Disclaimer : Hormis mes OCs, l'univers et les personnages de TIGER&BUNNY appartiennent à Sunrise.
Bêta Lectrice : Sayuri-Geisha (merciiiiii !)
Saluuuuuuut ! Comme promis, le chapitre 14 de"La triste mascarade" se montre en cette matinée du 22 Novembre ! Le temps passe vite quand même.
Je remercie encore une fois mes lecteurs qui répondent toujours "présent" dès qu'un nouveau chapitre est mis en ligne, ça me touche toujours autant. Tout comme vos compliments qui me vont droit au cœur T_T.
Sur ce, bonne lecture à vous :)
Chapitre XIV : Des mots imprononcés
Le réveil indiquait dix heures et quart lorsque Karina s'échappa progressivement des bras de Morphée. Encore un peu fatiguée, elle ouvrit difficilement les yeux avant de fixer la date affichée sur le calendrier : le mois de novembre venait de débuter, au détour d'une matinée ensoleillée mais humide.
Elle se redressa lentement sur son lit, et porta une main sur son visage vulgairement démaquillait par les larmes qu'elle avait laissé couler quelques heures auparavant. Et sans lui laisser le temps de s'y préparer, les événements survenus hier soir défilèrent rapidement dans sa tête : les paroles de Barnaby tambourinèrent en elle de façon sournoise et douloureuse. Même si elle souhaitait que ces souvenirs ne soient qu'un mauvais rêve, elle savait pertinemment qu'au final, ils s'avéraient bel et bien réels.
Hélas.
Soudainement importunée par une migraine inattendue, Blue Rose glissa sa main en direction de son front, puis remarqua après un bref instant de réflexion qu'elle avait dormi dans sa robe de soirée.
- Qu'est-ce qui te prend, Karina ? se murmura-t-elle en quittant enfin son lit.
Pleurer pendant des heures n'avait aucunement arrangé son état actuel. Ne comprenant pas vraiment pourquoi, elle se sentait humiliée, terriblement offensée par les mots que Barnaby avait prononcés avec une franchise déconcertante.
Tout en restant plongée dans ses pensées, elle baissa la fermeture de sa robe, attrapa une serviette, et entra dans la salle de bain. Quand l'eau chaude coula sur la peau de la jeune femme, celle-ci fixa un point invisible sur le mur face à elle : en y repensant, elle aussi n'avait pas été bien tendre dans ses propos. Néanmoins, devait-elle se sentir fautive ? Non, Karina se le refusa : elle s'était tout simplement défendue de l'attaque hautaine et excessive de Barnaby. Pourquoi se montrer si cruel avec elle ? Surtout le jour de son anniversaire ? Agacée par ces réflexions insensées, la Rose cogna brutalement le mur dans l'espoir que cet acte l'apaise.
En vain.
Les gouttes ruisselèrent doucement sur son corps, et ses cheveux commencèrent à onduler lorsqu'elle se décida enfin à revenir sur terre, terminant ainsi sa toilette.
Enveloppée dans sa serviette, Blue Rose exécuta les gestes habituels après une douche. Une fois habillée, elle descendit au salon et lâcha un soupir apaisé en constatant l'absence de ses parents. Toutefois, un papier sur la table retint l'attention de la jeune femme, l'invitant par la même occasion à lire ce qu'il contenait.
« Karina,
Ton père et moi sommes partis faire quelques courses. Cependant, à notre retour, il va falloir qu'on ait une conversation sérieuse toi et moi.
Maman. »
Comprenant le sens de la dernière phrase, la Rose ravala difficilement sa salive : cette fois, elle ne pourrait échapper à l'interrogatoire de sa mère. Il est vrai qu'elle avait dû les inquiéter hier soir avec son manque d'attention et sa crise de larmes.
Impossible donc de s'en sortir.
Néanmoins, une lueur d'espoir s'illumina dans le cœur de Karina quand son bracelet vibra intensément sur son poignet.
- Ça arrive à point nommé ! s'exclama-t-elle alors, rassurée.
- Mesdames et Messieurs, le suspense est à son comble ! Alors que la bijouterie de Stern Bild a été attaquée, les Héros peinent à arriver ! Oh ! Le voleur s'enfuit !
Tandis que le commentateur d'Hero TV faisait son travail, la caméra principale se précipita sur une voiture qui roulait rapidement : au volant Will, l'un des alliés d'Aiden, se concentrait sur le chemin à prendre. Mais sa course s'interrompit brusquement par l'arrivée imprévisible de Rock Bison qui lui barrait dorénavant la route.
