Helloooo :)

Oui, je sais, je sais, j'avais promis de poster plus souvent, et comme par magie, juste après, j'ai disparu ... On va vite fait passer sur l'éternelle excuse des partiels, de la flemme, vous connaissez surement, et vous avez dû expérimenter aussi ;)

Comme c'était il y a un petit moment déjà, je ne sais pas si j'ai répondu à toutes vos reviews sur le chapitre 14, donc je vous remercie une fois de plus de m'en laisser, de prendre le temps de me dire ce que vous pensez de mes écrits ( même si je ne prends pas le temps d'en écrire d'avantage ... )

Merci à GreenEyes ( je suis certaine de ne pas avoir pu te répondre ;) ) Comme toujours, je suis ravie de lire tes reviews, et de savoir que ça te plait

Merci aussi à QueenK et à la belle claque de rappel que tu m'as laissé. Les vacances c'est terminé ( enfin au niveau de l'écriture ) et il est temps de s'y remettre. Je suis très contente de savoir que cette fic te plait au point de remettre les pendules à l'heure, donc pour toi, et pour tous ceux qui sont encore là ( et pour moi un peu aussi, parce que sinon j'oublis ce qui s'est passé avant ), voici un rapide résumé des chapitres d'avant :

Pour fêter la nouvelle invention de Jasper et Monty — le Moonshine — , Clarke, Raven et Octavia décident de passer leur soirée à la Station 13, bar de l'A.R.C., très apprécié de ses agents. Sauf que voila, quelques jours plus tôt, Octavia y avait invité son frère. Entre temps, Abby a eu l'occasion de discuter avec Bellamy, histoire de mettre les points sur les i et les barres sur les t. Pour faire bref " Reste loin de ma fille ", voila ce qu'elle lui a dit, sur un ton pas franchement amical. Décidé de mettre fin à tous ces histoires, Bellamy a pris sa décision, il va s'éloigner de Clarke un moment. Mais c'était avant de la voir danser avec ce type, Dean. Rapidement lassé par ce jeu, le jeune homme finit par intercepter la blonde et la convaincre de passer le reste de la soirée avec lui. C'était sans compter l'arrivée de Wells, lui aussi persuadé depuis peu que Bellamy a une mauvaise influence sur son amie d'enfance. Cris, engueulades, larmes, coup de poings, la soirée se termine en beauté.

Clarke et Bellamy rejoignent l'Arche par les rues de Washington, histoire de profiter un peu du calme de la nuit. Malheureusement, Wells n'était pas le seul à vouloir récupérer Clarke. Finn, caché quelques étages plus haut, observe Clarke depuis une bonne partie de la nuit, et profite de cette balade nocturne pour l'attraper — et régler quelques comptes avec Bellamy par la même occasion. Là encore cris, menaces, coups de poing par-ci, coups de couteau par-là, les deux agents de l'A.R.C. s'échappent et finissent pas regagner l'Arche. Super nuit pour Clarke qui voulait juste passer une petite soirée tranquille avec ses amis. En parlant d'amis, Octavia, Raven, Jasper et Monty la cherche partout. Paniquée à l'idée de savoir que Clarke est seule avec son frère, Octavia leur révèle tout ce qu'elle sait. A l'autre bout de l'Arche, Bellamy a ramené la jeune femme chez lui, elle est blessée et n'a pas franchement envie de rentrer chez elle, du moins pas tout de suite. Sauf qu'après réflexions, elle aurait mieux fait de pousser la porte de son appartement quand elle est passé devant la première fois. Parce que ce qui devait finir par arriver arriva.


Chapitre 15 - What About Last Night ?

o.O.o

Bellamy reste un moment sans bouger, les yeux fixés à l'endroit où il a vu Clarke pour la dernière fois, avant qu'elle ne s'enfuie en courant.

C'était il y a quinze minutes de cela.

Clarke l'a embrassée. Il n'en revient pas. Les yeux encore écarquillés, il se passe une main tremblante sur le visage. Merde ! Alors là, s'il s'y attendait ? Comment était-ce arrivé ? Qu'est-ce qui lui avait pris ? A elle ? Et à lui ? Pourquoi ne l'avait-il pas retenue ? Tant de questions qui se bousculent dans sa tête, lui donnant mal au crâne.

Bellamy se laisse tomber sur son lit, perdu dans ses pensées. Elle l'a embrassé. Elle a fait ça comme ça, comme si de rien n'était, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Elle l'a embrassé et elle est partie.

Sans qu'il ne s'en rende compte, les minutes passent tandis qu'il ressasse ce baiser, encore et encore. Le jeune homme jète alors un coup d'oeil à sa montre. Six heures vingt-sept. Elle est partie depuis un peu plus de deux heures. Et pourtant, il sent toujours son parfum sur lui.

Elle l'a embrassé. Bordel mais tu vas oublier un peu ça ? Hors de lui, Bellamy quitte son lit et se dirige vers la salle de bain. Une douche froide lui fera le plus grand bien.

Et pourtant, ce n'est pas le cas. Quand il en ressort, quinze minutes plus tard, il en est toujours au même point. Clarke l'a embrassé. Il retourne dans sa chambre, attrape un caleçon, un pantalon et un t-shirt et se dirige dans son salon. Là, vautré sur son canapé, il est à nouveaux assailli de milles pensées.

Bon. Faisons le point. Clarke l'a embrassé. Il commence peu à peu à l'assimiler. Mais ce n'était pas volontaire. Ca ne pouvait pas être volontaire. Sauf qu'elle l'a fait. Et leur prochaine rencontre risque d'être très gênante, surtout si elle a lieu en présence de Kane, de Jaha, ou pire. D'Abby. Après un long moment de réflexion, Bellamy ne voit qu'une solution.

