent le cours de Miss Cartwig. Clarke, encore courbaturée, suit Octavia avec difficulté. Elles se séparent devant l'ascenseur. Alors que Clarke regagne son appartement, Octavia se lance à la recherche de son frère.
La jeune fille se fraie facilement un chemin sur le Pont, entre les agents pressés, tout en ruminant ses pensées. Elle n'apprécie pas du tout le comportement de son frère envers Clarke. Il file un très mauvais coton et Octavia a bien l'intention de le lui dire.
Il n'est pas au bureau de Kane, ni à la salle d'entrainement ou à son appartement. Elle pianote sur son bracelet et aussitôt, un plan de l'Arche apparait devant elle. Le point bleu qui clignote, c'est elle. Celui qui brille au soixante-dix-neuf, c'est son frère. Qu'est-ce que Bell fout à cet étage ? Elle va bien le découvrir. Et ça va barder.
Elle emprunte l'ascenseur et monte jusqu'à l'étage où le bracelet de son frère demeure. Elle marche avec rapidité jusqu'à l'appartement et tambourine à la porte.
Bellamy sursaute. Qui peut s'acharner ainsi ? Il jette un coup d'œil inquiet à Mel avant d'attraper son jean.
« Laisse frapper... » Murmure-t-elle en essayant de le ramener vers elle.
Mais Bellamy ne se montre aucunement réceptif. Il enfile son pull et ses chaussures rapidement et s'avance jusqu'à la porte.
Il tombe nez à nez avec Octavia.
« Qui est-ce ? » crie Mel du fond de l'appartement.
« Sérieusement, Bell ? Mel ?! »
Sa sœur le fusille de ses grands yeux verts. Bellamy n'a jamais sur résister à ce regard. Il ferme la porte derrière lui et entraîne Octavia plus loin.
« Qu'est-ce que tu veux ? »
« J'étais venue te passer un savon, mais il semblerait que je doive t'en passer deux... Mel, vraiment ? Bell, elle bosse pour Jaha ! »
« Techniquement, on bosse tous pour lui... » Fait remarquer Bellamy.
Octavia hausse un sourcil.
« Bon, sinon ? » Demande Bellamy alors qu'ils rejoignent le Pont.
« Je suis venue te parler de Clarke. »
« J'ai pas le temps pour ses histoires de petite princesse... » Soupire Bellamy en se poussant pour laisser passer des agents.
« C'est exactement de ça que je veux te parler ! Mais qu'est-ce qu'il te prend ? Qu'est-ce qui a pu faire que tu changes totalement d'avis sur elle ? » S'exclame Octavia.
« Je n'ai pas changé d'avis. La Princesse m'inspire pas. »
« Et qui t'inspire ? Mel ? Bon sang Bellamy ! Il y a une semaine, tu ne pensais qu'à elle. Tu lui fais visiter l'Arche alors qu'elle se trimballe en jupe courte devant toi, tu acceptes de la protéger à la fac. T'as pris une balle pour Clarke, une putain de balle Bell ! Et d'un coup, elle rejoint l'A.R.C. Et tu la hais ? C'est quoi ton... »
Octavia écarquille les yeux. Bellamy soupire. Sa sœur le perce toujours à jour. Il ne lui a pas fallu bien longtemps pour comprendre ce qui le tracassait.
« Tu es fâché qu'elle se soit engagée... » L'accuse Octavia en l'entrainant dans un couloir adjacent.
Bellamy baisse les yeux vers le sol. Oui c'est ça ! Octavia sent bien qu'il enragé de savoir que Clarke est là.
« Ce n'est pas ce que Jake voulait... » Marmonne-t-il.
Octavia éclaté de rire devant l'air boudeur de son frère.
