Hellooooooo :)

J'ai une semaine de retard, je sais, et j'en suis désolée ! Mais ce début de semestre a été marqué par un travail de groupe de trois semaines, assez conséquent question notation, et je n'ai pas trouvé le temps de publier ...

Et puis les derniers épisodes étaient assez déprimant, même quand on préférerait que Clarke finisse avec Bellamy plutôt qu'avec Lexa. Je crois qu'on doit s'avouer vaincu là x) Mais voila, avec Lexa morte de manière un peu trop tragique et Bellamy qui a craqué son slip, super la motivation ...

Merci à GreenEyes, pour sa review ;)

Et avant que j'oublie, il y a une petite erreur ( parmi tant d'autres... ) dans le chapitre précédent ( Chapitre 13 : Station 13 ). Au moment où Octavia laisse Clarke pour rejoindre un garçon, il s'agit de Atom, et non de Lincoln. Sinon ça ne correspondrait pas avec ce qui suit ... J'irais modifier ça dès que possible !

Et voici le chapitre 14, j'espère qu'il vous plaira !


« Cible en vue. »

Finn se lève aussitôt du canapé et vient s'approcher de la fenêtre. Lincoln y est accroupi, des jumelles à la main, restant dans l'ombre pour ne pas être repéré.

« Tu es sur que c'est elle ? »

« Regarde par toi-même. » propose le grounder en lui tendant l'objet. « A neuf heure sur la terrasse de l'immeuble en briques rouges. »

Finn ne se le fait pas dire deux fois. Il prend la place de Lincoln et regarde à l'endroit que lui a indiqué son coéquipier. Effectivement, c'est bien Clarke, accoudée au garde-corps, le regard dans le vide, ses cheveux volant dans le vent. Elle se tourne vers quelqu'un, un homme, qui ne peut être que Bellamy Blake.

« C'est bien elle. » déclare Finn, dissimulant sa jalousie

« Qu'est-ce qu'on fait ? » demande Lincoln, jetant un dernier coup d'œil avec les jumelles. « C'était pas prévu qu'on tombe sur lui. »

Finn passe sa main dans ses cheveux, puis sur son visage avant de pousser un long soupire. Effectivement. Selon leurs sources, Bellamy Blake n'était pas supposé être là. Enfin, il ne devait pas être en compagnie de Clarke. Le jeune homme avait passé des heures à convaincre Anya qu'envoyer deux ou trois filles pour occuper Bellamy ne serait pas de trop. Manifestement, ça n'avait pas été suffisant.

Un cri étouffé le fait se retourner. Ligotée dans un coin de l'appartement, une vieille femme lui lance un regard noir. Ils ont envahi son logement, après avoir décidé qu'il était le mieux placé pour surveiller la boîte, et dans le cas où il faudrait faire intervenir un tireur. Cette femme était juste au mauvais endroit au mauvais moment.

« On lance l'attaque. » ordonne Finn, rassemblant déjà ses affaires. « Mais rappelez-vous, elle la veut vivante et en bonne santé. »

Cette dernière remarque s'adresse aux acolytes de Lincoln. Deux hommes, l'un grand et baraqué, l'autre petit et trapu, dont les manières sont assez rudes lorsqu'il s'agit de réaliser un enlèvement en toute discrétion. Mais Finn n'a pas le choix. On lui a donné cette équipe et Anya a été très claire. Il n'aura rien d'autre. S'il échoue, c'est fini.

« Synchronisation des montres. » dit Lincoln en se tournant vers les deux autres grounders.

Pendant que le jeune homme règle les derniers préparatifs, Finn a déjà gagné la porte. Lincoln l'y rejoint rapidement.

« Qu'est-ce qu'on fait d'elle ? » demande Finn, la gorge nouée.

« Anya s'en charge. »

Finn déglutit. Il a beau avoir rejoint le G.R.O.U.N.D. depuis un moment déjà, il est toujours surpris par leurs méthodes quelques peu barbares dans certains cas.

Il referme la porte derrière lui, après s'être assuré qu'il n'y ait plus de trace de leur passage. Quoi qu'il en soit, demain matin, l'équipe de nettoyage aura probablement feint un cambriolage ayant mal tourné. Et la vieille femme sera découverte baignant dans son sang.

o.O.o

Bellamy passe son bras autour des épaules de Clarke, et ils traversent la terrasse rapidement, gagnent la porte qui mène à la cage d'escalier puis descendent jusqu'à la salle réservée aux agents de l'Arche. Octavia et Raven sont toujours là, et les regardent passer devant elles comme si de rien n'était.

« Je ne suis pas certain que Murphy apprécie que je lui vole sa caisse. Alors le retour devra se faire à pied, Princesse. Tu penses pouvoir tenir ? »

Clarke hoche vigoureusement la tête et se laisse entraîner par Bellamy qui la guide dans un sous-terrain. Ils débouchent dans le soubassement d'une maison et rejoignent la rue en quelques minutes.

Le vent s'est levé depuis qu'ils ont quitté la terrasse. Il s'engouffre dans les ruelles et souffle encore plus fort, forçant Clarke à s'arrêter à chaque bourrasque pour tenir le bas de sa robe. Si l'air frais lui faisait du bien tout à l'heure, là elle est totalement frigorifiée, malgré la veste noire qu'elle porte.