Il quitte son canapé, sur lequel il risquait de s'endormir, enfile ses chaussures, attrape ses clés et sort de son appartement.

o.O.o

Octavia somnolait lorsque la porte s'ouvre. Aussitôt, elle se lève du canapé, faisant face à la personne qui entre.

« Clarke ! » s'écrit-elle, faisant sursauter la blonde en question.

« Clarke ? » demande Raven, se réveillant sur le coup.

Un léger sourire apparaît sur le visage de leur amie. Sans prononcer un mot, elle laisse ses chaussures dans l'entrée et se dirige vers la cuisine. Octavia, emmitouflée dans une couverture, saute par dessus le dossier du canapé et se précipite vers Clarke, tandis que Raven contourne Jasper, qui dort paisiblement, les jambes sur la table basse.

La première chose qu'elles remarquent, malgré la tête de déterrée de la jeune femme, sont sa robe poussiéreuse, son collant déchiré, ses bras blessés et sa main emballée. Raven fronce les sourcils. Elle prend place sur un tabouret avant de se retourner vers Clarke.

« C'est du sang ? » demande-t-elle comme si de rien n'était à cette dernière.

Clarke hausse les épaules et se sert un verre d'eau. Puis elle vient rejoindre les filles, s'adossant en bar pour ne pas leur faire face.

« Je crois que j'ai quelque chose à vous dire... » murmure-t-elle entre deux gorgées.

« Je l'aurais parié. » répond Octavia, légèrement sarcastique.

La blonde déglutit, soudainement très intéressée par ses pieds.

« Crache le morceau Clarke Griffin ! » s'écrit Raven.

Du salon, une voix endormie demande « Clarke est là ? » et quelques secondes plus tard, Monty débarque dans la cuisine.

Clarke soupire. Maintenant, elle ne peut pas y échapper. Mais les regards de ses amis braqués sur elle lui donnent des frissons. Pourtant, elle n'a pas le choix. Alors, lentement, elle se met à raconter sa soirée.

Tout y passe. Dean, Bellamy, Wells, la terrasse, le petit tour qu'elle voulait prendre, les pas derrière eux, le guet-apens des grounders, le studio miteux, Finn, l'armoire à glace, leur évasion, Bellamy qu'elle croyait avoir perdu, leur retour à l'Arche. Lorsqu'arrive le moment où elle s'apprêtait à rentrer chez elle, Clarke s'interrompt. Doit-elle leur dire ? Oui. Elle a promis. Elle poursuit donc son récit jusqu'au moment où elle a découvert ce que sa mère avait fait. Du coin de l'oeil, elle constate qu'Octavia gigote sur sa chaise. Elle n'y fait pas attention et poursuit. Mais voilà. Elle arrive à l'instant fatidique.

« Je l'ai embrassé. » avoue-t-elle en fixant ses mains.

o.O.o

Une canette à la main et en attente du livreur de pizza, Murphy regarde fixement la grande fenêtre de son appartement lorsqu'on sonne à la porte. Il laisse échapper un soupire de soulagement alors qu'il se lève pour ouvrir. Mais ce n'est pas un boutonneux à casquette rouge qui se tient derrière la porte, plutôt un type brun, grand, la peau mate, des yeux noirs et les pommettes recouvertes de taches de rousseurs. Un mec mignon quoi. Enfin c'est ce que les filles diraient ! Qu'on ne se fasse pas de fausses idées.

Si le sourire de Bellamy est maussade, celui de Murphy disparaît aussitôt.

« Salut … » soupire-t-il.

« T'attendais quelqu'un d'autre ? » demande son ami en se dirigeant vers la cuisine.

« Le livreur. »

Bellamy qui a déjà la tête dans le réfrigérateur, se redresse et lance à Murphy un regard inquisiteur.

« Pizza. » répond simplement le jeune homme.

« Nuit difficile ? »

« T'as pas idée. »

Ils retournent tous deux au salon, et se laissent tomber sur le canapé de Murphy.

« Et toi ? » demande ce dernier après un moment de silence. « Gueule de bois ? »

Il désigne l'énorme tasse de café que Bellamy sirote.

« Si y'avait que ça … Tu viens de rentrer ? Je t'ai cherché vendredi. »

« Kane m'a envoyé en mission. Pourquoi ? Un problème ? »

« Si tu savais … » soupire Bellamy. « Il faut qu'on arrête ce pari. »

Murphy lui fait signe de poursuivre. Après tout, le livreur n'est toujours pas arrivé et lui aussi a besoin de parler. Et puis, ce pari, c'est le fameux pari. Celui qui concerne Clarke. Bellamy n'a jamais mis terme à aucun de ces jeux. S'il le fait aujourd'hui, c'est qu'il a une très bonne raison.

Cette fois-ci, il s'épanche moins sur les détails, il l'a déjà fait avec Octavia. En fait, il n'a presque rien à dire, mis à part la conversation qu'il a eu avec Abby, car son problème se résume en trois mots.

« Elle m'a embrassé. »

« Encore ?! »

o.O.o

« En-core ? »

Clarke redresse aussitôt la tête. Alors là, elle ne s'attendait pas du tout à une telle réaction. Les « quoi ? Non mais tu abuses ! » et les « Qu'est-ce qui a bien pu te passer par la tête Clarke Griffin ? » elle s'y était préparé. Mais à ça, certainement pas.

« Comment ça, « encore » ? » demande-t-elle en fronçant les sourcils.

Octavia, Raven et Monty se regardent l'un après l'autre, légèrement mal à l'aise. Bien sûre, Octavia leur a tout raconté. Ils savent ce qu'il s'est passé le soir où les deux garçons ont été secourus, et elle leur a relaté la discussion entre Abby et son frère. Ce n'est pas de sa faute après tout ! Elle était morte de trouille en découvrant qu'ils avaient disparu. Et elle est morte de trouille maintenant qu'elle sait cela.

