Titre: Hot Under My Skin
Auteur: Ittlebitz
Traducteur : Orainoco
Pairing: Klaine
Rating: NC-17 en général, R dans ce chapitre
Avertissement pour ce chapitre: Référence à du sang, blessures, à un passé affectif/violence physique, claustrophobie, mention d'un baiser non réciproque (Karofsky), possibilité d'abus sur une tierce personne (ce n'est pas le cas, mais je sais que ça peut être interprété dans ce sens)
Disclaimer: Je ne possède rien. Glee et ses personnages ne m'appartiennent pas. J'ai un exemplaire du livre Blood Magic et un iPad.
Notes de l'auteur : Un grand merci à ma meilleure amie Sam pour me faire l'honneur de corriger ce chapitre ! Je t'aime !
Notes du traducteur : Navrée pour ce retard inadmissible ! Mais une énorme charge de travail m'est tombée dessus ces derniers mois, et je n'avais plus de temps pour moi. Cela dit, maintenant que je suis en vacances, le rythme de publication devrait reprendre son rythme habituel.
Néanmoins même si je travaillais j'ai pu suivre les news concernant Chris et Darren ! Qui a eu la chance de les rencontrer ? Comment sont-ils en vrai ? J'aurai la chance d'assister au concert de Darren le 27, la fangirl en moi n'en peut juste plus d'attendre, ah ah !
Merci pour les commentaires, ça me motive toujours à poursuivre la traduction de savoir que quelques personnes suivent et apprécient cette superbe histoire ! Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira.
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Blaine conduisait le long d'une route sûre et paisible menant jusqu'à chez lui. Il s'agissait d'une grande propriété privée près de Westerville, profondément dissimulée dans la forêt, là où elle n'attirerait pas l'attention. Elle avait été construite face à un lac et au creux d'une grande colline, de sorte qu'elle soit entourée par les coteaux. Seuls les Warblers savaient qu'il possédait cette maison et cet endroit. Il l'avait aménagé et meublé dans l'optique d'y cacher sa mère et sa sœur, si jamais elles venaient à être menacés. Il savait très bien que la Junte Rogue n'aurait aucun scrupule à les utiliser pour faire pression et avoir ce qu'ils voulaient de lui. Mais jamais il n'aurait imaginé qu'il y dissimulerait une sorcière, et encore moins une qui se trouvait être sur la liste des sorcières les plus recherchées par les rogues.
Blaine gara son camion devant la maison et prit une profonde inspiration. Il pouvait sentir le sang de la sorcière. Resserrant son emprise sur le volant, il lutta contre cet insoutenable besoin. La blessure dans le cou de la sorcière ne saignait plus, mais l'odeur du sang frais s'attardait d'une façon cruellement tentante, provocatrice, promettant à la fois un soulagement apaisant et une damnation éternelle. Finissons-en avec ça.
Un léger clic alerta Blaine que le jeune homme essayait d'actionner la poignée pour l'ouvrir et s'enfuir. Saisissant son couteau, il contourna rapidement le camion, juste à temps pour attraper la portière qui s'ouvrait. Il lui barra le chemin. « Ne me fuis pas, grinça t-il. » Il se contrôlait à peine en ce moment. Si la sorcière prenait la fuite, son côté prédateur ferait surface.
Un sursaut effrayé échappa à son captif, son visage était pâle sous la faible lumière de l'habitacle. « Mais tu étais... comment tu as... ? » La peur changea presque la couleur de ses yeux en gris, accentuant l'importance de la forme inclinée de son regard. Sa mâchoire était crispée et ses épaules voûtées d'appréhension.
Blaine lui dédia un demi-sourire, acerbe. « Les Chasseurs de Sorcières sont rapides. »
« Chasseurs de Sorcières ? » Répéta t-il avec méfiance.
Blaine baissa le regard, s'arrêtant un instant pour observer le pli que la cuisse de la sorcière dévoilait sous son jean slim. Une bouffée de désir le prit par surprise. L'ignorant résolument, il recula et fit un geste de la main.
« Sors. »
La sorcière, Kurt, glissa lentement hors du camion. Il se tenait là, mal à l'aise, lançant des regards autour de lui.
Blaine retint un sifflement. Le t-shirt gris de Kurt collait sur son dos, le sang séché était désormais d'une couleur cuivrée, pouvant apercevoir le bord du bandage qu'il avait appliqué sur la plaie. Kurt devait souffrir terriblement, pourtant il ne s'était pas plaint une seule fois. La fureur resurgit chez Blaine au souvenir des deux rogues qui l'avait attaqué, l'un d'eux épinglant Kurt au mur, glissant la lame d'un couteau sur sa peau délicate.
Blaine devait se concentrer sur le moment présent. Kurt était là pour une raison, pour briser la malédiction sur Sammy. Puis il repartirait. Et quand tule relâcheras, il se passera quoi ? Il se fera tuer en quelques heures. Le chasseur se fit la réflexion que si Kurt coopérait, il ferait en sorte de le mettre dans un endroit sécurisé, à l'abri des rogues et de la sorcière noire. Soupirant, il tendit la main et saisit le bras du jeune homme.
Kurt inspira profondément et recula, essayant de s'échapper.
Blaine pouvait sentir sa peur.
« Tant que tu coopéreras avec moi, je ne te ferais aucun mal. »
Malgré l'odeur de la terreur, le regard de Kurt était provoquant. « Comme si je te croyais. »
« Continue comme ça et je te drogue, » menaça Blaine. Il ne le ferait pas, mais c'était une menace qui fonctionnait toujours.
« Je suis allergique aux drogues ! » Protesta Kurt en pâlissant.
Blaine lui adressa un sourire froid. Finalement, Kurt savait communiquer. « Je sais que tu l'es. » Les sorcières étaient très évoluées et avaient la capacité de guérir aux moyens de leurs remèdes artisanaux, provenant de la terre. Les médicaments synthétiques les rendaient extrêmement malades.
Kurt tressaillit, puis fixa Blaine. « Connard. »
Ce dernier haussa les épaules. « C'est juste histoire qu'on soit sur la même longueur d'onde toi et moi. »
Il s'empara du bras de Kurt et le guida vers l'entrée. La maison était modeste vu de l'extérieur, mais seule la partie supérieure était visible du premier étage. Il existait un sous-sol complètement dissimulé sous terre. Il déverrouilla la porte et l'ouvrit, attendant que les capteurs infrarouges se mettent en marchent. De sa main libre, il sortit son iPhone et entra le code pour momentanément désactiver l'alarme. Quand le faible sifflement s'éteignit, Blaine poussa Kurt à travers la porte. Ils atterrirent dans le salon et il remarqua que ce dernier regardait tout autour de lui. Un grand canapé moelleux ainsi qu'une table basse, et un fauteuil inclinable avec fonction massage était disposé dans un coin. Au dessus de la cheminée en pierre se dressait une télévision écran plat. En somme, ça ressemblait à un salon ordinaire. Rien n'indiquait qu'il existait un étage inférieur et que la pièce disposait de tellement de réseaux câblés, qu'ils feraient fantasmer n'importe quel technicien.
« Par ici, » déclara Blaine en marchant dans un couloir, tirant un Kurt réticent derrière lui. Ils se dirigèrent dans une cuisine ultra-moderne, composée d'appareils en acier inoxydable et de comptoirs en marbre. Blaine se figea quand il aperçut Deirdre assise à la table, Sammy sur ses genoux. « Est-ce qu'elle va bien ? »
Deirdre avait l'air pâle. Ses cheveux étaient tirés en arrière en une queue de cheval lâche et elle portait un pantalon de survêtement et un vieux t-shirt des Reds de Cincinnati. Les cernes sous ses yeux contrastaient avec son teint blanchâtre. « Elle a de la fièvre, » répondit-elle d'une voix faible, pleine d'inquiétude.
Sammy releva la tête de l'épaule de sa mère. Elle tenait son Tigrou, sa peluche préférée. « C'est qui ? » Demanda-t-elle alors qu'elle tendait les bras à son frère.
