Disclaimer: Même si je les utilise à mon escient, l'univers, ainsi que les personnages de TIGER&BUNNY, appartiennent à Keiichi Satô & Masakazu Katsura.
Note : Cette fanfiction se déroule quelque temps après l'anime. De ce fait, avoir vu ce dernier est primordiale si vous voulez comprendre le récit. Il est donc inutile de préciser qu'il y aura du spoil !
Bêta-Lectrice : Sayuri-Geisha, ma Siamoise pour les intimes (que je remercie énormément pour tout le travail qu'elle fait !).
Comme vous pouvez le voir, je poste ce chapitre immédiatement après le prologue. Même si je suis consciente que le fandom de Tiger&Bunny n'est pas énorme en France, j'espère que le peu de curieux prendront plaisir à lire ce chapitre. Bonne lecture à vous !
Chapitre I : Un nouveau commencement
La saison hivernale s'en était allée depuis quelques semaines déjà, emportant avec elle son froid glacial et ses couleurs ternes. Le ciel, d'un bleu habituellement pâle, se drapait de nuages aussi gris que les bâtiments de la ville. Avec leurs pierres cendrées, rien ne les différenciait les uns des autres, si ce n'est que certains avaient en leur possession d'immenses écrans sur les murs, diffusant alors en boucle le même programme télévisé : Hero TV.
La chaîne en question retransmettait en direct les péripéties de plusieurs personnes vêtues de déguisements plus ou moins originaux. Parmi elles, une jeune femme habillée d'un costume bleu et blanc, semblait mise à l'honneur ce jour là. La caméra ne la quittait pas de l'objectif, et les remarques du commentateur fusaient avec une rapidité impressionnante.
Bien que la tenue plutôt sexy de la concernée savait mettre en avant ses formes avantageuses, les spectateurs familiers de l'émission connaissaient aussi les autres atouts de cette demoiselle.
- Mais qui est cette gourgandine ?! s'offusqua un homme, accoutré d'un banal imperméable gris.
- Surveillez vos paroles ! répondit l'individu à côté de lui
Le premier se tourna vers le second, interloqué. Ce dernier resta figé sur l'écran géant accroché à l'immeuble. L'attention portée à cette émission rimait avec « adoration » et « fascination ». Et c'est uniquement quand la publicité retentit, que le spectateur, moins captivé, posa le regard vers l'homme en gris. Finalement ce n'était qu'un fan aveuglé par sa passion.
- Cette jeune fille n'a rien d'une « gourgandine », dit simplement l'auditeur d'un ton sec, voire un brin hautain.
- Pourtant quand on voit la tenue qu'elle se trimbale, il est difficile de croire qu'elle est du genre prude et sage, lança l'énergumène au manteau d'une voix fluette, à la limite agaçante.
- Vous êtes nouveau dans le coin, non ? questionna calmement le téléspectateur, refusant d'entrer dans le petit jeu de son interlocuteur.
- C'est exact, c'est peut-être pour cela que je ne comprends pas tout cet engouement vis-à-vis de ce drôle de programme.
- Il n'y a rien à comprendre de toute façon. Ce « programme », comme vous le nommez si bien, nous prouve que, quoiqu'il arrive, nous pourrons toujours compter sur « eux ».
- « Eux » ?
- Les Héros, voyons !
- Vous appelez ces gens des Héros ? demanda l'homme en gris, dans un air à moitié sceptique.
- Oui. Ce sont des Héros, des vrais ! s'exclama le fan.
- Je vois...
- Et Blue Rose, votre « gourgandine », reste l'une des héroïnes les plus populaires de Hero TV !
- Tiens donc, quelle étrange surprise.
L'individu au vêtement morne adressa un drôle de sourire à son destinataire. Malgré le brouhaha incessant de la foule, un énigmatique silence s'installa entre eux. Une poignée de secondes plus tard, il se transforma en un mur d'incompréhension malsaine à l'égard du passionné.
- Sur ce, monsieur, je vais vous laisser regarder en paix votre télé-réalité, conclut l'étrange personnage.
Le spectateur n'ajouta rien de plus, et laissa ce drôle de bonhomme reprendre sa route, persuadé que ses curieux discours n'en valaient pas la peine.
Se mêlant banalement à la foule de passants, l'homme au manteau gris ne put s'empêcher de sourire en se remémorant la bêtise humaine. En vingt ans, elle restait bel et bien la même : naïve et aussi manipulable qu'une poupée de chiffon.
Alors que l'émission battait son plein avec ses péripéties sensationnelles, la tête du mystérieux personnage se leva vers un des imposants téléviseurs de l'immeuble d'en face. Et dans une élocution énigmatique, ses lèvres chuchotèrent la phrase suivante :
- Enchanté de te rencontrer... Barnaby Brooks Jr.
Et il partit pour de bon, laissant derrière lui la télévision afficher une armure rouge et blanche en pleine course-poursuite.
« Monsieur J. Howards,
C'est avec la plus grande insatisfaction que je vous fais part du décès de monsieur Maverick Albert.
