Le volet métallique coulisse devant elle, faisant disparaitre Raven et Miller, ainsi que tout espoir pour Clarke de s'en sortir.
Ses yeux se font peu à peu à l'obscurité et elle est bientôt capable de réalisée qu'elle se trouve dans une ancienne usine de laquelle subsiste quelques machines sous des bâches et des câbles qui pendent des poutres. Les murs bétonnés s'élèvent sur six mètres de haut, hauteur à laquelle sont les premières fenêtres. La porte derrière elle est donc sa seule sortie.
Mais ce n'est pas ce qui inquiète le plus Clarke. Au fur et à mesure que Finn l'entraine un peu plus au cœur de l'usine, elle aperçoit des silhouettes jaillir de l'ombres, sombres, imposantes, menaçantes.
« Je croyais que c'était un échange à un contre un. » fait remarquer Murphy en désignant le groupe de grounders qui s'agrandit encore et encore.
« Tu es bien venu avec toute ton équipe. » s'exclame une femme parmi le groupe.
Elle s'avance et Clarke découvre, à sa grande surprise une jeune femme pas plus vieille qu'elle. Elle a de longs cheveux bruns et des yeux d'un bleu clair qui glacent le sang de Clarke, sans compter l'énorme manteau de cuir et de fourrures qui semble plus lourd qu'elle.
« Mon équipe me court après. Je ne penses pas qu'elle accepte de me reprendre après ça. Je vous livre tout de même la petite protégée de Kane et de Jaha. » continue Murphy.
Il gagne du temps, comprend Clarke. Alors elle regarde autour d'elle encore une fois, à la recherche d'un moyen de s'en sortir. Il y a bien un escalier qui mène aux ateliers, juste sous les poutres. De là, elle pourrait facilement atteindre les fenêtres mais si Finn tire dans la verrière, Clarke ne donne pas cher de sa peau.
« Clarke, on arrive ! » dit la voix de Raven dans leurs oreillettes.
Aussitôt, on tambourine à la porte, on tire dessus, Raven doit s'acharner, cherchent par tous les moyens une possibilité d'entrer.
« Allez Murphy, dégage maintenant. » soupire Finn. « Vous, occupez-vous d'eux. »
Clarke déglutit, les choses se présentent mal. La majorité des grounders disparaissent. Ne restent que la femme qui a pris la parole, Finn, et une armoire à glace que Murphy reconnait comme Gustus. Trois personnes. C'est jouable.
Murphy enfonce ses mains dans ses poches et s'approche de Finn. S'il n'était pas en mission et que la vie de Clarke n'était en danger, il lui ferait bouffer ses cheveux. Malheureusement...
« Je crois que tu m'as mal compris, Collins... » soupire l'agent de l'A.R.C, en s'approchant un peu plus. « Si tu ne m'aides pas, je reviens sur ma décision. »
Finn se retient de sursauter lorsque Murphy sort une arme de l'intérieur de sa veste, sans prévenir. Il n'a pas le choix, Clarke est sa seule solution de s'en sortir. Il l'attrape par le bras et pose son arme sur sa tempe.
« Recule où je la tue. Ce n'est pas un gilet pare-balle qui va la sauver. Et Blake n'est pas là pour vous sortir de ce merdier... »
À ce moment là, Clarke voit sa vie défiler devant ses yeux. Plus particulièrement ces dernières semaines. Et avec la colère qui monte en elle, elle sait ce qu'elle a à faire.
Murphy baisse son arme, le doute passant dans son regard. Il sait que Finn est prêt à tout pour sauver ses fesses, mais si cela implique de blesser Clarke. C'est tout ce dont Clarke avait besoin, car Finn, satisfait, diminue la pression qu'il appliquait sur sa tempe.
Pas de temps à perdre. Elle attrape sa main, le désarme et pousse le pistolet jusqu'à Murphy. Puis elle déséquilibre Finn et passe ses mains de chaque côté de son cou, l'étranglant ainsi avec ses menottes.
Gustus et la femme tentent de réagir mais Finn les en empêche. Lexa — Finn a crié son nom d'une voix éraillée — se fige et fusille Clarke du regard alors que Murphy les menace, désormais en possession de deux armes. Ce dernier recule lentement pour aller ouvrir la porte.