« Octavia ? » soupire Clarke. « C'est quoi ce délire ? »

Oui. Délire c'est bien le mot. Comment tout a bien pu lui retomber dessus ? Elle était partie pour passer un savon à Clarke de lui avoir fait une peur bleue, et maintenant, elle se faisait prendre pour cible. Et puis pourquoi devrait-elle être celle qui explique à la jeune femme qu'elle a déjà embrassé son frère ? Mais un coup d'oeil au regard bleu et elle craque.

« Hum hum ... »

Octavia s'éclaircit la voix.

« Clarke. On... J'ai... Quelque chose à te dire. »

o.O.o

« Et c'est pour ça que tu veux arrêter ? » demande calmement Murphy, une fois la surprise passée.

« T'as déjà oublié ce que Abby m'a dit ? Je vois pas d'autre solution. O' a raison, on ne peut pas mettre nos emplois en danger uniquement pour un pari stupide. »

« Merci pour le stupide... » plaisante Murphy.

On frappe à la porte et ses lèvres s'étirent en un sourire. Il se lève pour aller ouvrir et revient quelques minutes plus tard, un carton de pizza dans la main. L'odeur flotte dans l'appartement depuis que la porte s'est ouverte, et bien qu'il ne soit que sept heure du matin, Bellamy meurt de faim.

« Et alors, tu vas m'expliquer pourquoi tu commandes à cette heure toi ? »

Murphy lui jète un regard en coin, mi-amusé, mi-épuisé, un regard qui veut dire « est-ce que tu es vraiment sure de vouloir savoir ? ». Depuis qu'ils se connaissent, le jeune homme n'a jamais raconté sa vie. Bellamy sait que Kane l'a sorti de prison alors qu'il y était en détention juvénile. Il n'a pas de famille — du moins il n'en parle pas — et vit seul depuis l'âge de quatorze ans. Voila toutes les informations qu'il a pu soutiré à son ami, le reste lui est inconnu. Pourtant, Bellamy n'hésite pas à se confier à Murphy. Bien qu'il ne soit pas trop dans ce délire d'amitié à vie, John Murphy est ce qui se rapproche le plus de son meilleur ami. Oui, c'est ça. Murphy est son meilleur ami. Et à ce moment là, Bellamy voit bien sur le visage de ce dernier que quelque chose ne va pas.

« Aller John, te fais pas prier. » plaisante-t-il.

Il aperçoit du coin de l'oeil son ami grimacer tout en ouvrant le carton.

o.O.o

« Boston ? » s'écrit Murphy.

Kane lui lance un regard noir. Oui bon, d'accord. Un bon agent n'est pas supposé rechigner, mais sérieusement, Boston ?

« Est-ce que je peux au moins savoir pourquoi j'y vais ? » soupire le jeune homme en remballant ses affaires de sport.

Et puis c'est quoi cette manie de toujours venir lorsqu'il s'entraine ? Marcus n'aurait pas pu attendre une petite heure ?

« Je t'expliquerais en route. »

« En route pour ? »

Pas de réponse. Ah oui. Un bon agent ne pose pas de question non plus. Ne connaissant pas leur destination, Murphy se dirige donc vers son appartement. S'il part en mission, il va lui falloir plus qu'un jogging et un t-shirt de sport.

Lorsqu'il arrive au parking, une demi-heure plus tard, vêtu d'un jean noir, d'un pull gris et d'une veste en cuir dont le noir vire au gris, Kane attend patiemment à côté d'un 4x4 noir.

« On a reçu une alerte à Boston. Il se peut que ce soit un tour du G.R.O.U.N.D., mais on veut en être sur. »

« Personne d'autre ne peut le faire ? » soupire Murphy en se dirigeant vers le coffre du véhicule pour y déposer son sac.

Un sac y est déjà, rempli d'armes, munitions et protections. Le jeune homme laisse échapper un petit sifflement impressionné.

« Je croyais que ce n'était qu'une alerte ? »

« Notre indic parle d'une explosion en début de soirée. Tu as six heures pour te rendre sur place. » poursuit Kane alors que son agent monte dans la voiture.

Puis sans laisser le temps à Murphy de protester, il ouvre la bouche pour parler mais aucune mot n'en sort.

« Lis sur mes lèvres. » mime-t-il. « Une bombe a été placée dans un building du centre ville, à l'un des étages du parking. » Puis il poursuit « Entendu parler de l'Hybride ? »

Murphy hoche la tête.

« On te demande de la trouver, et de la neutraliser. En faisant évacuer s'il le faut. D'où les armes. »

« Trouver, neutraliser. » répète le jeune homme tout en démarrant le moteur.

« Elle est sur la même piste que toi. Ca ne sera pas évident. »

Le moteur vrombit et Murphy adresse un sourire en coin à l'homme brun qui le regarde légèrement inquiet.

« Je sais ce que je fais. »

« J'espère. Parce que personne ne sera mis au courant de ta mission. Il n'y aura pas d'extraction possible. »

o.O.o

Bellamy revient de la cuisine avec des canettes de soda. Il en tend une à son ami et lui fait signe de continuer.

o.O.o

C'est comme ça qu'il s'était retrouvé à rouler bien au dessus des limitations de vitesse, espérant faire le trajet Washington Boston en cinq heure et demi.

L'alerte à la bombe était bel et bien une farce. Et pendant près d'une heure, Murphy avait fait évacuer le building pour « mener » son enquête. Ce qui devait faire péter un bâtiment de vingt étage ne menaçait que le premier quart du bâtiment, parking inclus. Ca faisait du monde, mais pas tant que ça.

Après s'être battu avec la police locale, pour leur expliquer que oui, il faisait bien partie du FBI, non ce n'était pas la peine de les appeler pour vérifier — Kane lui avait bien fait comprendre qu'il était tout seul sur ce coup là — il avait obtenu le droit de questionner les employés et les agents de la sécurité. La piste était ensuite remontée jusqu'à deux flics pourris du commissariat en charge de l'affaire, et s'était terminée avec un type le nez pété, et l'autre l'épaule démise.

