Bonsoir :)
Voici le chapitre 18, que je vous poste rapidement entre deux trucs à faire ...
Merci à gforel, SixLLLK et Anna49 pour vos reviews, auxquelles je n'ai pas eu le temps, ou pas pu vous répondre avant, mais je les ai lues, et elles m'ont fait très plaisir, comme toujours :)
Alors voici le chapitre 18, Would You Dance With Me ?, mon chapitre préféré, alors j'espère vraiment qu'il vous plaira !
Une dernière petite chose, les parties en italiques centrées sont des flashback ;) Le reste, comme d'habitude, quand les personnages se parlent à eux mêmes ( oui, on va pas se mentir, tout le monde le fait ... x) ) et les communications à travers ordinateur, téléphone, oreillette ...
Bonne lecture :)
Ils pénètrent dans la salle de réception, grandiose avec ses dorures, ses bougies et les convives qui s'y trouvent. Clarke s'arrête un instant, subjuguée par la beauté des lieux.
La salle est recouverte d'or, les murs blancs sont presque entièrement dissimulés sous des magnifiques arabesques dorées, les rideaux qui encadrent les fenêtres sont brodés d'or, les chandeliers, les tableaux, tout en est couvert, étincelant, et reproduits par milliers grâce aux miroirs partout présents. Au centre de la pièce trône un escalier à double volées, tout de marbre et d'or. Il tourne gracieusement sur lui-même, tel un ruban doré, pour rejoindre la galerie du premier étage. Les arcades de cette galerie, elle aussi dorée à souhait, dissimulent un chemin en retrait, qui contourne la grande salle, et offre aux convives une vue imprenable sur la soirée. La galerie est éclairée de ci, de là, par quelques bougies, mais mais la principale source de lumière provient de la grande salle. Un lustre immense, pend du plafond, et les cristaux qu'il comporte répandent sur la pièce une lumière magique. Et au milieu de cela, les invités, se pressent les uns contre les autres, dans un étal de tissus, de coiffures et de bijoux qu'aucun des deux agents n'aurait pu imaginer.
Clarke serait restée le nez en l'air, si Bellamy ne l'avait pas gentiment rappelée à la réalité par une légère pression au poignet. Elle le suit docilement, alors qu'un homme vient à leur rencontre.
Assez grand, fort et enrobé, les cheveux brun légèrement grisonnant, une moustache dont il semble fier, et surtout, des yeux noirs perçants. Clarke reconnait aussitôt leur homme. Giovanni Mombelli se tient devant eux, souriant et riant fort, comme le chef des lieux qu'il est.
« Monsieur, c'est un honneur de vous rencontrer. » dit Bellamy en tendant sa main à leur hôte.
« Tout le plaisir est pour moi, Monsieur … »
o.O.o
« Bellamy, ton identité. » demande Kane d'une voix sévère.
o.O.o
« Peter Johnson. »
o.O.o
« Peter Johnson. Vingt-neuf ans. Né en 1986 à Londres. Mère Mary Winston, père David Johnson, tous deux décédés dans un accident de voiture. Ont laissé une fortune considérable et une entreprise à gérer. Etudes de droit à Harvard, où j'ai rencontré ma femme. Mariage en 2013. »
o.O.o
« Peter ? Enchanté. » répond Mombelli, tout sourire.
« Et voici ma femme. » poursuit Bellamy, se décalent légèrement pour laisser à Clarke la possibilité de s'avancer.
o.O.o
« Clarke ? »
o.O.o
« Emily Johnson. Ravie de faire votre connaissance. »
o.O.o
« Emily Johnson Graham. 28 ans, née en 1987 à Philadelphie. Mère Jessica Graham, père Arthur Graham, décédé. Famille modeste, élève boursière. Etudes à Harvard, où j'ai rencontré Bellamy, euh … Peter. Première de ma promotion lorsqu'on s'est connu. Mariés depuis deux ans. » s'exécute Clarke pour la énième fois.
o.O.o
Leur hôte s'est renseigné sur eux, Bellamy s'en doutait. Mais il ne pensait pas que l'homme serait à ce point au courant des chiffres de sa « société ». Cependant, Mombelli abandonne son interrogatoire assez rapidement, jugeant probablement vraie l'histoire des Johnson.
Clarke s'imaginait déjà ligotée à une fauteuil, un bâillon dans la bouche qu'on ne lui enlèverait que pour lui demander de parler après avoir tenté de lui faire croire que Bellamy l'avait dénoncée. Elle constate avec soulagement que la conversation prend une toute autre tournure. Après avoir échangé quelques banalités, les deux hommes se lancent dans une conversation très animée.
« Suivez-moi mes amis. » s'exclame Mombelli après avoir donné une tape amicale à Bellamy. « Il faut absolument que vous rencontriez ma femme. »
o.O.o
« Il va vous présenter sa femme, Helena. Elle sera probablement accompagnée des Bujard. » poursuit Kane. « Clarke ? »
« Pierre et Madeleine Bujard. Couple d'aristocrates français. Il travaille dans la finance et il arrive que quelques millions soutiennent la cause de Mombelli. »
o.O.o
Mombelli se déplace aisément entre les convives, en roi du lieu qu'il est, les deux agents à sa suite. Il s'approche d'un petit groupe, en pleine conversation. Parmi eux, Clarke identifie les Bujard.