Ils déambulent dans les rues désertes de Washington. A cette heure-ci, chacun est chez soi, et on ne croise que deux ou trois personnes, un SDF de ci de là, une voiture remplie de fêtards, et c'est tout. Tout est calme, tranquille, on entend le vent s'engouffrer dans les allées étroites, renverser les poubelles, siffler dans les lampadaires.

« Merde. » murmure soudain Clarke s'arrêtant en plein milieu de la route.

Bellamy se retourne, et lui lance un regard inquiet.

« J'ai oublié de prévenir O' … » soupire la jeune femme. « Elle va me faire une scène lorsqu'elle découvrira que j'ai disparu. »

Le frère d'Octavia hausse les épaules. Il fait signe à Clarke de le suivre, et enfonce ses mains dans ses poches.

« T'inquiète pas pour elle. Tu n'auras qu'à dire que je t'ai kidnappé. »

Pas rassurée pour autant, Clarke se remet à marcher. De toute façon, elle a trop froid pour ne pas bouger. Elle rattrape Bellamy en quelques foulées puis se cale sur son pas rapide.

Ils marchent en silence dans des rues faiblement éclairées. Il y a encore quelques mois, jamais la jeune femme n'aurait osé s'aventurer seule ici. Et en y réfléchissant bien, même aujourd'hui elle ne se sent pas très à l'aise, bien qu'elle soit capable de mettre à terre n'importe qui de peu entraîné.

« Tu flippes ? » demande Bellamy d'une voix amusée.

Clarke sursaute. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui parle. Elle lui lance un regard noir avant de se souvenir qu'il lui a posé une question.

« Non parce que tu es étonnamment près de moi là... »

Ah oui. Effectivement. Clarke n'avait pas remarqué qu'elle s'était tellement rapprochée de Bellamy que leurs bras se touchaient. Elle s'écarte d'un pas, sachant pertinemment qu'il rit intérieurement.

« C'était ma première option. » ajoute-t-il. « La seconde étant que tu ne puisses plus vivre loin de moi. »

« Roh la ferme, Blake ! » s'écrit Clarke en donnant un léger coup de poing dans le bras de Bellamy.

Il ne ressent même pas le coup, amorti par sa veste en cuir et éclate de rire devant l'air dépité de Clarke. Elle a encore des progrès à faire avant de parvenir à le blesser et ce n'est pas demain la veille qu'elle y arrivera.

« Tu as froid ? » demande-t-il en constatant qu'elle frotte vigoureusement ses bras.

« Quoi ? Oh non ! » S'empresse de mentir Clarke. « Non je suis juste … Pas très rassurée. »

En effet, tout se passe trop bien, ce n'est pas normal. Mais Bellamy ne semble pas plus préoccupé que cela, alors Clarke tente de se convaincre que ce n'est rien.

C'est dans ces moments-là où on ferait mieux de ne pas tendre l'oreille, ça éviterait tant de peurs inutiles. Le vent qui souffle de plus en plus fort, porte dans sa course l'écho de pas non loin d'ici. Cette fois-ci, elle ne rêve pas, il y a quelqu'un. Bellamy l'a entendu lui aussi car il se raidit.

« T'as enten... »

« Viens par ici. » la coupe le jeune homme en passant son bras autour de sa taille.

Sentir le corps chaud de Bellamy contre le sien lui fait du bien, et Clarke se colle un petit peu plus à lui. Tant pis, il pourra faire toutes les remarques du monde, elle a froid.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » murmure Clarke.

Elle est de plus en plus inquiète. Bellamy lui a interdit de s'arrêter, se retourner, ou même sortir son téléphone pour regarder derrière elle. Ils marchent rapidement, l'un contre l'autre, et quiconque les verrait de dos penserait à un couple heureux — et légèrement inconscient — qui se promène la nuit dans les rues de Washington. Sauf qu'à ce moment même, l'euphorie n'est pas ce qu'ils ressentent. Clarke est pétrifiée de peur. Bellamy refuse de lui dire quoi que ce soit. Il marche de plus en plus vite, la serrant contre lui et elle doit trottiner pour le suivre. Il tourne rapidement dans une petite ruelle sur leur gauche.

« A mon signal... » Dit-il.

Il n'a pas le temps de terminer sa phrase. Les pas derrières eux accélèrent et d'autres résonnent non loin de là.

« Cours. » souffle Bellamy avant de la lâcher.

Il attrape son poignet et l'entraîne derrière lui, traversant à toute allure la ruelle alors que leurs assaillants se rapprochent. Soudain, une ombre jaillit devant eux. Bellamy lâche Clarke. Ils auront plus de chance de passer s'ils sont séparés. Il laisse la jeune femme prendre de l'avance mais très vite, il est rattrapé. Quelque chose sort de l'ombre à sa droite, le faisant dévier sa trajectoire.

Clarke, une dizaine de mètres devant, n'a pas vu que Bellamy s'est fait capturé. Elle n'entend qu'un grognement de rage. Elle commet alors l'erreur de se retourner, l'apercevant au sol, les mains liées dans son dos, entouré d'une demi-douzaine d'individus qui le maintiennent en place avec violence.

Quelque chose tire sur sa veste, et Clarke se retrouve projetée en arrière. Elle tombe sur le dos, le souffle coupé pendant quelques secondes, alors qu'une silhouette masculine se penche vers elle. L'homme l'attrape par le bras et la force à se lever. C'était juste l'impulsion qu'il lui fallait.