- Arrêtez-vous ! Ou j'en viens aux forces ! s'écria Antonio.
- Oh, Rock Bison est le premier à se montrer ! Espérons qu'il parvienne à se faire quelques points pour une fois !, hurla naturellement le commentateur.
« Il pourrait pas dire des choses plus sympa, cet imbécile ? », pensa le héros avant d'apercevoir la voiture ennemie se stopper.
- C'est bien. Vous avez choisi la meilleure solution, adressa-t-il au suspect.
Toutefois méfiant, Antonio se dirigea prudemment vers le véhicule sans prêter attention aux commentaires cyniques du présentateur. D'un geste rapide, il saisit la poignée de la porte et l'ouvrit brutalement en se préparant à une éventuelle attaque.
Mais personne ne se trouvait à l'intérieur.
- Qu'est-ce que ça signifie ?! Rock Bison a encore raté une occasion de remonter un peu dans le classement ! Plus important : où est donc passé le voleur ? Et la marchandise ?!
L'objectif de la caméra s'affola, cherchant désespérément la trace du bandit. Elle s'arrêta après quelques secondes de recherche sur une forme indistincte, qui se précisa peu à peu.
C'était l'homme, jadis au volant, qui prenait à présent la fuite à pieds. De plus, le sac à son cou montrait qu'il possédait encore les objets de valeur.
- Comment a-t-il... ?! s'étouffa Antonio.
Chamboulé par ce retournement de situation, Rock Bison tenta de rattraper le voleur, cependant son armure l'empêchait d'être totalement libre de ses mouvements, le ramenant ainsi péniblement à l'ordre.
- Je m'en occupe ! annonça une voix dans le ciel.
- Sky High à la rescousse ! chantonna la voix du commentateur.
En effet, le héros volant traversait le ciel terne à une vitesse inouïe. Concentré sur sa cible, il stoppa sa course et se mit en position, prêt à enclencher son attaque. Ses mains éjectèrent alors plusieurs rafales de vent qui se jetèrent sur Will.
Pourtant, celui-ci semblait s'attendre à l'attaque, de ce fait, il esquiva sans problème les bourrasques d'air grâce à des cabrioles, donnant l'impression qu'il effectuait une danse compliquée.
- Il croit m'impressionner ? marmonna Keith, offensé.
Bien décidé à en finir, le chevalier du ciel écarta doucement les mains, modelant une boule invisible qu'il agrandit progressivement. Derrière leur écran, les jeunes spectateurs jouissaient d'une certaine impatience : cela faisait longtemps que Sky High n'avait pas utilisé une attaque aussi puissante.
Sans s'attarder, le héros étira vivement ses bras en direction de Will, et lui lança une énorme boule d'air. Ravageant tout sur son passage, la bombe d'oxygène explosa quand elle rejoignit sa cible, sous le regard épaté du public.
- Notre Sky High est incroyable ! Incroyable ! s'extasia le présentateur. Oh, mais attendez ! Je ne vois pas le suspect !
Keith sursauta à l'entente de cette proclamation. Néanmoins, il préféra confirmer les suppositions du présentateur, et descendit vers le lieu pour voir de ses propres yeux.
- Impossible... !, souffla-t-il.
Antonio rattrapa son collègue avec difficulté : courir avec cette armure l'avait considérablement épuisé. Il en profita ainsi pour reprendre son souffle une fois aux côtés du chevalier du ciel. Mais en relevant la tête, ses yeux clairs s'écarquillèrent derrière son masque métallique : l'attaque de Keith avait été violemment projetée sur le trottoir où s'enfuyait le voleur, comme le prouvait le trou creusé par cet assaut.
Cependant, pas de sang, pas de trace d'une quelconque percussion, pas même un bout de tissu arraché par l'impact... Rien ne montrait que l'attaque de Sky High avait abouti.
Où se trouvait le suspect ? Dans le ciel, le héros volant l'aurait facilement aperçu en train de s'enfuir. De toute façon, aucun humain ne pouvait échapper aux pouvoirs de Keith Goodman.
- Il a disparu ! s'écria le commentateur.
Sky High releva la tête, comprenant alors la véritable nature de leur adversaire.
Un Next.