Blaine tendit la main et la souleva doucement. Il pouvait sentir la chaleur qui se dégageait d'elle tandis qu'elle posait sa tête contre son épaule. « Il ne te fera pas de mal, promit-il en lui frottant doucement le dos. Tu te sens mal, ma puce ? »
Sammy hocha lentement la tête. « Maman m'a donné des médicaments pour me faire sentir mieux. »
Blaine essaya de se détendre. Il avait ramené une sorcière avec lui dans le but de les sauvés tous les deux. Il se tourna vers lui et dû s'empêcher de grimacer. Kurt ne ressemblait à rien. Blaine n'y avait vraiment pas fait attention jusqu'à présent. Le visage pâle de Kurt était recouvert d'égratignures rouges et sa lèvre était fendue et enflée. Sa chemise était tachée de sang séché, et des traces de doigts d'un bleu foncé marquaient son cou, contrastant sur sa peau claire. Blaine n'avait vraiment pas envie que Sammy le voit dans cet état, mais il n'y pouvait pas grand chose. Il fallait juste en finir le plus rapidement possible.
Sammy offrit son jouet en peluche à Kurt. « Tu veux tenir Tigrou ? Il me fait me sentir mieux. »
Kurt regarda la peluche pendant une seconde, puis son regard passa de Blaine à Deirdre. « Je ne comprends pas. Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Je ne veux pas rester ici. »
Blaine lui lança un regard plein de sous-entendu. « Peut-être qu'elle a besoin de médicaments. »
Kurt plissa les yeux et le dévisagea fixement.
Blaine n'avait pas le temps de regretter d'avoir sauver la vie de Kurt. Il devait se concentrer sur un problème bien plus important. « On va lui montrer la marque sur ton front, Sammy. Il va t'aider à te sentir mieux. »
La lèvre de Sammy trembla légèrement. « J'aime pas ça, Blaine. Ca fait mal. Fait le disparaitre. »
La colère grondait en Blaine. L'animal rugissait de rage à l'intérieur de lui, prêt à se déchainer, voulant lacérer et faire couler le sang. La voix de sa mère le retint, calmant ses pulsions. « Montre-lui la marque, Blaine. Kurt, je sais que vous voulez partir, et je vous promets que vous le pourrez après avoir aidé Sammy. »
La fillette se pencha vers Kurt. Elle repoussa sa frange et montra son front.
Blaine scruta le visage de Kurt dont les yeux étaient fixés sur le front de sa petite sœur. Son sang quitta ses joues et il écarquilla les yeux, ses pupilles se dilatant sous le choc. Il trébucha en arrière, les deux mains couvrant sa bouche.
« Oh mon Dieu ! Ca ne peut pas être vrai ! » Il haleta en reculant d'un pas, avant de tourner les talons et de s'enfuir de la cuisine.
Kurt savait qu'il allait être malade. Il ouvrit brusquement la porte en ignorant le bruit du système de sécurité, trébuchant et tombant sur un genou. Il haleta bruyamment, aspirant l'air frais de la nuit. Son estomac se serra et il fut secouer par une sueur froide qui raviva ses blessures.
Mais il ne pouvait pas ignorer la vérité. Il avait déjà vu cette marque une fois. Son esprit se remémorait ce jour horrible. Il était âgé de six ans et se trouvait au magasin de son père, sous la surveillance sévère de son grand-père. Il jouait tranquillement dans un coin afin de ne pas attirer l'attention sur lui, et ainsi ne pas recevoir de remarques méchantes ou désobligeantes.
La clochette sur la porte retentit, indiquant la présence d'un client. Kurt leva les yeux de ses jouets et aperçut au comptoir de la boutique un homme à l'air maladif qui parlait avec son grand-père. Ses joues étaient émaciées, et il arborait un teint cireux sous ses boucles brunes.
« Vous avez un air épouvantable. Vous devriez rentrer à la maison et vous reposer.Le changement d'huile attendra jusqu'à ce que vous vous sentiez mieux. »
Kurt revint à son jeu quand son regard capta la marque noire sur le front du monsieur. Il fut prit d'un vertige tandis que les voix dans sa tête s'amplifiaient avec horreur.« Oh, non ! La Marque de la Mort !C'est la Marque de la Mort ! Éloigne-toi, Kurt ! C'est la magie d'une sorcière noire ! C'est dangereux ! »
« Non ! » Cria Kurt, faisant sursauter les deux hommes au comptoir qui se tournèrent vers lui en état de choc. L'expression choquée de son grand-père se transforma bien rapidement en une expression d'embarras et de colère. « Kurt Hummel ! » Explosa t-il en guise d'avertissement.
Kurt sauta sur ses pieds, les yeux écarquillés de frayeur. Il ne voulait pas recevoir de marque noire !« Mais la marque de la mort, papy ! Il porte la marque de la mort ! »
Le visage de son grand-père s'assombrit encore plus, et la colère se propagea de son cou jusqu'aux bout de ses oreilles qui devinrent rouges.Le client dévisageait Kurt confusément et maladroitement.
« Ça va le tuer ! La marque de la mort le tuera ! » Sanglota Kurt,des larmes glissant sur ses joues, tentant de leur faire comprendre. Il poussa un cri de douleur quand son grand-père fit un bond en avant et l'agrippa brusquement parle bras...
Kurt frissonna aux souvenirs qui déferlaient sur lui telle une douche froide. Cette belle petite fille était marquée par la mort. Il lutta pour se remettre sur ses pieds et se pencha en avant, les mains sur ses genoux, haletant et essayant de réfléchir. Plus que jamais, il voulait courir. S'enfuir de cet endroit. Mais il ne pouvait pas laisser cette pauvre enfant. Quelque chose en lui l'en empêchait, la même chose mystérieuse qui avait reconnue la marque de la mort. Une telle chose était-elle possible ?
Son esprit le projeta sur un autre souvenir, quelques jours seulement après avoir vu l'homme avec la marque de la mort...
Quelque chose tira sur son bras et Kurt se réveilla en criant de douleur et de peur.
Son grand-père le tira hors de son lit et le jeta dans un coin. Dans la pénombre de la veilleuse de Kurt et des rayons de la lune qui filtraient par sa fenêtre, le petit garçon pouvait voir que ses yeux étaient rouges. Ses vêtements étaient tout froissés et son haleine sentait le whisky quand il se pencha en avant, le pointant d'un doigt accusateur.
« Je ne sais pas comment tu as fait, mais il est mort. Je ne resterai pas dans la même maison que le fils du diable ! »
« Papa ! » Burt se précipita dans la chambre et tira son père en arrière, l'éloignant loin de Kurt. « Qu'est-ce qui cloche chez toi ? C'est juste un petit garçon ! »
Kurt commença à pleurer alors que les deux hommes se faisaient faces, hurlant l'un sur l'autre.
« Il y a quelque chose de mauvais avec ce garçon, Burt ! C'est un monstre ! »
« Mon Dieu, est ce que tu t'entends là ? Tu es ivre ! Ne t'approche pas de mon fils ou je jure devant Dieu que je vais appeler les flics. Va cuver ailleurs, papa. »
Son grand-père claqua la porte de la chambre tandis que son père le prenait dans ses bras en faisant des bruits apaisants et en le serrant fermement...
Une secousse sur son bras le ramena au présent. « Tu ne peux pas t'échapper, tu sais. Tu déclenches deux alarmes rien qu'en te dirigeant vers la porte. Ma maison est très sécurisée. »
Kurt se crispa et se redressa si rapidement qu'il eut le vertige. Il tira son bras loin de son ravisseur et fit un pas en arrière, manquant de trébucher. La blessure à l'arrière de son cou le brûlait. Après cette horrible nuit, il n'avait plus entendu les voix dans sa tête. Il avait tellement essayé de ne rien faire de bizarre ou d'effrayant, et à chaque fois que ça arrivait ce n'était que par accident. Il voulait juste être normal, que son grand-père finisse par l'apprécier et ne plus être mal à l'aise à la maison.
