Désolée pour les quelques jours d'attente... Mais je passe l'oral du bac de français mardi, alors je suis en plein dans les révisions... J'ai pris du plaisir à écrire ce chapitre alors j'espère que vous en prendrez autant à le lire. Un énorme merci à ceux qui m'ont laissé des reviews, et si vous voyez des fautes dans ma fic, n'hésitez pas à me le dire! ça ne pourra qu'être mieux une fois qu'elles seront corrigées!
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 6 : On pari?
Hélène s'agrippait comme elle le pouvait à la poignée de la portière de la voiture. La route était limitée à 90km/h, mais bien qu'elle ait les yeux fermés pour ne plus voir les centaines d'obstacles que la voiture évitait comme par miracle, ainsi que pour se rassurer, elle aurait pu jurer que le véhicule dans lequel elle se trouvait dépassait aisément les 120km/h.
Elle ne s'habituerait jamais à la conduite de son patron. Elle n'avait qu'à regarder le teint blafard de l'agent Dinozzo, assis à l'arrière, pour en avoir la certitude. L'habitude n'y changerait rien.
Pourquoi roulait-il si vite? Ils ne fuyaient, ni ne voulaient rattraper personne. Ils avaient interrogé leur suspect, il ne risquait plus de mourir avant que cela soit fait. D'ailleurs, il faudrait qu'ils pensent à demander à Gibbs en quoi consistait cette affaire, car ils n'avaient toujours aucune idée de quoi était suspecté cet homme.
Lorsque Hélène pu enfin s'asseoir à son bureau, bien qu'elle ne soit pas croyante, elle en remercia le ciel. Mais cet instant ne fut que de courte durée, car Gibbs leur ordonnait déjà à elle et à Tony de le suivre jusqu'une des salles de réunion. Marie Blaquana, la fille de Philip Blaquana les y attendait. Hélène eut à peine le temps de souffler.
La femme en question était assise au bout de la table, un verre d'eau entre les mains, la tête baissée. Un agent de sécurité se trouvait debout dans un coin de la pièce. Gibbs lui demanda de les laisser seuls avec cette femme et prit place à ses côtés.
- Marie Blaquana?
- Oui, c'est moi, répondit-elle.
- Je suis l'agent Gibbs, et voici les agents Dinozzo et Craps. C'est nous qui nous occupons de cette affaire.
Marie acquiesça d'un signe de tête. Dinozzo l'observa attentivement. Elle ne semblait pas réellement perturbée. Elle ne lui paraissait pas triste comme l'aurait pu être une femme dont le père n'avait plus que quelques heures à vivre. Au contraire, elle était stressée, peut-être légèrement apeurée, mais il s'agissait surtout d'une lueur de soulagement et de détermination qui brillait dans ses yeux.
- Est-ce bien vous qui nous avez appelé ce matin, mademoiselle Blaquana? Lui demanda Jethro.
- Oui, vers 09 h, répondit Marie en relevant la tête.
- Vous êtes bien la fille de Philip Blaquana, actuellement à l'hôpital de Bethesda?
- Sa belle-fille. Mes parents ont divorcé quand j'avais 10 ans. Mon père biologique a émigré à l'étranger, je ne l'ai jamais revu. Ma mère s'est remariée avec Philip Blaquana alors que j'avais 14 ans, il m'a adoptée dans l'année, expliqua Marie.
- Bien. Nous venons de rendre visite à votre beau-père, il ne nous a pas précisé ce détail, fit remarquer Gibbs.
Marie soupira. L'agent Dinozzo intervint, désirant savoir à quoi rimait toute cette histoire.
- Pouvez-vous nous répéter ce que vous avez dit au standard téléphonique s'il vous plait?
- J'ai dit vouloir porter plainte contre Monsieur Philip Blaquana pour viol répété lors de mon adolescence.
Tony la regarda interrogateur, cherchant à comprendre ce que disait cette femme, qui ne cessait de se triturer les doigts.
- Pourquoi porter plainte seulement maintenant?
- Car il m'a toujours interdit d'en parler à qui que se soit, il disait que si quelqu'un venait à le savoir, il s'occuperait personnellement de mon cas. Après avoir appris que cette fois il était réellement sur le point de mourir, je me suis décidée à téléphoner, je me suis dit que j'avais déjà attendu trop longtemps.
Gibbs posa une nouvelle question à Marie Blaquana, rompant l'échange qui s'était créé entre elle et Tony.
- Qu'attendez-vous de nous Mademoiselle? Que voulez-vous que nous fassions? Mr Blaquana est sur le point de décéder, nous n'allons pas l'arrêter.
- Je veux avoir ma vengeance agent Gibbs, dit elle en ancrant ses yeux dans les siens. Ma mère n'a jamais rien su de cette histoire. Elle et cet homme ont eu un enfant ensemble, ma demi sœur claire, qui a aujourd'hui 18 ans. Je sais qu'elle a subi les mêmes choses que moi, bien qu'elle n'en parle que très peu et uniquement avec moi. La seule différence entre elle et moi est qu'un collègue à mon beau-père l'a également violée à plusieurs reprises. J'ai l'accord de ma sœur. Pour elle je veux qu'un procès ait lieu. Pour que les gens sachent qui était vraiment Philip Blaquana, et ce qu'il a fait. Et également pour arrêter son collègue qui lui aussi a blessé ma sœur.
Gibbs remercia Marie pour les détails qu'elle venait de leur donner et lui promit de faire ce qu'on lui demandait, puis il regagna l'open-space accompagné de ses deux agents.
