Salut à vous, j'espère que vous vous portez bien et que vous profitez de vos vacances ! :) Chez moi il fait très chaud, du coup j'envie ceux et celles qui ont la chance de pouvoir se rendre à la plage XD. Sinon, j'ai vu que le compteur de visites sur cette fic était assez élevé et ça me fait vraiment plaisir ! J'espère ne pas vous décevoir !
Sinon, j'ai remarqué que certain titres de mes chapitres s'avéraient trop long pour s'afficher sur ce site, du coup, je risque d'en modifier certain... (Comme le précédent par exemple... grrr !)
Sur ce, bonne lecture ^^
Chapitre VI : Lullaby of Birdland
Le printemps continua sa course sans crier gare, décorant les alentours de sa verdure à l'odeur singulière, et de ses fleurs aux couleurs chatoyantes. Douce saison des amours, qui due, à la fin du mois de juin, faire ses adieux et patienter une année de plus pour revenir, plus radieuse que jamais.
L'arrivée de l'été ne se fit pas prier. Alors que sa chaleur étouffante se faisait maudire par les adultes au bureau, elle était chérie par les adolescents en vacances, voyant cet astre lumineux comme la meilleure excuse pour se rendre à la plage. Cette période savait départager les habitants de la ville. Et les arbres, maintenant bien verts, offraient aux plus acrobatiques, leurs fruits délicieusement juteux et rafraîchissants.
- Dépêche-toi, Karina ! cria une voix enjouée. Cesse donc de rêvasser, nous allons être en retard !
Un peu plus loin se tenait l'interpellée, le regard fixé sur une branche où gazouillaient deux mésanges amoureuses. Ce genre de scènes anodines captivaient de plus en plus l'attention de la jeune femme, probablement fascinée de voir les effets de ce sentiment, exposés avec tant de simplicité.
Ces yeux, grands ouverts, ne cessaient d'observer les deux oiseaux épris l'un de l'autre, et inconsciemment, un petit sourire s'afficha sur ses lèvres. Mais il s'effaça quand le duo s'envola, aussitôt après avoir entendu une voix un peu trop criarde pour eux : celle d'Emily.
- Mais enfin, que fais tu ? On va rater la séance si tu continues à t'égarer je ne sais où ! pleurnicha la brune.
- Pardon, j'arrive !
- Rho, voyons, on a le temps ! se moqua gentiment Jane.
- Ce n'est pas une raison. Non non non ! ironisa Emily.
La Rose retînt un rire face au numéro que lui offraient ses deux amis, et s'empressa de les rejoindre.
Depuis la mésaventure, survenue deux mois auparavant, le trio souhaitait profiter des vacances d'été pour se revigorer. Les examens maintenant terminés, elles pouvaient se voir sans soucis.
Du moins, pour Jane et Emily.
Karina, n'ayant pas pu poser de vacances, pouvaient en effet, être sollicitée à n'importe quel moment pour une mission. C'est pourquoi, elle espérait que cette journée se passe sans encombre, trop effrayée de subir une nouvelle dispute.
Pour leurs retrouvailles, les trois amies s'étaient mises d'accord pour se faire un cinéma. Encore indécises sur le film à regarder, elles s'y rendirent dans la joie et la bonne humeur.
- Je serais bien tentée par un film d'action ! s'exclama la plus excitée du groupe, une fois devant les affiches.
- Et pourquoi pas une enquête policière ? proposa Jane en lisant le programme.
- Ho non, je vais encore m'endormir ! Souviens-toi la dernière fois qu'on a vu un film que tu avais proposé…
- Est-ce de ma faute si tu n'aimes pas réfléchir ?
- J'ai assez réfléchi comme ça avec les examens ! Moi je veux voir ça !
Sur ces mots, Emily écrasa son doigt sur une affiche orangée, où reposait un soldat de guerre, fixant une terre dévastée par un bombardement.
- Oh pitié Emily ! soupira l'étudiante à lunettes. Tous les longs-métrages que tu veux voir se ressemblent !
- Ce n'est pas de ma faute si tu ne perçois pas le génie des films d'actions !