Oui, c'était comme ça que Murphy travaillait.

Mais la méthode forte, qui était sérieusement réprimandée au sein de l'A.R.C., était nécessaire aujourd'hui, et puis, elle avait porté ses fruits. On lui a rapidement indiqué qui rechercher et où.

o.O.o

Le petit blond à tout de suite compris que Murphy était la pour lui. En voyant ce type baraqué à l'air pas franchement amical, il s'est mis à courir, bousculant les gens qui se trouvaient sur son passage.

L'hybride est à la recherche de cet apprenti poseur de bombe. Pas question pour Murphy de le perdre de vue. Ça reviendrait à perdre son ticket de retour. Il s'élance à la suite du gamin qui disparaît au coin d'une rue.

L'agent débouche sur une avenue piétonne, bondée en ce début de soirée. La tête blonde se fond dans la masse, mais il parvient à la rattraper, par la méthode forte cette fois encore. Son pistolet pointé vers le ciel et un faux badge à la main, il crée en quelques secondes une haie d'honneur entre l'enfant et lui.

Mais le gamin semble connaître la ville comme sa poche. Il s'engage dans une petite rue adjacente et tente de semer Murphy dans un dédale d'immeubles industriels.

« Ne m'oblige pas à tirer ! » menace le jeune homme, son arme pourtant déchargée.

o.O.o

« Ne m'oblige pas tirer ? » commente Bellamy. « Sérieusement ? Te connaissant j'aurais cru que tu le descendrais ! »

Sa remarque est accueillie par un regard noir. Il lève les mains en l'air et faire signe à son ami de poursuivre.

o.O.o

Murphy se demande réellement s'il ne devrait pas tirer, dans le mur, juste pour lui faire peur, lorsqu'il réalise qu'ils sont dans un cul de sac. Le môme est pour lui, et l'hybride aussi.

Le môme, arrivé devant le grillage dont il ne soupçonnait pas l'existence, se retourne, figé de peur. S'il s'en sort vivant, il n'acceptera plus les petites courses pour des amis d'amis. Il lève les mains en l'air, en signe de rémission, et s'apprête à se rendre lorsqu'une silhouette tombe gracieusement d'un des immeubles, pour atterrir devant lui.

Murphy, qui s'était arrêté à une dizaine de mètres du petit blond, écarquille les yeux. Il regarde la silhouette, qui vient d'apparaître entre sa proie et lui, se relever lentement. Cependant, il lui est impossible de déterminer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme et les vêtements n'aident pas. Un pantalon brun, une veste en cuir marron au col en fourrure, le tout recouvrant une multitude de vêtements. Une capuche noir dissimule son visage, dont on aperçoit pas même les traits. Dans son dos, Murphy remarque deux épées croisées et attachées au torse par des sangles, de nombreux étuis à poignard sur les jambes et une longue perche dans la main droite. La gauche est quand à elle cachée, et c'est de là que vient le surnom de cet homme — ou de cette femme — tristement connu. La légende, car c'est toute une légende qui s'est construit dans le monde des renseignements secrets et des tueurs à gage, dit qu'il a perdu la main gauche dans un combat, et qu'à présent son avant bras entier est mécanique, faisant de cet être un cyborg. D'autres disent que c'est un chercheur qui a mal tourné, et qui aurait finit victime de ses expériences, devenant mi homme, mi bête.

o.O.o

« Nan … » souffle Bellamy, manquant de lâcher sa part de pizza.

« Bon t'as finis de m'interrompre ? »

o.O.o

L'hybride se tient devant lui. Imposant, effrayant, mais aussi étonnement gracieux. Il se tourne vers le gamin, qui s'est mis à reculer jusqu'à ce que son dos touche le grillage métallique et qu'il ne puisse plus bouger. D'où il se tient, Murphy ne peut pas le voir, mais le petit blond lui, croise le regard de celui qui s'apprête à le tuer.

D'un geste rapide, l'hybride attrape un des couteaux attachés à son pantalon et l'envoi se planter dans la poitrine du garçon. Murphy regarde avec horreur le visage de l'enfant se figer, puis le corps s'effondrer. Ses yeux remontent le long de la fine silhouette qui demeure immobile. Il est là, juste devant lui. Il n'aurait qu'à tirer et il l'aurait.

Mais les sirènes des voitures de police retentissent. L'hybride se braque et regarde autour de lui. Dans sa recherche d'un échappatoire, ses yeux croisent ceux de Murphy, et le jeune homme découvre un regard noisette, une peau bronzée et des cheveux bruns, un visage doux, barré d'un tatouage tribale et dissimulé par cette capuche informe.

Dans un crissement de pneus, trois voitures se retrouvent autour d'eux et six policiers en sortent, barricadés derrière les véhicules, leurs armes pointés sur les deux agents. Murphy sort difficilement son faux badge et le leur lance, tout en déclinant sa fausse identité. C'est suffisant pour faire baisser leurs armes aux policiers, mais également pour permettre à l'hybride de s'échapper.

Murphy a à peine le temps de tourner la tête, pour entrevoir une silhouette sauter par dessus le grillage, qu'elle disparaît presque aussitôt.

o.O.o

Raven est réveillée par les rayons du soleil qui traversent la fenêtre. D'habitude, le verre s'opacifie la nuit, et le reste jusqu'à ce qu'on le désactive, mais avec tout ce qu'il s'est passé la veille, ils ont du oublier de l'enclencher. Le soleil est haut dans le ciel, preuve que la matinée est déjà bien avancée.

La jeune femme se redresse. Elle a dormi dans le lit de Clarke, avec cette dernière et Octavia, car leur amie ne voulait pas rester seule. A présent, elle ressent les effets d'un petit somme dans un lit pas assez grand pour toutes les accueillit.