Clarke bondit en arrière, s'arrachant à l'emprise de l'homme qui reste avec sa veste dans le poing et le déséquilibrant en même temps. Elle reprend sa course folle sans pour autant aller bien loin. Ils sont trois cette fois-ci à lui fondre dessus, sortant de coins sombres.

Ils la ramènent là où se trouve Bellamy, qu'un homme est en train de dépouiller de ses armes. Sincèrement, qui sort en boite avec trois couteaux et une arme à feu ? Le regard ahuris qu'elle lance à son coéquipier le fait sourire. Bah tiens ! T'as raison ! C'est le moment de rire, dit-elle mentalement. Puis c'est au tour de Bellamy de lui rendre ce regard mi étonné mi amusé, lorsqu'ils obligent la jeune femme à sortir le couteau qu'elle avait accroché à sa cuise.

« Je vois que tu as bien suivis en cours. » plaisante Bellamy avant de se recevoir un coup de cross dans l'épaule.

« La ferme ! » aboie l'un de leurs attaquants.

Puis il ajoute :

« Allez ! Emmenez-moi c'est deux-là et tout leur bordel. On bouge. »

Et c'est le noir total.

o.O.o

Raven sent que cette soirée était une très mauvaise idée. Elle le sentait depuis le début, mais là, ça commence sérieusement à puer.

Quelques minutes plus tôt, Octavia a déboulé devant elle, folle de rage, en criant que Bellamy avait entraîné Clarke derrière lui, et que ça faisait deux heures qu'ils avaient disparus, sans donner de nouvelles. Raven avait bien tenté de la raisonner, mais rien à faire, quand son amie avait une idée en tête, impossible de m'en défaire.

" Je sens qu'il leur est arrivé quelque chose ... » avait-elle murmuré soudain très pâle.

Raven, qui avait passé les trois dernières heures en compagnie de Wick, et qui n'avait pas réellement envie de partir, s'était tout de même levée, avait murmurée quelques excuses à l'intention du jeune homme, et s'était empressée de récupérer Monty et Jasper, à qui le Moonshine commençait sérieusement à monter à la tête.

Ils n'avaient pu obtenir aucune information de Dax, le videur n'appréciant pas particulièrement Bellamy, et le poing menaçant de Raven n'y avait rien changé.

Ils roulent désormais aussi vite que le permet l'étroitesse des couloirs en direction de l'Arche. Octavia n'arrête pas de répéter que quelque chose ne va pas, et les deux garçons cuvent tranquillement à l'arrière.

Bientôt, la voiture s'enfonce dans le souterrain qui conduit au parking des véhicules privés. Raven n'a pas coupé le moteur qu'Octavia saute de la voiture.

« Debout ! » s'écrit Raven en balançant les clés de son 4x4 sur le ventre de Monty. « Rejoignez-nous là-haut. »

Puis elle s'élance à la suite d'Octavia. La jeune femme a déjà pris de l'avance, et quand Raven arrive au coin du couloir où habite Clarke, Octavia a déjà déverrouillé la porte.

« Clarke ! » appelle-t-elle d'une voix forte.

Aucune réponse.

Raven suit Octavia jusqu'au salon. Il est vide, il fallait s'en douter. La jeune femme lance un regard désespéré à son amie.

« Ils devraient être là... »

Des pas résonnent dans le couloir puis la porte est secouée d'un choc.

« On est là ! » s'exclame Jasper à bout de souffle en s'agrippant au meuble de l'entrée.

Raven lui lance un regard noir avant de se retourner vers Octavia. Elle a rarement vu la jeune femme si inquiète. Elle lui propose d'aller vérifier l'appartement de Bellamy, pendant qu'elle et Monty fouillent celui de Clarke.

Heureuse de s'occuper, Octavia disparaît dans le couloir, laissant les trois autres seuls. La chambre de Clarke, comme celle de sa mère se révèlent être vides. Aucune trace de la jeune femme, pas même la preuve qu'elle soit passée déposer ses affaires avant de repartir.

Lorsque Octavia revient, Raven est assise sur le canapé, Jasper somnole sur le fauteuil préféré de Clarke et Monty prépare du café dans la cuisine. Tous se retournent lorsqu'ils entendent leur amie revenir, des lueurs d'espoir dans les yeux. Mais elle hoche la tête négativement.

« Viens t'asseoir. » propose Raven en libérant de la place sur le canapé.

Puis quand la jeune fille s'est assise, elle passe un bras autour de ses épaules et la ramène contre elle.

« Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Elle est avec Bellamy. Rien ne peut lui arriver. »

o.O.o

Lorsque Bellamy ouvre les yeux, la première chose à laquelle il pense est " où est Clarke ?! "

La vision encore un peu embrumée par le choc qu'il a reçu, il ne remarque pas tout de suite le corps allongé à quelques pas de lui. Clarke n'a rien, du moins, c'est le sentiment qu'il a. Si c'est bien le G.R.O.U.N.D qui les a capturé, il la veut vivante, ils n'ont rien à craindre. Du moins pour l'instant.

« Clarke ! » murmure-t-il.

Aucune réponse.

« Clarke ! »

Toujours rien.

Bellamy jette un coup d'œil autour d'eux. Ils sont seuls dans ce qui ressemble à un minuscule studio. Il n'y a pas de meuble, et les vestiges d'une kitchenette dans le coin de la pièce. Une porte entrouverte donne sur ce qui pourrait être une salle de bain, et une seconde probablement sur le couloir. Autrement dit, là où sont les méchants.