« Tu ne sais même pas pourquoi elle est ici. »
« Parce que toi oui ? »
« Oui. » Le coupe Octavia. « Mais maintenant tu vas bien m'écouter, grand frère. » poursuit-elle en pointant son index sur son torse, « Ce soir, Raven et moi allons chez Clarke pour fêter son premier jour. Les autres seront là, alors tu vas la boucler, ramener ton cul et surtout, tu vas être gentil avec Clarke. Si Kane t'as assigné comme son S.O., c'est pour une bonne raison ! Et tant que tu ne connais pas les vraies raisons de sa présence ici, je ne te permets pas de la juger ! Compris ? »
Bellamy adresse un large sourire à sa petite sœur. Elle le rend si fier. Elle est devenue grande, forte et indépendante. Et malheureusement, elle a déjà trop d'influence sur lui.
o.O.o
Raven pose sa main sur le scanner et la porte coulisse, révélant Murphy, assis sur une table, face au biker de tout à l'heure.
« Ça avance ? » demande Raven en posant sa veste sur le dossier de la chaise qui l'attend.
« Ce mec est plus têtu que toi. Il refuse de l'ouvrir. » Soupire Murphy.
Raven lui adresse un regard noir puis s'approche de l'homme. Elle tourne lentement autour de lui avant de s'assoir sur la table juste devant lui.
« Où se trouve Gustus ? » dit-elle d'une voix sèche.
L'homme soutient son regard sans pour autant dire un mot. Raven soupire. S'il ne coopère pas, il va passer un sale quart d'heure.
« Où-t-il ? » s'exclame-t-elle en empoignant le bonhomme par le col de sa veste en cuir.
« C'est qu'elle s'énerve la gonzesse ! »
« Répond ! »
Raven le secoue par le col. Elle va perdre patience rapidement. Mais aucune réponse, alors elle le relâche.
« Tu ferais bien de répondre... » Menace la jeune agent. « Où je m'assurerais que tu pourrisses en taule. »
« Que dirais-tu de me détacher, et qu'on règle ça comme des hommes pour voir ! »
« Réponds-lui, plutôt. » Intervient Murphy en attrapant son couteau dans sa poche.
« J'parlerais qu'à quelqu'un du métier. Pas à une petite poule qui se la joue mauvais flic... »
C'en est trop pour Raven. Elle laisse son poing filer et lui assène un coup dans la mâchoire. Ça fait salement mal, mais qu'est-ce que ça soulage ! Le type grimace avant de cracher une dent.
« Je crois que tu ferais bien de répondre à la Dame... » Sourit Murphy en plantant son couteau dans la table.
L'homme déglutit. Quand Gustus lui avait parlé de ceux qui viendraient après lui, il n'avait pas mentionné ces gars bizarres, bien trop rodés pour être des flics.
« Il vous attendait... » Lâche-t-il.
Raven fait volte-face, un large sourire éclairant son visage. Elle reprend sa place face à lui et croise les bras.
« Mais encore ? » demande Murphy en se postant à côté d'elle par précaution.
o.O.o
Clarke rapporte les bols vides à la cuisine pour les remplir de nouveau. Dans le salon, on éclate de rire. Jackson leur raconte sa première rencontre avec Octavia et tous, sauf la jeune fille, trouvent cela hilarant.
On frappe à la porte et Clarke se presse d'aller ouvrir. Il va vraiment falloir qu'elle pense à rentrer ce stupide code. Elle oublie à chaque fois. Est-ce qu'il faut tourner la poignée en posant la main sur le scanner ou juste tirer la poignée ? Clarke, à moitié paniquée, y parvient tout de même.
Raven, accompagnée de Murphy, lui adresse un grand sourire. Tient ! Depuis quand sont-ils amis ces deux-là ? Elle les invite à entrer et Clarke voit apparaître derrière eux la silhouette de Bellamy.
Le maigre sourire qu'elle lui adresse fait trembler Bellamy. Le soir où il l'avait secourue des griffes de Finn, il l'avait trouvée magnifique dans sa petite robe courte. Mais la Clarke qui se tient devant lui, avec son slim noir, sa chemise blanche en mousseline, ses cheveux relevés en chignon et ses joues roses de surprises — et surement suite à l'alcool — est magnifique.
« Tu es venue... » Souffle-t-elle, visiblement enchantée.
« Ouais... Hum... Octavia m'y a forcé. » Répond Bellamy en passant sa main dans ses cheveux.