Prenant soin de ne pas réveiller les deux dormeuses, Raven se lève doucement, ramasse ses affaires qui trainent sur la table de nuit, et se dirige vers l'escaliers. Perchée au bord de la mezzanine, elle aperçoit Jasper et Monty, qui dorment paisiblement eux aussi, l'un sur le canapé, l'autre sur deux fauteuils rapprochés. Les marches en bois ne grincent pas lorsqu'elle les descend à pas de loup et elle trottine tout aussi discrètement jusqu'à la porte.

En passant devant la cuisine, Raven est tentée de se faire une tasse de café. Elle a eu le temps de décuver depuis la veille, et largement, leur inquiétude pour Clarke les ayant tous ramené à la réalité. Elle ne se sent pas nauséeuse, n'a pas un mal de crâne cuisant, mais ressent une grosse fatigue, comme si dormir l'avait épuisée. Mais elle n'a pas envie de réveiller qui que ce soit, alors elle s'éclipse silencieusement.

Elle regagne rapidement son appartement, chaussures à la main, et toujours vêtue de sa robe de la veille. Retrouver son chez-soi lui procure un bien fou. Elle dépose ses affaires dans l'entrée, et se dirige directement vers la cuisine.

L'appartement qu'elle partage avec Octavia est plus petit que celui de Clarke, ne disposant pas d'un salon avec une hauteur sur deux étages, mais n'en reste pas moins spacieux. On entre dans une grande pièce où se trouve, dans un renfoncement sur la gauche, une cuisine américaine, séparée du salon par un bar. Le séjour est face au fenêtre, et profite de la lumière du soir qui éclaire jusqu'au fond de la pièce, et une partie de la cuisine. Entre le salon aux tons rouges et gris, et le bar de la cuisine, se trouve un couloir qui s'enfonce dans la partie droite de l'appartement. Trois portes apparaissent alors. La première, sur la droite donne dans la salle de bain que partagent les filles. La seconde, celle de gauche, dessert la chambre d'Octavia. Et enfin, la dernière, celle du fond, est la porte de la chambre de Raven.

La jeune femme titube jusqu'à sa chambre, la plus vaste des deux — celle qu'elle partageait avec Finn il y a quelques mois de cela. La pièce est plongée dans l'obscurité. Visiblement le dispositif d'opacité des fenêtre fonctionne mal ce matin. En deux trois clics sur le panneau de commande à l'entrée de la pièce, elle a tôt fait d'y remédier. Raven se laisse tomber sur son lit, enfouit sa tête dans les oreiller et laisse échapper un grognement de fatigue. Sur sa table de nuit, le réveil annonce treize heure trente. Malgré l'heure tardive, elle demeure quelques minutes encore allongée, avant de se décider à bouger.

Lorsque les chiffres affichent treize heure trente-cinq, Raven se lève d'un coup, et fonce sous la douche. L'eau froide lui fait du bien. Enfin non, ça lui fait plutôt l'effet d'un coup de fouet mais elle déboule dans son salon, plus réveillée que jamais, dans un jean gris foncé, un débardeur noir et un long gilet rouge, bien trop grand pour ses maigres épaules. Un coup d'oeil à l'heure qu'affiche son four et elle réalise qu'elle est en retard. Elle se verse rapidement du thé dans un Thermos, attrape des chaussures, son arme et quitte son appartement en vitesse.

« Salut ! » dit-elle d'une voix qui se veut joyeuse, ou du moins pas trop déprimée.

« Salut ! » lui répond une voix masculine.

Wick apparaît alors, pivotant sur sa chaise pour faire face à la jeune femme.

« Réveil difficile ? »

« Je dirais plutôt nuit difficile. » soupire Raven.

« Ca se voit. T'as une tête de déterrée. » constate le blond, ses lèvres tordues en un sourire.

Raven lui donne un coup dans l'épaule, faisant de son mieux pour ne pas rire elle aussi.

o.O.o

Bellamy ne saurait dire si parler à Murphy a été efficace. Enfin bien sure que ça l'a été, ça l'est toujours. Mais ces problèmes ne sont pas pour autant réglés. Lorsqu'il quitte l'appartement de son ami, vers treize heure et demi, il se retrouve seul dans les longs couloirs de l'Arche. Ses pas le mènent jusqu'au Pont, puis jusqu'au bureau de Kane.

Son supérieur est en pleine réunion, alors Bellamy attend, les mains dans les poches, adossé au bureau du standard. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre, et Marcus Kane apparaît sur le seuil. Il sert la main de son rendez-vous, un type grand et maigre, puis se retourne vers Bellamy.

« Tout va bien ? » demande Kane en faisant signe au jeune homme de s'assoir, alors qu'il prend lui-même place dans son fauteuil.

« Je me demandais si tu n'aurais pas une mission pour moi. Juste pour moi. »

Kane hausse un sourcil, mais en voyant le regard décidé de Bellamy, il préfère ne pas poser de question. Allons bon, il veut faire bande à part à présent ?

« Aucune mission à te confier. Mais tu pourrais faire un peu de repérage pour moi... Je dois juste te trouver un coéquipier. »

Bellamy hoche la tête, il comprend. Après tout, il est supposé être en jour de repos, c'est tout à fait normal que Kane n'est rien pour lui.

« Laisse-moi organiser ça et je t'appelle dès que c'est fait, d'accord ? »

Le jeune homme hoche la tête, rassuré. Il va enfin pouvoir se concentrer sur quelque chose d'autre que Clarke Griffin en ce moment même.

o.O.o

« C'est une blague ? » soupire Bellamy.

Kane vient de le rejoindre au parking, avec son coéquipier pour une mission d'infiltration. Coéquipière plutôt, puisque Raven Reyes se tient devant lui. Elle a une mine affreuse, vaguement dissimulée sous un léger maquillage, et encore, l'effort a été minime.