L'hôte glisse son bras autour de la taille d'une femme brune, assez grande et svelte. Elle se retourne, faussement surprise, et un sourire éclaire son visage lorsqu'elle aperçoit que son mari est accompagné.
« Helena, » dit Mombelli, « Laisse-moi te présenter … »
Clarke sourit alors que reprennent les présentations. Pierre et Madeleine Bujard les accueillent à bras ouverts, et la jeune femme se surprend à discuter Paris et haute couture avec avec Helena.
o.O.o
« Vous ferez la connaissance du Colonel Muller. Ca risque d'être moins évident, mais le séduire vous permettra un accès total aux étages. Il reste le plus suspicieux collègue de Mombelli. »
o.O.o
L'homme n'est pas difficile à reconnaitre. Une soixantaine d'année, un embonpoint vainement dissimulé sous une ceinture serrée et son costume de militaire décoré. Il les dévisage d'un air suspicieux, sa bouche se tordant en une moue désapprobatrice cachée sous sa moustache.
« Madame Johnson, » dit-il d'une voix mielleuse, tout en portant la main de Clarke à ses lèvres.
La jeune femme reprise le frisson qui lui vient du plus profond des entrailles. Leur mission commence si bien, ce n'est pas le moment de tout gâcher.
o.O.o
« A vingt-heure, commencera la vente de tableau. Votre mission : identifier lequel dissimule les plans. »
o.O.o
Clarke sirote tranquillement sa coupe de champagne. Bellamy est en pleine discussion avec Mombelli et le Colonel Muller tandis qu'Helena, Madeleine et son mari l'ont prise légèrement à part, à la recherche des derniers ragots de la bourgeoisie américaine.
o.O.o
« Notre indic a prévu que Mombelli a rendez-vous à vingt-deux heures trente pour la vente du tableau. »
« Vous devez tout faire pour le récupérer avant. »
o.O.o
Bellamy retient le énième bâillement de la soirée. Mombelli s'est lancé dans l'énumération des avantages et des inconvénients que procurent une telle demeure, et le jeune homme meurt déjà d'ennui. Discrètement, il jète un oeil autour de lui. Clarke parle depuis quelques minutes déjà avec la maitresse de maison et ses amis français, sans pour autant montrer son désintéressement total. Le jeune homme remarque cependant ce petit mouvement de la main, signe qu'elle commence à fatiguer.
o.O.o
« Si la mission échoue, vous avez jusqu'à quatre heure pour rejoindre le domaine, Albert vous fera évacuer à cette heure précise. Les retardataires seront laissés sur place, l'A.R.C. ne sait pas que vous êtes ici. »
o.O.o
La salle de bal se remplit peu à peu. Mombelli et sa femme sont contraints de quitter leurs invités pour saluer les nouveaux arrivants. Soulagés, Bellamy et Clarke s'écartent un peu, sous le regard attendri des Bujard, qui n'ont cessé de les complimenter sur leur joli couple.
« Si j'entends encore un mot sur les boutiques à Paris je crois que je tue quelqu'un. »
« Tu ne voudrais pas parler trop vite Princesse, fais attention à ce que tu dis ! »
Clarke lève les yeux au ciel. C'est ainsi qu'elle aperçoit une silhouette familière, en haut du grand escalier de marbre. Serrée dans une robe bustier rouge, fendue sur le coté droit, perchée sur de talons noirs et les cheveux tombant en cascade brune sur ses épaules, Raven surveille la salle d'un oeil habitué.
« Tigre en position. » entend Clarke dans son oreillette.
« Aigle en position. » ajoute Murphy depuis son poste d'observation, sous les fenêtres de la salle de bal.
Bellamy croise le regard amusé de Clarke. L'idée de noms d'animaux leur vient de Wick, et pourtant, ce dernier ne donne aucune nouvelle.
« Merde… » grogne-t-il enfin. « En position. »
« Wick ? » pouffe Clarke.
« Ours en position. » soupire-t-il alors. « Et pourquoi c'est moi l'ours, hein ? J'aurais pas pu … »
« On se concentre les gars. » le coupe immédiatement Bellamy, se tournant vers Clarke pour ne pas avoir l'air d'un fou parlant dans le vide.
o.O.o
« La vente débutera à vingt-heure, présidée par Mombelli. » dit Wick depuis son bureau.
« Vous disposerez de très peu de temps pour déterminer lequel des tableaux dissimule ce qui nous intéresse. » poursuit Kane.
o.O.o
Les tableaux sont présentés un par un, sous les applaudissements du public. Cependant Clarke n'entend plus leurs exclamations, trop occupée à déterminer lequel de ces tableaux se fera éventrer à coups de couteau. A ses côtés, Bellamy est tout aussi concentré. Seulement son attention se porte plus sur la jeune femme dont il étudie le profil, que sur les oeuvres d'arts.
o.O.o
« Le client arrive à vingt-deux heure trente. Mombelli l'attendra dans son bureau. »
« La pièce sera gardée par deux types. » leur rappelle Raven, penchée sur l'épaule de Wick.
« On entre dans le bureau par la bibliothèque, avant la demi. » récite Clarke, qui a appris leur mission par coeur. « On récupère le plan … »
« Et on s'arrache. » termine Bellamy.
o.O.o
S'ils avaient voulu une minute pour être seuls, ce soir n'était décidément pas le bon. La vente des tableaux terminée, les deux espions pensaient avoir quelques minutes de répit. C'est sans compter Helena Mombelli qui, maintenant qu'elle a récupéré son mari, tient absolument à voir son groupe d'amis au complet.