Clarke hausse les épaules et s'efface pour le laisser rentrer. Murphy est déjà affalé sur le canapé, entre Fox et Harper, qu'Octavia a invité. Il faut dire qu'avec la présence de Nathan et de Mbege, ainsi que celles de Wick, Jackson, Murphy et son frère, les filles se faisaient rares...
Bellamy se laisse tomber entre sa sœur et Raven. Les deux jeunes femmes discutent de Clarke, et se taisent à son arrivée.
« Qu'est-ce que tu fous là ? » s'indigne Octavia en le fusillant du regard.
Bellamy s'étire lentement.
« Tu m'as forcé à venir. Tu te souviens ? »
« Je crois que ce que ta sœur veut dire c'est : qu'est-ce que tu fous ici ? Sur le canapé. Alors que tu devrais être ailleurs... » Intervient Raven.
« Exacte, Raven ! » s'exclame Octavia en tapant dans la main de son amie.
Bellamy soupire. Il va faire revenir O' à leur appartement bien rapidement. Ces deux-là commencent à s'entendre un peu trop bien...
« Mais va la voir ! » s'écrit Octavia.
À moitié éjecté du canapé, Bellamy se lève et se dirige vers la cuisine, où Clarke peine à trouver des verres à champagne.
« C'est pas mal chez toi, Princesse... » Remarque Bellamy en s'accoudant au bar.
« Ne m'appelle pas comme ça, » proteste Clarke en ouvrant un nouveau placard.
« Tu sais que le champagne, on peut le boire dans des gobelets... » Poursuit Bellamy en contournant le bar pour s'approcher de Clarke.
« Chez moi, ça se boit dans des flûtes ! »
Elle croise le regard de Bellamy, et elle comprend aussitôt qu'il s'est joué d'elle.
« Tu vois, » murmure-t-il en se postant derrière elle. « C'est ce que je dis, une Princesse... »
Assises sur un canapé, Raven et Octavia ne quittent pas la scène de yeux. Clarke sent le rouge lui monter aux joues alors que Bellamy s'approche encore un peu plus d'elle.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
Bellamy sursaute. Cette question serait-elle devenue une habitude chez tout son entourage ? Il lance à Clarke un regard interrogateur.
« Un coup tu me sauves de Collins, puis tu la joues hyper protecteur et le lendemain tu me détestes, et tu le fais mordre la poussière ! Je me suis demandée ce que j'avais bien pu te faire pour que tu me haïsses autant, mais finalement, je m'en fiche ! Dès demain, je demande à Kane de me changer de superviseur et toi et moi n'aurons plus à nous voir que le jour où cette putain d'enquête sera terminée. »
Clarke s'arrête pour reprendre sa respiration, le visage rouge de colère. Bellamy la dévisage, incapable de bouger. Il n'arrive tout simplement pas à croire ce qu'elle vient de dire. Enfin, passe la partie où elle lui dit ses quatre vérités. Non, ça il a l'habitude... Mais plutôt le moment où elle a parlé de l'enquête. Son visage s'éclaire et Clarke découvre avec horreur qu'il a compris.
Renonçant à trouver des verres à champagne, elle pose la bouteille sur un plateau, et se dirige vers le salon.
« C'est pour ça que tu es là ! » s'exclame Bellamy en la suivant.
« Non... »
Clarke dépose le plateau sur la table et retourne à la cuisine, Bellamy sur ses talons. Il ne semble pas décidé à la laisser tranquille.
« Si ! Tu es là pour découvrir ce qui est arrivé à ton père ! »
« Tu t'entends un peu ?! » Soupire Clarke.
Elle tente de s'échapper, mais Bellamy la saisit par le poignet. Il plonge sommes yeux noirs dans les siens et Clarke sent qu'elle n'arrivera pas à mentir plus longtemps. Elle détourne le regard, vaincue.
« Tu es content ? » grogne Clarke en tentant de se libérer.
Bellamy resserre sa prise sur elle. Il sait que là-bas, ils n'en perdent pas une miette. La musique s'est éteinte et personne n'en met une nouvelle, trop occupé à suivre l'échange qui se déroule sous leurs yeux ébahis.
Tant pis. Autant jouer le jeu jusqu'au bout...
