Hey !
Voila un moment que je n'ai pas posté, même si j'avais promis à beaucoup d'entre vous que je publierais plusieurs chapitres de suite. Malheureusement, avec les résultats du bac et un départ en vacances un peu précipité, je n'ai pas eu le temps ...
Je m'excuse donc de ne pas avoir répondu à vos reviews, mais merci à Bouhouhou, Klaroline22, Athenaa et clarkeblake8. Je me ferais un plaisir de vous répondre quand j'aurais vraiment le temps !
Alors voila le chapitre 9 ...
Clarke se balance de droite à gauche sur sa chaise, autant que ses jambes le lui permettent. De l'autre côté de la grande table de réunion, Bellamy, poings sur la table, la fixe d'un regard noir.
« Clarke. Tu n'as qu'à me dire si ça ne t'intéresse pas. »
Tient tient... Ça lui rappelle quelque chose. Il se revoit un mois plus tôt dans cette même salle de réunion, à regarder par la fenêtre, forcé d'écouter le plan merdique de Wells avant que Kane et le directeur lui-même viennent les sortir, lui et Murphy, de la réunion.
Clarke se redresse et baisse la tête vers ses notes, les joues roses. Alors Bellamy reprend son explication. Ils vont rendre visite à Monsieur Felmann, un ingénieur qui avait, il y a quatre ans de cela, été victime d'attaque et de harcèlement de la part du G.R.O.U.N.D., entre autre, et de plusieurs autres organisations privées.
L'enquête sur la mort de Jake a été réouverte il y a peu, mais Kane et Bellamy s'étaient déjà démenés pour trouver une quelconque piste, loin de se douter que Clarke les rejoindrait entre temps. Aussi, pendant que Bellamy rappelle brièvement à Clarke ce qu'ils ont découvert depuis deux mois, la jeune femme griffonne sur son carnet. Elle sursaute lorsqu'une silhouette s'assied sur la table, juste devant elle. Clarke lève les yeux et son regard croise celui de Bellamy.
« Je t'écoutais... » murmure-t-elle en déchirant son dessin.
« Oui oui, bien essayé Princesse ! Allez viens, on va voir ce que tu vaux en mission. »
Ils quittent la salle de réunion pour rejoindre le Pont. Bellamy marche rapidement et Clarke s'efforce de le suivre au milieu de ces agents qui la bousculent. L'ascenseur est bondé. Clarke se retrouve collée à Bellamy.
« Ça va ? Tu profites de la vue ? » grogne-t-elle en remarquant qu'il fixe son décolleté.
Bellamy lui adresse un sourire narquois avant de répondre.
« Pas autant que toi, de la situation. »
Clarke lève les yeux au ciel et décide de l'ignorer jusqu'à ce qu'ils quittent cet ascenseur de malheur. Ils font un tour par l'armurerie où Bellamy fourre dans un sac deux gilets pare-balle, qu'il tend à Clarke le temps qu'il prenne suffisamment de munitions, au cas où les choses dérailleraient.
« Tout ça ? » s'exclame Clarke alors qu'il pose un fusil dans le sac qu'elle ouvre et qui commence à peser lourd. « On va voir un scientifique. »
« Un scientifique qui, sait-on jamais, peut-être financé par le G.R.O.U.N.D. Alors ne grimace pas. Tu seras bien contente d'avoir un couteau dans la poche et trois chargeurs à vider quand tu te trouveras face à Gustus. »
Sur ce, il lui prend le sac, le balance sur son dos, et les voilà partis vers le garage. Ils prennent la première voiture que leurs bracelets déverrouillent. Dès qu'ils quittent l'Arche, Bellamy balance sur les genoux de Clarke un dossier. Il sourit en voyant le regard à la fois étonné et meurtrier que lui lance la jeune femme.
« Le dossier. Étant donné que tu n'as pas écouté un traître mot de ce que j'ai dit, Princesse. »
Clarke soupire. Elle n'a pas le choix. La seule chose qu'elle a retenu, c'est qu'ils en avaient pour une bonne heure de route. Ça lui laisse tout le temps de potasser.