« Je crois qu'elle nous appelle … » murmure Clarke à l'oreille de Bellamy, le faisant frissonner.
Déjà lasse, mais souriante, Clarke quitte Bellamy et sa présence rassurante pour se diriger vers leurs hôtes, laissant ainsi au jeune homme la possibilité de l'observer.
Jusqu'à ce soir, Bellamy n'avait jamais vu Clarke assister à ce genre d'évènement. Il l'avait déjà vue — observée serait le mot — agir en public, à l'A.R.C. principalement, et il savait qu'elle avait dû passer de longues soirées à sourire lors de soirées, dinners, et galas de charité en tous genre — elle était la fille de Jake et Abby Griffin tout de même ! — mais la voir ce soir, marcher, sourire, converser au milieu de tout ce monde, restait pour lui quelque chose de nouveau.
La voir ce soir, dans cette robe beige qui semble taillée pour elle, lui fait regretter quelques récentes promesses. Il n'est pas un expert en vêtements, encore moins en robes — c'est Octavia qui, encore aujourd'hui, le renvoi chez lui pour enfiler un autre t-shirt —, mais il sait ce que sa petite soeur aurait dit en voyant leur amie. Mais quel canon, Clarke ! Il sourit, le rire de sa soeur lui parvient même lorsqu'un océan les sépare. Pourtant ce soir, il n'a pas envie de penser à sa soeur. Il préfère de loin se concentrer sur Clarke.
La jeune femme s'avance vers le groupe d'amis qui est plus animé qu'avant la vente de tableaux. Sa robe ondule gracieusement autour d'elle. Leur styliste — oui, ça peut sembler étrange, mais certaines missions requièrent l'aide d'un professionnel — a passé des heures sur cette robe — sans compter les innombrables interventions d'Octavia — pour que tout soit parfait. Elle porte une robe bustier, dont le léger décolleté met en valeur sa poitrine, un peu trop d'ailleurs, au gout du jeune homme. Le corset, brodé de pierres étincelantes — toutes authentiques, car l'A.R.C. ne lésine pas avec ce genre de choses — laisse place, légèrement au dessus des hanches, à un long jupon de mousseline crème. A chaque pas qu'elle fait, perchée sur de hauts talons nude — Bellamy l'a vue les enfiler dans la voiture, et franchement, il ne sait pas comment elle tient dessus — la robe bouge avec grâce.
Son regard remonte progressivement vers ses épaules dénudées. Elle a remonté ses cheveux en un chignon déstructuré, piqué ça et là de petites fleurs blanches, et qui libère sa nuque. A ses oreilles brillent de minuscules perles. Joanna, leur habilleuse, a bien tenté de les lui faire enlever, mais Clarke y tient énormément. C'est son père qui les lui a offertes.
Obnubilé par ses observations, Bellamy n'a même pas remarqué qu'il était resté seul, au milieu des danseurs. Là-bas, Clarke rit avec leurs hôtes. Helena lui touche le bras, Madeleine écarte une mèche de cheveux pour mieux apercevoir ses boucles d'oreilles. La jeune femme semble à l'aise au milieu de cette foule de danseurs, avec ces aristocrates, ces personnes riches qui organisent des bals pour maquiller une vente d'arme.
o.O.o
« Si la mission échoue, on ne parle plus d'équipe. » dit Kane, sa voix se faisant plus grave. « Albert vous attendra trente minutes après que l'alerte soit donnée. Vous aurez ensuite jusqu'à quatre heure pour rejoindre le domaine. L'évacuation se fera à l'heure pile. »
o.O.o
Clarke se retourne, ses yeux cherchant désespérément quelqu'un. Puis son regard se pose sur Bellamy, et ses yeux bleus sont ravivés d'une nouvelle lueur. Elle adresse un sourire éclatant à son ami, sans savoir l'effet dévastateur qu'il a sur lui.
o.O.o
« Et rappelez-vous. Si ça foire, vous ne pourrez compter que sur vous-même. Vous êtes seul sur ce coup-là. »
o.O.o
La coupe se vide lentement alors que les bulles glissent le long de la gorge de Clarke. Elle hait le champagne. C'est amer, ça pique, mais tout le monde s'évertue à dire que c'est délicieux. En attendant, ça aide vachement bien à oublier ce qui la tracasse.
Un serveur passe à côté d'elle et Clarke en profite pour déposer sa coupe vide sur le plateau qu'il transporte et d'en prendre une autre. Et de trois !
Le gout qu'elle hait tant envahit une fois de plus sa bouche. Après quelques gorgées, elle lève le verre à hauteur de ses yeux. C'est mauvais, certes, mais elle doit bien reconnaitre une chose, la couleur est belle.
Son regard dévie sur la bague qu'elle porte à l'annulaire, cette fausse alliance qui l'unie à Bellamy le temps d'une soirée. Au fin fond de l'Arche, lorsqu'ils étaient tous aussi dans leur petite salle de réunion, leur idée de faux mariage semblait plausible. Ce soir, alors qu'elle a bu à elle seule une demi bouteille de champagne, et après avoir joué pendant deux heures déjà l'épouse aimante de Bellamy, elle se demande si ce n'est pas une très mauvaise idée.