La dernière issue qu'ils pourraient utiliser est la fenêtre derrière Clarke. Elle est suffisamment grande pour qu'ils passent tous deux à travers en prenant de l'élan. Mais rien n'assure qu'ils trouveront quelque chose en dessous pour amortir leur chute.

Le parquet grince de l'autre côté de la porte fermée. Ils ne vont pas tarder à avoir des ennuis.

« Clarke ! » dit Bellamy avec empressement.

La jeune femme ne répond pas.

« Bordel, arrête de faire ta princesse, et réveille-toi ! » s'écrit-il.

« La ferme, Bellamy ... » grogne Clarke d'une voix endormie.

À ce moment, la porte s'ouvre, et deux hommes pénètrent dans la pièce. Bellamy ne voit pas tout de suite leur visage mais distingue leur carrure. L'un est grand, large d'épaules suffisamment musclé pour les canaliser tous les deux. Le second est plus petit, moi baraqué, mais probablement tout aussi puissant. Avec les grounders, mieux vaut s'attendre à tout.

Aucun des deux agents de l'A.R.C. ne bougent, observant tous deux leurs adversaires, les analysant du mieux qu'ils peuvent, malgré l'obscurité.

« Eh bien, et bien ... » s'exclame une voix que Bellamy comme Clarke reconnaîtraient entre mille. « Qui m'aurait dit qu'un jour, je parviendrais à attraper le grand Bellamy Blake ? »

« Finn. » gronde Clarke.

« Salut toi. » répond le jeune homme en apparaissant dans la lumière.

Il s'agenouille devant Clarke et se penche vers elle, un sourire malsain aux lèvres. Il tente tant bien que mal de prendre son menton dans ses mains, pour la forcer à le regarder mais elle s'arrache de son emprise.

« Tu ferais mieux de ne pas trop m'énerver, où je laisse le soin à Gustus de s'occuper de toi. »

Elle lui lance un regard qu'il finit par fuir, se retournant vers l'autre homme.

« Alors ? »

« Ils sont là dans treize minutes. »

Treize minutes. Clarke se retourne inquiète vers Bellamy. Ils n'auront jamais le temps d'échapper à Finn, pas ligotés comme ils le sont et alors que leur ennemi est venu avec son armoire à glace privée.

Mais dans l'esprit de Bellamy, c'est jouable. Largement même. Il s'est sorti de situations plus périlleuses, et Finn le sait. En treize minutes, ils ont le temps de s'échapper, et de s'assurer qu'on ne les poursuive pas.

« Ça va ? » demande Bellamy à Clarke, constatant des bleus sur ses bras et ses jambes.

« Ça va. » répond la jeune femme en haussant les épaules, malgré les liens qui l'entravent.

« La ferme. » grogne Finn en se retournant prestement.

Clarke s'apprête à rétorquer quelque chose, mais Bellamy l'en dissuade d'un signe de tête. Ils n'ont plus beaucoup de temps, autant se dépêcher.

« Enfin ça irait mieux si on était pas là... » ajoute la jeune femme dans un murmure.

« Ça ne serait pas arrivé sans toi. » remarque Bellamy d'une voix acerbe.

Surprise par cette remarque, Clarke se retourne vers son coéquipier.

« Pardon ? » demande-t-elle, sur la défensive.

« Fermez-la. » répète Finn sans prendre la peine de se retourner.

« Tu m'as très bien entendu ! La Princesse avait besoin de mettre des talons, mais sans tes pompes, on serait déjà loin ! T'aurais pas pu regarder à droite ? »

Alors là, il a carrément pété un câble ! Que viennent faire ses talons dans l'histoire ?

« C'est bien un truc des nanas de l'A.R.C. ça. » ajoute-t-il en soupirant.

Il y a comme un déclic dans l'esprit de Clarke et soudain tout s'éclaire. L'A.R.C., les talons, la droite. Ses chaussures viennent de l'A.R.C., et la chaussure droite contient sûrement quelque chose.

La jeune femme ramène ses jambes sous elle et tâte le talon à la recherche de quelque chose.

« Tu te moques de moi là ?! Estime-toi heureux que ça n'ait pas cassé pendant que tu m'entraînais dans tes conneries! C'est toi qui as voulu qu'on sorte je te rappelle ! »

Pitié qu'il comprenne ... Pitié qu'il comprenne …

« Peut être qu'une fois cassé ça aurait réglé le problème. T'aurais couru plus vite ! Et puis arrête un peu ton cirque ! Ça se répare ces trucs-là. »

Message reçu. Clarke s'active aussitôt. Casser le talon, voir ce qu'il contient, le remettre. Le tout en vitesse.

À son grand étonnement, le talon se plie en deux. Comment a-t-elle fait pour courir sans que ce truc ne pète ? Elle se posera des questions plus tard, pour l'instant, il faut faire vite. Quelque chose de fin glisse dans sa main. C'est abrasif. Une lime ?

Clarke s'assure qu'elle l'a bien en main et le lance à Bellamy. A-t-il attrapé la lime ? Elle n'en a aucune idée. Maintenant c'est à lui de gérer.

« Eh ! Finn ! » Interpelle Bellamy.

« La ferme, Blake. » gronde l'ancien agent de l'A.R.C., en assénant un coup de pied dans les jambes du prisonnier.

Mais Bellamy ne s'arrête pas pour autant. Parler lui permet de masquer le léger grincement provoqué par la friction de la lame sur la corde, et il ne peut se permettre que Finn l'entende.