« C'était Raven ou Clarke. Alors estime toi heureux. Je t'épargne les représailles d'Abby, et crois moi, c'est un énorme cadeau. »

Bellamy ronchonne, mais au fond de lui, il sait que Kane a raison. Mais bien qu'avoir à travailler avec Raven ne peut-être pire que de côtoyer Clarke pour la journée, ce n'est quand même pas la meilleur chose qui soit. Kane leur explique brièvement en quoi consiste la mission, et les presse de partir. Selon lui, l'affaire est réglée en deux heures, et il a besoin d'eux le plus rapidement possible.

Le trajet se passe dans un silence presque pesant. Raven sent que Bellamy est énervé, et ça a le don de l'agacer elle aussi. Elle est à deux doigts d'exploser lorsqu'il prend enfin la parole.

« Elle te l'a dit ? »

La jeune femme comprend tout de suite qu'il s'agit de Clarke et de leur baiser de la veille, sans parler du flirt et de leur enlèvement. Un instant, elle est tentée de nier, mais Bellamy est intelligent, et il décèlera son mensonge avec aisance.

« Oui. » répond Raven en se tournant vers la vitre.

Elle espère que ce soit suffisant pour faire comprendre à son collègue que la discussion est close. Mais il semblerait que non, car Bellamy enchaine aussitôt.

« Octavia était là. »

Ce n'est pas réellement une question, comme s'il savait que sa sœur avait assisté à la révélation.

« Oui. »

Bellamy soupire. S'il y avait bien une chose qui ne devait pas arriver, c'était qu'Octavia soit mise au courant. Il avait merdé, il le savait, se l'était dit, et redit pendant toute une partie de la matinée. Mais se l'entendre dire de la bouche d'Octavia allait probablement le détruire. Car il connaissait exactement le regard qu'elle allait lui lancer. Un regard débordant de déception.

Il détestait décevoir sa sœur. Et il se détestait pour lui infliger ça. Elle était sa seule famille, et ce qu'il avait de plus précieux. Voir ses beaux yeux verts s'assombrir et son sourire disparaître était pour lui la pire des tortures.

« Elle n'est pas énervée... Si c'est ce qui t'inquiète. »

Bellamy sursaute. Perdu dans ses pensées, il ne s'attendait pas à ce que Raven lui parle encore. Il fait cependant un effort pour ne pas se retourner vers elle, bien qu'il en meurt d'envie.

« Octavia ? »

« Non, la reine. Bien sûre que oui, Octavia ! »

Le jeune homme se serait bien passé de la plaisanterie, mais ce retient de le faire remarquer. Raven poursuite alors.

« Pour ce qui est de Clarke, elle est mortifiée. Je suis une terrible amie pour faire ce que je fais, mais si personne ne parle, votre problème ne va pas s'arranger. »

« Il n'y a aucun problème. »

« Ah bon ? » rétorque la brune, se tournant complètement sur son siège pour faire face à Bellamy. « Parce que le dénis total dans lequel vous vous trouvez n'en est pas un ? Bellamy, tu ne peux pas agir de la sorte et espérer qu'on passe l'éponge dessus. Tu joues avec elle, non, tu te sers d'elle. J'ai été de votre côté depuis le début, vous défendant devant Octavia, devant Wells, devant la terre entière. Vous faites ce que vous voulez, vous êtes libres. Mais il faut prendre garde à ne pas perturber l'équipe. Alors qu'elle t'embrasse une fois, ça passe, mais là ? »

« Comme tu sais ça toi ? » demande le jeune homme, les yeux écarquillés, avant de murmurer le prénom de sa sœur.

« Ecoute. Je ne suis personne pour juger, et encore moins la mieux placer pour vous lancer la pierre... »

« Ca tu l'as dit... » remarque Bellamy, lui rappelant d'un ton amère l'aventure qu'ils avaient eu il y un an.

La jeune femme le fusille du regard avant de reprendre :

« Mais tu as généré le problème, et toi seul peux y mettre fin. »

o.O.o

Clarke est réveillée par des bruits en provenance de la cuisine, accompagnés de l'odeur du café frais. Le soleil, dont les rayons traversent sa fenêtre, est assez bas dans le ciel, mais la lueur rouge qui teinte la ville indique qu'il est déjà tard.

La jeune femme balance sa couette à l'autre bout du lit et se redresse. Ignorant la douleur qui pulse dans son crâne et l'horrible envie de vomir qu'elle ressent, elle parvient à traverser son appartement jusqu'à la cuisine. A l'odeur du café se mêlent les effluves d'un petit déjeuner, pour le moins tardif et le chantonnement de Jasper, plongeant l'appartement dans la bonne humeur.

« Eh ! Regardez qui est là ! » s'écrit Jasper, une poêle dans la main, prêt à faire sauter une crêpe.

« Salut la marmotte ! » sourit Octavia. « On a cru que tu ne te lèverais jamais. »

« Mais tu arrives au meilleur moment. » poursuit Monty en apportant une assiette. « Jasper s'est mis aux fourneaux. »

Clarke sursaute lorsque Jasper émet un hurlement de joie. Monty a rattrapé dans une assiette la crêpe qu'il avait lancé de sa poêle, sous le regard amusé d'Octavia. La jeune femme observe ses amis un à un, déjà contaminée par la joie de vivre qu'ils répandent. Une seule personne manque à l'appel.

« Où est Raven. »

« Mission. » répond Jasper, la langue coincée entre les dents, un regard sérieux et l'air concentré alors qu'il verse la pâte à crêpes dans la pôele.

« Elle est partie quand nous dormions. Elle ne devrait pas tarder. » ajoute Octavia.

Monty adresse un sourire à Clarke, il a aperçu la pointe de déception dans la voix de la jeune femme. Sans s'attarder plus longtemps, il dépose l'assiette sur le bar et invite la blonde à venir s'assoir.