Réflexion faite, c'en est réellement une. Avec les récents évènements, le discours de sa mère, le baiser — les baisers — et malgré leur décision de tout oublier, Clarke sent qu'ils n'auraient pas dû. Ils sont adultes, et c'est leur boulot de mentir, mais qui a dit qu'on ne badinait pas avec l'amour ? Car ce sont de sentiments amoureux dont ils doivent faire preuve, après avoir tant cherché à les cacher.
Du calme ! Elle n'est pas amoureuse de Bellamy. Ca non, ça n'arrivera jamais. Mais l'attirance qu'elle éprouvait pour lui, et qu'elle s'est forcée à réprimer revient au grand galop ce soir. A force de regards fondant, de bras autour des ses épaules, de mains sur le bas du dos, de doigts entrelacés, l'un d'entre eux ne risque-t-il pas de tout foiré ? Et pourquoi a-t-elle cette impression qu'elle est celle qui cèdera la première.
Les reflets de la lumière dans son verre la ramènent à la réalité. Elle contemple à nouveau son verre, seul échappatoire qui lui reste à présent. Peut-être que c'est comme le poisson, ou les poireaux. Avec le temps, on finit pas s'y habituer. Peut-être qu'en buvant une bouteille ou deux, le gout deviendra plus plaisant. Non mais tu t'écoutes ? Tu rouleras sous la table avant même de faire péter le deuxième bouchon. Tant pis, en attendant, son verre n'est pas vide.
« Et je crois qu'on va s'arrêter là … »
Une main se pose dans son dos, et une autre vient lui enlever délicatement le champagne des mains. Bellamy lance un regard noir à Clarke avant d'apercevoir un serveur. Il fait signe au jeune homme de s'approcher, résolu à ne plus quitter Clarke un seul instant.
« Non mais à quoi tu joues là ? » gronde-t-il lorsque l'autre s'est éloigné.
« Je prends du courage liquide. » affirme Clarke, visiblement fière d'elle.
Bellamy lève les yeux au ciel. Il ne manquait plus que ça. Resserrant son emprise autour de la taille de Clarke, il l'entraine à l'écart des danseurs.
« Tu vas me dire ce qu'il t'arrive ? »
La jeune femme, honteuse, lève les yeux vers lui.
« Je crois qu'on ferait mieux d'arrêter là. Je ne le sens plus. »
« Oh oh … C'est pas bon du tout ça … »
« La ferme Murphy. » soupire Bellamy avant de se reconcentrer sur Clarke.
« Non, Murphy a raison. Je pense que je ne vais pas y arriver, pas comme ça, pas avec … ça … » ajoute la jeune femme en dévisageant le bijou qu'elle porte au doigt.
Elle voit du coin de l'oeil, la mâchoire de Bellamy se contracter. Qu'est-ce qu'elle aime observer son visage lorsqu'il lutte contre ses émotions, lorsqu'il serre les dents pour ne pas dire quelque chose de trop dur. Dans ces moments là, Clarke regrette toujours de ne pas avoir un crayon et du papier sur elle. Elle aimerait pouvoir dessiner sa mâchoire carrée se contracter, sa veine … Stop ! Concentration.
« Suis-moi. » ordonne Bellamy sans la lâcher.
« Quoi ? Mais … »
Elle se fait à nouveau entrainer, incapable de résister. Il la mène parmi la foule qui danse au rythme de la musique.
« Qu'es-ce que tu fais ? » demande Clarke, interdite, alors qu'elle sent la main du jeune homme plaqué dans son dos, sur sa peau découverte.
« Fais-moi confiance un peu. »
De sa main libre, Bellamy attrape celle de Clarke, de l'autre, il enroule un peu plus son bras autour de la taille de la jeune femme. Il voit bien dans ses yeux qu'elle est étonnée. Tant mieux, ça la calmera le temps qu'il l'entraine dans la danse.
« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. » murmure Clarke. « Bellamy ! Tu n'as pas écouté un mot de ce que je t'ai dis ?! »
Voyant qu'il ne réagit pas, la blonde commence à s'énerver. Mais impossible de se libérer de l'étreinte du jeune homme, il est bien plus fort qu'elle, et elle ne sent plus trop la force de se battre.
« Lâche-moi. » gronde-t-elle une dernière fois, d'une voix légèrement plus forte.
Quelques têtes se retournent mais Clarke n'y fait pas attention. Bellamy la maintient toujours un peu plus contre lui.
« Tu ne voudrais pas leur offrir une scène de divorce, Emily. »
Clarke déglutit. A présent, elle remarque les regards étonnés autour d'elle. Bellamy a raison. Si leur couverture saute, ils sautent aussi. Eux, et leurs amis. Se surprenant elle-même, elle resserre sa main dans celle de son partenaire, et cale sa tête dans le creux de son cou. Elle hume avec délice l'odeur boisée du jeune homme, qui l'enveloppe doucement.
« Tu vas y arriver Clarke. » lui dit Bellamy, profitant de leur position pour lui murmurer ces mots à l'oreille. « Si tu n'y arrives pas, je ne sais pas qui Kane enverra pour le faire à ta place. Tu es un très bon agent, tu as ça dans le sang, alors arrête un peu de douter de toi. »
Il s'arrête un instant tout à fait conscient que la peur d'échouer n'est pas la seule chose qui perturbe Clarke. Il partage les mêmes craintes. Mais il ne peut en parler, il ne veut pas en parler. Il faudrait qu'il s'éloigne de Clarke, quitte à la repousser, ça mettrait fin au charme de cette soirée. Incapable de parler, sa main tenant toujours celle de Clarke, et l'autre désespérément accrochée à son dos, il respire profondément l'odeur enivrante de la jeune femme, légère, florale. Une vraie princesse.
