Titre: Hot Under My Skin

Auteur: Ittlebitz

Traducteur : Orainoco

Pairing: Klaine

Rating: NC-17 en général, PG dans ce chapitre

Avertissement pour ce chapitre: Référence à la mort d'un personnage (pas Klaine), langage, violence, clin d'œil et mention à un passé Seblaine

Disclaimer: Je ne possède rien. Glee et ses personnages ne m'appartiennent pas. J'ai un exemplaire du livre Blood Magic, ainsi qu'une imagination débordante et un esprit tordu…

Note du traducteur : Hello ! Merci pour vos reviews, (dont McTwist et à Jenn à qui je n'ai pas pu directement répondre). Pour répondre à une question de sassy Klaine : je pense poster un chapitre une fois par semaine, certainement vers le mardi/mercredi (je ferais tout mon possible en tout cas). En espérant que ce chapitre ci vous plaise également, et en vous souhaitant une excellente lecture.

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Marque de la Mort, 2ème jour

Kurt dormait encore quand son téléphone portable sonna le lendemain matin. Tâtonnant, il le trouva finalement sur la table de nuit, réussissant à y répondre avant qu'il ne tombe sur le répondeur.

« Allô ? » Dit-il, la voix rauque de sommeil.

« Oh, Kurt, je suis désolée, je t'ai réveillé ? » La voix de Tina sonnait pleine d'excuse de l'autre côté de la ligne.

« C'est bon, » répondit Kurt, en combattant un bâillement. Il laissa échapper un gémissement sourd, alors qu'il s'allongeait sous les couvertures. « J'ai fait un rêve au sujet de mon faucon. Ce n'était pas arrivé depuis longtemps. »

« Oh ? Ton faucon protecteur ? » Interrogea doucement Tina.

Kurt eut un rire. « N'essayes pas de m'analyser, Dr Cohen-Chang, ce n'est pas le moment. » Tina avait toujours mentionné le faucon des rêves d'enfance de Kurt comme étant son faucon protecteur. À l'époque, le faucon apparaissait toujours pour le réconforter quand il était seul et effrayé. Hier soir, il s'était manifesté à Kurt pour le consoler de son chagrin.

« Bien sûr, tu rêves de quelque chose de réconfortant dans un moment comme celui-ci, Kurt. C'est une période difficile pour toi. Et je suis la pire amie du monde, parce que je dois annuler nos plans pour aujourd'hui. J'ai une situation d'urgence, » déclara Tina.

Ils avaient prévu de se retrouver au Lima Bean pour un café avant de se rendre à la maison de Burt et de commencer à trier ses affaires. Kurt s'assit dans son lit, s'appuyant contre ses oreillers. « Quelque chose en rapport avec l'un de tes clients ? »

« Pas exactement, » tergiversa Tina.

Kurt n'insista pas. Les patients sous hypnoses de Tina souffraient de nombreux problèmes, et elle avait déjà eu à travaillé avec des personnes victimes d'endoctrinement par des sectes, ou pour toute autres situations similaires. Cela s'avérait dangereux parfois, et Tina prenait des précautions supplémentaires pour protéger sa vie privée et celle de ses patients.

« Je te jure que ce n'est que partie remise. Nous allons commander une pizza à la viande avec supplément fromage et boire toute une bouteille de vin sans penser aux conséquences, d'accord ? Je dois prendre l'avion pour une consultation dans quelques jours, mais nous nous verrons avant. » Promit Tina.

Kurt claqua sa langue contre son palais en signe de désapprobation. « Tu travailles trop dur, Tina. Tu es médecin, toi plus que les autres devrait le savoir. »

« Ton père me disait toujours la même chose, » dit-elle, un mélange de tristesse dans sa voix. Elle était souvent allée rendre visite à Burt quand Kurt était réquisitionné au garage, simplement pour passer du temps avec lui, bavardant aimablement et buvant des tisanes qu'elle leur concoctait.

Kurt eut un petit rire faisant écho à ses larmes. « Il t'aimait, tu sais. »

« Je sais. Et je l'aimais aussi. De plus, » déclara Tina, malicieusement. « Il essayait toujours de me soutirer des informations sur ta vie amoureuse. »

Kurt se mit à rire. « J'en doute pas un seul instant. » Il regarda l'heure. « Tu ferais mieux de raccrocher et de t'occuper de ton urgence. Nous en reparlerons demain, ok ? Je dois te raconter comment un mec m'a fait flipper pendant les funérailles. »

« Quand c'est arrivé ? J'ai rien remarqué. » Demanda Tina, avec inquiétude.

« J'étais encore dehors, tout seul devant la tombe, » répondit Kurt penaud, se sentant stupide rien qu'en y repensant. « Toi et Quinn étiez à l'intérieur pour superviser la réception. »

« Qu'est-ce qui t'a fait paniquer ? » Questionna t-elle, toujours inquiète.

Kurt soupira. « Justement. Je ne sais pas exactement. Je suis sûr que c'était juste le stress. J'avais seulement l'impression que ce mec avait surgi de nulle part. Et il était juste... bizarre. Mais on va parler de mon épisode de fou demain. Tu dois y aller. » Rit-il.

Mais Tina ne riait pas. « Kurt, soit prudent. Si ce gars t'a mis mal à l'aise, fait juste confiance à ton instinct. Rendez-vous chez moi demain, ok ? J'ai quelque chose d'important à te dire. On pourra commencer le ménage chez ton père un peu plus tard. »

Kurt haussa un sourcil de surprise. « D'accord. Il y a quelque chose qui ne va pas, Tina ? »

« Non, tout va bien, mais je veux te parler. Je dois y aller, mais s'il te plaît, Kurt. Promets-moi de faire attention. » Déclara t-elle.

« Wow, le suspense est insoutenable ! » Taquina Kurt. « Mais oui, je le serai. Je te vois demain. »


Blaine analysa les billes sur la table de billard et aligna la queue avec son prochain mouvement, se penchant sur son objectif. Un coup résonna bruyamment en un « CRACK » et la boule huit roula dans le trou au coin de la table. « Psychosocial » de Slipknot hurlait des haut-parleurs alors que le bourdonnement d'une aiguille à tatouer ronronnait par-dessus la musique.

« Je peux pas bosser avec Puck qui rumine comme une vache. » Grogna Wes, balançant l'aiguille sur le plateau. Il travaillait sur le dragon coloré sur sa poitrine depuis des mois. Il s'assit au bureau qui avait été installé spécifiquement pour lui et son matériel de tatouage. Il était pieds et torse nu, un jean noir revêtait ses jambes musclées. Ses cheveux noirs étaient hérissés et leurs pointes avaient été teintes d'un rouge flamboyant.