Raven apparait, fulminante de rage, Miller et Mbege à sa suite. Si Mbege est là, alors Wick aussi. Avec un peu de chance, Bellamy n'est pas loin.
Finn tombe à genoux sous le manque d'air, et Clarke en profite pour se détacher. Maintenant que Raven est là, il est à parier que Finn aura le droit à un traitement de faveur, et les menottes qu'elle porte aux poignets seront parfaites pour lui.
« Où sont les autres ? » demande Clarke, soudainement inquiète.
Raven n'a pas le temps de répondre. La dizaine de grounders qui avait disparut arrive en masse par la porte derrière elle.
« Clarke ! Cache-toi ! » s'écrit Raven. « Wells ! Ramène-toi ! »
Clarke se jète à peine derrière un baril que les balles pleuvent. Déjà deux agents de G.R.O.U.N.D sont à terre, touchés par Murphy qui s'en donne à cœur joie. Lui et Raven empêchent les grounders d'entrer alors que Miller et Mbege se sont lancés à la recherche de Finn qui, aidé par Lexa et Gustus, a disparu.
D'une main maladroite, Clarke sort de son gilet l'arme que Bellamy lui a donné. Elle tremble mais parvient tout de même à la charger et tire dans la jambe d'un type un peu trop près de Raven. L'homme se plie en deux sous la douleur et Murphy en profite pour lui coller une balle dans le dos.
Clarke réprime un frisson. Ce mec est vraiment flippant...
« Raven, je suis en chemin. Tenez bon, les renforts arrivent. » dit la voix assurée de Wells.
Pour la première fois de sa vie, Clarke sera heureuse de voir Wells débarquer. Peut-être auront-ils une chance de s'en sortir vivant, étant donné le nombre de grounders qui ne cesse d'augmenter. Combien sont-ils ? Quinze ? Vingt ? Combien sont morts ? Trop pour que Clarke ne soit pas inquiète par ce flot incessant d'hommes qui descendent désormais à travers la verrière. Elle doit être très importante à leurs yeux pour que le G.R.O.U.N.D envoie près d'une cinquantaine d'agents se faire tuer par Raven et Murphy.
Miller et Mbege reviennent, traînant Finn et Lexa derrière eux. Gustus s'est échappé, encore. Et à voir la tête de Miller, ça ne lui plait pas du tout.
« Derrière vous ! » crie Clarke en voyant un agent fondre tout droit sur eux en descendant du plafond.
Sans réfléchir, elle sort de sa cachette et tire toutes ses balles sur l'homme pour l'empêcher de blesser ses amis. C'est un cadavre et trois blessés qui tombent au sol sous le regard étonné de Murphy. Cette petite à peut-être du potentiel, après tout.
Une main se pose sur l'épaule de Clarke et on la tire en arrière. Un homme imposant au visage couvert par une immense barbe et des peintures de guerre, ses cheveux ramenés en arrière par des nattes, la tient fermement.
Ce doit être Gustus...
« Viens par ici toi... Lexa, allons-y ! Laisse Collins, j'ai la fille ! »
Lexa s'élance dans leur direction, mais son regard s'assombrit aussitôt. Clarke se fige. Et s'ils décidaient de la tuer ? Dans une dernière tentative, elle essaye de se libérer, mais Gustus la ceinture sans soucie.
Plus aucun grounder n'entre, mais les agents de l'A.R.C, aidés par Wells qui vient d'arriver, sont trop occupés pour voir que Clarke a besoin d'aide. Son cœur se serre lorsqu'elle se rend compte que Bellamy n'est pas là. Elle aurait dû le faire sortir de la voiture avant que Murphy ne l'embarque.
« Lâche-moi ! » grogne Clarke à Gustus.
Lexa lève son arme vers elle, prête à tirer. Elle va mourir, cette fois-ci c'est sur. Un bruit métallique retentit derrière elle et Gustus desserre sa prise, avant de s'effondrer au sol. La jeune femme se retourne. Il lui faut un certain temps pour réaliser de qui il s'agit.
« Bellamy... » souffle-t-elle en se jetant dans ses bras.
« Wow ! Doucement Princesse ! »
Cette fois-ci, il n'hésite pas et la serre contre lui. Elle s'en est sortie, il en était sûre. Clarke se détache de lui et pose ses mains sur ses joues. Il est couvert de coupures sur son visage, ses mains et son t-shirt comme son pantalon sont déchirés.