Autour d'eux, les gens sont de plus en plus nombreux, réduisant l'espace, les collant encore plus l'un a l'autre. L'orchestre entame une valse, et Bellamy, sorti de ses pensées, réalise qu'ils étaient restés immobiles tout ce temps. Il entraine Clarke dans la danse, sans pour autant la déloger de son épaule.
« J'ose demander si ça va mieux ? »
Clarke sursaute. Murphy. Toujours là quand il faut celui-la. Elle redresse la tête, et plonge son regard dans celui plus amusé de Bellamy. Elle lève les yeux au ciel.
« Je te vois Griffin. Vos problèmes sont réglés maintenant ? »
« Comme si tu n'avais pas tout écouté. » plaisante Clarke.
« Ca ne saurait tarder Murph', t'inquiète pas pour nous. » marmonne-t-il à l'intention de son ami.
Les lèvres de Bellamy s'étirent en un sourire en coin. Le sourire Blake. Celui qui n'augure rien de bon … Clarke sent un frisson lui parcourir l'échine. Qu'a-t-il encore inventé pour la faire trembler de la sorte ?
« Embrasse-moi. »
« Pardon ? »
« Pardon ? » lui fait écho la voix de Murphy dans leurs oreillettes.
Bellamy soupire. Murphy ne lui laissera donc jamais une seconde de répit ? D'un geste discret, il désactive les connections, qu'il contrôle depuis son poignet et se retourne vers Clarke. La jeune femme le regarde, ses yeux bleus écarquillés. Est-ce de l'étonnement qu'il voit au fond de ses prunelles ? De la peur ? De l'amusement ? Il n'en a pas la moindre idée mais savoure tout de même la confusion totale de son amie, son sourire s'agrandissant de minute en minute.
« Bah oui, et puis c'est pas comme si tu ne l'avais jamais fait … » lâche innocemment le jeune homme.
« … »
« Oh ne fait pas cette tête, je ne te parle pas d'aller se galocher dans les toilettes tout de même ! »
Clarke en reste sans voix. Elle n'arrive pas à croire qu'il vient de lui demander de l'embrasser. Encore moins ce qu'il vient de lui balancer à la figure. Alors là pour un coup bas, c'en est un. Avec un peu de chance, Murphy est dans le coup. Mais comment le savoir, il a coupé les communications ? Son coeur bat la chamade, Bellamy doit le sentir, puisque son sourire s'étire encore et encore. Elle voit bien qu'il la teste, ses yeux brillent de cette même lueur qu'il avait lors de leurs entrainements, ceux où elle se prenait des raclées et rentrait chez elle le dos en vrac et les muscles en feu. Cette fois-ci, ses muscles sont en vrac, elle tomberait si Bellamy ne la tenait pas autant, et ses joues probablement en feu.
Tenir Clarke Griffin si troublée dans ses bras, et le tout à cause de lui, est pour Bellamy une belle récompense. Il lâche sa main, qu'il tenait encore bien qu'ils se soient arrêtés de danser, pour remonter la sienne vers la joue de la jeune femme. Clarke frissonne à ce contact. Biiiien. Il attend un peu, ses yeux plongés dans les siens. Incapable de détourner le regard, il la voit relever le menton, approchant leurs visages un peu plus, lentement, d'un air de défi.
Qui efface en premier la distance qui les sépare, Bellamy n'en a aucune idée. La seule chose qu'il sait, c'est que les lèvres de Clarke sont collées aux siennes, douces, chaudes, délicieuses. La jeune femme se braque légèrement, il le sent, elle est collée à lui. La main qu'elle avait posé sur son épaule glisse sur son torse, comme si elle s'apprêtait à le repousser. Pourtant, elle n'en fait rien. Elle attend, elle écoute, elle ressent. Les battements de coeur du jeune homme martèlent sa paume, tandis que la main qu'il a dans son dos la brule. Elle voudrait bouger, mais elle ne peut pas. Finalement, elle est bien là, dans ses bras, engourdie par la chaleur que leurs corps collés créent, leurs bouches l'une sur l'autre, se cherchant timidement.
C'est pourtant elle qui rompt le contact. Aussitôt, elle sent le froid l'envahir. La seule source de chaleur reste la main, que Bellamy a laissé sur sa joue. De son pousse, il caresse distraitement sa pommette et Clarke se surprend à apprécier cette sensation. Elle ferme les yeux une seconde, et ne remarque pas la tristesse qui passe dans le regard noir du jeune homme.
Quand elle les rouvre, Bellamy s'attend à ce qu'elle dise quelque chose. Les joues roses, mordillant légèrement sa lèvre, elle le regarde avec un air qu'il ne lui connaissait pas. Sa main droite, toujours posée sur son torse, rappelle au jeune homme ce moment où, quelques secondes plus tôt, il a cru qu'elle allait le repousser. Il sent quelque chose agiter ses doigts fins. Elle va le rejeter, c'est certain.
Mais au lieu de ça, elle agrippe le tissu noir. Par réflexe — ou pas habitude — elle se serait hissée sur la pointe des pieds, avant de se rappeler qu'elle fait presque sa taille. Elle relève la tête, et pose ses lèvres sur celles de Bellamy.