Survenue brutalement en ce mois de décembre, les causes de sa mort restent cependant logiques : selon les médias, le terrifiant anti-héros, Lunatic, aurait mis fin à ses jours.
A la base, il devait croupir à vie en prison, grâce à l'intervention des acteurs de Hero TV.
Cet homme n'était peut-être pas le bon, finalement. Après tout, il restait persuadé que sa marionnette ne découvrirait jamais la vérité. Voyez-vous de qui je veux parler ? Barnaby Brooks Jr. Le héros le plus populaire de ces dernières années !
Je m'en remets à présent à vous. Mais ne vous laissez pas duper aussi facilement, je vous prie. Je pense que notre société rencontre des difficultés croissantes. C'est pourquoi, il vaudrait mieux que vous restiez sur vos gardes et élaboriez un plan méticuleux et fructueux.
Avec mes sincères salutations. »
Une vingtaine. Peut-être même plus.
Aiden J. Howards, le récepteur de cette lettre, ne comptait même plus le nombre de fois où ses yeux s'étaient attardés sur les quatre paragraphes qu'elle constituait.
D'un geste distingué, il posa la missive sur son bureau, un meuble imposant et sophistiqué. Il saisit ensuite une tasse en porcelaine, la remplit d'un liquide verdâtre de sa main gauche, y trempa ses lèvres, puis soupira de satisfaction.
Ce thé s'avérait bien meilleur que celui qu'il buvait, jadis, au bureau.
Depuis que l'avis de décès de Monsieur Maverick était tombé entre ses mains, Aiden comprit alors qu'il fallait démissionner pour mener à bien sa mission, sans obstacles futiles. La société d'Ouroboros ne semblait pas réellement affectée par la mort d'un de leurs compères, mais plutôt déçue, voire frustrée. Elle devait sans doute ressentir de la honte, étant donné qu'une organisation criminelle n'appréciait jamais d'apprendre qu'un des leurs s'était fait bêtement avoir. En plus d'être humiliant, cela remettait en cause leur trafic et leurs plans.
« Mais cette fois-ci, pensa Aiden, l'échec ne sera pas permis ! »
On frappa à la porte.
- Entre ! s'exclama l'homme, comprenant de qui il s'agissait.
Le mystérieux personnage à l'habit gris pénétra alors dans la pièce. Son sourire narquois s'afficha au même moment qu'Aiden poussa un soupir de satisfaction. Ce dernier l'invita à s'avancer d'un signe de main, ce qu'il fit sans un mot. Il retira néanmoins son manteau avant de s'exécuter.
Il ne portait alors plus qu'un petit gilet sans manche de couleur pourpre. Ses bras, cachés par les manches de sa chemise, jouaient sur le contraste du premier vêtement, mais donnaient tout de même un air sophistiqué au nouvel arrivant. Enfin, son pantalon arborait la même couleur que la petite veste.
- Tu es toujours à l'heure à ce que je vois, débuta Aiden en ayant gardé un sourire énigmatique. C'est plaisant de te retrouver, Ascelin !
- J'ai fais aussi vite que j'ai pu. Ce n'est pas ton genre de me contacter à la va-vite, commenta le dit Ascelin, en ajustant ses boutons de manchettes.
À bien l'observer, Ascelin semblait plus jeune d'un an ou deux qu'Aiden. Quelques mèches de sa coiffure chocolat tombaient sur ses yeux de même coloris. Son regard, empli d'une lueur humble et douce, se concentrait sur les manchettes qu'il réajustait à ses poignets frêles. Sa corpulence, avantagée par sa tenue actuelle, renvoyait à l'Apollon du Belvédère : le corps mince, les hanches étroites, et les jambes longues et fines... Il respirait la vitalité !
- En effet, reprit Aiden. En fait, c'est parce que le « boss » m'a contacté.
- Le Boss ? Celui d'Ouroboros ?
- Oui, ce boss là. Je n'en ai pas d'autre à ma connaissance, plaisanta-t-il en adoptant une mine réfléchie.
- Hum. Je suppose que ça a un lien avec ce vieux croûton de Maverick ? persifla Ascelin.
- Tu es plutôt malin.
- Oui. Il faut dire que les médias nous ont bien bassinés avec sa mort. Et comme il était, en quelque sorte, notre complice, j'ai tout de suite compris que tu serais le premier informé.
- Je vois. Modère quand même tes paroles, les murs ont des oreilles, conseilla le plus âgé.
- Voyons, pas ici ! D'ailleurs, je remarque que tu as pris le temps de refaire la déco.
En effet, l'intérieur de la pièce sortait de l'ordinaire. La première chose qui frappait l'œil en entrant, n'était autre que le bureau immense où se trouvait le propriétaire. Les murs bénéficiaient d'une tapisserie vert-bouteille. Et à chaque coin de la salle reposaient des posters rouges et noirs avec un Ouroboros brodé dessus. Leur taille était impressionnante. Mais les plus majestueux demeuraient ceux fixés au mur derrière Aiden, donnant alors la sensation de se retrouver face à un dictateur obsédé par sa soif de conquête.