Tenant dans sa main un bout de papier où reposait l'adresse de Karina, Kotetsu traversa rapidement les petites ruelles de la ville. Même s'il était trop tard pour cela, il réfléchit intérieurement à ce qu'il devait lui dire. Comment commencer ? Devait-il s'excuser ? Présenter la situation ? Non, rapporter les propos de Barbaby ne ferait que la renfermer sur elle-même. Il le sentait.
Ses pas s'accélérèrent quand il aperçut une plaque portant le même nom de rue que sur sa note. Sans vraiment comprendre pourquoi, il eut soudainement l'impression que son cœur se faisait plus léger au point de douter de son existence. Son incompétence ne cessait de le culpabiliser. Quel idiot de croire que Blue Rose avait si facilement tourné la page. Il devait absolument la voir pour s'excuser. S'excuser de cette ignorance irrespectueuse.
Il ne s'agissait pourtant pas de la seule chose qu'il souhaitait accomplir auprès de Karina : en effet, il désirait également lui venir en aide, et l'inciter à lui parler de ses maux, bien qu'ils soient certainement douloureux à entendre. Qu'importe, tant qu'il parvenait à lui dire combien il regrettait son attitude aveugle vis-à-vis du mal être qui la tourmentait.
Le Tigre tourna la tête, cherchant le même numéro inscrit sur sa note, et le trouva sans difficulté. Dès lors, un sourire en coin égaya son visage jusque là rongé par l'inquiétude : il trouvait la maison en face de lui moderne et charmante.
« A l'image de Karina... », pensa-t-il, en appuyant timidement sur la sonnette.
Plusieurs secondes s'écoulèrent avant que Kotetsu n'aperçusse une femme sortir et venir à sa rencontre. Coiffée d'une coupe au carré dorée, son regard inquisiteur glissa sur le vétéran. Elle portait une tenue ordinaire qui mettait en valeur sa silhouette svelte.
Le Tigre la contempla silencieusement : que ce soit dans la démarche ou dans le physique, cette femme lui rappelait spontanément Karina Lyle.
- Bonjour ? hésita-t-elle.
Kotetsu reprit ses esprits quand il entendit le salut indécis qu'on venait de lui adresser. C'est donc solennellement qu'il retira sa casquette et se présenta :
- Bonjour madame. Excusez-moi de vous déranger, je m'appelle Kotetsu, et je suis un des collègues de travail de Karina. Ce serait possible de la voir ?
Il soupira intérieurement en s'écoutant parler : il avait l'impression d'être un adolescent cherchant à rencontrer sa petite amie. Peut-être en faisait-il trop en se présentant de la sorte.
Pourtant, l'expression de la femme, jusque là méfiante, s'adoucit au fil des informations énoncées.
- Ho je vois ! Et bien enchantée, je suis Christina Lyle, sa mère. Puis-je me permettre de vous demander de quel travail vous parlez ? Vous venez du bar où elle chante ? Ou bien vous êtes à la fac ?
Surpris, Kotetsu regarda madame Lyle sans vraiment savoir quoi répondre : à l'époque où il travaillait encore avec les Héros populaires, il entendait souvent Karina dire que ses parents s'inquiétaient souvent à cause de son statut d'héroïne. Cela prouvait donc bien qu'ils étaient au courant de ses activités. Le vétéran comprit alors qu'il s'agissait d'une précaution : sa mère omettait de parler de sa carrière d'héroïne car, à ses yeux, Kotetsu restait un inconnu.
- Je viens du bar, dit-il enfin.
Même s'il discutait avec la mère de Blue Rose, Wild Tiger préféra conserver son identité secrète. De toute façon, Christina Lyle n'avait aucunement besoin de savoir la vérité.
- Je vois... Je suis désolée, mais Karina s'est absentée. Je vous conseille de repasser dans quelques heures. Ou alors, je peux lui transmettre un message de votre part ?
- Vous êtes gentille, mais ça ira ! Je repasserai, merci à vous.
Et dans un sourire, accompagné d'un signe de main, Kotetsu salua madame Lyle avant de reprendre sa route. Les mains dans les poches, il se rendit en ville avec le faible espoir de la trouver. Cependant, la voix nasillarde du commentateur perturba son attention, l'invitant par la même occasion à lever la tête vers les écrans géants de la ville.
Il se douta dès lors de la raison pour laquelle la Rose s'était absentée : un voleur semblait faire du grabuge.
Le vétéran soupira : ce ne serait pas aujourd'hui qu'il prononcerait ces mots qui lui tenaient tant à cœur.