Arrivés à la périphérie de Washington, Clarke a lu tout le dossier, et le rend d'un air victorieux à Bellamy. Elle laisse échapper un bâillement avant d'appuyer sa tête contre la vitre.
Du coin de l'oeil, Clarke observe la jeune femme qui se retient pour ne pas fermer les yeux et s'endormir. Il l'a encore fait se lever à l'aube ce matin, trop inquiet que cette mission foire pour ne pas faire avec elle un récapitulatif. À vrai dire, ce qui se passera aujourd'hui sera déterminant. Si la mission et les résultats obtenus sont concluant, Clarke fera officiellement partie de l'équipe, et suivra Bellamy et Murphy en mission, si ce n'est pas le cas et bien... Et bien c'est Kane qui deviendra le superviseur de Clarke et la jeune femme travaillera avec les novices.
« Arrête de me regarder. » grogne Clarke en ouvrant un œil.
Elle se redresse, toute envie de dormir ayant soudainement disparut. Ils arrivent bientôt de toute façon. Sous conseil de Bellamy, Clarke active son oreillette. Wick pourra leur donner des infos et alimenter leur discussion avec Monsieur Felmann et l'A.R.C. enregistrera tout ce qui se dira.
« Ouvre la boîte à gants. » demande Bellamy en détournant le regard.
Clarke obtempère et y trouve un dizaine d'insignes. Elle s'empare de celles de la police comme Bellamy le lui demande puis referme le petit coffre. Ils arrivent bientôt et Bellamy lui rappelle les derniers détails. Ne pas dire son prénom, ne pas poser de question, ne pas explorer les parages, ne pas parler aux employés, ne pas évoquer l'A.R.C., le G.R.O.U.N.D., ou l'affaire et tout un tas de consignes.
« En gros tais-toi, et suis-moi. » résume Clarke alors qu'ils pénètrent dans le parking.
« En gros, Princesse. » répond Bellamy en mettant le frein à main.
Ils quittent la voiture dans un claquement de portes et s'avancent lentement vers le bâtiment qui s'élève devant eux, une bâtisse imposante dont la façade en verre révèle des bureaux où fourmillent des dizaines et des dizaines de chercheurs.
Le grand hall est vide et le réceptionniste est la seule personne présente. Bellamy adresse à Clarke un regard qui veut dire " Tais-toi et laisse-moi faire. ".
« Police de Washington. » dit Bellamy en écartant le pan de sa veste, laissant apparaître la plaque qu'il porte à la ceinture. « Nous venons voir Isaac Felmann. »
L'homme lève vers Bellamy un regard blazé. Pour qui il s'est pris lui, avec sa belle gueule et ses cheveux à bouclettes ? Ils sont des dizaines à débarquer chaque jour, demandant un rendez-vous avec Felmann. C'est pas pour autant qu'il se fait avoir.
« Nom ? » demande-t-il en pianotant sur son ordinateur.
Bellamy le regarde incrédule.
« Vous avez bien rendez-vous ? Non ? Alors tenez. Faudra me remplir la paperasse. » répond mécaniquement le réceptionniste en lâchant devant les deux agents de l'A.R.C. un dossier d'une dizaine de pages.
Clarke se retient de rire. Bellamy ne doit pas avoir l'habitude qu'on lui résiste. Elle voit bien à sa mâchoire contractée qu'il fulmine de rage. Clarke pose sa main sur son bras et tente de le faire reculer.
« Laisse-moi faire... »
Bellamy résiste un instant, mais finit par obtempérer. Il fait quelques pas dans le hall d'entrée, observant Clarke du coin de l'oeil. Elle arbore un grand sourire alors qu'elle se présente.
« Agent Griffin, police de Washington. Nous souhaiterions... »
Bellamy n'écoute plus quand il voit Clarke se pencher sur le comptoire alors que l'homme recherche de nouveau sur son ordinateur.
« Je gère les gars ! Considérez le rendez-vous comme pris. » s'exclame Wick dans leurs oreillettes, accentuant le sourire de Clarke.
« Oui, Griffin, avec deux " f ", ici... »
Bon ça va Princesse, il a compris, pas besoin de te pencher plus, tu vas plonger sur lui, maugrée Bellamy. À son grand soulagement, Clarke se redresse, elle signe sur un registre et le réceptionniste lui indique l'ascenseur et le chemin à suivre. Elle fait signe à Bellamy de la suivre et ce dernier l'a rattrapé, sans un regard pour l'homme assis derrière son comptoire, qu'il dépasse.