En observant sur la droite, on apercevait, contre le mur, une bibliothèque aussi imposante que les affiches. Immobile comme toujours, elle contenait des livres reflétant la passion de son possesseur, à savoir des ouvrages traitant de la psychologie humaine, ainsi que des analyses psychanalystes pour le moins douteuses. Ils paraissaient propres, encore neufs.
Monsieur J. Howards n'aimait pas le désordre.
- Il est vrai que j'ai tout remis au goût du jour, confirma Aiden. Tu aimes ?
- J'adore même, avoua son camarade. Par rapport à l'extérieur…, marmonna-t-il cependant dans sa barbe.
Néanmoins, l'homme aux cheveux noir l'entendit, ce qui le fit sourire. Décidément, Ascelin devait apprendre à gérer l'élocution de sa voix.
- Chaque chose en son temps, Ascelin.
- … Hum. Mais tu n'as pas terminé tes explications. D'accord le Boss t'a contacté, ok Maverick est mort. Mais alors, quelle tâche t'a-t-on assigné ?
Pendant que le châtain posait la question à son aîné, celui-ci se versa une deuxième tasse de thé, tout en restant attentif à son ami. Il but une gorgée, histoire de laisser Ascelin dans le doute, et finit par porter ses yeux cendrés sur ce dernier.
- Celle de prendre la relève, formula alors Aiden d'une voix limpide mais sérieuse.
Il n'y eut qu'un silence comme réponse, qui se brisa finalement par le tintement de la tasse en porcelaine. Le jeune homme au gilet étira les lèvres, satisfait de cette annonce.
- Je vois, se contenta-t-il de dire, tout en dégageant une de ses mèches de cheveux.
- Tu dois maintenant saisir la cause de ta venue, non ?
- Pas vraiment, mentit Ascelin, préférant jouir des futurs compliments attendus de la part de son supérieur.
- Vraiment ?
L'homme aux yeux gris, jusque là assis derrière son bureau, déposa soigneusement la cuillère en argent dans sa tasse. Prêt à développer ses idées, il se leva et il joignit ses mains dans son dos. La carrure droite et assurée, tel un colonel s'apprêtant à faire son briefing de mission, il se dirigea enfin vers son coéquipier avec un sourire consolant.
- Et bien, parce que je sais que tu me seras d'une grande utilité pour mener à bien la mission que l'on m'a confié.
- J'en suis honoré, approuva Ascelin, dont la satisfaction se lisait sur son visage.
- Après réception de cette lettre, j'ai préféré quitter mon travail. Du moins, le job qui me servait à couvrir mes véritables activités.
- Tous les membres de l'organisation font ça. Du moins, les plus influents.
- Sans doute.
- Et en quoi se résumera ma tâche ?
- A utiliser ton pouvoir.
La dernière phrase retentit comme un coup de tonnerre. Les deux hommes s'échangèrent un regard commun : un regard empli de malice et de fourberie. Aiden gardait tout de même une expression humble et discrète, à l'inverse d'Ascelin, dont le sourire parvenait maintenant jusqu'aux oreilles. Les deux disques de bronze de ce dernier brûlaient à présent d'une flamme ardente de mesquinerie.
- Ça fait plaisir d'entendre ça ! se réjouit l'homme au gilet pourpre.
- Cependant…, l'interrompit Howards.
- Hum ?
- Tu ne te serviras de ton pouvoir que sur un type particulier de personnes.
Le jeune marqua une pause. Où donc voulait-il en venir ?
- Lesquelles ? questionna enfin Ascelin.
La figure d'Aiden J. Howards afficha une expression triomphante. D'un naturel orgueilleux, il était fier de constater que son fidèle associé lui obéirait toujours quoiqu'il arrive.
- Les gens comme nous, ceux que la société nomment les « Next ».
Les yeux d'Ascelin se plissèrent, mais continuèrent à fixer l'individu d'en face. Il n'avait pas encore bien saisi ce que son ami cherchait à établir.
- Je sais que ton pouvoir de persuasion est très… efficace quand tu le veux, continua Aiden, tout en rajustant le gilet de son partenaire. Nous pourrions faire quelque chose d'immense si nous rallions les Next à notre cause. Surtout si ces surhommes font partis de cette catégorie que les humains, ces êtres insipides, osent appeler « Héros ».
Il conclut ainsi, après avoir plongé son regard captivant dans celui d'Ascelin.
- Je crois comprendre, maintenant, acquiesça le concerné, sans se détourner de la vision qui s'offrait à lui.
L'échange perdura, dans le silence macabre que la salle venait de s'approprier. Ils étaient tous les deux sur la même longueur d'ondes. Des sourires perfides se troquèrent, et ils se mirent au point.
La roue tournait de nouveau.
Note de l'auteur : Et voilà ! Ce premier chapitre présente un autre de mes OC : Ascelin, un personnage que j'apprécie beaucoup avec Aiden. C'est un duo qui a su me donner pas mal d'idées et surtout d'inspirations ! De ce fait, j'espère qu'ils ne vous laisseront pas indifférent tout au long de mon histoire. Et pas d'inquiétudes, nos Héros arrivent au prochain chapitre :). Je vous dis à dans -normalement- deux semaines pour la publication de celui-ci. Bye !