Revêtue en Blue Rose, Karina cherchait désespérément le suspect qui causait maintenant beaucoup de désordre en ville. Refusant de rebrousser chemin, l'héroïne monta sur le toit d'un building à l'aide de son pouvoir de glace, et observa les alentours dans l'espoir de trouver une trace du voleur.
Hélas, elle ne vit que ses collègues, qui essayaient de retrouver aussi une trace du Next disparu.
- C'est fichu !, marmonna-t-elle, agacée.
Résistant toutefois à l'idée d'abandonner, la Rose examina les lieux une nouvelle fois. Tant que la voix du commentateur résonnait sur les écrans de Stern Bild, elle se refusait à laisser tomber.
Du haut du bâtiment, Karina aperçut Dragon Kid courir en direction du centre ville en compagnie d'Origami Cyclone. Un peu plus loin, Nathan semblait faire équipe avec Sky High et Rock Bison, tandis que Barnaby faisait bande à part.
A la vue de cette dernière image, les sourcils de Blue Rose se froncèrent : apercevoir ce héros prétentieux lui rappelait la soirée d'hier, ainsi que la discussion qu'elle avait échangée avec lui. Inconsciemment, ses pensées se fixèrent sur ce douloureux événement, et elle ne cessa de ressasser les mots véridiques de son rival. En réalité, Karina ne se sentait pas vraiment blessé par ses mots, mais plutôt par le fait qu'il ait percé son mensonge.
Il avait détruit, en l'espace de quelques phrases, le bouclier de la jeune femme.
Lui. Barnaby Brooks Jr.
Frustrée de ne pouvoir s'expliquer avec lui en cet instant, elle serra violemment les poings et trembla de rage. L'horrible sensation d'humiliation s'infiltra perfidement dans son cœur.
- Il semblerait que Sky High ait aperçu quelque chose ! s'écria soudainement la voix du présentateur.
Karina revint à la réalité, cherchant alors du regard la présence du Next. Une forme se dessina non loin d'une route, faisant subitement apparaître Will qui fuyait toujours les protagonistes de l'émission. Décidée à l'attraper, Karina descendit du building, et s'empressa de rejoindre ses collègues.
- On dirait qu'il peut se téléporter sur une certaine distance..., dit-elle en rejoignant Nathan.
- Oh, Blue Rose ma chérie ! Tu te sens mieux ? Tu nous as inquiétés hier soir ! s'exclama Fire Emblem.
- Le moment est un peu mal choisi pour en discuter, tu ne crois pas ?
- Oui, mais quand même ! Tu pourrais au moins...
- Oh ! Le voleur a pris la route du centre-ville ! Il risque d'y avoir du grabuge ! coupa la voix du commentateur.
Karina ne laissa pas le temps au travesti de reprendre sa phrase. Elle enfourcha sa moto, garée un peu plus loin, et partit en direction du lieu indiqué. Quant à Fire Emblem, il soupira avant de monter dans sa voiture, exaspéré.
Malgré la présence de la police, Will continua sa course effrénée vers le centre-ville. Il avait beau se retrouver sans véhicule, son pouvoir de téléportation lui permettait de se déplacer à une vitesse considérable. Zigzaguant entre les citoyens effrayés par sa présence, le Next se fraya facilement un chemin en direction des ruelles sombres.
- Arrêtez-vous ! hurlèrent plusieurs policiers, en lui barrant la route.
Cet ordre ne servit à rien.
N'hésitant pas une seconde, Will fonça sur les hommes de loi, et disparut avant que ceux-ci ne le capture. Encore une fois, il utilisa son pouvoir pour s'enfuir. Cependant, il ne resta pas invisible bien longtemps, et surgit à l'autre bout de la place sans stopper sa fuite.
- Il se dirige vers les rues sombres ! s'extasia le présentateur.
En effet, l'ennemi quitta le centre-ville pour se diriger vers le labyrinthe des ruelles obscures et étroites. Épuisé mais toujours motivé par la mission confiée par Aiden, Will oublia un instant la douleur dans ses jambes, ainsi que la brûlure qu'il ressentit au niveau des poumons : user autant de sa capacité l'affaiblissait considérablement. Toutefois, penser qu'une partie du plan d'Aiden aboutirait grâce à lui le poussait à terminer sa tâche.
Même s'il devait en mourir.
« Monsieur J. Howards porte sur ses épaules la destinée des Next, je ne peux pas échouer maintenant ! », pensa-t-il.