- N'utilise pas le mot « génie » à outrance, s'il-te-plaît !
La brune s'attarda sur Jane. Leur petite dispute taquine prit fin quand la première ne trouva rien d'autre à dire. Qu'à cela ne tienne, elle se vengerait quand l'heure viendrait.
Remarquant que Karina restait muette depuis leur arrivée, les deux jeunes filles la cherchèrent du regard. A leur grande surprise, elles la virent devant un poster représentant un homme et une femme s'enlacer sous un ciel azuré, où voler des oiseaux majestueux. Les lettres, soigneusement bien calligraphiées, formaient un titre poétique au centre de l'image : « Lullaby of Birdland », la berceuse du pays des oiseaux.
- Ce film t'intéresse ?! clamèrent simultanément la joviale et la sérieuse.
- Ça ne va pas de crier ainsi ?! sursauta la blonde. Plus ou moins, pourquoi ?
- Heu, bah, c'est un film à l'eau de rose..., débuta Emily
- Depuis quand les œuvres romantiques t'intéressent ? termina Jane.
Un peu vexée par leurs remarques, la jeune femme rougit involontairement et gonfla les joues, preuve de son mécontentement.
- Je n'ai jamais dis que je détestais ce genre de choses à ce que je sache...
- Bon, que faisons-nous du coup ? demanda la fille aux cheveux foncés, voyant qu'il ne valait mieux pas insister.
- Je pense... qu'il serait mieux qu'on prenne le film de Karina !
A l'entente de son nom, son visage s'adoucit, bien qu'elle ne comprît pas de suite l'initiative de son amie.
- Pourquoi le mien ?
- Cela te gêne ?
- Jane, tu tiens en horreur les histoires d'amour.
- Oui, mais je me dis que s'il te tente, c'est qu'il doit être bien. N'est-ce pas Emily ?
- Ha, heu, oui je présume !
Karina n'arrivait toujours pas à saisir le choix de sa camarade, et malgré son air inquisiteur, celle-ci n'en dit rien.
Peu après avoir payé leur place respective, ainsi qu'un énorme sachet de pop-corn, le trio s'installa sur les fauteuils en plein milieu de la salle. En attendant le début de la séance, elles s'échangèrent quelques mots tout en dégustant le maïs soufflé.
- Et sinon, vous avez des projets pour les vacances ? commença Karina.
- Comment, je ne t'ai pas dis ? Je pars à l'étranger le week-end prochain ! déclara Emily, les joues remplies de pop-corn.
- Vraiment ? C'est super ! Tu y vas seule ?
- Non, j'accompagne ma famille ! Puis c'est à côté de la mer, j'ai hâte !
Elle avala rapidement ce que sa bouche contenait, retournant ensuite la question à ses amies.
- Moi aussi je pars, mais je reste dans le pays. Une amie d'enfance m'a invitée à passer deux semaines en sa compagnie, expliqua Jane.
- C'est cool ça. Et toi Karina ?
La concernée s'absenta un instant dans ses pensées, réfléchissant minutieusement à ce qu'elle devait dire sans éveiller de soupçons. Elle finit par répondre :
- Je reste ici. J'ai trouvé un petit job dans un bar.
Ce n'était pas comme si elle leur mentait entièrement, de toute façon.
- Ha bon ? Alors que tu as travaillé toute l'année ?! Tu as du courage !
- Tu devrais prendre exemple sur elle, Emily.
- Oh ça va !
Riant discrètement, afin de ne pas déranger les spectateurs qui arrivaient, les trois jeunes filles continuèrent leur petite discussion jusqu'au démarrage du film.
Plongée dans le noir le plus total, la salle se fit silencieuse, ne laissant résonner que le son produit par l'écran, affichant plusieurs images et noms d'acteurs plus ou moins célèbres.
Le générique diffusa un morceau jazzy aux intonations romantiques et sensuelles, voulant sans doute donner le ton sur l'ambiance du long métrage.
Ensorcelée par la chanson qui débuta, Karina écarquilla les yeux, et s'abandonna aux paroles qui lui rappelaient quelque chose...