D'abord surpris par l'initiative de Clarke, le jeune homme ne réagit pas tout de suite. C'est en sentant l'autre main qu'elle glisse derrière sa nuque qu'il réalise. Sa main quitte la joue de la jeune femme pour se poser sur sa hanche. Les lèvres de Clarke le cherche alors qu'elle plonge sa main dans ses cheveux, emmêlant ses doigts dans les boucles brunes. Ce baiser n'est en rien comme ceux qu'ils ont échangé jusqu'à présent. Il est pressé, avide. Passionné ? Quand ils se séparent, quelques temps après que Bellamy ait franchit la barrière des lèvres de la blonde, le jeune homme lui lance un regard étonné. Clarke, les joues en feu, les lèvres brulantes, éclate de rire.
« Fais pas cette tête ! » s'écrit-elle. « Et puis c'est pas comme si je ne l'avais jamais fait. »
Bellamy sourit. Clarke l'étonnera toujours. Même dans de pareils moments, elle trouve toujours le moyen de s'en sortir, de lui échapper.
L'orchestre est applaudi, et après quelques secondes de silence, une nouvelle mélodie retentit. Une autre valse. Voyant là un moyen de se venger de Clarke, Bellamy l'entraine parmi les danseurs. A sa grande surprise, la jeune femme connait parfaitement les pas.
« Je pensais que tu ne dansais pas. » fait-il remarquer.
« Je pourrais te retourner la chose. Je ne te savais pas si polyvalent. »
« Un homme comme moi ? Il faut savoir tout faire, ma chère. Tout. »
Clarke ne relève pas à cette petite pique, se concentrant plutôt sur les pas. Bientôt, l'orchestre enchaine sur un slow, puis un fox-trot. Quand les notes du bandonéon retentissent, la jeune femme espère que Bellamy s'arrêtera là. Mais il l'entraine à nouveau sur la piste, avec son sourire charmeur. Tant pis, il veut jouer, elle sait jouer.
Ils se lancent dans cette danse comme si leur vie en dépendait. A vrai dire, c'est le cas, leur couverture, c'est leur mission, et accessoirement aussi, leur vie. Peu à peu, les gens se poussent autour d'eux, laissant la piste de danse à ce couple si beau qui s'en donne à coeur joie. Les murmures d'admirations fusent, surtout au sein du petit groupe des Mombelli. Ces deux là s'aiment. Ca se voit. Ca se sent. Plus personne n'ose prononcer un mot, tous ont les yeux river sur les danseurs. Les dernières notes sont jouées et un tonnerre d'applaudissement rempli la salle.
La bulle qu'ils avaient construit s'effondre alors que Mombelli s'approche d'eux, un grand sourire aux lèvres, frappant dans ses mains comme le reste de l'assistance.
« Venez, mes amis. » dit-il en attrapant Bellamy par l'épaule. « Je vous veux à ma table. »
o.O.o
A l'heure qu'il est, Clarke ne sait pas si elle préfère pleurer, mourir, ou encore pleurer — mais de joie cette fois. Se retrouver à la table de Mombelli est probablement la pire chose qui leur arrivera de la soirée. Non. A bien y réfléchir, la pire chose de la soirée sera le moment où ils devront sortir de la propriété sans se faire démasquer. Mais cela n'étant pas encore arrivé, le premier constat est le bon.
« Les gars, je veux pas vous presser, mais l'heure tourne … »
Bellamy a rétabli les communications aussitôt leur numéro de danse terminé, il avait besoin que Wick enregistre tout à l'approche du diner. Cependant, Clarke se demande s'il a eu raison. C'était plutôt pas mal de ne plus entendre Murphy pendant un moment.
Mais l'agent a raison. L'heure tourne, Clarke peut l'apercevoir sur l'immense horloge qui surplombe une cheminée magistrale. Les tables du diner ont été dressée dans une immense salle adjacente à celle où a eu lieu la réception. Si elle se lève tout de suite, et qu'elle prend ses jambes à son cou, en partant du principe que personne ne la poursuivra, la jeune femme est persuadée qu'elle peut-être à l'étage en une dizaine de minutes. Hum… C'est vrai. C'est pas le meilleur plan qui soit.
Elle jète un coup d'oeil à Bellamy. Son ami est en pleine discussion avec Helena, malgré Murphy qui commence à s'énerver dans leurs oreilles. La seconde option de Clarke, celle qu'elle a décidé de reléguer au stade de plan B, ce serait un beau et long regard langoureux, et un besoin urgent d'aller tous les deux aux toilettes. Penseront ce que veulent penser les convives, ils se sont déjà fait remarquer de tout le monde par les baisers échanger en plein milieu des danseurs. Ils peuvent bien faire croire à une pressante envie de se retrouver tous les deux. Non ?
« Murphy a raison. Il vous reste quarante-deux minutes. C'est amplement suffisant, mais ça peut également être bien trop court. » intervient Wick depuis sa cage d'ascenseur.
Bon. Plan C. Clarke regarde autour d'elle. Il a été convenu qu'elle serait la première à s'éclipser. Bellamy est coincé auprès d'Helena tant qu'elle ne quitte pas son siège. Et elle a besoin de lui pour s'introduire dans le bureau de Mombelli. Elle sait pertinemment qu'elle ne pourra pas partir sans une aide extérieur que … Oh mais … Miracle ! Le petit jeune qui fait le service va faire l'affaire. C'est surtout la bouteille d'eau qu'il tient qui va être utile, mais qu'importe.