« Finn ? »

Clarke sursaute lorsqu'elle voit le brun se précipiter vers Bellamy, l'empoigner par le col, et le secouer comme un prunier.

« Je t'ai dit de la boucler ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans cette putain de phrase ? »

« Ce que je comprends pas ? C'est comment tu vas m'empêcher de te buter maintenant ? » Rétorque Bellamy d'une façon un peu trop théâtrale au goût de Clarke, avant de balancer son poing dans la figure de Finn.

Ce dernier recule sous le choc, et s'écrase contre le placard de la kitchenette. Bellamy en profite alors pour balancer la lime à Clarke, juste avant que Lincoln ne lui tombe dessus. Trop occupée à se détacher, Clarke ne perçoit qu'à moitié les coups de poings dans le ventre, dans la tête. Elle voit un corps tomber devant elle, massif, à la peau bronzée, et au crâne rasé. Le grounder. Bellamy la violemment frappé, parvenant à le neutraliser un moment.

« Ne bouge plus. »

Le cœur de Clarke manque un battement. Finn s'est glissé devant son ami, totalement inconscient, et pointe vers Bellamy le canon de son arme.

« Ecoute-moi bien. L'équipe arrive dans cinq minutes. Alors tu vas attendre bien sagement. Tu bouges, je tire, c'est compr... »

Il ne termine pas sa phrase, Clarke l'assomme avec la première chose qui lui vient sous la main. Le corps de Finn tombe en avant, faisant grincer le parquet. La jeune femme lâche avec horreur la lampe torche sur laquelle elle découvre quelques gouttes de sang.

« Bien joué. » souffle Bellamy qui se voyait déjà avec un trou dans le ventre.

« T'as été pas mal non plus. » admet-elle avec un sourire.

Des pas résonnant dans la cage d'escalier, les poussent à se dépêcher. Bellamy récupère les armes des grounders, attrape le bras de Clarke et l'entraîne vers la fenêtre. Le mécanisme est bloqué, impossible de l'ouvrir. Le jeune homme se retourne alors, à la recherche de quelque chose pour briser la vitre, et s'empare de la lampe torche. Si elle a résisté à la tête dure qu'est Finn, cela fera l'affaire.

« On va pas sauter ? » demande Clarke, légèrement paniquée, en se remémorant la dernière fois où Bellamy l'a extraite de sa salle de cours par la fenêtre.

Elle se penche au-dessus du garde-corps, pour apercevoir une passerelle un étage plus bas, très étroite, mais sur laquelle il serait aisé d'atterrir. Ils ont tout intérêt à ne pas la rater, car il n'y a rien qui sépare ensuite le quatrième étage de la rue. Les pas se rapprochent, et bientôt, ils entendent le palier craquer.

« Il faut sauter. » la presse Bellamy en l'aidant à enjamber le rebord de la fenêtre.

« Quoi ? Non ! Je ... »

« Saute. » ordonne-t-il d'une voix dure.

Et sans prévenir, il pousse légèrement Clarke pour qu'elle prenne de l'élan. La passerelle se rapproche à une vitesse effrayante et le choc remonte dans tout le corps de Clarke. Ses jambes se dérobent sous elle et elle s'effondre sur la grille. Elle a juste le temps de relever la tête pour voir une silhouette jaillir de la fenêtre.

o.O.o

« Bellamy » hurle Clarke en le voyant tomber.

Il a raté la passerelle. Sinon il serait à côté d'elle. Il a raté la passerelle et c'est de sa faute. Elle se penche par-dessus le garde-corps dans l'espoir d'apercevoir quelque chose, mais elle ne voit rien, que tu béton, et pas de trace de son ami.

Elle se laisse tomber à genoux, une larme roulant sur sa joue alors qu'elle s'imagine déjà devoir l'annoncer à Octavia. Elle va la détester.

« Hum... »

Une voix se racle la gorge.

« Non pas que je sois touché de te voir pleurer sur mon sort, mais je crois que je vais lâcher. Et tes potes ne vont pas tarder alors ... »

Clarke regarde partout autour d'elle avant de baisser la tête. A travers la plaque grillagée, elle aperçoit Bellamy, pendu au bord de la passerelle, les jambes se balançant dans le vide. La jeune femme se précipite alors pour l'aider et le remonte aisément. Puis, avant même qu'il ne se soit redressé, elle lui saute dans les bras et le serre contre lui.

« J'ai cru que ... » murmure-t-elle.

« Je sais. Mais viens, on a pas le temps. »

Et ils disparaissent dans la nuit, alors qu'une douzaine d'agents du G.R.O.U.N.D. se lance à leur recherche.

o.O.o

Ils ont bien vite regagné l'A.R.C., empruntant le premier passage que Bellamy a su dénicher, puis une multitude de tunnels sombres, sans croiser la moindre voiture. Clarke a finalement accepté la veste de Bellamy, que ce dernier n'a pas oublié de récupérer avant de s'enfuir. Bien au chaud sous le blouson de cuir, ses talons à là mains, les talons de ses collants troués, elle a l'impression d'avoir marché des kilomètres.

La porte blindée de l'Arche et les deux hommes qui en surveillent le passage sont aperçus avec soulagement. Clarke enfile rapidement ses chaussures – elle est déjà couverte de sang, de poussières, d'éclats de verre, sans compter les bleus et son maquillage qui a probablement coulé, alors pas besoin de rajouter autre chose – et passe la sécurité, épuisée.