« Oh, la berceuse du pays des oiseaux,
C'est ce que j'entends toujours lorsque tu soupires.
Jamais je ne trouverais les mots pour exprimer
En une phrase ce que je ressens »
Oui, jamais elle ne trouverait les mots qui pourraient expliquer en une phrase, ce qu'elle ressentait à l'égard de Kotetsu. Comment le pouvait-elle ? Elle réfléchit : comment se déroulait une déclaration, après tout ? Fallait-il prévoir et anticiper chaque réaction ? Ou bien fallait-il se lancer sans préparation, en laissant uniquement parler son cœur ? Devait-on rester soi-même, ou au contraire, adopter une personnalité opposée ?
Préférant éjecter ces drôles de questions de sa mémoire, elle secoua vivement la tête, et se concentra sur le film.
Il y a de cela quelques mois, la Rose avait pu constater que les histoires d'amour parvenaient toujours à l'émouvoir, aussi niaises soient-elles. Sans doute parce qu'inconsciemment, elle se sentait concernée par ce genre de choses.
Alors qu'Emily s'endormit vers la moitié, Jane jeta un œil à Karina qui paraissait subjuguée par les images.
« Je vois... », pensa l'élève à lunettes.
La séance se clôtura enfin, invitant les cinéphiles à quitter les lieux. Certains partirent en essuyant quelques larmes, d'autre en échangeant des avis positifs ou négatifs.
Karina se leva de son siège : elle ne pleurait pas, mais elle semblait touchée par cette histoire qui se terminait sur une note remplie d'espoirs.
- Emily ? Emily, réveille-toi ! ordonna Jane, en secouant doucement son amie.
- Comment ? Hein ? Quoi ? marmonna l'endormie avant de se redresser. Ah, c'est terminé ?
- Oui, confirma Karina. Excuse-moi, tu as dû t'ennuyer...
- Mais non ! Enfin, c'est vrai que vers la moitié, j'ai trouvé que ça commençait à traîner en longueur...
- Désolée... Et toi Jane, ton avis ?
- C'est vrai que c'était long, et plutôt niais... Enfin, je pense que seule une fille amoureuse peut l'apprécier à sa juste valeur.
La phrase de Jane sonna comme une remarque qui visait la blonde, cherchant certainement à ce que cette dernière crache le morceau.
La concernée comprit les intentions de son amie. Consternée par ces mots à la fois gênants et indiscrets, Karina fronça les sourcils avant d'ouvrir un nouveau dialogue :
- De quoi veux-tu parler ?
- De rien, de rien.
Ne voulant en dire plus, l'inquisitrice avança de quelques pas. Elle offrit tout de même un conseil :
- Mais je pense que la réalité ne se déroule pas comme dans les œuvres de fictions. De ce fait, si tu ressens quelque chose, dépêche-toi de l'avouer à l'homme que tu aimes car il ne t'attendra pas.
Pensant bien faire, elle reprit sa marche afin de rejoindre Emily, qui était déjà sortie du cinéma.
- Si ça pouvait être si simple, murmura Blue Rose, froissée par cette réflexion mal placée.
Que pouvait-elle en savoir ? C'était triste à dire, mais par moment, Jane l'agaçait. Surtout quand celle-ci revêtait le rôle de la « grande sœur » mature et de bons conseils.
Karina en venait même à la détester en constatant, qu'au final, elle n'avait jamais tort.
La journée s'acheva banalement, dans des conversations sans importance ou en évoquant des projets faramineux à faire ensemble. La joviale désirait, ainsi, passer un week-end dans le plus grand parc d'attraction de la ville, tandis que la distinguée souhaitait partir en camping.
L'héroïne, quant à elle, voulait simplement rester en leur compagnie, qu'importe l'endroit où elles se rendraient, mais cette réponse ne les satisfit qu'à moitié.
Les jours suivants, elles profitèrent l'une de l'autre tranquillement, et Jane ne relança pas le sujet de l'amour à Karina.
La semaine suivante, comme prévu, les deux étudiantes quittèrent Stern Bild pour quelques jours, abandonnant la blonde à son statut d'héroïne.
