Ce n'est que plus tard dans la journée que le manoir Wayne commence à revenir à la vie, bien que son majordome soit debout depuis les aurores malgré la nuit très agitée.

C'est Bruce qui sort le premier des bras de Morphée. Ses habitudes à dormir très peu malgré la rudesse des patrouilles l'avaient habitué à très peu se reposer. Avec un mal de tête toujours aussi conséquent, il se lève. Ses points de sutures et autres coups qu'il a reçus cette nuit se rappellent à lui dans ce mouvement et le font grimacer.

Doucement, il sort de sa chambre et, par réflexe, se dirige automatiquement vers celle de son protégé. Il entre dans la chambre de Dick après avoir frappé trois coups sur la porte pour prévenir. Il le retrouve endormi dans son lit, un bandage entourant sa tête mais le visage assez serein, signe qu'il ne souffre pas dans son sommeil.

Discrètement, il sort de la pièce, le laissant ainsi se reposer puis se dirige vers la chambre dans laquelle se trouve la jeune Kate, et là, surprise !

Elle n'est pas dans la pièce.

Pensant s'être trompé de pièce, il fait les autres chambres du couloir mais non, rien.

Peut-être Alfred s'occupe-t-il d'elle ? Pour le savoir, il descend en bas.

Alfred : Vous êtes vraiment quelqu'un de très résistante mademoiselle. Vous êtes quand même tombée de la tour Wayne qui fait plus d'une quarantaine d'étages !

Kate : Je le sais Alfred, et croyez-moi, je n'en reviens toujours pas. Mais c'est sûrement à Batman que je dois le fait que je n'ai que quelques os brisé et un mal de tête d'enfer.

Alfred : Comment cela ?

Kate : Son grappin Alfred. Quand la bombe du Joker a commencé à chuter avec moi au bout d'une des cordes, j'ai bien cru que mon heure était fini Alfred, et j'ai eu la peur de ma vie. Mais, vers la moitié de l'immeuble, quelque chose a momentanément arrêté la chute, et en levant la tête au moment même où je retenais la corde de toutes mes forces pour ne pas finir par terre, je l'ai vu. Avec cette chauve-souris sur le bout du grappin, c'était lui Alfred, il a permis à cette bombe de ne pas s'écraser de toute cette hauteur. Le fait que l'engin explosif ait été retenu à mi-hauteur m'a permis de m'en sortir. J'ai été amoché oui, mais bien moins que s'il n'avait rien fait. Je vais devoir le remercier mais je suis sûre que Monsieur Wayne pourra m'y aider.

Alfred : Comment cela mademoiselle ? Monsieur Bruce n'a rien à…

Kate : Je suis au courant Alfred, cela ne sert à rien d'en dire plus.

Bruce est sous le choc d'entendre cela mais, au fond de lui, il savait qu'elle finirait bien par le découvrir un jour ou l'autre, surtout depuis qu'elle fréquentait Dick.

Il entre alors à la vue des deux autres. Il les retrouve dans le salon, Kate installée dans le canapé, une jambe dans le plâtre, bien droite à cause de ses côtes brisées et sa tête enrubannée à cause du violent choc reçu mais qui, heureusement, ne l'avait pas plongé dans le coma. Elle était solide la petite. Et Alfred, debout devant elle, blanc comme un linge.

Bruce : C'est bon Alfred, ce n'est rien.

Alfred : Maitre Bruce, vous ne devriez pas être déjà debout, il vous faut vous reposer !

Bruce : Si moi je dois me reposer, alors elle aussi mais comme je pense que nous allons avoir besoin de parler, pas la peine de vous fatiguer cher ami. En attendant, je prendrais bien un café si cela ne vous dérange pas.

Alfred (soufflant de dépit) : Ben sûr que non Monsieur, je vous amène cela tout de suite, mais je vous en prie, asseyez-vous.

Bruce : Bien Alfred.

Et le majordome se retire dans la cuisine alors que le milliardaire s'installe à son tour dans un des fauteuils du salon, juste en face de Kate qui se trouve dans le canapé.

Bruce : Puis-je te faire une telle confiance ?

Kate (souriant doucement) : Dans la mesure où je ne vois pas de journalistes ou de paparazzis partout autour du manoir, ou même la police en train de fouiller les lieux… je pense que le fait de n'avoir rien dit depuis que je suis réveillée, peut vous prouver que vous pouvez me faire une telle confiance.