L'homme qui l'avait amené ici continuait de parler. « C'est pas que j'ai besoin de toute cette technologie. Un chasseur de sorcière peut te traquer n'importe où. »
Kurt prit une profonde inspiration pour se calmer et faire le point dans sa tête. Son kidnappeur s'était lui-même désigné comme étant un chasseur de sorcière, et avait mentionné les deux hommes qui l'avaient attaqué de la même manière Il se souvint des mails qui l'avaient avertis au sujet de chasseurs. Et il n'avait aucune idée de ce que tout cela signifiait. « Qui es-tu ? Et que veux-tu de moi ? »
« Blaine Anderson. J'ai besoin de ta magie pour briser la malédiction qui pèse sur ma sœur. »
Kurt étudia silencieusement Blaine un instant. Il se tenait à quelques mètres de lui, mais réussissait tout de même à dissimuler sa présence. C'était un grand homme, gigantesque, vraiment, avec de sombres boucles ébouriffées que, dans d'autres circonstances, Kurt aurait trouvé incroyablement sexy. Des yeux d'un noisette-mordoré brillaient sous des sourcils épais. Son t-shirt moulant s'accrochait à son torse musclé et ses bras puissants dessinaient avec précision la ligne de son ventre. Tout chez lui était menaçant et viril.
« Et je suppose que me kidnapper et me faire flipper à mort c'est ta façon de demander gentiment ? » Renchérit Kurt en arquant un sourcil et usant, comme toujours, du sarcasme pour se protéger. Il n'aimait pas la peur qui le saisissait, qui le traversait tout entier. La peur que son grand-père avait eu raison et que quelque chose n'allait pas avec lui, quelque chose de mauvais.
« Oh, je suis désolé. J'étais trop occupé à sauver ta vie pour me souvenir de mes bonnes manières, » rétorqua Blaine d'une voix lourde de dérision. « Mais même si j'avais demandé, nous savons tous les deux quelle aurait été la réponse. Vous les sorcières vous en avez rien à foutre qu'une gamine puisse mourir... » Il se tut, sa mâchoire se crispa.
Kurt secoua la tête. Rien que d'essayer de suivre cette conversation lui donnait mal à la tête. « Qu'est-ce qui te fait penser que je peux t'aider ? Ta sœur a besoin d'un médecin, pas d'un mécanicien. » Une sorcière ? Était-ce même possible ?
Blaine le regarda calmement. « La malédiction en est à son début. Tu devrais être capable de la brisée. »
Kurt sentit la panique l'envahir tout doucement. « Tu es fou ! Ou ivre ou quelque chose ! Je ne suis pas une sorcière ! Et au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je ne suis même pas une femme ! »
Le regard de Blaine s'illumina. « Jouer l'ignorant ne t'aidera pas. Certaines des sorcières les plus puissantes de l'histoire ont été des hommes. Tu penses que je suis idiot ? Tu vas faire ce sort. »
Le regard écarquillé de Kurt fit rapidement le tour des environs. Blaine bloquait le seul chemin vers la sortie. Il pouvait faire marche arrière et courir à travers la maison, mais où irait-il ? Il n'était même pas sûr de l'endroit ou il se trouvait. Et puis il y avait la petite fille. Kurt inclina la tête, ignorant la douleur brûlante qui pulsait de sa blessure. « Jouer l'ignorant ? Tu me kidnappes et maintenant tu parles de choses folles comme les sorcières et les chasseurs et les malédictions ? Je ne sais pas de quoi tu parles ou pourquoi tu m'as choisi, mais je ne peux pas t'aider. »
Blaine s'approcha de Kurt. « Tu es en train de me dire que tu ne sais pas que tu es une sorcière ? » Demanda t-il d'une voix incrédule.
Kurt ne savait pas quoi faire. Il ignorait comment Blaine pouvait réagir, et ce qu'il pouvait faire ou ne pas faire. Il ne savait pas comment se sortir de cette situation.
« C'est exactement ce que je te dis, » répondit-il prudemment, frottant sa main le long de sa lèvre fendue, grimaçant de douleur.
« Je trouve ça difficile à croire, » répliqua doucement Blaine en s'avançant d'un pas. « Et tu viens encore de faire saigner tes lèvres. » Sa voix chuta dans un grognement sourd qui déferla sur la peau de Kurt, le faisant frissonner.
Kurt recula loin de Blaine, tentant de mettre une certaine distance entre eux, mais se figea quand son dos heurta le mur. Son esprit essaya frénétiquement de comprendre ce qui se passait. Blaine se trouvait à quelques centimètres de lui maintenant. Ses yeux brillaient de sa couleur mordorée, le fixant avec envie et fièvre. Le parfum de bois de santal était plus fort et Kurt le sentit l'envelopper littéralement. « Stop ! Quoi que t'es en train de faire, arrête ! J'ai besoin de réfléchir et je ne peux pas là ! »
« Je ne peux pas m'arrêter. Seigneur, j'aimerai pouvoir. » Dit Blaine dans un grondement sourd. Il inspira profondément. « Tu sens la vanille. Mais ton sang a une odeur épicée. »
L'estomac de Kurt se serra comme si quelque chose flottait profondément à l'intérieur de lui. Il essayait de comprendre ce que Blaine lui disait, mais rien n'avait de sens. Tout ce qu'il savait, c'était que plus Blaine approchait plus le sentiment étrange à l'intérieur de lui, ce besoin, grandissait. « Qu'est ce que tu penses faire ? »
Blaine fixa la bouche de Kurt, plissant les yeux. « Tu saignes. »
Kurt frissonna. « Je sais. Tu l'as déjà dit. » Il resta figé par l'intensité de son regard, piégé par quelque chose qu'il ne pouvait pas expliquer et qui se tissait entre eux.
Blaine continuait à regarder sa bouche. « Ton sang m'appelle. » Il leva une main et fit doucement glisser son pouce sur la lèvre inférieure de Kurt, essuyant le liquide carmin.
Quand Blaine entra en contact avec son sang une onde de choc parcouru Kurt, le faisant haleter. Au plus profond de lui, il sentit une sensation étrange et tourbillonnante, s'étirant, comme s'il existait des parties de lui-même longtemps fermées et qui voulaient à présent s'ouvrir au chasseur. Il saisit le poignet de Blaine pour repousser sa main loin de son visage, mais pour une raison incompréhensible Kurt s'agrippa à elle comme à une ancre dans la tempête. Sa confusion augmenta alors qu'il luttait pour donner un sens à ce qui se passait. « Comment pourrais-je être une sorcière ? » Murmura t-il, brisé, les mots déchirant son âme. Son grand-père avait raison : il était mauvais ? Était-ce pour cela que sa mère biologique l'avait abandonné ?
Le regard de Blaine quitta les lèvres de Kurt, et remonta le long de son visage pour le plonger dans ses yeux, brillant avec intensité. « Ma sorcière à présent. J'ai touché ton sang. Tu m'appartiens. Tu es à moi, » souffla t-il d'une voix rauque et possessive.
Le cœur de Kurt martelait dans son torse. Les yeux de Blaine brûlaient en le dévisageant quand soudainement ils changèrent, l'intensité de son regard mordorée miroitait tel un miroir. Il arrivait à voir ses yeux bleus dans les siens, il sentait quelque chose qui les rapprochaient. Même s'il tenait son poignet, Blaine glissa à nouveau son pouce sur sa lèvre inférieure avant de l'insérer dans sa bouche. Pour la première fois, les voix dans sa tête se turent immédiatement. Le goût de la peau de Blaine brûlait la langue de Kurt et des images érotiques envahirent son esprit. Des larmes de reconnaissance jaillirent de ses yeux alors que ses paupières se fermèrent lentement tout en se balançant en avant, voulant… non, ayant besoin de se rapprocher.
Blaine retira son pouce de la bouche Kurt et se saisit de son menton en se penchant pour l'embrasser.
« Blaine ! » Cria une voix féminine à l'intérieur de la maison.
Un faible, menaçant grognement s'éleva de la poitrine de Blaine alors qu'il passait sa main sur la nuque de Kurt. Il retraça les lèvres de Kurt avec sa langue, dans un mouvement taquin et intime. Kurt se détendit et se pencha contre lui, ayant besoin de plus de contacts.
« Blaine ! » La voix était proche.