Étrangement, les criminels se montraient moins nombreux en cette période de l'année. De ce fait, les journées des héros s'avéraient vides et inintéressantes, leur offrant alors la possibilité de prendre, eux aussi, des vacances bien méritées.
Un jour, après une petite mission, Nathan engagea une discussion avec Karina.
- Que fais-tu demain, ma chérie ? demanda celui-ci, tout en rangeant ses affaires dans le coffre de sa voiture.
- Demain ? Rien de spécial, pourquoi ?
A l'entente de cette réponse, le travesti baissa vigoureusement le coffre de son véhicule pour le fermer. Un sourire mielleux se dessina sur son visage, et la Rose fut persuadée de voir, l'espace d'un instant, une flamme ardente crépiter violemment dans ses pupilles.
- Alors, tu ne peux refuser ma proposition ! reprit-il, d'une voix nasillarde.
- Heu, quelle proposi...
Avant même de finir sa phrase, la jeune femme sentit le bras de son collège s'enrouler vivement autour de ses épaules. En observant l'expression mystérieuse de Fire Emblem, le visage de Lyle se décomposa. Elle n'aimait pas ce regard.
- Tu dois savoir qu'en été, les soldes sont de la partie ! s'enthousiasma-t-il. De ce fait, que dirais-tu de sortir pour faire un peu de shopping ?
Finalement, elle s'était inquiétée pour pas grand chose, trouvant même la proposition intéressante. Après tout, elle n'avait plus rien d'autre à faire depuis l'absence de Jane et d'Emily, et elle détestait sortir seule.
- Ma foi, pourquoi pas ?
- Tu acceptes ?!
Étonnée par cette question, elle arqua un sourcil.
- Hum ? Je ne devrais pas ?
- Si si, justement !
« Justement ? » répéta-t-elle dans sa tête. Où donc voulait en venir Seymour ? De nouveau perplexe, une moue soupçonneuse s'afficha sur sa figure, dévisageant son ami.
- On se donne rendez-vous au centre ville ? Vers treize heures, ça te va ? proposa ce dernier, tout en entrant en vitesse dans sa voiture, comme pour fuir.
- D'accord.
- Alors à demain !
Et il partit sans rien ajouter de plus, laissant une Karina sceptique, et plus vraiment emballée par cette sortie.
Son intuition féminine lui confia l'impression d'anguille sous roche, et qu'elle ferait mieux de rester prudente, surtout avec Nathan.
Dans les quartiers animés de la métropole, les civils profitaient du bon temps pour se promener dans les alentours. Qu'ils soient en famille, en amoureux, ou bien seul, rien ne venait troubler leur bonne humeur.
Karina, vêtue d'un mini short et d'une chemise bouffante cintrée, fixait machinalement son portable, convaincue que le temps passerait plus vite ainsi. L'appréhension se lisait sur son visage, car, même si ses plus grandes qualités s'avéraient être sa patience et sa rationalité, l'attitude de Fire Emblem ne cessait de l'inquiéter, la poussant par moment à s'inventer les pires scénarios dans sa tête. Elle savait qu'il cachait quelque chose, et dans ces cas-là, ce n'était pas bon signe.
Néanmoins, elle tenta de se rassurer en se marmonnant qu'elle allait trop loin, et suite à un long soupir, elle leva le poignet et jeta un œil à sa montre.
- Karina ! l'interpella une voix familière.
L'appelée releva la tête, et chercha la source de cette intonation soudaine. Un sourire étonné s'installa sur ses joues, quand elle aperçut Pao-Lin lui faire de grands gestes, tout en la rejoignant.
- Quelle surprise de te voir ici ! déclara l'arrivante.
- Je pourrais en dire autant ! Comment vas-tu ?
- Bien. Très bien, et toi ? Toi aussi, tu es venue profiter des soldes ?
De la part de Dragon Kid, cette question sonnait bizarrement. D'habitude, on devait la traîner de force pour l'amener faire du shopping. En effet, comme tout bon « garçon manqué » qui se respecte, la chinoise tenait en horreur les commerces de mode, et n'aimait pas fouiller pendant des heures dans les rayons d'un magasin afin d'y trouver des vêtements. Féminins et mignons qui plus est.