Alfred : Votre café Monsieur.

Bruce (prenant la tasse): Merci Alfred. Touché. Mais comprends-moi, l'importance de tout cela…

Kate : Je ne suis certes qu'une collégienne un peu étrange mais je suis aussi quelqu'un de responsable Monsieur Wayne. Il m'est facile de comprendre quand quelque chose doit être protégé. Le secret de l'identité de Batman est un de ce genre. Je ne fais pas ça que pour vous ou pour Dick. Je fais aussi ça pour l'espoir de Gotham. Je vis ici depuis ma naissance, je suis née ici, j'ai grandi dans cette ville et j'aimerais continuer à vivre dans cette ville avec l'espoir que Batman y a fait naître.

Bruce : Lequel ?

Kate : Celui d'une ville où le mal et la corruption ne font pas la loi. Ce sont nous, habitants de Gotham, qui devons choisir ce que nous voulons de mieux pour notre ville. Mais pour cela, nous avons besoin de quelqu'un qui nous donne, chaque jour et chaque nuit, l'espoir que cela est possible et la force ainsi que la volonté de faire bouger les choses dans le bon sens. Et ce quelqu'un, c'est vous Bruce, ou plutôt c'est celui que vous avez créé pour représenter cet espoir. Pas celui d'un riche milliardaire philanthrope et coureur de jupons qui chercherait à gagner en popularité etc… non, c'est celui d'un justicier qui fait régner la loi et l'ordre dans cette ville sans pour autant avoir recours au meurtre. Certes, vos méthodes ne sont pas exactement… des plus douces mais qu'importe, vous ne franchissez pas la ligne jaune bien que le meurtrier de vos parents n'ait pas hésité à le faire. Et c'est là que je vous admire Monsieur Wayne. J'admirais déjà Batman pour l'espoir qu'il donne à Gotham car j'ai vu les mentalités changées. Mais, maintenant que je connais le visage sous le masque et l'histoire de celui qui se cache derrière le masque, je suis encore plus admirative.

Bruce : Je… te remercie pour ta franchise, et pour tes paroles. Je vois que tu as compris l'importance de ce que je fais de « mes nuits » et je veux te faire confiance mais, pardonne-moi si je suis un peu dubitatif. Il est très rare que je fasse une telle confiance à quelqu'un.

Kate : Je comprends, vous pouvez faire tout ce qu'il vous plaira pour… vous assurez que je ne dise rien et que je tienne bien parole. Mais s'il vous plait, pas de caméras chez moi et encore moins dans ma salle de bain, je tiens quand même à mon intimité et puis… je ne suis pas sûre que ma mère apprécie.

Bruce : Je te remercie, je ne suis pas certain d'avoir à aller jusque-là mais il se peut que parfois, tu retrouves des traceurs ou des micros sur toi.

Kate : J'accepte mais, pour les micros, prévenez-moi au moins. Imaginez si je parle de quelque chose de personnel ou même que je doive me rendre dans les toilettes des dames, je préfèrerais pouvoir le couper quand même, histoire de pudeur comprenez.

Bruce (souriant malgré-lui) : C'est dit franchement au moins. Très bien, je te préviendrai. Je te remercie aussi Kate. Rien ne t'oblige à faire tout cela et je ne tiens pas à ce que le fait que tu connaisses Batman s'ébruite car je ne veux pas que quelque chose t'arrives par la faute de Batman donc rien à ce sujet à personne, compris ?

Kate : Oui Monsieur.

Bruce Pas de questions sur quoi que ce soit en rapport avec ça, pas de discussion à ce sujet avec Dick et surtout, pas de discussion de ce genre au téléphone ou à l'école, compris ?

Kate : Parfaitement Monsieur Wayne. Mais vraiment aucune question ? Même pas des toutes petites, à Dick au moins sur son rôle de Robin ?

Bruce : Je ne peux pas t'empêcher de demander, mais ces questions se poseront en ma présence, ou en celle d'Alfred. Si je dis non, pas de réponses et pas d'insistance. Compris ?

Kate : Oui Monsieur, merci.

Bruce : Quand les années passeront et si toi et Dick êtes vraiment fait l'un pour l'autre, alors les choses changeront-elles peut-être, mais en attendant, black-out sur tout ça. C'est pour te protéger que je fais ça.