« Bordel, je rumine pas ! » Protesta Puck en trempant une autre tortilla dans la sauce salsa avant de l'engloutir, veillant bien cette fois à mâcher aussi bruyamment et ignoblement que possible. « T'as juste besoin d'une raison pour me casser les couilles. » Les cheveux noirs de Puck étaient rasés sur un Mohawk et l'aile d'un phénix était tatouée sur chaque biceps, que son T-shirt noir aux manches arrachées dévoilait clairement. Ses longues jambes étaient revêtues d'un vieux jeans troué, et il portait des bottes noires de motard en cuir arborant des chaînes et un crâne sur les insignes. Ses pieds étaient posés sur une chaise. « Comment tu peux supporter de te piquer avec cette foutue aiguille ? Ca te suffit pas de le faire pour nous ? Et qu'est ce que ça va donner ton truc, de toute façon ? »

Wes et Puck n'avaient pas cessés de se chamailler depuis une heure, comme ils le faisaient toujours. Personne ne pourrait croire que ces deux là étaient des amis proches, qui feraient n'importe quoi l'un pour l'autre. Noah Puckerman était un chasseur de prime dont le fond sadique faisait qu'il aimait ramener ses proies vivantes, ou presque. Wes Montgomery était un artiste de talent dont les dessins avaient presque l'air vivant et intimidant. Il renifla au commentaire de Puck.

« Peu importe, mec. Les meufs kiffent mon tatouage. Deux d'entre elles l'ont aimée la nuit dernière. » Révéla t-il d'une voix arrogante tout en travaillant sur la couleur dans une zone sur laquelle il tatouait.

Les bottes cloutées frappèrent le sol. « Baise-moi, t'as eu deux meufs ? Genre, en même temps ? »

Wes ricana. « Baise-moi. C'est exactement ce qu'elles disaient hier soir. C'est comme si t'y étais. T'étais en train de mater ou un truc du genre, Puckerman ? T'espère te taper mes restes ? »

Blaine leva les yeux avant de partager un regard amusé avec Sam.

Puck atteignit sa botte et en tira un couteau à lame fine, une lame mortellement pointue. Il la passa négligemment sous l'ongle de son pouce pour le nettoyer. « Je me demande combien de meufs tu te taperais sans ta langue ? Impossible de leur parler sans elle, ou de les lécher sans elle. »

Wes leva l'aiguille qui continuait de vibrer. « Probablement plus que toi quand tu devras demander de l'aide pour enlever l'aiguille que je t'aurais enfoncé dans le cul.»

« Aïe. » Murmura Sam. « Pourquoi vous ne vous mariez pas déjà ? Où au moins coucher ensemble et qu'on en parle plus. » Deux paires de yeux se tournèrent vers lui et ils levèrent leurs mains en signe de reddition.

Blaine rassembla à nouveau les boules pour une nouvelle partie et s'empara du bâton qu'il utilisait pour l'ouverture. « Je vais miser sur l'aiguille. » Dit-il en tirant sur les boules de billard qui s'éparpillèrent à travers la table, grognant de satisfaction quand l'une d'elles disparue dans un trou. Ils étaient tous passés sous l'aiguille de Wes, et si on leur donnait le choix entre un combat avec une paire de chasseurs rogues armés jusqu'aux dents ou l'aiguille, Blaine envisagerait sérieusement de tenter sa chance avec les rogues. « Et je suis assez sûr qu'ils ne sont pas de ce bord là, Sam. »

Sam Evans étudia les billes sur la table et chassa ses cheveux blonds de devant ses yeux avant de jouer son coup avec précision. « Mec, c'est un dragon sacrément terrifiant. » Dit-il, en changeant de sujet. Il avait choisi pour tatouage un mythique Thunderbird*. Il s'étendait sur ses épaules sous son t-shirt Star Wars.

Blaine dévisagea Wes quelques instants. Bien qu'il fût le plus petit d'entre eux, Wes arborait le plus grand tatouage. Il avait commencé avec des ailes de dragon, et Wes avait fini par y ajouter le corps qui s'étalait sur son torse. Un petit canari jaune était tatoué sur sa cheville, un tribal encerclait l'un de ses biceps, et il possédait d'autres tatouages qui le recouvraient tout aussi bien. Wes pouvait être le plus petit, mais il était incroyablement talentueux et incroyablement mortel.

Puck avait perdu tout intérêt dans son échange verbal avec Wes. Il rangea son couteau et se dirigea vers Mike qui était assis à surveiller les multiples écrans du système de sécurité que Blaine avait mis en place. Mike gardait habituellement un œil attentif sur les différents angles des caméras montrant le club, ainsi que les terrains environnants situés près de la propriété privée de Blaine. Puisque c'était l'après-midi et que le club n'était pas encore ouvert, il était rare de voir grand chose sur les moniteurs. Blaine se redressa et posa son bâton juste à côté.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda t-il à Mike.

Il le regarda. « Ta mère et ta sœur sont ici. »

« Par elles-mêmes ? » Demanda Blaine. Il se dirigea vers l'écran pour le constater de ses propres yeux. Effectivement, sa mère se dirigeait vers la porte arrière avec sa sœur dans les bras. C'était inhabituel. « Laisse les entrées. »

« Déjà fait. » Dit Mike, après avoir appuyé sur le bouton qui leur permettraient d'entrée. Sam alla à la chaine stéréo et éteignit la musique. Blaine traversa la pièce jusqu'à la porte et l'ouvrit pour sa mère et sa sœur.

Deirdre Anderson était à tous égards une belle femme. Petite avec des yeux marron foncés et de lisses cheveux blonds. Mais aujourd'hui, elle était pâle et des rides d'inquiétudes étaient visibles autour de ses yeux et de sa bouche.

Samantha la sœur de Blaine, affectueusement connu sous le nom de Sammy, lui tendit les bras quand elle le vit.

Blaine sourit et l'a prit des bras de sa mère. Elle enroula ses petits bras autour de lui et le serra fortement. « Salut, Blaine ! Maman a dit que je pouvais venir et faire des coloriages avec Wes. Je peux ? S'il te plait ? » Ses yeux bruns brillaient d'excitation. Elle n'avait aucune idée de sa nature ou de celles des autres. Elle les aimait tous, totalement et inconditionnellement. Et pour eux, des chasseurs de sorcière ayant un sombre instinct de tueur qu'ils avaient du mal à contrôler, les Warblers fondaient entre ses petites mains.