« J'ai croisé la route de quelques grounders... » explique-t-il en éclatant de rire devant l'air concerné de Clarke.
Pourtant, il n'a pas du tout envie de rire. Il sent le souffle chaud de la jeune femme sur son visage alors qu'elle garde ses mains sur ses joues.
« Eh les gars ! » s'écrit Murphy. « Ce serait peut-être le moment de ... »
Il s'interrompt pour frapper un homme au visage, le faisant tomber devant Raven qui se charge de l'abattre.
« De venir nous donner un coup de main ! »
Bellamy sourit. Il s'occupera de Murphy plus tard. En attendant, Lexa a fuit, Collins aussi manifestement, mais les agents ennemis ne sont pas pour autant moins nombreux. Il sort de sa veste son arme et la tend à Clarke.
o.O.o
Désormais au centre de l'usine, les sept agents de l'A.R.C se retrouvent entourés de grounders. Dos à dos, ils dévisagent leurs assaillants sans pour autant attaquer les premiers.
« Où est Wick ? » glisse Clarke à Raven sans quitter des yeux la petite femme trapue qui se tient devant elle.
« J'en sais rien, mais il n'est jamais là quand il faut. »
« Je t'ai entendu, Reyes... » grogne Wick à l'autre bout du micro. « Laissez-moi dix secondes et je viens vous sortir de là. »
« Bah tu ferais mieux de te magner ! » s'écrit Mbege en esquivant un coup.
La joute est lancée. Clarke n'a jamais vu ça. Aussitôt, les agents de l'A.R.C se lancent dans une lutte contre les grounders. Quand ils ne tirent pas, ils frappent, assomment, se battent avec tout ce qui leur passe sous la main, un couteau, une crosse de pistolet, une barre en métal, ils passent l'adversaire au voisin qui l'abat d'une balle et s'en prennent au prochain.
Clarke, prise au milieu de tout cela, ne sait pas trop quoi faire. Ils n'ont pas besoin d'aide, ils s'en sortent très bien sans elle et...
Un cri déchire le semblant de silence qui règne dans l'usine. Mbege tombe à terre, touché par une balle. Clarke se précipite vers lui pour l'aider à se relever. La petite femme trapue se rue sur eux alors Clarke ne réfléchit pas, elle tire. Elle s'écroule à leurs pieds, du sang tachant sa veste en fourrure, une expression de peur sur le visage.
Elle se retourne vers Mbege pour voir sa plaie. Le jeune homme, les yeux écarquillés défait sa veste, révélant un gilet pare-balle. Clarke laisse échapper un soupire de soulagement.
« Je suis la ! » s'écrit la voix triomphante de Wick alors qu'une échelle tombe de l'un des carreaux brisés de la verrière.
« Pars ! » lui ordonne Wells.
Mbege relève Clarke. La jeune femme a posé ses yeux sur la femme qu'elle a abattu et se soudainement nauséeuse. Il la porte à moitié jusqu'à l'échelle et s'accroche derrière elle le temps que Wick les remonte. Leurs amis disparaissent alors qu'ils s'élèvent au dessus de l'usine désaffectée.
Bientôt, Wells et Miller les rejoignent, laissant Bellamy, Murphy et Raven s'occuper des derniers grounders les plus tenaces.
« Bien joué Wick ! » le félicite Raven en se laissant tomber dans le cockpit à ses côtés.
Clarke sourit en voyant ses deux-là se rapprocher. Mais elle surveille toujours l'usine de laquelle Bellamy comme Murphy ne sont pas encore sortis.
« Hum les gars ? » murmure Miller en quittant un instant la fenêtre où il s'était posté. « Je crois qu'on a un problème. »
Toutes les têtes pivotent vers le côté gauche de l'appareil. Derrière les immeubles, on voit apparaître deux énormes hélicoptères bruns, frappés d'un G rouge.
Sous demande de Wick, Raven prend les commandes. Pendant que Wells ordonne aux deux agents restés en retraits de remonter, Wick estime le temps dont ils disposent avant de se retrouver dans la fenêtre de tir des nouveaux arrivants. Car il est bien entendu qu'ils ne sont pas venus prendre le thé.