Kate : Et pour protéger Batman afin qu'il puisse protéger Gotham. J'accepte ce sacrifice Monsieur Wayne. Ne vous en faites pas.

Bruce : Je te remercie. Je vais aller voir si Dick est réveillé. Ensuite, nous irons faire un bilan en bas. A tout de suite.

Kate : D'accord Monsieur Wayne.

Et c'est tranquillement et plus apaisé qu'auparavant que Bruce remonte à l'étage pour aller voir Dick. Ce dernier est toujours endormi dans son lit mais il était temps pour lui de se lever sinon, il serait décaler et ne dormirait pas de la nuit qui allait arriver.

Bruce : Dick, réveille-toi mon grand. Il est l'heure de se lever.

Dick : Mmmm…

Bruce : Aller, courage mon grand. Ouvre les yeux, ça ira mieux.

Dick (ensommeillé et avec une voix pâteuse) : Bruce ?

Bruce : Aux dernières nouvelles, c'est moi.

Dick : C'est le matin ?

Bruce : Plutôt le début d'après-midi. Il faut te lever sinon tu ne dormiras plus ce soir.

Dick : Mmm… D'accord.

Bruce : Aller, je t'emmène.

Et, sur ce, le plus vieux aide le plus jeune à sortir de son tas de couvertures avant de le prendre dans ses bras – tout en faisant attention au bras cassé du plus petit – avant de prendre le chemin du salon.

Bruce : Une surprise t'attend dans le salon.

Dick : Une surprise ? Quelle surprise ?

Bruce : Regarde par toi-même.

Dick : Mm ? Kate ?!

Kate : Coucou Dick.

Dick : Mais qu'est-ce que tu fais debout ? Tu devrais être en train de te reposer ou au moins allonger ou…

Bruce : Du calme Dick, tout va bien. Le fait qu'elle soit là à te parler devrait te soulager. (S'adressant à Kate) Pour tout dire, Alfred et moi craignions que ta blessure à la tête ne te plonge dans le coma mais tu es vraiment résistante.

Kate : C'est aussi ce qu'Alfred m'a dit plus tôt. Je suis un vrai Rock.

Dick : Ah bah carrément. J'suis épaté.

Alfred : Ah, maitre Dick, vous êtes réveillé. Je vais de ce pas vous préparer un petit déjeuner – tardif certes – mais manger vous fera du bien.

Et sur ce, il retourne aussitôt à la cuisine qu'il venait de quitter laissant les trois dans le salon.

Dick : Est-ce que ça va ? Tu n'as pas trop mal ?

Kate : Si bien sûr mais pas autant que si j'étais morte.

Bruce : …

Dick : …

Kate : Ok mauvaise blague, désolée, j'essayais l'humour mais je ne suis pas toujours douée. Sinon, oui j'ai mal mais grâce aux antidouleurs, je supporte assez bien. Et toi ? (en s'adressant à Dick)

Dick : Ça va. J'ai mal à la tête et dans presque tout le reste de mon corps mais c'est supportable.

Kate : Tu as l'habitude après tout.

Dick : Ah, tu t'en souviens.

Bruce : Se souvenir de quoi ?

Dick : Et bien… Elle…

Kate : Ne passons pas par quatre chemins. Dick, je suis au courant pour l'identité de Batman en tant que Bruce Wayne. Bruce, je suis au courant de tout cela en partie parce que j'ai surpris Dick, hier pendant la fête de la musique, en train de se changer en costume de Robin.

Bruce et Dick (en même temps) : QUOI ?!

Bruce : Bien, je comprends mieux maintenant. Mais, de toutes façons, tu es au courant donc ça ne change pas grand-chose.

Dick : Je suis désolé Bruce.

Bruce : Ce n'est rien Dick. Je m'attendais à ce que cela se produise un jour, mais heureusement, c'est quelqu'un en qui nous pouvons avoir confiance pour ne rien dire donc ça ira. Kate ?

Kate : J'ai juré de ne rien dire et vous avez mes raisons donc je n'ai rien à ajouter. (Se tournant vers Dick en lui prenant la main) Ne t'en fais pas Dick, ça ne change rien entre nous. Hors mis le fait que maintenant, je saurais pourquoi tu ne seras pas en cours certains jours.

Et rien que cela suffit à faire rire Dick, qui entraine le rire de Kate et les laisse tous les deux hilares devant un Bruce souriant et un Alfred interrogatif avec son plateau dans les mains.