Blaine fixait sa mère. Quand elle hocha la tête, Blaine déposa Sammy par terre. « Va demander à Wes s'il veut faire des coloriages. » L'encouragea t-il doucement. Toute autre personne qui connaitrait Wes aurait ri à l'idée que cet impitoyable chasseur puisse faire des coloriages avec une petite fille. Wes était devenu orphelin très jeune. Il avait grandi dans la rue et avait du apprendre à tuer pour rester en vie. C'était un artiste de talent, riche à présent, grâce à son salon de tatouage et à la série de comics dont il était l'auteur. Mais lui et Sammy passaient des heures à colorier ensemble. Wes était attentionné avec Sammy et avait toujours du temps pour elle. Et de tous les Warblers, il était son favori. Il coloriait Mon Petit Poney avec la même patiente dont il faisait preuve pour dessiner son gagne-pain.

Blaine regarda Sammy s'éloigner pour trouver Wes, ses longues boucles noires se balançant en tresses, puis se tourna vers Deirdre. « Maman ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Deirdre n'avait pas bougé depuis que Blaine avait prit Sammy. C'était une femme coriace, intelligente, Blaine le savait, mais en ce moment, elle avait l'air tendue et anxieuse. Vulnérable en quelque sorte.

Sam, Puck et Mike vinrent se placer derrière Blaine. Il y avait une tension palpable dans l'air. Deirdre les dévisageait, ces hommes qu'elle aimait et qu'elle avait vu grandir, elle se tourna vers son fils. Elle avala sa salive, puis prit une inspiration tremblante. « Elle a la marque, Blaine. Sammy a la marque la mort. »

Blaine sursauta comme si elle venait de le frappé. Les mots résonnèrent en boucle dans son esprit, son sang rugit d'une colère bouillonnante. Non. Pas sa douce petite sœur. « Tu es sûre ? » Il entendit sa propre voix, mais elle sonnait comme si elle était à des centaines de kilomètres.

Deirdre hocha la tête. « J'en suis certaine. C'est la marque de la mort. » Un tremblement la secoua et Sam l'amena à une chaise pour qu'elle puisse s'asseoir pendant que Mike attrapait une bouteille d'eau dans le réfrigérateur.

Blaine voulait dire à sa mère qu'elle se trompait. Mais même si Deirdre était une mortelle, elle était pleinement consciente du monde surnaturel qui coexistait avec le sien. Quand elle était plus jeune, elle avait été un agent de voyage pleine de réussite, voyageant énormément à travers le monde dans le cadre de son travail. Lors d'une de ces escales, elle rencontra et tomba amoureuse de Damian, celui-ci lui avouant qu'il était un chasseur de sorcière et qu'il était immortel. Elle savait que cela signifiait qu'elle finirait par vieillir et par mourir un jour, tandis que Damian continuerait à vivre. Et elle ne se laissa pas troubler. Elle et Damian s'étaient mariés et ils avaient été fous de joie quand elle était tombée enceinte de Blaine. Mais la malédiction arriva, et Deirdre avait cru que son amour serait assez fort pour empêcher son mari de devenir rogue, espérant qu'ils vieilliraient ensemble maintenant que Damian n'était plus immortel.

Elle avait eu tort. Et elle avait lutté durant des années pour éviter à son fils le même sort que son père. A présent, elle fixait Blaine les larmes aux yeux. « C'est sur son front, Blaine. Elle s'est réveillée ce matin. Juste une petite tache rose. J'ai pensé que c'était probablement une piqûre d'insecte, mais cette après-midi, elle était plus grande et était devenue parfaitement ronde. Et je ne sais pas ce qu'il faut faire ! »

Blaine ressentit la douleur de sa mère, ajoutée aux pulsions qui coulaient dans ses veines. Il savait ce qu'il avait à faire. Peu importait combien il tenait à son âme, il irait traquer la sorcière noire responsable et l'éliminerait. Il sauverait Sammy, et il se détruirait en même temps. Mais il ne pouvait pas laisser sa sœur mourir. Et il n'avait plus beaucoup de temps. La victime d'une malédiction de la marque de la mort tombait malade et mourait à la pleine lune, ce qui lui donnait environ quatorze jours.

« Je vais m'occuper de ça. Je ne laisserai rien arriver à Sammy. Je vais traquer la sorcière qui a lancé la marque et je la tuerais. » Déclara Blaine, plongeant son regard dans celui de sa mère.

Deirdre trembla à nouveau. « Blaine. » Dit-elle, d'une voix brisée par un sanglot.

Blaine comprenait. Il savait qu'elle l'aimait. Elle l'aimait tellement qu'elle était restée avec son père, même quand il était devenu rogue. Elle savait que Damian la tuerait avant qu'elle ne puisse prendre Blaine et l'emmener loin de lui. Et elle était restée jusqu'à ce que les choses soient devenues trop dangereuses pour Blaine, tous deux s'enfuyant et se cachant jusqu'à ce qu'il soit assez grand pour faire face à son père. Ils avaient toujours été là l'un pour l'autre, surtout après que Damian ait retrouvé Deirdre, utilisant ses pouvoirs pour la séduire, afin qu'elle tombe enceinte de Sammy. Et désormais, elle devait sacrifier l'un de ses enfants pour sauver l'autre. Elle secoua la tête avec véhémence.

« Non, Blaine. Tuer une sorcière va te changer, qu'elle soit démoniaque ou non. Je ne vais pas te laisser faire. Je vais la tuer. Tu la traqueras, et je la tuerai moi-même. » Dit-elle avec force.

Puck grogna et Sam se raidit. « Deirdre. » Avertit Mike de sa voix claire. La simple idée que sa mère puisse faire face à une sorcière noire accentua la rage de Blaine. Un chasseur était né pour protéger et pour tuer. Les deux instincts étaient indissociables. Il la serra dans ses bras. « Maman, seule une sorcière qui a vendu son âme en échange de pouvoirs démoniaques peut jeter un tel sortilège. Te tuer sera pour elle aussi facile que de se débarrasser d'une mouche. Tu dois prendre soin de Sammy. Je vais trouver la sorcière et faire ce qu'il faut. »

Il la lâcha et se rendit dans la pièce voisine. Les rires enfantins et le chuchotement d'une voix masculine s'élevaient, et il trouva Wes et Sammy étendus par terre. Un grand livre de coloriage Princesse Disney était ouvert devant eux avec une grande boîte de crayons de couleurs. Sammy était couché sur le ventre tout en coloriant. Elle avait enlevé ses chaussures et ses chaussettes à rayures arc-en-ciel, ses pieds battant l'air.

Blaine se mit à genoux à côté d'elle. « Qu'est ce que tu colories ? »

Elle lui sourit. « Ariel. C'est la petite sirène. Tu veux m'aider ? » Elle lui tendit un crayon rouge.