« Ne me remercie pas, surtout. » marmonne Clarke alors que son coéquipier se place à côté d'elle, un peu en retrait.
Il lui adresse un regard amusé, dont elle voit le reflet dans la porte métallique.
« Tu avais de bien meilleurs atouts que moi pour cette mission, Princesse. »
Clarke choisit de ne pas répondre, ils sont arrivés à l'étage indiqué. À la sortie de l'ascenseur, un jeune homme les attend. Il porte une blouse blanche sur un costume gris, des lunettes de chimiste sur la tête et un bloc note sous le bras. Étonnamment, il rappelle à Clarke Jasper.
L'homme leur fait signe de le suivre et s'élance à travers l'étage. Ils prennent le couloir du gauche, sur une dizaine de mètres avant de bifurquer à droite au carrefour. Puis ils s'enfoncent un peu plus dans l'entreprise pour déboucher dans une grande salle où sont entassés des dizaines d'employés, tous assis derrière leurs bureaux.
Ils traversent cette salle pour s'arrêter devant une pièce en verre, l'intérieur caché par des stores blancs qu'on a baissé. L'homme les salue puis s'éloigne, les laissant seuls face à une porte fermée. Clarke sursaute lorsque la porte s'ouvre brusquement. Un homme d'une cinquantaine d'années apparait devant eux.
« Isaac Felmann ? Agent Blake, Agent Griffin, police de Washington. Pouvons-nous vous poser quelques questions ? »
Isaac Felmann, puisqu'il s'agit bien de lui, acquiesce, avant de les laisser passer. Clarke s'engage la première dans le bureau et prend place dans l'un des fauteuils que leur hôte désigne. Il ferme la porte puis prend place face à eu dans son large fauteuil en cuir.
C'est un homme d'une cinquantaine d'année, les cheveux poivre et sel relevés en arrières et gominés. Il porte sous sa blouse ouverte et sur laquelle on peut voir son nom, un costume bleu marine et une cravate plus claire, ainsi qu'une grosse montre métallique à son poignet gauche.
Son bureau est ordonné, vaste et lumineux. Les stores ne sont probablement là que pour le séparer de ses employés, auxquels il n'a manifestement rien à cacher. Des étagères remplies de livres, de revues et de trophées tapissent le mur du fond. Pas un cadre en vu, ni sur les murs, ni sur son bureau. Cet homme refuse manifestement à afficher sa vie privée.
Clarke s'applique à retenir tous les détails car ils peuvent s'avérer utiles.
« Que puis-je pour vous ? » demande Isaac en croisant ses mains devant lui.
« Nous sommes là à propos de l'affaire qui avait été ouverte il y a quelques années, lorsque vous aviez reçu de nombreuses menaces. »
Monsieur Felmann hoche la tête. Il se souvient très bien de cette année là.
« Sur quoi travailliez-vous à cette époque ? » continue Bellamy.
« Nous avions lancé depuis quelques mois de nouvelles recherches sur une puce qui, implantée sous la peau et reliée au système nerveux, nous permettrait de récolter les signes vitaux des individus. »
Clarke prend note mentalement de tout ce que dit cet homme, sachant pertinemment qu'à l'Arche, Kane n'en perd pas une miette. Bellamy poursuit son petit interrogatoire avec les questions usuelles.
« Souhaiteriez-vous voir les progrès que nous avons fait sur cette puce ? » propose Isaac Felmann aux agents.
Bellamy se retourne vers Clarke. Sa coéquipière semble ailleurs. Elle regarde avec beaucoup d'intérêt la pièce autour d'elle.
« Alors Princesse, qu'en dis tu ? »
« Mmh ? Oui oui, pourquoi pas... » répond-t-elle distraite.