Il n'a qu'un pas à faire pour bloquer Clarke contre l'évier. La jeune femme tremble légèrement, peu habituée aux numéros de Monsieur Blake.
« Viens me voir à huit heures demain. On va faire de toi un véritable agent de l'A.R.C, Princesse... » Murmure-t-il à son oreille.
Il la lâche alors, laissant Clarke comprendre ce qui vient de lui arriver et, retrouvant son air paisible, il retourne auprès du petit groupe qui reprend sa conversation.
o.O.o
« Tu crois qu'elle fait quoi ? »
Monty pivote sur son fauteuil et regarde Jasper d'un air qui signifie « tais-toi ou le contenu de ce bécher va finir sur ta tête. ».
Jasper se laisse tomber sur le canapé et pousse un long soupire. Clarke ne leur a pas donné de nouvelle depuis qu'elle est revenue à l'université, accompagnée de ce soit disant flic-espion, avant de disparaitre de nouveau.
« Je l'trouve pas net ce type... » Continue Jasper en triturant les trous du canapé en cuir desquels la mousse s'échappe.
« Comme je trouvais Finn pas net... Et regarde ce qu'il s'est révélé être... »
Jasper sourit. Il a bien vu les épaules de Monty frémir.
« Qui sait... Peut-être que Clarke est enfermée quelque part... Toute seule... Affamée... Maltraitée... Torturée... V... »
« Ça va ! » S'écrit Monty, « ça va ! On appellera sa mère demain. Content ? »
« Yeah ! » Hurle Jasper.
Il bondit du canapé et attrape le portable de Monty, sur le bureau de son ami. Il pianote un numéro et lorsqu'enfin on décroche à l'autre bout de l'appareil, il couvre le micro pour se tourner vers Monty.
« Hawaïenne avec anchois et peppéroni ? » demande Jasper, un grand sourire aux lèvres.
Monty soupire. Son ami ne changera jamais... Toujours à s'inquiéter pour Clarke et à vouloir s'empiffrer l'instant d'après.
On frappe à la porte et Jasper cesse de fixer le travail de Monty pour aller ouvrir. Ça doit être le livreur.
« Bonsoir ! » chantonne Jasper en ouvrant avant de découvrir que le livreur n'apporte pas la pizza.
À vrai dire, sa tête rappelle quelque chose au jeune homme, qui en demeure pétrifié
« Elle arrive cette pizza ? » crie Monty du fond de l'appartement.
Ce dernier se fige en recevant l'homme qui se tient dans l'encadrement de la porte.
« Collins ? »
« Salut les gars. »
Oui, Finn est de retour ! * rire démoniaque *
Alors, dites-moi, qu'avez-vous pensé de cette petite mission avec Murphy et Raven en équipe ? Je n'ai pas prévu de les faire finir ensemble, ( on m'a presque menacé à coup de planche à roulette, oui oui, la concernée se reconnaitra ;) ) du fait de la présence de Wick.
Mais ce n'est pas pour autant impossible qu'ils soient amis, non ?
Le passage Bellarke n'était peut-être pas ce à quoi vous vous attendiez, désolé, mais il fallait bien qu'Octavie vienne y mettre son grain de sel, et que ça sorte ! Je l'aime bien en tant qu'entremetteuse de ces deux-là ;)
Et oui, Jasper et Monty sont un peu mal barrés... Des idées pour ce qui risque de les attendre ?
Bouhouhou, merci pour ta review :) Bon... ce qui est arrivé à Jake ne va pas être révélé tout de suite, mais je te promets que ça ne saurait tarder, il faut juste que Jasper et Monty s'en sortent avant ;)
J'espère que le petit passage entre Bellamy et Clarke t'a plu :)
Sur ce, je vous conseille une fiction qui vient d'être publiée... My Wicked Way With You, de Kanli. Si vous avez lu ses deux fictions précédentes ( Empire of Our Own et Crime of The Century ), alors vous connaissez déjà Alexia, sinon, je vous encourage vivement à aller la découvrir, parce qu'elle a retenu l'attention de Murphy, et je doute qu'elle soit sortie d'affaire ;)
Bonne soirée à tous et au prochain chapitre ;)