Une dizaine de mètres plus bas, s'échapper ne semble pas si facile. Murphy se laisse tomber à terre, évitant de justesse un couteau que vient de lancer Gustus, fraîchement réveillé et de très mauvaise humeur, qui va ricocher contre le sol en béton du bâtiment.
Bellamy, lui, tente de désarmer le molosse qui se tient devant lui, sans grande réussite. La taille du grounder le rend plus lent que Bellamy, mais sa carrure imposante le fait plus résistant. Le jeune homme a beau y mettre toutes ses forces, il n'est parvenu en tout et pour tout qu'à lui casser le nez et lui fait cracher deux dents alors que l'autre le mettra K.O en deux coups de poings bien placés.
« Les gars, magnez-vous un peu ! » les supplie Miller, pas décidé à mourir aujourd'hui.
Plus facile à dire qu'à faire... Lentement, les deux coéquipiers se rapprochent de l'échelle, jusqu'à se retrouver dos à dos.
« C'est à ce moment-là que tu sors ton coup secret, Blake. » fait remarquer Murphy en regardant autour de lui à la recherche d'un échappatoire.
Bellamy lui aussi réfléchit à toute allure. S'ils s'accrochent à l'échelle tout de suite, Gustus et son acolyte auront tout le temps nécéssaire et le visuel parfait pour les descendre. Réfléchis Bellamy ! Qu'est-ce que tu ferais ? Qu'est-ce qu'aurait fait Jake ?
Derrière eux, l'échelle commence à remonter, Wick doit avoir de plus en plus de mal à maintenir l'hélicoptère à basse altitude.
« Blake, t'as intérêt à remonter tout de suite où sinon... » le menace Wells.
« Ça va, ça va ! Murphy, je crois qu'il est temps de baisser le rideau. » dit Bellamy en désignant d'un signe du menton les tuyaux qui recouvrent les murs.
Avec un peu de chance, ils transportent du gaz qui opacifiera l'air, leur permettant de s'échapper. Au signal de Bellamy, les deux agents vident leurs cartouches sur ces tuyaux. Un sifflement retentit et aussitôt, l'usine est envahie par une fumée opaque et acre, qui emplit les poumons et pique suffisamment les yeux pour que les grounders leur laissent le temps de s'échapper.
Bellamy et Murphy attrapent les derniers barreaux de l'échelle alors que Raven fait s'élever l'hélicoptère dans les airs. L'un après l'autre, ils grimpent jusqu'à la cabine, secoués par le vent et l'air remué par les pales.
« Enfin... » soupire Raven.
Elle appuie alors sur un bouton et éloigne l'appareil de l'usine. En bas, Gustus a réussi à sortir de l'usine. Il lève la tête vers le ciel et à peine voit-il Bellamy rentrer dans l'hélicoptère, que déjà l'appareil se couvre de panneaux réfléchissants et devient invisible.
Il laisse échapper un cris de rage. Anya ne va vraiment pas être contente.
o.O.o
Monty enfile les vêtements propres qu'on lui a donné. De l'autre côté du paravent qui l'abrite, il entend Jasper pester. À vrai dire, il n'est pas forcément ravi de se faire désinfecter la moindre coupure par ce soit-disant Jackson.
« J'aimerais vraiment savoir où nous sommes... » soupire Jasper sans cesser de gigoter.
« Je ne peux pas te le dire. » répète le médecin pour la énième fois.
« Peut-être que Clarke pourrait nous le dire, dans ce cas... » répond Jasper, un sourire angélique sur les lèvres.
« Oui, où est Clarke ? » demande Monty, désormais vêtu d'un pull et d'un jean.
Jackson soupire. Comment a fait Clarke pour supporter ces deux types ? Quoi qu'il en soit, si Jackson tient à sa santé mentale, il ferait bien de contacter Clarke. Espérant se trouver à l'abris des regards, il se tourne pour pianoter sur son bracelet.
« Clarke... Ils vont me rendre fou. Viens ici, s'il te plaît. »
« Wow ! » s'exclame Jasper en bondissant de la table d'opération.
Il attrape le poignet de Jackson, détaillant son bracelet sous tous les angles. Il l'a vu s'adresser à Clarke à travers ce bout de métal, et il est presque certain d'avoir entendu une réponse.