Pourtant, la blonde écarquilla les yeux quand ceux-ci s'attardèrent sur sa jeune amie : elle portait une salopette qui s'arrêtait mi-cuisses, enveloppant un tee-shirt à rayures bleu et blanc. Ses pieds, quant à eux, se cachaient dans des converses en jean, se mariant sobrement à sa tenue. Certes, cet ensemble n'avait rien de sexy ou de sophistiqué, mais il restait complaisant de voir Pao-Lin ainsi. Cela lui allait à ravir.
- Qu-Quoi ? bégaya-t-elle, intimidée par le regard insistant de son aînée.
- Rien, excuse-moi. Je trouve que cette tenue te va bien ! la complimenta Karina.
Voyant le teint de l'adolescente virer au rouge, la Rose retourna la situation en un rien de temps, en changeant de sujet.
- Sinon, oui, je suis venue pour faire les soldes ! Nathan m'a invitée et...
- Hein ? Comment ça, toi aussi ? coupa Dragon Kid, étonnée.
Un ange passa, laissant les deux jeunes filles dans l'incompréhension. Pourquoi ne leur avait-il rien dit à l'une et à l'autre ? Estimant que se prendre autant la tête pour si peu n'en valait pas la peine, Karina reprit la parole :
- Oui. Toi aussi alors ?
- Oui ! C'est étrange qu'il ne m'ait pas dit que tu serais là ! Enfin, je suppose qu'il n'a pas eu le temps de prévenir, ou un truc du genre.
- Je pense.
- Bon, je vais attendre avec toi si ça ne t'embête pas !
La plus âgée acquiesça et l'invita à s'installer à ses cotés, attendant par la suite, l'arrivée de leur ami qui commença à prendre du retard.
Cinq minutes passèrent.
Puis dix.
Vingt.
Avant que la demi-heure ne sonne, la patience de Karina disparut progressivement, l'invitant à souffler à plusieurs reprises.
- Mais que fait-il ?! Ce n'est pas son genre d'être aussi en retard ! dit-elle en tapotant du pied.
- On l'a peut-être contacté pour une mission ? songea l'adolescente, pas vraiment convaincue.
- On aurait été sollicitées aussi, et puis...
- Pao-Lin ? Karina ? Interrogea soudainement une voix sortie de nulle part.
Les interpellées se tournèrent vers leur nouvel interlocuteur, et découvrirent, non sans surprise, Ivan.
Karina poussa un cri de stupéfaction, tandis que Pao-Lin s'immobilisa, la bouche grande ouverte. Le visage de cette dernière reprit une teinte rougeâtre, virant peu à peu au pourpre, puis au carmin, ce qui attira l'attention du nouvel arrivant.
- Quelle surprise de te voir ici ! s'écria Blue Rose afin de détourner l'attention de ce dernier.
- « Surprise » ? répéta Origami Cyclone. Et bien, c'est vrai que je ne m'attendais pas à te trouver ici, Karina. Par contre, pour Pao-Lin...
- Hein, moi ? s'étonna l'adolescente.
- Heu... Oui ?
Remarquant la mine décontenancée des filles, le jeune homme se tortilla les doigts, et sentit la gêne s'emparer de lui. Par la suite, il inspira longuement, et se lança dans les explications.
- Fire... Non, Nathan m'a contacté hier, débuta-t-il, toujours embarrassé. Il m'a dit que Pao-Lin voulait me parler aujourd'hui et ici même, donc je...
- Ha, j'y crois pas ! hurla la Rose.
Ivan sursauta, et hocha vigoureusement la tête. Son naturel nerveux et timide reprit le dessus lorsqu'il comprit le traquenard dans lequel il venait de tomber.
Dragon Kid, elle, ne bougeait toujours pas, mais sa collègue se doutait bien qu'à la fin de la journée, elle maudirait Fire Emblem.
- Pao-Lin ? tenta la Rose.
- Hein ? Oui ?
- Je crois que Seymour s'est bien moqué de nous.