Il leva la main et souleva sa frange. Là, au milieu de son front se trouvait une petite marque rose. Son esprit se battit avec sa pulsion qui le poussait à trouver la sorcière qui avait fait ça, et répandre son sang, lui faire payer. Prudemment, il retira sa main.

Les yeux de Wes se durcirent, se rétrécissant en voyant la marque. La haine brûlait profondément dans son regard brun. Cependant quand il s'adressa à Sammy, sa voix était douce comme toujours. « T'es coincée avec moi, peanut. » Elle eut un petit rire au surnom ridicule. « Ton frère a quelques affaires sur le feu dont il doit s'occuper. » Wes regarda Blaine dans les yeux. « Va te charger de ça. »

La mâchoire serrée, Blaine hocha la tête. Il savait exactement ce qui s'était passé. Son père avait mis en colère une sorcière démoniaque et elle lui avait jeté une malédiction. Mais les chasseurs étaient immunisés contre les malédictions mortelles, ainsi le sort l'avait esquivé, ignorant Blaine et s'installant sur Sammy.

Quelques instants plus tard, Blaine s'arrêta au domaine où vivait son père. Le domaine avait été autrefois la maison d'un vétérinaire, compléter d'un bureau et d'un chenil situé juste derrière. La maison avait été rénovée et Blaine ne voulait pas savoir à quoi servaient le bureau et le chenil désormais. L'endroit appartenait à la Junte Rogue*, mais Damian était un fidèle tueur de sorcière et ils lui avaient donné ce qu'il désirait. Blaine n'arrivait pas à imaginer que quelqu'un puisse vivre dans ce type de servitude. Il n'était pas un rogue et sur ses ordres, les Warblers le tueraient si jamais ce jour devait arriver. Ca ressemblait plus à une certitude maintenant que cette malédiction frappait Sammy.

Blaine sauta par-dessus la clôture et s'engagea dans l'allée. Il savait que les caméras étaient sur lui et ça lui convenait très bien. Il voulait que Damian sache qu'il était là. Quand il arriva à la porte, il cogna dessus. « Ouvre, papa ! On doit parler ! »

La porte s'ouvrit et Blaine sentit sa mâchoire tomber de surprise quand il reconnut l'homme.

« Sebastian ? Est-ce que c'est toi ? »

Il s'agissait de Sebastian Smythe. Ils avaient joué ensemble quand ils étaient gamins. Sebastian était le premier mec qu'il avait embrassé. Ils avaient perdu contact quand Blaine était parti en cavale avec sa mère. Il retint son souffle quand une odeur cuivrée le frappa. Rogue. Cette prise de conscience fût comme un coup de pied à son instinct. Son ami d'enfance et son premier béguin était devenu l'un d'entre eux.

« Salut, Blaine. T'es devenu super sexy. Damian ne m'a jamais dit que tu avais si bien grandi. J'ai toujours su que tu serais séduisant, mais putain, t'es une bombe ! » Sebastian le reluqua, se léchant lascivement les lèvres.

Blaine cligna des yeux, dans un état de stupéfaction et d'incrédulité qui se transforma rapidement en indignation. « C'est quoi ce bordel, Sebastian ? T'es l'un d'entre eux ! »

Le regard lubrique de Sebastian disparu et ses yeux se durcirent. « Arrête tes conneries dramatique, Blaine. Nous ne sommes plus des enfants et ce n'est pas un jeu. Les sorcières nous détruisent et nous volent notre héritage. C'est le moment pour nous de nous défendre et de reprendre ce qui nous revient de droit. »

Blaine pensait aux rogues qu'il avait tué au cours de ces dernières années. Il ne les provoquait jamais, mais s'ils causaient des ennuies, il y mettait fin. Et il ressentait toujours de la pitié et des remords pour un chasseur qui avait perdu sa bataille contre la malédiction. Mais en fixant l'homme qu'il avait connu gamin, un gamin avec qui il avait joué, prétendant chasser ensemble les sorcières noires, l'adolescent dont les lèvres s'étaient timidement appuyés contre les siennes une nuit, il y avait une éternité de ça, le rendait furieux. « T'es un stupide connard si tu crois ça. Vous supprimez notre héritage, et chaque goutte de sang de sorcière que tu fais couler scelle notre destin. »

La mâchoire crispée, la rage brilla dans les yeux de Sebastian. « Damian est à l'étage. » Il ne bougeait pas et Blaine cogna son épaule contre la sienne en le croisant.

Un autre rogue se tenait près de l'entrée, au pied de l'escalier. Celui-ci avait une arme. Donc, Damian avait des gardes maintenant. Qu'est ce qu'il avait fait pour avoir besoin de gardes ? Blaine secoua la tête. Ce n'était pas son problème. Sa principale préoccupation était Sammy. Le gardien rogue le laissa passer avec un regard méfiant que Blaine lui retourna avant de monter les escaliers. Il trouva son père dans la chambre principale, installé sous des draps en soie et sirotant du cognac Hennessy. Un porno défilait à la télévision.

Damian prit une gorgée de sa boisson, le savourant sur son palais tandis qu'il regardait l'écran. Enfin, il avala. « Est-ce que la sorcière est morte ? »

Blaine savait que Damian ne parlait pas de la sorcière qui avait maudit Sammy, mais de celle qu'il lui avait ordonné de tuer. « Quand il neigera en Enfer. » Il remarqua la terrible brûlure le long du torse de Damien. Ce genre de blessure ne pouvait venir que d'un sortilège de feu. Les chasseurs guérissaient extrêmement rapidement, mais il faudrait plusieurs jours pour guérir d'une telle brûlure. Son père avait certainement eu des démêlés avec la sorcière noire la nuit dernière.

« Tu veux mourir ? Alistair Young sait que tu tues des chasseurs rogues sans le moindre scrupule, et que tu montres ton allégeance à un dieu disparu. Tu es un homme mort si tu ne te joins pas à nous. » Gronda Damien.

Blaine sortit son pistolet et visa le cœur de Damian. « Je me moque de tes menaces ou de tes délires avec Young. La sorcière qui t'a fait ça a-t-elle survécue ? »

Damian but une autre gorgée de son cognac. « Qu'est ce que ça peut te faire ? »

« Samantha a été maudite. » Grogna Blaine.