Personne ne voit rien. Le garçon s'approche, sert Helena, Bellamy, et alors qu'il s'avance vers Clarke, ce qui restait dans sa bouteille termine sur sa robe. La jeune femme se lève précipitemment, feignant la surprise. Bellamy quand à lui, retient un rire. Mais le clou du spectacle demeure Mombelli. Leur hote, si jovial jusqu'ici, entre dans une colère noir. Clarke en profite pour s'excuser auprès de sa femme, et déguerpit bien vite. Les hurlements de l'italien la suivent jusqu'au milieu des escaliers. Le pauvre gamin va surement se faire virer. Tant pis. Elle demandera à Kane d'envoyer un chèque, en attendant, elle a d'autres chats à fouetter.
Sa robe légèrement remontée pour gravir les escaliers plus vite, Clarke se fait la réflexion que Bellamy présent, elle se serait encore fait appeler Princesse. La galerie du premier étage s'étend devant elle. Gauche ? Droite ? Un employé de la maison passe devant elle, une pile de draps sur les bras. D'un discret signe de tête, il lui indique la troisième porte sur la gauche, probablement les toilettes. Clarke s'y dirige d'un pas rapide et ouvre la porte.
Si elle n'avait pas été tant étouffée par le stress, elle aurait pris le temps de s'étonner sur la taille des toilettes. Mais elle se laisse tomber sur le sofa qui traine en plein milieu de la pièce. Elle n'a plus qu'à attendre Bellamy.
o.O.o
Trois minutes. C'est le temps qu'il a laissé passer avant de s'excuser lui aussi pour rejoindre Clarke. En mari aimant qu'il est, il préfère vérifier comment elle s'en sort avant sa robe. Il traverse le hall au pas de course. Désormais vide, la salle semble mille fois plus grande, mais aussi plus triste. Disparus les jupons, les parures, les coiffures qui animaient le lieu. Il gravit ensuite les escaliers quatre à quatre, ne s'occupant pas des quelques employés qui le dévisagent.
« Clarke ? »
« Troisième porte gauche. » répond-t-elle dans son oreillette.
Il ouvre la porte indiquée, et tombe nez à nez avec la jeune femme, assise sur un canapé. Non mais qui a besoin d'un canapé dans des toilettes ?!
« Tout va bien ? » demande-t-il, légèrement tendu.
« Oui oui. Allez, viens. On a pas de temps à perdre. »
Ils sortent tous deux de la pièce, après que Wick leur ait confirmé qu'il n'y avait personne. Le jeune homme les guide à travers le dédale de couloirs. Ils reprennent la galerie dans l'autre sens, puis tournent à droite après l'escalier. Le couloir surplombe la salle à manger, et par quelques aérations dans les murs, on peut entendre le brouhaha qui règne en bas.
« Quelqu'un arrive. Planquez-vous dans le placard. »
« Quel placard ? »
« Clarke, ici. » s'écrit Bellamy.
Il l'attrape pas le bras et la tire derrière lui dans un minuscule placard à balais. Collés l'un contre l'autre — ils font des toilettes grandes comme un chambre mais des placards à balais toujours plus petits — ils retiennent leur respiration. Les pas s'approchent, pourvu que personne n'ouvre la porte de ce fichu placard. Mais ils s'éloignent aussitôt.
« On ferait bien d'attendre encore un peu. » murmure Bellamy, tout sourire.
« N'en profite pas trop. »
« C'est bon les gars, il n'y a plus personne. »
Clarke ouvre la porte, et jette un oeil dans le couloir. Vide. Bellamy en tête, ils reprennent leur chemin, priant pour ne plus croiser personne. Les minutes passent, et ils n'ont plus le temps de se cacher. Au bout du couloir, ils pénètrent dans la première pièce qu'ils trouvent à gauche. Un petit salon de musique.
« Wick ? » gronde Bellamy.
« Hum … Ah oui. Demi tour les gars, je me suis trompé d'étage. »
Bellamy grogne quelques mots incompréhensibles pour Clarke, la faisant sourire, et les voila repartis dans le couloir. Ils font le chemin inverse au pas de course, arme en main.
« Et maintenant ? » demande Clarke alors qu'ils se retrouvent au point de départ.
« Droite. »
« Certain ? »
« Oui droite, mais vite, des gens arrivent. »
Ils s'élancent en courant. Par chance, ils ne croisent personne mais ça ne les empêche pas de s'arrêter à chaque croisement avec un autre couloir. Deux portes plus loin, ils doivent trouver un couloir sur la droite. Au bout de ce couloir se trouve un escalier qui les mènera à l'étage supérieur. C'est là que le bureau de Mombelli se trouve.
« Stoooop ! »
Le cri de Wick leur déchire les tympans.
« Ouch … » grogne Murphy, à l'autre bout du domaine.
Clarke attrape aussitôt Bellamy par le bras, le tirant en arrière. Elle fait signe au jeune homme de se taire et lui demande de s'approcher. Deux armoires à glace surveillent le couloir. Leur seul chemin qui mène à l'escalier se trouve bouché.
« Qu'est-ce que tu fais ? » s'écrit-elle en retenant tant bien que mal Bellamy qui tente de se jeter au milieu du couloir.
« C'est notre seul moyen d'atteindre le bureau Clarke. Il faut qu'on tire dans le tas. »
« Et se retrouver avec toute la mafia italienne sur le dos en moins de deux secondes ? On attendra même pas le bureau avant. »
« Bah qu'est-ce que tu proposes, Princesse ? Réflexions faites, tu ferais peut-être mieux de sortir la première. C'est toi qui a les qualités requises, pour cette mission. »
Clarke le fusille du regard. Ne pas répondre. Surtout ne pas répondre.