Blaine recula, ressemblant à un prédateur sur le point d'attaquer. Il regardait Kurt avec une faim profonde et possessive. Ce dernier sursauta certain d'avoir vu l'ombre d'un faucon, son faucon, dans le reflet des yeux de Blaine. Sa main eut un mouvement de recul quand sa mère les rejoignit. Il fixa le pouce qui avait essuyé le sang de la lèvre de Kurt. Le sang disparaissait, disparaissant dans sa peau.
Deirdre s'arrêta à quelques mètres de là, en les regardant avec horreur. « Blaine ! Tu as touché son sang ! Tu dois partir maintenant ! Éloigne-toi loin de lui, il va te détruire ! »
« Je ne peux pas. » Blaine gardait un regard intense sur Kurt.
Deirdre se précipita à côté du jeune homme. « Je l'emmène à l'intérieur. Il est blessé, il a besoin… »
« Ne te mets pas entre nous, » déclara Blaine dans un grondement.
Kurt sentait sa confusion et sa peur grandir. Comment pourrait-il détruire Blaine, ou n'importe qui d'autres, d'ailleurs ? Blaine était beaucoup plus susceptible de le détruire lui. Déjà, il le forçait à reconnaître une chose qu'il avait combattue pendant si longtemps. Même la mère de Blaine reconnaissait que quelque chose n'allait pas avec lui, pensant qu'il nuirait d'une façon ou d'une autre à son fils.
« Je ne suis pas une sorcière ! » Protesta t-il une nouvelle fois.
Mais ses paroles furent ignorées par Blaine et Deirdre qui s'affrontaient. « Nous avons besoin de lui pour brisé la malédiction de Sammy. » Déclara t-elle.
« Il le fera. » Répondit Blaine, son regard possessif dévisageant Kurt à nouveau.
Kurt sentit sa frustration bouillir dans sa poitrine. Rien de ce qu'il disait n'avait d'impact sur eux. Se souvenant qu'il possédait quelques capacités qui lui était propre, il baissa la voix et chuchota : « Je ne te suis d'aucune utilité. Laisse-moi partir. »
Blaine plissa les yeux et laissa échapper un rire sans humour. « N'essaye pas de me charmer avec ta voix. Ca ne fonctionnera pas. La seule chance que tu as de rester en vie est de faire exactement ce que je te dis. »
« Blaine… » Tenta nerveusement Deirdre.
« Maman, retourne à l'intérieur. Maintenant. » Coupa t-il d'une voix rauque. Elle baissa la tête et obéit. Blaine saisit Kurt par le bras et le tira.
« Non ! Ne me touche pas ! » Kurt traina les pieds, les ancrant au sol, essayant d'opposer toute la résistance dont il était capable. Il se maudit de ne pas s'être enfuit quand il en avait eu l'occasion. Et c'était d'autant plus difficile de réfléchir quand Blaine était en train de le touché. Un élan de soulagement le submergea quand le chasseur relâcha son étreinte, mais ce ne fut que de courte durée car Blaine le souleva facilement et pénétra dans la maison. Sans un mot, il le transporta jusque dans un vestibule transformé en chambre, ou Kurt y aperçu rapidement un grand lit ainsi qu'un coin informatique. Blaine entra dans l'immense salle de bain qui contenait une énorme douche de verre et un bain à remous de luxe.
Blaine porta Kurt dans une gigantesque buanderie.
« Qu'est-ce que tu fais ? » S'écria celui-ci d'une voix mêlant peur et confusion.
« Te garder en vie. » Répondit froidement Blaine. Il leva la main contre un miroir accroché à l'arrière d'une armoire. Un panneau coulissant apparut silencieusement sur le côté, révélant une série d'escaliers. Blaine le traversa, le passage se refermant derrière eux, alors que les lumières s'allumèrent automatiquement tandis qu'ils descendaient les marches.
Le sang de Kurt se glaça alors que la terreur et la panique le parcouraient. Des visions de tortures et d'il ne-savait-quoi-encore lui traversèrent l'esprit. Il se débattait, essayant de se libérer de l'emprise d'acier de Blaine. Le chasseur resserra son étreinte, se déplaçant de sorte que les mains de Kurt se retrouvaient emprisonnées entre eux. « Whoa, doucement. Je vais pas te faire de mal. J'ai trop besoin de toi. »
Kurt était furieux et effrayé. Il avait eu une journée de merde, il vivait un enfer. Repenser aux deux hommes qui l'avaient attaqué, le blessant, lui faisait penser à Blaine qui l'avait menacé avec son couteau. Le couteau ! Il avait vu Blaine le ranger dans l'étui installé dans son dos. Son cœur battait la chamade, sa gorge se serra de terreur. Non. Il était un Hummel et merde, il n'allait pas mourir sans combattre. Kurt sentait l'énergie s'accumuler à l'intérieur de lui alors qu'il se concentrait sur le couteau. L'énergie frémissait et tourbillonnait en une boule dans sa poitrine avant de s'échapper.
Blaine se figea dans le couloir, un regard surprit sur son visage. Son couteau glissa hors de son étui et tournoyait autour du chasseur. Sous le choc Kurt observait l'arme, les cheveux sur sa nuque le picotaient comme s'il existait une connexion entre lui et le couteau. Il réfléchit rapidement. Le couloir où ils se trouvaient était étroit. Blaine devrait le lâcher pour éviter le couteau. Seulement alors, il pourrait s'échapper.
Mais Blaine ne le lâchait pas. Il restait totalement immobile, regardant le couteau avec des yeux méfiants qui s'écarquillèrent quand l'arme se précipita vers lui. Il se baissa pour éviter la lame, mais elle frôla sa joue droite. Il grogna au léger impact.
Une fraction de seconde plus tard, la douleur percuta la pommette droite de Kurt, sa tête ayant un mouvement de recul sous la force de frappe.
Il ferma les yeux tandis que les larmes glissèrent le long de son visage. La douleur l'irradiait de l'intérieur comme une ondulation sur un étang, et ses oreilles bourdonnaient alors qu'une vague de nausée menaçait de le submerger.
« Putain de merde, qu'est ce que tu croyais qu'il se passerait ? » S'exclama Blaine, sa voix résonnant dans le couloir, faisant tressaillir Kurt. Blaine le souleva, rapprochant son corps du sien, comme s'il s'apprêtait à l'enlacer. « Respire. Lentement maintenant. Ça va s'arrêter dans une minute. Respire par saccade, » dit-il doucement, presque affectueusement.
Kurt se força à obéir. Inspire. Expire. La douleur s'estompait finalement, et il pouvait réfléchir à nouveau. Que venait-il de se passer ? C'était lui qui venait de faire ça ? C'était lui qui avait fait léviter le couteau ? Mais le couteau avait blessé Blaine. Alors pourquoi, il avait la sensation que son visage venait de faire un round avec Floyd Mayweather ? Lentement, il leva le regard vers Blaine. La marque rouge qu'il arborait sur sa joue droite s'estompait sous ses yeux. La pensée que Blaine devait guérir rapidement lui traversa brièvement l'esprit, avant qu'il ne soit confus à nouveau. « Qu'est ce qui s'est passé ? »
Blaine souffla, son agacement étant visible. « Tu te laisses guider par tes émotions et ça t'as submergé. Tu as utilisé tes pouvoirs pour essayer de me poignarder avec mon couteau. Tu as oublié le karma des sorcières ? Je l'ai à peine senti, mais tu l'as fait quand même et ça va te laisser un œil au beurre noir ! »
La douleur battait en un rythme sourd et régulier. « Pourquoi tu me hurles dessus ? Je suis celui qui vient d'être giflé par cette connerie de karma des sorcières, ou quel que soit le nom que tu lui donnes, » grogna Kurt.
Blaine le dévisagea une seconde et malgré lui un sourire s'esquissa sur ses lèvres. «Touché. » Mais son expression se durci brusquement et il pénétra dans une petite pièce comme si rien ne venait de se passer. Il le déposa sur le sol carrelé, et sans un mot, il ramassa son couteau et le glissa dans son étui avant de se tourner vers Kurt.
« Commence. Avant de la transformée en un espace de travail pour toi, cette pièce était normalement un bar. Maman l'a approvisionné avec tout ce qu'elle pensait que tu pourrais avoir besoin, mais s'il te manque quelque chose, on te l'obtiendra. » Déclara Blaine du pas de la porte, sa silhouette imposante dissimulant l'embrasure.