« Clarke ? » crie-t-il en approchant sa bouche du bracelet. « Clarke ! Répoooond-moooiiii »
« Pas la peine de crier, Jasper, je suis là. »
Clarke se retrouve prise entre ses deux amis qui la serrent dans leurs bras comme si leurs vies en dépendaient. Bien que ce fut le cas quelques heures plus tôt... Elle adresse un clin d'oeil à Jackson qui a joint les deux mains en signe de remerciement.
La porte s'ouvre mais Clarke, toujours prise au piège dans les bras de ses amis, ne peut voir de qui il s'agit. A voir comment Jasper s'agite, ce doit être important.
« Nom d'un chien ! » s'écrit-il. « Wells Jaha est de retour ! »
Clarke fait volte-face, se retrouvant nez à nez avec son ancien ami. Elle lui adresse un regard froid auquel il répond par un sourire gêné.
« Mon père te demande. » dit Wells, éclaircissant ainsi sa gêne.
Clarke soupire. À peine arrivée, qu'elle va déjà se faire virer.
o.O.o
Bellamy est dans le bureau de Jaha quand Clarke y entre. Il n'adresse pas le moindre regard à la jeune femme, trop occupé à se faire sermonner par Jaha.
« Vous pouvez disposer. » dit Jaha d'une voix sèche.
Alors Bellamy se lève, il pivote sur lui-même et s'éloigne vers la porte. Il ne répond pas au sourire encourageant de Clarke, conscient de ce que cela provoquera chez la jeune femme, mais peut-être que c'est mieux ainsi.
Clarke fait de son mieux pour garder un sourire sur ses lèvres. Thelonius ne doit pas voir à quelle point l'attitude de Bellamy à son égard l'affecte. Elle prend place dans le fauteuil qu'il lui désigne, croise les jambes pour se donner une contenance et attend le verdict.
« Clarke Griffin. Nous avons un problème. »
La porte du bureau se referme, étouffant les paroles de Jaha. Clarke va passer un sale quart d'heure, mais avec un peu de chance, sa place de favorisée va lui rendre la sanction moins dure.
Bellamy passe devant Mel, qui lui lance un regard aguicheur, et rejoint le Pont au plus vite. Murphy a terminé son débriefing et doit probablement l'attendre.
Comme Bellamy l'avait présagé, Murphy attend devant l'entrée de l'Arche, au volant de sa voiture, une voiture de course noire rutilante. Bellamy, soudainement d'humeur grincheuse, se laisse tomber sur le siège passager. Il n'a pas bouclé sa ceinture que Murphy démarre déjà en trombe.
o.O.o
Murphy jète un regard en coin à son ami qui, accoudé au bar, semble en pleine contemplation de la bière qu'on lui a servit.
Ils sont entrés dans le premier bar qu'ils ont trouvé, suffisement éloigné de l'Arche pour ne pas être dérangés. Un bar irlandais. Le Monroe's. Quel nom stupide. Murphy a bien vu que son ami à quitté le bureau du directeur dans une humeur massacrante, à vrai dire, il s'en doutait un peu. Quelques bières et une discussion à cœurs ouverts sont le traitement le plus efficace qu'il connaisse.
« Tu vas la boire cette bière, ou tu attends qu'elle s'évapore ? » demande Murphy d'un ton sarcastique.
Bellamy attrape la chope et en vide la moitié en quelques gorgés, avant de la poser sur le bar avec fracas. Il n'est pas d'humeur à plaisanter, plus maintenant.
« Eh le rabat-joie. C'est quoi ton problème ? Oh non, ne répond pas, laisse-moi deviner. Ça entre à peine à la fac, ça se déhanche devant toi en jupe courte et talons hauts, ça a de longs cheveux blonds et de beaux yeux bleus, du cran, et plus particulièrement, ça a froissé ton égaux en refusant de te céder. »
« Clarke n'est en aucun cas mon problème. » grogne Bellamy en vidant le reste de sa bière d'une traite.
« Tu es celui qui a ramené Clarke sur le tapis. » souligne Murphy en faisant signe au serveur de leur rapporter une autre bière. « Allez mec ! Je vois bien dans quel état ça te met, il faut que tu réagisse ! »
« Ah tu vas pas t'y mettre ? D'abord ma sœur, et après toi ? » s'écrit Bellamy.