Suite à cette déclaration, la chinoise rigola nerveusement. Néanmoins, elle ne semblait pas plus énervée que ça. Ou alors, elle cachait bien son jeu. Karina éjecta la deuxième possibilité de son esprit, car s'il existait bien une chose qui faisait le charme de Dragon Kid, c'était sa sincérité impulsive.
Au final, peut-être que celle-ci ne maudirait pas le travesti.
- Je vais vous laisser, suggéra Karina en leur tournant le dos.
- Tu es sûre ? demanda Pao-Lin.
- Oui, oui ! Je risque de plus vous déranger qu'autre chose.
- Veuillez m'excuser, mais je ne comprends plus rien..., avoua Ivan, complètement perdu.
- Laisse Ivan, laisse ! Et si on se promenait un peu ? proposa l'adolescente.
- Oui, allez-y ! insista la jeune femme. Moi, je vais faire les magasins.
- Hum. Bon très bien. A plus tard, peut-être, dit le jeune homme en s'éloignant avec Pao-Lin.
Blue Rose accéléra le rythme de ses pas, chamboulée par ces événements. Finalement, Fire Emblem avait bel et bien préparé quelque chose, et elle comprit alors que le même schéma ne tarderait peut-être pas à se reproduire dans son sens, avec Kotetsu remplaçant Ivan. S'il s'agissait vraiment du plan de son ami, elle risquerait de se montrer moins compatissante que Pao-Lin.
Manipulée par la colère et la réflexion, ses pas se firent plus grands et rapides, oubliant de ce fait ce qui l'entourait. Que devait-elle faire, à présent ? Rentrer et ignorer la probable venue de Kotetsu, ou bien rester en ville et trouver Seymour pour lui crier dessus ? Elle se stoppa, porta la main à son menton, et ferma les yeux afin d'y réfléchir plus calmement.
Cependant, une main se posa sur son épaule, l'expulsant par la même occasion de sa méditation.
- Karina ! Je te cherchais partout, s'égosilla une voix nasillarde.
- TOI ! cria l'héroïne en reconnaissant Fire Emblem.
- Moi ? répliqua-t-il naïvement.
- Tu me cherchais ? Ne te moque pas de moi, Seymour ! Et Ivan, tu le cherchais aussi ?
Sa voix se laissa emportée par la colère, la rendant plus aiguë. Elle paraissait furieuse, complètement déboussolée, et évidemment apeurée de se retrouver nez-à-nez avec Wild Tiger, à tout instant. Nathan sourit en la voyant ainsi, ce qui décontenança Karina.
- Ne me dis pas que tu as aussi invité Kotetsu ?
- Ce n'est pas ce que tu voulais ?
- Bien sûr que non !
- Petite menteuse, ton visage m'indique le contraire.
Devant ses taquineries, Karina adressa à Nathan des petits gémissements agacés, ce qui le fit rire. Il adorait taquiner son amie quand l'occasion se présentait.
« Quel gâchis de voir une aussi belle femme hésiter comme ça ! » se murmurait-il souvent à lui-même.
- Ma vie sentimentale ne te regarde pas ! protesta la blonde.
- Et toi, tu ne devrais pas me prendre au sérieux. Je ne l'ai pas contacté, ton Tigre préféré ! plaisanta le travesti. Pour être honnête, j'ai préféré m'en tenir à Ivan.
- ... Et pourquoi ça ? questionna-t-elle après un bref silence.
- Je ne sais pas, je savais que ça se passerait bien pour ces deux là. Ne les trouves-tu pas mignons ?
- Là n'est pas le sujet, Nathan.
- Oh que si, Karina. Le sujet reste le même !
Son intonation retentit méchamment, et plus grave que d'habitude, ce qui fit sursauter la jeune femme. Avec un sentiment d'incompréhension au fond de la gorge, elle ouvrit grand les yeux, recula d'un pas, et fronça les sourcils. Qu'est-ce qui lui prenait, tout à coup ?
- Que veux-tu dire ?
- Pao-Lin est amoureuse. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Et même si elle n'a pas encore avoué ses sentiments, elle arrive à prendre des initiatives, contrairement à toi.