Indifférent, Damian eut un haussement d'épaules, puis grimaça sous l'effort. « Et alors ? »

La haine explosa dans son estomac et Blaine fut troublé. Il lui fallu toute sa volonté pour ne pas appuyer sur la gâchette et tuer son père juste là. La seule chose qui l'empêchait de le faire était qu'il avait besoin de connaître l'identité de la sorcière. De plus, tuer Damian ne lui apporterait que la colère de la Junte, et il n'avait pas besoin d'un problème supplémentaire alors qu'il allait traquer la sorcière qui avait maudit Sammy. « Qui est-elle ? Et qu'est-ce que tu lui as fait pour la mettre en colère ? »

Damian regarda Blaine. « J'ai fait mon devoir. C'est seulement en débarrassant le monde des sorcières que nous pourrons mettre fin à cette malédiction et retrouver nos âmes. Comment je pouvais deviner que sa mère se montrerait ? »

Blaine fixait son père avec incrédulité. « Merde, papa, tu as tué un enfant ? »

« Ce n'était pas une gamine. Elle devait probablement avoir ton âge. Elle s'est battue comme une diablesse jusqu'à ce que je la lacère suffisamment. » Déclara Damian, fermant les yeux et frémissant de plaisir au souvenir.

Blaine sentit son estomac se tordre en le dévisageant. Il s'agissait de son avenir. Juste tuer la sorcière qui avait lancé la malédiction... mais Sammy. Damien ne s'inquiétait peut-être pas qu'une malédiction allait tuer sa fille, mais Blaine oui. « Qui est-elle ? La sorcière qui a maudit Sammy ? »

Damien se mit à rire, puis grogna de douleur. « Je ne sais pas, je m'en fous. »

« Putain, je ne vais pas laisser Sammy mourir. » Blaine jura de frustration et de rage.

« Tu penses que j'ai sa putain d'adresse à cette fille ? Tu veux lever la malédiction ? Va trouver une sorcière et force la à annuler la malédiction. » Damian vida son verre.

Les doigts de Blaine le démangeaient d'appuyer sur la gâchette, de mettre fin à l'existence de ce salaud. Il regarderait l'agonie de son paternel avec un plaisir absolu. Mais il ne pouvait pas le faire. Pas encore. Il devait sauver Sammy, et il n'avait pas besoin que la Junte Rogue soit après lui ou après sa mère en guise de représailles. « Un jour, je te tuerais. » Promit-il sombrement d'une voix basse avant de tourner les talons et de quitter la chambre.

Au moins, il ne repartait pas les mains vides. Sans le savoir Damian venait de donner à Blaine une solution, pouvant à la fois sauver Sammy et lui laisser garder son âme. Il trouverait une sorcière terre et la forcerait à annuler la malédiction. Les sorcières terre vivaient dans la clandestinité à cause des rogues. Et même s'il n'était pas rogue, elles pourraient refuser de lui venir en aide, non seulement à cause de ses pulsions qui menaçaient de les tuer, mais aussi parce qu'elles ne possédaient aucune protection contre les sorcières noires. Lancer un sortilège pour annuler la malédiction d'une sorcière démoniaque était un moyen sûr de s'attirer sa colère. Mais il la forcerait à l'aider. Tout ce qu'il lui fallait, était une sorcière et son père lui avait déjà donné toutes les informations dont il avait besoin pour en trouver une.

Kurt Hummel.


« Nous allons jeter un œil. D'après ce que tu me dis, et si mon intuition est juste, la voiture devrait être prêtre pour demain. » Déclara Kurt à la petite rousse accoudée au comptoir. « Je t'appellerais si quelque chose change. Et appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. »

« Merci, Kurt. » Elle lui remit les clés en souriant tout en s'emparant de la main de son mari.

Kurt s'arma de courage avant de passer à Jesse St. James. Il lui tendit la main : « Comme va le travail, Jesse ? Tu as besoin de moi pour une location ou autre chose ? »

Jesse hésita un instant avant de prendre la main de Kurt, la serrant brièvement, évitant son regard. « Nous avons tous ce qu'il faut, merci. » Il lâcha rapidement la main de Kurt, comme s'il venait de se brûler, et se retourna pour partir avec sa femme.

« Qu'est-ce que c'était que ça ? » Demanda Finn, venant du garage et en s'essuyant ses mains pleines de graisse sur un chiffon.

Kurt repoussa le flot de souvenirs. « Nous sommes sortis ensemble. » Dit-il en étiquetant les clés que venait de lui donner les St. James.

« Toi ? Sortir… vraiment ? » Finn cligna des paupières plusieurs fois avec surprise. « Hein. » Il laissa échapper un rire ahurit. « Tu es sorti avec Jesse St. Craint. » Il remarqua que Kurt détournait le regard et fronça les sourcils. « Il t'a fait du mal ? »

« Non. Ce n'est pas ce que tu crois. » Soupira Kurt.

Le froncement de sourcils de Finn s'accentua. « Okay. Explique-toi. »

« Non. » Kurt n'allait pas parler de sa vie sexuelle, ou l'absence de celle-ci, selon les cas, avec Finn.

Finn croisa les bras, les sourcils toujours froncés. « Kurt, soit tu me le dis, soit je force Jesse à le faire. »

Kurt savait que Finn se sentait concerner, mais il souhaitait qu'il laisse simplement tomber l'affaire. « On dira que nous n'étions pas sexuellement compatible, entre autres. » Quand ils avaient couché ensemble, il avait été capable d'entendre les pensées inquiètes de Jesse à son propos.

Puis Jesse l'avait largué par texto.

Jesse n'avait pas été le premier, mais il avait été le dernier. Kurt avait décidé qu'il n'était pas fait pour être avec quelqu'un. La douleur du rejet faisait trop mal.

« ... ne savais pas qu'il aimait les deux côtés, » disait Finn quand Kurt revint à la réalité. Finn regarda Kurt et tendit la main pour serrer son épaule revêtue de sa combinaison. « Il n'était pas assez bien pour toi de toute façon. »

« Je sais. Il a trouvé celle qui lui faut. Megan est jolie et semble vraiment sympa. » Déclara distraitement Kurt. Tant de gens se mariaient ou trouvaient leurs compagnons. Plus que jamais, il se sentait seul, frustré et dépassé. Mais même s'il souhaitait trouver quelqu'un qui l'aime pour ce qu'il était, il ne voulait pas non plus se dévoiler et être rejeté une nouvelle fois.

Finn secoua la tête. « Mec, tu ne devrais même pas travailler là. Tu viens de perdre ton père et tu ralentis pas le rythme. Tu dors la nuit, au moins ? » Demanda t-il, en remarquant les cernes sous les yeux de Kurt, ce qui était inhabituel.