Ils rejoignent le Pont, fourmillant d'activité malgré cette heure tardive et prennent le premier ascenseur. Avec le nombre d'agents présents dans la pièce, Clarke se retrouve coincée entre Bellamy et la vitre. Le type à sa gauche, qui s'appuie sur elle, la force à se décaler légèrement, puis de plus en plus vers Bellamy jusqu'à être pratiquement dans ses bras.

« N'en profite pas surtout. » dit-elle avec un demi sourire.

L'ascenseur se vide peu à peu, les agents se rendant pour la plupart à leurs domiciles respectifs.

Si le Pont est très animé, les couloirs de l'étage soixante-dix-sept eux, sont bien plus calme. Clarke n'attend même pas qu'ils soient à l'abri des regards pour ôter ses chaussures et enfoncer des pieds dans la moquette. C'est un tel soulagement de sentir quelque chose de mou après avoir passé près d'une heure à marcher sur le béton dur.

Ils marchent en silence jusqu'à l'appartement de Clarke. Arrivés devant la porte, la jeune femme s'arrête. Elle s'apprêtait à déverrouiller sa porte, mais à présent, elle n'est plus sure de vouloir le faire. Il n'y a aucun bruit chez elle, mais à coup sûr, ses amis y sont. Et dès qu'elle franchira cette porte, elle sera assaillie de milliers de questions. Sa main reste en suspens au-dessus de scanner avant de retomber mollement contre elle.

Bellamy la dévisage un instant, avant de comprendre ce qu'elle n'ose pas lui dire.

« Est-ce que ... Hum ... Est-ce que ça te dit de venir prendre un dernier verre chez moi ? Un petit coup de courage liquide avant de les affronter ? » demande-t-il en se frottant la nuque, gêné.

Clarke sourit. Ce n'est pas ce qu'elle avait prévu, mais cette proposition était la bienvenue. Elle acquiesce, timidement, et le suit alors qu'il fait demi-tour en se raclant la gorge.

o.O.o

Bellamy habite de l'autre côté de l'Arche. Son appartement est au même étage que celui de Clarke, mais il faut faire le tour du Pont pour y accéder. Elle le suit sans parler, le silence brisé par le seul bruit étouffé de leurs pas sur la moquette grise.

Le jeune homme s'arrête devant une porte, et Clarke constate qu'elle n'est pas équipée d'un scanner.

« Poche droite s'il te plait. »

Clarke ne réagit pas tout de suite avant de réaliser qu'il parle de son blouson, et que c'est elle qui l'a sur le dos. Elle fourre alors sa main dans la poche pour y sentir du métal froid.

« Tu as des clés ? » constate-t-elle avec amusement en lui tendant le trousseau.

« Tu auras remarqué, Princesse, que je ne suis pas très conventionnel. Je suis le seul à pouvoir ouvrir mon appartement. »

Il introduit les clés dans la serrure qui émet un " clic " que Clarke n'avait pas entendu depuis longtemps, puis se retourne vers elle en ouvrant la porte.

« Ça évite les surprises, tu vois ? » dit-il avec un sourire en coin.

La porte donne sur un couloir sombre dont elle n'aperçoit pas le bout, mais distingue une silhouette verticale à quelques mètres.

« Et Octavia ? » demande Clarke.

Bellamy tient la porte à Clarke d'une main, tout en appuyant sur l'interrupteur de l'autre coude. Aussitôt le couloir s'éclaire, révélant des murs gris, couverts d'étagères, de porte-manteau, ainsi qu'un meuble longeant le mur sur la droite.

« Octavia ? » répète le brun, ne comprenant pas où elle souhaite en venir. « Octavia c'est différent, elle a ses clés, bien sûr, mais c'est ma sœur. »

Son regard croise celui de Clarke, et la jeune femme y perçoit une lueur étrange.

« Tu ne peux pas comprendre ... » souffle-t-il enfin.

Puis, sans plus s'attarder dans le couloir, Bellamy gravit les escaliers deux à deux, Clarke à sa suite. Ils débouchent dans un salon, plus petit de celui de Clarke mais très spacieux, aux tons marrons et beige. Deux canapés et un fauteuil défoncé forment un demi-cercle face à la grande baie-vitrée, au centre duquel, une table en bois est couverte de bouquins. Des étagères recouvrent les murs, elles aussi contenant des centaines de livres.

Face à l'escalier, derrière le grand canapé, Clarke distingue ce qui semble être la chambre de Bellamy. Elle n'a le temps d'apercevoir qu'un grand lit avant que le jeune homme ne l'interpelle. Il s'est éloigné vers la partie gauche de l'appartement, où se trouve la cuisine, dans les mêmes tons que tout le reste de l'appartement. Un bar central fait la séparation avec le séjour, et les multiples placards aux portes de bois rappellent les étagères et la table basse du salon.

Bellamy ouvre un placard, puis un second, avant d'en ouvrir un troisième en marmonnant quelque chose comme " Bordel Octavia, où as-tu rangé les tasses ? "

« Tu veux quelque chose ? Un café ? De l'eau ? Un soda ? »

« Quelque chose de plus fort ? »

Bellamy relève la tête du frigo, surpris, puis ses lèvres se tordent en un sourire et il revient vers le bar, deux bouteilles de bière à la main. Il tend sa boisson à Clarke et lui fait signe de prendre place, s'adossant lui-même sur le plan de travail.

