Mensonges

« Je vais bien maman. Non non, je ne manque de rien. »

Mensonges.

« Bien sûr que ça va ! Qu'est-ce que ça peut bien m'faire ce qu'ils en disent ces crétins ? »

Mensonges.

« Oh non, pas ce soir les gars, j'ai un autre rendez-vous de prévu de longue date… Ouais, avec une fille. »

Mensonge.

Du plus loin qu'il s'en souvienne, le mensonge l'avait toujours suivi partout où il allait.

Enfant, il mentait par amour pour sa mère. Il mentait en lui assurant ne rien vouloir, ne rien manquer. Car, même si son départ pour Poudlard avait été une libération, jamais il n'aurait pris le risque de la blesser plus qu'elle ne l'était déjà.

Adolescent, il mentait à ses amis. Il mentait lorsqu'il disait que les murmures des autres élèves dans son dos ne l'atteignaient pas. Lorsque James ou Sirius se moquaient de son intelligence moindre à côté de leur génie.

Et adulte… Adulte peu importe ses paroles, qu'elles soient anodines ou non, chacune étaient empruntes de mensonges. Il jonglait avec ses deux vies.

Il s'était lui-même enfermé dans ce cercle vicieux et avait perdu tout ce qui aurait pu lui apporter le bonheur.

Lâche comme il l'était devenu, il se savait désormais incapable d'y mettre un jour fin. Il resterait confiné, cloitré sous cette forme de rat pour toujours. Un couinement lui échappa du fond de sa couchette. Un murmure indéfinissable, mi humain, mi animal.

« Pourvu que quelqu'un le fasse à me place, fut-ce le gamin Potter. » Et pour une fois, seule la vérité sortit de sa bouche.