« J'ai une autre option. Mais ça va pas vous plaire. »
« Vas y quand même. » dit Clarke, soutenant le regard noir et amusé de Bellamy.
o.O.o
Pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi ?!
Accrochée à la corniche, ses chaussures coincées dans sa ceinture elle tente d'avancer aussi vite que possible, leur ascension compliquée par le vent qui leur fouette le visage, la neige qui leur gèle les mains, et les dix mètres de vide qui s'étalent sous eux.
Voila en quoi consistait la formidable idée de Wick : rentrer dans la dernière pièce non surveillée, une petite bibliothèque très mignonne, et remplie de centaines de livres, escalader le balcon, grimper sur la corniche, rejoindre la pièce d'à côté, un salon, sortir de la pièce, et rejoindre les escaliers sans que les deux colosses ne les remarquent.
Pour l'instant, ils n'en étaient qu'à la partie où ils étaient supposer grimper sur la corniche. Clarke avance encore de quelques pas, laissant la place à Bellamy pour la rejoindre. Sa robe la gène, ses cheveux l'aveuglent, et elle grelotterait de froid si l'adrénaline ne lui brulait pas toutes les veines de son corps. Avait-elle oublié de préciser qu'elle avait le vertige ? A son retour à l'A.R.C., elle ira tout de suite en faire part à Kane. En attendant, elle se concentre sur le balcon qui s'approche lentement. Plus qu'une dizaine de mètres, et tout ira bien, elle pourra encore respirer.
« Les gars, je veux vraiment pas vous presser, mais vous n'avez plus que vingt minutes. »
« Oh mais tu ne nous stresses pas du tout. » grogne Clarke entre ses dents.
Elle enjambe le balcon avec toute l'aisance qu'une robe à mille jupons le lui permet, et se retourne pour voir si Bellamy a besoin d'aide. Le jeune homme est déjà debout sur la rambarde, un petit sourire aux lèvres. Moque-toi, c'est toujours plus facile ce genre de choses, quand on a un pantalon.
Ils traversent le petit salon sur la pointe des pieds, le parquet grince, ils en ont fait la découverte au premier pas. Bellamy se plaque contre la porte, son arme en main, prêt à tirer si quelque chose dérape. Clarke se glisse derrière lui, adoptant la même position.
« Prête ? »
Elle hoche la tête. Il entrouvre alors la porte, se glissant hors de la pièce, Clarke à sa suite, et longe le mur jusqu'à l'escalier. Ils gravissent les marches au pas de course, veillant à ne pas faire trop de bruit au cas où les armoires à glace aient l'ouïe fine. En quelques foulées, ils parviennent à l'angle du couloir.
La porte du bureau de Mombelli est à une dizaine de mètres d'eux. Seul petit problème, mais c'était prévu, il y a un garde devant. Bellamy se retourne vers Clarke, lui confirmant la présence de l'homme armé. Un coup d'oeil à leur montre les informe qu'il leur reste un peu plus d'un quart d'heure.
« Je te suis. » murmure Clarke à son partenaire.
Bellamy se lève lentement. Surtout pas de geste brusque, l'homme pourrait les remarquer. Du coin de l'oeil, il surveille le garde, tout en pénétrant dans la pièce à côté. Clarke le suit, refermant la porte derrière eux. Jusque là, tout se passe bien. Zigzaguant entre le mobilier, avec une certaine difficulté dû au manque de lumière, ils parviennent tout de même à se frayer un chemin jusqu'à la fenêtre.
Le froid envahit la pièce et Clarke, toute grelotante, se voit à nouveau escalader le balcon. Cette fois-ci, ils avancent plus vite malgré la distance plus importante. Ils dépassent le premier balcon, vérifient que la pièce soit vide et reprenne leur chemin. La jeune femme marche aussi vite que sa robe le lui permet, le temps tourne, elle en a plus que conscience. En trois minutes, ils se retrouvent sur le balcon.
Bellamy fronce les sourcils. La fenêtre est entre ouverte et des pas ont écrasé la neige avant eux. Dans la pièce sombre, on aperçoit rien. Clarke s'approche doucement, prête à tirer s'il le faut tandis que Bellamy pousse le battant de la fenêtre.
Dans la pièce probablement aérée depuis le long, le froid règne. Clarke s'y glisse, mal à l'aise. Il y a quelque chose de peu rassurant ici. Elle scrute rapidement le bureau sombre, le fauteuil de velours, le canapé, le tapis persan et là-bas, dans un coin, le tableau.
La lune, cachée jusqu'ici par le coton des nuages et le rideau de neige, apparait soudain, ses rayons emplissant la pièce d'une lumière blafarde. Une silhouette sort de l'ombre. Clarke se fige.
Finn.
Tadaaaaaaam !
J'attends vraiment vos commentaires sur ce chapitre, ça me ferait hyper archi méga plaisir, de savoir ce que vous en avez pensé. Vraiment vraiment ! Pas besoin d'un long roman constructif, quoi que si vous voulez vous lancer dans une dissert', je la lirais ;)
On se retrouve dans 2 semaines j'espère, avec la suite, intitulée Catch Me If You Can ! Des idées sur ce qu'il va se passer ?