C'était le pompon ! Voilà qu'à présent, Fire Emblem se permettait de lui donner des conseils en la mettant dans le même panier que Dragon Kid.
D'abord Jane, maintenant lui. Et qui serait le prochain, après ? Antonio ? Barnaby ? Agacée qu'on lui dicte toujours ses actes, la fureur s'empara d'elle :
- Écoute Seymour, sache déjà que je ne suis pas Pao-Lin, et que je fais les choses comme je l'entends. Qui plus est, ta tendance à t'occuper de mes affaires commence sérieusement à m'énerver! Que veux-tu que je fasse ? Que veux-tu que je dise ?! Ce n'est pas si simple. Je ne veux pas... non, je refuse de faire une erreur en lui avouant si vite ce que je ressens !
Ses paroles s'évadèrent de ses lèvres à une vitesse affolante, tels des oiseaux quittant leur cage étouffante. Ce discours, prononcé si rapidement, la força, à la fin, à régulariser son souffle tant bien que mal.
Le héros, lui, ne répondit que par un soupir, afin de laisser le temps à sa collègue de se calmer.
- Tu fais déjà une erreur en t'attardant autant, risqua-t-il. Il va finir par te passer sous le nez si tu attends qu'il fasse le premier pas.
Les paroles de Fire Emblem eurent le même effet qu'une gifle.
Perturbée par la tournure de la conversation, Karina posa la main sur son visage, les nerfs à vifs. Apercevant cela, son ami s'avança avec prudence, et glissa doucement le dos de son index sur sa joue, lui offrant une caresse rassurante.
- Je ne cesse d'y penser, avoua l'amoureuse. Plus les jours passent, et plus l'envie de me lancer devient présente. Mais la peur me ramène constamment à la raison. Mince, regarde-moi Nathan ! Je suis plus jeune que lui !
- L'amour n'a pas d'âge, tu sais.
Insatisfaite de cette réponse, Karina poussa un énième souffle plaintif.
- Et puis, tu préfères rester à jamais dans le doute ? se rattrapa le conseiller.
Réplique pertinente de sa part. Toutefois, ce n'était pas le genre de l'héroïne de vivre dans l'espoir et de se bercer d'illusions. Elle lui adressa alors un "non" catégorique en guise de réponse.
- Tu as sans doute raison, se contenta-t-elle de dire, après avoir baissé le regard.
- Je ne veux pas te forcer, sache-le. Je souhaite juste te mettre en garde, ma chérie.
- Je sais, je sais. Et je t'en remercie. C'était donc ça, la raison de ton invitation ? Pour me conseiller?
- Oui, et je voulais aussi que tu vois le comportement de Pao-Lin vis-à-vis d'Ivan, en espérant que ça t'ouvre les yeux justement.
- Hum...
Remarquant la mine pensive de son amie, les lèvres pulpeuses du travesti s'allongèrent progressivement, et il ajouta ensuite :
- Et je voulais également profiter des soldes, cela va de soi !
L'atmosphère se détendit rapidement, invitant alors les deux collègues à se réconcilier autour d'une après-midi shopping.
Cependant, Karina ne cessa d'effectuer plusieurs entretiens avec sa conscience, ressassant les mots de Nathan. Ce discours, certes, douloureux à entendre une seconde fois en si peu de temps, l'avait tout de même motivée à faire des efforts.
Elle prit alors une décision : elle se confesserait bientôt auprès de Kotetsu.
Note de l'auteur : Et voilà ! Décidément Karina a du mal avec ses sentiments xD Mais je voyais bien Nathan intervenir tôt ou tard, d'où le fait qu'il (ou elle? Je ne sais jamais quelle personne utiliser avec lui... ou elle... Rhaaaa !) soit là :) Désolée si vous trouvez que les choses se déroulent trop lentement pour le moment, mais je suis comme ça, j'aime prendre mon temps sur les actions afin de développer au maximum la psychologie des personnages. Un peu de patience, et l'histoire prendra très bientôt un nouveau tournant ! ;)
A très vite !
