Voilà déjà la suite (un peu plus longue)! Cette fois on rentre dans l'intrigue... Mais pas complètement. Je vous livre les infos au compte gouttes!
Je vous remercie une fois de plus pour vos reviews, ça me fait très plaisir.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 5 : Comme une grande famille.
Sarah et Tim riaient de bon cœur. Le roman de McGee était loin d'être comique, loin de là même, mais Elizabeth s'était absentée et Sarah en profitait pour caricaturer cette femme qu'elle n'appréciait guère, ce qui avait déclenché les rires de McGee qui n'en pensait pas moins. Il s'était rapidement entendu avec Sarah, et cela l'avait bien soulagé. La discussion s'était faite sans problème avec elle, et il appréciait sa compagnie davantage que celle d'Elizabeth, ce qui le ravissait car c'est avec Sarah qu'il allait passer le reste de son séjour en France.
Ils s'étaient rapidement attelés à la traduction de Deep six, et ça allait bientôt faire deux heures que les deux jeunes gens travaillaient d'arrache pied. Ils venaient d'un commun accord de mettre leur cerveau sur pause pour quelques minutes en se lançant dans de pareilles imitations. Après plusieurs minutes à rire, afin de mieux profiter de cette pause et ne pas culpabiliser à la vision de leur travail entamé et laissé inachevé sur le bureau de Sarah, celle-ci lui proposa de lui faire découvrir la machine à café.
Ils traversèrent les couloirs tout en poursuivant leur conversation et se rendirent donc vers cet endroit qui, contrairement à ce que McGee avait imaginé, ne se limitait pas à une simple machine à café. Des chaises étaient disposées autour de quelques tables, et on trouvait également entre plusieurs plantes des distributeurs de confiseries.
- C'est presque une cafétéria que vous avez là, n'avait-il pu s'empêcher de dire.
- Oui, la salle a été rénovée l'année dernière.
- Le travail est réussi déclara McGee impressionné.
Sarah et Tim prirent un café puis ils s'assirent autour d'une table, leur boisson à la main. Après un court silence, la conversation reprit.
- Je peux vous posez une question Timothy?
- Bien sûr, ne vous gênez pas Sarah, et puis on pourrait se tutoyer, répondit Tim. Vu le temps que nous allons passer ensemble dans les jours qui viennent je pense que ce serait beaucoup plus pratique.
- D'accord. J'ai entendu dire que ton roman était inspiré de ton second métier. Tu es réellement agent spécial du NCIS? Ça me paraît tellement surréaliste! J'ai du mal à imaginer que tu puisses faire un tel métier, je pensais que tu vivais des recettes de tes livres.
McGee rit doucement face à sa question. Pourquoi ses collègues du NCIS avaient-ils tant de mal à l'imaginer romancier, et ceux qui le connaissaient pour ses romans à l'imaginer agent spécial?
- Non, non, ce n'est pas une blague. Je travaille au NCIS de Washington. C'est d'ailleurs un miracle que mon patron m'ait donné cette semaine de congés expliqua-t-il.
- Il est si dur que ça avec vous? Il faut bien qu'il vous reste du temps pour écrire.
- Il peut paraître dur, mais c'est sa façon de travailler, et de nous dire qu'il apprécie notre travail.
Sarah sourit. Elle appréciait de plus en plus Tom E. Gemcity, ou encore Timothy McGee.
- Et en quoi consiste ton travail, car l'équivalent n'existe pas en France, et ton roman me donne envie d'en savoir plus? Demanda Sarah.
- Et bien nous enquêtons sur des crimes commis sur, ou par des marins. Nous relevons des indices, interrogeons des suspects, inspectons des preuves, et nous soumettons des hypothèses parfois vraiment invraisemblables dans le but de résoudre l'enquête, détailla Tim.
- L'action ne te fait pas peur? Continua Sarah impressionnée. En tout cas vous semblez travailler dans la bonne humeur!
Tim but une gorgée de son café avant de répondre.
- On s'habitue à l'action et aux risques que l'on prend, bien que la peur continue de nous saisir au ventre à chaque fois. Quant à la bonne humeur, mon équipe est très soudée et nous nous apprécions tous beaucoup. Je ne pense pas que ce soit le cas dans toutes les équipes. Toutefois une équipe qui s'entend bien travaille généralement mieux car notre travail demande d'avoir une certaine confiance en nos coéquipiers. Mais même au sein de mon équipe nous avons tous nos soucis, et ceux-ci ont un impact sur le groupe et peuvent faire varier cette ambiance du tout au tout. Mais on se serre les coudes. On a appris à se connaître. Aujourd'hui il nous serait impossible de ne pas venir en aide à l'un d'entre eux nous si c'est nécessaire, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit.