Isaac Felmann semble se faire un plaisir de leur faire visiter son centre de recherche. Ou peut-être est-il trop heureux de les faire quitter son bureau ? Ils traversent la vaste salle où les chercheurs s'activent toujours puis empruntent le couloir. Ils tournent à gauche puis continuent tout droit et se retrouvent devant l'ascenseur. Les portes coulissent et l'ingénieur les invite à passer devant. Il appuie sur le tableau de commande et les portes se referment lorsqu'une voix survient du bout du couloir.
Le jeune homme de tout à l'heure glisse son bras entre les deux portes avant qu'elle ne se ferment. Son patron lui lance un regard noir. Ne voit-il pas qu'il est occupé ?
« Monsieur Felmann, votre client est là. »
Isaac fronce les sourcils, ce n'était pas censé se passer de la sorte.
« Faites le monter, j'arrive. »
La seconde cage d'ascenseur arrive au palier et le jeune homme s'y précipite. Il y a manifestement quelqu'un dans cet ascenseur.
« Ah vous voilà. Suivez-moi, Monsieur Felmann ne va pas tarder. » dit-il en s'éloignant avec le client.
« Excusez-moi. » dit Isaac Felmann en quittant l'ascenseur. « Je vais devoir écourter notre visite. Ce fut un plaisir, et j'espère avoir pu vous apporter suffisamment de réponses. N'hésitez pas à me contacter si vous avez d'autres questions. Madame, Monsieur. »
Puis il s'en va, laissant Clarke et Bellamy dans l'ascenseur qui les dépose au rez de chaussée. Ils traversent le hall sans se retourner, suscitant sur le passage le regard insistant du réceptionniste sur eux. Ils regagnent la voiture et Bellamy démarre en trombe. Clarke éteint son oreillette. L'A.R.C. n'a pas l'obligation d'entendre toutes les conversations. Surprenant son geste, Bellamy fait de même.
« C'était étrange... » murmure Clarke en reposant la plaque de police dans la boîte à gant.
« Tu t'y feras Princesse, les gens ne coopèrent pas tout le temps. »
Ça, elle s'en doute bien. Mais ce n'est pas ça qui la dérange. Non, ce qui l'intrigue c'est le comportement de cet homme au bureau impersonnel, qui se montrait trop enclin à répondre aux questions, trop heureux de leur faire visiter ses locaux, puis très presser de les abandonner.
« Il fait qu'on aille fouiller son bureau Bellamy. »
Bellamy éclate de rire. Alors quoi ? Ça y est, une journée dans la peau d'un agent de l'A.R.C. et elle croit pouvoir proposer une stratégie ? Bellamy se retourne vers Clarke et croise son regard bleu. À ce moment là, elle a le même air sérieux et concerné de Jake.
Jake. Bellamy se rappelle sa première mission avec le père de Clarke. Ils devaient récupérer des informations confidentielles et Jake avait été le seul à l'écouter quand Bellamy avait proposé une tactique d'approche. Il avait été le seul à croire en lui.
Bellamy reporte son attention sur la route.
« On verra. » répond-t-il. « Laisse-moi en parler à Kane. »
Clarke sourit et pose sa tête dans sa main, le coude appuyé contre la vitre. Elle est épuisée, ses yeux se ferment tous seuls et elle s'endort.
o.O.o
Clarke jète un regard angoissé à Bellamy. Il n'a quand même pas l'intention de lui faire faire ça ? Il semblerait bien que si pourtant. En effet, le jeune homme quitte la voiture et s'éloigne, laissant Clarke seule face à ses réflexion.
Elle lâche un profond soupire et ouvre la portière. L'air frais de l'automne la saisit et elle se surprend à trembler. Elle remonte la fermeture Éclair de son sweat-shirt, enfonce son bonnet sur sa tête et cache ses mains dans ses poches avant de s'élancer à la poursuite de Bellamy.
« Du calme Princesse, il n'y a pas lieu de paniquer. Wick a désactivé les caméras. »
« Si les caméras sont désactivées, pourquoi ne peut-il pas utiliser celles qui sont encore en train d'enregistrer pour nous trouver ce que l'on souhaite ? » marmonne Clarke en trottinant aux côtés de Bellamy. Qu'est-ce qu'il marche vite !