« On devait t'attendre, mais Jasper n'a pas tenu... » ajoute-t-il en adressant un regard noir au cuisinier.

Clarke éclate de rire et prend place sur un tabouret. Ses amis ne tardent pas à la rejoindre et l'appartement est bientôt rempli d'éclats de rire et de lancers de crêpes. Tous trois savent que Clarke n'a pas le moral. Elle s'en veut terriblement pour son écart de conduite et anticipe la réaction de sa mère quand elle apprendra ce qu'il s'est passé. Mais pire, elle craint d'avoir à faire face à Bellamy.

« Ah ! J'ai oublié de te dire ! » s'exclame la plus jeune du groupe. « Kane voudrait te voir vers dix-huit heures, pour un petit travail. Il sait que c'est ton jour de congé, mais ce n'est qu'une recherche sur les archives de Felmann. »

Octavia lance à Clarke un regard désolé, sachant parfaitement que leur amie n'est pas prête à faire face à son supérieur.

« Bon et bien … Je suppose que je devrais me préparer alors ... » soupire la blonde après avoir jeté un coup d'oeil à l'heure du four.

o.O.o

En approchant de la salle de réunion où Kane lui a donné rendez-vous, Murphy aperçoit une tête blonde assise à la grande table. Il fronce les sourcils. Que fait Clarke ici ? Mais il n'a pas le temps de se questionner d'avantage que Kane l'interpelle. L'agent plaque un sourire mauvais sur son visage et pénètre dans la pièce. Il constate amèrement que Clarke ne se retourne pas vers lui. Peut-être a-t-elle peur de croiser son regard ? Ou bien craint-elle d'être jugée ? Murphy a beau être un enfoiré de première — oui, il le reconnaît lui même — il n'est pas du genre à juger Clarke pour une erreur commise par Bellamy.

« Salut, Clarke. » dit-il en posant sa main sur l'épaule de la jeune femme.

Surprise, Clarke lève la tête, et plonge ses yeux bleus dans les siens. La première chose que Murphy y décèle est de la peur. C'est donc ça. La grande, la courageuse Clarke Griffin a peur. Peur qu'il parle ? Peur d'être le sujet d'une rumeur indiscrète ? Deux choses qui n'arriveront certainement pas, mais bien sure, elle ne peut le savoir. Par delà la peur, Murphy aperçoit le remord de la belle blonde, sa honte et ses regrets.

Clarke est pétrifiée. Et le regard insistant de Kane ne fait qu'aggraver la situation. Murphy va faire une remarque. Elle le sent. Elle le sait. Il va parler, Kane apprendra la vérité, et tout finira par remonter aux oreilles de sa mère. Bellamy sera viré, Octavia sera éloignée de sa seule famille et plus jamais elle ne lui adressera la parole.

Les lèvres de Murphy s'étirent en un sourire alors qu'il applique une pression sur l'épaule de Clarke. Pas un de ces sourires effrayants qu'il a lorsqu'il interroge des suspects, ou celui qui indique qu'il s'apprête à faire des conneries. Non, un vrai sourire, presque … rassurant. Ca a pour effet de décrisper légèrement la jeune femme.

« Murphy. » répond-t-elle d'une voix tremblante.

Kane assiste à cet échange tout en se passant de commentaire. Tout finit par se faire savoir à l'A.R.C.. Et par égard pour Clarke, il espère du fond du cœur que ses problèmes seront réglés d'ici là. Alors que Murphy prend place au fond de la salle, l'homme vérifie sa montre. Il ne manque plus que Miller et ils pourront commencer. Le jeune homme en question ne tarde pas à se montrer. Il claque une bise sur la joue de Clarke, tape dans la main que Murphy lui lève et vient s'assoir de l'autre côté de la table.

« Bien. Maintenant que vous êtes tous là, nous pouvons commencer. Tous d'abord, sachez que ce que vous allez faire ne sera révélé que si les résultats s'avèrent concluants. »

Ah la politique de l'A.R.C., soupire Clarke, toujours de grands mots pour pas grand chose.

« Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi nous avions envoyé vos coéquipiers à l'usine Felmann. » poursuit Marcus. « Son nom avait été retrouvé dans des rapports rédigés par l'agent Griffin... »

En disant ces mots, il jète un coup d'oeil à Clarke.

« … Et nous tout nous portait à croire que cette piste nous ferait avancé dans l'enquête. Malheureusement, ce n'était pas le cas. Du moins, ça ne l'était pas lorsque les recherches ont été suspendues. »

« Je ne vois pas en quoi nous sommes concernés. » soupire Murphy.

Kane lui adresse un regard noir avant de se saisir d'une tablette posée devant lui. Il pianote dessus quelques instants et une image apparaît sur l'un des murs vitrés de la salle. Des scans de feuilles manuscrites se succèdent au même rythme que Kane les fait défiler sur sa tablette. Sur ce qui semble être des rapports, des mots sont entourés en rouge, et Clarke ne tarde pas à identifier l'écriture de son père.

« Dans d'autres notes personnelles, l'agent Griffin a fait plus qu'évoquer l'usine d'Isaac Felmann. Il a raconté en détail les nombreuses visites qu'il y a fait, et ce en dehors de ses heures de service. »

Clarke sent un frisson lui parcourir le dos. Qu'est en train de lui dire Kane ? Que son père voyait Felmann en tant que citoyen normal, sans l'accord de l'A.R.C. ? Sans s'en rendre compte, la jeune femme a considérablement pali, et Nathan lui demande si tout va bien, mimant les mots. Elle hoche prestement la tête avant de se concentré à nouveau sur Kane.

« Les écrits sont codés, mais le nom de Felmann est un des rares qui n'a pas été modifié, nous en avons à présent la certitude. J'en viens donc aux faits, agent Murphy. » ajoute Kane, appuyant sur les derniers mots tout en se tournant vers le jeune homme en question. « Cette évocation répétitive nous fait penser que Felmann pourrait bien être la clé de nos recherches. Je vous demande donc de repasser en revue les archives réquisitionnées. »

« Pourquoi nous ? » demande Miller, répétant à voix haute ce que chacun se demandait à soit-même.