Kurt examina le comptoir en granit, le l'évier et les armoires. Il était confus. Qu'est-ce qu'ils attendaient de lui exactement ? « Je ne comprends pas. Commencer quoi ? »
Blaine serra les dents. « Arrête. Tu viens de démontrer tes pouvoirs de sorcière en essayant de me poignarder avec mon propre couteau. Nous n'avons pas beaucoup de temps. La malédiction tuera Sammy à la pleine lune. Commence. » Il se retourna et partit en fermant la porte derrière lui.
Kurt regarda autour de lui, sa joue droite le lancinait, essayant d'intégrer toutes ces informations. Les tiroirs étaient soigneusement étiquetés et contenaient des choses comme du sel, de l'encens, de l'argent et diverses herbes séchées. Il y avait des bougies dans différentes couleurs également. Un escabeau se trouvait à côté d'une pile de bols de mesure. Il remarqua un petit lit dans un coin et prit une profonde et tremblante inspiration. Cette pièce était sa prison, et il était dans les emmerdes jusqu'au cou.
Blaine arpentait sa chambre comme un animal en cage. Il avait un violent et pénible désir pour la sorcière. Rien n'avait de sens. La malédiction des chasseurs les poussaient à vouloir le sang des sorcières, non de vouloir coucher avec elles. La partie sexuelle de la malédiction augmentaient leur libido, pas ce mélange douloureux de besoin de le réclamer et de le posséder. Ayant besoin d'une distraction, il est allé à son ordinateur et l'alluma.
Le visage de Mike est apparu sur l'écran. « Quoi de neuf ? »
« Qu'est-ce que tu as sur Kurt Hummel ? » Interrogea Blaine. Les Warblers avaient la feuille que Damian avait donné à Blaine, et sur laquelle était indiqué où Kurt vivait, travaillait, faisait ses courses, ses relevés bancaires, tout ce dont ils avaient besoin pour le traquer et retrouver sa trace.
Mike fronça les sourcils. « Tu l'as trouvé ? »
Blaine grogna, affirmatif. « Il est dans la pièce maintenant. Mais il prétend qu'il ne sait pas ce qu'il est. » Blaine avait entendu le désespoir dans la voix de Kurt quand il niait être une sorcière. Il avait vu le choc et la terreur sur son visage devant la marque de Sammy. Bon sang, il avait ressenti tout ça. Mais ensuite Kurt avait utilisé ses pouvoirs pour essayer de le poignarder avec son propre couteau. Soit il était incroyablement stupide, ou il ignorait honnêtement ce qu'était le karma des sorcières. Mais quelle sorcière ne savait pas ça ?
Sur l'écran, Mike arqua un sourcil. « Tu ne pouvais pas sentir sa puissance ? »
Oh, ouais. Il l'avait senti. Il l'avait senti dans son sang, sucré et épicé. Il avait senti dans l'augmentation du grésillement quand il avait touché son sang. Il l'avait vu quand il avait essayé de le poignarder. Mais c'était la réaction de Blaine qui était si inhabituelle. Il n'avait pas voulu tuer Kurt. Non, il voulait baiser avec lui. Il voulait le déshabiller et le posséder. Même la douleur que Kurt ressentait le gênait. « Je l'ai senti. C'est vraiment une sorcière. Mais est ce qu'il le sait ? »
Il se tourna vers le second écran et inspira difficilement alors que tout le sang dans son cerveau se précipitait vers le sud. Kurt avait ôté sa chemise et se tenait au comptoir, dos à la caméra installée dans l'angle de la pièce. Il avait enlevé son bandage de fortune et avait un chiffon à la main, essayant de nettoyer le sang. Sa peau était pâle et argenté, tendu sur ses omoplates. Son jean était évidemment ouvert et pendait légèrement sur ses hanches, exposant une partie de son boxer. Il se crispait en arrière, tentant de tamponner sa blessure, ses muscles se contractant sous la douleur. Mais il y avait des herbes dans la salle, des choses qu'il pourrait utiliser pour soulager sa souffrance. Pourquoi n'avait-il pas... putain. Blaine commençait à le croire.
« Blaine. »
Il se força à détourner le regard de Kurt, et fixa Mike sur l'autre écran. « Qu'est ce que tu as trouvé ? »
« Voyons voir. Il y a quelques années, il était aux urgences pour une profonde coupure au cou. Il a eu une grave réaction allergique aux médicaments et a failli mourir. Rien d'autre depuis. L'acte de naissance indique que... Oh, merde. » Jura Mike.
« Dis-moi. Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Kurt est adopté. Il a été élevé par un homme qui était père célibataire. Son père n'était pas allergique aux médicaments. » Lut Mike sur son ordinateur.
« Alors son père adoptif n'était pas une sorcière. » Le regard de Blaine glissa sur l'écran pour regarder Kurt. Ce dernier s'était retourné vers la caméra, se nettoyant frénétiquement avec un chiffon désormais ensanglanté. Son visage désespéré était grimaçant de douleur et de peur. Blaine remarqua le complexe collier argenté qu'il portait sur sa peau clair. Son torse était ferme avec des tétons roses pâles, son ventre et ses hanches étaient minces et définis. Blaine sentit son désir grimpé en flèche, nouant son estomac. Il croyait Kurt. « Il ne sait pas qu'il est une sorcière. Il ne saura pas comment briser une malédiction. Je suis totalement foutu. »
« Il peut encore le faire. On a le temps. Nous allons l'aider. » Déclara Mike.
Blaine secoua la tête. « Je dois le faire sortir d'ici. » Dit-il, le désespoir et l'envie rendant sa voix rauque.
Le ton de Mike était tranchant. « Si tu le fais, il est mort. J'ai piraté la base de données de la Junte, et il a été placé en tête de la liste noire. Ils veulent cette sorcière morte. »
Blaine se souvint des rogues qui en avaient eu après Kurt. « Qu'est-ce qu'il a fait pour attirer leur attention ? Pourquoi sont-ils après lui s'il ne sait même pas qu'il est une sorcière ? »
Mike étudia l'écran sur lequel il travaillait. « J'en ai aucune idée. Tout ce que je vois, c'est qu'il s'est fait inscrire sur un site de recherche pour parents biologiques. Je ne comprends pas pourquoi ça intéresserait les rogues. Pourtant quelque chose a bien attiré leur attention, et ils sont déterminés à le tuer. »
Un étrange sentiment de protection traversa Blaine. Tout ça pour une sorcière. Il ignora ce sentiment, ne sachant pas quoi en faire. « Rien de tout ça ne va résoudre mon problème. J'ai une sorcière qui n'a pas la moindre idée de comment briser une malédiction, et il reste sept jours avant la lune croissante. » Pour lutter contre une malédiction, une sorcière terre ne pouvait faire son sortilège qu'à cette phase de la lune. Après ça, pour supprimer la malédiction, il fallait tuer la sorcière noire à l'origine du sort. Et une fois que la pleine lune se lèverait, rien ne permettrait d'épargner Sammy si la malédiction n'avait pas été vaincue.
Mike se pencha en arrière et regarda directement dans la webcam. « Tu peux contrôler tes pulsions assez longtemps pour lui apprendre un sort ? Ca ne devrait pas être difficile, pas pour une puissante sorcière mâle. Et ce sera plus sûr que d'essayer de trouver une autre sorcière, surtout avec la Junte sur ton dos. »
Blaine rendit son regard à son ami, déglutissant avant de prendre la parole. « Non, j'ai touché son sang. »
Les yeux bruns de Mike s'écarquillèrent de surprise. « Et il est encore vivant ? »
Blaine porta distraitement sa main sur son torse, touchant ce drôle de sentiment. Il tentait de toutes ses forces de garder les yeux sur Mike, de ne pas regarder l'écran qui montrait Kurt. « Oui. Mais il est en moi maintenant. » C'était une bataille perdue d'avance. Il regarda Kurt à nouveau. Kurt qui essayait de nettoyer le sang sur sa chemise. Blaine pouvait voir ses larges épaules qui dessinaient sa taille étroite, la flexion de ses muscles pendant qu'il se déplaçait. « J'ai besoin de lui. » Dit sincèrement Blaine, d'une voix profonde.