« Je suis bien mieux ici. » Affirma fermement Kurt. Qu'est-ce qu'il ferait à la maison ? Ranger son tiroir à chaussettes ? Réorganiser son armoire à épices ? S'apitoyer sur lui-même ? Il avait besoin de la distraction que lui offrait le travail. Son père reposait en paix et il aurait voulu que Kurt continue à vivre sa vie. « Je vais chez Tina ce soir. Ce sera amusant. »

« C'est bien. Tu sors ? Trouve-toi peut-être quelques gars sympas ? » Finn poussa l'épaule de Kurt, le charriant.

« Nan. Je reste chez elle. » Kurt se demanda ce que Tina voulait lui parler.

Finn plissa les yeux. « Depuis que je suis de retour, je t'ai pas vu sortir une seule fois. T'es toujours avec Tina. T'as changé de bord pendant que j'étais parti ? Entre toi et Tina, il y a quelque chose que tu dois me dire ? »

« Quelque chose à te di… Oh, mon Dieu, Finn ! » Kurt éclata de rire. L'idée le fit rire si fort qu'il dut s'asseoir. Quand il fut enfin capable de s'arrêter pour reprendre son souffle, il s'essuya les yeux et regarda tendrement Finn. « Tu m'as vraiment manqué quand tu n'étais pas là. »

Finn passa un bras autour des épaules de Kurt. « Tu as du te débrouiller tout seul depuis trop longtemps. Maintenant, je suis ici pour que tu puisses gérer. »

« Gérer ? Non, Finn. Cet endroit est à toi aussi. Papa le voulait et moi aussi. » Déclara fermement Kurt. Dans son testament, Burt avait légué le garage à Kurt et à Finn. Finn avait protesté, disant que Kurt devait garder l'entreprise puisqu'il s'en était occupé pendant la maladie de Burt, alors qu'il se trouvait lui-même à l'étranger. Mais Kurt lui avait rapidement assuré que son père et lui en avaient longuement discutés et que c'était ce qu'il désirait également.

« Bon, très bien. Nous sommes partenaires. L'endroit est à nous, et tu as gagné le droit d'être le patron. » Répliqua Finn. Il fut soudain arrêté par quelque chose et Kurt se retourna, suivant son regard pour apercevoir Quinn qui marchait vers eux. Elle portait un pantalon noir et un pull gris argenté, son regard était contemplatif et pensif, mais elle n'avait plus rien de la cheerleader qu'elle avait été au lycée. Quinn avait eu énormément confiance en elle, sachant toujours exactement ce qu'elle voulait et ou elle allait. Cela n'avait surpris personne quand elle était allée à Yale pour étudier le droit. Il avait semblé que sa vie était déjà toute tracée.

« C'est l'heure de la fermeture et j'ai fini pour la journée. » Dit Quinn à Kurt. « Mais je me demandais si je pouvais te parler. »

Kurt haussa légèrement les sourcils. « Bien sûr. » Dit-il en lui faisant signe en direction du bureau qui avait appartenu à son père. Il prit place sur son siège et lui désigna l'un des fauteuils. « Assis-toi. Installe-toi confortablement. »

Quinn obéit et Kurt remarqua que Finn restait sur le seuil. Quand Quinn était dans les parages, Finn ne se trouvait jamais bien loin. Ils avaient beaucoup flirté au lycée, mais n'étaient jamais sortis ensemble. Mais puisque Finn était le copropriétaire des lieux, Kurt décida qu'il pouvait entendre ce que Quinn avait à dire. Il la dévisagea en passant nerveusement ses mains le long de ses cuisses. « Quelque chose ne va pas, Quinn ? Tu vas bien ? »

Quinn se lécha nerveusement les lèvres. « Non. Oui. » Elle soupira, anxieuse. « C'est vraiment compliqué. »

Kurt attendit qu'elle continue. Après quelques instants de silence, il demanda doucement : « Il y a un problème ? Tu sais que tu es indispensable au garage, Quinn. Si quelque chose te déplait, je te promets que Finn et moi nous nous en occuperons. » Et il le pensait. Même si elle et Finn avaient fait partis des populaires groupes cheerleader/sportifs régnant sur l'école, elle s'était souvent interposée pour le défendre contre les nombreuses brimades. Et la seule fois où il s'était réellement retrouvé dans une situation délicate, ce fut Quinn qui alla chercher Finn pour lui. Kurt savait Finn écoutait attentivement.

Quinn passa distraitement une main dans ses cheveux blonds afin de masser l'une de ses tempes. « Je dois te dire quelque chose. Quelque chose au sujet de mon mari. »

Kurt patienta un instant avant de lui demander. « Ton mari ? » Il avait entendu dire qu'elle s'était mariée, mais rien au sujet de son mari, ni pourquoi il n'était pas venu avec elle quand elle était revenue à Lima. « Vous avez divorcé ? »

Quinn tressaillit et leva les deux mains à ses tempes, en fermant les paupières. « Non, je… » Sa voix s'estompa et elle grimaça à nouveau avec peine.

Kurt était inquiet. « Tu es malade ? »

« Une migraine. » Dit Quinn, d'une voix à peine plus haute qu'un murmure, les yeux toujours fermés.

« Pourquoi tu ne rentres pas à la maison pour te reposer un peu ? On pourra en parler demain, quand tu te sentiras mieux. » Proposa Kurt. « Tu veux que je te conduise jusqu'à la maison ? » Demanda t-il alors qu'elle se levait.

Finn entra dans le bureau. « Je vais la ramener chez elle. »

Quinn sursauta comme si elle avait oublié que Finn était là. « Finn. »

« Je vais te ramener à la maison, » répéta Finn en la regardant. « On pourra s'arrêter en chemin et prendre quelque chose à manger. »

Quinn secoua la tête. « N… non, je vais bien. C'est seulement un mal de tête, je peux conduire. » Elle se précipita hors du bureau, s'arrêtant simplement pour attraper son sac à main et se dirigea rapidement vers sa voiture.

Finn voulut la suivre mais fut arrêté par Kurt. « Finn. Laisse là. » Dit-il brusquement.

Finn se retourna pour regarder Kurt, ses yeux étaient inquiets et presque suppliants. « Elle n'est pas bien, Kurt. »

Kurt fixa Quinn qui s'en allait. « Elle a peur. Si tu la forces ou la brusques, elle sera encore plus effrayée. »

Les épaules de Finn s'affaissèrent. « Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? »

Kurt eut un hochement de tête. « Rien. Mais quand elle s'approche de moi, je peux le sentir, tu sais. Tout est confus et déroutant, mais il y a quelque chose qui lui fait peur. »

« Ou quelqu'un, » murmura sombrement Finn.

« Finn ne confond pas tes souvenirs de lycée avec ce qui se passe maintenant. Elle n'est plus la même personne. Et toi non plus, » dit tranquillement Kurt. Il ne souhaitait pas non plus les faire souffrir, et il ne voulait pas que Finn plonge avec Quinn dans une situation qui pourrait les mettre en danger.