- On croirait t'entendre parler de ta famille, s'étonna Sarah qui ne vivait pas la même chose dans son métier.
- C'est un peu ça, c'est une seconde famille, voire même une première famille pour certains qui ont une histoire familiale assez complexe. En parlant de famille, il me semble ne pas te l'avoir encore dit mais j'ai une sœur qui s'appelle Sarah, reprit McGee.
- Elle a de la chance de porter ce prénom source de si nombreuses et si exceptionnelles qualités, dit Sarah en se voulant convaincante.
McGee regarda la jeune femme, et tous les deux repartirent dans un rire franc. Finalement, cette semaine pourrait passer plus vite que prévue.
Ziva ressortit du bureau de Mr Stirau vers 11h15. Une fois de plus, son travail semblait lui plaire et il allait contacter l'auteur du roman pour avoir son avis quant à sa traduction. Il y aurait certainement encore quelques points à régler, mais ce ne serait rien de bien important, juste quelques détails.
Elle se dirigeait donc vers son bureau, une courte nouvelle américaine sous le bras, d'un auteur qu'elle connaissait pour avoir déjà travaillé avec lui, Marc Jeverty. Il lui faisait confiance, et avait demandé à ce que se soit elle qui traduise cette dernière nouvelle. Il savait qu'ainsi il n'aurait pas de soucis à se faire. Ce travail demanderait moins de temps à Ziva que le dernier, et elle serait donc bientôt de retour entre ces murs songea t'elle.
Plutôt que de regagner directement son bureau, elle préféra faire un détour par la machine à café, et pourquoi pas commencer à y lire cette nouvelle qu'elle avait dans les mains. Ce qui la faisait sourire, c'est que du temps où elle vivait en Amérique elle avait acheté tous les livres de cet auteur, et les avait tous adoré. Avoir à les traduire l'avait surprise lorsque l'occasion s'était présentée pour la première fois, mais elle l'avait fait et le faisait toujours avec plaisir.
Une fois face à la machine à café, elle sortit une pièce de sa poche, et l'inséra dans l'orifice prévu à cet effet. Elle sélectionna sa boisson, et observa le gobelet descendre, le liquide noir commencer à y couler alors que par la même occasion une petite cuillère en bois atterrissait elle aussi dans le gobelet. Elle était toujours là à regarder son café couler, quand des bribes de conversation en anglais lui parvinrent.
Elle leva alors la tête par curiosité, et parcouru la salle du regard. Ses yeux se posèrent vers une table pour deux personnes, situait au fond à gauche contre la vitre. Un homme et une femme paraissaient y discuter gaiement. L'homme lui tournait le dos, et elle reconnut la femme comme étant sa collègue Sarah Blémont. Elles avaient déjà travaillé ensemble, et les deux jeunes femmes s'appréciaient. Sarah s'était à l'occasion montrée d'une grande aide à l'adresse de Ziva, qui avait été un peu perdue lors de son arrivée au sein de la maison d'édition Stirau.
L'homme qui était attablé avec Sarah lui paraissait familier, mais il se trouvait loin et de dos. Il lui était difficile de le reconnaître. Ziva se dit qu'il devait s'agir d'un des amis de Sarah ou d'un des auteurs qu'elle avait l'habitude de traduire. Elle avait donc déjà dû croiser cet home en sa compagnie entre deux couloirs. C'est de là que devait venir son impression de déjà vu. Elle tendit l'oreille et écouta plus attentivement leur conversation dans cette langue qu'elle parlait moins qu'auparavant, faisant mine de remuer son café dont elle venait de se saisir. Elle ne savait pas ce qui l'avait poussée à tendre l'oreille, sûrement le fait qu'ils discutent en anglais.
Cet homme parlait du NCIS, comprit rapidement Ziva, un peu troublée. Il évoquait un patron strict et autoritaire, qui contrastait avec la bonne humeur qui régnait sur son lieu de travail. Ziva surprise releva la tête et l'observa. On ne pouvait dire si son regard était posé sur cet homme ou bien perdu au loin, entre deux souvenirs. Elle réfléchissait à toute vitesse, tentait de reconsidérer les choses sous un autre angle, mais sa première conclusion était la bonne, elle y revenait à chaque fois.