- Tony, tu me recherches tout ce que tu trouves sur Philip Blaquana, et son collègue, ce Didier Roskard. Hélène, tu t'occupes de notre victime, je veux tout savoir sur cette fille, ainsi que sur sa sœur et sa mère, ordonna-t-il.
- Je ne cherche rien sur son père biologique Gibbs? Demanda Hélène.
- On verra ça plus tard. Ça m'étonnerait qu'il ait quelque chose à voir avec ça.
- Sûr Gibbs?
- Au travail Agent Craps! Reprit Gibbs.
Après cet échange furtif, l'agent Craps et l'agent Dinozzo plongèrent la tête derrière leur ordinateur afin de débuter leurs recherches, alors que leur patron quittait déjà l'open-sape, certainement pour se prendre un café. Cette affaire ne pressait pas, comme le leur avait dit Marie, mais comme d'habitude, il voulait en avoir fini au plus vite.
Il était parti depuis peu qu'Hélène relevait déjà la tête de derrière son ordinateur, elle n'était pas réellement décidée à travailler.
- Alors Tony, tu penses quoi de cette nouvelle enquête? Lui demanda-t-elle pour engager la conversation.
- Je me demande comment cette femme a pu rester vingt ans soumise à son beau-père, sans jamais rien dire.
- Moi ce qui me choque, c'est que la mère n'ait rien vu.
Tony daigna enfin regarder sa collègue.
- Certains cachent bien leur jeu, dit-il simplement.
- Tu veux dire que toi par exemple, dès que tu quittes ces bureaux, tu te livres à ce genre d'actes interdits par la loi, sans que personne n'en sache rien?
L'agent Dinozzo lui lança un regard noir. Elle lui souriait franchement, heureuse de le déranger dans son travail.
- Je dis juste que dans 80 % des cas, le violeur est un membre de la famille.
Tony replongea dans ses recherches, désirant mettre fin à cette conversation, mais une boule de papier vint heurter son bras. Il releva la tête à contrecœur.
- Tu as encore des progrès à faire en tir lui dit-il en ancrant ses yeux dans les siens.
- D'où tu es tu ne serais même pas capable d'atteindre mon bras, répondit-elle en riant, s'adossant sur sa chaise.
Une lueur de défi dans les yeux, Dinozzo se leva et s'approcha de sa collègue. Il posa ses mains à plat sur son bureau, et approcha son visage du sien.
- On pari? Demanda-t-il sans vraiment savoir ce qui pour une fois le faisait réagir ainsi aux provocations d'Hélène.
Elle prit un air malicieux.
- On pari quoi Dinozzorus?
- Celui qui perd paie un verre à l'autre ce soir.
- Je ne te savais pas si joueur! Tu progresses dans mon estime.
- Tu ne me connais pas tant que tu peux le penser, répondit-il énigmatique.
Elle continua de le regarder, alors qu'il retournait s'asseoir derrière son bureau, ramassant au passage la boule de papier froissée qui s'était échouée à quelques pas de sa chaise.
- Bien. Tu restes assise derrière ton bureau, et tu évites de bouger volontairement dans le seul but de me faire perdre.
- Chef, oui chef! Dit-elle avec humour.
- Arrête Hélène, râla Dinozzo. Si je touche ta tête, tu me paies un verre. Si je touche une autre partie de ton corps, ou si je ne te touche pas, c'est moi qui t'invite.
- Pari tenu.
Les lèvres de Tony s'étirèrent légèrement. Il fit tourner le morceau de papier entre les doigts de sa main droite, et leva le bras, prêt à tirer. Hélène le défia du regard. Tony se concentra, oubliant l'air vainqueur de la jeune femme face à lui. Les traits de celle-ci se troublèrent dans les yeux de Dinozzo. Peu à peu, sa chevelure blonde se teinta vers le brun, et ses yeux verts devinrent de magnifiques yeux marrons en amandes. Son collier en toc, plutôt imposant, se transforma en une discrète étoile de David en or.
L'exercice était simple. Combien de fois Tony avait-il chamaillé Ziva avec des boulettes en papier? Même lui ne pouvait les compter. Il aurait aimé, à cet instant, revoir l'air exaspéré qu'elle avait dans ces moments là. Il pouvait toujours espérer. Il se remémora le rire cristallin de Ziva qu'il n'entendrait plus, et malgré son manque d'entraînement dû à ces trois dernières années, il tira d'un geste décidé.
Le papier heurta directement la chevelure blonde d'Hélène, à quelques millimètres à peine de son front, au-dessus de son œil gauche. Elle resta stupéfaite face à ce tir de maître. Elle ne l'en aurait jamais cru capable. Elle se voyait déjà le soudoyer ce soir, et le charrier tout au long de la semaine pour cette défaite qui lui était apparue comme évidente, indiscutable. Et bien non…
Elle n'avait toujours pas bougé, ayant des difficultés à admettre qu'elle allait devoir sortir son porte-monnaie ce soir. Tony sourit face à son expression. Elle ne valait pas celle de Ziva, mais c'était un début.
- Allez, je suis bon joueur. Je t'attends chez moi à 20 h. Mais n'oublie pas d'apporter les boissons! Les miennes resteront au fond du placard, lui dit-il en cachant un petit air nostalgique derrière un sourire.
- Mince. J'espère que je ne dérange pas tes plans de soirée avec ta dernière conquête en m'invitant à l'improviste? Ah non, je suis bête, tu ne pratiques pas ce genre de « choses », comme tu dis, répondit l'Agent Craps, imitant les guillemets d'un geste de la main.
- Ne sois pas vexée parce que tu as perdu, Lénou la mauvaise joueuse, tu auras tout le temps d'aller draguer ce week-end, répondit Tony, fier de sa victoire.