« Ça ne marche pas comme ça. Et puis c'est toi qui a voulu revenir. Allez, maintenant, suis-moi. »
Guidés par Wick par l'intermédiaire de leurs oreillettes, Clarke et Bellamy s'enfoncent dans la nuit. Ils contournent le bâtiment de Felmann Industry et s'arrêtent devant une porte. Bellamy fait signe à Clarke de se baisser et quand la porte s'ouvre, il rentre seul pour vérifier l'éventuelle présence d'une rencontre gênante.
« Ramène-toi ! » chuchote-t-il.
Ils sont dans un couloir faiblement éclairé. Selon Wick, le hall est accessible par le couloir de droite, celui qu'ils empruntent donc. Plusieurs fois, ils croisent la ronde d'un gardien de nuit et à chaque fois, Clarke se retrouve plaquée contre le mur, Bellamy devant elle, à attendre que le type s'éloigne.
« Ne t'y habitue pas trop... » plaisante Bellamy en surveillant le gardien qui disparait au coin d'un couloir. »
Ils débouchent enfin dans le hall d'entrée, toujours aussi vide, pas un gardien à l'horizon. Wick leur déniche une cage d'escalier et c'est ainsi qu'ils rejoignent le huitième étage. Quelle chance que l'Arche soit équipée d'ascenseurs, se dit Clarke alors qu'ils atteignent à peine le troisième.
Arrivés au huitième, Wick les guide jusqu'à la cage d'ascenseur, et Bellamy prend le relais. Ils prennent le couloir de gauche, puis tournent à droite au carrefour, comme plus tôt dans la journée.
La salle est vide. Ils la traversent discrètement, longeant les murs pour ne rester que dans l'angle mort des caméras, jusqu'au bureau d'Isaac Felmann.
Alors que Bellamy s'attaque aux étagères, Clarke fouille le bureau et l'ordinateur. Wick l'aide dans cette tâche, en connectant le bracelet qu'elle porte au poignet à l'ordinateur. Dos à elle, Bellamy continue ses recherches. Il parcourt du regard les couvertures de chaque livre, de chaque magazine, de chaque dossier mais rien de ce qu'il voit ne le dirige vers une visite quelconque.
Une fois les étagères faites, il se retourne pour aider Clarke à fouiller le bureau. Alors qu'il retourne rapidement tout ce qu'il trouve sur le plan de travail, Clarke ouvre un à un les tiroirs.
« Vérifie qu'il n'y ait pas de faux-tiroirs ... »
Clarke lève les yeux au ciel. Des faux-tiroirs. Et puis quoi encore ? Une porte qui s'ouvre dans le mur ? Le bureau est vide, il n'y a rien. Épuisée, elle s'assied sur le bureau, alors que Bellamy est toujours à la recherche de quelque chose. Elle regarde un instant ses mains qui retournent tout avant de replacer chaque chose à sa place d'origine.
« Je ne savais pas que tu procédais aux fouilles de cette manière, Princesse. » raille-t-il en s'attaquant au dessous du bureau.
« Je réfléchis... »
La jeune femme regarde attentivement autour d'elle. Elle tente de se rémorer leur visite un peu plus tôt, l'attitude de Monsieur Felmann dans son propre bureau, ce qu'il a pu toucher, déplacer, regarder, ou alors complètement ignorer. Plongée dans ses réfléxions, elle entend un murmure.
« Hum... Tu disais ? » demande-t-elle à Bellamy.
L'agent se redresse et la regarde avec étonnement. Il n'a rien dit. Mais il a entendu lui aussi ces quelques paroles échangées, ce murmure. Sans dire un mot, il plaque une main sur la bouche de Clarke, l'autre dans son dos, et la fait descendre du bureau pour se glisser dessous.
Entre les deux grands fauteuils qui leur bouchent la vue, ils peuvent distinguer deux silhouettes qui traversent la salle.
« Elle voulait que vous nous contactiez dès qu'ils avaient franchi le pas de la porte. » dit une voix grave et menaçante.
L'autre bégaye quelques explications incompréhensibles.
« Qu'ont-ils voulu savoir ? » reprend la voix grave.