« Je dis juste qu'il faut que tu te la sortes de la tête... »
« Et ensuite ? Je me la tape et je m'barre comme un voleur ? C'est ça que tu proposes ? »
« Non... » soupire Murphy. « Plutôt que tu te serves de ta tête. Arrête de te comporter comme ça, Bellamy. Ne la cherche plus, sois juste gentil avec elle, pourquoi tu t'entête ? Tu peux avoir toutes les filles que tu veux. »
À ces mots, il désigne la serveuse qui reluque Bellamy depuis qu'ils sont entrés dans le bar. Le jeune homme quitte un instant sa bière du regard pour poser son attention sur la jolie brune qui lui lance des regards qui en disent long. En d'autres occasions, il aurait bondit sur l'opportunité, faisant faux-bond à Murphy pour passer la soirée avec cette serveuse. Mais ce soir, il n'est pas sur de le vouloir.
Non ce soir, celle qu'il veut c'est Clarke Griffin.
o.O.o
« Je pense que cela fait officiellement de vous un agent de terrain, Mademoiselle Griffin. »
Clarke écarquille les yeux. Elle qui pensait avoir le droit aux plus grandes représailles suivies d'une menace d'expulsion, la voilà félicitée.
« Vous pouvez disposer. » ajoute Jaha d'une voix aussi sèche que celle qu'il avait utilisé pour congédier Bellamy quelques minutes plus tôt.
Clarke se lève, et quitte le bureau sans demander son reste. Une fois dans l'ascenseur, elle regarde attentivement l'arme que Jaha lui a donné pendant leur entrevue. C'est son arme, à elle. L'arme avec un numéro de série lié à son dossier. L'arme dont elle se servira durant ses prochaines missions.
La jeune femme est perdue dans ses pensées lorsque l'ascenseur atteint le quatre-vingt-troisième. Elle pousse quelques agents pour quitter la cage de verre et rejoint son appartement. La porte est entrouverte. Alertée, Clarke sort son arme de sa poche et la charge avant de pousser la porte du pied.
« Clarke ! » s'exclame l'intrus en apercevant la jeune femme.
« Maman... » souffle Clarke en se précipitant dans les bras de sa mère.
Clarke pose son arme sur le bar et invite sa mère à s'assoir dans les vastes canapés. Elles discutent longtemps, rattrapant ces dernières semaines durant lesquels elles n'ont pu ni se voir ni communiquer.
« Tu restes pour dormir ? » demande Clarke pleine d'espoir.
« Je rentrerais tard, Callie m'a donné rendez-vous. Mais j'ai cru comprendre qu'Octavia et Raven souhaitent organiser une sorte de fête de bienvenue pour tes amis. »
« Oh ça... » soupire Clarke à l'idée de ce qui l'attend.
Sa mère se lève alors.
« J'ai une dernière chose à te montrer, ma chérie, avant de partir. Tes invités ne vont pas tarder. »
Clarke suit sa mère jusqu'à sa chambre, à l'étage. En passant devant son atelier, elle constate qu'on y a installé un chevalet et que sa mère a apporté le matériel dont elle disposait chez elles. Mais ce n'est manifestement pas la surprise à laquelle Abby faisait allusion.
Une housse de pressing est déposée sur le lit de Clarke, ainsi qu'une boîte à chaussure. La jeune femme y découvre à l'intérieur une jupe près du corps gris anthracite ainsi qu'un blazer de la même couleur, et dans la boîte à chaussures, des escarpins noirs vertigineux.
« C'est un rite de passage ici, à l'A.R.C., tout nouvel agent se voit offrir un costume qu'il doit mettre pour toute rencontre avec ses supérieurs, et en mission, dans la mesure du possible... Cependant, » reprend Abby, « j'ai discuté avec tes amies et nous en avons convenu qu'il serait plus judicieux de t'offrir ceci... »
Joignant le geste à la parole, Abby sort de sous le lit de Clarke un grand sac, qu'elle tend à sa fille. Clarke le prend délicatement, un grand sourire sur le visage. Elle sort de ce sac un pantalon noir aux coutures apparentes et possédant de multiples poches, une paire de grosses bottes noirs, une ceinture munie d'un étui pour y glisser son arme fraîchement acquise, et dans le fond du sac, une veste en cuir, un perfecto noir aux épaules renforcées — sécurité de l'A.R.C. oblige — et aux nombreuses poches, internes comme externes.