Finn le dévisagea. « Wow, Kurt. C'est le genre de merde qui revient souvent avec les mecs avec qui tu sors. Parfois tu arrives à voir et à savoir trop de trucs. Ou tu arrives à sentir, peu importe. »

Kurt roula des yeux. « Je te remercie, docteur Freud. Maintenant vas-y. J'ai des factures et de la paperasse dont je dois m'occuper avant de rentrer. Tu dois réfléchir sur ton béguin pour Quinn. Tu n'as pas besoin de moi pour ça. »

Finn lui adressa un sourire affable qui avait été sa marque de fabrique au lycée. « Peu importe. J'y vais. Je te vois demain matin. Sois prudent quand tu pars. Je vais fermer derrière moi, d'accord ? »

Kurt agita la main puis tourna son attention sur les papiers devant lui. Quand il entendit la serrure derrière Finn, il soupira et ôta sa combinaison pour le jeans et le t-shirt qu'il portait en dessous. Le silence fit résonner les voix qui murmuraient dans sa tête, il saisit alors son iPod pour les faire taire. Alors que Adam Lambert chantait, Kurt travaillait sur les factures, entrant les données dans l'ordinateur, imprimant des copies papiers prêtes à être classées.

Quelques instants plus tard, la cicatrice sur son cou attira son attention. Elle le brûlait ou le démangeait à l'occasion, et il se rendit compte qu'il l'avait griffé pendant qu'il était en train de travaillé. Il sortit un petit miroir de son bureau et l'admira. Elle était rouge à force de l'érafler et attrapa une bouteille de lotion. Il en frotta un peu sur sa cicatrice et remarqua qu'il avait reçu un nouvel email. Il cliqua sur l'icône pour le vérifier, et son rythme cardiaque rata un battement avant de s'emballer durement dans sa poitrine. C'était un autre email de lui-même, tout comme la nuit de l'enterrement de son père. Le titre disait AVERTISSEMENT, et il lu le message : Ils t'ont trouvé ! Sort d'ici ! Cours !

Kurt sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale. C'était effrayant. Il se sentait comme si quelqu'un se trouvait derrière lui, il arracha ses écouteurs et se retourna. Mais il n'y avait personne.

Kurt laissa échapper un rire incrédule. Il était seul ici, juste lui et les voitures dans le garage. Il passa une main tremblante sur son visage. Quelqu'un jouait avec lui. Mais qui ? Et pourquoi ? Il avait été victime d'un grand nombre de blagues quand il était plus jeune, mais ça n'était plus arrivé depuis des années.

Il sursauta quand le téléphone sonna sur le bureau. Il s'en saisit, forçant son cœur à se calmer et à revenir à la normale. « Hummel Tire and Lube, » énonça t-il, grimaçant devant sa voix aigue. Il était à bout de souffle.

« Cours ! »

Kurt eut la chair de poule. La voix était terne et générée par ordinateur. « Je vous demande pardon ? Qui c'est ? » Il fit un pas hésitant vers la porte du bureau. Il ne semblait pas y avoir quoi que ce soit de dangereux dans le hall.

« Cours ! » Répéta la voix. « Il faut que tusortes de là ! »

Kurt raccrocha au nez. Il ignorait ce qui se passait, mais il était certain de ne pas vouloir rester seul. Il s'empara de son iPod, de son portefeuille et de ses clés, jeta sa veste par-dessus son bras, et se dirigea vers la porte. Son corps était tendu à l'extrême quand il pénétra dans le hall. Ses yeux regardèrent autour de lui, à la recherche de quelque chose d'inhabituel, mais il ne trouvait rien. Il déverrouilla la porte et l'ouvrit, sortant rapidement. Il la referma derrière lui et se dépêcha de la fermée à clé.

L'air de la nuit avait une odeur cuivrée qui lui donnait la nausée. Il couvrit son nez et respira par la bouche pour essayer de réduire l'odeur. Il n'avait jamais aimé l'effluve du cuivre. Depuis son enfance, il évitait les centimes. Et en ce moment, il avait la sensation que sa bouche était pleine de pièces de monnaie, un goût et un parfum épais du métal.

Comme l'homme à l'enterrement de son père.

L'esprit de Kurt se noyait et il lutta pour garder sous contrôle la peur qui l'enveloppait. Tout semblait normal. Il prit une profonde inspiration pour se ressaisir et il fut saisi une nouvelle fois d'un haut le cœur.

Cuivre. Pourquoi y avait-il une odeur de cuivre ? Son malaise cédait place à la panique. Il savait qu'un danger était proche, mais n'avait aucune idée de quoi. Il sortit sa clef et se retourna pour s'élancer vers son Navigateur, mais s'arrêta net dans son élan.

Deux hommes gigantesques, détenant deux grands couteaux bloquaient le passage vers le parking.

Kurt se figea, les muscles crispés par la peur. Son cœur battait la chamade. Ils n'étaient pas là quand il était sorti. « Est-ce que je peux... euh, je peux vous aider ? » Demanda t-il en tâtonnant sur son portable afin de composer le 911.

Le gars de droite se jeta sur lui, l'attrapant par la gorge et le plaquant contre le mur. Son téléphone, son portefeuille et son iPod tombèrent par terre, à ses pieds avec sa veste. Sa tête émit un craquement et un gout métallique envahit sa bouche. Il ressentait une peur si profonde et la cicatrice sur son cou palpitait comme si elle était en feu.

Bats-toi ! Lui hurla son esprit.

Le deuxième type se déplaça plus près. Les lames de leurs couteaux brillèrent dans le clair de lune. « Prends ses clés. On va l'emmener à l'intérieur. »

Kurt serra ses clés, les calant dans son poing entre lui et le mur. Mais le premier mec lui attrapa le bras et enserra son poignet. Kurt haleta quand il sentit sa main s'engourdir et ses clés glisser de ses doigts raides. Le mec les attrapa et se précipita vers la porte.

La terreur inonda le sang de Kurt. Les voix dans sa tête crièrent, et puis tout devient soudainement très clair. Défends-toi ! Kurt joignit ses mains et les plaça sur les bras que son connard d'agresseur pressait contre sa gorge. Son emprise se relâcha et Kurt tenta de s'enfuir. Rugissant, le gars agrippa son poignet et le tira en arrière, lui claquant la tête la première contre le mur. Le souffle de Kurt se brisa et il sentit sa lèvre se fendre alors que son visage cognait contre la bâtisse. Il se sentit plaquer contre le mur par le corps gigantesque de son attaquant, le piégeant. « Dépêche-toi avec cette putain de porte ! » Cria t-il à son complice.