« Ils ne vous ont pas mentionné ! » répond aussi l'autre, à moitié suppliant. « Je jure qu'à aucun moment ils n'ont parlé de vous. L'homme m'a posé des questions sur la puce, alors qu'elle écoutait sans rien dire. »
« La puce ? »
« Vous êtes arrivés avant qu'ils ne voient quoi que ce soit et... »
« Wick ? » appelle Bellamy d'une voix menaçante.
« Oui oui, deux minutes... »
Bien au chaud dans son labo au cœur de l'Arche, Wick pianote sur les touches de son ordinateur. Il ne comprend pas comment ces deux personnes ont pu lui échapper. À l'aide des caméras du huitième étage, il les localise. Ils se dirigent droit sur Bellamy et Clarke.
Les images sont sombres et les visages sont flous, mais il reconnaîtrait cette carrure entre milles. Grand, large, baraqué, des cheveux noirs tressés, une barbe couvrant la moitié de son visage, le corps couvert de cuir et de fourrure.
Gustus.
« Hum... »
Wick se racle la gorge.
« Bellamy, tu ferais mieux d'y aller. »
Oui, c'est exactement ce qu'a pensé l'agent lorsque Gustus est apparu dans la faible lumière de la lune, dont les rayons percent à travers les grandes fenêtres. Bellamy jète un coup d'oeil à Clarke. Elle est roulée en boule sous le bureau, le visage à quelques centimètres des fauteuils et elle regarde Gustus d'un air effrayé.
« Clarke, surtout, peu importe ce qui arrive, ne panique pas. Tu me suis et tu te protèges. »
Oh Clarke ne panique pas. Non, à vrai dire, elle est totalement mortifiée. Là-bas, le regard de Gustus s'est posé sur elle et il la fixe désormais de ses yeux perçant, comme un animal guettant sa proie.
Bellamy saisit l'occasion. D'un bon, il se redresse, renversant au passage le bureau. Il a à peine le temps de se jeter à côté de Clarke que déjà Gustus les attaque. La jeune femme regarde avec horreur le bureau de bois, seule protection contre les balles du grounder. Son regard se pose sur les tiroirs qui constituent les pieds. Juste entre ces tiroirs et le plateau, Clarke remarque le coin d'une enveloppe. Elle tire dessus. C'est une enveloppe en papier craft. Frappée d'un G rouge.
Clarke glisse l'enveloppe sous son sweat-shirt puis se tourne vers Bellamy. Le jeune homme, plongé dans ses réflexions et faisant preuve d'une concentration extrême, se redresse par dessus le bureau pour tirer une balle ou deux de temps à autre, juste assez pour tenir Gustus à l'écart.
Les bruits de balles cessent un instant, et Clarke en profite pour jeter un œil par dessus le bureau. Gustus est toujours là, s'approchant d'eux de plus en plus, Isaac Felmann à ses côtés.
« À mon signal, » ordonne Bellamy, « tu tire dans le tas et tu me suis. »
Clarke n'essaye même pas de protester. Elle sort son arme, la charge et s'apprête à tirer. Alors Bellamy attrape sa main, la redressant en même temps que lui. Tout se passe très vite dans l'esprit de Clarke. Ils quittent le bureau de justesse avant de se jeter derrière la première paillasse qui leur servira d'abris. Puis ils avancent, de paillasses en paillasses, tirant dans le vide pour éloigner Gustus avant de se déplacer.
Ils ne sont maintenant qu'à quelques mètres. Clarke discerne très bien le sourire carnassier posé sur les lèvres du grounder. À la posture qu'il adopte désormais, elle comprend qu'il s'apprête à fuir. Il tire quelques balles dans leur direction puis se tourne sans prévenir et abat d'une balle Felmann avant de s'enfuir.
Bellamy s'élance derrière lui, pas moyen qu'il le laisse filer. Clarke, restée en retrait, s'accorde quelques secondes pour recouvrir ses esprits. Elle vient de passer devant le corps sans vie d'Isaac Felmann. Mais elle se décide à poursuivre les deux hommes qui dévalent la cage d'escaliers, évitant les balles qui ricochent contre les marches en béton.