Mike pinça pensivement les lèvres. « Tu peux coucher avec lui sans le tuer ? »
La sueur coulait le long du dos de Blaine. « J'en sais rien. » Parce qu'il voulait son sang aussi, il voulait tout de Kurt. Mais que faire s'il perdait le contrôle pendant l'acte et qu'il finissait par le taillader pour son sang ? Si ça arrivait, il ne serait pas en mesure d'arrêter jusqu'à ce qu'il soit mort.
Mike tapait rapidement sur son clavier. « Je vais trouver tout ce que je peux sur la manière de briser une malédiction. Mais de la façon dont je vois les choses, tu as quelques options tu peux envoyer ta mère faire face à la sorcière et rester loin de lui. »
Blaine savait que ça n'arriverait pas. « Ou ? »
« Nous savons déjà que coucher avec les mortels nous aide à contrôler nos pulsions. Il faut chercher à savoir si la même règle s'applique avec une sorcière. » Dit Mike en faisant défiler la page qu'il consultait sur son écran.
« Découvre tout ce que tu peux à ce sujet. Je vais m'occuper de garder la sorcière en vie. » Déclara Blaine, mettant fin à la connexion et se levant.
Il rôdait nerveusement dans sa chambre. Kurt était comme un aimant, une tentation constante à laquelle il ne pouvait pas résister. Il passa par le panneau coulissant dans son placard jusqu'au niveau inférieur. Il avait pensé et construit cette maison pour que sa famille et ses amis puissent s'y cacher si jamais ils venaient à être attaqués. L'étage inférieur était composé de chambres meublées, de deux bureaux dont un pour lui, ainsi que d'un garage caché. Il existait aussi de tout un arsenal d'armes, en cas de besoin.
Il avait enfermé Kurt dans la pièce en face de son bureau, qui disposait d'une serrure conçue spécialement, où un verrou secondaire s'enclencherait si le premier était forcé, ainsi qu'un troisième verrou supplémentaire. Ca n'arrêterait pas une sorcière, mais ça la ralentirait certainement. Mais Kurt n'avait même pas essayé de l'ouvrir. Blaine leva la main et déverrouilla le mécanisme, ôtant la serrure et poussant la porte.
Kurt se retourna, tenant sa chemise mouillée devant sa poitrine nue. Il avait l'air si vulnérable que Blaine ressentait à nouveau ce sentiment de protection, combinée à une forte augmentation de son désir. Il est à moi. Son regard acéré se posa sur la cicatrice dans le cou de Kurt. C'était celle qui devait l'avoir envoyé aux urgences. Il combla rapidement la distance entre eux, inclinant du bout des doigts le menton de Kurt vers l'arrière. Les yeux bleus de Kurt brillèrent de crainte avant qu'il ne s'échappe de l'emprise de Blaine, reculant pour s'éloigner de lui.
Blaine ne le suivit pas. Il était déterminé à sauver Sammy, mais il ne voulait pas effrayer Kurt, enfin pas plus qu'il ne l'était déjà. Et il ne voulait certainement pas que Kurt répète son geste, et ne souffre du karma des sorcières une fois encore.
« Du calme, je veux seulement voir ta cicatrice. » Il pressa doucement son pouce contre sa cicatrice et fut pris au dépourvu en ressentant sa chaleur. « Quand est ce que tu as été attaqué par un chasseur de sorcière ? »
Kurt le regarda avec colère. « Lâche-moi. »
Blaine réalisa que sa main avait agrippé possessivement le bras de Kurt. Son sang circulait, brûlant, juste assez pour être capable de respirer l'odeur de Kurt. Il voulait plus. Il lui fallut un effort incroyable pour lâcher son bras. Il inspira une fois de plus, ayant besoin que l'odeur alléchante vienne taquiner ses sens.
« Dis-moi ce qui s'est passé. »
Kurt ferma un instant les yeux avant de dire quoi que ce soit. « J'avais seize ans. Je m'étais confronté contre un gars qui m'intimidait et, en quelque sorte, au cours de la confrontation, j'ai été blessé. »
Blaine sentait que Kurt ne disait pas toute la vérité. Il y avait quelque chose de plus dans l'histoire qu'il ne disait pas. « Tu as été blessé à cause du karma des sorcières. Comme ce qui s'est passé aujourd'hui, tu as probablement utilisé tes pouvoirs pour poignarder le chasseur avec son propre couteau. Quand un acte violent est fait intentionnellement avec la magie, le karma des sorcières ricoche et frappe la sorcière responsable avec trois fois plus de force. » Il regarda attentivement Kurt. « Qu'est ce qui s'est passé ? Tu sais exactement ce qui s'est passé ce jour-là. »
Kurt recula et frotta ses mains le long de ses bras avant de les croiser sur sa poitrine en un geste protecteur, tenant toujours sa chemise contre lui. « Personne ne m'a cru. Il avait agi bizarrement avec moi pendant des semaines, me poussant contre les casiers, en étant vraiment agressif. J'ai pensé que c'était parce que j'étais gay. Un jour, j'en ai finalement eu mare et je l'ai suivi dans les vestiaires. Nous étions seuls. Honnêtement, je n'avais pas réfléchis. J'ai lui ai crié dessus, en lui disant qu'il était insignifiant et qu'il ne pouvait rien faire au fait que j'étais gay, comme je ne pouvais rien faire au fait qu'il n'était qu'un ignare. Et puis soudain, il m'a embrassé. »
Blaine se tendit et vit rouge quand une jalouse, et possessive rage le traversa comme un courant électrique. Mais Kurt n'en avait pas encore fini avec son histoire.
« Je l'ai repoussé. C'était mal, tout ça. C'était mon premier baiser, mon premier avec un autre gars, et il m'a été volé juste comme ça. Et soudain, il m'a plauqué contre les casiers avec un couteau sous ma gorge, disant qu'il allait me tuer. Et je devais résister. Je ne pouvais rien faire pour l'arrêter. L'énergie s'est juste emmagasinée et elle s'est déversée. Il a saisit le couteau et la planté dans mon cou, c'était à peine une entaille. Et la prochaine chose dont je me souviens; c'est que mon cou s'était ouvert. Il y avait tellement de sang et j'avais si mal. J'ai pensé que j'allais mourir. »
Blaine était furieux. Kurt avait seize ans ! A quoi les sorcières pensaient en le faisant adopter par un mortel ? Il avait réussi à survivre à un chasseur, un jeune avec peu d'expérience, et puis il avait été presque tué par le personnel de l'hôpital quand ils lui avaient donné des médicaments contre la douleur. « Qu'est ce qui s'est passé avec le chasseur après ? »
« Mon demi-frère. Du moins, il l'aurait été dans d'autres circonstances. Notre ami Quinn m'a vu suivre le gars dans les vestiaires et elle est allée le chercher. Il est venu et a vu ce qui se passait et l'a brusquement éloigné de moi. Quinn est arrivé avec l'entraîneur des cheerleader pour constater la situation. » Raconta Kurt.
« Qu'est-ce que le chasseur a fait après ça ? » Demanda Blaine.
« C'est difficile de vraiment s'en rappeler », déclara Kurt avec un froncement de sourcils. « Il semblait réellement horrifié et tellement choqué, presque comme s'il sortait de transe. »
Il frissonna aux souvenirs qui se rejouaient dans son esprit, faisant face à l'effrayante vérité qu'il avait longtemps cherché à ignorer.
« Bloodlust. Il a perdu le contrôle, mais il n'était pas un rogue, sinon tu serais mort. » Expliqua Blaine d'un ton neutre.
« Qu'est ce que tu veux dire par bloodlust? » Demanda t-il, d'une voix faible et vulnérable.
Blaine sentait que son besoin de le toucher se renforçait à chacune de ses respirations. Il avait l'air trop sexy, même en tenant sa chemise humide et ensanglantée contre lui. Blaine s'empara du col de son t-shirt et le tira par dessus sa tête pour l'enlever. Il le tendit à Kurt.