« Ca ne s'ouvrira pas ! Il l'a fermé avec de la sorcellerie ! Taillade-le ! » Hurla l'autre homme.

Sorcellerie ? L'estomac de Kurt se noua sous la peur. De quoi ils parlaient ? Son esprit résonnait de terreur et du bourdonnement sans fin des voix dans sa tête. L'homme qui le tenait le poussa davantage contre le mur. Kurt sentit le rebord froid, mortel du couteau qui appuyait contre la courbe de son cou, juste au-dessus de son épaule. « Tes pouvoirs ne te sauveront pas, sorcière. » Grogna l'homme dans son oreille.

La cicatrice dans le cou de Kurt chauffa, jusqu'à devenir brûlante. Des images inondèrent son cerveau, des images de couteaux et de sang. « Bâtards ! Non ! Eloignez vous de moi ! » Cria t-il, luttant pour s'enfuir. Il suffoqua sous le choc, un halètement lui échappa quand le couteau le lacéra, laissant une traînée de feu à travers sa peau. L'homme se pencha en avant et siffla : « Tu sens ça, sorcière ? Ton sang est à moi. »

L'esprit de Kurt dérivait alors que la douleur et la terreur l'envahissaient. Même les voix dans son esprit s'étaient tût. C'était comme ça, alors. Il allait mourir. Ils allaient le tuer et il ignorait pourquoi. Il ne savait même pas à quoi ils ressemblaient, sauf qu'ils étaient gigantesques, les yeux vides. Son sang glissait le long de son dos et l'homme le tenait fermement, haletant dans son excitation. Kurt pouvait sentir son désir de le tuer. Pour son sang.

« Enfin. » Grogna le gars à la porte.

Kurt entendit la porte s'ouvrir. Il se força à réfléchir. Il fallait trouver un moyen de se sauver. S'il allait là dedans, ils le tueraient. Alors que le gars s'empara de son poignet pour le forcer à les suivre, le grondement d'un moteur brisa le silence de la nuit. Ca se rapprochait et il y eut un soudain crissement de pneus. Le visage et le corps de Kurt étaient toujours plaqués contre le mur, et il ne pouvait pas voir grand chose. Mais il pouvait entendre le vacarme derrière lui, le fracas de la chair frappant de la chair, des grognements, un horrible bruit humide et celui d'un couteau heurtant le sol. Puis, soudainement, l'homme qui le maintenait prisonnier avait disparu, arraché loin de lui.

Kurt inspira et se retourna, s'appuyant contre le mur pour rester debout. A travers les phares d'un camion, il aperçut une grande silhouette qui enfonçait la lame d'un couteau dans la poitrine de son agresseur. Il jeta le corps sans vie sur celui du premier gars, immobile sur le sol, éblouit par les lumières du camion.

Kurt se figea d'horreur une fraction de seconde, puis réalisa que la porte du garage était toujours ouverte. Rentre à l'intérieur et ferme la porte ! Il se précipita, espérant se mettre en sécurité.

Un bras puissant s'enroula autour de sa taille et le souleva du sol. Il perdit son emprise sur ses clefs, sur la porte et sur sa santé mentale. Il se débattit comme un fou, se débattant contre la poigne de fer qui le maintenait en captivité, essayant de repousser l'homme qui l'emmenait vers le camion. Il ouvrit la bouche pour crier à l'aide, mais une grande main s'abattit sur ses lèvres.

« Merde, tu veux mourir ? » Gronda l'homme alors qu'il jetait Kurt sur le siège passager.

Kurt se redressa et frappa contre la portière. Son corps lui faisait mal et il combattit contre une vague de vertige. Sa poitrine se soulevait alors qu'il tentait de calmer sa respiration. L'intérieur du camion sentait le cuir. « Qui êtes-vous ? » Exigea t-il tandis que l'inconnu grimpait derrière lui, claquant la porte.

« Je suis le gars qui vient de sauver ton cul. D'autres rogues viendront. Ils font les choses proprement et ils ne laissent pas de sorcières vivantes. » Il amorça une marche arrière, le pied sur l'accélérateur.

Kurt s'agrippa au siège pour éviter de voler à travers le pare-brise. Alors qu'il roulait en marche arrière, il vit sa chance et se précipita pour la poignée. Mais une main brutale sur son bras l'arrêta. Quand il se retourna, son souffle se coupa face aux sombres yeux noisettes, et au couteau dans sa main gauche.

« Ne m'oblige pas à te taillader. Je ne veux pas te faire de mal, mais je le ferai si tu me combats. » Prévint-il d'une voix terriblement calme.

Kurt sentit l'air déserté sa poitrine. « Pourquoi tu fais ça ? »

Le regard de l'homme s'attarda sur sa lèvre fendue et son emprise sur le bras de Kurt se raffermit. « J'ai besoin d'une sorcière. »

Kurt explosa finalement. « Mais de quoi est ce que tu parles ? Pourquoi tout le monde dit ça ? Qu'est-ce que tu veux dire par 'd'autres rogues viendront' ? Et pourquoi tout le monde me traite de sorcière ? Ca n'a aucun sens ! Tu vas devoir te débrouiller et me tuer maintenant, parce que je ne vais nulle part avec toi ! » Il poussa un cri.

Les yeux de l'homme brûlèrent d'une flamme qui frappa Kurt, celui-ci s'enfonçant dans son siège. Le tirant vers lui, il se pencha en avant jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment proches pour que Kurt puisse sentir une odeur de bois de santal mélangée à de la sueur. « Ne. M'oblige. Pas. A. Te. Taillader. » Il détacha chaque mots.

L'arrière de la nuque de Kurt s'embrasa, là où son premier agresseur l'avait coupé. Le même agresseur que ce gars avait tué. Non ! Hurla son esprit, mais la peur l'étouffait tellement qu'il ne pouvait pas répondre.

L'homme hocha la tête et recula. « Il y a une trousse de premiers soins dans la boîte à gants, » dit-il en déposant son couteau sur l'une de ses cuisses musclées en roulant loin du garage.

Kurt s'empara de la trousse de secours, les mains tremblantes. Il devait trouver un moyen de s'échapper.


TBC

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NdT :

Le tatouage de Sam est un Thunderbird, un « Oiseau-Tonnerre » traduit littéralement. La Junte Rogue est l'organisation dirigeant les rogues. Voilà, voilà.

La première rencontre entre Kurt et Blaine est plutôt violente. Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Est-ce que je continue la traduction ?

En attendant, je vous dis à la semaine prochaine.