Ziva avait immédiatement reconnu son ancien ami et collègue Timothy McGee. C'était lui qui était assis face à Sarah, lui qui parlait du NCIS. Mais que faisait-il ici, en France? Pourquoi était-il dans cette maison d'édition? Savait-il qu'elle travaillait là? L'avait-il vue? Depuis combien de temps était-il en France, et depuis combien de temps connaissait-il Sarah? Sarah lui avait-elle parlé d'elle? Une foule de questions se bousculait dans sa tête. Elle était complètement perdue, elle ne s'y attendait pas le moins du monde. Elle pensait que cette journée serait comme les autres, mais ce ne serait visiblement pas du tout le cas. Tout avait changé depuis qu'elle avait reconnu McGee. Sa présence avait quelque peu bouleversé Ziva, mais aussi le cours de s journée.
Il avait l'air heureux et en bonne santé, constata-t-elle une fois qu'elle se fut un peu calmée et qu'elle eut ralentit le rythme de sa respiration qui s'était emballée lorsqu'elle l'avait reconnu. Tout semblait bien se passer pour lui, ce qui rassura une partie de Ziva. Elle se demanda ce qu'il était devenu, et elle se retint difficilement d'aller à sa rencontre, et d'aller lui demander des nouvelles des autres membres de l'équipe. L'envie, l'absence de nouvelles depuis longtemps aussi, l'y poussait fortement. Mais il ne fallait pas qu'il la voit ici, en aucun cas, finit par se reprendre Ziva encore toute troublée.
C'est alors qu'elle réagit que ça devait déjà faire quelques minutes qu'elle restait ainsi à le fixer, complètement perdue, et qu'il pouvait se retourner à tout moment. D'ailleurs, elle remarqua à cet instant le regard de Sarah posé sur elle. Elle agitait la main en sa direction, lui faisant coucou. D'une seconde à l'autre, Tim allait se retourner pour voir à qui la personne à qui il parlait faisait de grands signes.
Ziva sourit donc à Sarah par réflexe, levant rapidement la main, et sortit précipitamment de la salle. Elle cessa de réfléchir et ne se posa pas davantage de questions. Elle traversa deux couloirs, descendit un étage, et alors qu'elle ne se trouvait plus qu'à quelques pas de son bureau elle s'accorda une pause. Elle s'appuya contre le mur le plus proche et ferma les yeux quelques instants. Elle avait échappé au pire, elle avait évité le drame à une seconde près. Que se serait-il passé si Tim l'avait vue là, debout devant lui avec un café à la main? Elle n'osait imaginer. Une catastrophe certainement. De l'incompréhension et des questions. Ziva tentait de se calmer. Elle avait évité le pire, mais rien n'était encore réglé. La présence de Tim la laissait dans une incompréhension totale et n'annonçait rien de bon, juste de nombreux ennuis. Elle devait impérativement rester sur ses gardes constata Ziva avec angoisse.
Timothy regarda la femme avec qui il blaguait depuis déjà de nombreuses minutes lever la main et l'agiter, elle semblait faire signe à quelqu'un. Il ne se retourna pas, encore tout troublé par la dernière phrase que celle-ci venait de prononcer. Elle lui proposait de l'accompagner boire un verre, et de lui faire découvrir la ville durant son séjour. Selon elle, il était inadmissible qu'il quitte Paris sans avoir visité certains lieux. Il venait d'accepter, se demandant comment cette histoire allait se terminer. Il pensait à Abby, et se demandait comment elle réagirait si elle le voyait là. Tout doucement, cette jeune femme commençait à le draguer et il s'en rendait compte. Il ne pouvait nier qu'elle était extrêmement attirante, il aimait sa compagnie et il n'avait pas voulu lui dira non par peur de dégrader leur relation de travail. Il faudrait tout de même qu'il lui dise qu'il était en couple. Il n'osait pas penser à ce que serait la réaction d'Abby si cette situation dégénérait, il avait déjà brisé leur relation une fois, pas deux se promit-il à lui-même en buvant une gorgée de café.
La jeune femme replongea ses yeux dans les siens, souriant doucement. Il relança alors la conversation, surtout pour ne pas revenir au sujet de discussion précédent.
- Qui était-ce?
- Ava. Ava Zivdid, lui dit Sarah. Une collègue et amie qui travaille ici. Enfin, ici… elle passe la majeure partie de son temps à travailler chez elle. C'est pour ça que j'ai été si étonnée de la voir là, elle ne m'avait pas dit qu'elle devait venir aujourd'hui. Il faudra que je passe la voir à son bureau. D'autant plus qu'elle a fui comme une voleuse!
McGee sourit à cette dernière remarque et but le reste de son café. Il était temps pour eux de retourner travailler.