« Je pense que cela conviendra mieux aux missions qui t'attendent. » explique Abby alors que sa fille se rue dans ses bras.
o.O.o
Monty et Jasper, après avoir visité l'appartement dans lequel ils logeraient pour un certain temps, ne pensaient pas qu'un appartement plus grand soit possible. Et pourtant, en entrant dans celui de Clarke, ils se trouvent forcés d'admettre qu'ils avaient tort.
Tous les autres sont là et les meilleurs amis de Clarke sont accueillis à coup d'accolades, de verres grassement remplis et de rires. Wells et Atom sont de la partie ce soir. Wells car ancien ami de Jasper et Monty, Atom parce qu'Octavia s'est presque mise à genoux devant Clarke pour qu'elle accepte de l'inviter. Ne manque plus que Bellamy Blake.
Clarke pousse un long soupire alors qu'elle rejoint la cuisine où Raven s'active à la préparation de cocktails.
« Tu sais qu'il viendra ?! Murphy me l'a juré. » lui dit Raven, bien consciente des pensées qui assaillent son amie.
« Tu es amie avec Murphy toi maintenant ? » s'exclame Clarke, haussant un sourcil.
Raven hausse les épaules.
« Il est sympa finalement. Et malgré les dires, il est très sérieux sur le terrain. »
Puis, passant du coq à l'âne, elle ajoute :
« Wick m'exaspère. », ce qui provoque le rire de Clarke.
« Tu as accordé une chance à Murphy, tu ne crois pas que tu pourrais faire de même avec Wick ? »
Raven prend en considération la demande de son amie. Elle sait que cette dernière a raison, pourtant, elle refuse de se l'avouer. N'attendant pas de réponse, Clarke retourne au salon, où Jasper se fait mener par le bout du nez par Murphy, qui vient juste d'arriver.
« T'es celui qui a livré Clarke. C'est quoi ton petit nom ? »
« Murphy. John Murphy. » répond celui-ci avec un air des plus sérieux sur le visage.
Jasper se fige. Il se moque de lui là où bien... ? Ou bien est-ce le cas de tous ces agents secrets à qui il demandera leurs noms ? Quoi qu'il en soit, il s'en fiche. Après tout, c'est bien trop cool d'être au cœur d'une organisation top secrète pour se préoccuper de l'humour douteux de ceux qui y travaillent.
La porte de l'appartement s'ouvre, et celui que Monty reconnait pour être " Blake Bellamy Blake " apparait. Il salut l'assistance puis, avisant une place sur le bord du canapé près de Clarke, s'y assoit.
Il sent la jeune femme se figer alors que leurs bras se touchent. Fier de son effet, il retient cependant un sourire et accepte le verre que lui tend Jasper d'un air méfiant. Le sourire sur les lèvres de l'ami de Clarke n'annonce rien de bon. N'est-il pas celui connu pour ses mélanges alcoolisés étranges ? Hum... Après les deux bières qu'il s'est enfilé avec Murphy, la soirée risque d'être forte en surprise...
o.O.o
Jackson et Wick viennent à peine de partir que déjà, Miller et Mbege font de même, accompagnés par Wells. Tous trois ont une mission aux aurores. Wells en profite pour ramener Monty et Jasper à leur appartement. Les réfugiés doivent être chez eux à minuit au maximum et ils ont déjà désobéi au couvre-feu de près de deux heures.
Ne restent plus qu'Octavia, Raven, Murphy et Atom lorsque Clarke, aidée de Bellamy, débarrasse les verres restant. Pas question que sa mère voit son appartement dans cet état.
La vision embuée — et l'équilibre largement diminué — par l'alcool, Clarke se fraie un chemin jusqu'à la cuisine, zigzaguant entre le mobilier et pose peut-être un peu trop violemment le plateau sur le bar.
« Eh ! Doucement, Princesse... » s'exclame Bellamy, de plus en plus proche de Clarke.
« Je t'avais demandé de ne plus m'appeller comme ça. » soupire la jeune femme en chargeant les verres dans le lave-vaisselle.
« Ne me dis pas que ça te dérange... » murmure Bellamy à son oreille alors qu'elle se redresse pour prendre d'autres verres.
« Arrête ça tout de suite ! » s'écrit Clarke lorsqu'elle sent les mains de Bellamy se poser sur sa taille.