« C'est quoi ça ? » demande-t-il, sourcils froncés, en remarquant la main droite de la jeune femme, qu'elle tente tant bien que mal de dissimuler.

« Rien rien... » murmure-t-elle en la cachant le long de son flanc.

Bellamy pose sa bière à côté de lui, et s'approche de Clarke. Il pensait devoir lui prendre la main de force, mais elle se laisse faire. Après tout, résister lui ferait mal. Et comment ! Sa main est littéralement bleu. Elle a dû se faire ça en frappant Wells, et ses nombreuses chutes n'ont rien arrangé.

« Ne bouge pas. » dit-il d'une voix autoritaire avant de disparaître.

Ravalant un " je ne vois pas où je pourrais aller. ", Clarke repose sa main sur ses genoux, tout en suivant le jeune homme du regard. Le voilà qui revient, une trousse de premiers secours à la main. Il fait s'asseoir Clarke sur le plan de travail pendant qu'il fouille dans la trousse.

« Reste tranquille. » soupire-t-il alors qu'elle retire sa main, piquée par le désinfectant qu'il applique sur ses plaies.

« Ça fait mal. »

Bellamy relève deux secondes la tête, le temps d'adresser à la jeune femme un sourire mesquin.

« Dois-je te rappeler que tu m'as fait subir la même chose il y a quelques jours ? »

Clarke hausse les épaules. Il avait été un vrai connard ce jour-là. C'était bien mérité. Désormais silencieuse, elle observe Bellamy s'affairer. Il passe délicatement le coton imbibé de désinfectant sur les mains et les bras de Clarke, son ventre collé aux genoux de la jeune femme, puis va chercher de la glace pour sa main endolorie. Ses mouvements s'attardent sur ses mains, et elle sent un frisson lui parcourir l'échine.

« Et maintenant... Tu comptes me dire ce qu'il s'est passé ? »

Bellamy laisse sa main en suspend à quelques centimètres de celle de Clarke. Elle ne perd décidément pas le nord celle-là.

« Qu'est-ce qui s'est passé, Princesse ? » dit-il, feignant l'innocence.

« Entre toi et ma mère. »

Elle dit ça comme s'ils avaient fait quelque chose de grave. Certes, dans un sens, les accusations d'Abby n'ont pas été très agréables à entendre, mais Bellamy n'est en rien fautif. Bon d'accord. Il est entièrement fautif. C'est lui qui a débuté ce petit jeu, le rendant de jour en jour plus dangereux et non professionnel. Mais Murphy l'a un peu incité. Ou du moins ne l'a pas retenu.

Mais tu vas t'arrêter quand ? Voilà que c'est la faute de Murphy maintenant ? Se réprimande le jeune homme.

Sous le regard sévère de Clarke, il entreprend de ranger le matériel qu'il a sorti pour soigner Clarke.

« Et toi ? » dit-il en se penchant contre elle pour attraper le flacon d'antiseptique. « Tu vas m'expliquer quel est le problème avec Wells ? »

« Il semblerait que tout soit lié. » soupire Clarke en se décalant, peu confortable avec ce rapprochement. « Qu'est-ce qu'il a voulu dire en parlant de m'éloigner de toi ? Est-ce que ma mère t'a dit de ne plus m'approcher non plus ? C'est pour ça que tu as agi bizarrement l'autre soir ? »

Bellamy referme prestement la boite et se recule pour la déposer sur le bar. Puis il revient, leurs bouteilles à la main.

« Tu te poses trop de question, Princesse. » dit-il tout sourire tendant sa bière à cette dernière. « C'est mauvais. »

« Mauvais pour moi ? Ou mauvais pour toi … »

Elle prononce cette dernière phrase comme un constat. Le jeune homme repose sa bière, s'apprêtant à dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu que ça détourne Clarke de son idée, mais elle est plus rapide que lui.

« C'est ce qu'elle t'a dit pas vrai ? Elle t'a dit de t'éloigner de moi parce que ça me mettait en danger. »

Elle n'a qu'à croiser son regard pour confirmer ce dont elle n'était pas sûre. Abby lui a bien interdit de s'approcher d'elle. Ou du moins, elle a tout fait pour l'en dissuader. Et l'attitude de Bellamy, qui n'a jamais été aussi silencieux, prouve que sa mère n'a pas été tendre.

« Je vais la tuer. » grogne Clarke en appuyant ses mains sur le rebord du plan de travail, s'apprêtant à sauter.

« Non non. Clarke ! »

Bellamy se précipite vers elle, se plaçant devant Clarke pour l'empêcher de bouger. Il pose ses mains sur les siennes, prenant soin de ne pas lui faire mal. Les joues de la jeune femme rougissent, mais il serait incapable de savoir si c'est dû à la colère ou à leur proximité.

« Clarke attend. » dit-il d'une voix ferme.

« Elle n'a pas le droit. » murmure la jeune femme, la voix tremblante, tout en détournant la tête.

Elle refuse que Bellamy voie la rage dans ses yeux, mais elle souhaite aussi mettre un peu plus de distance entre eux.

« Oui mais elle n'a pas tort. »

« Si. » s'écrit la jeune femme, faisant volte-face.