Il tourna à gauche, puis à droite, emprunta plusieurs routes précises, et répéta ces actions pendant de longues minutes. Les pas précipités des Héros résonnèrent derrière lui : bien qu'il ne se laissât pas abattre, il comprit qu'ils étaient plus coriaces que prévu.
Au bout d'un moment de déambulation, il s'arrêta finalement dans une énième ruelle à l'apparence quelconque, et afficha un air calme.
- J'ai fais ce que j'avais à faire. Je m'en remets à présent à vous, chef, marmonna-t-il dans le vide.
Il déposa le sac rempli de trésors, reprit calmement son souffle, et enclencha une ultime fois son pouvoir dans le but de prendre définitivement la fuite. A présent, il savait où se rendre pour se retrouver en sûreté.
- Il a encore disparu ! s'époumona le commentateur.
Malgré cette information, Pao-Lin et Ivan accoururent à l'endroit où se trouvait le voleur, et y découvrirent les bijoux volés.
- Qu'est-ce que ça signifie ? lança Origami Cyclone, confus.
- Il a préféré abandonner son dû pour mieux s'enfuir ? De la part d'un voleur, cela m'étonne, expliqua Dragon Kid.
Déconcertée, la chinoise saisit la sacoche avant d'observer d'un air inquiet son collègue : inconsciemment, un mauvais pressentiment l'envahit. Et alors qu'elle s'apprêta à en discuter avec lui, l'arrivée imprévue de Karina la fit rebrousser chemin.
- Il est parti ? demanda la Rose, à moitié essoufflée.
- Excuse-nous Blue Rose..., répondit Ivan.
- Que faisons-nous alors ?
- Quelle question ! Il faut l'attraper ! décréta Pao-Lin.
- Non ! s'écria brusquement la voix d'Agnes.
Le trio sursauta à l'entente de la voix survenue de nulle part. Cependant, après une légère réflexion, ils n'eurent aucun mal à deviner d'où elle provenait : leur bracelet !
- Hein ? Pourquoi ?! s'exclama la chinoise, en regardant son poignet.
- Vous ne parviendrez jamais à l'attraper sans élaborer une stratégie. Autant attendre qu'il revienne. Après tout, c'est un voleur : il viendra forcément récupérer son dû, expliqua la productrice.
- C'est une façon de voir les choses..., souffla Origami Cyclone.
- Depuis quand acceptez-vous de laisser fuir un ennemi, madame Joubert ? Il n'a pas fait assez d'audiences ?, se moqua gentiment Blue Rose.
- Ma chère Blue Rose, tu n'y connais rien en marketing !, tonna cyniquement Agnes. C'est parfois bien de faire mariner le spectateur : le suspense les attire comme des aimants !
« C'est donc pour ça qu'elle souhaite tant qu'on arrête... », pensa Karina, tandis qu'Ivan et Pao-Lin déglutirent à l'entente de cette conclusion. En y réfléchissant, la productrice n'avait pas tort : tenter d'arrêter ce Next, sans un plan convenable, revenait à brasser de l'air. De plus, ils possédaient de nouveau les bijoux, et c'est ce qui comptait.
Pourtant, la Rose ne put retenir un sentiment de honte : abandonner une mission aussi vite ne lui ressemblait pas, mais les ordres d'Agnes étaient clairs. De toute façon, qui prendrait la peine de l'écouter elle ?
- On me dit que les caméras sont coupées, annonça Agnes. Vous pouvez rentrer.
- Bon... On y va, Blue Rose, Dragon Kid ? proposa Ivan.
- Oui ! confirma la chinoise.
Sur ces mots, le trio prit le sac, et sortit de la ruelle par devant. Ils souhaitaient quitter cet endroit sinistre le plus rapidement possible. Peu après, ils arrivèrent sur le trottoir d'une rue peu fréquentée, avec en face un autre trottoir qui menait à de nouvelles ruelles.
L'environnement baignait dans un calme presque perturbant, et le soleil de l'automne commençait déjà à se coucher.
- On ferait mieux de partir d'ici, déclara Ivan, peu confiant.
- Oui, je suis bien d'accord ! Tu viens Blue Rose ?
L'interpellée sursauta à l'entente de son pseudo : perturbée par ce retournement de situation, elle ne cessait de s'égarer dans ses pensées, cherchant désespérément à comprendre l'acte imprévisible du voleur. De plus, les événements de ces derniers jours l'avaient considérablement épuisée, au point de la rendre peu attentive à ce qui l'entourait.