Son cri fait sursauter les derniers invités. Raven adresse un regard inquiet à Clarke, mais son amie semble très énervée. Discrètement, elle fait signe à Octavia et aux deux jeunes hommes qu'il est l'heure d'y aller. Autant laisser ces deux là régler leurs comptes seuls.
Ils saluent tous Clarke de loin. Murphy, qui s'apprête à sortir, s'assure que Bellamy est le seul à le voir et lève ses deux pouces en l'air à l'attention de son ami, sachant très bien que cette soirée risque de mal finir.
Lorsque la porte se referme, et qu'elle se retrouve seule face à Bellamy, Clarke ne sait pas si elle doit se sentir rassurée ou bien plus inquiète. Quoi qu'il en soit, elle décide de régler ce problème rapidement ne souhaitant qu'une seule chose, avaler un cachet d'aspirine et aller dormir.
« C'est quoi ton problème ? » s'exclame Clarke, faisant face à Bellamy.
« On a déjà eu cette conversation... » soupire Bellamy.
Il prend place sur l'un des tabourets entourant le bar, sans quitter Clarke du regard. Qu'est-ce qu'elle est sexy quand elle est énervée.
« Et pourtant, elle ne semble pas avoir eu grand effet sur toi. » rétorque Clarke, qui s'adosse au plan de travail. « Tu te conduis toujours comme le parfait connard après avoir été presque trop parfait toute la journée, à jouer les héros. Et il suffit d'un rendez-vous avec le directeur pour que tu redeviennes comme avant ? J'en ai assez de subir ça tous les jours Bellamy. Ça me fatigue. »
Elle s'arrête pour reprendre son souffle et Bellamy en profite pour lui adresser un sourire éclatant. C'est bon ? Elle s'est calmé ? Va-t-il enfin pouvoir l'approcher ou compte-t-elle attaquer comme elle sait si bien le faire ?
« Ne t'approche pas de moi, tu es ivre. »
« Tu ne tiens pas debout, Princesse. » répond Bellamy sans relever l'interdiction. « Tu as bu autant que moi. »
Il s'avance lentement vers Clarke de peur de la faire fuire. La jeune femme le regarde sans bouger, curieuse de voir jusqu'où il est capable d'aller avant de réaliser qu'il fait une erreur.
Malheureusement pour elle, Bellamy est tout à fait conscient de ce qu'il est en train de faire. Il sait que c'est le seul moyen qu'il a de passer outre Clarke et son regard bleu qui l'attire sans cesse, et qui, à ce moment, le fusille. C'est donc en toute connaissance de cause qu'il réduit à néant le dernier espace entre eux.
Clarke a désormais la tête qui tourne. Et ce n'est pas uniquement dû à l'alcool qui réchauffe ses veines. Non, c'est plutôt la présence de Bellamy qui la met dans cet état. Il est si proche d'elle sans pour autant la toucher et c'en est... Frustrant. Elle sent son souffle chaud alors qu'il rapproche son visage de plus en plus près du sien.
« Tu ne m'arrêtes plus ? » murmure-t-il à son oreille.
Un frisson secoue Clarke, et Bellamy se fait un plaisir de le remarquer. Il recule un peu sa tête et plonge ses yeux noirs dans le regard azur de Clarke. Il va craquer, il le sent. Surtout si Clarke ne se défait pas de cet air de défis, surtout si elle ne bouge pas. Cependant, contre toute attente, ce n'est pas lui qui rompt définitivement la distance qui les sépare.
Clarke n'y tient plus. Elle se hisse sur ses pieds et pose ses lèvres sur celles de Bellamy. Leur baiser est chaste, aucun des deux ne bouge, trop surpris par ce qui est en train de se passer. Mais rapidement, Bellamy pose ses mains sur sa taille. Il plaque son corps à celui de la jeune femme, s'appuyant un peu plus sur le plan de travail et tente d'approfondir leur baiser.
« Et bien et bien... » retentit une voix alors que la porte se referme. « Je ne m'attendais décidément pas à ça. »
Alors ? Oui Murphy n'est pas si mauvais que ça ;) Mais c'est pas pour autant que Clarke est sortie d'affaires !
J'attends avec impatience vos reviews ! Et je vous remercie encore de suivre cette fic, ça me fait plaisir de voir que vous êtes nombreux :)
Je vous souhaite à tous un très bon week end :)
K. Brooks