« Tiens. Mets ça et je t'expliquerai. »
Kurt lui adressa un regard méfiant et posa sa chemise humide sur le comptoir avant d'enfiler le t-shirt. Blaine retint son souffle. Pendant une brève seconde, il aperçut la poitrine nue de Kurt avec rien d'autre que le collier en argent sur sa peau, contrastant contre la faible lueur qui se dégageait des sorcières. Une lueur invisible aux yeux des mortels et indétectable sur les photographies ou les caméras. L'éclat de la majorité des sorcières était doré, mais celui de Kurt était argenté. Il possédait une fine trainée de poils sur son torse, serpentant sous son nombril et disparaissant sous la ceinture de son jean. Ses tétons roses avaient durci à cause de sa chemise humide et de l'air froid. Il était encore plus attractif en personne, Blaine en eut l'eau à la bouche et son sexe tressauta dans son pantalon. Il serra les poings pour ne pas le toucher.
Sammy. Le sort. Kurt était là pour faire le sort. Blaine ne devait pas l'oublier. C'était plus facile à dire qu'à faire, surtout s'il prenait en compte sa tension sexuelle.
Kurt essaya d'ignorer l'agréable chaleur qui se dégageait du t-shirt qu'il portait. « Je ne peux pas t'aider. Tu ne comprends pas ? Je veux juste revenir à ma vie. Ma famille et mes amis vont être inquiets. » Ses lèvres se pincèrent lorsque Blaine secoua la tête.
« Impossible. Tu seras mort dans la journée si je te laisse partir. Les hommes qui t'ont attaqué ce soir ? C'étaient des chasseurs de sorcières. »
Kurt arqua un sourcil. « Tu veux dire comme toi ? Tu chasses les sorcières ? »
Blaine avait besoin de lui faire comprendre. « Non, pas comme moi. Pas encore, du moins. A cause des sorcières, les chasseurs sont maudits et ont besoin de réclamés leur sang. Si nous cédons à ce besoin, nous perdons notre âme. Nous devenons des rogues. Les rogues ne peuvent pas s'empêcher de tuer des sorcières, se satisfaisant de la puissance de leur sang. C'est comme une drogue, ils ont besoin de ça. Et maintenant qu'ils t'ont trouvé, ils ne vont pas s'arrêter. »
« Mais je ne savais même pas que j'étais une sorcière ! » Protesta Kurt.
« Ils le savent. Ils t'ont trouvé et viennent de te placer en tête de leur liste noire. Les chasseurs de ce soir étaient juste les premiers. Il y en aura d'autres et ils continueront à venir. Ils tueront toutes personnes se trouvant sur leur chemin. Famille, amis, ça n'a pas d'importance. Ils veulent ton sang. » Déclara Blaine en essayant de faire comprendre à Kurt la gravité de la situation. « Je suis la seule chance que tu as de resté en vie. Tu aides ma sœur et je te protégerai d'eux. » Il réprima une nouvelle vague de désir et de convoitise. C'était douloureux, l'envie de Kurt et l'envie de sexe, de son sang, de son essence.
Le regard de Kurt était méfiant. « Tu es l'un d'entre eux. Qu'est-ce qui t'empêches de me tuer ? »
Blaine était sur le point de perdre le contrôle. Le désir le tenait littéralement par les couilles et ses pulsions hurlaient pour son sang. La sueur perlait le long de son torse.
« Sexe. Je veux te baiser plus que je ne veux te tuer. » Blaine savait qu'il devait sortir de là avant qu'il ne perde complètement le contrôle. Kurt était blessé, il souffrait, et il devait se soigner. Pas question qu'il puisse prendre le risque de coucher avec lui alors qu'il était couvert de sang. Le sang enflammerait ses pulsions jusqu'à ce qu'il finisse par le tuer pour en avoir encore plus. Blaine le savait, et pourtant chacun de ses nerfs lui criaient de prendre Kurt maintenant. De lui arracher ces jeans moulant, de le pencher sur la surface la plus proche et de plonger en lui. De le serrer contre lui alors qu'il serait en train de le baiser encore, encore et encore, le possédant et le faisant sien et uniquement sien.
Le visage de Kurt rougit de colère. « C'est ta solution ? Te laisser me baiser pour que tu ne me tues pas ? Je ne coucherais pas avec toi ! Tu ne me forceras pas. »
La patience de Blaine allait bientôt céder. Sa virilité était douloureusement dure et comprimée dans son jean, ses testicules le faisaient souffrir. Sa peau brûlait comme s'il était en feu.
« J'ai jamais forcé un gars avant, et je suis sûr que je n'aurai pas à te forcé. N'est ce pas, Kurt ? » Il s'approcha de Kurt, pouvant ressentir la chaleur qui se dégageait de son éclat de sorcière. Il n'osa pas le toucher.
Kurt prit une inspiration. « Pourquoi je me sens étrange ? Qu'est ce que tu es en train de me faire ? »
« Phéromones. Les chasseurs attirent leurs partenaires sexuels avec des phéromones. Mais là c'est différent. C'est peut-être parce que j'ai touché ton sang. » La transpiration créée par le besoin et le désir perlait sur son torse, le chatouillant lorsqu'ils glissaient le long de sa peau.
Kurt croisa les bras sur sa poitrine dans un mouvement protecteur et détourna les yeux. « Ou peut-être que tu es un con arrogant qui utilise des méthodes peu recommandables pour avoir des mecs à ses pieds. »
Blaine cligna des yeux avec surprise. Personne ne lui avait jamais résisté comme ça, ne l'avait jamais défié comme ça. Cela l'excita, enflammant son sang, désirant Kurt avec plus de force. Il était temps de sortir de là. Il se tourna et se dirigea vers la porte avec l'intention de partir, avant qu'il ne fasse quelque chose d'irréfléchi.
L'halètement de Kurt l'arrêta dans son élan. « Un faucon. C'est un faucon. »
Son tatouage. « Oui. » Blaine resta là ou il était, se disant d'ouvrir la porte et de partir. Il se raidit quand Kurt s'approcha de lui, sa voix douce l'enveloppant et caressant sa peau. « Il a l'air si réel. Presque comme si je pouvais sentir ses plumes. »
Blaine ouvrit la bouche, mais il était trop tard. Il sentit les doigts de Kurt effleurer légèrement son épaule droite, là où débutait le bout des ailes de son tatouage. Les ailes de l'oiseau se dressaient comme s'il s'apprêtait à atterrir, couvrant la majorité de son dos. Kurt traça les ailes, descendant jusqu'à la ceinture du jeans de Blaine, le toucher délicat envoyant une pulsion brûlante directement à sa queue. Puis, soudain, le contact disparu. Blaine le regretta immédiatement.
« C'est de la peau. Pas des plumes. » Murmura doucement Kurt.
Blaine se retourna pour faire face à Kurt. La vue du t-shirt qu'il portait un peu plus tôt et qui était maintenant contre la peau luisante de Kurt lui faisait ressentir un sentiment primal de satisfaction, ses mains le démangeant de le toucher et de le réclamer. Avant même qu'il puisse y penser, un bras s'enroula autour de la taille de Kurt et l'attira contre lui de sorte que leurs visages se touchaient presque.
« Tu me charries, sorcière ? » Dit-il, sa voix résonnant dans un grondement sourd.
« Lâche-moi, ou je vais… » Commença Kurt.
Blaine l'embrassa, coupant sa menace, revendiquant sa bouche, traçant ses lèvres avec sa langue. L'électricité statique crépitait dans la pièce en de légères explosions, manifestation des pouvoirs incontrôlés de Kurt. Ceux-ci se ruèrent contre la peau de Blaine, allant directement à sa verge, le rendant incroyablement plus dur, et le poussant dans une excitation douloureuse. Il empoigna l'arrière de la tête de Kurt, donnant un angle qui lui fit ouvrir la bouche, sentant la chaleur de ses mains quand ils se saisirent de ses épaules lorsqu'il s'éloigna de ses lèvres.