Clarke rattrape Bellamy alors qu'il gagne le hall d'entrée. Gustus n'est plus là, il n'y a personne. La jeune femme adresse à son coéquipier un regard étonné. Lui non plus ne comprend pas ce qu'il s'est passée. La seule preuve du passage de Gustus sont les quatre gardiens, sans doute alertés par les coups de feu, qui sont étendus sur le sol, la tête percée d'une balle. Isaac Felmann et maintenant ça ? C'en est trop pour Clarke qui sent ses jambes trembler.
« Allons-y. » ordonne Bellamy en se dirigeant vers la porte par laquelle ils étaient entrés.
Clarke pousse la lourde porte et se hâte dehors, trop heureuse de respirer l'air extérieur. Et trop troublée pour apercevoir la silhouette qui la tient en joue quelques mètres plus loin, au volant d'une voiture.
« Clarke ! » s'écrit Bellamy, alerté par Wick.
Il se jète sur la jeune femme et tous deux tombent à terre alors que la voiture démarre et s'éloigne dans un crissement de pneus. Clarke, sonnée, ouvre de grands yeux, loin d'avoir compris ce qui vient de se passer. Son regard croise celui de Bellamy qui, penché sur elle, semble incapable de bouger.
« Ça va ? Tu n'es pas blessée ? » demande-t-il avec inquiétude.
Clarke bouge avec difficulté son bras et le pose sur le haut de son crâne. Si avec toutes les chutes qu'elle fait elle ne se casse pas quelque chose, c'est une chance !
« J'irais mieux quand tu arrêteras de m'écraser... »
L'inquiétude de Bellamy laisse place à un petit sourire en coin et son regard laisse transparaître son amusement.
« C'est ta façon de me remercier d'avoir, une fois de plus, sauvé tes fesses, Princesse ? J'en connais de plus sympathique... »
Clarke lui donne un coup dans l'épaule, tout en essayant de se dégager. Mais de toute évidence, elle ne pourra rien faire tant que Bellamy ne décidera de se lever.
« Tu m'écœures. » déclare-t-elle sans quitter son regard.
Le sourire de Bellamy s'agrandit alors qu'il se redresse lentement. Il tend une main à Clarke.
« Je sais que tu mens, Princesse. Allez viens, arrête de te rouler par terre. »
Clarke dévisage un instant sa main, pesant le pour et le contre. Elle accepte finalement et Bellamy semble la relever sans effort. Ils regagnent alors le véhicule sans un mot, mais CLarke sent toujours le regard de Bellamy posé sur elle.
o.O.o
Les premières lueurs du jours apparaissent quand Bellamy passe la porte de son appartement. Il pose son arme et sa veste sur l'îlot central de la cuisine avant de se diriger d'un pas lourd vers sa chambre.
« Bellamy ? » demande une petite voix, le faisant aussitôt sursauter.
La voix vient du canapé. Il s'en approche, méfiant, et apperçoit la fine silhouette de sa sœur, recroquevillée sur elle-même.
« O' ? Qu'est ce que tu fais là ? »
Octavia se redresse sur ses coudes avec difficulté, s'étire, repousse les quelques mèches qui couvrent son visage et laisse échapper un bâillement monumental.
« Raven passait sa soirée avec Wick et je n'avais pas envie d'être seule. Alors je suis venue t'attendre chez toi. »
Bellamy devrait être contrarié que sa petite sœur soit chez lui au beau milieu de la nuit, alors qu'il ne souhaite qu'une chose, retrouver son lit, pourtant, il ne l'est pas. Il pousse un soupire, enlève ses chaussures puis lui dit :
« Allez, pousse-toi un peu, fais moi de la place. »
Octavia se décale pour le laisser s'assoir. Aussitôt, elle pose la tête contre son torse alors qu'il passe son bras par dessus ses épaules et étend ses jambes sur la table basse.
« Alors, comment s'est passée ta mission ? » demande Octavia entre deux bâillements.
Il s'apprête à lui dire qu'il lui racontera tout demain lorsque la tête de sa sœur tombe mollement sur ses genoux. Bellamy sourit, elle n'allait pas tenir, il le savait très bien. Alors il tente tant bien que mal de trouver une position confortable pour s'endormir et ferme les yeux, sa main gauche caressant les cheveux d'Octavia.
J'espère que ce chapitre vous a plu :)
On se revoit au prochain chapitre, d'ici là bonne vacances !
Bisous ;)