Bellamy s'était rapproché pour lui dire ces mots, et avec le mouvement de Clarke, ils se retrouvent face à face, leurs souffles réchauffant le visage de l'autre. Il détaille le visage de la jeune femme, ses yeux bleus qui peuvent lire en lui comme dans un livre ouvert, sa chevelure blonde, emmêlée, qui tombe en cascade sur ses épaules, épaules dissimulées sous sa veste en cuir, puis il baisse le regard, essayant tant bien que mal de ne pas s'attarder sur sa robe noire couverte de poussière, pour finir sur leurs mains, presque entrelacées.

Cette fois c'est certain. Lorsqu'il relève la tête, pour plonger son regard dans celui de Clarke, il sait que la délicieuse couleur de ses joues est due à leur proximité.

Il avait juré. Il s'était promis qu'il arrêterait. Et le voilà encore, collé à elle, le ventre plaqué contre ses genoux, comme s'il voulait être encore plus proche d'elle, ses mains posées sur les siennes et son visage si proche du sien qu'il pourrait presque l'embrasser.

Il avait juré qu'il arrêterait, qu'il s'éloignerait de Clarke, qu'il l'oublierait le temps de faire le point, sur lui, sur sa connerie, sur son travail, sur l'enquête, sur sa relation avec Jake, presque paternelle, sur sa fille, Clarke, et l'étrange relation qu'ils avaient tous les deux. Professionnelle ? Amicale ? De désir ? Il n'en avait aucune idée. Voilà pourquoi il avait dit qu'il arrêterait. Et puis, la date limite qu'il s'était fixé était passée. Il était bien plus de minuit, et pourtant Clarke était toujours là, il lui avait proposé de venir boire un dernier verre, proposition qui, en général, était très explicite quant à la suite des événements. Qu'est-ce que tu as cru ? Que parce qu'elle est une princesse, elle allait disparaître à minuit ?

Il avait juré qu'il arrêterait, qu'il la laisserait partir. Mais tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent, c'était tout faire pour la retenir. Et alors qu'il sait tout ça, il ne peut s'empêcher d'agir de la mauvaise façon, de s'approcher encore plus de Clarke, pour lui murmurer à l'oreille :

« Tu sais comme moi que je suis dangereux. »

Clarke frissonne. Elle ne comprendra jamais ce qu'il se passe dans la tête de ce type, mais il ne doit pas être le seul à payer le loyer là-haut. Le voilà redevenu le Bellamy qu'elle connaissait, un peu trop insistant par moment, mais c'est toujours plus drôle que celui qui se retire de la partie par obligation. Sauf que cette fois-ci, elle sent que c'est différent. Il y a véritablement quelque chose de dangereux qui flotte dans l'air et ce ne sont pas les paroles du jeune homme.

Lorsqu'il se recule, elle inspire une grande bouffée d'air, comme si on l'en avait privée pendant longtemps. Bellamy la fixe de son regard de braise, un sourire en coin pendu aux lèvres. Il attend patiemment que Clarke craque, il sait que ça ne va pas tarder. Il la sent s'avancer un peu plus vers le bord du plan de travail, le corps raide comme de la pierre. Elle va craquer.

« Je ferais mieux de rentrer. »

La déclaration de Clarke surprend le jeune homme, qui ne bouge pas d'un pas lorsqu'elle saute à terre, se retrouvant coincée entre son torse et les tiroirs de la cuisine.

« Oh oui, bien sûre. » dit-il en reprenant ses esprits.

Il se décale, la laissant passer et la regarde s'éloigner vers l'escalier, récupérant ses chaussures au passage. Elle se retourne une dernière fois, lui adresse un sourire étincelant, et disparaît. Bellamy serre les poings, s'attendant à entendre la porte claquer. Mais au lieu de ça, des pas rapides remontent les escaliers, et la tignasse de Clarke apparaît à travers la trémie.

Bellamy sent une étrange sensation monter en lui, comme de l'espoir, du soulagement à l'idée que Clarke puisse revenir sur sa décision. Il fait quelques pas vers elle, puis s'arrête au niveau du salon.

« Tu as oublié quelque chose, Princesse ? »

Il écarquille les yeux en voyant que Clarke ôte la veste qu'elle porte sur le dos d'un mouvement pressé.

« J'ai oublié de te la rendre. » dit-elle d'une voix étrangement honteuse.

« Oh ... » murmure-t-il sur le même ton. « Merci. »

Il récupère sa veste et la pose sur le dossier du canapé, avant de se retourner vers Clarke. La jeune femme le fixe avec attention, mordillant sa lèvre inférieure en même temps.

« Bon et bien … On se voit demain ? »

Bellamy hoche la tête.

« Dors bien Princesse. »

« Merci Bellamy. Dors bien. »

Elle se hisse sur la pointe des pieds et dépose furtivement ses lèvres sur les siennes, avant de faire demi-tour et de rejoindre les escaliers.

Ce n'est qu'en arrivant à la moitié des marches qu'elle réalise ce qu'elle vient de faire. Elle laisse échapper un « putain de merde » puis dévale les marches avant de quitter l'appartement en courant.


Gniark gniark gniark * rire démoniaque *

Bon, j'espère que ce chapitre vous a plu. J'ai reçu de nombreux retour sur le fait que vous étiez légèrement énervés de voir Octavia et la moitié des agents de l'A.R.C. tenter de séparer Clarke et Bellamy. Vous êtes rassurés à présent ? x)

J'attends avec impatience de lire vos commentaires, ça me fait toujours plaisir de savoir ce que vous pensez, et ça aide à améliorer la suite !

Bisous bisous ;)