Blaine fit glisser sa langue contre Kurt qui gémit de plaisir. Sa bouche était brûlante et il avait si bon goût. Il pouvait sentir la chaleur de sa peau contre la sienne, même au travers du t-shirt. Le corps de Kurt lui parlait. Il pouvait sentir son désir, l'odeur d'une impétueuse épice qui les enveloppait. Il glissa sa main le long de la cuisse de Kurt jusque sous son genou qu'il agrippa, le soulevant au dessus de sa hanche afin de rapprocher leurs verges. Il l'attira durement, s'appuyant contre la fermeture éclair de son jean, et se frottant contre lui.
Blaine sentait que Kurt était dur et suppliant. Kurt le désirait autant qu'il désirait Kurt. Quoique ce soit entre eux, c'était puissant. Il l'embrassa plus durement.
Kurt tressaillit et sursauta, effrayé par son désir violent. Blaine recula sa bouche de celle de Kurt, et vit le sang qui jaillissait de sa lèvre.
« Merde. » Blaine se maudit.
Il avait déchiré la nouvelle peau et Kurt saignait une fois de plus. L'odeur était enivrante, mais il se sentait malade. Il n'avait jamais blessé les mecs avec lesquels il couchait, jamais. Il était toujours prudent. Brusquement, il lâcha Kurt et recula. Il respira profondément, l'air était chargé de l'odeur épicé de son sang.
« Je dois sortir d'ici. » Murmura t-il en se tournant vers la porte.
« Attends ! » Appela Kurt.
Blaine ne pouvait pas attendre, il devait sortir d'ici. Il ouvrit la porte à la volée.
« Je ne veux pas être enfermé ! » La panique dans la voix de Kurt stoppa Blaine qui se retourna pour le dévisager. Ce fut une erreur. Kurt semblait à la fois si vulnérable et si désirable.
Blaine tenta de garder une voix calme. « Tu es parfaitement en sécurité ici. Je t'aiderais autant que je peux pour briser la malédiction. »
Kurt fit un pas vers la porte. « Ne m'enferme pas. S'il te plaît. »
Blaine pouvait sentir sa peur, un parfum douceâtre qu'il détesta venant de lui. Mais pour la sécurité de Kurt, il devait s'éloigner de lui. Ignorant résolument sa peur palpable, il déclara : « Tu seras très bien ici. » Il ferma la porte et enclencha le verrou.
Il y eut un bruit sourd comme si quelque chose venait de frapper et de se briser contre la porte. « Espèce de salaud ! »
Quand Blaine ferma et verrouilla la porte, Kurt jeta la première chose qu'il lui passa sous la main un petit pot de poterie. Il se dirigea vers le comptoir en granit et fouilla dans les tiroirs. Il y trouva davantage de bougies de toutes les tailles et de toutes les couleurs, ainsi que des bols et des serviettes. Un mini frigo y était intégré, remplit de bouteilles d'eau et de différentes huiles. Mais rien qui ne puisse l'aider à s'échapper.
Il marcha vers la porte de l'autre côté de la pièce, découvrant une petite salle de bains. Il y avait des serviettes, du savon, du shampooing, une brosse à dents et du dentifrice, et quelques autres articles de toilette. Mais toujours rien qui puisse lui être utile.
De retour dans la chambre, il remarqua contre le mur près du lit, un petit bureau sur lequel se trouvait du papier et des crayons, mais rien d'autre. Absolument rien qui pourrait l'aider à s'échapper ou les forcer à le laisser partir. Mais il devait sortir d'ici. Tina serait folle d'inquiétude, se demandant ce qui lui était arrivé. Finn serait inquiet et en colère. Kurt voulait aider la fillette, vraiment il le voulait, mais il n'avait jamais été en mesure de contrôler ce qui était à l'intérieur de lui. Il avait passé la majorité de sa vie à essayer de le contenir. Non pas que ça lui faisait plaisir. Les gens pensaient qu'il était un monstre. Son grand-père ne l'avait pas accepté. Et à présent, il se retrouvait dans un véritable merdier.
Mais pouvait-il laisser cette petite fille ? Le visage de Sammy apparu dans un coin de son cerveau, son affreuse marque de la mort sur son front. Il frotta sa main sur son visage et grimaça en touchant sa joue endolorie. Une douleur reçue du karma des sorcières.
Une sorcière. Il devait se faire une raison, ne pouvant plus ignorer ou refuser ce fait désormais. Malgré toutes ces nombreuses années à être dans le dénie. Quand il avait touché le faucon de Blaine, il avait pu sentir ce qu'il était et ce que la malédiction lui faisait endurer.
Mais merde, il n'allait pas rester enfermé !
Il étudia la porte. Il y avait une sorte de protection noire au centre d'une plaque de métal. Etait-ce une espèce de capteur ou d'un système de verrouillage à empreinte digitale ? Peut-être qu'il pourrait la débloquer d'une manière ou d'une autre. Tout valait mieux que de rester enfermé dans la chambre. Sa respiration commençait à se saccader et il avait l'impression que les murs se refermaient sur lui. Il devait rester en colère pour se raccrocher à se sentiment. Mais quand il se retourna vers la porte, il sentit la sensation familière d'étouffement qui comprimait sa poitrine. La sensation d'être enfermé à l'écart du monde. Il frissonna, enroulant ses bras autour de lui. Laissez-moi sortir ! pensa t-il désespérément, sentant une vague d'énergie qui se mouvait en lui.
Est-ce qu'il venait d'entendre un clic ? Il se précipita à la porte et essaya de l'ouvrir. Mais elle était toujours verrouillée. Il était enfermé dans une pièce. Un donjon dans un sous sol. La panique le saisit, il haletait de plus en plus, son cœur battant la chamade. Les souvenirs d'être enfermé dans un petit endroit sombre remontaient à la surface. Il gémit doucement, les yeux dardés, les pupilles dilatées par la peur. Il saisit un grand tabouret en métal sous le comptoir et l'éleva au-dessus de sa tête, avant de l'abattre sur le verrou. Un bruit assourdissait se répercuta dans la pièce. Il essaya à nouveau de s'acharner sur la serrure, mais elle tenait bon. Il était toujours enfermé.
Pas moyen, putain.
Il ramassa le tabouret et frappa le verrou encore et encore jusqu'à ce que la douleur se propage dans ses bras.
Il laissa tomber le tabouret, fixant la serrure malmenée mais toujours enclenchée. Il haletait, luttant contre sa claustrophobie. Enfant, quand il avait peur, son faucon apparaissait et enveloppait ses ailes autour de lui, le faisant se sentir en sécurité. Mais il n'y avait pas faucon ici, il n'y avait personne pour l'aider. Le sentiment d'être enfermé lui donnant la sensation que des doigts glacés s'enroulaient autour de sa gorge et de sa poitrine, le serrant. Les larmes glissèrent sur ses joues. Il ramassa le tabouret une nouvelle fois. Oublier la serrure, il allait cogner cette putain de porte jusqu'à ce qu'elle se brise et qu'il puisse en sortir. Il le souleva au-dessus de sa tête.
« Kurt ! » Hurla la voix d'une femme à travers la porte. « Stop ! S'il te plaît arrête. J'ouvre la porte. »
Kurt recula mais garda son emprise sur le tabouret. Il pourrait peut-être assommer la personne et s'enfuir ?
La porte s'ouvrit, découvrant Deirdre et Sammy qui se dissimulait derrière elle. Kurt abaissa le tabouret. Il ne pouvait pas frapper une femme, et sûrement pas devant son enfant. Il ne prendrait pas le risque de blesser la fillette.
« Viens. » Déclara Deirdre. Elle lui tendit la main encourageante. « Il y a une cuisine dans le couloir. Nous allons faire un peu de thé. »
Kurt la dévisagea étrangement. Etait-ce une sorte de pièce ? « Où est ce qu'il est ? »
« Blaine n'est pas là. » Deirdre entra dans la pièce et lui offrit à nouveau sa main. Elle regarda son visage strié de larmes et s'empara de son poignet. Quand elle se retourna vers lui, ses yeux étaient sincères avec une lueur de culpabilité. « Je t'ai vu sur les caméras, mais je ne suis pas arrivée à temps. Ta main est enflée. Viens, on va y mettre un peu de glace. »
TBC
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