- Non, partez devant. J'aimerais rester un peu, cette histoire me travaille, avoua-t-elle.
- A ce point ? Tu veux de l'aide ? demanda l'adolescente.
- Non, c'est bon allez-y. De toute façon, je voudrais rester seule si ça ne vous dérange pas.
- Oh... Bon, heu, d'accord ! Fais attention à toi...
- A plus tard Blue Rose ! conclut Origami Cyclone.
- Oui, à plus !
Karina regarda ses collègues quitter les lieux, sac en main. Cette image la poussa à soupirer longuement : en apparence, ces deux là se complétaient parfaitement bien, contrairement à elle qui ne cessait de régresser dans sa vie sociale et sentimentale.
Ses yeux se fermèrent quand ils ne distinguèrent même plus la forme d'Ivan et Pao-Lin, laissant la Rose se perdre une nouvelle fois dans ses pensées : il arrivait qu'un brigand favorise la liberté à l'argent, pourtant dans le cas de ce drôle de Next, elle ne pouvait s'empêcher de croire que quelque chose clochait. Son don lui permettait de s'enfuir avec les bijoux, alors pourquoi ne l'avait-il pas fait ?
Cette question résonna dans sa tête comme une énigme, à la réponse tellement évidente qu'elle en devient complexe.
Tout à coup, quelque chose l'éjecta brusquement de ses réflexions : un cri, accompagné de plusieurs supplications plaintives.
Surprise, Karina tourna la tête en direction de ces hurlements inquiétants, et conclut qu'ils venaient du trottoir d'en face, en direction des ruelles inexplorées. Son instinct d'héroïne reprit le dessus, elle ne pouvait ignorer les appels au secours que la victime adressait dans le vide. C'est donc avec le cœur lourd qu'elle s'avança discrètement vers les gémissements, préparant son attaque.
- Pitié ! Arrêtez ! hurla Elizabeth, les larmes aux yeux.
Prise au piège entre le mur derrière elle et Kurt, l'associé chauve d'Aiden, la secrétaire sentit ses jambes trembler sous son poids, prêtes à ne plus la supporter. Jamais elle n'aurait imaginé que son collègue irait aussi loin dans l'acte : collait à elle, le Next robuste s'appuyait contre sa proie pour l'immobiliser et lui adressait un regard lubrique, à la limite effrayant
En cet instant, Elizabeth ne jouait plus la comédie : elle ressentait réellement de la peur, et souhaitait de tout son être que quelqu'un vienne à sa rescousse. Par conséquent, ses cris se firent plus violents et aigus, brûlant sa gorge au fil des longues minutes qui passèrent.
Au moment où ses esprits la quittèrent, un petit gémissement de douleur s'échappa des lèvres de son bourreau, rallumant alors la petite flamme dans son cœur. Intriguée, elle leva la tête, et aperçut vaguement l'ombre de Blue Rose qui pointait ses pistolets de glace sur Kurt.
- Relâchez-là immédiatement, ou je vous congèle ! menaça l'héroïne.
Sans un mot, le Next se redressa lentement afin de libérer Elizabeth de son emprise. D'un calme inquiétant, il hocha plusieurs fois la tête pour faire craquer les os de sa nuque.
- Tu en as mis du temps, lâcha-t-il.
Ne comprenant pas le sens de cette phrase, Karina fronça les sourcils, prête à tirer une seconde fois sur ce qu'elle croyait être un agresseur. Néanmoins, une ombre se dessinant à ses pieds capta son attention, l'intriguant par la même occasion.
La masse noire s'agrandit considérablement, dévoilant par la suite la silhouette d'un homme baraqué.
Elle n'eut le réflexe de se retourner à temps, et la main puissante de l'homme derrière elle s'écrasa violemment sur sa nuque.
Dans un bruit sourd, elle s'écroula au sol avant de comprendre ce qui lui arrivait : l'environnement devint progressivement flou au point de s'effacer, et les visages penchés sur elle paraissaient démunis de tout organe, semblables à des démons.
Ses forces l'abandonnèrent rapidement, et elle finit par perdre connaissance.
Note de l'auteur : ... Désolée pour le cliffhanger ? Ne me tuez pas ! D: La suite arrivera dans deux semaines, faut vous dire ça ! ... Ne me tuez pas, j'ai dis T_T
J'attends quand même vos avis, comme d'hab ! :) A dans deux semaines les gens ! (comment ça je prends la fuite?)