« Mademoiselle Griffin s'est rendue à l'usine et a pu échanger avec Monsieur Felmann avant qu'il ne soit tué, il nous fallait un spécialiste en armement, agent Miller, et un esprit … »

« Tordu ? » le coupe Murphy, faisant naitre un sourire sur les visages de ses amis.

« Si vous le dites. » répond Kane, le regard plus dur que jamais. « Mettez-vous au travail. »

o.O.o

Bellamy rentre de sa mission épuisé. Infiltrer l'usine de Sanmiento ne leur a rien appris. Rien de ce qu'ils ont pu voir ne semblait relié au G.R.O.U.N.D., pire, tout avait l'air réglementaire. Kane était aussi déçu qu'eux mais il a bien vite écourté leur débriefing. Il avait apparemment un réunion en cours, dans laquelle le jeune homme a aperçu Murphy.

Dépité, Bellamy est rentré chez lui, saluant distraitement Raven qui rejoignait Wick. Lui qui pensait que sa mission lui changerait les idées, ce n'est pas le cas. Il se retrouve désormais assis sur son canapé, un verre d'eau à la main, les yeux dans le vague.

Fuir ses problèmes n'a jamais été la solution, il est bien placé pour le savoir. Et pourtant, il s'est jusqu'ici montré incapable de régler quoi que ce soit.

« Clarke t'a embrassé, c'est pas la fin du monde. Alors pourquoi t'en fais tout un plat ? » se dit-il à voix haute. « Un tas de nana t'a embrassé, et avec plus d'insistance, remet-en ! »

Mais il n'arrive pas à s'en remettre. Clarke l'a embrassée. C'était il y a quelques heures de ça, là, à deux mètres de l'endroit où il se tient à présent. Elle l'a embrassé et elle est partie. Maintenant, avec un peu de recul — mais de quel recul tu parles ? — Bellamy ne saurait dire s'il n'y a pas un peu de colère sous son étonnement. Non, ce n'est pas de la colère. C'est un sentiment plus étrange. Jamais une fille ne lui a résisté comme Clarke. Et même en cédant, elle réussi à lui glisser entre les doigts.

Cette situation ne peut plus durer. Décidé d'en finir une bonne fois pour toute, il finit son verre d'une traite et le repose sur la table basse, entre deux piles de livres. Puis il se diriger vers sa chambre, attrape un pull, et traverse à nouveau son appartement, pour en sortir cette fois.

Le chemin jusqu'à celui de Clarke ne lui a jamais semblé aussi long. Pourtant, lorsqu'il aperçoit la porte frappée des chiffres familiers, il n'a qu'une envie, refaire le tour de l'Arche pour repasser dans quinze minutes.

« Aller ! Tu peux le faire ! » se dit-il.

L'auto-motivation. Y'a que ça de vrai.

Bellamy lève sa main, hésitant un instant, puis l'abat contre la porte. Il frappe quelques coups, puis recule d'un pas — on ne sait jamais qui peut surgir derrière le panneau métallique.

Des pas lui parviennent de l'appartement, accompagnés de rire. C'est bon signe. Un * bip * lui signale qu'on a déverrouillé la porte de l'intérieur et il sent son sang se glacer.

La porte coulisse, révélant une silhouette féminine en contre-jour.

Ses cheveux blonds remontés en un chignon, et un pull bleu-marine que Bellamy reconnaît comme étant le sien — Octavia le lui a volé quelques mois plus tôt — Clarke se fige. Tandis qu'elle lui adresse un sourire timide, le jeune homme se fait la réflexion que ce pull lui va mieux qu'à sa sœur. Hum... Il n'est pas venu pour ça.

« Bellamy... » murmure-t-elle lorsqu'elle parvient enfin à sortir de sa torpeur.

Du fond du salon, il entend répéter son nom. Bien sure qu'elle n'est pas seule. Jamais Octavia n'aurait laissé son amie seule après une telle soirée. Bellamy prend son courage à deux mains, avant de dire d'une voix mal assurée :

« Clarke ? Il faut qu'on parle. »


* Rire démoniaque qui n'a pas lieu d'être *

Alors ? Vous en avez pensé quoi ? J'aimerais surtout entendre votre avis sur la story-line ( hop, un petit mot savant ;) ) qui se déroule autour de Murphy, parce que j'ai adoré l'écrire, qu'elle n'est pas terminée ( vous vous en doutez ) et que je vais encore plus adorer écrire la suite.

Je ne vais plus promettre de publications à date fixe ( j'ai jamais réussi de toute façon x) ) mais je vais essayer d'être plus ponctuelle, avec un délais un peu plus court que 6 mois ...

Le truc c'est que je suis toujours bloquée dans la réécriture, avec milles idées de nouvelles histoires en tête. Je jure que je suis proche, tellement proche de pouvoir recommencer à écrire librement sans me dire que je fais moins bien que la première fois. La fin du chapitre 17 et le début du 18, et ça y est, Libérée ! ( honte à ceux qui pousseront la chansonnette par la suite ;) ) A ce sujet ( non pas celui de la Reine des Neiges, l'autre ) A.R.C. contiendra 25 chapitres, ça c'est sur, certain, promis juré craché, je tiendrais jusqu'au bout, même s'il me faut 7 ans pour l'écrire, alors j'espère que vous tiendrez aussi, parce que j'ai ma petite idée pour clore cette histoire, et je sens que ça va vous plaire ... ou pas ;)

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, vraiment, ça motive, ça pousse à écrire, ça aide énormément, et puis ça fait vraiment plaisir, à chaque fois !

On se revoit avant la rentrée, j'espère, pour le chapitre suivant :)